«conquêtes de l'empereur de la chine»







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Ordre véritable et sujets des seize estampes des « Conquêtes »

1. (= Helman n° VIII) : « On reçoit la soumission de l'Ili ».

P. Ionatius [sic] Sichelbarth Soc. Jesu delin. 1765 — C. N. Cochin direx. — B. L. Prévost Sculpsit 1769.

2. (= Helman n° V) ; « On force le camp [établi] à Gädän-ōla ».

Joseph. Castilhoni Soc Jesu delin 1765 — C. N. Cochin direx. — J. Ph. Le Bas Sculpsit 1769.

3. (= Helman n° IX) : « Le combat d'Oroï-jalatu ».

C. N. Cochin Filius Direx. — Gravé par J. P. Le Bas Graveur du Cabinet du Roi, et de son Académie de Peinture, et Sculpture. 1770.

4. (= Helman n° XIV) : « La victoire de Khorgos ».

joãn diõn Attiret Soc. jes. fecit Pekini Anno 4766. — C. N. Cochin Filius. Diréxit. — Gravé par J. P. Le Bas. Graveur du Cabinet du Roi en 1774.

5. (= Helman n° II) : « Le combat de Khurungui ».

J. Joannes Damascenus à SSta Conceptione, Augustinianus excalcatus [sic] et Missionarius Apostolicus Sacræ Congregationis delineavit et fecit — C. N. Cochin Filius. Direxit. — J. Aliamet Sculp.

6. (= Helman n° XIII) : « Le chef d'Uš[-Turfan] se soumet avec sa ville ».

J. Joannes Damascenus à SSta Conceptione, Augustinus Excalceatus et Missionarius Apostolicus Sacr. Congregationis de Propaganda Fide Delineavit et Fecit. — C. N. Cochin Filius Direx. — PP. Choffard Sculpsit Parisii 1774.

7. (= Helman n° III) : « La levée du siège de la Rivière Noire ».

Joseph. Castilhoni Soc Jesu delin 1765. — C. N. Cochin direxit. J. P. Le Bas Sculp 1774. p.267

8. (=. Helman n° VII) : « La grande victoire de Qurman ».

P. F. Joannes Damascenus, Romanus, Augustinus Excalceatus Missionarius Apostolicus delineavit et fecit, Anno 1765. — C. N. Cochin Direxit. — Augustinus de St Aubin Sculpsit Parisiis Anno 1770.

9. (= Helman n° IV) : « Le combat de Tonguzluq ».

C. N. Cochin Filius, Direxit. — Augustinus de St Aubin Sculpsit Parisiis, Anno 1773.

10. (= Helman n° X) : « Le combat de *Qoš-qulaq ».

C. N. Cochin Filius. Direxit. — B. L. Prévost Sculpsit 1774.

11. (= Helman n° XV) : « Le combat d'*Arčul ».

Js Dios Attiret Soc. Jesu, del. 1765. — C. N. Cochin filius Dirrex. — J. Aliamet Sculp.

12. (= Helman n° XII) : « Le combat du Yešil-köl-nör ».

P. J. Joẽs Damascenus a SSta Conceptione Augustinus excalceatus Sacræ Congregationis Missionarius Apostols Delineavit et Fecit. — C. N. Cochin Filius Direxit. — N De Launay Sculp. 1772.

13. (= Helman n° XI) : « Le khan du Badakhšan demande à se soumettre ».

J. Joannes Damascenus a SSta Conceptione Augustinus Excalceatus et Missionarius Apostolicus Sacr. Congregationis de Propaganda Fide Delineavit et Fecit. — C. N. Cochin Filius Direx. — PP. Choffard Sculpsit Parisiis 1772.

14. (= Helman n° I) : « On offre [à l'Empereur] les prisonniers [faits lors] de la pacification des tribus musulmanes ».

Joan. Dionys. Attiret S. Jesu. Missionarius Delineavit. — C. N. Cochin Filius direxit. — L. J. Masquelier Sculpsit.

15. (= Helman n° VI) : « [L'Empereur se rend] dans la banlieue pour prendre [personnellement] des nouvelles des officiers et soldats qui se sont distingués dans la campagne contre les tribus musulmanes ».

F. Jnes Damascenus a Sma Conceptione Augnus Excalceatus et Missionarius Apostocus Sacræ Congrenis delineavit et fecit. — C. N. Cochin filius direxit. — Francus Dionus Née Sculpsit Anno 1772.

16. (= Helman n° XVI) : « [L'Empereur] offre un banquet de victoire aux officiers et soldats qui se sont distingués ».

Cochin Filius Direxit — Gravé par J. P. Le Bas, Graveur du Cabinet du Roi 1770.

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APPENDICE

p.268 Pendant que le présent travail était en cours d'impression, j'ai rencontré un document important relatif à la commande des gravures des « Conquêtes » ; il s'agit d'un post-scriptum ajouté par le père Augustin de Hallerstein à une lettre qu'il écrivait de Pékin à son frère le père Weichard de Hallerstein. Le père A. de Hallerstein (1703-1774), président du « Tribunal des Mathématiques », comptait à la mission portugaise ; il était placé pour être renseigné. Ses lettres à son frère ont été publiées en 1781 par le père Georges Pray comme appendice à ses Imposturae CCXVIII. in dissertatione R. P. Benedicti Cetto,... detectae et convulsae 1. La reproduction des lettres n'est toutefois pas intégrale, car le père Pray a supprimé ce qui avait un caractère privé, et il semble que ce travail d'éditeur ait amené au moins une confusion, et précisément à propos du texte qui nous intéresse ici. Ce texte est en effet donné comme un post-scriptum à une lettre écrite de Pékin le 12 septembre 1764, et dont le millésime ne paraît pas douteux car elle rappelle un envoi de 1763 comme fait « anno superiore » 2. Mais le postscriptum ne peut être en fait que de l'automne de 1765, à raison même de son contenu ; il semble par suite qu'il doive appartenir en réalité à la lettre suivante, qui est du 27 octobre 1765. Quoi qu'il en soit, voici le texte : 3 p.269

Quod in epistola oblitus fui, hic significo. Imperator noster vult sculpi, imprimi in Europa sexdecim icones, quæ repræsentant operationes belli, quod his elapsis annis gessit contra Tartaros Eluthanos, & horum vicinos, & antea subditos Mahometanos. Nempe finito bello curavit pingi 16. magnas picturas, quibus aulas suas exornavit. Venerunt postea ad illius nianus quædam icones Augastanæ sculptoris Rugendas, quæ similes actiones exhibebant 4 ; tum vero illas intellexit, eique placuerunt. Jussit ergo Fratrem nostrum Josephum Castiglione, est Mediolanensis, habet ætatis 78. Pekini 49. 5 valet etiamnum oculis, & manibus, P. Ignatium Sichelbart Bohemum, Fratrem Dionysium Attiret Gallum, p.270 & P. Damascenum Romanum, Ord. S. Augustini de propagandanda 1, ut illas magnas picturas in minorem formam redigerent : redactas primas quatuor ante duos circiter menses expedivit Cantonem ad Proregem, ut navibus Europæis traderentur in Europam transferendæ. Sequente anno ibunt aliæ quatuor, & ita porro. Votum F. Castiglione est, ut sculperentur, & imprimerentur in Italia : cum res non sit mei fori, non me iramiscui. Vult autem Imperator, ut ex singulis tabulis exprimantur, & imprimantur solummodo centum exemplaria, & una cum tabulis huc remittantur : precium quantumcunque persolvat Prorex Cantonensis. Hoc putabam V. R. gratum fore intelligere, ut, si quis illic de re sermo fiat, sciat, quid rei sit. Quod si R. V. rescierit de loco, & artifice, gratum etiam mihi fuerit, id statim scire 2. Ceterum est magna differentia inter has picturas : F. Castiglione est sine dubio optima ; hanc sequitur P. Sichelbart, & F. Attiret, sed passibus non æquis, & has longo intervallo Romani, licet Romani. Est adhuc novus. 3

Ce texte est intéressant à plus d'un titre. D'abord il confirme la traduction de l'édit du 13 juillet 1765 en ce qui concerne le chiffre primitivement prescrit pour le tirage ; ce chiffre primitif était bien de 100 exemplaires, et non de 200 ; le chiffre de 200 ne fait son apparition qu'avec le contrat des hannistes. En second lieu, le récit de Hallerstein établit que non seulement l'envoi des dessins en France n'avait pas été décidé à Pékin — je l'ai déjà p.271 montré plus haut par d'autres raisons —, mais que Castiglione espérait que la commande irait en Italie ; le fait qu'il joignit des versions italiennes aux versions latines de l'édit et de la note explicative vient d'ailleurs à l'appui de l'information de Hallerstein. Enfin Hallerstein est le seul à nous fournir des renseignements sur la genèse de l'entreprise. Aucune source ne nous avait appris jusqu'ici que les seize planches étaient des réductions de peintures plus considérables qui ornaient déjà les parois d'un des bâtiments du palais, et que K'ien-long avait conçu le projet de faire graver ces peintures en voyant des gravures de batailles exécutées d'après des originaux de Rugendas. Sur ces peintures primitives plus considérables et sur leurs auteurs, nous sommes réduits jusqu'ici à des hypothèses. Selon toute vraisemblance, elles avaient été exécutées, comme les portraits des officiers méritants, sous la direction des artistes missionnaires, et j'incline à croire que ce sont là les scènes de bataille qui étaient suspendues dans le Tseu-kouang-ko au-dessus de la longue rangée des portraits 1. Il est à souhaiter que quelqu'un ayant libre accès au Tseu-kouang-ko nous renseigne d'une manière plus précise sur la décoration de ce bâtiment 2.

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Remarques additionnelles

P. 187. — Pour Castiglione, cf. aussi Laufer, Christian art in China, p. 16, et, pour le « galop volant », p. 18.

P. 190, n. 1. — L'Attiret de Paris doit être Claude-François Attiret (1728-1804). Mais, tandis que les documents que j'ai p.272 utilisés font de lui un cousin du missionnaire, il est indiqué comme son neveu aussi bien dans Nagler, Künstler-Lexicon, que dans Thieme et Becker, Allgem. Lexicon der bildenden Künstler.

P. 210, l. 3 et 4. — La Préface du t. I des Mémoires concernant les Chinois est donc dans l'erreur quand elle dit (p. XI) en 1776 que les seize planches ont été envoyées en Chine « il y a trois ans » ; c'est d'ailleurs une autre inexactitude de cette préface de prétendre que K'ien-long avait voulu que les estampes « fussent gravées en France ».

P. 218. — M. Laufer (Christian Art, p. 18) parle d'un exemplaire des gravures originales qui est en sa possession, mais ne dit pas s'il s'agit d'un tirage fait à Paris ou en Chine, ni si des textes chinois y sont joints.

P. 227, note 4. — Le Wan cheou cheng tien relatif aux fêtes du 60e anniversaire de K'ang-hi en 1713 a été reproduit par la photolithographie au Tien-che-tchai de Changhai en 1879 ; mais je ne sais si cette réédition donne l'ouvrage entier ou seulement les chapitres de planches. Cette réédition de 1879 se trouve au British Museum (cf. Douglas, Supplementary Catalogue, p. 150 ; la date de 1721 indiquée par Douglas vient de ce qu'il a confondu l'année de naissance de K'ang-hi et celle de son avènement).

P. 229, note, l. 11 - 17. — Même s'il n'y a pas eu d'ouvrage imprimé relatif aux fêtes du 60e anniversaire de K'ien-long, il ne s'agirait pas ici nécessairement du 60e anniversaire de K'ang-hi. Il y a en effet un gros ouvrage en 120 chapitres consacré au 80e anniversaire de K'ien-long, et qui est intitulé Pa siun wan cheou cheng tien ; un exemplaire s'en trouve au p.273 British Museum 1. Ce 80e anniversaire était tombé en 1790 2 ; l'ouvrage lui-même, d'après Douglas, serait de 1792. 3

P. 235. — M. Cordier m'a mis sur la piste d'un exemplaire des gravures originales sur cuivre représentant les bâtiments européens du Palais d'Été. Cet exemplaire, malheureusement incomplet, se trouve dans la bibliothèque de l'École des Beaux-Arts, qui l'a acheté 150 francs aux héritiers de Jametel en 1890. Les gravures de très grand format, tirées sur papier pelure, sont d'une extrême fragilité, comme le disait Delatour. Je ne donnerai pas ici d'indications détaillées sur ces gravures, qui mériteront une étude à part, et me borne à signaler qu'elles sont beaucoup plus chargées et remplies que les copies faites pour Van Braam Houckgeest, avec leur aspect de dessins au trait, ne l'auraient laissé soupçonner.

P. 236. — Le don des collections de Van Braam Houckgeest est relevé dans les « Observations » jointes au Voyage à Canton de Charpentier Cossigny, mais sans aucun renseignement nouveau.

P. 240. — L'album Hd 90 doit bien être postérieur à 1783, mais mon hypothèse en ce qui concerne les sites représentés n'est pas juste. Ces 36 sites de Jehol sont bien ceux de K'ang-hi, et non les nouveaux sites de K'ien-long ; il suffit pour s'en convaincre de comparer leur liste à cette donnée par M. Franke. Il semble que ce soit un autre exemplaire de ces gravures en taille douce qui se trouve au British Museum et est décrit sommairement par Douglas, Supplementary Catalogue, p. 2. p.274

P. 254, vers le bas. — Lire M. J. Fliche.

P. 255, n. 2. — Pour les portraits de généraux peints par les jésuites sous K'ien-long, cf. Laufer, Christian Art, p. 17, renvoyant à une note de M. F. W. K. Müller dans Zeitschr. für Ethnologie, 1903, t. XXXV, p. 483.

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Note finale (cf. p. 187) : — Au dernier moment, j'ai accès à la revue d'art et d'archéologie Yi chou ts'ong pien, qui paraît depuis quelques années à Changhai. Dans le n° du 4e mois de 1917 est reproduit un tableau de Castiglione du type usuel, représentant une femme jouant avec deux enfants. Le n° du 8e mois de cette même année contient une image de tigre mise sous le nom de Castiglione, encore que le tableau ne soit pas signé de lui et porte seulement la signature (fausse) de Pao Kouei des Song ; tout ce qu'on peut dire est que c'est là une œuvre sinon de Castiglione lui-même, du moins de l'école « européenne » de la Cour ; aussi est-il curieux de voir cette peinture porter une notice autographe de Touan-fang, où ce collectionneur affirme que c'est « sûrement là un chef-d'œuvre des Song ».

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1 Jean Monval, Les Conquêtes de la Chine. Une commande de l'Empereur de Chine en France au XVIIIe siècle (Revue de l'Art ancien et moderne, 1905, t. XVIII, pp. 147-160).

2 Henri Cordier, Les Conquêtes de l'Empereur de la Chine (Mémoires concernant l'Asie Orientale, t. I, 1913, pp. 1-18).

3 Erich Haenisch, Der chinesische Feldzug in Ili im Jahre 1755 (mit zwei zeitgenössischen französischen Kupferstichen), dans Ostasiat. Zeitschrift, 7e année avril-sept. 1918, pp. 57—86.

4 À propos des planches des victoires lors de la soumission des Dzoungars et des musulmans, gravées à Paris sous K'ien-long (extrait du Tōyōgaku-hō de septembre 1919, t. IX, n° 3, p. 396-448).

5 Les documents concernant les seize estampes et leurs gravures sont en majeure partie réunis aux Archives Nationales dans une liasse qui a déjà été utilisée par M. Monval et qui occupe la 2e partie du carton O11924 ; les pièces portent en outre un numéro d'ordre au crayon ; le texte reproduit ici fait partie de la pièce n° 1. L'édit en question n'est pas mentionné dans le Tong houa lou. Il y a également quelques documents dans les cartons O11116 et O11911 à O11913.

6 Lire « Kienlung ».

1 Lire « Ngaiyuxi chayim ».

2 Lire « Yli gin min theu hiam ».

3 Lire « Ngaikimum ».

4 Lire « Ngantey ».

1 Les missionnaires employés aux travaux du Palais passaient la majeure partie de l'année à Hai-tien, dans un bâtiment dépendant du Yuan-ming-yuan, et dont les Lettres Edifiantes orthographient le nom tantôt « Jouy-koan », tantôt « Jou-y-koan ». D'après une lettre du père Benoist (Delatour, Essais, p. 164), « Jou-y-quoan signifie maison d'amusement ». Il semblerait donc que le nom fût Jou-yi-kouan ; on le retrouvera d'ailleurs sûrement dans les ouvrages chinois.

2 Telle est l'orthographe que j'ai toujours rencontrée dans les textes chinois. L'orthographe Leang donnée par M. Cordier dans T'oung Pao, II, 305, et Les Conquêtes de l’Empereur de la Chine, p. 3, n'est pas exacte.

3 Je n'ai malheureusement à ma disposition ni le Catalogus Patrum, ni les Notices biographiques autographiées du père Pfister, et suis par suite mal en mesure de choisir parfois entre des indications contradictoires. M.Cordier (Les Conquêtes, p. 3) dit que Castiglione arriva en Chine en août 1715, au lieu que le père C. de Rochemonteix (Joseph Amiot, Paris, 1915, in-8°, p. 15) dit qu'en août 1715 il arriva à Pékin. D'autre part, M. Cordier fait mourir Castiglione en 1764 (Les Conquêtes, p. 3 ; Giuzeppe Panzi, p. 1), au lieu que le père de Rochemonteix, d'accord avec le père Sommervogel, indique le 16 juillet 1766. Castiglione ne peut être mort en 1764, puisque la lettre de lui que je publie ici est du 18 juillet 1765. Le père de Rochemonteix doit donc avoir raison dans le second cas ; je pense au contraire que c'est M. Cordier qui a raison dans le premier. Dans les Mém. conc. les Chinois, t. VIII, p. 283, il est dit que Castiglione mourut en 1768.

4 Cf. B.E.F.E.-O., IX, 574, où je parle de ce tableau.

1 Ibid. Cf. aussi Chavannes, dans T'oung Pao, 1909, p. 527.

2 Il y a là un magnifique exemple de cheval au « galop volant ». On sait que M. Salomon Reinach n'a pas trouvé dans la peinture européenne d'exemple de cheval au « galop volant » avant les toutes dernières années du XVIIIe siècle (cf. La représentation du galop, dans Rev. archéologique, 1900, t. I, p. 31 du tirage à part). Le père Castiglione est donc le premier peintre européen à avoir représenté le « galop volant », un demi-siècle plus tôt ; il l'a certainement emprunté à l'art chinois. Peut-être en définitive l'art chinois fut-il pour quelque chose dans l'adoption de cette attitude par les peintres d'Europe. Ce rouleau de 1744, peint par Castiglione, n'est pas mentionné dans le Kouo tch’ao yuan houa lou.

3 Pour les peintres européens en Chine au XVIIe siècle, cf. B. Laufer, Christian Art in China (dans les Mitteil. d. Semin. f. Orient. Sprachen, 13e année, 1910) et A Chinese Madonna (dans The Open Court de 1912), ainsi que mon article La peinture et la gravure européennes en Chine au temps de Mathieu Ricci (dans T’oung Pao, II, XX [1920—1921], pp. 1—18). Dans ce dernier article, en parlant de la vogue de la peinture européenne en Chine au XVIIe siècle, j'aurais dû citer un texte à vrai dire un peu postérieur (1703), mais qui se rattache au même mouvement, et où Kao Che-k'i prête à un portraitiste européen la perfection de Kou K'ai-tche (B.E.F.E.-O., XII, IX, 96-97) ; ce portraitiste devait être soit le frère Belleville, soit plus probablement le modénois Gherardini. J'hésite à faire état pour l'instant de la tradition relative à « Lou-li-min » dans J. de la Servière, Histoire de la mission du Kiang-nan, I, App. II, p. 6, parce que je ne vois pas bien pour l'instant à qui elle s'applique. J'ai dit que Castiglione était jusqu'ici « à peu près le seul » des peintres européens du XVIIIe siècle dont nous connaissions des originaux exécutés en Chine. J'aurais dit « le seul » si je ne croyais pouvoir identifier une peinture originale du frère Joseph Panzi, arrivé en Chine en 1771, mort, dit-on, en 1812 (cf. sur lui H. Cordier, Giuseppe Panzi, tirage à part des Mélanges offerts à M. Emile Picot, Paris, 1913, in-8°, 15 pages ; c'est d'après M. Cordier que j'indique l'arrivée de Panzi en Chine en 1771 ; mais en tout cas il ne parvint à Pékin que le 12 janvier 1773, d'après les Lettres édif., éd. du « Panthéon Littéraire », IV, 196 ; M. Cordier n'avait pas trouvé trace de Panzi après 1790 ; mais le père de Rochemonteix, dans son livre sur Joseph Amiot, cite plusieurs lettres inédites de Panzi, dont une de 1795 [p. 430] ; et c'est également au père de Rochemonteix [p. 412] que j'emprunte la date incertaine de 1812 pour sa mort). Panzi avait envoyé à Bertin en 1789 un portrait du père Amiot qui fut gravé une première fois par Helman et une seconde fois par un artiste inconnu (cf. Cordier, Giuseppe Panzi, p. 14, et T'oung Pao, 1913, p. 251). Or, dans les papiers de Bertin légués par M. Delessert à la Bibliothèque de l'Institut, il se trouve, à côté des deux gravures du portrait, une peinture non signée (cf. Bibl. Sinica2, col. 1041) qui me paraît être manifestement l'original des deux gravures et serait par suite l'œuvre même de Panzi. Puisque je parle ici de Panzi, je signale que son nom chinois n'était pas P'an Jo-chō comme le dit M. Cordier (Les Conquêtes, p. 3 ; T'oung Pao, 1916, 283), sans doute d'après le Catalogue Patrum, mais « Pan-ting-tchang » (= P'an T'ing-tchang ?) ; cf. Lettres édif., éd. du « Panthéon Littéraire », IV, 199, 203, 204, 214). Il est enfin un autre groupe d'œuvres qui se trouvent en Europe et sur lesquelles on aimerait à avoir des informations plus précises. Feuillet de Conches (Les peintres européens en Chine, extr. de la Revue contemporaine de 1856, p. 38) en parle comme suit : « Les plus magnifiques miniatures chinoises que nous ayons vues sont à la bibliothèque du palais Barberini à Rome. Ce sont quinze ou vingt portraits en pied, représentant la famille impériale de la Chine, depuis l'empereur jusqu'au plus jeune de ses enfants. La tradition du palais Barberin est que ce manuscrit a été envoyé au pape Urbain VIII (1623—1644) par l'empereur lui-même, ce qui veut dire sans doute qu'il a été un hommage des missionnaires européens au souverain pontife. Quoi qu'il en soit, les figures qui, à l'exception d'une seule, sont en couleur, offrent une telle perfection de modelé, de couleur et de composition, une telle énergie d'individualité qu'il y a peu d'œuvres de nos Occidentaux de force à leur être comparées. L'une des dernières, presque entièrement à la mine de plomb, à peine effleurée de quelques teintes de couleur, représente une jeune fille, le corps entouré plusieurs fois d'une étoffe légère qui laisse discrètement transparaître les formes, comme dans les figures égyptiennes. L'enfant tient une fleur à la main. Il n'y a nulle exagération à dire que cette miniature, grande à force de simplicité et de force qui se cache, respire le sentiment des plus délicieuses peintures du Pérugin. » Feuillet de Conches a réimprimé tout ce passage dans ses Causeries d'un curieux, t. II [1862], p. 79, en changeant seulement les derniers mots ; la miniature ne respire plus que « le sentiment des bonnes peintures du Pérugin ». Ce texte laisse assez rêveur. Urbain VIII était un Barberini, mais des peintures de la famille impériale qui lui auraient été envoyées devraient représenter encore l'empereur des Ming Tch'ong-tcheng et sa famille ; un tel envoi est surprenant ; l'examen des costumes permettrait d'ailleurs de décider sans peine s'il s'agit de Ming ou de Ts'ing. D'autre part, je ne connais pas de dessins chinois anciens à la mine de plomb. Ces miniatures, qui excitaient à un tel point l'enthousiasme de Feuillet de Conches, ne seraient-elles pas en définitive plus tardives, et l'œuvre de quelque missionnaire européen ou de ses élèves ?

1 Sur cette œuvre, cf. Pelliot, À propos du « Keng tche tou », dans Mém. concernant l'Asie Orientale, I, 76.

2 Sur les diverses séries du Che k'iu pao ki et de l'inventaire parallèle des peintures religieuses ou Pi tien tchou lin, cf. Pelliot, À propos du « Keng tche fou », p. 76 (l'orthographe kiu au lieu de k’iu y est une inadvertance). Les indications que j'ai données en 1913 sont à compléter aujourd'hui comme suit : 1° La première série du Pi tien tchou lin, en 24 ch., a été éditée photolithographiquement il y a quelques années par le Yeou-tcheng-chou-kiu de Changhai. 2° La première série du Che k’iu pao ki, en 44 ch., a été éditée photolithographiquement par la Commercial Press de Changhai en 1918. 3° La liste des titres de la troisième série du Che k'iu pao ki (mais sans notices) a été éditée en 3 pen de petit format par M. Lo Tchen-yu en 1917 ; Dans la première et la troisième série du Che k'iu pao ki, on retrouve, dispersées au cours des divers chapitres, des indications sur nombre de peintures de Castiglione. Hou King note (ch. 2, f° 29 r°) qu'un portrait peint par Castiglione et qui est l'objet d'un poème inséré dans la 5e série des poésies de K'ien-long, n'est pas porté aux inventaires du Che k'iu pao ki ; ce n'est sûrement pas la seule omission de cette nature.

3 3) Sur Attiret, cf. Cordier, Les Conquêtes, p. 3-5, et surtout Georges Gazier, Un Artiste Comtois à la Cour de Chine au XVIIIe siècle : le Frère Attiret (1702—1768), dans Mém. de la Soc. d'Emulation du Doubs, 8e série, t. VI [1911], p. 17-40. Pour la bibliographie d'Attiret, il faut combiner les indications de la Bibliothèque du père Sommervogel (s.v. Amiot et Attiret) avec celles de la Bibliotheca Sinica2, col. 1053, et celles de M. M. Gazier ; chacune de ces sources donne des indications qu'on ne trouve pas dans les autres ; aucune ne fait mention de la lettre d'Attiret publiée dans les Mém. géogr. phys. et hist. sur l'Asie, l’Afrique et l’Amérique (Yverdon, 1767), que signale M. Chapuis, La montre chinoise, p. 80. Parmi les documents importants qu'indique M. Gazier et que n'ont connus ni Sommervogel ni M. Cordier, il faut signaler surtout les Lettres inédites du frère Attiret publiées par Ch. Weiss dans Le Franc-Comtois de février-juin 1843.

4 La majeure partie de cette lettre a été publiée dès 1771 dans le Journal des Savants (juin 1771, p. 406-420). Une copie exécutée en 1821 d'après le mss. de la Bibliothèque Royale se trouve, selon M. Gazier, à la bibliothèque de Besançon. Le texte entier, conforme au mss. original remis en 1775 à la Bibliothèque du Roi, a été publié par le père Terwecoren dans ses Précis historiques, année 1856, p. 437-453, 461-477, 485-500. Je n'ai pas réussi à retrouver à la Bibliothèque Nationale le manuscrit original d'Amiot. C'est certainement une copie de cet original (ou peut-être l'original lui-même s'il a disparu de la Bibliothèque ?) qui était mise en vente dans le catalogue Luzarche de 1868, I, n° 1519 (cf. Bibl. Sinica2, col. 1053) ; ce catalogue parle à tort d'« une série de lettres » adressées par Amiot au parent d'Attiret ; il n'y a qu'une très longue lettre du 1er mars 1769. La nouvelle de la mort d'Attiret parvint assez vite en France, car son frère aîné J. B. Attiret, peintre également et vivant à Dôle, la connaissait déjà, et depuis quelque temps à ce qu'il semble, le 26 octobre 1769 (Arch. Nat, O11911[5], n° 176). L'Attiret de Paris était un cousin, « statuaire à Paris et professeur en l'Académie de St Luc » (lettre d'Attiret l'aîné du 13 mars 1771, O11912[2], n° 17). J'ignore pourquoi, en mourant, le frère Attiret avait donné à Amiot l'adresse de son cousin plutôt que celle de son frère aîné.

1 La lettre de M. Guillemin, adressée à l'Union franc-comtoise, y a paru le 15 mars 1870 ; elle a été reproduite dans des Lettres de Mgr Guillemin publiées à Rome en 1870 (cf. Bibl. Sinica2, col. 1131). Je n'ai eu accès à aucune de ces éditions. Mais M. l'abbé Launay, des Missions Etrangères, m'a aimablement communiqué un ouvrage Hommes et choses d'Extrême-Orient (1e Série), publié à Macao en 1919, in-8°, par Endore de Colomban (= abbé Gervaix), et où la lettre en question est à nouveau reproduite ; le passage se trouve à la p. 284.

1 Cf. Cordier, Les Conquêtes, p. 5.

2 Cordier, Les Conquêtes, p. 3, 5.

3 Le futur évêque Jean Damascène est ainsi qualifié de « frater » dans un document romain de 1773 (de Rochemonteix, Joseph Amiot, p. 498) ; et cependant il s'agit bien d'un prêtre.

4 Joseph Amiot, p. 151. De même, une lettre du père Benoist du 4 novembre 1773, qui parle bien des « frères » Panzi, Attiret, Castiglione, nomme à côté d'eux le « père » Damascène, encore peintre au Palais à cette date (Lettres édifiantes, éd. du « Panthéon littéraire », IV, 197).

1 Ibid, p. 281, 498-499.

2 Joseph Amiot, p. 150-151.

3 Cf. Monval, loc. laud., p. 154-155.

1 En réalité, bien qu'on ignorât les caractères chinois qui l'écrivaient, le nom chinois du père Damascène était déjà cité dans une lettre du père Benoist du 4 novembre 1773, où le père Benoist dit que « Ngan-tey (le père Damascène de la S. C.) » est Italien (Lettres édif., éd. du « Panthéon littéraire », IV, 214). Puisque je complète et rectifie ici les noms chinois qu'on indique traditionnellement pour un certain nombre d'anciens missionnaires, j'ajouterai que les lettres du père Benoist montrent encore (Lettres édif., IV, 219) que le nom chinois du père Bourgeois n'est pas Tch'ao Tsi-ko, comme il est dit dans T'oung Pao, 1916, p. 274, à la suite du Catalogus Patrum, mais Tch'ao Cheng-sieou.

2 Ibid. p. 149-150.

3 Cordier, Les Conquêtes, p. 17.

4 En parlant des efforts de la Compagnie anglaise des Indes pour avoir la commande et de l'intervention du « père Attiret », M. Monval s'est inspiré d'un des documents qui composent la pièce n° 1 de la liasse O11924(2). Mais ce document, dont il sera question plus loin, est un Mémoire établi dans les bureaux de Bertin à la fin de 1766 et qui rapporte tout cela comme un simple « on dit » de Paris ; en outre, il y est question des « missionnaires qui sont à la Cour de Pékin » en général, mais c'est M. Monval qui, de son chef, a nommé Attiret.

1 Cordier, Les Conquêtes, p. 5-6, et surtout La Chine en France au XVIIIe siècle (Paris, 1910, in-4°), p. 57-58, où le texte entier est donné. Toutefois ce mémoire de Bertin est sensiblement plus tardif ; il fut sans doute écrit après la lettre de Parent du 18 avril 1776 dont il sera question tout à l'heure ; et soit information fautive dès l'origine, soit imprécision de souvenirs après dix ans, il contient un certain nombre d'inexactitudes. Bertin se trompe en croyant que l'ordre de K'ien-long, qui est certainement l'édit du 13 juillet 1765, est postérieur à l'intervention du père Le Febvre auprès du vice-roi de Canton.

2 Arch. Nat., O11924 (2), pièce n° 4.

3 Bibl. Nat., nouv. fonds chinois n° 5231. Le document porte une date d'enregistrement du 1er mai 1767.

4 T'oung Pao, II, III, 304-306.

1 La suite du texte montrera que Kan-tche-li devait repartir en France avec les vaisseaux, au lieu que Wou-kia-lang restait à Canton. Des personnes mieux au courant que moi de l'histoire de la Compagnie des Indes pourraient certainement identifier ces personnages. Pour Wou-kia-lang, on serait tenté de songer à Vauquelin, qui fut nommé en 1776 consul à Canton lors de la création de ce poste ; Vanquelin avait fait antérieurement plusieurs voyages en Extrême-Orient, mais j'ignore s'il avait été à un moment à la tête du Conseil de Direction de Canton (cf. Cordier, La France en Chine au XVIIIe siècle, p. LXIV et passim, surtout p. 86 ; aussi T'oung Pao, II, IX, 54). Pour Kan-tche-li, j'incline à penser qu'il s'agit de M. de La Gannerie, qui fut « chef du Conseil » de la Compagnie des Indes à Canton à l'époque indiquée (cf. T'oung Pao, 1917, p. 307).

2 Tel était donc le nom officiellement donné à la série des 16 planches dans l'édit du 13 juillet 1765 que le contrat des hannistes suit sûrement avec fidélité. La traduction de M. Courant (« tribus musulmanes de Dzoungarie »), quoique grammaticalement possible, est inexacte.

3 La traduction de M. Courant (« camp de Ngai-yu-chi-tcha ») n'est pas juste. Tous les noms d'auteurs et les titres des planches sont empruntés par les hannistes à l'édit de 13 juillet 1765, comme on peut s'en convaincre en se reportant à la traduction française de cet édit reproduite plus haut. Ainsi, à défaut du texte chinois original de l'édit, nous en atteignons ce qui nous manquait le plus, c'est-à-dire la forme véritable des noms propres, grâce au contrat des marchands hannistes.

4 .

5 Comme on pouvait le supposer et comme un document nous le confirmera bientôt, cette seconde formule désigne le latin. Les Chinois ne distinguaient naturellement pas entre une langue et son écriture ; les caractères italiens sont donc pour eux différents des caractères latins.

6 Ce nom, qui ne donne pas de sens en chinois, doit être une transcription du nom du navire de la Compagnie des Indes. Qui connaîtrait la liste des voyages effectués à cette époque en Chine pour la Compagnie restituerait le nom sans peine. Phonétiquement, on pourrait songer au Berryer, mais ce navire paraît exclu par le fait qu'il se trouvait de nouveau à Canton tout au début de 1767, comme on le verra plus loin.

1 La date de 1769 indiquée dans la traduction de M. Courant est un lapsus.

2 Houa-pien signifie mot-à-mot « à bord fleuri », « à bord orné » ; M. Courant a donné en note l'explication du dictionnaire de Wells Williams, où l'expression est rendue par "a milled dollar", « un dollar à cordon ». Le dictionnaire de M. Giles (s.v. ) indique houa-pien, "flowery border, — a dollar", et (s.v. ) houa-pien, "a flowered border ; the milled edge of a coin". Les dollars actuels n'existaient pas en 1765 ; mais les Européens tenaient à Canton leurs comptes en piastres. Il semble donc que les hannistes aient versé les 5.000 taëls non pas en lingots d'argent, mais en piastres d'argent ; il doit s'agir de la piastre espagnole.

3 Le mois et le jour ne sont pas indiqués.

1 Cf. Cordier, Les Conquêtes, p. 7.

2 En annonçant le second envoi en 1767, le Conseil de Direction de Canton parle du premier comme effectué « l'année dernière » ; les vaisseaux n'avaient donc dû quitter Canton qu'au début de 1766.

3 M. Monval (Les Conquêtes de la Chine, p. 150) et M. Cordier (La Chine en France au XVIIIe siècle, p. 55 ; Les Conquêtes, p. 6), disent que la note de Castiglione était adressée au « Directeur des Arts » ; je ne trouve cette indication que dans la notice jointe à la suite réduite de Helman (cf. Cordier, La France en Chine au XVIIIe siècle, p. 16), et elle doit être inexacte. Parent, qui vit la note de Castiglione en « françois, latin et italien », dit qu'elle portait l'adresse de « M. le Président des Beaux-Arts » (Cordier, Les Conquêtes, p. 7), et nous ne pouvons y contredire absolument, puisque nous ne connaissons que la version française de la note ; maïs Parent écrit en 1776, et ses souvenirs, après dix ans, peuvent avoir manqué ici de précision. Le mémoire de Bertin dont il a été déjà question dit (Cordier, La Chine en France, p. 58) que la lettre d'envoi de Castiglione, en latin, en italien et en français, « étoit adressée au très illustre Président des Arts » (il n'était pas qualifié du titre de Président de l'Académie). Au moins en ce qui concerne la version française de la lettre de Castiglione, la seule qui nous soit connue, l'affirmation de Bertin est absolument erronée. Il ne semble pas qu'on doive accorder plus de créance à un mémoire de 1775 émanant des bureaux du comte d'Angiviller (on trouvera ce document plus loin) et où il est dit que la lettre de Castiglione était adressée au « Président de la sculpture en France » ; la France n'était sûrement pas nommée dans la lettre de Castiglione.

1 Lettre de Parent à Bertin, écrite de Séville, 18 avril 1776 (Cordier, Les Conquêtes, p. 7).

2 O11924 (2), pièce n° 1.

3 Lire Pankeikoua, que donne d'ailleurs le document de 1775 émanant du comte d'Angiviller. C'est là une transcription de P'an K'i-kouan, nom qui est resté jusqu'au milieu du XIXe siècle celui d'une des maisons hannistes de Canton ; cf. T'oung Pao, II, III, 307-310 ; Cordier, La France en Chine, p. 61, 62 ; H. B. Morse, The gilds of China, Londres, 1909, in-8°, p. 69 (dans T'oung Pao, II, III, p. 310, « P'an Kou-kouan » est une transcription inexacte, et on ne voit pas pourquoi le nom est répété deux fois dans la liste). Le « Pankeikoua » ici vise n'est autre que P'an Tong-wen, le premier signataire du contrat de 1765. Peut-être est-ce le nom de « Pan-kei-koa » qui est altéré en « T'an-an-koa » dans une copie d'un document de 1770 reproduite par Cordier, La France en Chine, p. 4.

1 La suite du Mémoire énumère les avantages commerciaux, politiques et religieux à retirer de l'exécution de la commande.

1 L'administrateur me fait savoir par ailleurs qu'on possède encore au Musée Céramique de la Manufacture, sous le nom d'« Empereur de la Chine », la maquette originale par Le Riche (1775) d'une statuette en pied de K'ien-long, et que c'est même un des modèles dont on continue la fabrication. Un exemplaire de cette statuette fut envoyé à la Cour de Pékin, ainsi qu'un portrait de K'ien-long « peint sur porcelaine de France », d'après une lettre de Bertin à Panzi en date du 16 novembre 1781 (Cordier, Giuseppe Panzi, p. 9 ; La Chine en France au XVIIIe siècle, p. 83).

2 C'est ce qui résulte de la fin de la lettre de Bertin du 27 décembre 1766 qu'on a lue plus haut et des termes employés dans les soumissions des graveurs qui exécutèrent les planches. Et c'est aussi sans doute ce que veut dire Bertin quand, dans son Mémoire plus tardif, il déclare que la lettre de Castiglione était adressée au Président des Arts et ajoute expressément (à tort) qu'il n'y était pas qualifié du titre de « Président de l'Académie ». Il n'y a pas à s'arrêter à l'indication en apparence contraire de la notice de Helman (cf. Cordier, La France en Chine, p. 16). Il semble d'ailleurs qu'il se soit produit à la fin de 1766 certaines contestations ou rivalités au sujet de ces dessins, et ce n'est peut-être pas seulement aux premières démarches des Directeurs de la Compagnie des Indes pour choisir eux-mêmes des graveurs que Bertin faisait allusion quand il écrivait au Marquis de Marigny le 18 mai 1771 : « Vous vous rappelez, Monsieur, le danger que coururent les dessins des Batailles que l'Empereur de la Chine envoya en France il y a quatre ans... lorsque j'en donnai l'éveil afin qu'elles vous fussent remises pour être gravées sous vos ordres..." (Cordier, La Chine en France, p. 59 ; Les Conquêtes, p. 16). Cette lettre est citée avec cette date du 18 mai 1771 par M. Cordier d'après la copie qui s'en trouve dans les papiers de Bertin légués par M. Delessert à l'Institut ; mais cette même lettre existe aux Archives Nationales (O11924 [2], pièces 54, 55, 56) et y est datée de la « fin may 1771 ».

3 Cf. Cordier, Les Conquêtes, p. 7. Cette date est vraisemblable, mais elle n'est donnée à ma connaissance que par Helman, dans la notice jointe à sa rédaction des seize estampes (cf. Cordier, La France en Chine au XVIIIe siècle, p. 16) ; cette notice renferme plusieurs inexactitudes, et ne saurait faire foi à elle seule.

4 Cordier, Les Conquêtes, p. 8.

5 Les dessins doivent être arrivés par Lorient, et Pierre Poivre se trouvait dans ce port, en instance de départ pour l'Ile de France (Maurice), le 7 janvier 1767 (cf. T'oung Pao, 1914, p. 309). Mais il semble qu'il ne faisait alors qu'y parvenir, et je crois plus probable qu'il ait vu les dessins à Paris. En tout cas, la correspondance conservée de Poivre avec Bertin ne contient rien sur les dessins qui soit antérieur à la présente lettre de Bertin. Quelques jours plus tard, le 12 janvier 1767, et toujours de Lorient, Poivre écrivait à Bertin : « Vos observations au sujet des quatre desseins de Bataille de l'Empereur seront certainement gouttées des Missionnaires de Pékin et je ne doute pas que ces Mrs. ne fassent leurs efforts pour les faire également goûter à l'empereur » (T'oung Pao, 1914, p. 312) ; mais nous ignorons en quoi consistaient ces « observations » de Bertin.

1 Arch. Nat., O11924 (2), n°s 6-10.

2 Arch. Nat., O11911 (5), n° 177.

3 Cette correspondance se trouve aux Arch. Nat., O11912(1), pièces 7, 8 et 9. Les albums dont il est question ici ne sont pas sans intérêt pour l'histoire de la gravure en Chine, et j'aurai occasion d'en reparler plus loin. Je reproduis donc les trois lettres. Voici d'abord celle de l'abbé Viguier, de Besançon, 3 janvier 1770 :

« J'ai deux recueils envoyés de Pékin par le f. Attiret, premier peintre de l'empereur de la Chine, dont je me déferai en votre faveur pour vingt-cinq louis, s'ils vous conviennent. Le premier est un carton bleu renfermant deux livres chinois de la hauteur de 10 pouces, et de 6 de largeur avec quarante gravures pliées par le milieu. C'est la description d'Yuen-ming-yuen, ou des dernières maisons de plaisance de l'empereur, qui ont été bâties hors des murs de Pékin. L'autre recueil est un carton jaune qui renferme trois volumes dont l'un est chinois et les deux qui suivent contiennent 147 planches, toutes pliées par le milieu, hautes de 11 pouces 8 lignes et larges à proportion. Cette dernière collection est le détail des fêtes données vers l'an 1752 à l'occasion de la 60e année de l'impératrice mère. Les décorations commençoient à Yuen-ming-yuen, et se terminoient au palais qui est dans le centre de Pékin, de la ville tartare. Elles occupoient un espace d'environ quatre lieues. Vous verrés dans les lettres édifiantes des PP. jésuites, quelques détails au sujet des curiosités que je vous propose. Le f. Attiret y donne une description assez exacte d'Yuen-ming-yuen, et le père Amyot, celle de la fête célébrée en l'honneur de l'impératrice-mère ».

La description du F. Attiret dont parle l'abbé Viguier est celle donnée dans la lettre à d'Assaut du 1er novembre 1743 (Lettres édif., éd. du Panthéon littéraire, III, 786-795) ; elle est antérieure à la construction des palais « européens » du Yuan-ming-yuan. Quant à la lettre du père Amiot, elle est du 20 octobre 1752 (Lettres édif., même éd., III, 832-841). Le 11 janvier 1770, Cochin écrivait à Marigny :

« Les Effets qui vous sont proposés ne sont point des desseins du père Attiret, qui d'ailleurs étoit un médiocre dessinateur, mais des gravures faites d'après ses desseins. Elles auront du moins le mérite de l'Exactitude et les manuscrits qui y sont joints peuvent être curieux. Le Prix que l'on en demande ne me paroist point exorbitant, mais cette curiosité sembleroit convenir davantage à la Bibliothèque du Roy qu'au Depost des Bâtimens. »

Le 4 [lire 14?] janvier 1770, on répondit en conséquence à l'abbé Viguier de s'adresser plutôt

« à M. le Comte de St Florentin qui a la Bibliothèque du Roy sous ses ordres ou à M. Bignon qui en est le bibliothécaire. »

Si Marigny s'était trompé en croyant qu'il s'agissait de dessins d'Attiret, Cochin faisait erreur à son tour en admettant que les gravures étaient faites d'après des dessins d'Attiret. En outre, rien n'indique dans la lettre de Viguier que les albums qu'il proposait fussent en partie des manuscrits, comme l'admet Cochin. Ce serait cependant possible s'il s'agissait bien des fêtes de 1751 (telle est la date véritable), car elles ne devaient pas encore être gravées en 1770, et on sait qu'on en avait envoyé en France au moins un exemplaire peint. Mais on ne voit pas pourquoi ce coûteux cadeau serait allé à l'abbé Viguier, et je montrerai plus loin que le second ouvrage possédé par l'abbé Viguier était sûrement l'album gravé représentant les fêtes du 60e anniversaire de K'ang-hi, en 1713, et non celui des fêtes du 60e anniversaire de l'impératrice-mère en 1751. Je ne sais si l'abbé Viguier s'adressa à la Bibliothèque du Roi ; s'il le fit, la négociation ne dut pas aboutir, car la Bibliothèque Nationale, ni aux manuscrits, ni aux estampes, ne paraît renfermer aucun album répondant aux indications de la lettre de 1770 et qui soit entré vers cette époque dans les collections.

1 Arch. Nat., O11924 (2), 6-10 ; ce sont les originaux des soumissions.

2 Cordier, Les Conquêtes, p. 10. Cette date, donnée dans une lettre de Bertin de 1769, est cependant un peu surprenante, car ce n'est que le 20 septembre 1767 que les Directeurs de la Compagnie des Indes avisent le marquis de Marigny de l'arrivée des 12 dessins ; ils les lui envoyaient sans doute en même temps que la lettre, car le 21 septembre, Marigny leur accuse réception des 12 dessins placés en trois caisses (on va voir qu'ils avaient été en effet chargés sur trois vaisseaux différents) ; cf. Arch. Nat., O11924 (2), nos 2 et 15.

3 Arch. Nat., O11924 (2), n° 4.

1 Dans sa lettre à Cochin du 19 avril 1767, le marquis de Marigny insistait pour que les graveurs eussent fini fin 1768 alors qu'eux-mêmes disaient qu'il leur fallait jusqu'à fin 1769, et le marquis ajoutait qu'« une année de retard peut ôter à la France l'avantage de faire parvenir son ouvrage la première » (cf. Monval, Les Conquêtes, p. 151-152). Mais la France seule avait reçu commande, et par suite le sens de cette dernière phrase m'échappe.

2 Lettres édifiantes, éd. du Panthéon Littéraire, IV, 222 ; et la lettre parallèle du 16 novembre 1773 à Bertin publiée par M. Cordier (partiellement dans Les Conquêtes, p. 16-18 ; intégralement dans T'oung Pao, 1917, 341-349). Un passage de T'oung Pao, 1917, p. 343, montre que les trois lettres reproduites l'une après l'autre dans les Lettres édifiantes, et dont la première était du 4 novembre 1773, étaient adressées au père du Gad, ancien supérieur de la mission française de Chine. Les Lettres édifiantes ne donnent pas les dates exactes des 2e et 3e lettres ; elles paraissent être de la fin de cette même année.

3 Arch. Nat., O11924 (2) n° 19.

4 Arch. Nat., O11911 (4) nos 18 à 23.

5 Arch. Nat., O11924 (2) n° 21.

6 Et non de janvier 1774 comme l'a dit M. Monval (Les Conquêtes, p. 154) et comme M. Cordier l'a répété d'après lui (Les Conquêtes, p. 11). C'est ce qui résulte d'une lettre de Cochin du 6 décembre 1774, insistant pour le règlement du compte des graveurs. Cette lettre contient en outre le passage suivant : « Les planches de la Chine sont livrées, les estampes imprimées, le dernier envoi se fait dans deux ou trois jours ».

1 Lettres édifiantes, IV, 209 ; Cordier, Les Conquêtes, p. 17 ; T'oung Pao, 1917, p. 846. Cette conversation entre K'ien-long et le père Benoist eut lieu au cours des séances où le frère Panzi peignait le portrait de l'Empereur, c'est-à-dire dans les premiers mois de 1773. Mais alors on comprend mal que le père Benoist n'y fasse aucune allusion à l'arrivée des sept premières planches qui, d'après le témoignage même de sa lettre, étaient arrivées à Pékin dès le début de décembre 1772.

2 Il faut toutefois se rappeler que le père Benoist possédait au sujet de l'exécution et du tirage des gravures un mémoire écrit par Cochin en 1769 et qui parvint à Pékin en 1770 ; or nous ne savons pas tout ce que contenait ce mémoire, sur lequel je reviendrai plus loin.

3 Mgr Favier, Péking (Pékin, 1897, gd in-4), p. 215, se trompe absolument en disant que les planches furent gravées « aux frais de Louis XV ».

4 Ce passage du Mémoire a été reproduit sans observation par MM. Monval (Les Conquêtes, p. 150) et Cordier (Les Conquêtes, p. 6), mais le calcul des commis de Bertin, qui supposerait 200 sols à la livre, est faux dans les termes où il nous parvient. À 7£10s le taël, on aurait, pour 16.000 taëls, 120.000 livres. Si le total de 112.800 livres était exact, il faudrait que, dans le texte original du Mémoire, il y eût eu non pas 7£10s, mais 7£1s ; je montrerai tout l'heure pourquoi c'est le total que je crois faux ; il ne s'agirait donc pas d'une faute de copie, mais d'une erreur originale du Mémoire.

1 L'équivalence de la piastre à 0,71 (et une fraction) du taël est conforme à ce que les comptes anciens nous font connaître. En ce qui concerne la valeur de la piastre en livres, les comptes du comptoir de Canton montrent qu'on calculait alors la piastre à « 108 sols », soit 6 livres 8 sols (cf. Cordier, La France en Chine, p. 94-95, 98-99, 106-107). Or 27.855 piastres 2/16, à 5 livres 8 sols la piastre, font 150.417 livres 67, et puisque ces 27.855 piastres 2/16 représentent 20.000 taëls, correspondent à une valeur de 7£10s au taël et non de 7£1s ; dans le Mémoire des bureaux de Bertin, il y a donc une erreur de calcul, et on ne doit pas songer à une erreur de copie.

3 Ibid., p. 47, 60-62, 105.

1 Ibid., p. 94, 95 (où 18.800 livres est une faute d'impression pour 10.800), 98, 99, 105, 107, 111, 125-126, 136.

3 C'est ainsi que Cochin reçut à ce titre 800 livres à la fin de juillet 1774 (Arch. Nat., O11912 [5], nos 80 et 82).

4 En dehors des gravures elles-mêmes, on avait décidé d'abord de graver à part un encadrement, où une large place aurait été faite aux fleurs de lys ; je ne sais par suite de quelles circonstances ce projet fut abandonné. Cf. à ce sujet, Monval, Les Conquêtes, p. 151-152, reproduisant la lettre du marquis de Marigny à Cochin du 19 avril 1767 ; la minute de cette lettre est dans O11924 (2) ; une copie est dans O11116, fol. 233-238 (dans cette copie, l'encadrement est qualifié de « nécessaire », au lieu que la minute a correctement « accessoire »).

1 Je diffère sur ce point de Cordier, Les Conquêtes, p. 16.

2 Dans cette lettre de 1771, J. B. Attiret demandait en outre à Marigny de lui obtenir de l'empereur de Chine un secours à raison des services rendus à la Cour de Pékin par son frère. Le marquis lui répond qu'il croit la chose possible, mais qu'Attiret doit s'adresser à la Compagnie des Indes qui a seule contact direct avec les autorités chinoises.

3 La correspondance d'Attiret l'aîné avec Marigny et Angiviller se trouve aux Arch. Nat., O11924 (2), nos 43 et 44 ; O11911 (5), nos 176 et 177 ; O11912 (2), nos 9, 10, 17, 35 ; O11912 (3), nos 133 et 144 ; O11913 (2), nos 148 et 160. La lettre d'Angiviller a déjà été reproduite, sans indication d'origine, par Roger Portalis et Henri Béraldi, Les graveurs du XVIIIe siècle, Paris, in-8, t. II [1881], p. 392.

1 Arch. Nat., O11913 (2), n° 140.

1 On sait que le privilège de la Compagnie des Indes avait été suspendu en 1769, et qu'en 1770 avait commencé une liquidation qui n'était pas encore achevée lors de la Révolution. L'abbé Terray, contrôleur général des finances, avait la haute main sur cette liquidation.

2 Cf. Cordier
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«le vautre» qui, doué de «sagesse, d'amour et de vertu», apportera de nouveau aux humains la justice et la paix. IL lui propose de...

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«Blvrd Centenaire Made in China, Pavillon Dakar : Biennale de Shanghai» ( Chine )

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