DÉfinitions minimales







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EMILIA MUNTEANU

À L’ÉCOLE AVEC LE FRANÇAIS LANGUE ÉTRANGÈRE

TABLE DES MATIERES

DÉFINITIONS MINIMALES 4

TECHNIQUES D’ACQUISITION DU VOCABULAIRE 83




DÉFINITIONS MINIMALES




Généralement parlant, la méthodologie est l’ensemble des méthodes utilisées par une science. Quelque temps auparavant, toute science avait sa propre méthodologie, constituée d’une collection plus ou moins riche de méthodes se rapportant aux recherches scientifiques spécifiques de la discipline respective; on pouvait ainsi parler d’une méthodologie de la physique, d’une autre de la biologie ou de la linguistique. À présent, la fusion de plusieurs sciences engendre l’interférence des méthodes et l’apparition de nouvelles sciences telles la biophysique, la psychosociologie, la psycholinguistique, etc. Par ailleurs, notre époque a vu augmenter l’intérêt porté aux problèmes de la méthodologie à la suite du progrès spectaculaire des sciences. On entend de plus en plus retentir à côté du Pourquoi? inquiétant le Comment? mobilisateur des forces de réflexion et surtout d’action.

Dès le commencement, il faut préciser que notre intérêt porte sur la méthodologie en tant que discipline didactique et que nous faisons la distinction entre celle-ci et la méthodologie entendue comme ensemble des méthodes utilisées par d’autres sciences pour la recherche, aussi préférons-nous le terme de didactique.

Il faut dire que la didactique d’une matière déstinée à l’enseignement se propose de fournir aux futurs enseignants des outils nécessaires au déroulement du processus didactique. Bien qu’elle soit une discipline didactique distincte de la pédagogie et de la didactique générale, l’enseignant, dans sa pratique, en classe, ne saurait délimiter les domaines dont il se servira, son objectif étant différent, tout comme il ne pourra se passer des acquisitions fournies par d’autres disciplines.

L’enseignement des langues vivantes vise à transmettre des connaissances linguistiques, à assurer donc une compétence linguistique, de même qu’à créer des automatismes permettant aux apprenants d’employer spontanément la langue respective. En même temps, il suppose donc la mise en œuvre d’une performance linguistique (réalisation d’un acte de langage par un locuteur: encodage – décodage) par l’apprenant. Comme toute langue est l’expression d’une vision particulière du monde, il n’est pas exclu qu’on envisage l’enrichissement de la pensée et de la culture du public scolaire.

Mais si la science méthodologique pose des questions, elle incite l’enseignant à s’en poser lui aussi avant, pendant et après le déroulement du processus didactique. Les questions fondamentales seront évidemment: Quel est le public auquel on va enseigner? Quelle matière va-t-on enseinger? et surtout Comment va-t-elle être enseignée?, suivies, après le déroulement de la classe, d’une autre : Comment a-t-elle été enseignée?

La didactique est donc censée répondre aux questions concernant les facteurs entraînés dans le processus d’enseignement–apprentissage: public scolaire, programmes, horaires, matériel didactique, méthodes, techniques, etc. Elle se propose d’initier les futurs enseignants aux problèmes concrets de la langue à enseigner et de la pratique en classe de FLE, leur fournit des méthodes d’enseignement, leur présente la matière ainsi que la manière de la faire acquérir par les apprenants.

L’une des tâches de la didactique est de fournir aux enseignants des moyens de présentation, d’élucidation, de fixation, de réemploi et d’évaluation des faits de langue enseignés. Elle devrait également élaborer les stratégies pédagogiques responsables de la réalisation d’un enseignement systématique, progressif, vivant, cohérent, en corrélation avec l’âge des apprenants et leur psychologie, avec les données fournies par la langue source et le niveau linguistique de ceux-ci.

L’un des buts peu ou prou déclarés de la didactique est de contribuer à la formation des enseignants débutants et des futurs professeurs. Une telle formation suppose en premier lieu une parfaite connaissance de la langue enseignée, de ses traits caractéristiques de même que la capacité de les mettre en œuvre au cours du processus d’enseignement; une bonne connaissance de la culture et de la civilisation du pays dont on étudie la langue; une bonne formation pédagogique et psychologique et la connaissance des problèmes théoriques et pratiques de l’enseignement tout comme des méthodes et des techniques d’enseignement de la langue cible; une compétence permettant l’utilisation des auxiliaires techniques audio-visuels et de l’ordinateur. Par conséquent, l’enseignant accompli serait celui qui ne cesse d’être apprenant. Tenant d’ailleurs compte de l’impossibilité d’une formation initiale complète, de l’insatisfaction permanente et de la remise en question de ses acquis théoriques et de sa pratique didactique, l’enseignant n’a qu’une seule chance d’éviter la sclérose pédagogique, la routine, celle d’une formation continue, qu’il s’agisse d’une autoformation ou d’une formation organisée dans des Centres linguistiques.

Puisque la didactique des langues vivantes est un objet protéiforme et en perpétuel mouvement, la première qualité d’un enseignant devrait être l’ouverture, celle qui lui permettra de mettre sans cesse en question sa praxis didactique, d’enrichir sa compétence linguistique et pédagogique, sa culture générale. L’énoncé jussif: “Aide-toi, la documentation t’aidera…” se fait de plus en plus “impératif”. Ce sont d’ailleurs les apprenants eux-mêmes, nos “semblables, nos frères” et sœurs, qui nous y obligent sans parler du challenge de l’anglais. De cette façon nous sommes amenés à faire de nécessité vertu. Pour se documenter, il n’y a d’endroits plus appropriés que les bibliothèques du Bureau de Coopération Linguistique et Éducative de l’Institut Français à Bucarest, des Centres Culturels Français à Cluj, à Iaşi, à Timişoara, des Alliances Françaises. L’idéal serait évidemment de s’abonner à l’une des revues de spécialité, se tenir au courant des parutions en matière de didactique du FLE. Mais ce qui pourrait vraiment aider l’enseignant à se maintenir “en forme”, ce sont les stages de formation continue organisés soit dans le pays soit en France. Il suffit de solliciter une bourse de formation auprès de l’Agence Nationale Socrates (www.socrates.ro).

Étant donné que la langue française a la réputation d’être une langue difficile, et pour cause (Car quelle autre langue pourrait jouir d’une aussi belle schizophrénie que celle de l’oral et de l’écrit dont le français est atteint?), c’est alors de la relation pédagogique et affective qui s’instaure entre l’enseignant et l’apprenant que dépend le succès ou l’échec de cet apprentissage. Dans notre activité d’enseignement on rencontre des scolaires qu’on appelle “captifs”, qui n’ont pas décidé eux-mêmes de se trouver en situation d’apprenants de la langue française (choix des parents, de l’établissement, changement d’école) ce qui rend la tâche du professeur plus difficile encore. En outre, nous partons du postulat que les apprenants ne s’intéressent pas a priori à quelque document ou exercice ayant trait au français, aussi est-il plus prudent de se fixer comme point de départ “le degré zéro de motivation”, selon l’expression de Michel Boiron. Par ailleurs, il ne faut pas oublier que l’approche communicative qui domine actuellement la didactique du FLE est incompatible avec l’attitude directive et dominatrice. Une relation pédagogique authentique ne se réalise qu’en pratiquant une réelle communication “de personne à personne” avec ses apprenants dans un rapport de confiance réciproque. Il est vrai que l’ensignant débutant ne reçoit pas au cours de sa formation initiale la science lui permettant de gérer la relation pédagogique enseignant / apprenant. Faute de mieux, et sans en être satisfait, ce qui lui resterait alors ce serait de recourir aux schémas fournis par son propre vécu d’élève, lorsque le savoir était transmis par un professeur toujours en position dominante à des élèves plus ou moins dociles et en position de dominés. Nous sommes persuadé que les propos de Michel Boiron auxquels nous adhérons1 sont suffisamment concluants du changement qui s’est produit dans l’enseignement du FLE et non seulement: “L’enseignant(e) est représentant(e) du monde adulte et porte parole de la langue enseignée. […] Les apprenant(e)s vont très fortement identifier la langue à la personne qui l’enseigne […]. La première priorité d’un(e) enseignant(e) qui entre dans une classe est d’avoir le sourire. La deuxième priorité d’un(e) enseignant(e) est de faire prendre la parole au plus grand nombre d’apprenant(e)s dans les toutes premières minutes du cours.”2

Les approches actuelles tendent à positionner les deux “actants” du processus d’enseignement – apprentissage “dans une relation de type égalitaire”.3 Et Christine Tagliante d’observer: “Dans le langage de la didactique, ce n’est pas un hasard si l’élève est devenu un “apprenant”…”. Elle continue en donnant la définition de celui-ci: “l’apprenant est celui qui est en train de se prendre en main pour apprendre, celui qui n’attend pas tout de l’enseignant, mais qui compte, pour mener à bien les objectifs qu’il s’est fixés, autant sur lui-même que sur l’aide que l’enseignant lui apportera.”.4 Nous savons bien que dans la didactique traditionnelle, la mémorisation, la compréhension et l’application étaient fortement sollicitées, en revanche, dans l’enseignement de type moderne, on fait appel à la capacité d’analyse des apprenants, la réflexion étant considérée un facteur d’acquisition très efficace. Certes, il y a également eu des changements du côté de celui censé détenir le savoir. Comme il ne “professe” plus, il est devenu enseignant ou si vous préférez animateur, appelé à collaborer (travailler avec) avec l’apprenant, à coopérer avec lui, à l’encourager, à l’épauler, à animer la classe. Comment? Tout simplement en brisant sa compacité parfois glaciale, en rendant souplesse à ce massif plutôt muet par un travail de groupes. Ainsi la spatialité scolaire se réordonne-t-elle, le mobilier commence à bouger, l’enseignant descend de son piédestal et quitte le devant de la scène pour laisser la place aux apprenants-acteurs et se mettre à côté de l’apprenant pour l’aider, lui rappeler un mot, une structure, une règle. “La relation pédagogique est [donc] passée de la verticalité à sens unique (enseignant [plus exactement professeur]→élèves), à l’horizontalité interactive” telle qu’on le voit sur le schéma proposé par l’auteur de La classe de langue:5















Fig.1 Fig.2
Dans la figure 1, le rectangle couché représente le Professeur distributeur du savoir absolu qui se tient à distance des élèves. Les questions du Professeur bombardent les élèves dont les réponses sont sporadiques, et la communication “latérale” (élève ↔ élève) n’existe pas ou bien elle est trop insignifiante. La figure 2 représente un enseignant (E) placé à côté de l’apprenant, par conséquent, à l’intérieur du groupe, les échanges ne cessent de se faire entendre.

Comment reçoivent les deux acteurs de la scène scolaire cette nouvelle réalité pédagogique? Certes, le professeur vit le sentiment d’une perte de pouvoir, la distance verticale étant passée de mode, tandis que l’apprenant se sent un peu dérouté ne sachant que faire de cette liberté inattendue. Mais lui, il est plus rapide et s’adapte volontiers. Du côté de l’enseignant, on peut entendre encore des objections tantôt légitimes tantôt exagérées. En voilà quelques-unes:

  • le brouhaha, le désordre;

  • la difficulté de la gestion de tous les groupes lorsque l’effectif de la classe est important;

  • le risque de perdre trop de temps;

  • le risque de confondre cette activité didactique avec la récréation;

  • les apprenants se servent de la langue maternelle lorsque l’enseignant tourne le dos;

  • tous les apprenants ne travaillent pas; il y a toujours quelques cancres, quelques tire-au-flanc.

Néanmoins, c’est à l’enseignant que revient la tâche de réfléchir avant le commencement de l’activité sur une organisation efficace des tables et des sièges, il peut même demander aux apprenants eux-mêmes de chercher des solutions optimales. Par ailleurs, l’efficacité d’une telle organisation est garantie seulement s’il s’agit d’une activité de type communicatif. Quant à la correction des erreurs, elle peut se faire en différé. Nous n’insisterons pas trop sur les avantages d’une telle modalité de travail car nous savons tous qu’elle rompt la monotonie du grand groupe, la classe. En outre, à une époque où la mondialisation, fût-elle alter, est inconcevable sans un travail en équipe à l’intérieur de laquelle chacun a son rôle, sa responsabilité, il est temps d’offrir cette chance (dont nous avons été privés de “notre temps”) à nos élèves et de leur apprendre à s’en servir. Pour assurer leur efficacité, il faut que ces activités soient limitées dans le temps, que leur durée soit respectée et que les consignes soient claires, courtes et précises.
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