L’universite, l’Eglise et l’Etat dans les sermons







télécharger 5.86 Mb.
titreL’universite, l’Eglise et l’Etat dans les sermons
page16/137
date de publication16.12.2016
taille5.86 Mb.
typeDocumentos
a.21-bal.com > histoire > Documentos
1   ...   12   13   14   15   16   17   18   19   ...   137

L’universite, l’Eglise et l’Etat dans les sermons

du cardinal Eudes de Châteauroux (1190 ? - 1273)


VOLUME I, tome 2:
TEXTE
CHAPITRE IV -

QUESTIONS ECCLESIOLOGIQUES:

L’UNIVERSITÉ DE PARIS

CONTRE LES MENDIANTS (1255-1260 environ)

Eudes de Châteauroux rentre en Occident selon un itinéraire et à une date indéterminés, mais après le gros des troupes croisées. Sa destination était différente: il se rendait à la cour pontificale, revenue en Italie à la suite d’Innocent IV depuis mai 12511205. Mais aussi, il tenait de cette manière la promesse dont il avait fait la confidence à Joinville1206. Selon ses termes, il comptait passer une année de plus en terre sainte. Juste avant cet engagement1207, il informe le chroniqueur de l’intention du roi de quitter le Proche-Orient à Pâques 1254, qui tombait cette année-là le 21 avril; on peut donc considérer que sa promesse engageait le cardinal à demeurer en terre sainte jusqu’en avril 1255 environ, et qu’il l’a tenue à quelques semaines près, puisqu’il n’apparaît comme souscripteur d’une bulle d’Alexandre IV, nouveau pontife romain, que le 25 février 12551208. Certains signes incitent à penser que, malgré la durée de son absence en curie, et le fait qu’il n’a pas connu le nouveau pape, absent du premier concile de Lyon lorsqu’il n’était que le cardinal Rinaldo de Jenne, Eudes de Châteauroux a rapidement rencontré la faveur de ce dernier1209. Les premiers documents pontificaux où il agit ou intervient comme simple témoin se trouvent très logiquement en relation avec l’expédition dont il vient à peine de rentrer: le pape confirme les décisions qu’il a prises comme légat en terre sainte1210, ou cède à son intercession en faveur du sénéchal de Champagne, Jean de Joinville, d’une part en accédant à la requête du frère de ce dernier, Simon, qui demande au pape une dispense pour avoir contracté un mariage consanguin au quatrième degré; d’autre part en accordant à Jean de pouvoir assister aux offices divins même en cas d’interdit jeté sur ses terres, à condition que la célébration demeure privée1211.

Il est peu probable, on l’a vu, que la connaissance donc la sympathie personnelles puissent expliquer la bienveillance du nouveau pape; deux raisons au moins devaient rendre précieux à ses yeux le cardinal tout juste revenu d’Orient: d’abord son prestige lié à l’expédition et ses liens bien connus avec la cour de France1212; d’autre part et surtout, le besoin qu’éprouve à ce moment précis Alexandre IV de ses compétences spécifiques de théologien. De 1250 à 1260 environ, la première séquence d’un très profond conflit secoue en effet l’université de Paris et la Chrétienté, conflit baptisé génériquement par ses historiens querelle des Mendiants et des Séculiers1213. Plusieurs dossiers s’imbriquent, dans le traitement desquels à chaque fois le cardinal Eudes de Châteauroux joue un rôle de premier plan, soit en étant chargé par le pape, en compagnie de certains collègues cardinaux, de rendre un avis doctrinal sur le contenu de textes polémiques dénoncés au siège romain comme hérétiques par l’une des parties1214; soit en intervenant, au sein du sacré collège mais surtout dans des chapitres généraux ou des couvents des Mendiants, pour commenter et interpréter par ses sermons le fond de la querelle1215. C’est le croisement de ces différents types de documentation qui, mis en oeuvre, permet, je crois, d’éclairer d’un jour nouveau aussi bien les affrontements qui ont divisé le collège cardinalice à ce sujet, allant jusqu’à mettre en cause rétroactivement la conduite d’Innocent IV en l’affaire, que les modalités de production de l’interprétation doctrinale orthodoxe finalement énoncée par la papauté, où les conceptions et les techniques exégétiques jouent un rôle décisif; dans ce cadre, des deux côtés, le sermon se révèle un instrument polémique redoutable, de bien plus grande portée à mon avis que les autres exercices universitaires du triptyque, la lectio ou la disputatio, parce que faisant appel, en-dehors du cercle restreint des spécialistes, corporation universitaire ou théologiens de la curie, à l’opinion publique, c’est à dire aux laïcs1216. C’est ce processus de vulgarisation, à tous les sens du terme, de débats théologiques de haute volée qui ressort particulièrement d’une étude de l’implication d’Eudes de Châteauroux dans cette querelle, et ce n’est pas le moindre apport historiographique de son œuvre homilétique que de refléter ce rôle, déjà entrevu, de premier medium médiéval que revêt désormais, profitant d’une modification profonde des techniques et de la portée du sermo modernus, le commentaire oral de la Parole1217.

Au niveau de l’apport spécifique du cardinal, le dossier documentaire ici étudié consiste en six SERMONES, les uns inédits, les autres déjà publiés, mais faiblement contextualisés et à ce titre demeurant à défricher; s’y adjoignent des textes aux problématiques voisines1218. Le reste de la documentation concernant cette affaire est dans l’ensemble publiée et sera citée au moment voulu1219; elle a bénéficié d’études inégales, certaines de très grande qualité, d’autres approximatives et peu fidèles à la lettre comme au déroulement chronologique des séquences de la querelle. Surtout, les divers aspects en ont été étudiés séparément: les péripéties proprement universitaires du conflit, en gros la querelle portant sur le nombre de chaires d’enseignement à réserver aux Mendiants et plus largement aux religieux à Paris, a fait l’objet d’une étude exhaustive de M.-M. Dufeil, ne laissant pas grand chose dans l’ombre1220; le fond doctrinal qui sous-tend cet aspect du conflit, c’est à dire la licéité du ministère des Frères et le fondement évangélique de la Mendicité comme forme de vie religieuse, a été magistralement éclairé par le Père Congar1221; les querelles qui ont divisé le collège des cardinaux à ce propos et mettent en cause, en dernière instance, la nature du gouvernement pontifical et la commission pétrine confiée par le Christ au pape, auquel les deux parties font appel, ont été étudiées plus récemment sous l’angle de la problématique non seulement doctrinale et institutionnelle de la papauté, mais aussi sous celui des rites cérémoniaux et liturgiques qui se développent autour du corps du pape et des cardinaux; une telle aprroche interroge, de ce point de vue foisonnant, la grande métaphore organiciste qui informe l’ecclésiologie d’inspiration grégorienne de la plenitudo potestatis 1222. Mais il manque une synthèse de ces différents apports historiographiques. La place privilégiée tenue par Eudes de Châteauroux, l’ancien prélat séculier, maître en théologie, ami précoce des Mendiants, très estimé de la cour capétienne, au carrefour de tous ces courants idéologiques, et la contribution spécifique de sa prédication sur ces thèmes, fournissent l’occasion d’une premier essai en ce sens1223. L’approche synthétique s’impose d’autant plus que, contrairement au chapitre précédent, il n’a pas été possible, dans l’état actuel de la recherche, de proposer de chronologie précise de la plupart des SERMONES ici mis à contribution; on ne peut que leur assigner une fourchette de datation plausible et suggérer, sans preuves décisives, des lieux où ils ont pu être entendus, en fonction des circonstances de la querelle où ces discours s’insèrent; l’étude précise de leur argumentation suggère d’autre part des publics, mais les spécialistes savent combien ce type de démarche, l’identification d’auditoires à partir du contenu des textes, est périlleuse et nécessite le recours à l’hypothèse.

Lorsqu’Eudes de Châuteauroux regagne la Curie au début de 1255, la genèse de la querelle est, on l’a dit, ancienne. On ne peut comprendre le sens de ses interventions et parti-pris sans retracer le développement progressif, jusqu’à cette date, de l’affaire. C’est l’objet de la première partie de ce chapitre, qui étudiera d’abord la préhistoire de la querelle (environ 1250-1255), alors que le cardinal est encore légat en terre sainte; la seconde partie s’intéressera à son intervention institutionnelle au sein des deux commissions cardinalices chargées d’examiner, l’une le brûlot apocalyptique produit par un Franciscain, Gherardo de Borgo San Donnino, brandi par les maîtres séculiers comme preuve de l’hérésie de leurs adversaires, l’autre la réplique sur le même mode du chef de file des Séculiers, Guillaume de Saint-Amour, qui aboutit en 1256 à son exil, en y incluant l’analyse des sermons chronologiquement correspondants; enfin, une troisième partie complètera, par le commentaire d’autres sermons liés à ces circonstances, l’étude du rôle que le cardinal-évêque de Tusculum a joué dans l’intense polémique publique, par discours interposés, qui se clôt approximativement en 1260, avec l’instauration d’un anniversaire pour les papes et cardinaux défunts par Alexandre IV, fournissant l’occasion d’un ultime sermon à fortes résonnances ecclésiologiques, sur le thème du corps du gouvernement central de l’Eglise1224.
I- Préhistoire de la querelle: les enjeux
Dès l’origine de leur venue à Paris, les deux principaux ordres mendiants, Franciscains et Dominicains, ont bénéficié de l’entier soutien de la papauté pour ouvrir leurs studia ; les maîtres séculiers, « regentes in actu »1225, qui ont pris leur habit religieux, leur ont apporté des chaires, que les papes ont ensuite veillé à maintenir dans leur giron; dans l’ensemble et malgré quelques escarmouches durant la grève de 1229-1231, les maîtres séculiers ne leur ont pas montré une hostilité systématique. Mais une série d’élements lourds, engageant des conceptions ecclésiologiques divergentes, se sont accumulés comme autant de griefs potentiels de la part du clergé séculier: une milice régulière totalement dévouée au pape, extrêmement centralisée, munie d’exemptions multiples mais ayant vocation essentielle à la sollicitude pastorale et même à la cure d’âmes, à ce titre instrument incomparable de la mise en oeuvre du programme réformateur de Latran IV et de la plenitudo potestatis de Rome, fait concurrence à ceux que plusieurs siècles d’histoire de l’Eglise avaient préposés à cette fin; au niveau universitaire, elle paraît s’emparer avec une efficacité sans pareille de l’instrument que les Séculiers eux-mêmes s’étaient donnés, parfois en le payant cher, pour former les clercs chargés d’assumer cette mission d’encadrement du peuple chrétien; elle le fait gratuitement, c’est à dire sans besoin d’être prébendée, mais sans besoin non plus de rentes seigneuriales ni de travail, fût-ce par l’intermédiaire de convers, puisque, « religion » inouie jusqu’ici, elle a fondé les normes de la vie régulière sur la mendicité; enfin elle a partiellement, sinon totalement, remplacé à la cour des Princes, en tout cas à celle du Capétien, le conseil clérical traditionnel, celui des grands évêques ou des moines bénédictins, qui depuis les temps carolingiens assumait ce rôle1226.

Durant les cinquante premières années d’existence, officieuse puis officielle, de l’université, seules les divisions internes au clan séculier, ainsi l’opposition entre les régents chanoines de la cathédrale et les autres maîtres, de même que la nécessité de faire front commun contre ceux qui pouvaient porter atteinte à l’autonomie corporative des enseignants, l’évêque ou le roi, ont empêché que ces germes conflictuels ne s’actualisent et ne soudent contre les Mendiants les autres régents. Mais aux alentours de 1250, l’institution universitaire non seulement n’est plus en danger, mais s’est installée au cœur de la Chrétienté comme la référence incontournable de l’orthodoxie religieuse; parallèlement, les ordres mendiants ont acquis une importance décisive dans la mise en œuvre du programme théocratique grégorien1227. Dans ces conditions, lorsque le pape semble décidé à favoriser, au sein de l’institution, une extension du rôle des Mendiants et, au-delà, des ordres réguliers traditionnels, lorsqu’aussi le roi Louis IX, leur grand ami, est revenu prendre en main avec vigueur son royaume, faisant un large usage d’enquêteurs réformateurs issus de leurs rangs, le conflit larvé éclate.
a) Les termes explicites du conflit: chaires et ministère pastoral
Le dossier d’accusation séculier contre les Mendiants est constitué de trois éléments différents, certes étroitement liés: la question du nombre des chaires d’enseignement à l’université; celle de la légitimité du ministère pastoral des Frères; celle enfin du fondement de leur règle religieuse, la mendicité. Seules les deux premières sont réellement au centre de la phase du conflit que j’étudie; mais il est intéressant de voir comment un problème appelle l’autre et la façon dont l’ensemble se coagule graduellement; symétriquement, certains des protagonistes, notamment le pape Innocent IV, tentent, consciemment ou non, de dissocier les pièces du dossier, en n’acceptant pas de revenir sur tous les privilèges qu’ils ont conféré aux Mendiants; le fait que finalement les historiens unanimes aient considéré qu’à la veille de sa mort, il fit volte-face par la bulle Etsi animarum, qu’il faut je crois ramener à sa véritable dimension, montre au passage combien en l’affaire la propagande fit autant son œuvre que les débats de fond; et si la version des Mendiants l’a emportée, c’est bien parce qu’ils étaient passés maîtres en la matière; je tenterai de montrer que le cardinal Eudes de Châteauroux adopta en l’espèce un comportement consensuel, à mi-chemin des thèses extrêmistes des uns et des autres, selon une ligne de conduite qui lui est ancienne.

En mai 1250, Innocent IV écrit au chancelier de l’université parisienne, dans le but de l’inciter à promouvoir à la licence les religieux qu’il jugerait aptes, même s’ils n’en ont pas fait la demande1228; c’était implicitement revendiquer une seconde chaire officielle pour les Franciscains, dont l’érection aurait porté à quatre le nombre des chaires mendiantes; évolution que bloquait la corporation enseignante en contrôlant, en-deçà même de l’accès aux chaires, celui à la maîtrise. La réaction des Séculiers se produit en février 1252 avec le statutum de promouendis 1229, où déjà se sent la griffe de Guillaume de Saint-Amour: la lettre des privilèges, que les papes ont autrefois accordés à l’université, leur donne le monopole des promotions; ils prétendent de ce fait cantonner le studium franciscain dans la sphère privée, et se plaignent de toute façon du nombre déjà trop grand des maîtres; ils font un pas de plus, contre les Dominicains, en déclarant que les Religieux ne peuvent posséder qu’une chaire; leurs prétentions s’appuyant sur la législation canonique, aller contre mettrait en péril la foi, argument typique de Guillaume.

En 1253, un élément qui n’est certes pas absolument nouveau1230, mais devait par la suite peser décisivement, intervient: c’est la question de la confession, ou encore du droit des Mendiants à entendre les fidèles, nonobstant la Tradition, qui réserve selon les Séculiers ce sacrement aux évêques et au clergé paroissial, nonobstant surtout le canon 21 du concile de Latran IV, Omnis utriusque sexus 1231, qui réaffirme le monopole du « proprius sacerdos » à entendre ses ouailles à l’occasion d’une décision de grande portée pastorale, la confession annuelle au curé de la paroisse. Il semble que ce problème soit venu au premier plan en conséquence d’une dispute tenue à l’autômne 1252; pour trancher les désaccords, le chancelier Aymery pratique une consultatio 1232, c’est à dire entend les docteurs en théologie, puis énonce sa décisison, extrêmement prudente donc qui ne règle rien: on peut certes, malgré l’opposition de son « proprius sacerdos », se confesser à un supérieur, un prélat au sens exact du terme, puisqu’un tel confesseur est par définition doté du pouvoir des clefs; il peut concrètement s’agir de l’évêque, du pape ou de leurs pénitenciers, le canon 21 du concile n’interdisant pas cette possibilité; les Frères ne sont certes pas nommés, mais la mention des pénitenciers leur laisse la porte ouverte1233. Au plan théorique, le pape n’a encore rien dit, et dans la pratique, il demeure prudemment attentiste, voire ignorant de l’amplification de la querelle, comblant de faveurs aussi bien les Séculiers que les Mendiants.

Le déclenchement ouvert des hostilités, qui produit l’intervention romaine, a lieu au printemps 1253, selon un schéma désormais familier: une rixe violente entre quatre étudiants et les vigiles urbains conduit au décès d’un des étudiants et à l’emprisonnement des autres; la grève des maîtres, spontanée semble-t-il et motivée par la peur et le souci de sécurité, suit immédiatement; l’uniuersitas se réunit début avril, et édicte un statut qui procède, disent les maîtres, de l’examen des privilèges anciens accordés par les papes ou leurs légats, notamment Robert de Courçon: ils récapitulent en effet les événements survenus et justifient sytématiquement leur conduite en s’appuyant sur ces privilèges; en découlent légitimement la grève, le fait que l’uniuersitas s’est portée en justice, le serment demandé à tous sur la poursuite de l’instance; or, sur ce dernier point, la perfidie des Mendiants s’est révélée, qui ont refusé de jurer le statut1234. A la lecture, le texte des maîtres n’est pas clair pour savoir si le serment exigé par le consortium universitaire portait sur la seule poursuite du procès, ou aussi sur la grève. Quoi qu’il en soit, le statut décide que tout maître ou tout candidat à la licence qui n’accepterait pas de jurer les dispositions prises se mettrait ipso facto en situation d’illégalité, s’excluant de la communauté universitaire; il rappelle, s’appuyant là encore sur un privilège accordé d’ancienneté à la corporation enseignante, que si les Mendiants refusent sous quinze jours de venir à résispisence, ils tombent sous le coup de l’excommunication. On l’a vu, l’argumentaire des maîtres repose entièrement sur la mention des privilèges pontificaux accumulés en faveur de l’institution universitaire1235; mais on a moins remarqué que c’est au pouvoir royal, en la personne du comte de Poitiers, qu’il est fait appel, du moins à sa justice, dont l’accomplissement fonde en droit l’attiude de l’universitas ; une phrase pleine de déférence, concentré de formules riches de signification idéologique, souligne cette omniprésence de la tutelle laïque: « Porro venerandus tandem ac magnificus comes Pictauiensis ac Tolosanus Alfonsis illustris regis Francorum Ludouici tunc agentis in partibus transmarinis germanus, memorati fratris sui absentiam supplere satagens in hac parte, totius cleri ac uniuersalis ecclesie dilectione necnon et iustitie zelo adinstar patrum suorum regum Francie christianissinorum succensus de multorum procerum ipsius regni ac aliorum sapientum consilio prefatam iniuriam ad honorem Dei ac regni memorati potenter ac patenter emendare curauit... »1236; le rôle central de la procédure judicaire est d’ailleurs impliqué par la participation de l’ensemble de la corporation universitaire, non seulement les théologiens, mais aussi et sans doute avant tout, au plan de la rédaction du document, les canonistes1237.

Cette unanimité ne pouvait laisser de doute sur la conduite qui serait tenue vis-à-vis des Mendiants: c’est leur second refus historique, après l’épisode de 1229-1231, de participer à une grève; donc de se solidariser avec l’université où ils prétendent pourtant augmenter leur poids; ils aggravent leur cas en faisant appel au pape des sanctions dont ils sont l’objet, au lieu de s’en tenir au statut qui exige que, pour faire lever de telles sanctions, les coupables confient le soin de leur correction à l’assemblée corporative1238. Mais l’argument séculier se heurte, précisément sur ce point, à une objection des Mendiants qui révèle que ces derniers se considèrent soumis à un ordre de juridiction différent: au plan de la procédure, ils allèguent qu’ils n’auraient pu tomber sous le coup des sanctions prévues par le statut que s’ils l’avaient juré en avril; or ce statut n’a pris de valeur effective que du moment où il a été validé par la justice royale, en septembre; la rétroactivité ne peut valoir contre eux1239; cependant, il ne s’agit pas d’une simple question de procédure, mais de fond: les Mendiants revendiquent un statut juridique extraordinaire, celui de l’exemption, qui entraîne qu’ils ne relèvent que du souverain pontife1240; leur obéissance est étrangère à tout lien de nature corporative, se référant en première instance au siège de Rome. On est ici au coeur du problème ecclésiologique longuement traité par le Père Congar1241, et l’on saisit comment d’une énième querelle de chaires et d’une bagarre d’étudiants, on passe à un débat en profondeur, révélant les effets les plus nets produits par l’instrumentalisation des nouveaux ordres, dans le cadre de la théocratie pontificale.
b) L’enjeu implicite: deux ecclésiologies antagonistes
En dernière instance, à cette phase de l’affrontement, le point nodal du conflit repose sur deux conceptions spatiales irréconciliables de la Chrétienté, elles-même liées à deux visions ecclésiologiques divergentes de l’institution héritée du Christ et des apôtres. Dans les deux cas, le rôle du pape ne peut être esquivé: d’un côté, les maîtres séculiers envisagent l’Ecclesia comme territorialisée, agrégat homogène de multiples cures d’âmes enracinées dans un substrat géographique bien délimité (en gros, paroissial), du fait de la commission pétrine confiée par le Christ à tous les clercs ayant charge d’âme, évêques comme prêtres, les prélats au sens exact1242. A ce titre, la pétrinité de la dite commission est minorée au profit d’une conception du pouvoir papal entendu comme pouvoir juridictionnel suprême, d’appel, étendu à toute les communautés chrétiennes locales, pourvues d’un recteur chargé d’âmes, un « proprius sacerdos » au sens du canon 21 de Latran IV. A cette conception qui se réclame de la Tradition et enfonce sa légitimité dans l’exégèse de quelques passages clefs canonisés par le Décret puis les Décrétalistes, mais aussi par la glose ordinaire et les commentaires des écoles1243, s’oppose une vision foncièrement hétérogène des pouvoirs confiés aux successeurs des douze apôtres et des soixante-douze disciples, qui insiste sur la commission confiée à Pierre et à son successeur, devenu « vicaire du Christ » depuis Innocent III1244. La différence de cette conception ecclésiologique avec la précédente, ce n’est pas seulement d’insister davantage sur la hiérarchie interne à l’Eglise, car la pensée des maîtres séculiers ne peut être foncièrement qualifiée d’antihiérarchique; c’est surtout, me semble-t-il, d’établir une différence de nature entre la vocation pastorale du souverain pontife d’un côté, celle des autres pasteurs chargés d’âme de l’autre: à l’échelle de la Christianitas, la plenitudo potestatis du pape ne recouvre pas simplement l’agrégat des divers segments géographiques (paroisses, diocèses, provinces) sur lesquels veille chaque recteur, que le souverain pontife coifferait; elle les transcende en en constituant, comme aime à le dire le latin médiéval, l’épitomé, le résumé1245; il en résulte une déterritorialisation de l’Eglise universelle qui place le pape non dans l’Eglise, mais sur l’Eglise, étant à la fois sa tête et son corps englobant1246. Sur cette base théorique, se décline toute une série de propositions antinomiques: dîmes et revenus liés à la cure contre fiscalité pontificale centralisée et mendicité1247; droit de nomination des recteurs contre politique bénéficiale du souverain pontife; monopole sacramentel et oratoire du « proprius sacerdos » contre armée des prédicateurs pontificaux commissionnés en vue du commentaire de la Parole, suivie de la confession et des quêtes1248; prépondérance du collectif ecclésial des prélats, c’est à dire le concile, sur le gouvernement central romain1249.

Cette opposition fondamentale se révèle particulièrement riche de sens lorsqu’on interroge la conception organiciste de l’Eglise qui sous-tend toute vision, au XIIIe siècle, de la hiérarchie ecclésiale et de son fonctionnement. Elle me retiendra particulièrement lors de l’analyse des sermons funèbres consacrés à l’anniversaire de la mort des papes et cardinaux, ainsi qu’à la vacance du siège de Pierre, plus précisément « in electione [summi] pontificis ». Ces textes sont évocateurs concernant le sort des prélats de leur vivant et après leur mort, car dans tous les rituels organisés autour de ces cadavres, se joue la problématique institutionnelle, ecclésiologique de la nature de l’Eglise militante; il n’est pas simple de décider vers laquelle des deux grandes orientations ecclésiologiques évoquées l’image du « simple corps du pape »1250 tend de préférence: la même ambivalence que pour la relation entre caput et membra vaut. Qu’il suffise pour l’instant de noter que le développement de cette querelle au sein de l’université n’a pu qu’influencer profondément la réflexion d’Eudes de Châteauroux sur le sujet: il a connu les deux groupes ennemis et les a tous deux jugés; il privilégie dans toute sa conduite la pastorale de la parole et à ce titre peut aussi bien être poussé dans les bras des Mendiants, pour qui il manifesta tôt sa sympathie, que demeurer sensible à l’exaltation par ses anciens collègues séculiers de leur mission canonique et du prestige de l’institution qui forme les prédicateurs; enfin parce qu’il est désormais membre de ce siège de Pierre auquel, tous les théologiens le disent, il s’est de fait incorporé1251.

La décision des maitres séculiers parisiens, sans doute d’avril 1253, d’excommunier les maîtres mendiants ayant refusé de jurer leur statut, oblige en tout cas le pape à intervenir pour clarifier les liens des trois ensembles qui constituaient historiquement l’université la corporation des maîtres, les Mineurs et les Prêcheurs. Ils cohabitaient jusqu’ici en s’interpénétrant, mais n’étaient pas superposables: l’un, quoique non diocésain1252, enraciné au plan territorial car prébendé, jouissant de la double protection de fait du roi et du pape; les deux autres, sans attaches territoriales fixes, et dépendant de Rome seule. Car le point commun, c’est l’égal appui du siège de Pierre dont peuvent se prévaloir les adversaires. Cette affaire engageait en fait toute la Chrétienté, sa Tradition et ses capacités d’innovation, clairement secouées par la diversification croissante de la société que les protagonistes prétendaient encadrer, tâche à laquelle, depuis le début du XIIIe siècle, s’étaient en toute conscience attaqués les papes.
c) L’intervention du pape Innocent IV en faveur des Mendiants et la contre-attaque universitaire (1253-1254)
L’intervention pontificale étant appelée par les deux parties, Innocent IV réagit le premier juillet 1253, à Assise, par la bulle Amena flore 1253; le lieu même de résidence de la Curie préjugeait mal de leur sort pour les maîtres séculiers. De fait le pape récuse en bloc les prétentions des Séculiers, arguant du règlement en cours du conflit pour exiger d’eux la réintégration des trois maîtres mendiants dans le consortium universitaire; il charge à cette fin deux évêques, à la fois proches du roi et des Frères, de faire exécuter sa sentence1254; non sans tâcher de se montrer équitable, en donnant rendez-vous aux parties en Curie, pour août 1254, afin d’arbitrer définitivement leurs différends1255. La période suivante, l’automne 1253, est mal documentée, mais tout indique que la bataille, par exercices universitaires interposés, s’est poursuivie et envenimée, puisqu’on en vient aux mains1256. Le pape continue à manifester son soutien aux Frères, mais de façon indirecte, en usant de toute son influence pour pousser à la création d’une nouvelle chaire aux mains de religieux « traditionnels », les Cisterciens1257.

Début 1254, c’est la grande contre-attaque des Séculiers, avec le texte que M.-M. Dufeil nomme leur encyclique1258; je me contente d’insister sur quelques points plus directement liés à ce travail et à la personnalité intellectuelle d’Eudes de Châteauroux, lequel est cependant à cette époque, sinon totalement ignorant de la querelle, du moins incapable d’y intervenir puisqu’encore en Terre sainte1259.

Premier point: des comptes alambiqués des maîtres séculiers tentent de faire apparaître qu’au rythme de développement des collèges, et des chaires tenues par les religieux, la part qui leur reste n’excédera bientôt pas deux à trois chaires1260; or ce risque, s’il existe, est encore très lointain, car une analyse serrée de la rotation des chaires de théologie, dont le nombre fut fixé à douze en 1220, montre d’une part que neuf d’entre elles demeurent aux Séculiers; que d’autre part, chez eux comme chez les Mendiants, il y a plus de maîtres que de chaires: de ce fait, et moyennant redevances, les Séculiers « regentes in actu » transfèrent temporairement leur enseignement à un collègue; le détail des tractations est impossible à élucider, mais leur conséquence claire: le véritable reproche fait aux Mendiants, comme le note M.-M. Dufeil, c’est de « geler trois chaires hors du circuit commercial »1261. Mais la grande différence entre les adversaires, dans le cadre de cette rotation, c’est que ce système génère l’existence de « chaires privées » dans les studia des Mendiants, mais ne leur pose aucun problème de manque pécuniaire, puisque leur activité d’enseignement n’est pas lucrative.

Second point: les craintes de Séculiers sont d’autant plus fortes que sur les neuf chaires qu’ils détiennent, trois sont aux mains de chanoines de Notre-Dame1262; or ces derniers n’ont jamais été de grands amis des universitaires, on l’a vu; et c’est parmi eux que l’évêque d’Evreux, chargé de l’application de la bulle Amena flore, a choisi son juge subdélégué pontifical, maître Luc, afin d’obliger le consortium universitaire à réintégrer en son sein les maîtres Mendiants1263. On ne peut oublier, en essayant d’interpréter l’action du cardinal Eudes de Châteauroux, qu’il fut autrefois chanoine de la cathédrale puis chancelier.

Troisième point: l’affaire déclenche une véritable « guerre d’opinion », où le meilleur vecteur se révèle, sans qu’on en ait beaucoup étudié le contenu, la prédication. Il est vrai que pour cette première période, la plus grande part de cette activité oratoire semble perdue; en tout cas; Séculiers comme Mendiants utilisent cette arme1264. Le sermo dans sa version moderne, ou scolastique, marque ainsi sa spécificité par rapport aux deux autres exercices scolaires, lectio et disputatio, qui demeurent des instruments à usage interne du monde universitaire1265. Lorsqu’on veut se faire entendre au-delà du cadre universitaire stricto sensu, et entraîner l’opinion, on a recours au commentaire public de la Bible à partir d’un thema adapté; l’objection que la plupart de ces sermons ont été prononcés « coram uniuersitate », c’est à dire comme exercices scolaires, et donc ne sortent pas de ce cadre de spécialistes, ne me paraît pas recevable pour deux raisons: d’abord, il n’est pas du tout certain que tous les sermons prononcés devant l’université soient mentionnés comme tels dans leurs rubriques, et même la mention en question paraît plutôt rare1266; secondement, puisque les universitaires prêchaient dans différentes églises parisiennes, il faut supposer que le public était plus divers que celui du simple auditoire universitaire; enfin l’on sait que certains sermons s’adressent délibérément à un public plus large, soit directement, soit indirectement, c’est à dire que l’orateur sait fort bien qu’une partie de l’auditoire rapportera ses propos aux absents à qui ils sont destinés; c’est de toute évidence le cas pour le sermon de Guillaume de Saint-Amour du dimanche de Pentecôte 1256, qui prend à partie le roi de France1267. La documentation officielle le confirme, puisque l’encyclique de février 1254 des Séculiers, dénonçant la prédication mendiante hostile, déclare que ces derniers attaquent la corporation universitaire « tam in sermonibus suis publicis quam in priuatis »1268; la distinction n’est pas facile à interpréter: il doit s’agir à mon avis de la différence entre les sermons donnés dans les couvents, sans doute au chapitre, à destination exclusive des Frères, et ceux donnés dans les églises de ces couvents; mais il est certain que le besoin de s’en prendre aux Séculiers en argumentant contre eux est moins nécessaire devant des frères en religion que vis-à-vis d’adversaires ou de l’opinion publique; même en admettant que leurs sermons publics soient à comprendre comme ceux qui entrent dans le cadre imposé de la prédication universitaire, à qui pouvaient s’adresser de cette façon les Frères, sinon à leurs alliés potentiels, je pense à la fraction réformatrice du clergé très active dès le début du siècle, mais surtout à la royauté ? Là encore, le même document confirme, puisque les Séculiers décrivent ainsi les propos hostiles des Mendiants: « ... suggesserunt nos statuta contra Deum et uniuersalem Ecclesiam edidisse; necnon conspirationes illicitas contra domini regis honorem et regni commoda, quod absit, perpetrasse »1269; les deux institutions à l’autorité desquelles les prétentions des Séculiers portent atteinte sont, ni plus ni moins, le pape comme chef de l’Eglise universelle, et le roi; c’était viser juste et placer les auteurs des statuts dans une position intenable. De la querelle interne, on est bien passé à la mise en cause des piliers mêmes de l’Eglise militante; le sermon, produit scolaire de l’université, dont il est à peine besoin d’adapter la forme pour en faire un outil de propagande à destination d’un vaste public, revêt dès lors un autre statut, celui de medium de masse; l’encyclique ajoute d’ailleurs que, globalement, les laïcs ont pris le parti des Frères1270.

Quatrième point: Guillaume de Saint-Amour, à compter de ce moment, devient la tête pensante du parti séculier1271; il est dès lors procureur de l’université, chargé de la représenter à la curie, où les deux parties doivent se rencontrer à l’Assomption de 1254, et s’y rend sans doute dès le début de mai; en effet, le 10 mai, Innocent IV jusqu’ici fidèle soutien des Mendiants « leur manifeste une froideur inattendue et sans précédent »1272; la suite devait confirmer, jusqu’à la publication quelques jours avant sa mort par le pape de la fameuse bulle Etsi animarum, qui amplifie ces conclusions1273.
d) « Revirement » du pape et dissensions au sein du collège cardinalice
La bulle pontificale du 10 mai 1254 s’en prend avant tout à l’usurpation par les Mendiants des activités pastorales liées à la « cura animarum »: confession sans reversement de la quarte, captation des héritages établis à l’occasion de testaments, lors de l’administration des derniers sacrements; prédication sans autorisation de l’ordinaire hors des églises paroissiales. Le problème, c’est que sur toutes ces questions, les Mendiants jouissent de privilèges pontificaux; d’où des affirmations étonnantes du pape: un fidèle confessé et absous par les Frères dans les conditions mentionnées, c’est à dire sans la permission de son curé, est damnable; M.-M. Dufeil commente à juste titre: « Il demeure incompréhensible qu’un canoniste aussi sûr qu’Innocent IV ait pu agréer un texte où validité et licéité d’un sacrement paraissent quelque peu confondus »1274. Habileté ou conviction, il semble que ce soit la capacité de Guillaume de Saint-Amour à lier en une synthèse les trois questions du « dossier anti-mendiant », à savoir celle de l’université, celle du ministère pastoral et celle du fondement évangélique de la pauvreté, qui ait emporté l’adhésion du pape; de fait, dans la foulée, une série de documents pontificaux et par voie de conséquence, le clergé séculier étant sans doute stimulé par l’attitude plus équilibrée du siège romain, plusieurs synodes provinciaux, notamment dans le midi de la France, marquent un renforcement de la position du clan traditionnel du clergé1275. Il est toutefois indispensable, à ce stade du développement de la querelle, d’insister sur un point: c’est sur la question du ministère pastoral des Frères que le pape Innocent IV signifie immédiatement son changement d’attitude, alors que sur les deux autres questions, il se montre tellement prudent qu’il reviendra à ses successeurs de tenter, dans la douleur, de ramener l’unité.

Pour tenter de répondre à la question, demeurée sans réponse satisfaisante, du pourquoi de cet apparent revirement, il y a lieu d’élargir l’enquête sur les soutiens dont les Séculiers ont pu bénéficier à la Curie1276. Et de se tourner naturellement vers les cardinaux, puisque l’encyclique des Séculiers de février 1254 s’adresse aussi à eux, en des termes qui n’ont pas été relevés:
« Nec dum nostris calamitatibus satiati [les Mendiants] ad sedem apostolicam accedentes et apud dominum papam et dominos cardinales maiores nostros, ut intelleximus, grauiter diffamantes, causas sue separationis omnino tacentes, nullo ex parte nostra ibi presente, per exquisita precum mendacia quasdam litteras surreptitias a domino papa per importunitatem suam, ut intelleximus, ad venerabilem patrem Ebroicensem episcopum extorserunt... »1277.
Et un peu plus loin, dans la partie finale de leur supplique, les Séculiers ajoutent:
« ... predictorum summam [...] et alia inopinata grauamina que nobis ingerunt [les Mendiants] insolenter [...] discretioni vestre,
1   ...   12   13   14   15   16   17   18   19   ...   137

similaire:

L’universite, l’Eglise et l’Etat dans les sermons iconL’État, grand pourvoyeur de catégories de pensée, tout particulièrement...
D'être pensé par un État qu’il croit penser Penser l’État au travers des catégories d’État, comme le font notamment les juristes2,...

L’universite, l’Eglise et l’Etat dans les sermons iconTeotihuacán, le lieu où «les hommes deviennent des dieux», est une...
«les hommes deviennent des dieux», est une zone archéologique située dans l'État du Mexico, entre les villages de San Juan Teotihuacán...

L’universite, l’Eglise et l’Etat dans les sermons iconThèse pour obtenir le grade de docteur de l’Université Paris I panthéon-Sorbonne
«L’Université n’entend donner aucune approbation ni improbation aux opinions émises dans ce document. Ces opinions doivent être considérées...

L’universite, l’Eglise et l’Etat dans les sermons iconActivités nature
«tout artiste vrai est un inspiré». L’église, qui devait être «une modeste église de montagne», devient un manifeste de l’art sacré...

L’universite, l’Eglise et l’Etat dans les sermons iconLe réalisme est d’abord une attitude de l’artiste face au réel :...
«petits faits vrais» qui cautionnent le texte. Le Rouge et le Noir (1830) est inspiré d’un fait divers paru dans la Gazette des tribunaux...

L’universite, l’Eglise et l’Etat dans les sermons iconOrganisé par : La Société Chinoise d’Etude de l’Histoire Africaine,...
«Nouveau : Code idef annoté de l’ohada», d’inscrire le mot retenu dans la case recherche pour obtenir sous les yeux tous les textes...

L’universite, l’Eglise et l’Etat dans les sermons iconRapporteurs
«L’Université de Paris 12 n’entend donner aucune approbation ou improbation aux opinions émises dans les thèses, celles ci doivent...

L’universite, l’Eglise et l’Etat dans les sermons iconChapitre V : le rôle de l’État dans la vie economique et sociale

L’universite, l’Eglise et l’Etat dans les sermons iconVariation et reprise d’une pièce ancienne…, cette répétition d’un...

L’universite, l’Eglise et l’Etat dans les sermons iconL’Eglise et les artisans : l’attachement des bouchers
«toutes personnes qui de eulx y mectre auront devocion» et à accrocher aux murs de la chapelle «une boëte fermant à clef» pour recevoir...







Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
a.21-bal.com