«500 euros pour les jeunes de 18 ans : de l’argent gâché ou une précieuse occasion ?»







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date de publication19.10.2016
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« 500 euros pour les jeunes de 18 ans : de l’argent gâché ou une précieuse occasion ? »

L’Espresso, 1er février 2016
Matteo Renzi a annoncé se décision au lendemain de la tragédie de Paris : « Nous investirons dans notre identité culturelle ». La loi de stabilité l’a confirmé : avantages fiscaux pour l’art maintenus, un peu d’oxygène pour les bibliothèque et un crédit d’impôt pour le cinéma. Et une « carte jeune » à l’épreuve de sa première année d’application. Une carte électronique de 500 euros pour qui atteint 18 ans en 2016, à utiliser « pour assister à des représentations théâtrales et à des séances de cinéma, pour acquérir des libres, mais aussi pour l’accès aux musées, aux expositions et aux évènements culturels, monuments, galeries, aires archéologiques, parcs naturels et autres spectacles vivants ».

Une initiative de 290 millions d’euros pour promouvoir la culture parmi les citoyens italiens, ou d’autres pays de l’Union européenne : 550 milles nouveaux concernés, avec l’éclatante exclusion de 30 milles jeunes extra-communautaires qui sont pourtant sur les mêmes bancs de l’école.
« Mais on peut aussi utiliser cette carte pour acheter des livres scolaires ? » demande Annachiara, étudiante de la 4e A du Lycée Righi à Rome : « Moi je l’utiliserai surtout pour visiter des musées. Il y a des amies qui y rechignent à cause du coût, au moins comme ça on pourra faire quelque chose ensemble ». «  A l’école on n’en a pas encore parlé. Ca me plairait d’apprendre une langue : étudier le russe ou le chinois. Je peux l’utiliser comme ça ? » demande Giacomo, 4e B du Lycée Massimo de la capitale.
Le Ministère du patrimoine et des affaires culturelles, où deux directions – celle des comptes et celle du Spectacle – sont au travail pour rendre possible l’initiative, ne se risque pas : « Nous n’avons pas d’élément à vous communiquer ». Et les doutent augmentent : pourra-t-on acheter des ebook ? Est-ce que les cours on-line seront éligibles ? L’achat de cd ou de dvd musicaux est-il exclut ?
Pierre, 4e année du Lycée Tasso de Rome accueille ainsi l’esprit de cette initiative : « Je veux utiliser cette carte pour faire tout ce qui n’est pas possible d’expérimenter à travers internet : des visites de fouilles archéologiques, des spectacles de théâtre. Nous en parlons entre nous : ça nous plairait de faire quelques découvertes tous ensemble, par exemple un voyage scolaire dans un bel endroit d’Italie ». Sortir des habitudes donc, et aller au delà des sphères habituelles de partage, comme les films en streaming ou une sociabilité via Smartphone.

Un regard opposé à celui de deux italiens sur dix que les dernières enquêtes de l’ISTAT présentent comme insensibles à toute stimulation culturelle : jamais un cinéma, un concert ou une visite au musée. Du reste, la familiarité avec les biens de consommation culturelle est la prérogative d’un quart des Italiens seulement. Et cela n’est pas mieux pour la lecture non plus : selon le dernier rapport ISTAT la tranche d’âge dans laquelle on lit le plus est celle des 15-17 ans (53,9% d’entre eux). L’année d’après l’indice de lecture commence déjà à descende (50,3%). La moyenne de ceux qui ont lu au moins un livre dans l’année est quant à elle de 42% en Italie.
« Tant que c’est l’école qui les pousse à lire, les accompagne à des expositions et à des spectacles, le pourcentage reste plus ou moins en accord avec les chiffres europées » explique Francesco de Biase, qui dirige le secteur Arts contemporains de la ville de Turin et qui est directeur de l’ouvrage Publique, professions et lieux de la culture (Editions Franco Angeli) : 32% des jeunes s’intéressent aux visites archéologiques, 30,6% aux représentations théâtrales. 

« Une fois le rôle de l’école terminé, les chiffres baissent. Attention à ne pas commettre pour autant une erreur : il est vrai qu’une large partie des jeunes déserte les lieux canoniques de la culture ; mais cela ne veut pas dire pour autant qu’ils ne s’intéressent à rien. Aujourd’hui le mode de consommation de la culture est plus varié et complexe : les jeunes ne vont pas au cinéma, mais à travers Internet ils vont visualiser 20 millions de photos sur Flickr ; télécharger 30 heures de films sur youtube et s’écrivent 100 miles tweet. Il manque peut-être des instruments pour quantifier cette effervescence, mais on ne peut pas ne pas en tenir compte. Cela dit, une disposition destinée aux jeunes en formations, tournés vers les biens culturels traditionnels, et donc différents de ceux dont ils ont l’habitude, c’est une précieuse occasion ».

Le risque est de la gâcher. « Je cherche à en parler au Conseil de la vie étudiante » dit Camilla du Lycée Aristofane de Rome : « je dépenserai la carte entre des cinés et des expositions d’art contemporaine. Dans mon école nous avons différentes initiatives artistiques en cours, en particulier de photographie. On peut utiliser la carte pour imprimer des photos, ou enrichir des projets de ce genre ? »

« Nos professeurs ne nous on rien dit, j’en ai entendu parlé à la télévision », dit Andrea, Lycée scientifique Bertrand Russel de Rome : « C’est une grosse somme, je ne sais pas si nous réussirons à tout dépenser. Peut-être au cinéma, mais combien de film ça fait pour la finir ? On espère qu’il est possible de l’utiliser pour les livres scolaires ». « Moi aussi je veux acheter des livres » dit Francesca, Lycée scientifique à Modène : « A l’école on en parle pas. Moi je l’ai lu sur internet. Je l’utiliserai au cinéma et pour acheter des romans : j’adore les polars ». « C’est sûr que j’achèterai des livres et un abonnement au cinéma. Mais on pourra utiliser la carte aussi l’année prochaine ? » demande Ginevra, Lycée Tasso.
« Peut-être aurait-il été meilleur de répartir la somme en différents pôles d’activités, et pour chacun fixer un plafond : une partie pour le cinéma, une autre pour la musique et ainsi de suite », note De Biase : « Certes il ne suffit pas de mettre à disposition de l’argent. Il existe un rôle important de la famille, des mairies. Celui des enseignants aussi sera décisif ». Mais aussi des administrateurs de théâtre, des salles de cinémas, qui devront faire leur part du travail. Et après il y a différents aspects qu’il ne faut pas négliger s’ils veulent jeter les prémices d’un publique pour le futur. Comment équilibrer les opportunités qu’ont les jeunes des petits centres du Sud par rapport à la concentration des initiatives en ville ? ». Au sud le pourcentage de non-participation à la culture est bien plus haut que la moyenne nationale (18,5%) : c’est 28,2%. Et si les musées et les expositions sont désertés par 68,3% des Italiens, le pourcentage monte à 78,5% pour le sud ; un désamour qui commence à partir de 20 ans.
« Et comment remédier à « l’erreur » concernant les jeunes étrangers ? », souligne Mariangela Galatea Vaglio, enseignante dans la région de Vénétie et créatrice du blog « Je ne veux pas être un prof’ » : «  C’est incorrect de les exclure. Si l’objectif est d’encourager la consommation de biens culturels, ce sont ceux qui en ont le plus besoin. Je souhaite qu’il soit inclus la possibilité d’utiliser la carte pour des biens numérique : c’est la culture d’aujourd’hui. Et Internet est plein d’opportunités : des cours comme les MOOC offerts par les universités, des cours de langue, ce sont des investissements qui donnent des résultats. Voyager est une bonne chose : on peut promouvoir la découverte de petites villes. Les expositions sont une autre chance : de la photographie à la science. Et les livres constituent toujours un bon moyen d’utiliser son argent. En général pourtant je n’aime pas une action seulement sur le plan économique ; plus qu’une dépense pour les jeunes, j’aurais pensé à quelque chose de plus politique : pourquoi ne pas favoriser le théâtre en abaissant le prix des abonnements ? ». La carte divise entre ceux qui pensent que de l’argent investi dans la culture est de toute façon une graine qui donne des fruits, et ceux qui considèrent cela comme de l’argent jeté par la fenêtre.
« Les initiatives sporadiques ne fonctionnent pas. Il faut investir dans les espaces plutôt que dans les biens », intervient l’écrivain Christian Raimo, qui enseigne dans un lycée de la capitale : « C’est de l’argent gâché, tandis que les bibliothèques se meurent et qu’il y a des endroits en Italie où il n’existe même pas une seule librairie. Est-il possible que l’on ne parvienne pas à faire une analyse sérieuse des besoins culturels, comme celles qui sont faites à l’étranger ? A investir dans des projets comme les « Idea Store » que Sergio Dogliani a lancé à Londres, des structures avec des services bibliothécaires, des cours pour son temps libre et des formations pour tous : ce sont des lieux qui défendent la culture et en même temps des lieux de vie. Si tu donnes de l’argent à une famille qui n’est pas favorisée culturellement, il n’est pas dit qu’elle saura comment l’utiliser : cette mesure ne favorise pas l’égalité. Comment je conseillerai à mes étudiants d’utiliser leur argent ? De les mettre en commun. Vingt élèves par classe, ça fait 10 mile euro, une somme plus que suffisante pour donner vie collectivement à une micro-production : un disque, un spectacle.

Les bibliothèques sont les seuls services culturels capables de parler la même langue que les gens : des endroits de vie, qui accueillent sans snobisme. Il faudrait canaliser de l’argent sur elles », dit Annalisa Cicerchia, membre de l’association pour l’Economie de la Culture, et auteur de La participation culturelle des jeunes en Italie : la musique et l’art contemporain (Franco Angeli). « Si la carte fonctionnera ? Il manque un travail sur la chaine institutionnelle et sociale pour rendre l’initiative efficace. Les réseaux du bénévolat culturel ne sont pas impliqués, il faut faire face à la réalité sociale dans laquelle on habite. J’aurais apprécié une stratégie plus systématique, ou un système de crédit, pour encourager la consommation culturelle. Toutefois, l’idée de reconnaître l’autonomie des jeunes me plaît ». Même si c’est l’Etat qui, en dictant les domaines des achats, dit ce qu’est la culture ? « Nous essayons. Nous susciterons une contre-culture, ce sera de toute façon une opération utile ».
De Sabina Minardi

http://espresso.repubblica.it/attualita/2016/01/29/news/500-euro-ai-diciottenni-soldi-sprecati-o-occasione-preziosa-1.248244?ref=HEF_RULLO

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