Que Vlo-Ve? Série 3 No 26 avril-juin 1997 pages 61-70







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Que Vlo-Ve? Série 3 No 26 avril-juin 1997 pages 61-70

Apollinaire et la Corée KWON

©DRESAT


APOLLINAIRE ET LA CORÉE
par Yong-Joon kwon
Depuis son adolescence, Apollinaire connaît la Corée à cause de son intérêt passionné pour l'Extrême-Orient et il décrit — cas rare pour les écrivains français — des aspects pittoresques de la Corée dans son œuvre. Nous ne pouvons pas savoir exactement comment Apollinaire a découvert ce pays. Michel Décaudin note la lecture par le poète du Journal asiatique, en relevant que l'intérêt d'Apollinaire pour l'Asie est dû à sa curiosité inlassable pour les sujets étonnants et inattendus, d'où la légende chinoise des pihis et des pimus introduite dans «Zone» d'Alcools. Il explique aussi la connaissance que le poète a de la poésie coréenne par la lecture de la même revue des années 1896-18971.

Hormis cette revue, on ne sait pas encore comment Apollinaire a trouvé des informations sur la Corée, mais il est certain que la Corée est un pays qui peut suffire à satisfaire sa grande curiosité pour un monde merveilleux. À l'époque, la Corée a commencé à se dévoiler aux Européens et à l'Occident, après une longue fermeture sur l'extérieur, et quelques récits et journaux des premiers voyageurs-diplomates sur cette péninsule nouvelle étaient déjà parus, aux alentours des années 1900. Parmi ces publications, on ne peut négliger le livre d'Emile Bourdaret, En Corée, paru en 1904 à Paris chez Pion, si l'on considère la description par Apollinaire du pays, bien qu'il ne soit pas sûr que le poète l'ait lu.

Chez Apollinaire, à part une simple remarque sur le nom de «Séoul» parmi d'autres villes du monde, dans «Le Poète assassiné»2, le poète énumère et juxtapose, d'une manière «cubiste» à la façon d'un collage, des images coréennes sur les coutumes, une légende, le système social, la nature et la vie familiale. Il valorise et sublime ces détails en morceaux, dans sa poétique, pour le mer­veilleux d'une nouvelle esthétique, pour une surprise, dans «Le Roi-Lune»3 , si bien qu'il ouvre la scène en dépeignant le geste étrange du héros :
L'inconnu écouta un moment avec attention ces rumeurs. Tout à coup il se leva, et, faisant un geste à la fois efféminé et théâtral, la main droite étendue, la gauche sur son cœur, tandis que des sites oraux s'avançait le cortège, il s'écria :

«Royaume ermite! ô pays du Matin Calme! [...] [Pr I, 314.]
Pour nommer la Corée, le poète utilise la dénomination généralement admise à l'époque, de «royaume ermite» et de «pays du Matin calme» : le premier dû à son isolement volontaire et complet du reste du monde, et le second à la traduction de Djo-son (ou Tchösen) — «la terre du calme matinal» —, due à un nommé Tan-gun il y a cinq mille ans environ. Emile Bourdaret commence son livre par ces lignes qui semblent propres, peut-on dire, à l'intention poétique d'Apollinaire sur un petit pays presque ignoré de l'Occident :

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La Corée est certainement un des pays d'Extrême-Orient les moins connus, pour la bonne raison qu'elle a été peu visitée. Longtemps on la considéra comme une terre mystérieuse d'un difficile accès et peu sûre pour les visiteurs européens. Cette petite presqu'île isolée déjà par sa position lointaine dans les mers de Chine a augmenté encore son isolement en obser­vant un parti pris volontaire de se faire oublier du reste de l'univers. Elle a été bien déjouée dans ses calculs, puisque aujourd'hui l'univers a les yeux sur elle, et que la politique de l'Extrême-Orient gravite autour du royaume «ermite», comme on l'a appelé. Ses habitants lui ont, en outre, donné le nom gracieux de «Pays de la Fraîcheur matinale». [En Corée, p. 1.]
Apollinaire décrit des réalités partielles concernant les habitudes du peuple coréen.

D'abord, — fait mystérieux et étrange — la description s'accomplit par le moyen d'une machine, Apollinaire note les chants des bonzes, dont il ne comprend pas le sens, il les entend comme un murmure, toutes les réalités décrites par le poète sont en rapport avec l'ouïe.
[...] l'aube pointe à peine sur ton territoire et déjà de tes couvents montent les prières dont cet appareil précis m'apporte le murmure.
Il s'agit d'un rite des moines bouddhistes de Corée qui. dès l'aube, ac­compagnent une prière en frappant sur un petit gong de bois. C'est la méditation, suivie par la lecture des livres sacrés du bouddhisme ou la récitation des leçons de Bouddha. Cette prière matinale est effectuée dans toutes les bonzeries enfouies dans la verdure des collines ou au fond d'une étroite vallée.

Apollinaire raconte aussi une situation de la vie quotidienne dont le sens n'est pas précis : «l'orage des aumônes pleuvant parmi les bousculades des pauvres gens». Cependant, si on regarde cet épisode comme la manifestation d'un don charitable fait aux pauvres, on peut présumer soit que les bonzes, en récitant des phrases bouddhiques accompagnées du gong de bois, sollicitent la charité pour Bouddha, soit qu'un groupe de mendiants qui veulent de la nourriture quêtent à la porte de chaque maison, en chantant leur chanson pitoyable ou satirique avec une danse burlesque.

Apollinaire connaît l'organisation sociale de la Corée à l'époque des Li (1392-1910), dont les principes de gouvernement étaient inspirés du confucianisme plutôt que du bouddhisme. La société est divisée généralement en deux classes hiérarchisées : le noble et le commun, celui-ci devait obéir à celui-là. La société de cette époque était confiée aux nobles, l'«Yang-ban» ce qui qualifie deux noblesses : noblesse de lettre et celle d'épée, c'est-à-dire le lettré et le militaire. Ces deux classes sont considérées comme deux pôles équilibrés dirigeant un gouvernement dynastique, mais, en réalité, le lettré avait la priorité pratique sur le militaire.

Des livres sur la Corée montrent des images de l'«Yang-ban» sous les aspects d'un comportement bizarre et d'un système mystérieux de caste. Emile Bourdaret dit à deux reprises que «l'instabilité de ce couvre-chef trop léger et haut perché explique, en partie, la démarche lente, mesurée des «yang-banes» que rien ne saurait émouvoir quand ils vont à pas comptés, les pieds en dehors, à travers les rues, suivis par un ou plusieurs domestiques à quelques pas d'in­tervalle» (ibid., pp. 45-6) et, plus loin, «Ici, ce vêtement convient parfaitement à cette légion de fonctionnaires, de «yang-banes» méticuleux, que des domestiques entourent pour les aider aux passages difficiles, pour porter leur pipe quand ils ne daignent plus fumer (ibid., p. 51).» Apollinaire relève, à son tour dans «Le Roi-Lune», le passage superbe d'un «Yang-ban», avec un beau décor : des chevaux, la voiture, les drapeaux, les vêtements, suivi par un défilé de

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personnes : «J'entends aussi un cortège, il suit ion beau seigneur, l'Yang Ban magnifique sur sa selle».

En dehors de cette description dont la source n'est pas certaine, Apollinaire mentionne d'autres réalités coréennes dont cm trouve détaillée l'origine de l'in­formation chez Emile Bourdaret.

Apollinaire manifeste sa connaissance du costume du peuple coréen, qui est en «papier huilé» : «J'entends le bruissement des vestes en papier huilé des gens du peuple». En fait, l'usage du papier n'était pas courant pour les vêtements coréens, mais limité aux vestes imperméables. La remarque apollinarienne sur l'usage du papier pour le vêtement ne serait pas justifiée sans la description d'Emile Bourdaret, tenant compte des usages divers du papier dans la vie coréenne; Apollinaire évoque toujours les sons, ici c'est le bruit provoqué par cet imperméable.

La plupart des livres publiés à l'époque ne signalent, pour les aspects de la mode coréenne, que la couleur blanche du vêtement, couleur immaculée comme symbole de la Corée, relevant que le Coréen est un peuple de profonde foi religieuse, d'un caractère pur et attaché à la paix; le blanc était la couleur des cérémonies religieuses.

À la différence de ces livres, Emile Bourdaret — et c'est un cas quasiment exceptionnel — parle du vêtement coréen en papier huilé, et surtout de l'im­portance du papier dans la vie du Coréen.
Quand il pleut, pour protéger son chapeau de crin, le Coréen ajuste, par-dessus, un cône de papier huilé, qui a exactement la forme d'un filtre, se replie et se glisse dans la poche lorsqu'il fait beau temps. La robe est garantie par un vaste manteau également en papier huilé, et rien n'est plus surprenant que cette superposition d'habits d'un nouveau genre, dans lesquels se promè­nent, étrangement engoncés, les graves citadins qui ne circulent pas en chaise.

Il me faudrait tout un chapitre pour raconter la fabrication de ce fameux papier coréen, fort résistant, indéchirable, et ses nombreux usages. [...] Bref le papier et la paille ont des usages innombrables en Corée. (Ibid., pp. 51-2.)
L'autre remarque qu'Apollinaire a faite est une fameuse légende qui concerne une grande cloche : «Je t'entends aussi, cloche de bronze de Séoul. Dans ta voix on distingue la plainte d'un enfant». Pour cette légende, le poète s'appuie bien entendu sur sa lecture, mais sa connaissance de l'anecdote n'est pas correcte.

D'abord, cette cloche s'appelle «Cloche Hei-mi-lei» (trésor national, n° 29); pour la faire on a utilisé, comme matériau joint au bronze, un enfant, si bien que le son de la cloche ressemble au pleur de l'enfant «Hei-mi-lei» ce qui veut dire «la faute de ma mère». Cette cloche, la plus grande de Corée, installée le 14 décembre 770, période du royaume de Sin-la, pour faire l'éloge du mérite et de la charité du défunt Roi Sung-Duk, est très connue pour sa sonorité vraiment claire, limpide et, en même temps, puissante. Cet éclat ressemble, dit-on, à la voix de Bouddha. Sa beauté idéale montre l'âge d'or de l'esthétique du royaume. Pour cette raison, on l'appelle «Cloche divine». On l'a mise d'abord au temple Bong-Duk, puis au temple Young-Myo en 1460 et finalement au Musée de Kyung-Joo en 1915.

Cette cloche n'a jamais été mise à Séoul, donc elle n'est pas la cloche de Séoul, mais de Kyung-Joo, ancienne capitale du royaume de Sin-la, c'est-à-dire la capitale de la province.

On peut examiner l'origine du nom «Séoul». Séoul était le nom de la capitale de Sin-la, Kyung-Joo dont l'ancien nom était Seo-Ra-Bul. Le nom de Séoul est dérivé de cet ancien nom à la dynastie des Li, il signifie improprement la capitale. À l'époque de cette dynastie la capitale était la ville de Han-Yang, devenue la Séoul actuelle3 . On ne peut vérifier Si Apollinaire a confondu Kyung-

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Joo avec Hang-Yang, en raison de ce que le nom de Séoul est historiquement mêlé à ces deux villes.

Cependant, c'est Emile Bourdaret qui adopte la légende de la «Cloche Hei-mi-lei» de Kyung-Joojïour parler d'une autre cloche de Séoul qui se trouve au centre, à Tchong-no. A propos de celle-ci, l'auteur a commis une faute en mélangeant les légendes sans distinguer l'une de l'autre; on peut supposer que, comme l'information provient d'une rumeur, l'impression de choc est bien plus stimulante que le fait historique.

Emile Bourdaret poursuit son récit :
Le car poursuivant sa course nous amène à Tchong-no, le centre de la ville, et le pont de croisement pour la route du sud. La baraque du contrôleur a pour vis-à-vis la «grosse cloche» en cage, un des personnages importants du pays dont je parlerai plus tard (Ibid, pp. 44-5).
Puis il raconte une anecdote concernant la cloche. Nous citons ce long récit :
Dans ce même quartier de Tchong-no, se trouve la «Grosse Cloche». autre monument célèbre, entouré des bazars. [...]

Mais je reviens à la grosse cloche, installée là sur ce carrefour, dans une cage de bois rouge surmontée d'un toit à la chinoise, par Tal-tjo, le fondateur de la présente dynastie, et qui par conséquent depuis cinq siècles fait entendre sa grande voix aux habitants de Séoul.

Elle mesure environ deux mètres vingt de diamètre à la base et trois mètres de hauteur jusqu'à un dragon magnifique qui la surmonte, et à travers les anneaux duquel passe la chaîne de suspension enroulée sur une grosse poutre. La cloche se trouve suspendue à quarante centimètres au-dessus du sol. On la frappe, à midi et à minuit, avec une poutre en bois supportée par des chaînes attachées à la charpente de l'abri. Ce dernier est un simple hangar de petites dimensions où, en outre de la cloche, gîtent de nombreux moineaux, sans parler des araignées. L'histoire de cette grosse cloche est intéressante parce qu'elle se rattache à la fondation de Séoul. Une cloche de petite dimen­sion ayant été trouvée pendant les travaux de construction de la muraille de l'est, Tai-tjo décida d'en faire faire une reproduction en grand, et de la placer au centre de la ville, à Tchong-no, non seulement pour avertir les hommes qu'ils devaient regagner leur maison et leur lit, tandis que les femmes pou­vaient alors sortir librement dans la cité (coutume abolie depuis 1895), mais encore pour perpétuer le souvenir de son règne, et rappeler pendant dix mille fois dix mille ans que Tai-tjo fut le premier, le grand roi de la dynastie Tcho-sen.
Les magistrats dans les districts reçurent l'ordre de percevoir un impôt spécial sur tous les habitants, hommes et femmes, afin de couvrir les frais de la fonte de ce grand travail. Pendant la collecte de cet impôt, il se trouva une maison dans laquelle l'homme préposé à cet office vit une pauvre femme avec un petit enfant de trois ou quatre ans. À sa demande, elle répondit : «Je n'ai que lui au monde; voulez-vous donc que je vous le donne?» Le collecteur se retira et raconta cet incident. Quand on eut recueilli l'argent nécessaire, on fondit la cloche avec tous les soins possibles, mais elle se fendit à l'air. On recommença. Elle se fendit encore. Finalement le roi offrit une grande ré­compense à celui qui pourrait couler la cloche sans accident. Quelqu'un s'offrit, mais à la condition que l'on rechercherait la femme qui n'ayant pu donner des sapèques avait proposé son enfant. On la trouva et elle dut donner son fils qui fut précipité dans le métal en fusion. Cette fois, l'opération eut un plein succès, la cloche fut terminée sans autres incidents et placée à Tchong-no. Mais les habitants disent que lorsqu'elle fait entendre sa voix profonde dans la cité

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silencieuse, on entend distinctement l'enfant crier : «He mi lei, He mi lei», ce qui veut dire : «C'est la faute de ma mère?». (Ibid, pp. 89-91.)
Cette légende, un peu falsifiée, est à moitié celle de la «Cloche Hei-mi-lei» et à moitié celle de la cloche de Tchong-no. Mais, au sujet de l'enfant qui reproche à sa mère son inconscience, à cause de laquelle la résonance de la cloche se répand en lamentations, c'est l'anecdote sûrement exacte de la cloche d'Hei-mi-lei, anecdote surprenante et triste pour tous ceux qui l'écoutent.

Apollinaire décrit une autre réalité coréenne perçue par l'ouïe. Ce sont les bruits provoqués par le travail ménager de la vie quotidienne des Coréennes : le repassage et le lavage.
Mais les rumeurs lointaines qui provenaient du triste royaume des ermitages me sollicitaient trop pour que je ne me laissasse point aller au charme qui m'arrivait de la terre des vêtements blancs et, écoutant attentive­ment les murmures de l'aube, il me sembla entendre le bruit des lavandières battant perpétuellement les linges et les costumes virginaux et les chocs incessants des bâtons remplaçant le fer à repasser, comme si c'était l'aube blanche elle-même qu'on lavait et qu'on repassait.
Apollinaire connaît bien les besognes domestiques de la Corée. Autrefois, les femmes coréennes s'occupaient des affaires familiales; de même que l'on appelle l'épouse personne de l'intérieur de la maison, l'époux est la personne de l'extérieur, c'est-à-dire de la société. La Corée avait l'habitude de composer une famille nombreuse dans un système de patriarcat. Comme plusieurs géné­rations habitaient ensemble, il y avait une hiérarchie. Surtout, à l'intérieur de la maison, une femme devait absolument obéir à sa belle-mère qui ordonnait toujours les travaux ménagers, et il était très dur de les poursuivre sans faute.

Pour le lavage et le repassage, on utilisait des bâtons spéciaux bien taillés. On faisait le lavage au bord d'un ruisseau près de la maison en frappant le linge à laver sur une grande pierre plate avec un bâton.

Le repassage avait plutôt lieu le soir et la nuit parce que le bruit du bâton était non seulement un signe de travail aux oreilles de la belle-mère, mais aussi une façon de chasser les malheurs. Donc, autrefois, toute la nuit on pouvait entendre partout le bruit du repassage.

Emile Bourdaret décrit en détail cette habitude traditionnelle des Coréennes.
La première nuit passée en Corée ne manque pas d'impressionner le voyageur, par le bruit étrange qu'il entend et qui semble sortir de terre ou de la maison voisine, puis s'éloigner sous un autre toit de chaume, puis revenir et éclater enfin partout à la fois. C'est un roulement d'abord lent, puis un galop sourd, infernal, un ra-pa-ta-pa-ta-pa-ta-pa-ta-pan prolongé, infini, qui cesse et recommence longtemps, et très tard dans la nuit, comme une gigantesque mécanique qui fonctionnerait partout à la fois.

Ce roulement rapide est produit tout simplement par les repasseuses. Elles préparent, à l'heure où tout le monde dort dans la maison, et sans que cela interrompe le sommeil de personne, les vêtements du mari et des enfants.

Le repassage se fait en frappant rapidement le linge sur une pierre plus ou moins cylindrique, avec deux bâtons parfaitement lisses de la forme de ceux des agents de police parisiens, et ce battage, auquel les femmes et les filles s'exercent dès le plus jeune âge, donne à l'étoffe l'apprêt et le glacé du neuf.

[...]

Pour laver un petit filet d'eau suffit, propre si cela se peut (et en voyant les canaux de la ville, on se rend compte que cela ne se peut pas toujours). Le lavage demande encore une pierre plate et une sorte de battoir moins large

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que celui de nos blanchisseuses enfin un baquet de bois pour empiler le linge lavé, sans savon bien entendu.

On entend chaque soir, chaque nuit, dans les rues de la capitale, comme on disait poétiquement au temps de Tai-tjo, résonner les quarante mille pierres des quarante mille maisons, avec une activité et un entrain dignes d'admiration. Les ménagères peuvent ainsi, pendant des heures entières, produire un roule­ment précipité des bâtons sans devenir folles, car cet exercice, qui s'acquiert par l'habitude, leur demande une infernale agilité du bras! Elles ne l'interrom­pent que pour déplacer la pièce d'étoffe, ou allaiter leur enfant. Celui-ci d'ailleurs n'est nullement réveillé par ce galop auquel il est habitué. (Ibid., pp. 39-40.)
Apollinaire connaît la Corée grâce à son abondante lecture, pour satisfaire sa curiosité des mondes inconnus. La figure rêvée et gravée dans l'imagination du poète, à travers les écrits sur ce pays très lointain, celui du Matin-Calme, serait reflétée dans les images impressionnistes. Par-dessus tout, aux alentours de 1910 quand il écrit «Le Roi-Lune», Apollinaire s'intéressait, avec ses amis précurseurs du Cubisme, aux pays exotiques et à leur art, l'exotisme est propre à provoquer la surprise.

Mais on ne sait pas l'origine de ses informations sur la Corée, sauf par la revue Journal asiatique comme nous l'avons dit plus haut et All the World qu'il signale dans son article intitulé «En Corée», paru dans La Démocratie sociale du 19 mars 1910 (Pr III, 443). Il ne faut pas négliger non plus que la description des affaires coréennes dans «Le Roi-Lune» a des rapports étroits avec l'ouvrage d'Emile Bourdaret : En Corée, et nous l'avons comparé à l'écrit d'Apollinaire. Plutôt que parier d'une réécriture ou d'une intertextualité, la corrélation entre les deux ouvrages peut être prise en compte, sous l'angle de l'esthétique de la surprise d'Apollinaire.

Pour sa poétique de l'inattendu, Apollinaire choisit d'abord l'ouïe - le plus mystérieux d'entre les cinq sens - et il en tire les éléments acoustiques de ses informations sur la Corée, toutes les scènes décrites par lui sont présentées dans un murmure. Par l'ouïe, il s'agit d'une sonorité potentielle qui se rapporte au visuel imaginé, mais d'une façon obscure.

C'est au même niveau de la poétique de l'inattendu, par la dissolution de la limite des sens, que l'on peut expliquer l'emprunt par le poète des choses acoustiques et la préférence des cubistes pour des instruments musicaux comme sujet de leurs natures mortes; est-ce peut-être que l'œil écoute et l'ouïe regarde?

Si Apollinaire s'est référé à l'ouvrage d'Emile Bourdaret, on peut se de­mander — bien qu'aucune relation n'ait encore été révélée — si l'art indigène coréen a joué un rôle dans la naissance du Cubisme, stimulé par la découverte de l'art aborigène nègre, art exotique. Cet art indigène coréen est représenté par le fétiche nommé Tchang-seung ou 0-bang-tchang-goun qui est l'esprit tutélaire des bourgs, des hameaux ou des vallées, et l'auteur montre bien le sens et la figure de ce fétiche avec son illustration 4.
Ces O-bang-tchang-goun sont les dieux tutélaires des villages. Ils détour­nent de ceux-ci les esprits errants et malins, qui rôdent aux alentours, dans les vallées. [...]

Placés [...] à l'entrée des villages et des vallées, ces fétiches sont souvent précédés d'une longue perche plantée en terre, et au sommet de laquelle est fixée une racine d'arbre grossièrement taillée en forme de canard. Cet oiseau est l'insigne des généraux. On leur offre des sacrifices au printemps et à l'automne. Ces images, appelées aussi Tsou'sari (rangées de soldats) sont grossièrement sculptées dans des poteaux en chêne ou en pin. Elles représen­tent des figures humaines monstrueuses, quelques-unes couvertes du chapeau de mandarin à ailettes. Des bras sont quelquefois rapportés et fixés sur les

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côtés du poteau, ainsi que le nez et les oreilles. Ils portent — en outre — en caractères sculptés ou écrits, la distance de la localisation du chef-lieu. Ils servent donc, en même temps, de poteaux indicateurs. Mais il faut les distin­guer des Tchang-seung qui sont — eux — réellement et spécialement des poteaux indicateurs sans caractère fétichiste, plantés isolément non en groupes, et qui sont identiques aux Tsou-sari. Ce sont des poteaux à face humaine que l'on trouve sur certaines routes de la Corée de dix en dix lis ou de cinq en cinq lis. Ils sont peints en rouge et en noir mais, — eux aussi — ne sont pas remplacés. Ils sont la survivance — ainsi que les précédents, — d'une époque de barbarie qui cède le pas rapidement devant les progrès actuels. (Ibid, pp.72-3.)
Si l'on jette un coup d'œil à la figure d'O-bang-tchang-goun, illustrant la page 72 du même ouvrage, on peut comprendre ses aspects presque semblables à ceux de l'art nègre, dont Apollinaire a loué la simplicité d'une esthétique allégorique ou poétique, comme il le signale dans un article de 1913 «La Sculpture d'aujourd'hui». C'est l'expression implicite de l'aspect externe et interne d'un objet naturel, vu par l'esprit comme la représentation «conceptuelle» d'une nature observée. Apollinaire considère la simplification comme une qualité es­sentielle pour se dégager du réalisme visuel. Dans l'article cité plus haut, le poète révèle la quintessence d'un nouveau réalisme, montrant l'art nègre comme quelque chose qui représente une puissante réalité, sans imiter la nature.
Quelques sculpteurs cependant se sont efforcés de sortir de cette simple imitation des formes connues. Ce sont les nègres d'Afrique et de la Polynésie. [...] Beaucoup de ces œuvres ne doivent pas grand-chose à l'imitation de la nature. Et quelquefois l'imitation de la nature est remplacée par quelque chose qui est véritablement le contraire de la nature. Les creux sont rendus par des reliefs, une forme ronde devient plate ou réciproquement. Le résultat est presque toujours chez ces artistes une puissante réalité. Le réalisme étant rarement l'expression directe de nos sens trop imparfaits. (Pr II, 595.)
Dans sa louange d'une technique représentative qui inverse la nature — pour cela, on cite souvent les yeux convexes du masque Grebo, collection Picasso —, le poète, ayant une vision cubiste, apprécie un autre réalisme plus parfait, représenté non par une imitation mais par une figure différente de la nature. Dans l'art coréen aussi, on voit une figure «cubiste», en taille directe et grossière, exprimée différemment des aspects naturels, surtout par les formes renversés des yeux.

Peut-être est-ce en lisant Emile Bourdaret qu'Apollinaire découvre l'art coréen dont le principe, à ses yeux, est commun avec l'esthétique de l'art nègre : l'art dans la vie du peuple au lieu d'un simple sens décoratif et la combinaison des lettres et de la figure.

Apollinaire résume, peut-on dire, sa poétique «cubiste» par l'effet de l'ouïe et la sensation exotique d'un pays merveilleux, inconnu, dans quelques phrases sur la Corée du «Roi-Lune».
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Par rapport à l'intérêt d'Apollinaire pour le pays du Matin calme, les études sur le poète en Corée ne sont pas abondantes.

Selon l'Appendice d'une thèse doctorale de Lee Mi-Hye : Histoire de la réception de la littérature française en Corée de 1896 à 1990, soutenue au mois de février 1992 à l'Université de Séoul dans le domaine de la pédagogie, le premier article sur Apollinaire est paru en octobre 1931 sous la plume de Lee

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Ha-Yun dans le journal Dong-A: «Guillaume Apollinaire, poète lyrique surréa­liste; la situation des poètes contemporains de la France»5 . Plus tard, en avril 1960, Pak Yi-Moon a écrit un article sur le poète dans la revue Se-Guye (traduite comme Le Monde) : «Le poème et l'amour d'Apollinaire — prince de l'esprit nouveau en France».

Après cette génération, les études sur Apollinaire sont ouvertes par Lee Jin-Sung, qui a soutenu une thèse sur Apollinaire à l'Université de Montpellier III en 1984 : L'Inspiration mythique et ésotérique dans «Alcools». Contribution à une étude de l'ésotérisme d'Apollinaire. Il publie un article dans Études de langue et de littérature françaises, édité par la «Société coréenne de langue et de littérature françaises»6 , n° 10, en 1975 : «Étude sur Alcools». Après cet article, il développe son intérêt pour Apollinaire, comme on le voit dans ses trois articles suivants : «Étude sur Alcools : rencontre avec les morts» dans Sciences humaines de l'Université de Yun-Sae, n° 51, en 1984; «L'Usage de l'oc­cultisme chez Apollinaire» dans Yun-Dae Non-Chow (le bulletin des études de l'Université de Yun-Sae), n° 21, en 1986; «Une Etude sur l'effet littéraire des mythes empruntés dans l'Univers» dans le même bulletin, n° 22, en 1986.

Comme autre apollinarien, on petit citer Hwang Hyun-San qui a soutenu un mémoire de maîtrise sur le poète, à l'Université de Ko-Ryu en février 1979, intitulé : La Fatalité parue dans les premiers poèmes d'Apollinaire : études d'«Alcools», et depuis cette date-là, il se consacre à des travaux sur le poète : par exemple, «Commentaire de "Palais" d'Apollinaire» en 1980 et «L'Équilibre entre le temps et la force des choses — le poétique dans "Les Fenêtres"» en 1982 dans le Journal de l'Université de Kyung-Nam, «Le Poète du destin et la sociologie du poète» dans Wol-Young Mun-Ri (Lettres et Sciences de Wol-Young), n° 1, en 1984; «La Poétique de "Zone" d'Apollinaire» dans ELLF, n° 21. 1986; «La Poétique des "Colchiques" d'Apollinaire » dans Sciences humaines de l'Université Kang-Won, n° 24, 1986. Son activité vouée à l'univers d'Apollinaire fructifie dans sa thèse, soutenue en février 1989 à l'Université de Ko-Ryu : Études sur «Alcools» de Guillaume Apollinaire, qui, en tant que première thèse de doctorat, sur le poète, en Corée, ouvre la voie à la recherche sur Apollinaire. Cette thèse est publiée sous le titre, inspiré, selon l'auteur, par quelques phrases du «Musicien de Saint-Merry», de L'Espoir sans visage : études sur «Alcools» d'A­pollinaire, dans les éditions Littérature et Intelligence à Séoul en 1990.

On trouve quelques articles de spécialistes de la poésie moderne française sur Apollinaire : « Étude sur Apollinaire» par Sim Ho-Taek, publiée dans Études de la civilisation étrangère de l'Université de Cho-Son, en 1983; «Le Baroque chez Apollinaire; Alcools» par Hélène Lebrun, parue dans ELLF, n° 18, 1981; «Explications structurales du Pont Mirabeau" d'Apollinaire» par Hwang Suk-Ja et «"Le Pont Mirabeau" et "Mai" de Guillaume Apollinaire» de Kang In-Ok dans ELLF, n° 20,1985; «L"'Esprit nouveau" d'Apollinaire : Ordre et Aventure» dans ELLF, n°32, 1996.

C'est dans les années quatre-vingts que les activités universitaires sur les études concernant Apollinaire sont plus poussées en Corée. Les étudiants de maîtrise qui s'intéressent à la poésie moderne choisissent Apollinaire comme sujet: La Poursuite poétique d'Apollinaire et la guerre de Kim Hye-Sung à l'U­niversité de Seong-Kyun-Kwan en 1984; Auto-exagération et auto-modération dans "Lu Chanson du Mal-Aimé" de Guillaume Apollinaire de Cho Won-Kyung à l'Université de Yung-Sac en 1986; Études sur le concept d'unité et son application :

autour du "Pont Mirabeau" et du "Déjeuner du matin" de Pak Jin-Suk à l'Université de Kun-Kook en 1987; La Poésie d'Apollinaire et l'image de la ville de Ko Bong-sun à l'Université féminine de Seong-Sim en 1987; La Poésie d'Apollinaire et le drame de son identité de Lee Kyu-Hyun à l'Université de Séoul en 1987; Étude sur le thème rhénan paru dans «Alcools» d'Apollinaire de Hong Mi-Na, à l'Université des langues étrangères de Corée, en 1988; La Mort et la renaissance dans «Alcools» d'Apollinaire : "Le Brasier" et "Les Fiançailles" de Kim Hyo-Rim

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à l'Université de Yun-Sae en 1990. Selon «The National Assembly Library» de Corée trois étudiants ont obtenu leur diplôme de maîtrise avec sujet sur Apollinaire depuis 1990 : L'expression plastique et le sens poétique des calli­grammes d'Apollinaire : autour de Poème-Peinture de Lee-Sil à l'Université des Filles d'I-Hwa en 1990; Études sur la temporalité chez Apollinaire — autour d'«Alcools» de Moon Ju-Hye à l'Université de Pu-San en 1992; L'Expérience de l'inquiétude et la réception esthétique dans «Alcools» de You Chi-Jung à l'Université de Séoul en 1994. On remarque plus particulièrement Lee Kyu-Hyun qui, après la maîtrise, a soutenu sa thèse sur le poète en août 1994 : Une étude sur l'imaginaire de Guillaume Apollinaire — Autour d '«Alcools» et de «Calligrammes» — deuxième thèse écrite en coréen — qui déploie la nouvelle vision apollinarienne en Corée, et, depuis ce temps-là, il continue ses recherches sur Apollinaire. On voit ses articles sur Apollinaire : «Un tremplin pour la lecture d'Apollinaire : le désir sexuel — autour d'Alcools» dans ELLF, n° 26, 1991; «Explication d'«Onirocritique» et le récit d'Apollinaire» et «Étude sur le temps dans la poésie d'Apollinaire » dans ELLF, n° 31, 1995.
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On peut citer quelques traductions de poésies d'Apollinaire en coréen.

La première faite par Song Jae-Young en 1975, révisée en 1994, et publiée, avec comme titre : Le Pont Mirabeau, chez Min-Eum-Sa à Séoul dans la collection «Le Choix des poètes du monde», n° 5. Cette édition est composée des extraits de trente-cinq poèmes d'Apollinaire avec la version française en regard. Elle a été pendant longtemps l'unique version en coréen comme la monographie de la poésie d'Apollinaire.

La deuxième est de An Min-Jae : Sous le pont Mirabeau coule la Seine — extraits de trente poèmes d'Apollinaire dans une comparaison avec la version originale. Elle fut publiée par les éditions Tae-Hak-Dang à Séoul en 1993 dans la collection : «Les Poèmes d'un livre», n° 18. Dans le cas de quelques poèmes de Calligrammes, cette édition ne garde la forme idéogrammatique ni pour la traduction ni pour la version originale.

La troisième, qui est la plus récente, a été éditée par Lee Kyu-Hyun chez Sol, à Séoul, en 1995. sous le titre Alcools (Coll. «Le Choix des poètes du monde», n° 17). Cette édition comporte Vitam impendere amori et des extraits des recueils d'Apollinaire : six du Bestiaire («Orphée», «Le Lapine «L'Éléphant», «La Chenille», «Le Poulpe» et «Le Bœuf», douze grandes poésies d'Alcools comme «Zone», «Le Pont Mirabeau», «La Chanson du mal-aimé», etc. et treize des plus importantes des Calligrammes avec des poèmes idéogrammatiques : ainsi «Les Fenêtres», «Paysage», «La Cravate et la montre», «Cœur couronne et miroir», «La Jolie rousse», etc. La version française accompagne tous ces poèmes. Dans le cas de quelques poèmes idéogrammatiques, la version originale est montrée sans sa présentation première.

Pour la critique consacrée à Apollinaire, on fait face à une extrême pénurie, même si on compte les deux thèses, citées plus haut. On voit les deux livres de Hwang Hyun-San : l'un est l'édition de sa thèse sous le titre L'Espoir sans visage : études sur «Alcools» d'Apollinaire, et l'autre, une sorte de vue schématique d'Alcools : Apollinaire : l'univers poétique d'«Alcools», paru chez Presse uni­versitaire de Kun-Gook, en 1996, dans la collection, «La Compréhension et l'appréciation de la littérature», n° 085.

Comme, en Corée, Apollinaire est connu en tant que poète, les études sur lui se sont limitées, jusqu'à maintenant, à la poésie et on traite, en général, des sujets de son univers poétique, ainsi que des thèmes des grands poèmes; on n'oublie pourtant pas l'Esprit nouveau et la force surréaliste du poète.

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Cependant, depuis quelques années, les apollinariens coréens commencent à voir d'autres aspects d'Apollinaire. Ils cherchent, d'un côté, à regarder les œuvres du poète dans une vision coréenne, orientale, sous divers angles d'étude, et, de l'autre, à faire connaître ses œuvres au public en en préparant progres­sivement la traduction.
1. Cf. Michel Décaudin, Le Dossier d'«Alcools», p. 15, et aussi Journal intime d'Apollinaire. — L'article sur la poésie coréenne que le poète a lu est celui de Maurice Courant : «La Complainte mimée et le ballet en Corée» dans Journal asiatique, juillet-décembre 1897.

2. Dans une note du chapitre VII. «Accouchement» du «Poète assassiné», Apollinaire signale Séoul parmi «les 123 villes dans 7 pays sur 4 continents» qui se vantent, chacune, de la naissance de Croniamantal. (Voir Pr II, 242.)

3. Emile Bourdaret remarque que «Ce nom [Séoul] est employé impro­prement pour désigner Hane-Yang car il signifie simplement "la capitale"». Ibid, p. 37, note (1).

4. Donald E. Gordon cherche la relation entre un tableau d'Emile Noide de 1912 : Le Missionnaire et la «Divinité des bords de route», Corée. (Bois peint), collection Museum für Völkerkunde, Berlin, en citant Nolde qui «attachait une grande valeur à l'art tribal parce qu'il le trouvait "simple", parce qu'il exprimait "énergie" et "vie"». (Cf. Donald E. Gordon, «L'Expressionnisme al­lemand» dans Le Primitivisme dans l'art du 20e siècle, Les artistes modernes devant l'art tribal, sous la direction de William Rucin, Paris, Flammarion, 1987, p. 383).

5. La plupart des titres sont traduits en français par nous, quand ils ne sont publiés qu'en coréen.

6. Nous utiliserons l'abréviation ELLF pour ces Études.

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O-bang-tchang-goun




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