FÊtes et chansons anciennes







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I. — Préf. Le pêcher (pièce qui montre) où atteint l’influence de la reine. Parce qu’elle n’est pas jalouse, les hommes et les femmes respectent les règles, les mariages se font en temps voulu et il n’y a pas de célibataire dans le pays. (La reine est T’ai Sseu, femme du roi Wen, le roi civilisateur).

1 et 2. Yao yao (auxiliaire descriptif) peint la jeune vigueur du pêcher, et indique par allégorie que la personne (fille) symbolisée par le pêcher a l’âge de se marier. Cf. Li ki. Kiu li, I, 1 in Couv., I, p. 8. : Un homme à 30 ans est dit vigoureux, il est marié : appliqué à une femme, le terme donne l’âge de 20 ans. Tcho tcho (aux. desc.), peint les fleurs nombreuses. Pour Mao il symbolise la beauté de la fille. Pour Tcheng il indique que les mariages se font à la fois à la bonne saison et à l’âge voulu (Tch. croit à la règle des mariages au printemps).

4. #3 : Il faut, il convient : indique qu’il convient de se marier, l’âge (Mao) ou l’âge et la saison (Tcheng) étant celui ou ceux que prescrivent les rites.

6. Les fruits, selon Mao, symbolisent les vertus de femme p.20 de la fille. Tcheng, embarrassé par le sens donné par lui aux fleurs, ne met point de note.

10. Tchen tchen (aux. desc.) symbolise, pour Mao, le parfait état physique de la jeune fille.

12. Mao : les personnes d’une maison. Tcheng : même sens que les expressions terminant 4 et 8.

Comm. impér. des Ts’ing. - La bonne réglementation de l’État se retrouve dans la belle ordonnance des maisons, aussi (le gouvernement du roi Wen étant bon) il devait se faire que dans tout le pays les filles soient toutes capables de mettre de l’ordre dans leurs appartements. Cf. Ta Hio, Li ki, Couv., II, p. 626.

Le pécher fleurit : dicton de calendrier, rapporté au 2e mois. Cf. Yue ling. Couv., Li ki, I, p. 340. Sur le pêcher voir de Groot, Emouy, pp. 88, 480.

Variantes (d’écriture) (HTKKSP 1171), se rapportant toutes aux auxiliaires descriptifs.

Chanson de mariage. Thème de l’essor de la végétation.
J’ai suivi les explications des commentateurs, mais je me suis bien gardé d’introduire leurs gloses dans mon texte : si on les regarde de près, on sent combien, même pour une chanson aussi simple, l’interprétation symbolique entraîne de difficultés.

Grâce au roi Wen, les mariages se faisaient régulièrement ; mais quelles sont les règles matrimoniales précises que peuvent indiquer symboliquement les vers traduits ?

On peut d’abord penser qu’il est question de l’âge des époux ; ils ne doivent pas être trop âgés : aussi parle-t-on, par symbole, d’un pêcher jeune et qui pousse vigoureusement 1. On peut aller plus loin dans la précision et croire que ce jeune pêcher symbolise une jeune fille et qu’elle a de quinze à dix-neuf ans. Mais, puisqu’il s’agit d’allégorie, pourquoi s’arrêter ? Les fleurs marquent la beauté de la fille ; les fruits, ses vertus d’épouse ; et le feuillage, qu’elle est en parfait état physique.

Le mariage ne doit pas seulement être conclu à un âge p.21 déterminé, mais à une époque fixe de l’année ; cette époque, pour certains auteurs, est le printemps ; au printemps fleurit le pêcher : et voilà un autre symbolisme possible 2. Il est vrai qu’on parle des fruits après avoir parlé des fleurs : se mariait-on encore au temps des pêches mûres ? Question qu’il vaut mieux ne pas poser : réjouissons-nous simplement que le Roi Civilisateur ait pu réussir à faire marier les filles au bon âge et à la bonne saison.

Voilà qui est bien ; et les anciens commentateurs sont satisfaits ; mais les modernes 3 vont plus loin : quand on enseigne on ne saurait être trop moral.

Le quatrième vers de chaque couplet exprime qu’il convient de se marier ; pour cela on emploie toujours le mot il faut, il convient et, selon les couplets, différents termes pour désigner le couple conjugal. On dit d’abord : « il faut qu’on soit femme et mari ! » Femme est rendu — cela est d’un usage constant — par le mot qui signifie chambre ; mari — cela est constant — par le mot qui signifie maison ; au second couplet mêmes mots, mais en ordre inverse ; au troisième apparaît une expression nouvelle : les personnes d’une même maison, c’est-à-dire un ménage. Pensera-t-on que les trois vers ne diffèrent que pour la rime ? Il serait plus utile de montrer là encore les effets de la Vertu Royale ; on y arrivera aisément : il suffit de donner leur sens matériel aux mots femme (= chambre) et mari (= maison) et de prêter à il convient le sens fort de mettre en ordre convenable. De ce fait, les filles moralisées par le roi Wen deviennent capables de mettre de l’ordre dans leurs maisons et parmi les personnes de leurs maisons : ainsi le veulent les éditeurs des Ts’ing, et ils obligent Le père Couvreur à traduire : « Ces jeunes filles vont célébrer leurs noces, elles établiront l’ordre le plus parfait dans leurs appartements et dans leurs maisons. »

p.22 Voilà où mène l’interprétation symbolique pour une des chansons qu’elle a le moins gâtées. Mais laissons là les symboles pour de simples remarques : dans une chanson de mariage, l’idée du mariage est associée à celle de l’essor de la végétation, et, particulièrement, à la belle venue d’un jeune pêcher ; la pièce comprend trois couplets à peu près identiques ; seuls les deuxièmes et quatrièmes vers varient légèrement ; au premier couplet fleurs rime avec mari ; au deuxième, fruits rime avec femme ; au troisième, une expression un peu vague désigne le couple conjugal.

Passons à une autre pièce. Si on lit le Che king dans la traduction Couvreur, on ne retient pas sa surprise quand on arrive à la chanson du Carambolier, se trouvent les vers que voici : « (Arbuste), je te félicite d’être dépourvu de sentiment ». « (Arbuste), je te félicite de n’avoir pas de famille ». Le seigneur de Kouei, explique Mao Tch’ang, était débauché ; son peuple s’en affligeait : il désirait, pour moins en souffrir, n’avoir pas plus de sensibilité qu’un carambolier...

Au reste ce carambolier avait bien d’autres bonheurs : celui, d’abord, d’être jeune et déjà vigoureux, comme le pêcher de tantôt ; celui, encore, d’avoir des branches, des fleurs et des fruits dont on vante la grâce ; même, chose curieuse, les termes qui expriment cette grâce sont les équivalents, nous dit-on, de ceux qui rendent la gracieuse douceur qui est la qualité première d’une épouse 1 : Il n’y a pas là de quoi s’étonner, si l’on veut y réfléchir : le poète félicite, sous l’emblème du carambolier, ceux qui n’ont pas de famille. Ne pas désirer avoir un ménage à soi ! sentiment extraordinaire ! Comme il fallait, pour en arriver là, vivre sous un mauvais seigneur ! Certes, pour supporter les épreuves des temps malheureux, mieux vaut n’avoir ni sensibilité ni charges de famille... Mais quel prince, après avoir médité p.23 le Carambolier, aurait encore l’âme assez mauvaise pour amener son peuple à un tel excès de désespoir ? Voilà, bien comprises, les intentions littéraires de l’ingénieux poète symboliste qui écrivit le Carambolier.

Nous, cependant, essayons de traduire mot à mot.

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II - Le carambolier (Kouei fong 3 — C. 154 — L. 217).
1. Au val est un carambolier ;
2. douce est la grâce de ses branches !
3‾ Que sa jeunesse a de vigueur !
4. quelle joie que tu n’aies pas de connaissance !
5. Au val est un carambolier ;

6. douce est la grâce de ses fleurs !
7‾ Que sa jeunesse a de vigueur !
8. quelle joie que tu n’aies pas de mari !
9. Au val est un carambolier ;

10. douce est la grâce de ses fruits !
11‾ Que sa jeunesse a de vigueur !
12. Quelle joie que tu n’aies pas de femme !
II. Préf. Le carambolier (exprime) le chagrin qu’inspire la débauche. Les gens du pays souffraient de ce que leur prince était débauché ; ils pensaient avec envie aux êtres privés de sentiments et de désirs.

1 et 2. Mao : comparaison : grâce douce ; souplesse, docilité (ces deux derniers termes désignent les vertus caractéristiques de la femme ; ils peuvent désigner le sexe féminin. Cf. Couv., Dict.

Pour Tcheng, le carambolier, qui pousse tout droit et donne en grandissant des rameaux flexibles, symbolise un homme qui, jeune, a de la rectitude et de la simplicité de cœur, et qui, avec l’âge, n’aura point de désirs (pervers), (mais des désirs conformes aux règles).

p.24 3. Won wou (aux. desc.) peint la vigueur élégante.

4. Tcheng. connaissance. Selon Tcheng, on s’afflige des désirs pervers du prince, aussi (par opposition) félicite-t-on, sous l’emblème du carambolier, un homme qui, au temps de sa jeune vigueur, n’a pas le désir d’une femme.

8. N’avoir pas de mari veut dire n’avoir pas d’inclination aux rapports conjugaux (sexuels).

Tchou Hi donne à connaissance le sens de sentiment : les hommes envient les végétaux qui n’ont pas de connaissance et partant n’éprouvent point de douleur.

Ed. des Ts’ing. y est pris aussi dans le sens de sentiment. « On dit d’ordinaire qu’il est pénible de ne pas être marié. On n’entend jamais faire un sujet de félicitations du fait de n’être pas marié. Le peuple (du pays) du carambolier félicitait les gens non mariés : c’est là le point extrême de l’abattement. »

Le sens de Tchou Hi et des Ts’ing semble se rapprocher de celui qu’indique la préface. Celle-ci étant peu claire, Tcheng, pour donner à son vrai sens sans contredire la préface, a imaginé une allégorie assez différente : selon lui, on propose au prince une conduite dont le carambolier fournit l’emblème.

Variantes d’écriture sans intérêt aux deux premiers caractères du vers 2.

Chanson d’accordailles. Thèmes de l’essor de la végétation et de la rencontre dans les vallons.

La composition de cette chanson ressemble étrangement à celle du Beau pêcher : on y décrit de même un arbre de belle venue, et il semble bien qu’on y parle de mariage ; dans un couplet fleurs rime avec mari ; dans un autre, fruits rime avec femme ; serait-ce qu’au couplet restant, le mot qui termine le quatrième vers désigne aussi, de façon plus vague, le couple conjugal, ou, de façon plus neutre, l’époux, le conjoint ? Si on l’entend ainsi on peut se passer de symbolisme pour comprendre la chanson ; il n’y est point question du méchant duc de Kouei : c’est une chanson d’accordailles. Dans un couplet la fille chante sa joie de voir que le jeune homme de son choix n’est engagé à aucune autre ; le jeune homme en dit autant de son côté ; mais tous deux peuvent chanter le premier couplet et, sans doute, ils le chantent ensemble : « Quelle joie que tu n’aies pas de connaissance ! »

p.25 Je ne voudrais pas qu’on m’accusât de faire, pour traduire le chinois, de mauvais jeux de mots en français ; si l’on traduit mal, au moins faut-il rester grave, et c’est, chez nous, d’un style médiocre, que d’appeler son amie ou son ami « sa connaissance ». Dans le chinois, toujours si noble, en traduction, pourrait-il en être autrement ?

Or il suffit d’ouvrir le dictionnaire du père Couvreur pour apprendre que savoir, sentiment, connaissance, a fréquemment le sens d’ami, et dans les textes les plus graves. Et cela n’a rien de surprenant. Mais ce n’est point assez : ce sens d’ami, l’a-t-il précisément dans notre chanson ? Est-ce moi, enfin, qui fais un jeu de mots et un contresens, ou les commentateurs symbolistes ?

Mao Tch’ang ne met point de note sous le mot, mais la préface est formelle : « Le peuple porte envie aux êtres privés de sentiments et de désirs. » La préface nous vient de Tseu Hia, disciple de Confucius : j’ai donc tort. Pourtant, voyons la glose1 de Tcheng K’ang-tch’eng : « Connaissance veut dire moitié, compagnon. » Tcheng me donnerait-il raison ? Non pas : ce serait ruiner l’interprétation morale. Il ajoute donc : « On se réjouit qu’il n’ait pas... » — Vous attendez : de moitié, de connaissance ? Car il n’y a pas autre chose dans le texte... Mais ce n’est pas ce que dit Tcheng ; il dit : « On se réjouit qu’il n’ait pas le DÉSIR de prendre une moitié, une femme. » C’est-à-dire qu’on le félicite (le carambolier, je suppose) de ne pas être assez imprudent pour aller se charger d’une femme sous un pareil gouvernement. Et voilà comme, pour se conformer à la préface, il est sans désirs. Ainsi tout s’arrange : les mots ont leurs sens et il ne faut pas les méconnaître ; la morale a ses droits et il faut les respecter ; connaissance signifie bien ami et non sentiment et je n’avais point tort ; mais, tout de même, le Carambolier est une satire contre les mauvais bergers, et Tseu Hia, p.26 disciple de Confucius, avait bien raison. Tcheng K’ang-tch’eng 2 a suffisamment d’ingéniosité pour se permettre d’éviter un lourd contresens sans détruire la valeur pédagogique du poème ; en sollicitant doucement le texte, il met d’accord sa conscience de philologue et ses scrupules de moraliste orthodoxe.

Du même coup, il nous révèle un fait de la plus haute importance pour une étude méthodique du Che king : la philologie des commentateurs est, dans le détail, indépendante de leur morale. C’est une chose de montrer, dans une préface, les services que la chanson peut rendre aux bonnes mœurs ; c’en est une autre de lire le texte avec précision. Il y a le Che king tel qu’on l’explique et tel qu’on le cite dans les écoles et dans les conseils ; il y a le Che king tel qu’on le goûte et qu’on l’analyse en amateur d’art et d’antiquités. Je ne vois pas comment Tcheng K’ang-tch’eng aurait pu dépouiller les vieilles chansons de la morale qui est leur parure officielle ; je ne m’expliquerais pas qu’un fin lettré comme lui, et un bon vivant, ait pu se laisser séduire par le symbolisme pénible de l’interprétation classique. Avec cette sagesse parfaite qui ne discute pas la valeur du conformisme social, Tcheng a commenté le Che king tel qu’il lui parvenait, anecdotes explicatives et préfaces comprises. Il profite de la leçon de morale pour éclaircir autant qu’il peut quelques points d’histoire ou de droit ; il profite de la leçon de choses pour préciser, avec une érudition incomparable, le sens des mots anciens ou techniques ; et, s’il arrive que l’explication symbolique ait eu besoin de fausser un peu trop le sens de quelques expressions, il rectifie, doucement, de façon qu’un lecteur un peu attentif ne s’y trompe pas et que la morale, pourtant, soit sauve.

p.27 On suivra, pour lire le Che king, et tout particulièrement le Kouo fong, les règles suivantes :

1° On ne tiendra aucun compte de l’interprétation classique, pas plus que de ses variantes conservées. On ne devrait s’en servir que si l’on voulait connaître l’utilisation rituelle dérivée du Che king ; il ne faut pas s’en servir si l’on veut pénétrer le sens original des chansons ;

2° On rejettera absolument la distinction établie entre chansons qui témoignent du bon état des mœurs et chansons qui témoignent de la perversion des mœurs. Il se peut qu’il y ait des chansons satiriques 1 dans le Che king ; mais voir une satire symbolique dans une chanson telle que le Carambolier est assurément un contresens ;

3° En conséquence, on ne distinguera pas des autres sections du Kouo fong les deux premières ; on n’hésitera pas à comparer entre elles des chansons classées dans deux sections différentes 2. On a déjà vu combien de telles comparaisons pouvaient être utiles ; ce procédé nous a permis de retrouver dans une prétendue satire politique une simple chanson d’accordailles ;

4° On rejettera toute explication symbolique ou qui prête au poète un métier raffiné ;

5° On recueillera avec soin, mais comme des données indépendantes, les renseignements sur l’histoire ou les mœurs qui servent à justifier l’interprétation symbolique. Par exemple, on notera que pour Mao les filles devaient se marier avant vingt ans et les garçons avant trente ans ; on notera que pour Tcheng les mariages devaient se faire au printemps. On ne se servira pas de ces données pour interpréter le Beau pêcher.

6° On accueillera les explications sur les mots ou la syntaxe en faisant le départ entre celles qui sont données par p.28 souci d’exactitude philologique et celles qui ne sont fournies que pour justifier l’interprétation classique. Cette règle est délicate à bien observer ; elle demande, pour être suivie exactement : 1. qu’on lise les commentaires avec une extrême attention et dans le détail ; 2. qu’on se soit fait une idée de l’attitude de chaque glossateur à l’égard du texte auquel on a précisément affaire ; 3. qu’on connaisse les théories archéologiques particulières à chaque école de commentateurs ; 4. enfin, qu’on ait d’abord un sentiment juste du sens général de la chanson étudiée. On ne peut arriver à de bons résultats qu’à l’aide d’une longue pratique et si l’on a soin d’appliquer les deux règles qui suivent ;

7° On tiendra le plus grand compte du rythme des chansons. L’expérience montre que ce rythme décèle des correspondances d’expressions liées à des correspondances entre les choses 1 et qui éclairent à la fois le sens particulier des mots et le sens général de la pièce. En conséquence, on s’efforcera, dans la traduction, de conserver le rythme de l’original ; on traduira rigoureusement vers pour vers et de manière à mettre en évidence les retours ou les parallélismes d’expressions 2 ;

8° On fixera le sens de chaque pièce par la comparaison avec les pièces analogues. S’il n’est pas toujours possible d’arriver à savoir au juste le sens général d’une chanson, ce système servira au moins à accroître la collection des correspondances ; on constituera ainsi une série de thèmes poétiques ;

9° L’expérience montre qu’il est dangereux d’interpréter les chansons du Che king qui nous ont transmis des faits bruts, à l’aide de règles rituelles élaborées par une pensée p.29 religieuse déjà savante ou reconstituées par de pieux archéologues. On s’efforcera d’expliquer le Che king par le Che king : mieux vaut se résoudre à ne connaître que des faits bruts et ne pas courir le risque de mettre ces faits en relation directe avec des idées ou des règles de formation dérivée ou indépendante ;

10° S’il faut avoir recours à des sources étrangères, on préférera aux textes classiques ceux qui nous offrent des faits de folklore — anciens si possible, modernes à la rigueur, empruntés au besoin à l’aire de la civilisation extrême-orientale — qui, tous, auront l’avantage d’avoir été au minimum déformés par le travail de la réflexion juridique ou religieuse ;

11° Le Che king est un recueil artificiel ; il contient des pièces qu’on nous dit être de provenances diverses, soit quant au lieu d’origine, soit quant à la date, soit quant aux auteurs. On s’aperçoit, à l’usage, qu’il n’y a pratiquement pas à tenir compte des diversités provinciales : même, l’étude du Che king donne une forte impression de l’unité chinoise 1. En revanche, il serait dangereux de ne pas s’attendre à trouver dans le recueil et même dans le Kouo fong des pièces tardives ou de composition savante 2 ;

12° Il n’est pas impossible que les chansons, par exemple, quand on les a consignées par écrit, aient été remaniées 3 : il faut garder présente à l’esprit l’idée que les chansons peuvent être de formation secondaire quand les thèmes sont de formation primitive ;

13° Les thèmes primitifs, nécessairement associés à des états sentimentaux, peuvent apparaître dans des pièces où s’expriment des sentiments analogues, sans que, pour cela, p.30 le fonds de ces pièces ait de rapport avec les faits qui sont à l’origine des thèmes 4 ;

14° Des thèmes, même des chansons entières, peuvent avoir, à un moment donné, sans modifications ou avec de légères modifications, reçu un nouvel emploi rituel ou pratique qui en retour leur a conféré une valeur ou une signification plus ou moins nouvelle 5 ;

15° En particulier les chansons d’amour et leurs thèmes peuvent avoir reçu une signification nouvelle soit du fait de l’évolution dans le temps des institutions matrimoniales soit du fait que ces institutions, par le passage d’une classe sociale à une autre classe, changeaient de valeur 1 ;

16° D’un autre point de vue, des thèmes ou des chansons peuvent avoir servi, même sans modifications notables, de conseils ou de satires déguisés, conformément à l’usage du conseil et de la réprimande qu’on a mentionné plus haut 2. Un tel emploi a été facilité par les faits suivants. 1° Les mots qui désignent l’amitié, le compagnonnage militaire, sont ceux-là mêmes qu’emploie la langue amoureuse 3 ; 2° une femme appelle son mari et une fille son amant seigneur ou monseigneur, appellations dont use normalement un vassal ; 3° le genre n’est d’ordinaire pas marqué, si bien qu’il est difficile de reconnaître si c’est un homme ou une femme qui parle ; par suite les reproches d’une amante délaissée peuvent — à part leur caractère passionné — passer pour les remontrances d’un vassal ou d’un ami. La possibilité de pareilles confusions est, de soi-même, un fait important ; elle révèle la parenté des différents rapports sociaux qui peuvent ainsi être pris l’un pour l’autre.

p.31 Toutes précautions prises, l’interprétation que l’on peut donner du Che king, et particulièrement des chansons d’amour, doit être considérée comme pratiquement sûre pour ce qui est des thèmes ; elle n’est pas certaine dans tous les cas pour ce qui est des chansons. Cette restriction n’a pas grande importance pour notre étude : il n’y est pas question d’examiner la valeur littéraire des pièces prises une à une, mais de dégager les éléments essentiels d’un genre. De ce point de vue, les thèmes, plus que les pièces, sont intéressants.

Les pièces dont je donne la traduction sont les plus importantes parmi celles du Che king qui me paraissent être des chansons d’amour ; je les ai rangées dans l’ordre où elles s’expliquent le mieux l’une par l’autre ; elles sont classées d’après les thèmes essentiels qu’elles contiennent et divisées en trois groupes, chacun suivi des remarques qu’il suggère.

Les chansons qu’on lira d’abord sont remarquables par de brèves descriptions dont les sujets sont empruntés à la nature ; on en retrouve de semblables dans les vieux calendriers. L’étude de ces thèmes champêtres fera voir que la poésie des chansons est liée à des usages saisonniers ; on peut se demander si elle n’a pas une origine rituelle.

Une deuxième section comprendra les pièces qui peignent l’amour au village. Cette poésie rustique a-t-elle une origine savante et des fins morales ? Je montrerai que, si on l’a soutenu, c’est uniquement pour justifier l’emploi pédagogique du Che king. Mais, si on a pu le soutenir, c’est que le souci de l’orthodoxie morale empêchait de comprendre d’anciennes mœurs paysannes. Ces mœurs, précisément, nous feront connaître de quel milieu sont sorties les chansons. Il restera à étudier la matière et les procédés de cette poésie rustique ; ils ne s’expliquent que si elle a pris naissance au milieu des chœurs de danse.

Les dernières pièces, enfin, feront connaître les thèmes de p.32 la promenade sur les monts et près des eaux ; elles permettront de voir comment les chansons d’amour, comment l’amour avec la poésie naissaient des rites de fêtes saisonnières. Pour terminer, j’indiquerai brièvement ce que la poésie amoureuse, même devenue personnelle, conserve de l’art primitif de la chanson.

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Chansons d’amour du Che king
LES THÈMES CHAMPÊTRES

III - Les mûriers du val (Siao ya VIII, 4 — C. 310 — L. 414).
1. Les mûriers du val, quelle force !

2. leur feuillage, quelle beauté !

3. Sitôt que je vois mon seigneur,

4. ma joie, quelle n’est-elle pas !
5. Les mûriers du val, quelle force !

6. leur feuillage, quelle douceur !

7. Sitôt que je vois mon seigneur,

8. allons, quelle n’est pas ma joie !
9. Les mûriers du val, quelle force !

10. leur feuillage, quel vert profond !

11. Sitôt que je vois mon seigneur,

12. son prestige, qu’il agit fort !
13. Celui donc que dans mon cœur j’aime,

14. est-il trop loin pour y songer ?

15. Lui, que du fond du cœur j’estime,

16. lui, quand pourrais-je l’oublier ?
III. Préf. p.33 Les mûriers du val : satire contre le roi Yeou. Les petites gens avaient les places ; les sages étaient aux champs. On désirait que les sages missent tout leur cœur à servir le roi, (c’est-à-dire que le roi sût reconnaître leurs mérites).

1 et 2. Comparaison. ngo : aux. desc. (non redoublé) (Tcheng en l’expliquant le redouble) peint la belle apparence.

Correspond. des vers 13 et 14 établie par la particule terminale. — Corresp. des vers 15 et 16 établie par .

Variantes d’écriture : Cf. Li ki, Piao Ki in Couv., II, 504.

L’appellation seigneur : sage, les thèmes de la fidélité et du prestige expliquent pourquoi la recherche de l’amant dans les champs a pu passer pour la recherche des sages retirés à la campagne, faute d emploi.

Thème de l’essor de la végétation. — Thèmes accessoires de la rencontre dans les vallons, — du prestige (12), — de l’éloignement (14), — de la fidélité (16).

IV - Les peupliers de la porte (Tch’en fong 5 — C. 148 — L. 209).
1. Porte de l’est sont les peupliers !
2‾ qu’il est superbe leur feuillage !
3. Au crépuscule on doit s’attendre !
4‾ qu’il est vif l’éclat des étoiles !
IV. Préf. Les peupliers de la porte : critique l’époque. Les mariages se faisaient hors de saison. Nombre de garçons et de filles transgressaient les règles. Quand en personne le fiancé était allé au devant de la fille, celle-ci, bien des fois, ne venait pas.

1 et 2. Mao : Comparaison : Tsang tsang (aux. desc.). Garçons et filles n’obéissant pas aux saisons (aux règles saisonnières) n’attendaient pas qu’arrivent l’automne et l’hiver.

Tcheng : Le feuillage superbe des peupliers indiquant 1e milieu du troisième mois, c’est une image montrant que la saison est trop avancée : p.34 on a manqué le deuxième mois de printemps..

3 et 4. Le rite où le fiancé va en personne au-devant de la fiancée se fait au crépuscule du soir. La fille s’attardant à d’autres amours ne voulut point venir au moment voulu et quand elle arriva l’éclat des étoiles était très vif.

Houang houang : aux. descriptif.

Le 2e couplet ne diffère que par les aux. desc.

6. P’ei p’ei. Mao : comme Tsang tsang.

8. Tcheu tcheu. Mao : comme Houang houang.

Pour Tcheng (et sans doute la préface) la satire est double : le mariage ne se fait ni au moment de l’année ni au moment du jour qui conviennent. La pompe nuptiale Yi li doit se faire en effet au crépuscule du soir. Mao croit que le mariage se fait trop tôt (printemps ou été) car pour lui les saisons propices sont l’automne et l’hiver. Tcheng croit qu’il se fait trop tard, le seul mois convenable étant selon lui le 2e mois (équinoxe de printemps).

Pour Tchou Hi : Rendez-vous d’amants.

[IV, 3] est employé dans la terminologie du mariage pour désigner le jour de la pompe nuptiale. Dans les chansons il désigne le terme des rendez-vous ou les rendez-vous. Cf. XLIV, 5 ; XX, 7 ; LXVI, 7 et 10.

Thèmes de l’essor de la végétation, — des rendez-vous, — des lieux ombragés à l’est des villes.

V - La belle fleur (Chao nan 13 — C. 27 — L. 35).
1. N’est-ce pas une belle fleur,
2. la fleur du cerisier sauvage ?
3. Ne sent-on pas sa modestie
4. à voir le char de la Princesse ?
V. Quatre premiers vers d’une pièce de circonstance. Mariage d’une princesse royale à un seigneur. Un tel mariage étant au-dessous de sa condition, elle doit faire preuve de modestie (épithète rituelle pour une épousée). Cf. l’histoire des filles de Yao, SMT, Chav., I, 53.

Poésie de cour. Thème des floraisons.

VI - Sauterelles ailées (Tcheou nan 5 — C. 10 — L. 11). p.35
1. Sauterelles ailées,

2‾ que vous voilà nombreuses !
3. Puissent vos descendants

4‾ avoir grandes vertus !
VI. Préf. Sauterelles ailées : (peint) le grand nombre des descendants de la reine. On veut dire que, parce que de même que les sauterelles, elle n’était point jalouse, ses descendants étaient très nombreux.

1 et 2. Sin sin, aux. desc. peint le grand nombre (Mao). Tcheng : De tous les êtres qui ont des désirs sexuels (m. a. m. désirs de Yin et de Yang) il n’y en a pas qui ne soit pas jaloux. Seules les sauterelles ne le sont pas. Chacune peut recevoir le souffle (du mâle) et faire des petits. La vertu de la reine avait pareil pouvoir.

N’étant pas jalouse, elle laissait libéralement approcher du seigneur toutes les femmes du gynécée (cf. LVI, préf.) et par ce moyen donnait au seigneur (et à elle-même) de nombreux descendants.

3 et 4. Tchen tchen aux. desc. représente les vertus sociales. Cf. Tcheou nan, 11, v. 2 et XIV, 5.

Tcheng explique que la Vertu de la Reine (absence de jalousie) faisait que parmi les enfants des femmes du gynécée il n’y en avait pas qui ne fussent bons.
Les couplets 2 et 3 ne différent que par les aux. desc.

Houng houng, peint le grand nombre (Mao).

Cheng cheng représente le respect des règles (Mao).

Tsi tsi peint le rassemblement (Mao).

Tch’en tch’en peint la concorde (Mao).

Variantes d’écriture. Variantes d’aux. desc. Comp. LIX, 1, 2, la sauterelle est liée à l’idée de l’union sexuelle.

Thème de l’amour des bêtes.

Il est difficile d’échapper à l’impression que ces vers ont un caractère de souhait et d’incantation, tendant à la multiplication des individus (espèce humaine et espèce animale associée).

VII - Les cailles (Yong fong 5 — C. 56 — L. 80). p.36
1‾ Les cailles vont par couples

2‾ et les pies vont par paires...
3. D’un homme sans bonté

4. vais-je faire mon frère ?
5‾ Les pies s’en vont par paires

6‾ et les cailles par couples...
7. D’un homme sans bonté

8. ferais-je mon seigneur ?
VII. Préf. Les cailles : On blâme Siuan Kiang de Wei (la princesse de nom de famille Kiang, femme du duc Siuan, 718-699, de Wei. — Cf. SMT, IV, p. 196 sqq.). Les gens de Wei voulaient exprimer que (la conduite de) Siuan Kiang n’était pas conforme à (celle des) cailles et des pies.

Tcheng : Siuan Kiang (femme en secondes noces du duc Sinan) se livrait à la débauche et au désordre avec le Kong-tseu Wan (fils du duc Siuan). Sa conduite n’était pas conforme à celle des bêtes. (Cf. Gloses de K’ong Ying-ta à 3-4 : elle ne respectait pas les règles de l’accouplement que même (des bêtes comme) les pies et les cailles respectent.)

1 et 2. Pen pen, Kiang kiang : aux. desc. Mao : Marquent que les pies et les cailles font leur nichée en respectant les règles d’accouplement [glose de K’ong Ying-ta : elles ne commettent pas d’inceste : m. à m. elles ne mettent point de désordre parmi leurs semblables : lisez : parents. Elles volent en se suivant l’une l’autre : c’est-à-dire la femelle suivant le mâle avec qui elle doit normalement s’apparier. (C’est ce vol que peignent les aux. desc.). Cf. LVI, 1-2.

4. Mao et Tcheng : le frère du prince, savoir Wan, frère du duc Houei (699-668, successeur de Siuan). — Sur le mot frère pour désigner l’amant, le mari, voir XXXIII, 3 (n.) et Pei fong, 10, X, 2e st. in f.

Variantes d’aux. desc. : HTKKSP, 1171, p. 46.

Interprétation politique accrochée au mot frère, pris dans son sens strict ; seigneur, pris dans son sens politique.

Thème de l’amour des bêtes. Thème du refus ironique.

VIII - Les monts de l’est (Pin fong 3 — C. 167 — L. 235). p.37
41. Le loriot qui prend son vol

42‾ comme sont brillantes ses ailes !

43. Cette fille qui se marie,

44. tachés de roux sont ses chevaux !
VIII. Fragments d’une élégie militaire.

Le chant du loriot, thème calendérique. Cal. des Hia, 2e mois, Yue ling, id. (Couv., p. 340.)

Thème des chevaux de la pompe nuptiale. CI. XLVI.

IX - Le nid de pie (Chao nan 1 — C. 16 — L. 20).
1. C’est la pie qui a fait un nid ;
2. ce sont ramiers qui logent là !
3. Cette fille qui se marie,
4. avec cent chars accueillez-la !
5. C’est la pie qui a fait un nid :
6. ce sont ramiers qui gîtent là !
7. Cette fille qui se marie,
8. avec cent chars escortez-la !
9. C’est la pie qui a fait un nid :
10. ce sont ramiers plein ce nid-là !
11. Cette fille qui se marie,
12. de cent chars d’honneur comblez-la !
IX. Préf. Le nid de pie (montre quelle est) la Vertu d’une princesse. Un prince féodal s’efforce par ses actions, s’applique par ses labeurs à parvenir à son honneur et sa dignité (de seigneur). La princesse en venant se marier avec p.38 lui possède (sa dignité) et habite (sa seigneurie). Sa vertu est semblable à celle des ramiers ; aussi peut-elle devenir la moitié (du prince).

1 et 2. Mao : Comparaison : la pie est l’emblème du prince, les ramiers sont l’emblème de la princesse.

4. Mao : Quand la fille d’un seigneur se marie à un seigneur cent chars viennent à sa rencontre et autant l’escortent.

Tcheng. Noter qu’au Yi li, chap. du mariage le suivant du mari est appelé cocher.

10. Tcheng explique que le mot plein est une allusion aux suivantes de la femme qui viennent emplir la maison. Un seigneur épousait en un seul mariage 9 filles de même nom de famille, savoir : une sœur (cousine) cadette de l’épouse principale et une de ses nièces (fille d’une génération inférieure), plus deux autres groupes de 3 femmes de même composition (la principale de chaque groupe s’appelant, les autres étant une sœur cadette et une nièce) choisies dans deux autres seigneuries mais portant le même nom. Cf. principalement Tsouo tchouan, duc Yin, 1er a. (Leg. 3) ; Gloses de Tou Yu, K’ong Yang, Ho Hieou, Kou leang. — Tch’ouen Tsieou, duc Tch’eng, 8e a. (Leg. 1, 366) ; Glose de Tou yu, note du Tsouo tchouan ; gloses de Tou yu, Kong yang. — id., 9e a. (Leg. 370) ; Gloses de Tou yu, Kong yang, Ho Hieou. — id., duc Tchouang, 19e a. (Leg. 98). Gloses de Kong yang, Ho Hieou. — Che king, LXI et Chao nan, 11 ; Couv., p. 25.

12. Comblez veut dire « accomplissez tous les honneurs qu’on lui doit à l’occasion de la pompe nuptiale. » (Mao).

Le nombre 100 indique la totalité. Cf. l’expression les cent choses = toutes choses.

La pie est un oiseau faste, qui est très ordinairement associé à l’idée du mariage. Voir son rôle dans le Mariage stellaire de la Tisserande et du Bouvier (cf. de Groot, Emouy, pp. 439-440 et ce travail in fine.) La pie est un emblème de la fidélité conjugale. Cf. VII et Piao Ki, Couv., Li ki, II, 507. Elle fait son nid à partir du 12e mois, Yue ling, Couv., I, p. 405.

Le ramier ou la tourterelle, dont les chants au 3e mois (Yue ling, Couv., Li ki, I, 350) sont associés à la cueillette des feuilles de mûrier, fournit aux chansons un thème printanier. Cf. XLVI, 23, 24. L’épervier se transforme en ramier au 2e mois de printemps (Yue ling, Couv., I, 340). Cf. Hia siao tcheng, 1er mois) ; transformation inverse au 8e mois (2e mois d’automne). Li ki, Wang tche, II, Couv. I, p. 283.

Variantes d’écriture : HTKKSP, 1171, p. 10.

Noter le rythme très simple, marqué par des rappels de mots vides (c’est, ce sont, au 1er et 2e vers des couplets ; la, là, au 3e et 4e vers) et des balancements de mots : 11e et 12e vers.

L’interprétation classique sans être très loin du sens véritable le fausse p.39 cependant. Les correspondances de vers établissent un parallèle entre la pie et la mariée, 1. 3, les ramiers et (les chars où sont montées) les suivantes. Au 3e couplet, Tcheng et Mao admettent d’ailleurs que les ramiers sont l’emblème des suivantes. Ils ne l’admettent pas pour les premiers vers afin de pouvoir, comme la préface, mettre en lumière la dépendance de la femme par rapport au mari.

Chanson de mariage. Thème des oiseaux. Thème du char de la mariée.
X - Les liserons (Tcheng fong 20 — C. 101 — L. 147).
1. Aux champs sont liserons
2. tout chargés de rosée !
3. Il est belle personne
4. avec de jolis yeux !
5. J’en ai fait la rencontre :
6. elle est selon mes vœux !

7. Aux champs sont liserons
8‾ tout couverts de rosée !
9. Il est belle personne
10. avec de jolis yeux !
11. J’en ai fait la rencontre :
12. avec toi tout est bien !
X. Préf. Les liserons : On pense au temps normal des rencontres. L’influence princière ne se répandait plus sur les humbles. Le peuple était épuisé par les guerres. Garçons et filles manquaient l’époque du mariage. On songe avec regret (au temps où garçons et filles) sans se donner de rendez-vous (particuliers) allaient (tous) à la réunion (des filles et des garçons ordonnée par le prince). Cf. Tcheou li, Tcheng.

1 et 2. Mao. Comparaison : la rosée se répand sur les plantes par la faveur du ciel comme l’Influence princière se répand sur les hommes.

Pour Tcheng : indication de date, désigne le second mois de printemps. Les plantes commencent à pousser. Le givre devient rosée (cf. LIV, faits inverses aux dates symétriques d’automne). Citation du Tcheou-li comme preuve que c’était alors le temps des réunions matrimoniales.

p.40 [Pour Mao : manquer l’époque = dépasser l’âge. Pour Tcheng : laisser passer la saison propice, 2e mois.]

4. intervalle entre les deux yeux.

5. Rencontre, indique qu’ils se sont trouvés à la grande réunion régulière sans s’être donné de rendez-vous (Mao).

6. Mao : conforme à mon désir de me marier à l’âge régulier.

8. Fang fang : aux. desc. peint l’abondance de rosée.

12. Tchou Hi : Rencontre de garçons et de filles dans les champs au milieu des plantes couvertes de .rosée.

Variantes d’écriture : HTKKSP, 1172, pp. 11 et 12.

Commentaires très importants : ils montrent que pour les érudits chinois l’immoralité ne consiste pas dans les réunions champêtres de filles et de garçons (couvertes par l’autorité du Tcheou li), mais dans le fait que, aux époques troublées, ces réunions étaient l’occasion de rendez-vous particuliers. Cf. les Joutes, in fine.

Thème de la rosée. Thème des rencontres printanières. Comp. LIV, (XI, pp. 12, 13, 14 ; voir App. I).

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