I la musique populaire et son contexte 1960-1970







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”Atom heart mother” - Pink Floyd (1970)

(extrait de l’album du même nom)


I - La musique populaire et son contexte 1960-1970
II - Le rock progressif v.1968- v.1976
III - Pink Floyd: un géant du rock progressif
IV - Atom Heart Mother: Présentation et analyse
Un peu d’humour ici

I - La musique populaire et son contexte 1960-1970
A) Rock’n’roll, Beatles, guitar heroes

* La musique populaire de ces années est marquée par le Rock’n’roll, qui est une danse, popularisée principalement par Bill Haley (et son célèbre Rock around the clock de 1956), Little Richard (Tutti Frutti, 1956), le crooner américain Elvis Presley et les célèbres groupes anglais The Rolling stones ou évidemment les Beatles.
* Cette musique est légère, facile à écouter, divertissante, passe facilement à la radio car les chansons sont courtes. Elle est surtout marquée par son aspect dansant irrésistible, sa structure simple couplets/refrains et ses mélodies faciles à retenir: le bon cocktail pour une musique populaire à succès. Exemple: Love me do (Beatles, 1962)
* La formation emblématique de l’orchestre rock est: basse, batterie, guitare(s) rythmique et solo. Un instrumentiste chante en solo mais d’autres membres peuvent faire des chœurs.
* Outre le rock progressif (voir plus loin) se développe à la fin des années 1960 un rock marqué par les guitar heroes, où le guitariste abonde de solos virtuoses, gémissant d’un plaisir extasié, lui donnant un aspect de super soliste comme Jimi Hendrix par exemple. Le Hard-Rock fait aussi son apparition avec abondance de guitares saturées et suramplifiées (Led Zeppelin, Deep Purple, Black Sabbath, AC/DC…)



Jimi Hendrix (1943 -1970

B) Le contexte à la fin des années 1960: hippies, psychédélisme et drogues



a) Le mouvement hippie, le «Flower Power»
« Dans les années 1960 on voit apparaître aux USA et en Europe des idées nouvelles: l'autogestion, l'écologie, le rejet des religions traditionnelles. Dans les arts, la musique psychédélique et le pop-art marquent les esprits. Le slogan Flower Power (l'énergie de la fleur) était le symbole de la non-violence. Rupture avec la société de masse, évasion hors de l'Amérique consommatrice et bien-pensante, goût de la prose spontanée (Kerouac), attirance pour la pensée orientale, pacifisme (protestation contre la guerre du Viêt Nam), et la pratique de la méditation caractérisent ce mouvement. Les hippies naissent du baby-boom (en 1965, 50% de la population américaine est âgée de moins de 25 ans), et de la découverte en 1948 d'une substance hallucinogène qui va rester légale jusqu'en 1967: le LSD. Un discours contestataire émerge dont les conséquences ont des répercussions encore aujourd'hui : pacifisme, écologie, internationalisme… » D’après un article d’Eric Michon.


b) Le psychédélisme et les drogues:
«Psychédélisme est le terme utilisé pour décrire un mouvement de la contre-culture apparu au milieu des années 1960. Dans ce terme sont regroupées toutes les tentatives pour recréer de façon consciente les perceptions sensorielles distordues créées par l'ingestion de drogue hallucinogène tels que le LSD ou la mescaline. Il s'applique donc principalement au domaine visuel et sonore. (…) Le mouvement commence à apparaître à partir de 1966 quand l'usage du LSD (…) se répand dans une population jeune plus importante et plus ouverte à la découverte que la génération précédente élevée dans une société moins permissive. (…) L'art psychédélique a gagné en popularité en tant que composant visuel de la musique psychédélique (Jimi Hendrix, Grateful Dead et Pink Floyd) en particulier à travers les affiches de concerts ou les couvertures d'albums de designers comme Wes Wilson, Victor Moscoso, Rick Griffin (1944-1991), Nigel Waymouth et Martin Sharp. Les enchevêtrements et les courbes sinueuses se multiplient à l'infini, l'Art nouveau est une influence majeure et Alphonse Mucha (1860-1939) se trouve ici des héritiers inattendus. Les lettrages suivent la même tendance jusqu'à être presque illisibles. L'usage de couleurs saturées et multiples est de rigueur» Eric Michon.
Il est donc clair que le contexte esthétique des premières années de Pink Floyd est baigné de ce « psychédélisme». N’oublions pas que la musique s’écoutait sur des disques noirs «vinyles» et qu’une face qui durait environ 25 minutes pouvait correspondre à la durée d’un trip, d’un voyage stimulé éventuellement par le LSD ou «acide», cette drogue hallucinogène qui apportait au sujet des perceptions imaginaires délirantes, stimulantes parfois pour la création, mais qui le réduisait aussi en véritable légume. Le lien entre les musiques progressives qui comportent souvent des morceaux longs, développés et l’univers des drogues hallucinogènes est parfois vite établi, à tort ou à raison…


A saucerful of secrets (Pink Floyd, 1968):
une couverture bien psychédélique


II - Le rock progressif (env. 1968-1980)
Quelques groupes et albums emblématiques de rock progressif, hors Pink Floyd qui est évidemment un maître du genre (voir plus loin):








King Crimson
In the court of the Crimson king (1969)


Genesis
Foxtrot (1972)

Genesis
The Lamb lies down on broadway (1974)







Yes
Tales from topographic oceans (1972)


Yes
Relayer (1974)

Camel
The snow goose (1975)







Jethro Tull
Aqualung (1971)


National Helath
Of queues and cures (1978)

Mike Oldfield
Tubular bells (1973)







Tangerine dream
Stratosfear (1975)


Magma
Mekanïk Destrktïw Kommandöh (1973)

Harmonium
Si on avait besoin d’une 5e saison (1975)







Ange
Caricatures (1972)

Ange
Au delà du délire (1973)

Atoll
Rock Puzzle (1979)


* A la fin de l’année 1970, un certain Steve Hackett lit cette annonce dans Melody Maker où l’on cherche un guitariste «determined to strive beyond existing stagnant music forms» (déterminé à dépasser les formes musicales stagnantes). L’annonce est passée par Peter Gabriel chanteur de Genesis à la recherche d’un guitariste pour l’un des groupes de rock progressifs les plus marquants. Cela montre à quel point ce courant cherchait à expérimenter de nouvelles voies
* Le rock progressif sera un genre dans lequel Pink Floyd va passer maître. C’est un genre sérieux où l’on se prend au sérieux. Très anglais, ce genre tente de partir d’un rock « de base » pour l’emmener vers un style plus élaboré. Le rôle du guitariste-star (tel J.Hendrix) ou du chanteur-star (tels Mick Jagger des Rolling Stones ou Jim Morrisson des Doors) s’efface rendant la scène peut-être un peu moins sexy, mais au profit d’une qualité d’écriture et de composition qui le rapproche de la musique classique. Le public des concerts est surtout masculin, et n’est pas invité à pogoter, à casser du matériel, à devenir saoul et prendre la musique pour un prétexte à faire la fête. «We like audiences who sit down and listen» (nous aimons un public qui s’assoit et qui écoute) dit Mike Rutherford, guitariste-bassiste de Genesis au début des années 1970.
* A l’opposé de la chanson simple de 3 minutes s’élaborent des compositions longues, complexes aux caractères contrastés: méditatif, planant, lyrique, emporté, hallucinant… On glisse d’un genre populaire (le rock) vers un genre plus savant.
* On relève la présence de longues parties instrumentales (longues plages planantes au début de Shine on you crazy diamond (album Wish you were here, 1975), solo de clavier final de Cinema show (Genesis, album Selling England by the pound, 1973) ou la superbe et très riche composition de 20 minutes Supper’s ready (Genesis, album Foxtrot, 1972)
* Enrichissement de l’orchestration: s’il y a toujours le quartet de rock de base (guitare, basse, chant, batterie), on rajoute volontiers des claviers à profusion aux effets multiples, des instruments de l’orchestre symphonique (souvent la flûte traversière (Camel, The snow Goose, 1975), des bruitages (Atom Heart Mother)
* Il y a donc un glissement d’un genre populaire et dansant vers un genre plus savant. De plus le croisement avec d’autres styles à priori éloignés du rock est bienvenu (musique classique, jazz, musique contemporaine, musiques traditionnelles, extra européennes…)
* Comme l’avaient déjà un peu fait les Beatles (Sergent Pepper’s lonely hearts club band, 1967), on sort des albums-concepts c'est-à-dire non pas une suite de chansons isolées sans lien entre elles mais avec un véritable fil conducteur (The wall (1979), ou The lamb lies down on Broadway (Genesis, 1974)
* Les chansons ne se limitent pas à des textes d’amour simplistes. De nombreuses références (culturelles, mythologiques, sociales…) sont sollicitées. Des textes parfois plus sombres, plus intravertis, plus réflexifs, plus ésotériques (les paroles de Tales from topographic oceans (Yes, 1972) s’inspirent par exemple de «l’autobiographie d’un Yogi» d’un sage hindou Paramhansa Yogananda (1893-1952), nombreux textes de Genesis relèvent du surréalisme anglais et d’un univers proche de celui d’Alice au pays des merveilles de Lewis Caroll.
* Les groupes phares du rock progressif, outre Pink Floyd évidemment, sont National Health, Mike Oldfield, King Crimson, Yes, Genesis (jusqu’en 1978 environ), Emerson Lake and Palmer (reprise des tableaux d’une exposition de Moussorgsky, montrant le lien qu’il y a entre le rock progressif et la musique classique), Jethro Tull (et leur célèbre reprise de la Bourrée de JS Bach), Tangerine Dream (groupe allemand qui ne garde du rock progressif que le caractère planant, long et développé en abandonnant l’usage de la batterie). En Allemagne existe aussi un fort courant progressif appelé le Krautrock. En France on retient Ange, Atoll, Gong et Magma principalement. Aujourd’hui les groupes d’essence progressive existent toujours avec succès (Dream Theater, Radiohead…), même si le courant est beaucoup plus confidentiel
* La vague disco (Donna Summer, Bee Gees, Boney M) et la vague punk (Sex pistols) à partir de 1977 environ marqueront la fin de la grande époque du rock progressif.. Des groupes progressifs à leurs origines comme Genesis, se tournent vers une musique plus commerciale, accrocheuse et moins élaborée (Invisible touch, 1986), ou même Yes (Owner of a lonely heart, 1984). En France des groupes comme Téléphone (Quelque chose en toi, Un autre monde) ou Trust (Antisocial) à la fin des années 70 signent la mort du progressif pour une musique plus directe, moins complexe, moins riche, mais plus efficace, plus accessible, plus dansante, qui passe facilement à la radio, et qui engrange de gros succès commerciaux.

III - Pink Floyd: un géant du rock progressif
A – Brève histoire du groupe
* Pink Floyd est un groupe de rock progressif et psychédélique britannique formé en 1964. Il est reconnu pour sa musique planante et expérimentale, ses textes philosophiques et satiriques, ses albums-concept et ses performances en concert originales et élaborées. De ses débuts à aujourd'hui, le groupe a vendu plusieurs centaines de millions d'albums à travers le monde. Aux seuls États-Unis, les ventes des albums de Pink Floyd sont dénombrées par la RIAA à hauteur de 74,5 millions d'exemplaires. L’album Dark side of the moon restera plus de 14 ans dans le top 200 (record absolu) et le 3e album le plus vendu au monde.
* Initialement mené par le guitariste Syd Barrett, le groupe connaît un succès modeste au milieu des années 1960, puis devient l'un des groupes underground londoniens les plus populaires de la scène psychédélique. Cependant, le comportement de plus en plus instable de Barrett (rongé par une trop grande consommation de LSD), conduit les autres membres à le remplacer par David Gilmour, un ami d'enfance de Barrett. Après le départ de ce dernier, le bassiste Roger Waters devient progressivement le meneur du groupe, composant la plupart des chansons et signant toutes les paroles à partir de 1972. Pink Floyd acquiert l'année suivante une célébrité mondiale avec The Dark Side of the Moon (1973), l'un des trois albums les plus vendus de tous les temps.
* Le groupe enchaîne les succès au cours des années 1970 avec Wish You Were Here (1975), Animals (1977) et The Wall (1979), ce dernier donnant lieu à une adaptation cinématographique. Mais des tensions dans le groupe apparaissent au fil du temps et, en 1980, le claviériste Richard Wright est exclu du groupe par Roger Waters, qui en prend entièrement le contrôle. Après un album, The Final Cut (1983), dont il est l'unique auteur, il annonce la fin du groupe en 1985. David Gilmour et Nick Mason, les membres restants, décident d'enregistrer un nouvel album sans Waters et en réintégrant Rick Wright. Le groupe produit A Momentary Lapse of Reason (1987) et The Division Bell (1994) tout en recommençant à se produire en concert, puis met ses activités en sommeil en 1996.
* Les différents membres se réunissent ensuite à quelques occasions dans les années 2000. Pink Floyd dans sa formation la plus connue (avec Gilmour, Mason, Waters et Wright) donne sa dernière prestation publique le 2 juillet 2005 lors du Live 8 à Londres. L'événement suscite de nombreuses rumeurs de reformation du groupe, démenties par David Gilmour et devenues caduques avec la mort de Syd Barrett en 2006 puis de Richard Wright en 2008.


Richard Wright, Roger Waters, Nick Mason et Syd Barrett (à droite)

avant qu’il ne soit remplacé par David Gilmour

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