La peinture chinoise au musée guimet







titreLa peinture chinoise au musée guimet
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Tchao K'i mourut en 201 ap. J.-C. ayant atteint ou peut-être même dépassé l'âge de quatre-vingt-dix ans. La seule peinture qui lui soit attribuée le représentait recevant quatre héros de l'antiquité. 1

Lieou Pao gouverneur d'une partie de la province actuelle de Sseu-tch'ouan, paysagiste et animalier, vivait au IIe siècle de notre ère. « Ses tableaux de plaines embrasées causaient une impression de chaleur étouffante, tandis que ses champs, balayés par le vent du nord, donnaient le frisson. » 2 Ses études de corbeaux étaient également célèbres.

Tchou-ko Leang (181-234 ap. J.-C.), chef militaire, confectionnait des peintures destinées à récréer les « sauvages du Sud » 3 qu'il sut ainsi gagner à la civilisation chinoise. Paysagiste et portraitiste, il excellait également dans la peinture religieuse ; il reproduisit fréquemment les porteurs de tributs apportant de l'or et des objets précieux à la cour impériale ; il fut élevé au marquisat en 223. 4

Nous devons rappeler avant de clore cette première partie que l'empereur Ming (58-75 ap. J.-C.) envoya en l'an 61 ap. J.-C. une mission dans l'Inde afin d'obtenir des documents concernant le bouddhisme. La mission revint en 67 accompagnée d'un moine indou et ramenant une quantité de peintures. Nous réservons la question des influences bouddhiques dans l'art chinois, car il serait prématuré de l'aborder à cette place.

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DEUXIÈME PÉRIODE

LES TROIS ROYAUMES. LES SIX DYNASTIES

200-618 ap. J.-C.

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p.06 La dynastie des Wei fondée virtuellement par le célèbre homme d'État Ts'ao Ts'ao 1 (155-220 ap. J.-C.) se maintint au pouvoir durant quarante-cinq ans. Les peintres de cette époque n'ont pas laissé de souvenirs bien saillants. Le professeur Giles en cite quatre dans son excellente Introduction à l'Histoire de l'art pictural chinois 2 mais sans donner de détails sur leur œuvre. Il nous suffira de mentionner un petit-fils de Ts'ao Ts'ao le quatrième empereur de cette dynastie qui se distingua surtout dans les portraits et les scènes historiques.

L'un des trois royaumes, celui de Wou ne nous livre qu'un seul nom, mais c'est celui d'un grand artiste : Ts'ao Pou-hing (en japonais So-foutsou-Ho) considéré à juste titre comme l'un des maîtres de l'art chinois ; il était originaire de Wou-hing (actuellement Hou-tcheou fou, province de Tchö-kiang) et fut attaché à la cour de Souen K'iuan, fondateur et chef de la principauté de Wou 3. Ce dernier lui confia un paravent qu'il désirait voir illustrer. Ts'ao le tacha par mégarde mais sut tirer un parti immédiat de cette faute en transformant la tache noire en une mouche que l'empereur voulut chasser. Cette anecdote est d'ailleurs attribuée à plusieurs peintres, c'était un diplôme d'habileté décerné par la critique. Il se distingua dans la peinture de dragons, d'animaux sauvages et dans les scènes à personnages.

T'ang Heou, critique d'art de la dynastie des Yuan, le tient en très haute estime. Il fait remarquer que les vêtements peints par lui semblent sortir de la lessive tant la teinte en est fraîche.

p.07 La collection de l'empereur Houei tsong ne renfermait qu'une seule peinture de Ts'ao : une scène militaire. T'ang Heou en vit une copie datant de la fin des T'ang ou du début des Song (Xe siècle) chez un de ses amis 4.

Wei-Hie pupille et élève de Ts'ao Pou-hing vivait sans doute à la fin du IIIe siècle. Il est apparemment le premier grand peintre de sujets bouddhiques et taoïstes. Son chef-d'œuvre est un tableau représentant sept Bouddhas. Il traitait le portrait avec une véritable maîtrise et rendait avec précision les moindres détails ; ses prédécesseurs se bornaient à tracer les traits principaux négligeant ainsi certaines difficultés spéciales au détriment de la sincérité et du réalisme de l'œuvre. Le Siuan ho houa p'ou 1 le range dans la seconde classe (Jenwou), celle des peintres de figures humaines.

Tchang Cheou est connu pour une série de fresques exécutées sur les murs de la salle dédiée à Tcheou kong à Tch'eng-tou, la capitale du moderne Sseu-tch'ouan.

Wang Yi fut professeur de dessin de l'empereur Ming († 325). On cite parmi ses œuvres principales les peintures suivantes : animaux étranges, combat d'un lion et d'un éléphant, rhinocéros, etc.

Wang Hi-tche (321-379 ap. J.-C.) fut surtout un calligraphe de premier ordre ; il pouvait tracer un caractère d'un seul coup de pinceau. M. Giles le compare à Meissonnier pour le fini et la science du détail. Ses qualités de calligraphe lui avaient sans doute été d'une grande utilité dans la peinture.

Wang Hien-tche 2 (344-388 ap. J.-C.) (en japonais Gishi). Fils du précédent, il suivit les traces de son père et hérita de son talent de peintre et de calligraphe. On remarque parmi ses peintures celle qui est intitulée : « L'esprit du vent », intéressante par un détail technique, elle était en effet exécutée sur du papier de chanvre blanc. C'est là sans doute la première mention qui soit faite de l'emploi du papier 3.

Nous arrivons ensuite à un peintre dont le nom fait époque dans l'histoire artistique de la Chine : Kou K'ai-tche (autres noms Tch'ang-k'ang et Hou-t'eou). Il était originaire de Wou-si qui dépend de la préfecture de Tch'ang-tcheou dans la province de Kiang-sou 4. On trouve son nom pour la première fois mentionné en l'an 364 ; il fut tout d'abord nommé secrétaire de Houan Wen, puis après la mort de ce dernier, attaché à la personne de Yin Tchong-k'an. Le British museum possède une peinture de Kou K'ai-tche ; elle a été savamment décrite et analysée par M. Binyon 5 ; cette p.08 expertise nous est d'un très grand secours. Conçue suivant des règles plus accessibles, plus documentaires que les critiques chinoises, elle nous permet de fixer les caractères du talent et de la technique de ce grand artiste. Ce tableau, remarque M. Binyon,

« est l'œuvre d'un peintre qui florissait 900 ans avant Giotto. Pourtant rien de primitif en lui ; son art dénote une époque de raffinement de pensée et de grâce civilisées. Une telle maîtrise suppose une élaboration séculaire. La phrase dont usait l'artiste pour définir le but de la peinture « noter le vol du cygne sauvage » prouve combien l'art chinois se préoccupait déjà du mouvement et de la vie des animaux et des plantes ; il n'est pas étonnant que pour trouver ses sujets particuliers, les peintres d'Extrême-Orient soient parvenus à une si remarquable supériorité sur ceux d'Europe. 1

M. Chavannes s'étonne à juste titre de

« rencontrer une pareille maîtrise deux siècles seulement après les bas-reliefs de la famille Wou dans le Chan-tong ; peut-être faut-il admettre que ces sculptures ne sauraient nous donner une idée exacte du degré de développement auquel était déjà parvenu un art parallèle, la peinture, à la même époque 2.

Comme toutes les histoires des peintres célèbres, celle de Kou K'ai-tche n'est pas dépourvue du cortège habituel des contes flatteurs. Il restait parfois des années sans donner de prunelles aux personnages qu'il avait peints ; à ceux qui lui en demandaient la raison, il répondait simplement, qu'il se gardait bien d'ajouter ce dernier détail, afin d'empêcher les portraits de sortir de la toile.

Nous trouvons dans la notice biographique donnée par M. Chavannes un trait assez original au sujet de son caractère.

« Dans la personne de K'ai-tche, il y a la moitié d'un fou et la moitié d'un farceur. En combinant ces deux moitiés, on trouve l'homme lui-même.

Aussi racontait-on communément que Kou K'ai-tche avait trois supériorités : supériorité en talent littéraire, supériorité en peinture, supériorité en folie. Il mourut en fonctions à l'âge de 62 ans. Les écrits qu'il a composés ainsi que son ouvrage intitulé K'i mong ki ont cours dans le monde 1.

Le Siuan ho houa p'ou donne les titres de neuf de ses peintures, qui se trouvaient dans la collection impériale ; nous y relevons celle qui a pour titre : Illustrations destinées aux exhortations de l'institutrice du palais, qui n'est autre que l'exemplaire du British museum décrit par M. Binyon. T'ang Heou nous fait remarquer que Wou Tao-tseu (VIIIe siècle) exécuta des copies très fidèles des œuvres de Kou K'ai-tche et qu'un certain nombre de ces reproductions furent faussement attribuées à Kou K'ai-tche lui-même 2.

Tai Kouei appelé également Ngan-tao mort en 395 3 exécutait à l'âge de 10 ans, dans un monastère bouddhique, p.09 des peintures qui lui firent prédire un avenir des plus brillants. C'était un portraitiste de valeur ; ses sujets religieux et ses représentations d'animaux étaient également très estimés. Il appert de la biographie de son fils Tai Yong qu'il fut le premier artiste indigène qui réussit à faire de bonnes statues du Bouddha. Son fils aîné Tai Po semble avoir été plus connu comme peintre que comme sculpteur. 4

Dynastie des Lieou-Song, 420-479 ap. J.-C.

Lou T'an-wei, contemporain de l'empereur Ming (465-473), fut un artiste de talent. Ses coups de pinceau « étaient aussi nettement tracés que s'ils avaient été burinés à l'aide d'une alène ». Le souverain lui-même était l'un de ses plus fervents admirateurs ; il fit les portraits des empereurs Hiao wou (454-465) et Kao (479-483). Le Siuan ho houa p'ou le range dans la catégorie des peintres des sujets religieux et énumère dix de ses peintures. On y relève les images du Bouddha, d'Amitâbha (l'un des Dhyâni-Bouddhas), de Mañjuçrî (Bodhisattva personnifiant la sagesse), de Mârîcî (déesse tantrique), divinités empruntées au panthéon du bouddhisme du grand véhicule et copiées sur des prototypes indous.

T'ang Heou fait le plus grand éloge de son Mañjuçrî dont il vit l'original ; il s'étend complaisamment sur tous les détails de l'œuvre et pousse même la probité jusqu'à compter les assistants qui sont au nombre de 80. Il remarque également un prêtre étranger tenant un crâne plein d'eau (ou de sang) ; c'est là une caractéristique qui témoigne en faveur du caractère tantrique de cette peinture.

Le critique remarque encore la finesse du travail, l'harmonie des couleurs et la ténuité de la touche. C'est, dit-il, « une relique précieuse de l'antiquité 5 ».

Lou T'an-wei fut moins heureux dans ses essais de peinture florale et de paysage, il n'y dépassa pas la médiocrité.

Wang Wei écrivit quelques notes sur la peinture ; il se voua surtout à l'art religieux ; on ne doit pas le confondre avec le Wang Wei de la dynastie des T'ang.

Kou Tsiun-tche 1 nous est révélé par Sie Ho qui vante surtout son inégalable délicatesse, son coloris très original. Il ne travaillait que durant les jours chauds et lumineux.

Dynastie des Ts'i du Sud, 479-502 ap. J.-C.

p.10 Yin Ts'ien portraitiste habile à saisir la ressemblance.

Mao Houei-yuan élève de Kou K'ai-tche, peintre de chevaux. Son frère Mao Houei-sieou fut chargé vers 490 par l'empereur Wou de représenter les campagnes victorieuses de son prédécesseur Wou Ti de la dynastie des Han, contre le Nord ; il espérait stimuler par cet exemple rétrospectif le courage de ses généraux avant d'entamer les hostilités contre ces mêmes peuplades.

Sie Ho (en japonais Shakakau) a laissé une excellente réputation de portraitiste ; mais il se recommande surtout par ses qualités de critique. Son petit ouvrage sur la « classification des peintres chinois » a servi de base à tous les travaux de ce genre. C'est le premier document systématique ramenant par la comparaison les mérites d'une œuvre à des principes nettement définis.

Il distingue :

1° L'élément spirituel, le mouvement de la vie.

2° Le dessin anatomique par le pinceau.

3° La correction des contours.

4° La couleur correspondant à la nature de l'objet.

5° La division correcte de l'espace.

6° La copie des modèles.

Sie Ho divise les peintres en six classes, chacune d'elles correspond à l'une des divisions ci-dessus mentionnées.

La 1e classe ne comptait que cinq noms, on y relève ceux des grands classiques Lou T'an-wei, Ts'ao Pou-hing et Wei Hie.

La seconde classe : trois noms. Kou K'ai-tche apparaît dans la 3e classe avec huit autres artistes ; la 4e classe, 5 noms ; la 5e, 3 et la 6e seulement 2. En tout 27 1.

Dynastie des Leang, 479-557 ap. J.-C.

p.11 L'un des peintres les plus remarquables de cette dynastie est Tchang Seng-yeou, le Chô-Sô-You des Japonais, dont on entend parler pour la première fois en 510 ap J.-C. Il fut patronné par l'empereur Wou très dévoué au bouddhisme, 2 qui le chargea de l'exécution d'un grand nombre de tableaux.

Il peignit dans la « salle de l'arbre de Vie » d'un vieux temple de Nankin une figure de Vairocana 3 en compagnie de Confucius et de dix sages de l'école confucianiste. L'empereur étonné, lui demandant pourquoi il avait représenté Confucius et ses sages à l'intérieur d'un temple bouddhiste : « Ils seront utiles plus tard » répliqua l'artiste.

Quatre siècles plus tard, lorsque la dynastie postérieure des Tcheou proscrivit le bouddhisme et détruisit tous les monastères et toutes les pagodes du royaume, ce temple seul fut épargné à cause de ses fresques confucianistes 4.

Il peignit également des moines bouddhistes ivres, le Bodhisattva Maitreya 5, Vimalakîrti, Dîpankara 6, Wou Ti exterminant un monstre.

Le Siuan ho houa p'ou mentionne seize peintures de Tchang Seng-yeou se trouvant dans la collection impériale.

L'empereur Yuan de la dynastie des Leang, né en 508, qui régna de 552 à 554 7, peignit lorsqu'il n'était encore que gouverneur de Tsing tcheou les représentants des peuples étrangers envoyés à sa cour impériale pour offrir les tributs.

Dynastie des Ts'i du Nord (Pei Ts'i).

Yang Tseu-houa, peintre animalier que Yen Li-pen de la dynastie des T'ang couvre d'éloges : « Rien dit-il ne peut être enlevé de son œuvre, rien ne saurait y être ajouté ». 1

Lieou Cha-kouei contemporain du précédent, était peintre de la cour.

Li P'ing fonctionnaire et peintre religieux représenta Confucius et ses soixante-douze disciples.

Dynastie des Souei, 581-618 ap J.-C.

p.12 Cette dynastie transféra la capitale à Tch'ang-ngan (actuellement Si-ngan fou) ; des peintres nombreux et distingués illustrèrent cette époque. Citons parmi les plus célèbres Ts'ao Tchong-ta originaire du pays de Ts'ao (nord-ouest de l'Inde 2 ?) Il occupa des postes importants en Chine, où il était très estimé pour ses peintures bouddhiques. On cite parmi ses œuvres profanes : une scène de chasse, des chevaux, etc.

Tchan Tseu-k'ien venait du Kiang-nan ; il s'établit dans la capitale et acquit rapidement une considérable notoriété par ses « épisodes de la vie du temps » ses « cortèges de fonctionnaires » et ses « scènes d'histoire et de légende ». Il esquissait d'abord en poussant le détail jusqu'à la minutie puis appliquait ses couleurs très légèrement et faisait émerger comme d'un brouillard les hommes, les animaux et les dieux, tous pourvus de vie 3. Certains critiques lui font le grand honneur de le compter parmi les classiques primitifs avec Kou K'ai-tche, Lou T'an-wei et Tchang Seng-yeou.
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