La recherche de l’absolu (1834) 55







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Une vie de galérien… fastueux


Magazine Lire, n° 180, septembre 1990
Jusqu’à 30 ans, le génial Balzac n’est qu’un écrivain débutant, un dandy négligé, un homme d’affaires raté. Il lui reste 21 ans à vivre : le temps d’écrire les 91 romans de " La comédie humaine ".
A 20 ans, Balzac n’en doute pas : il sera le Napoléon de la littérature. Sur sa table de travail, il garde une statuette de l’Empereur déchu. Dessous, il a fièrement tracé : " Ce qu’il n’a pas achevé par l’épée, je l’achèverai par la plume. " Ambition immense pour un garçon qui ne s’est pas distingué au collège et qui n’a encore rien écrit. Mais il a toujours vu grand, très grand même.
Honoré est né le 20 mai 1799 à Tours, dans une famille haute en couleur et forte en gueule. Son père a commencé comme petit paysan pauvre près d’Albi sous le nom de Bernard-François Balssa. Mais le gaillard sut faire son chemin dans le monde. Naviguant habilement entre les esquifs de la Révolution, il s’est rendu indispensable à tous. On le remercie en le bombardant fournisseur des vivres aux armées, ce qui permet des trafics juteux. Devenu l’un des plus gros contribuables de la ville de Tours, il est promu maire adjoint. Du coup, ce plébéien parvenu s’offre une particule de fantaisie et se fait appeler M. de Balzac. Après tout, la Révolution est finie !
A 51 ans, il a épousé une ravissante jeune fille de la bonne bourgeoisie parisienne, Anne-Charlotte-Laure Sallambier, 19 ans. Mariage bancal mais en définitive solide. Un premier enfant naît en 1798, il ne vivra pas. Puis vient Honoré. Par prudence, on le met en nourrice à la campagne. Il est bientôt rejoint par Laure, née en 1800. Une seconde sœur, Laurence, naît en 1802. Le petit dernier n’est pas le fils de Bernard-François, mais il ferme les yeux : Henry recevra toute la tendresse de sa mère, et elle réussira à faire de lui un tragique raté.
Honoré ne voit pas souvent ses parents : après la nourrice, vient la pension, puis le collège des prêtres oratoriens de Vendôme. Deux visites de madame mère en six ans d’internat, c’est peu. Surtout quand on n’a jamais de vacances. Heureusement, il y a les livres, tellement plus vrais que la vie. Déjà Honoré l’annonce : il est voué aux plus hautes destinées. On rit de ce don Quichotte en culottes courtes.
En 1814, chute de l’Empire. Pour le père Balzac, fidèle de Napoléon, il est prudent de changer d’air. La famille s’installe à Paris. Honoré finit ses études secondaires sans éclat et continue en faisant son droit, tradition bourgeoise oblige. Pour joindre la théorie à la pratique, on le met en stage chez un avoué. Puis chez un notaire. Vue imprenable sur les dessous crasseux de la bourgeoisie : les combines, les faillites frauduleuses, les querelles d’héritage. Honoré s’en amuse. Il est devenu un joyeux drille : plaisanteries grasses, grosses farces. Au point qu’un jour, il reçoit du premier clerc le billet suivant : " M. Balzac est prié de ne pas venir aujourd’hui, car il y a beaucoup d’ouvrage. " Honoré passe son baccalauréat de droit, ce qui ne l’empêche pas d’aller à la Sorbonne suivre des cours de lettres et au Muséum d’histoire naturelle écouter les leçons de Cuvier.

Joufflu, coquet, mal tenu

Mauvaise nouvelle en 1819, Bernard-François, qui vient d’avoir 73 ans, est mis à la retraite. Il va falloir se serrer la ceinture. Désormais, la famille habitera Villeparisis, une bourgade proche de Paris. " La vie y sera moins chère ", dit la mère. " Voire plus saine ! " ajoute le père, qui ne jure que par Rousseau. Honoré n’a aucune envie de devenir notaire. Il persuade sa famille que la littérature, avec un génie de sa trempe, ça peut rapporter gros.
Marché conclu : il aura une mansarde à Paris et un peu d’argent de poche. Comme tous les littérateurs de son temps, l’écrivain en herbe se met à composer un Cromwell en cinq actes et en vers. Très laborieusement. Consternation chez ses (rares) lecteurs. Commence alors, en 1822, une carrière de mercenaire, de galérien des lettres. Seul ou en collaboration, il écrit des romans noirs, dans le goût anglais. Mais pas question de signer de son nom ces ouvrages de commande qu’il bricole en quinze jours et qui feront frissonner les dames.
Justement, ce gros garçon joufflu, édenté, coquet, mais mal tenu, plaît aux femmes. Lui, il les aime riches, distinguées, mûres. Son premier grand amour sera une belle dame qui occupe la plus vaste demeure de Villeparisis, à côté de chez ses parents. Elle qui eut Louis XVI pour parrain et Marie-Antoinette pour marraine, se nomme Laure de Berny. Nombreuse famille qui ne manque pas d’allure : de son mari, elle a eu neuf enfants. Plus une fille née d’une liaison avec un Corse qu’elle a aimé dans sa jeunesse. Elle a 45 ans et Balzac 23. Coup de foudre : Mme de Berny est l’amante, la mère et l’initiatrice dont il a toujours rêvé. Leur amour, en dépit des nombreuses aventures d’Honoré, durera quinze ans et Laure sera toujours pour lui la " Dilecta " (la préférée). C’est elle qui va dégrossir son cœur et sa plume.
Car, à 26 ans, Balzac n’a encore écrit aucune œuvre digne de son nom. Avec l’aide de sa famille, de ses amis et de sa maîtresse, il se lance dans les affaires. Il sera éditeur, puis imprimeur. Il acquiert aussi une fonderie de caractères d’imprimerie. Certes, il ne ménage pas sa peine, mais il se fait rouler. Sans compter qu’il puise lui-même dans la caisse pour se meubler et se vêtir. Au bout de deux ans, c’est la faillite. Sa famille se ruine pour rembourser. Mais Honoré fait toujours de nouvelles dettes, persuadé que le bon numéro va sortir et qu’il va récupérer sa mise au centuple. En attendant, il joue à cache-cache avec ses créanciers ; cette sinistre partie va durer jusqu’à sa mort.
Retour à la littérature : Balzac cherche un sujet historique, à la manière de Walter Scott, qu’il admire. Il songe aux guerres de Vendée, encore toutes proches. Menant l’enquête sur le terrain, en Bretagne, il recueille les récits des survivants ; son roman devient un authentique témoignage. Le dernier Chouan paraît en 1829, signé enfin Honoré Balzac. Par la suite, rebaptisé Les Chouans, il prendra place dans La comédie humaine.
Succès modeste. L’auteur cependant débute dans le grand monde : il apparaît dans d’invraisemblables tenues de dandy, mélange de luxe et de vulgarité. L’éclat de son regard et de sa conversation agit sur les dames. La duchesse d’Abrantes, veuve d’un maréchal d’Empire, est encore appétissante. Elle fait appel à ses services discrets pour rédiger ses Mémoires. Il ne tarde pas à devenir son amant. De ses confidences et de celles de beaucoup d’autres femmes, y compris ses sœurs Laure et Laurence, il tire un ouvrage qui fait scandale : La physiologie du mariage. En célibataire averti, il propose aux maris des moyens pour prévenir les infidélités de leurs épouses.
Balzac se met à écrire comme un forcené. Mais enfin, ça y est : 1831, La peau de chagrin remporte un grand succès. Son auteur signe désormais Honoré de Balzac. Cette particule à éclipses déchaîne les railleries. L’argent rentre, aussitôt dilapidé : luxueusement installé rue Cassini, près de l’Observatoire, M. de Balzac se ruine en tapis, en meubles, en bibelots. Il fréquente Buisson, le tailleur le plus chic de Paris, qui deviendra son ami et, comme beaucoup d’autres, son banquier. Ses cannes incrustées de pierreries deviennent légendaires. Les salons aristocratiques du faubourg Saint-Germain lui ouvrent leurs portes. Les indécrottables légitimistes, nostalgiques de la dynastie des Bourbons, y ressassent les idées les plus réactionnaires. Qu’importe ! Balzac est aux anges depuis que la duchesse de Castries lui a donné quelques espérances. Lui qui a grandi dans le culte de Napoléon, à l’ombre de Voltaire et de Rousseau, voilà qu’il prend fait et cause pour le parti légitimiste, tenant du roi et de la croix.
Un régime de café et de viande

Les éditeurs qui lui consentent des avances sur des livres dont il n’a pas écrit la première ligne s’impatientent. Cent mille francs de dette. Il faut fournir. Il écrit toutes les nuits de minuit à huit heures et, après un petit somme, s’y remet jusqu’à seize heures. Régime : café et viande crue. Tenue de combat : une robe de chambre monacale blanche. Les romans jaillissent de sa plume : huit en 1832, parmi lesquels Le colonel Chabert et Le curé de Tours. Et il n’oublie pas la franche gaudriole avec des Contes drolatiques à la manière de son vieux compatriote Rabelais.
Les dames aussi lui écrivent. Il recevra plus de vingt mille lettres de lectrices. Au printemps 1832, il en arrive une d’Odessa, en Russie. La correspondante qui signe " L’étrangère " lui verse du miel : " En lisant vos ouvrages, mon cœur a tressailli ; vous élevez la femme à sa juste dignité, l’amour chez elle est une vertu céleste, une émanation divine ; j’admire en vous cette admirable sensibilité qui vous l’a fait deviner. " Fin 1832, l’Etrangère lève le voile : née comtesse Rzewuska, petite-nièce de la reine Marie Leczinska, elle appartient à la plus haute noblesse polonaise. En 1819, elle a épousé le comte Hanski, richissime aristocrate ukrainien, de vingt-deux ans plus âgé qu’elle. Balzac, rêveur, bâtit déjà des châteaux… en Ukraine.
1833, c’est l’année où Balzac écrit Louis Lambert, le roman d’une enfance éclairée par le génie, roman largement autobiographique. Il ébauche Eugénie Grandet. En septembre, à Neuchâtel, il rencontre sa comtesse polonaise. Brune d’une beauté imposante, aux rondeurs voluptueuses, elle n’avoue que 27 ans (à six ans près, c’est la pure vérité !). Le grand homme, malgré son embonpoint, ses manières un rien vulgaires et ses cheveux en désordre, lui plaît et même plus. Mais le vieux M. Hanski est encombrant. Il faudra attendre encore quatre mois pour qu’ils deviennent amants, à Genève. Enfin, le bulletin de victoire : " Mon ange aimé, je suis à peu près fou de toi comme on est fou… Je te tiens, je te serre, je te baise, je te caresse ; et mille caresses les plus amoureuses s’emparent de moi ! Hier, pendant toute la soirée, je me disais : Elle est à moi ! Oh ! les anges ne sont pas si heureux en paradis que je l’étais hier ! " (à Mme Hanska, 19 janvier 1834). Eveline, son Eve chérie, est la maîtresse idéale, grande dame et courtisane. Sensuelle, tendre, intelligente, l’Etrangère peut rivaliser avec Mme de Berny, la Dilecta, qui a maintenant 57 ans.
De retour à Paris, Balzac, qui boit chaque nuit des litres de café, se jette dans César Birotteau. La faillite du parfumeur harcelé par ses créanciers, il ne la connaît que trop bien : c’est la sienne. En 1835, paraît Le père Goriot. Tout l’édifice de La comédie humaine se met en place. Les journalistes lui en veulent toujours de les avoir dépeints férocement dans Illusions perdues, mais la France et l’Europe entière lui font fête. Il gagne beaucoup d’argent. Balzac en dépense infiniment plus : il lui faut de l’argenterie, des soupers fins, un tilbury tiré par un cheval anglais… Et, pour fuir ses créanciers, il vit comme un voyou. Il déménage à la cloche de bois, s’installe sous de faux noms, institue des mots de passe à l’entrée de sa maison. Sa dernière folie, c’est d’avoir une revue à lui. Il achète La chronique de Paris et y convie le gratin des lettres françaises : Hugo, Théophile Gautier, Alphonse Karr. Cette brillante bande s’amuse beaucoup mais produit peu. Faillite une fois de plus. Et les dettes de Balzac atteignent des sommets : en 1837, elles dépassent 200 000 francs !
Qu’à cela ne tienne ! Le voici en Italie accompagné d’une jeune femme déguisée en garçon. Voyages d’affaires, en dépit des apparences. Il est parti pour défendre, dans une querelle de succession, les intérêts de la comtesse Guidoboni-Visconti, une Anglaise fantasque dont il est bien sûr l’amant et bien plus sûrement encore le débiteur. Pendant ce temps, Laure de Berny, sa Dilecta, se meurt dans la solitude et Balzac n’en sait rien. Poussée par le remords, elle fait brûler toute sa correspondance amoureuse.

Le chagrin de Balzac est profond mais la vie coule très vite. Le voici à Nohant en train de fumer un tabac d’Orient très fort avec George Sand. A Ville-d’Avray, il s’offre une maison à deux issues. Très pratique pour échapper aux créanciers. Sur son terrain, il rêve de faire pousser des ananas en serre. Une fois de plus, il croit avoir découvert le Pérou. Et maintenant il doit de l’argent partout, même à son jardinier ! Mais avec le théâtre, aujourd’hui, on fait des affaires en or. En vingt-quatre heures, avec quelques comparses, il bâcle un mélo tiré du Père Goriot. Pas de chance, le 15 mars 1840, au lendemain de la première représentation, " Vautrin " est interdit pour outrage à Sa Majesté Louis-Philippe.
Encore un déménagement : cette fois, Balzac s’installe à Passy avec une gouvernante, Louise Breugniot. Pas mal de sa personne, cela va sans dire. Il lui donne un nom plus chic, Mme de Brugnol, et en fait son agent littéraire, son chargé d’affaires et sa maîtresse. Il vient de traiter avec un éditeur pour la publication de ses œuvres complètes sous le titre La comédie humaine et fait paraître Mémoires de deux jeunes mariés, Ursule Mirouet et La rabouilleuse.

L’amour et les dettes

Mais voilà que, début 1842, Balzac apprend la mort du comte Hanski. Il fonce à Saint-Pétersbourg, pressé de conclure ce fameux mariage qu’il attend depuis 1834. Hélas, rien n’est simple. Eveline Hanska doit régler la succession de son mari, marier sa fille Anna, obtenir l’autorisation du tsar. Et puis elle hésite encore : l’amour, oui, mais le mariage ? L’écrivain est mondialement célèbre, mais l’homme est volage. Surtout, il est couvert de dettes. Prudence, Madame la comtesse. Elle lui donne des rendez-vous à Vienne, en Hollande, en Italie. Il s’y rend avec peine, sa santé se délabre rapidement : il respire mal, il sue à grosses gouttes. Diagnostic : hypertrophie du cœur. Balzac trouve le temps d’écrire Modeste Mignon, Les paysans, L’envers de l’histoire contemporaine et Beatrix. Candidat à l’Académie française, il ne recueille que deux voix, celles de Hugo et de Vigny.
Il publie encore deux chefs-d’œuvre, La cousine Bette (1846) et Le cousin Pons (1847), mais ce qui dévore son temps, c’est la maison de la rue Fortunée (l’actuelle rue Balzac) qu’il vient d’acquérir pour y installer son " étoile polaire ". Il s’engage dans des travaux ruineux, écume les antiquaires. Enfin, la date du mariage est fixée. Mais en 1848, la révolution balaie Louis-Philippe, la République est proclamée. Dans Paris sens dessus dessous, on ne trouve même plus un cocher, se lamente Balzac qui n’attend rien de bon de toute cette agitation populaire. Aux élections, il se présente comme candidat légitimiste. Il recueille 20 voix. Adieu la politique, adieu la France ! Vive l’Ukraine ! Et s’il faut se faire russe pour obtenir l’autorisation du tsar, Balzac y consent de bon cœur.
Enfin, en septembre 1848, après un périple interminable à bord d’une kibitka, une voiture de bois et d’osier, il arrive à Wierzchownia. Il est ébloui par cette " espèce de Louvre, de temple grec doré par le soleil couchant ". La famille Hanski règne sur 40 000 serfs, des terres à blé d’une richesse inépuisable. Tous les soucis d’argent semblent évaporés. Mais l’humeur de la comtesse est capricieuse. Suspense jusqu’à la dernière minute. Après seize ans d’amour, les noces sont enfin célébrées le 14 mars 1850. La mariée souffre de terribles rhumatismes. Balzac à bout de forces, épuisé, suffoque.
La mort en un palais fleuri

Le voyage de retour à Paris est un calvaire. Lorsque les nouveaux époux arrivent rue Fortunée, le domestique devenu fou s’est barricadé. On fait enfoncer la porte. Balzac se couche enfin dans son palais fleuri. Il ne se relèvera plus. L’agonie devient atroce, le corps se putréfie. Le mourant appelle à son secours Bianchon, le médecin miracle de La comédie humaine. Le 18 août, Victor Hugo vient lui rendre une dernière visite. " Il avait la face violette, presque noire. Je le voyais de profil et il ressemblait ainsi à l’Empereur " (Choses vues).
Quelques heures plus tard, Balzac meurt. L’enterrement rassemble la foule des grands jours. Victor Hugo prononce l’éloge funèbre. A 51 ans seulement, Balzac rejoint au Père-Lachaise son jeune héros Rastignac qui, depuis cette colline, avait défié Paris.

Anne Brunswic
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