1-Les documentaires sur l’art : un panorama en couleurs Les Musées éditeurs







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L’art de la couleur
Conférence de Nathalie Dresse

Passionnée, dès ses études en Communication, par l’écrit et l’image, Nathalie Dresse effectue une recherche sur le livre d’art pour enfants et développe un intérêt particulier pour l’éducation et les pédagogies actives. Son parcours professionnel la conduit au journalisme et au multimédia. Elle rédige différents articles et anime ponctuellement des ateliers ou conférences en littérature jeunesse. Actuellement responsable d’une bibliothèque municipale dans les environs de Rennes elle est au contact des publics, des productions éditoriales et des pratiques actuelles.

Sa conférence, donnée le 13 mars à Volx pour la Fête du Livre organisée conjointement par Eclat de lire de Manosque et Croque livres de Forcalquier, s’est appuyée sur une bibliographie que nous reproduisons ici.


Les couleurs ne sont pas anodines. Elles véhiculent des valeurs, des préjugés, une histoire.

Elles pèsent sur notre imaginaire.

Elles ne sont ni immuables ni universelles comme l’a parfaitement montré Michel Pastoureau dans son Petit livre des couleurs (2007).

Les couleurs se sont transformées au fil du temps et notre appareil sensoriel s’est lui-même modifié. On prétend que l’homme peut distinguer des millions de couleurs !

La couleur dépend de plusieurs facteurs :

De la lumière

De notre système visuel

De l’interprétation qu’en fait notre cerveau

De notre apprentissage.

Il n’y a pas de couleur sans notre regard.

Cet exposé abordera 2 parties :

  1. La couleur dans les documentaires sur l’art pour enfants

  2. La couleur dans les albums de fiction présentant une certaine qualité plastique, c’est-à-dire ceux qui sont des œuvres d’art en soi, ou qui recourent au pastiche ou qui se réfèrent à des œuvres d’art connues.

Dans chacune de ces parties nous tenterons une approche chronologique.

1-Les documentaires sur l’art : un panorama en couleurs




  1. Les Musées éditeurs



1- Citons en premier le Musée Pompidou qui lança la célèbre collection de Sophie Curtil :

L’art en jeu. Le principe de cette collection est le suivant : chaque livre traite d’une seule œuvre qu’on fait découvrir de façon progressive.


En 1985 cette collection était avant-gardiste. Mais aujourd’hui encore elle est une référence et reste d’actualité. Un exemple de titre dans cette collection : Miro, bleu II, (1990)
Puis vient Zigzart , en 2003, d’Elisabeth Amzallag Augé.

Ici encore les enfants observent, manipulent, créent. On ne citera que 2 titres :

Bleu Zinzolin et autres bleus (2002) et Jaune orpiment et autres jaunes (2006).
2- Ensuite apparaît la RMN (Réunion des Musées Nationaux)

Plusieurs collections :

Dès 1991 la collection L’enfance de l’art dirigée par Marie Sellier fait entrer les tout petits dans l’univers d’un peintre à travers des questions et des jeux inspirés pas ses œuvres.

B comme Bonnard, C comme Chagall, M comme Manet, T comme Toulouse-Lautrec…

En 2001 : la collection Salut l’artiste de Claire Merleau–Ponty, souvent en écho à une exposition, privilégie elle aussi une approche ludique. Par ex. : des éléments à replacer dans différents tableaux. On citera un titre de cette collection : Aux couleurs de Miro.(2001)

Au début des années 2000 également, Caroline Desnoëttes, qui, en 1996, chez Albin Michel, avait donné Le Musée des couleurs ou Le Musée des enfants, rejoint la RMN.

Elle propose pour les très jeunes lecteurs des collections d’imagiers qui leur sont adaptées : Le Musée de la nature (2001), La Ménagerie extraordinaire (2003) et Les 5 sens au musée (2003 également).

En 2008 la collection Et moi de Mila Boutan, invite les enfants à voyager à travers l’histoire de l’art à partir d’un artiste, des influences qu’il a subies ou des interprétations qu’il a faites d’œuvres des grands maîtres. C’est le cas de Picasso et moi ou de Gauguin et moi.

A la fin de chaque ouvrage, dans un cahier d’activités, l’enfant est incité lui aussi à dessiner « à la manière de » et à créer.

Dans le même temps, l’illustrateur belge Josse Goffin travaille aussi pour RMN.

Ses albums pour petits sont des livres d’éveil ou des livres animés où les formes se transforment par un jeu de caches et de rabats, créant sans cesse la surprise, comme le suggère leur titre : Ah ! ou Oh ! (2003)

Voici une main. On soulève la double-page, la main tient un crocodile qui porte une tasse !

Voici une tasse. On déplie la page, et elle devient bateau qui croise un poisson !

Voici un poisson .. etc.…

Le succès des livres d’art pour enfants ira grandissant au cours de ces 20 dernières années.

C’est ainsi que Marie Sellier, en 2001, avec : L’Afrique, petit Chaka, remporte le Prix Sorcières et le Prix Octogone avec la complicité de Marion Lesage.

Ce sont de tels succès qui expliquent en partie que les éditeurs généralistes cherchent à investir le domaine de l’art.


  1. Les éditeurs généralistes


Mais d’autres facteurs expliquent l’intérêt des éditeurs à se tourner vers le livre d’art pour enfants : la démocratisation des musées grâce à l’influence de Jack Lang, l’apparition des progrès techniques dans le domaine de l ‘impression, et la baisse des coûts de production.
1- Chez Gallimard, dès 1993, sort Mes premières découvertes de l’art. Ce sont des ouvrages qui s’adressent à un très jeune public. Ils présentent de façon simple et ludique la vie d’un peintre et ses œuvres. Pour la première fois Pierre Marchand découvre les possibilités du transparent.

La série Passion des arts en 1993, destinée aux plus grands, se caractérise par de grandes planches colorées, une information très riche et, pour la première fois dans le monde de l’édition, un contenu très morcelé, non hiérarchisé. Retenons un titre : La couleur.

En 2010 parait L’Art de Caroline Larroche qui nous offre un parcours dans le monde de l’art à travers des pages très denses et pas moins de 60 entrées : les noms de peintres, les œuvres, les époques, les styles, les genres, les mouvements et même des clés pour analyser et comprendre un tableau…Exemple : Un monde en couleurs de Philippe Nessmann, paru en 2011, est un livre très illustré et particulièrement bien documenté.

2- Chez Albin Michel

Il faut citer la série de Philip Yenawine, directeur du Muséum d’Art Moderne de New York

Son but : initier les jeunes en leur montrant qu’une œuvre d’art peut susciter différentes interprétations selon le contexte où elle est exposée. Sa collection se décline selon des thématiques telles que Couleurs, Lignes, Formes, Lieux, ou Gens…

Par contre, Regarde et Admire sont deux collections de Caroline Desnoëttes où elle présente des œuvres selon un procédé de Questions/Réponses, les réponses étant masquées dans un rabat latéral. S’adressant aux 5/6 ans elle cherche à éduquer le regard et permettre une rencontre simple et ludique avec la beauté. Ex. Les couleurs des peintres (2011)
3- Autrement jeunesse

Cet éditeur cherche moins à donner des informations sur les œuvres qu’à les mettre en scène, à les confronter ou les faire dialoguer entre elles.

Cheveux d’Agnès Rosenstiehl (1996) et Verts en toute saison du même auteur en 2001 illustrent cette approche.

En revanche, la collection Junior arts, en coédition avec le SCEREN/CNDP depuis les années 2000, veut sensibiliser les enfants du CM1 à la 3e à tous les arts et cherche à en faire des « amateurs actifs et éclairés ». La collection compte 13 titres à ce jour. L’éventail des thèmes est très large : architecture, musique, design, danse (2002) ou mode (2008).

A mentionner tout particulièrement : L’Art : une histoire (2005)

Cette collection réconcilie intelligence et émotion.
4- Nathan

On y retrouve Marie Sellier avec la série Entrée libre.

Peu de texte ici, mais une simple lecture d’un tableau accompagnée d’une courte présentation du peintre et quelques dates pour le situer dans le temps.

Quelques titres : La peinture (2004), Les arts primitifs (2005), Les arts décoratifs (2005)
5- Bayard

A signaler la collection  Je découvre de Lucy Micklethwait .

Une collection stimulante qui cherche à éduquer le regard, qui incite l’enfant à chercher dans un tableau un élément qu’il n’aurait peut-être pas vu spontanément .

Des titres : Je découvre les animaux dans l’art (1995),ou Je cherche les couleurs dans l’art,

Où est le chat ? (2007)

A mentionner aussi la collection Petite initiation à l’art qu’un seul titre suffirait à illustrer :

OOOh ! Picasso de Niepold Mil (2009).Le principe de cette collection repose sur un jeu de devinettes. On dévoile partie par partie une sculpture de Picasso en demandant à chaque fois « Qu’est-ce que c’est ? » jusqu’à la découverte, le plus souvent surprenante, de l’ensemble. Cinq œuvres sont ici présentées en même temps que l’artiste.



6- Milan

Sophie Curtil fait paraître dans cette maison d’édition 2 titres : Le Musée en 10 couleurs (2010) et l’Art par 4 chemins (2007) qui nous fait cheminer vers le nord, l’est, le sud et l’ouest de l’Europe parmi les œuvres les plus diverses. Elle nous propose donc 4 entrées, celles de la lumière.

Wehrli Ursus, publie en 2005 L’art en bazar et L’art toujours en bazar, deux ouvrages pleins d’humour et d’audace, très décalés. L’auteur nous livre ici sa vision de l’art.

Autre collection intéressante pour les petits : Ouvre l’art de Stéphane Frattini.

Presque pas de texte, seulement du visuel, de très gros plans.

Un titre de cet auteur paru en 2012 : C’est un pied ou un nez ? Très drôle.

7- Thierry Magnier

Dans Tout un Louvre de Katy Couprie et Antonin Louchard, des illustrations modernes sont mélangées à des œuvres d’art dont on multiplie les différentes lectures. On n’hésite pas non plus, de façon joyeuse et irrévérencieuse, à mélanger le classique avec le contemporain, les peintures avec les dessins ou les collages….C’est une collection très polysémique.

Avec Quelles couleurs ? Régis Lejonc, en 2009, raconte dans un gros imagier chaque couleur à travers des éléments qui l’illustrent au quotidien.

Par ex. le rouge est évoqué par la coccinelle, la voiture des pompiers, et…la révolution !
8- L’Elan vert/CNDP

Une collection : Le Pont des arts donne vie à des œuvres d’art grâce à des fictions imaginées par des écrivains (ici Véronique Massenot). C’est ainsi que Sous la grande vague au large de Kanagawa renvoie à La Vague de Hokusaï ( 2010). Ou Mona Lisa à la Joconde de Léonard de Vinci.
9- JBZ et Cie

En 2010, dans ses Histoires de Joconde, Piotr Barsony se donne comme objectif d’expliquer la peinture moderne et contemporaine à travers un seul tableau. L’auteur, peintre de formation, nous guide dans un musée imaginaire où seraient entreposées différentes versions de l’énigmatique Joconde. Ex. une Joconde bleue et jaune, à la manière de Vincent Van Gogh ! On est dans le domaine de l’humour et pourtant cela permet d’acquérir de solides connaissances sur les grands courants artistiques des 19 et 20e siècles !


  1. Les éditeurs d’art


1-Au Baron perché

Une collection : Comment parler de..dirigée par Françoise Barbe Gall, s’adresse surtout aux parents mais peut intéresser aussi les enfants . Elle fonctionne sur le mode questions/réponses.

Comment parler d’art aux enfants publié en 2009 est bientôt suivi de Comment parler de Frida Kahlo aux enfants de Sandrine Andrews en 2011.
2- Aux éditions du Chêne puis aux Editions du Regard/SCEREN

En 2004 paraît Découvre le design de Martin Szekely, un ouvrage conçu comme un reportage réalisé par des enfants qui pénètrent dans l’univers d’un designer. L’approche permet de comprendre le processus de création.

On va de l’idée à la réalisation.

Du prototype à l’industrialisation.
3- Phaidon

Publication, en 2006, du Musée de l’art pour les enfants, en 2 volumes.

Phaidon propose des ouvrages d’initiation à l’art pour les enfants à partir de 6 ans.

Ses ouvrages se présentent comme des visites guidées et interactives au cœur d’un musée.

C’est un petit musée portatif. (Phaidon édite aussi Hervé Tullet.)


  1. Les éditeurs spécialisés


1-Funambule 

Maison créée en 2000, par Claire d’Harcourt. Sa principale collection : L’art à la loupe rassemble de beaux livres, très soignés, d’un grand format. L’enfant lecteur doit jouer les détectives et trouver dans une œuvre des détails cachés que l’on aura agrandis et placés dans des vignettes. Un titre : Le Louvre à la loupe (2001)
2- Palette

Dès 2003 cette maison d’édition s’intéresse aux enfants. Le principe des ouvrages qu’il propose c’est une seule œuvre par livre avec la démarche empruntée déjà par Sophie Curtil dans L’art en jeu, celle de son dévoilement progressif.

Par ex. pour aborder le Printemps de Botticelli on part de détails pris dans le tableau :

le coquillage, la chevelure, le vent…pour arriver à l’œuvre dans son entier.

La production de Palette est énorme.

Citons : L’art et la manière (2003)

La grande parade de l’art (2006) : un joyeux bric-à-brac de 400 œuvres !

L’échelle de l’art de Loïc Le Gall (2007), un album-phare qui, grâce à un système de rabats, restitue l’échelle de grandeur entre différentes œuvres.

Panique au musée (2005) ouvrage plein d’humour et décalé qui permet de jouer avec les œuvres d’art.

La nuit tous les chats sont verts (2011). Plaisant. Conçu comme une comptine :

- Lundi j’ai vu…un rhinocéros rouge !


- Ça n’existe pas, ça n’existe pas !

- Si !

Alors, on ouvre un rabat sur le rhinocéros rouge de Veilhan, mascotte du Musée Beaubourg !

Les (vraies) histoires de l’art en 2011, de Sylvain Coissard, est un livre dérangeant, mais aussi très drôle, qui livre les secrets (supposés) de la réalisation d’une œuvre, avant et après un élément perturbateur.
3- Editions Courtes et longues

Maison fondée en 2006 par Jean Poderos, ancien secrétaire de Beaux Arts Magazine et Dada.

Cette maison présente 2 grandes collections :

  1. Toutes mes histoires de l’art avec un titre que l’on retiendra parce qu’il traite d’un mouvement artistique rarement étudié dans l’histoire de l’art : L’Art pompier d’Olivier Morel, artiste et formateur.

  2. Créer avec, collection de livres souples proches du cahier, qui livrent le regard d’un artiste contemporain sur un autre artiste et allient créativité et découverte de l’art.


2- Les albums passerelles
On étudiera ici des livres qui n’ont pas pour objectif de familiariser avec les œuvres d’art mais de présenter des auteurs/illustrateurs pour qui la couleur est un langage.

On ira du noir au blanc et vers la couleur.


  1. Le noir et blanc


Il faut citer d’abord Blanc sur noir et Noir sur Blanc de Tana Hoban ( 1917-2006), photographe qui a vécu à Paris et a été une des premières à s’intéresser à l’art pour les bébés.

En 1994 elle réalise ses photogrammes à l’intention des tout petits.

Elle collectionne aussi des objets qu’elle place dans ses cartonnés.

Persuadée que ce sont les contrastes que perçoivent les bébés elle crée des imagiers qui sont des albums d’éveil, en noir et blanc.

La collection L’art des bébés chez Palette reprendra ses idées et fera appel à des artistes confirmés pour lancer des cartonnés où alternent, toujours en noir et blanc, pages figuratives et formes abstraites.

Citons ensuite Anne Bertier qui chez MeMo nous propose des abécédaires d’un grand format où elle met en scène des lettres et des chiffres : Blanche, blanche et Noires noires (2009).

L’organisation des signes dans l’espace évoque des formes (par ex. les P adossés deviennent des arbres, les R affrontés ressemblent à des flèches…etc.) jusqu’à donner l’impression de paysages. Les lettres ou les chiffres apparaissent de façon aléatoire au fil des pages mais un sommaire en fin d’ouvrage permet de récapituler leur situation dans le livre.

Les éditions MeMo fondées en 1993 par Mestralet et Moro sont constituées d’une équipe de 6 personnes soucieuses de qualité au point qu’elles ne publient que 2 ouvrages par an.

La couleur y est très travaillée parce que les créateurs collaborent de façon étroite avec des imprimeurs (choix du papier, intensité des coloris, brillance…).


  1. Le blanc comme neige


A signaler quelques titres :

C’était l’hiver de Aoi Huber-Kono, en 2005, chez Panama (maison aujourd’hui disparue).

Les pages délicates de cet album, tout juste teintées de quelques touches de jaune ou de gris très pâles, donnent la sensation d’une neige immaculée.

Mais elles donnent aussi, avec les flocons qui tombent, celle de la lenteur dans l’écoulement du temps, par opposition aux gouttelettes plus rapides de la pluie.

On dirait qu’il neige (éditions Les 3 ours, 2011) de Rémy Charlip, est un livre ( ?) de très petit format qui fait la part belle à l’imaginaire de chacun face à la page blanche.

Enfin Blanc sur blanc de Malevitch (1918 !) est un ensemble de monochromes qui témoigne d’une véritable quête de l’absolu. (Carré blanc sur fond blanc par ex. est une huile peinte sur une toile de couleur blanche très légèrement différente, ce qui donne l’impression de différentes textures).

Quant à Blanc, paru en 2008 chez Milan, il met en scène un escargot qui, au cœur de 5

« pop-up » entièrement blancs, part à la recherche d’une sauterelle cachée dans un tronc d’arbre, d’une libellule aux ailes irisées, d’un nénuphar. C’est la trace brillante de l’escargot qui constitue le fil directeur de ce livre magnifique.
C-Les illusions d’optique
Le Cirque des illusions de Etsuko Watanabe, chez Albin Michel en 2011, album en noir et blanc, est un véritable trompe-l’œil. Un clown nous présente les principaux numéros de son cirque : acrobates, dompteurs, équilibristes. Or, chacun d’eux cache un jeu d’optique ou une illusion de perspective !

Dans Ombres de Suzy Lee, publié en 2010 chez Kaléidoscope, nous sommes plongés dans un grenier tout noir et tout encombré d’objets dans lequel joue une petite fille (en jaune). Clic ! Elle éclaire l’ampoule suspendue au plafond et voilà qu’au sol apparaît tout un monde d’ombres projetées. Son imagination s’emballe. Elle est dans la jungle, entourée d’animaux effrayants. ..

Où est-on ? Zones de lumière et d’obscurité se mélangent. Réel et imaginaire s’emmêlent…

Mais un « A table ! » lancé de loin par la mère opère un rapide retour à la réalité.

Sara, dans un album sans texte paru en 2004 chez Thierry Magnier : Du temps , nous conte en quelques vignettes, de façon très épurée, l’histoire d’un maître qui perd son chien et va l’enterrer sur la colline. Il s’assoit. Il est triste. Il laisse la balle jaune de son chien près de lui sur le sol. Il s’en va.

Le temps passe. La neige tombe puis fond. Au printemps l’homme revient sur la colline, trouve la balle, la ramasse et la lance au loin. Est-ce bien la même ? Un jeune chien la rapporte qui ressemble tellement à l’autre…

Dans cet univers noir et blanc la seule note de couleur c’est le jaune. Celui de la balle.

Celui du soleil. De la vie qui reprend (?). C’est un album sur le cycle de la vie.

L’homme au chapeau de Tullio Corda (Minedition, 2012), raconte l’histoire d’un petit village tranquille qui voit arriver un homme très élégant coiffé d’un haut de forme. Comme il n’enlève jamais son chapeau, on commence à jaser et à le traiter de mal poli.

Jusqu’au jour où… Mais qu’y a-t-il sous le chapeau ? La couleur ! Et avec elle, la gaieté !
D-De toutes les couleurs

Il faut citer l’imagier de Tana Hoban : Des couleurs et des choses .

Mais on s’attardera plutôt sur l’album de Claire Dé : A toi de jouer ! paru en 2010 (Grandes personnes). Ici, pleins feux sur le jaune ! Il nous invite en effet à jouer avec 162 pièces en plastique, de vaisselle ou d’objets du quotidien, tous de cette couleur jaune ou jaune/orange ! Il nous incite par ex. à nous livrer à différents classements : selon la forme, en mettant ensemble tous les ronds, tous les carrés, tous les troués. A les associer de manière logique ou insolite. A les empiler, les emboîter, à les transformer. A créer, aussi, en les assemblant, des objets imaginaires, loufoques. A construire des villes étonnantes, fantasmées.

Avec Ouvre les yeux (paru d’abord chez Panama puis aux Grandes personnes) Claire Dé, encore, offre aux tout petits leur premier livre de découverte de la nature. Un magnifique livre de photographies (Prix Sorcières 2008) qui oriente le regard vers des couleurs, en même temps que des formes, des détails, des matières, tout en proposant de toucher les images du bout des doigts. Avec humour et poésie c’est à un voyage dans la nature qu‘elle nous convie, mais une nature un peu inattendue, qui n’est pas toujours celle que l’on voit habituellement !

Couleurs nature de Ianna Andréadis (Seuil, 2002) est également un bel album de photos qui cherche à apprendre les couleurs aux plus jeunes grâce au monde qui nous entoure : le rouge ? celui d’un champ de coquelicots. Le bleu ? celui d’un paon. L’orange ? celui des dunes du désert. Le blanc ? celui de la calotte glaciaire.. Là encore : voyage au cœur de la nature, voyage autour de la terre, sensibilisation à la beauté du monde.


  1. Du côté de l’abstraction


Le précurseur de cette catégorie c’est bien sûr Petit bleu et petit jaune (L’Ecole des loisirs, 1970) de Léo Lionni.

Plus tard, Bruno Munari, dans son Livre illisible (édité en 1995, réédité en 2008 aux Trois Ourses) nous offre un livre sans mots, tout en découpes et pliages exécutés de façons différentes, qui joue là encore sur les couleurs, les matières, compactes ou transparentes.

C’est un livre-objet plein de surprises. Un livre pour stimuler l’enfant, l’émerveiller, le faire rêver. Un livre destiné à être feuilleté, manipulé, mais…pas vraiment lu.

Hervé Tullet, lui, sort (d’abord chez Panama puis en 2004 chez Bayard), Moi, c’est Blop !

Qui est Blop ? Une simple forme qu’on expérimente dans des jeux de couleurs (tantôt jaune, tantôt bleue ou verte) ou dans des jeux de transparence, d’effets de miroir (références à Andy Wharol)…Bref, une forme …avec toutes sortes de possibilités !

Le Grand Livre du hasard ( Panama , 2009) de ce même auteur, est aussi un livre abstrait, un mélange de points et de lignes qui peut créer du sens et évoquer des formes à travers des combinatoires ou des répétitions.

Un livre (Bayard, 2010), toujours d’Hervé Tullet, est conçu sur le principe qu’on ne lit pas qu’avec les yeux mais avec tout son corps. Il invite donc à une lecture sensitive :

on appuie, on frotte avec le doigt, on secoue, on penche, on souffle.

Rappelons que ses cartonnés parus chez Phaidon portent sur des expériences sensorielles qu’on propose à l’enfant. Ex. : Les yeux fermés, Jeux de lumière, ou Jeu dans le noir.

A signaler encore parmi les livres abstraits : Animaux de Paul Cox (Seuil, dès 1997),

un jeu de piste pour décrypter des noms d’animaux derrière des images, abstraites ou non .

Avec Big bang pop de UG (Grandes personnes, 2012) on entre dans le monde fabuleux des découpes. Ce sont des livres d’artistes où les mots ici s’inscrivent dans la forme.

Enfin, dans Paysajeux (Grandes personnes, 2012), Henri Galeron nous avertit qu’Une image peut en cacher une autre. Dans cet ouvrage il nous présente des photos de la nature qui dissimulent des éléments inattendus, voire absurdes : un ours dans le canal, des dinosaures dans les nuages, des visages dans les arbres…

Conclusion
Chaque livre propose une expérience de l’art.
Mais se pose la question : L’art se suffit-il à lui-même ?

Une œuvre d’art de 1820 est-elle la même de nos jours ? A-t-elle la même valeur ?

La voyons-nous toujours de la même façon ?

Si c’est oui, alors le livre d’art n’a d’autre fonction pour le lecteur/spectateur que de combler la distance géographique qui le sépare de cette oeuvre.

Sa fonction se résumerait donc à opérer un rapprochement entre l’art et son public,

à permettre une proximité.
Mais si l’art ne se suffit pas à lui-même ? Qu’apportent alors les auteurs ?

Des informations.

Un cheminement.

Des émotions
Car on ne peut nier l’importance du sensible dans l’art.

Pourtant dans la lecture d’une œuvre d’art, si l’émotion est essentielle elle n’est pas supérieure à l’intelligence.

Pour appréhender une œuvre d’art et l’apprécier, d’autres moyens sont nécessaires .

Il faut :

Une connaissance de l’évolution de l’art

Une pédagogie

Des activités créatrices

Une familiarité avec des œuvres
Or, c’est ce qu’apporte le livre d’art pour enfants aujourd’hui. L’importance de sa médiation envers l’art n’est plus à démontrer
Josette Maldonado

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