«conquêtes de l'empereur de la chine»







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alias Mgr Sallusti : p.195 c'est Ngan Tö-yi 1. Mais aucune peinture de Ngan Tö-yi n'est portée au Che k’iu pao ki ; Hou King l'ignore entièrement.

*

Sur les conditions dans lesquelles les dessins furent envoyés en France, il s'est produit quelques confusions qu'il paraît aisé et utile de dissiper. MM. Monval et Cordier ont dit que l'édit du 13 juillet 1765 prescrivait d'envoyer les dessins « en France ». M. Monval écrit :

« La Compagnie des Indes d'Angleterre fait tout son possible pour avoir la commande ; mais le père [sic] Attiret, grâce à son ascendant sur l'empereur et à l'autorité incontestable de son talent, procure cet avantage à la France » 2.

En réalité, l'édit du 13 juillet 1765 prescrit d'envoyer les gravures « en Europe », mais ne nomme pas la France. D'autre part, au cours d'une conversation que le père Michel Benoist eut en 1773 avec l'empereur K'ien-long, le Père dit que c'était le vice-roi de Canton qui avait choisi la France pour l'exécution des gravures ; et comme l'empereur lui demandait :

— N'est-ce pas vous autres qui d'ici avez indiqué votre royaume et avez écrit pour cela ?,

le père Benoist lui répondait :

— ... Il est vray que... les Europeans d'ici ont fait des Mémoires qui ont été envoyés en même temps que les premiers desseins : mais dans ces Mémoires les Europeans avertissoient seulement le graveur quel qu'il fût de la conformité totalle que V. M souhaitoit qu'eussent ces planches avec les desseins envoyés, de la quantité d'Estampes que Votre Majesté souhaitoit qu'on tirât et des autres circonstances p.196 que V. M avoit elle-même indiquées 3.

Il est donc certain que la décision d'envoyer les dessins en France plutôt qu'en tout autre pays d'Europe fut prise à Canton et non à Pékin ; ni le frère Attiret ni l'empereur n'y sont pour rien 4. La vérité nous est révélée par un mémoire de Bertin qu'a signalé M. Cordier. Les Anglais furent pressentis, mais le père Louis Joseph Le Febvre, supérieur de la mission jésuite française de Chine et alors établi à Canton,

« fit représenter au vice-roi par un mandarin de ses amis, protecteur déclaré des Français, que les arts étaient plus cultivés en France que dans aucun autre État de l'Europe, et que la gravure surtout, y était portée au plus haut point de perfection. 1

Le père Le Febvre voyait sans aucun doute dans l'exécution de ces gravures par la France un moyen de développer en Chine l'influence française, et par suite celle des missionnaires français établis à la Cour de Pékin. Mais les représentants de la Compagnie [française] des Indes à Canton montraient moins d'enthousiasme. C'est ce qui résulte d'une lettre du Conseil de la Direction de Canton adressée le 10 janvier 1767 aux Directeurs de la Compagnie à Paris et où on lit ce qui suit :

« L'honneur d'avoir été choisis entre les autres nations pour décorer le Palais de Sa Majesté Impériale est p.197 assurément très flateur, mais il nous expose à des embaras que nous eussions été plus aise d'éviter. La route étant faite, nous avons été obligés de la suivre. Nous tachons seulement de ne pas nous compromettre en ne déterminant point de terme pour l'exécution où du moins en exigeant un terme si long qu'il ne soit pas possible de manquer à nos engagements. 2

Le Conseil de Direction de la Compagnie à Canton exprimait ces appréhensions en 1767, à propos de l'envoi du second lot comprenant les 12 derniers dessins. Mais les arrangements entre les Chinois et la Compagnie des Indes avaient été conclus dès 1765, au reçu de l'édit impérial. Comme pour toute affaire commerciale avec les Européens, c'étaient les marchands hannistes qui avaient traité. Un heureux hasard nous a conservé le texte chinois de ce traité signé par les 10 marchands hannistes, ayant à leur tête P'an T'ong-wen 3. Bien que la traduction de ce document préparée par M. Courant ait déjà été publiée par M. Cordier en 1902 dans un travail sur Les marchands hanistes de Canton 4, elle est restée ignorée de M. Monval, M. Cordier ne s'est pas trouvé y faire allusion dans son article sur Les Conquêtes de l'Empereur de la Chine, et par suite M. Ishida ne l'a pas non plus utilisée. Je crois donc bon de la reproduire ici, avec de très légères modifications :

P'an T'ong-wen et autres, marchands hannistes au Kouang-tong, en s'engageant publiquement font une commande à Kan-tche-li et à Wou-kia-lang 1, chefs commerciaux pour le royaume de France.

p.198 Nous avons reçu de LL. EE. le vice-roi et le surintendant des douanes communication d'un ordre impérial prescrivant de transmettre, pour les faire graver sur cuivre, quatre dessins représentant les Victoires obtenues dans les pays des Dzoungars et des tribus musulmanes 2. Avec bordereau ont été envoyés un feuillet, dessin original de Lang Che-ning, ayant pour sujet « Le camp [enlevé] par ruse par Ngai-yu-che » 3 ; un feuillet, dessin original de Wang Tche-tch'eng, ayant pour sujet « [le combat d'] A-eul-tch'ou-eul » ; un feuillet, dessin original de Ngai K'i-mong, ayant pour sujet « Les habitants de l'Ili font leur soumission » 4 ; un feuillet, dessin original de Ngan Tö-yi, ayant pour sujet « [le combat de] K'ou-eul-man ». En même temps ont été envoyés deux feuillets en caractères barbares du royaume d'Italie et deux feuillets en caractères barbares ayant cours dans tous les pays d'Occident 5. Ces diverses pièces sont parvenues à notre comptoir, avec l'ordre transmis par les autorités de traiter [cette affaire].

Maintenant nous remettons aux chefs Kan-tche-li et Wou-kia-lang l'ensemble des quatre dessins originaux et des quatre papiers en caractères barbares, pour que le tout soit porté par le vaisseau Po-ye 6 en votre pays et p.199 qu'on prenne la peine de le remettre à la Compagnie (kong-pan-yi). Celle-ci confiera les pièces aux ministres d'État de votre pays et les chargera de faire graver quatre planches de cuivre avec une exactitude respectueuse, en se conformant aux règles et aux instructions contenues dans les documents en caractères barbares. La gravure étant achevée, pour chaque planche on tirera 200 exemplaires sur bon papier résistant, soit en tout 800 feuilles, qui avec les planches de cuivre, seront divisées [en deux lots] et chargées sur deux vaisseaux pour être rapportées : chaque vaisseau devra porter 2 planches de cuivre et 100 exemplaires de chaque gravure, soit en tout, 400 feuilles. Les quatre dessins originaux envoyés d'ici et les quatre documents en caractères barbares seront joints, et le tout exactement devra arriver au Kouang-tong environ dans la 33e année (1768) 1 pour être remis aux autorités. 

Maintenant on verse à l'avance 5.000 taëls d'argent houa-pien 2 à titre d'arrhes. Si pour le prix du travail ce n'est pas suffisant, on complétera intégralement le prix lors de l'arrivée des planches de cuivre. S'il y a quelque accident de mer, le prix du travail et le fret seront portés au compte de notre comptoir.

Ce billet d'obligation est dressé en deux exemplaires semblables, l'un est remis au chef Kan-tche-li pour qu'il l'emporte dans son pays et s'y conforme ; l'autre est remis au chef Wou-kia-lang résidant à Canton pour qu'il le conserve comme preuve. Des deux parts, il n'y aura pas de négligence.

Ceci est une affaire importante transmise par les autorités pour être traitée ; il faut que la gravure soit très fine et conforme au modèle. Aussitôt [le travail] fait, qu'on renvoie le tout dans les délais ; le plus tôt sera le mieux.

Ce billet d'obligation est remis à MM. les chefs Kan-tche-li et Wou-kia-lang.

La 30e année de K'ien-long (1765),... mois,... jour. 3

[Suivent les signatures des dix marchands hannistes, Pan T'ong-wen et autres.]

Il me paraît clair que le document conservé à la Bibliothèque Nationale est l'exemplaire du contrat apporté en France par p.200 « Kan-tche-li ». Les deux feuillets en italien et les deux feuillets en latin représentaient évidemment l'un le texte italien et latin de la traduction de l'édit du 18 juillet, l'autre le texte latin et italien de la note annexe de Castiglione. La traduction française de ces documents que j'ai reproduite plus haut est sûrement l'œuvre des agents de la Compagnie des Indes. Que la traduction primitive de l'édit soit due à Castiglione ou à son entourage, c'est ce que nous confirme par ailleurs l'orthographe conservée pour les noms propres dans la traduction française : cette orthographe est en effet l'orthographe portugaise, courante chez les jésuites portugais de Pékin auxquels Castiglione était rattaché, au lieu qu'un traducteur de la mission jésuite française aurait employé l'orthographe française de Gaubil et d'Amiot ; Attiret est donc décidément hors de cause. En outre, le double emploi de l'italien et du latin par Castiglione montre bien qu'il ne savait à quel pays irait la commande ; il voulait seulement, à tout hasard, que l'édit et sa note fussent compris partout. Quant à ce qu'il est advenu de ces notes originales en italien et en latin, une lettre de Parent, écrite en 1776, prouve qu'il les vit lors de l'arrivée des quatre premiers dessins en France 1. Si nous ne les retrouvons pas, c'est sans doute que, conformément au contrat avec les hannistes, elles furent renvoyées en Chine avec les gravures.

Expédiés en France (sur le « Po-ye » ?) au début de 1766 2, les quatre premiers dessins y arrivèrent dans l'automne de 1766. Le contrat avec les hannistes spécifiait que la Compagnie des Indes remettrait les dessins « aux ministres d'État » pour les faire graver ; mais rien ne prouve que « Kan-tche-li » ait apporté avec lui une traduction complète du contrat ; en tout cas on ne trouve pas trace p.201 d'une telle traduction, et il n'est même fait aucune allusion au contrat dans le dossier des Archives Nationales. Que contenaient par ailleurs les rapports écrits de « Wou-kia-lang », ceux écrits ou oraux de « Kan-tche-li » ? Nous l'ignorons, car ces rapports n'ont pas été signalés jusqu'ici ; on sait que les archives de la Compagnie des Indes ont en majeure partie disparu à la Révolution. Mais le fait certain est que la Compagnie possédait la note de Castiglione, adressée, selon la version française, « au très illustre Président de l'Académie de Peinture », sans que ce titre visât dans l'espèce une académie spéciale d'un pays déterminé 3. Les directeurs de la Compagnie des Indes ne tinrent d'abord nul compte de cette note et se préoccupèrent de trouver eux-mêmes des graveurs. Mais Parent, premier commis du ministre Bertin de qui dépendait la Compagnie des Indes, se trouva voir chez les Directeurs de la Compagnie la note de Castiglione, et fit alors observer à ces messieurs que l'exécution de la commande ne les concernait pas et que « l'Empereur de la Chine avoit entendu d'en charger le Ministre des Arts, c'est-à-dire le Directeur Général des Bâtiments du Roy ». Parent p.202 prévint alors son chef Bertin, et celui-ci parla à son tour au Directeur général des Bâtiments du roi et Directeur de l'Académie royale de peinture, le marquis de Marigny, « qui prit les ordres du Roy et retira les desseins » 1.

C'est le 17 décembre 1766 que, conformément à l'avis de Parent, les directeurs de la Compagnie des Indes se décidèrent à saisir M. de Marigny par la lettre suivante dont une copie se trouve aux Archives Nationales : 2

Copie d'une Lettre de Mrs Les Sindics et Directeurs de la Compagnie des indes a M. Le Marquis de Marigny du 17 Xbre 1766.

Monsieur

Le nommé Lankeikoua 3 marchand Chinois a remis aux préposés de la Compagnie à Canton quatre desseins représentant les victoires de L'Empereur de la Chine Sur les tartares manchoux, il a demandé, au nom des grands mandarins de la Ville, que ces desseins fussent apportés en france pour y être gravés par les meilleurs artistes conformément au Décret de l'empereur, dont il a remis en même [sic] deux traductions L'une en latin et l'autre en Italien. Les traductions de ce décret ainsy que les desseins, avoient été envoyés de Pékin par le père Castiglione, Jesuite, qui avoit reçu les ordres de l'Empereur à cet égard. Ces divers [sic] Pièces sont accompagnées d'une Lettre de ce Père adressée au Président de l'Académie de Peinture, dans laquelle il lui recommande la perfection de L'ouvrage, en meme tems qu'il en exprime les Conditions ; nous avons pensé, Monsieur, que la direction d'un travail dont le succès interresse l'honneur des artistes françois ne pouvoit regarder que vous, nous avons l'honneur de vous adresser en conséquence une traduction tant du Décret de l'Empereur, que de la lettre du père Castiglicne et nous vous observons qu'il seroit p.203 à souhaiter, pour remplir les intentions de l'empereur, que ce travail fût fini au mois de 9bre prochain, afin de profiter des vaisseaux que la compagnie expediera alors pour la Chine.

La Compagnie payera ce qu'il en pourra coûter pour l'Exécution de cet ouvrage, et nous nous empresserons, Monsieur, de vous remettre les quatre desseins, ainsy que les autres Pièces originales dont nous venons de vous faire le détail, aussitôt que vous aurez bien voulu nous en indiquer le moment.

Nous sommes avec Respect, etc.

Signé : Brisson, Du Vandier, Marion, Belin (?), Sancé (?)[,] de Lessart, Le Moyne et De Mery Darcy.

Cette copie de la lettre des directeurs de la Compagnie des Indes est accompagnée de la copie d'un Mémoire, évidemment établi dans les bureaux de Bertin, et dont voici le texte :

L'Empereur Kien-long, actuellement régnant en Chine vient de Rendre hommage à l'Industrie françoise, en faisant charger les préposés de la Compagnie des indes à Canton de faire graver en france quatre grands desseins représentant des victoires qu'il a remportées sur des Rebelles attachés à la derniere dinastie chinoise ; ces quatre desseins sont actuellement à Paris entre les mains des Sindics et Directeurs de la Compagnie des Indes.

L'Empereur demande que les quatre Planches gravées sur cuivre lui soient envoyées, avec 200 épreuves de chaque Planche ; pour fournir à la dépense, il a fait délivrer aux préposés de la Compagnie, une somme de Seize mille Taëls (Na Le Taël vaut 7£10s ce qui fait une somme de 112.800£). Ce Prince demande encore que les quatre Desseins originaux luy soient renvoyés avec les Planches et les Epreuves. on dit que la Compagnie des Indes d'angleterre, ou ses employés à la Chine ont fait tout leur possible pour avoir la Préférence de Cette Commission, sentant bien toute l'utilité que l'angleterre en auroit pû retirer, mais que les missionnaires qui sont à la Cour de Pékin ont procuré cet avantage à la france.

on Croiroit à propos d'exécuter en petit ces quatre desseins sur des grands vases de Belle forme de la Manufacture Royale de Séve [
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