La peinture chinoise au musée guimet







titreLa peinture chinoise au musée guimet
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Li Sseu-hiun (651-716 ap J.-C.), arrière-petit-fils du fondateur de la dynastie et général célèbre (nommé maréchal en 713), se distingue surtout dans le paysage où il fait valoir d'excellentes qualités de coloriste. Tong K'i-tch'ang (1555-1636) le considère comme le chef de l'École du Nord par opposition à l'École du Sud dont Wang Wei est le fondateur. Il semble, dit M. Hirth, que la différence entre ces deux écoles réside surtout dans l'emploi des matériaux : l'École du Sud se limitant à l'encre, celle du Nord se faisant remarquer par son coloris 4i.

Li Tchao-tao, fils du précédent, peignit dans le style de son père. Pour le distinguer de ce dernier on l'appela le jeune maréchal Li. Il peignit aussi des oiseaux et des animaux 5.

Sseu-t'ong, président du ministère des Rites sous l'impératrice Wou Hou vers 700 ap J.-C. Ses grues sont devenues proverbiales dans toute la littérature chinoise 6.

Yang Cheng (aux environs de la période K'ai-yuan 713-741 ap J.-C.). On cite parmi ses œuvres les portraits des empereurs Hiuan Tsong et Sou Tsong et de Ngan Lou-chan et un paysage « Beau temps après la neige 7 ».

Wou Tao-tseu : (Go Dôshi en japonais) est le peintre le plus célèbre de la dynastie des T'ang ; son nom personnel est Tao-hiuan et son appellation Tao-tseu.

Il naquit à Yang-li, actuellement préfecture secondaire de Yu, dépendant de K'ai-fong fou dans la province de Ho-nan, d'une famille très pauvre : il était extrêmement précoce, pendant la période K'ai-yuan (713-741) il servit à la cour de l'empereur Ming-houang, et fit vers 720 le portrait d'un général qui ne posa pas devant lui mais exécuta une danse des épées, ce qui fit dire aux gens que Wou Tao-tseu avait dû être aidé par les dieux 1.

« On raconte que, pendant la période T'ien-pao (742-755), l'empereur songea un jour aux beaux paysages de la rivière Kia-ling, dans le Sseu-tch'ouan et, par une fantaisie de despote, chargea Wou Tao-tseu de se transporter en toute hâte dans ces régions lointaines pour en reproduire les aspects pittoresques. À son retour Wou Tao-tseu déclara qu'il n'avait fait aucune esquisse, mais qu'il portait tous ses souvenirs dans sa tête ; effectivement il peignit en un seul jour un immense tableau p.20 représentant le cours de la rivière Kia-ling sur une étendue de trois cents li, avec toutes ses montagnes et tous ses affluents. 2

À cette époque Li Sseu-hiun avait été chargé de reproduire le même paysage sur les murs du palais ; il lui fallut plusieurs mois pour venir à bout de cette tâche. 3

Wou Tao-tseu excellait également dans la représentation des hommes et des animaux. Ses peintures religieuses étaient très estimées. Son style le fit parfois considérer comme une réincarnation de Tchang Seng-yeou, dont il avait d'ailleurs étudié les œuvres. Ses représentations de l'enfer bouddhique étaient empreintes d'une saisissante horreur, un grand nombre de bouchers abandonnèrent paraît-il leur profession, à la vue des tortures qui leur étaient réservées dans l'autre monde.

Il est également l'auteur d'une grande peinture représentant Kouan-yin ; le musée du Louvre et le musée Guimet possèdent des estampages de cette œuvre ; il suffît de citer à ce sujet l'opinion de M. Chavannes qui analysa celui du musée du Louvre 4 :

« Les œuvres originales de Wou Tao-tseu sont extrêmement rares ; on peut cependant se faire quelque idée de ce qu'étaient certaines d'entre elles, soit par le moyen de gravures publiées au Japon, soit à l'aide d'estampages chinois. C'est de ce dernier procédé qu'il convient de dire ici quelques mots. Lorsqu'une peinture, et plus particulièrement lorsqu'une fresque, était exposée à des causes évidentes de détérioration, il s'est souvent trouvé en Chine des amateurs d'art qui, pour en conserver du moins le dessin à la postérité l'ont gravée sur une stèle et ont fait ainsi une véritable planche lithographique qui permet de tirer des estampes en nombre illimité. L'estampage du Louvre ne porte malheureusement aucune annotation, en sorte qu'on ne peut savoir ni de quelle époque est cette gravure, ni dans quel endroit se trouvait l'original 1.

Il n'en reste pas moins intéressant, car il nous transmet le souvenir d'une des œuvres les plus célèbres de Wou Tao-tseu ; cette Kouan-yin aux pieds nus avait souvent servi de modèle aux artistes, et nous savons que la célèbre statue du temple Tch'ong-cheng à Ta-li fou (province de Yun-nan) en était une copie. Cependant tout en reconnaissant l'importance documentaire des estampages de cette sorte, nous ne pouvons nous faire illusion sur leur valeur artistique. Non seulement le coloris en est absent, mais encore les lignes elles-mêmes sont rendues d'une manière assez grossière ; dans la Kouan-yin du Louvre, le nez et la bouche sont quelque peu grimaçants ; les plis de la robe sont lourds ; enfin les rehauts de bleu sur les cheveux et de rouge sur les lèvres qui ont été appliqués après coup sont d'une p.21 brutalité choquante. Nous n'avons ici que l'attitude et le costume du personnage ; mais tout le charme que devait avoir l'œuvre de Wou Tao-tseu s'est évanoui.

Cette peinture fixe définitivement le sexe de Kouan-yin ; nous savons en effet que le Bodhisattva indien Avalokiteçvara se féminisa en passant en Chine.

Le Siuan ho houa p'ou énumère 93 peintures de Wou Tao-tseu figurant dans la collection impériale ; l'une des plus réputées est sans contredit le parinirvâna du Bouddha représenté conformément aux données de l'art gréco-bouddhique ; le nombre des figurants y est singulièrement accru : nous voyons

« grouiller autour du lit du Bouddha des représentations de tous les êtres y compris les animaux 2.

Le Bouddha est couché sur le côté droit, une jambe reposant sur l'autre, le bras droit replié sous la tête. Cette peinture a été reproduite à l'infini par les artistes japonais, c'est une des représentations les plus populaires de l'art bouddhique.

La marque caractéristique du génie de Wou Tao-tseu est son extraordinaire puissance d'expression, souvent traduite par une technique des plus simples. Son inspiration d'une très haute envolée exerça une influence considérable sur l'art postérieur, et de nombreuses générations d'artistes ont vécu sur son œuvre.

Trois peintures de Wou Tao-tseu sont reproduites dans les Selected relics of Japanese art, vol. I, n° 26 ; 3 pl.

Citons parmi ses élèves immédiats :

Lou Leng-k'ia dont on entend parler pour la première fois en 757, représentait sur une surface relativement restreinte des paysages très étendus ; il se distingua également dans la peinture bouddhique 1.

Yang T'ing-kouang excellait également dans la peinture bouddhique, ses œuvres se ressentent fortement des influences de son maître. Il fit une excellente peinture de Samantabhadra 2i.

Fong Chao-tcheng fleurissait vers 730, il représentait avec beaucoup d'adresse les oiseaux (faisans, faucons, etc. 3).

Wei Wou-t'ien était renommé pour ses animaux, il peignit en 756 un lion qui avait été adressé à l'empereur Ming-houang par une nation étrangère ; le lion fut ensuite réexpédié dans son pays d'origine. La peinture était empreinte d'un tel réalisme que les animaux prenaient la fuite dès qu'elle était déroulée. Il représenta également deux sangliers percés d'une flèche par l'empereur, lors d'une chasse 4.

Tchang Siuan se spécialisa dans les portraits féminins, quelques-unes de ses peintures sont mentionnées parmi les œuvres les plus remarquables de la dynastie des T'ang 5. p.22

Tchö Tao-tcheng spécialiste de sujets bouddhiques fut envoyé par l'empereur Ming-houang à Khotan afin d'obtenir une peinture de Vaiçravana en l'honneur duquel un temple fut construit ; il reproduisit plus tard une excellente copie de cette œuvre, et représenta très fréquemment la favorite de l'empereur Ming-houang, Yang Kouei fei : « Madame Yang affligée d'un mal de dents » « Madame Yang montant à cheval 6 », etc.

Wang Wei (699-759) en japonais O-i, appellation Mo-k'i, souvent désigné sous le titre de Yeou-tch'eng. Il naquit à T'ai-yuan ; ses peintures étaient pleines de sentiment et empreintes d'un certain naturalisme ; ses portraits sont généralement très estimés. Il n'hésitait pas à introduire parfois dans ses peintures des éléments de pure fantaisie. Wang Wei est regardé comme le fondateur de l'École du Sud qui semble négliger un peu les règles classiques et laisse par conséquent une certaine somme d'indépendance à l'inspiration des artistes ; elle se différencie de l'École du Nord dont Li Sseu-hiun fut le fondateur ; cette dernière se distingue par son asservissement au traditionalisme et reste par conséquent moins expressive, plus terre à terre.

C'est dans la vallée du fleuve Jaune que florissait l'École du Nord : celle du Midi se développa dans la région pittoresque du Yang-tseu supérieur 1.

Wang Wei écrivit également quelques notes sur la peinture et de nombreuses poésies. Sou Tong-p'o disait que « ses poèmes étaient des peintures et ses peintures des poèmes ».

Cent vingt-six peintures de Wang Wei sont énumérées dans le Siuan ho houa p'ou. M. Binyon a décrit un tableau de Tchao Mong-fou de la dynastie des Yuan imitée de Wang Wei 2. M. Guimet possède une petite peinture du même auteur également imitée de Wang Wei et datée de 1309 3 ; c'est un paysage romantique assez riche en couleurs, aux lignes sinueuses et élégantes, impressionnant et plein d'originalité.

Ts'ao Pa, l'un des nombreux peintres de la cour de l'empereur Ming-houang, fut chargé en 750 de reproduire les coursiers impériaux et sut justifier le choix dont il avait été l'objet. C'est en effet l'un des plus grands peintres de chevaux du VIIe siècle, son nom est très fréquemment associé à celui de son pupille Han Kan. Tchao Mong-fou qui devait se distinguer plus tard dans les mêmes sujets reconnaît la maîtrise de Ts'ao Pa et de Han Kan. Ts'ao Pa atteignit le grade de général dans la garde impériale 4.

Han Kan, en japonais Kan-Kan, naquit à Lan-t'ien près de Tch'ang-ngan.

« Il gagnait modestement sa vie chez un petit marchand lorsqu'il fut remarqué par Wang Wei qui prit à sa charge les frais de son éducation artistique ; il étudia la peinture pendant plus de dix ans et devint l'un des peintres les plus distingués de son époque. L'empereur, après p.23 qu'il l'eut mandé à sa cour, lui ordonna d'étudier sous Tch'en Hong. Han Kan se garda bien d'obéir et comme l'empereur lui tenait rigueur de ce refus il lui montra les chevaux de ses écuries et lui dit : « Voici mes maîtres ». Cette réponse étonna profondément le souverain.

Nous pouvons citer parmi ses œuvres des « Bodhisattvas », « l'empereur essayant des chevaux », « cent jeunes chevaux » dont il existe de nombreuses reproductions (gravures sur bois) « le prince Ning dressant ses chevaux au polo ». 5 

Le Siuan ho houa p'ou donne les titres de cinquante-deux peintures de Han Kan représentant des chevaux et des scènes de chasse.

Le British museum possède une de ses œuvres : « un jeune risi monté sur une chèvre ». 2

Tch'en Hong fut appelé à la cour vers le milieu de la période K'ai-yuan (712-742), il représenta l'empereur Ming-houang tirant des sangliers et des oies sauvages ; il se distingua également dans le portrait. L'une de ses peintures est intitulée « le pont d'or », elle rappelle une visite rendue par l'empereur, suivi d'un nombreux cortège à la montagne sacrée T'ai dans le Chan-tong. Wou Tao-tseu et Wei Wou-t'ien 3 y collaborèrent.

L'empereur et son coursier blanc furent confiés à Tch'en Hong. Wei Wou-t'ien se chargea des chiens, chevaux, singes, ânes, mules et autres animaux. Quant à Wou Tao-tseu il représenta le pont, le paysage, les véhicules, les hommes faisant partie du cortège, les oiseaux, ce fut un triple chef-d'œuvre 4.

Wei Yen naquit vers 750 ; habile dans sa reproduction des arbres et des bambous, il témoignait des conceptions très élevées ; en matière de paysage sa spécialité résidait dans le traitement du pin et des rochers, il excellait dans le détail : sa patience était exemplaire.

Nous pouvons citer parmi ses peintures « Prêtres indiens », « un prêtre passant un fleuve », « un poulain dans l'herbage 5 ».

Tchang Tsao, appelé aussi Wen-t'ong, natif du pays de Wou, fut d'abord patronné par Lieou Yen, puis à la suite de différents incidents envoyé en exil ; il s'adonna à la peinture de paysages et se fit surtout remarquer dans « la peinture au doigt ». On prétend même qu'il fut l'inventeur de ce procédé ; il se servait également de deux pinceaux et pouvait les employer simultanément, peignant avec l'un un rameau vivace et avec l'autre une branche morte.

« Il y avait dans p.24 ses paysages des hauteurs splendides et des vallées agréables, des points de vue qui semblaient tout près du spectateur, d'autres qui semblaient au contraire fort loin de lui. 1

Lieou Chang, secrétaire de l'un des ministères, aurait d'abord étudié sous Tchang Tsao ; il fut très affecté de l'exil de ce dernier. Très épris de magie, adonné aux pratiques du taoïsme, il se retira du monde et se soumit aux rigueurs de la vie anachorétique. Il se distingua surtout dans le paysage. 2

Tchang Sou-k'ing vivait vers 780, il s'appliqua à représenter des scènes religieuses empruntées à la vie du philosophe Lao-tseu. Son œuvre capitale fut une peinture représentant les cinq montagnes sacrées 3, et les quatre grands fleuves de la Chine avec une quantité de divinités fluviales et autres.

Citons également son « Lao-tseu traversant le désert de Gobi ». 4

Tcheou Fang fleurissait sous le règne de l'empereur T'ai tsong (780-805). Son frère aîné avait accompagné Ko-chou Han 5 dans sa victorieuse campagne contre Tourfan, à son retour il recommanda son jeune frère qui fut appelé à la cour et commença immédiatement une peinture destinée à un temple que l'empereur venait de restaurer. On mentionne parmi ses œuvres « Avalokiteçvara », « Effet de lune sur l'eau », « Vaiçravana » (le dieu de la richesse).

Soixante-douze de ses peintures sont énumérées par le Siuan ho houa p'ou.

Tai Song servit comme officier de police, il étudia sous Han Houang, peintre de l'École de Tchang Seng-yeou, il se spécialisa dans l'étude des bœufs. On mentionne tout spécialement deux de ses peintures, l'une représente un petit pâtre reflété dans les yeux d'une vache, l'autre au contraire le pâtre vu dans les yeux de l'animal.

Sou Tong-p'o rapporte au sujet de ce peintre une anecdote assez curieuse :

« une peinture appartenant à un M. Tou avait été exposée au soleil, elle représentait un combat de taureaux ; un petit vacher qui passait par là fit remarquer que ces animaux confiants dans la résistance de leurs cornes, gardent en combattant la queue entre leurs jambes et qu'ils ne l'agitent pas en l'air ainsi que le peintre les avait représentés. 6

M. Guimet possède une peinture de Tai Song provenant d'un album ayant appartenu à Tong K'i-tch'ang, « buffles et petit pâtre » ; c'est une œuvre délicate (voir pl. III) et soignée, très sobre d'effets, où la touche, même la plus subtile, la plus effacée, concourt à l'harmonie de l'ensemble.

Li Tsien (en japonais Ri-zen) réputé par ses peintures de barbares et d'animaux, spécialement les tigres. Son fils p.25 Li Tchong-ho, en japonais Richiouwa, était un peintre assez distingué ; il continua la manière de son père surtout en ce qui concerne les sujets étrangers.
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