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l’année du jubilé » (‘’Enfer’’, XVIII) où, au printemps, il sembla se réveiller d'un long sommeiI spirituel, ce jubilé universel proclamé par le pape Boniface VIII lui ayant permis de triompher dans sa double splendeur temporelle et spirituelle. Le microcosme poétique qu’est ‘’La divine comédie’’ étant à l'image du macrocosme, de même que Dieu a créé son univers en sept jours au printemps, de même le voyage de Dante se déroule en sept jours, au printemps. Aussi la chronologie est-elle nette : la quête débute le vendredi saint du 8 avril 1300 ; l’entrée au purgatoire a lieu le dimanche de Pâques à l’aube ; la montée de Dante et de Béatrice commence le jeudi de Pâques ; la quête s'achève par la découverte de Dieu, hors du temps et de l'espace. Le souci de Dante de bien marquer l’écoulement du temps le conduisit à des précisions du genre de celle-ci : « Avant que janvier de l’hiver ne déborde / Par l'effet du centième oublié » (‘’Paradis’’, XXVII) qui s’explique par les treize minutes (à peu près la centième partie d'un jour) négligées par Jules César, dans la réforme du calendrier qui fixa l'année à 365 jours et six heures, ce qui finit, au XVIe siècle, par l'accumulation séculaire de ces treize minutes par produire un décalage tel que le pape Grégoire XIII jugea bon d'y mettre fin en réformant à nouveau le calendrier.
Le poète écrit à la première personne, est entièrement présent dans son poème, ne s'efface jamais derrière l'inépuisable flux de ce qu'il évoque ou enseigne, dialogue avec ceux qu’il rencontre, est sans cesse impliqué dans leurs passions. Parfois même, il s’adresse à son lecteur : « Ô lecteur, je te jure » (‘’Enfer’’, XVI) - « Ô mon lecteur, écoute un joli tour » (‘’Enfer’’, XXII) - « Ô mon lecteur, si tu es lent à croire / Ce que je vais conter, ce ne sera merveille : / Moi qui l’ai vu, je ne l’admets qu’à peine. » (‘’Enfer’’, XXV) - « Ô mon lecteur » (‘‘Purgatoire’’, XVII) - « Si je pouvais, lecteur, m'étendre davantage » (‘’Purgatoire’’, XXXIII) - « Vous qui, montés sur une barque frêle, / Avez suivi, désireux de m’entendre, / Mon grand vaisseau qui s’éloigne en chantant, / Retournez, retournez pour revoir vos rivages, / Et ne vous risquez pas en haute mer ; peut-être / Qu’en me perdant vous resteriez perdus. » (‘’Paradis’’, II) - « Maintenant, si tu veux un plaisir qui surpasse / Ta peine, ô mon lecteur, reste assis sur ton banc / À songer par toi-même à ce qu'ici j'effleure. / Je t'ai servi : mange à présent tout seul. » (‘’Paradis’’, X) - « Imagine, lecteur, si tu veux bien comprendre / Ce que je vis – et, dure comme un roc, / Tant que je parle, en toi conserves-en l’image - […] Imagine […] Peins-toi […] Vois-les tous […] Et tu auras à peu près une image…» (‘’Paradis’’, XIII). Et chacun des lecteurs, selon la capacité de son esprit et de son expérience, tant dans le domaine de la vie que de l'art, peut se saisir et se contempler dans l’image spirituelle qu’offre le poème de Dante.

Mais, s’il est le sujet de son poème, il n'en est pas la matière. Cette matière, c'est, cas unique dans la littérature de tous les temps, l'univers saisi dans sa totalité, de l'infime à l'incommensurable, du naturel le plus commun, voire le plus trivial, au surnaturel le moins imaginable. Cette matière, en un mot, c'est le tout. Le cours de cette grande oeuvre conjugue son destin personnel, élevé à un sens exemplaire qui le convertit en figure de la destinée du chrétien, et le chemin précédemment accompli par toute la « famille humaine ». Cette perspective diachronique, remontant de l'actualité la plus brûlante jusqu'aux origines des sociétés, s'ouvre auprès du témoignage synchronique de l'immuable vouloir divin. ‘’La divine comédie’’ que son sujet essentiel semblait cependant devoir nécessairement écarter des choses de la Terre, est soulevée jusqu'au bout d’un frémissement humain. C’est le poème de la vie intime de l'être tendant vers l'Être ; c'est aussi le poème de l'univers dans lequel tout ce qui existe tend, par le seul fait d'exister, tout naturellement vers Dieu, partout présent comme cause finale.

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Intérêt littéraire
‘’La divine comédie’’ est à la fois une puissante épopée, un exposé didactique scientifique, moral, politique ou religieux où s’expriment les nuances les plus subtiles et les concepts les plus ardus, et un grandiose poème sacré qui atteint, surtout dans ‘’Le paradis’’, les extrêmes frontières, signifiées avec une extraordinaire force d'évidence poétique, de l'exprimable et du concevable. Mais la vision de Dante se revêt d'un inoubliable relief car elle est traduite dans un langage concret et intensément figuratif.
On a vu qu’il avait appelé son poème une « comédie » du fait de l’adoption de la langue italienne (dont il est considéré comme le fondateur, ayant fondu l’italien dit vulgaire et des emprunts à plusieurs dialectes) et d’un style « moyen » (ni trivial ni héroïque) pour toucher le public le plus large possible (ce « messire Martin » et cette « madame Berthe » qu’il évoque au chant XIII du ‘’Paradis’’ et qui étaient des noms propres vulgaires dont on usait couramment pour désigner une personne quelconque, comme nous disons Dupont, Durand ou même Tartempion).

Cette langue est évidemment archaïque, et ce caractère a bien été respecté par Henri Longnon dans sa traduction (éditions Garnier frères, 1938) qui est le texte ici examiné.

On trouve donc ainsi des mots tels que :

- « advenir » : « À qui mal en advienne ! » (‘’Enfer’’, XXVII).

- « apostole » (‘’Paradis’’, XX) : « apôtre ».

- « s’atourner » : « Si je m’atourne ici, c’est afin de me plaire / Au miroir » (‘’Purgatoire’’, XXVII).

- « aubain » : « Une âme qui vécut aubaine en Italie » (‘’Purgatoire’’, XIII) : les aubains étaient, dans un pays donné, les étrangers qui y étaient admis à vivre sans toutefois avoir reçu leurs lettres de naturalisation.

- « barathre » : mot latin qui veut dire « abîme », « caverne » (‘’Enfer’’, XI).

- « brasse » (‘’Enfer’’, XXXI) : mesure de longueur (un peu plus d’un mètre).

- « carole » (‘’Paradis’’, VIII - ‘’Paradis’’, XXIV - ‘’Paradis’’, XXV) : vieux mot français qui désigne une danse, et particulièrement une ronde ou une farandole.

- « chefs » (‘’Enfer’’, XXXII) : « tête ».

- « choir » : « au gouffre tu cherras » (‘’Paradis’’, XVII).

- « clercs » : membres du clergé : « cette gent des clercs » (‘’Paradis’’, XVI).

- « se conjouir » : « se réjouir » : « Raab se conjouit en elle » (‘’Paradis’’, IX). 

- « confès » : qui s’est confessé (‘’Enfer’’, XXVII).

- « cosser » : se battre (‘’Enfer’’, XXXII).

- « coule » (‘’Paradis’’, XXII) : ample robe des moines.

- « courée » : « entrailles » (‘’Enfer’’, XXVIII)

- « dam » : « condamnation » : « son dam éternel » (‘’Enfer’’, XV).

- « demi-tierce » (‘’Enfer’’, XXXIV) : « prime » étant six heures du matin ou du soir et « tierce » neuf heures, « demi-tierce » équivalait à sept heures et demie.

- « dol » : « douleur » (‘’Enfer’’, II, XI) ; « dolent » : Dité, «la cité dolente».

- « empan » : mesure de longueur (près d’un mètre) : « trente grands empans » (‘’Enfer’’, XXXI) font donc près de vingt-sept mètres. Mais toutes les mesures que Dante énumère n'avaient pour objet que d'exciter l'imagination du lecteur.

- « enceindre » : « ceindre » : « dans son orbe une autre l’enceignait » (‘’Paradis’’, XII)

- « ensuivre » : « suivre » : « pour ensuivre et science et vertu » (‘’Enfer’’, XXVI).

- « forbanni » : « banni au loin» , « exilé » (‘’Enfer’’, XXVIII).

- « forligner » : « trahir » : « Celui qui l'occupe mais forligne » (‘’Paradis’’, XII).

- «gent » : « une gent honorable » (‘’Enfer’’, IV) - « la gent philosophique » (‘’Enfer’’, IV)  - (‘’Enfer’’, XVII, XX)  - « toute la gent méchante » (‘’Purgatoire’’, I) - « cette gent des clercs » (‘’Paradis’’, XVI) - « une gent méchante et abusée » (‘’Paradis’’, XXII).

- « gent d’arme » : « soldat » (‘’Enfer’’, XXVII).

- « geste » : « action » : « Où Charles l’empereur perdit sa sainte geste » (‘’Enfer’’, XXXI).

- « gorgière » : « gorge » : « À qui Florence a coupé la gorgière » (‘’Enfer’’, XXXII).

- « hoirie » (‘’Purgatoire’’, VII) : « héritage ».

- « jouvenceau » (‘’Purgatoire’’, XV) : « jeune homme ».

- « malte » (‘’Paradis’’, IX) : « prison ».

- « moûtier » : « monastère » : « moûtier Saint-Benoît […] Qui devait contenir mille religieux» (‘’Enfer’’, XVI).

- « mue » (‘’Enfer’’, XXXIII) : cage où l’on mettait à « muer » les oiseaux de proie qu’on dressait pour la chasse.

- « muser » : « musarder » : « Mais qui es-tu, à muser sur ce roc » (‘’Enfer’’, XVIII).

- « nef » (‘’Enfer’’, XXI) : bateau.

- « nocher » : « passeur » : Charon est le « vieux nocher du livide marais » (‘’Enfer’’, III).

- « noise » : « querelle » : « Là où des gens sont en pareille noise » (‘’Enfer’’, XXX).

- « occire » : « tuer » : « celle-là qui s’occit, amoureuse » (‘’Enfer’’, V) - « occire un jouvenceau » (‘’Purgatoire’’, XV) - « Occira la rapace » (‘’Purgatoire’’, XXXIII).

- « ouïr » (verbe)  : « j’oyais » (‘’Enfer’’, XIII) - « ouïr » (nom) : « au seul ouïr du doux nom de sa ville » (‘’Purgatoire’’, VI).

- « parfaire » : « compléter » : « Quand nous avons parfait la route douloureuse » (‘’Enfer’’, XVIII).

- « parlement » : « discussion » : « Ce traître les fera venir à parlement » (‘’Enfer’’, XVIII).

- « pertuis » : « trou » : « Un pertuis resserré, dans cette horrible mue » (‘’Enfer’’, XXXIII).

- « poindre » : « blesser » : « L’équitable rigueur qui me point et tourmente» (‘’Enfer’’, XXX) - « L’heure qui point d’amour le nouveau pèlerin » (‘’Purgatoire’’, VIII) – « le trait poignant » de l’arc (‘’Paradis’’, XVII).

- « quarte » : « quatrième » : Mais, à la quarte fois, la poupe se dressa » (‘’Enfer’’, XVI).

- « ribaud » : « débauché » : « Ma mère fit de moi le valet d’un seigneur ; / Elle m’avait engendré d’un ribaud » (‘’Enfer’’, XXII). 

- « seoir » : « être assis » : « La ville où je suis née se sied sur la marine / Là où descend le Pô, pour y faire sa paix / Avec les eaux qui l’y ont poursuivi » (‘’Enfer’’, V) - « Là où seyait cette gent affligée » (‘’Enfer’’, XVII) – « J’en vis deux qui seyaient l’un à l’autre adossés » (‘’Enfer’’, XXIX) – « ce roi qui sied là-bas tout seul » (‘’Purgatoire’’, VII) - « Elle y sied tout le jour » (‘’Purgatoire’’, XVII).

- « serf » : « esclave » : « la serve Italie » (‘’Enfer’’, XXI).

- « soulas » (‘’Purgatoire’’, XXIII) : « réconfort ».

- « tierce » (‘’Purgatoire’’, XV) : troisième.

- « vautre » (‘’Enfer’’, I) : chien ardent et râblé employé spécialement à la chasse des sangliers et des loups.

- « vêpre » : « soir » : « il était vêpre » (‘’Purgatoire’’, XV).

- « vergogne » : « honte » : « N’eut enlevé toute honte et vergogne » (‘’Purgatoire’’, XX).

- « vilain » (‘’Purgatoire’’, VI) : « paysan » : « Se prend pour Marcellus / Chaque vilain qui se fait partisan » - «  vilaine» (‘’Enfer’’, XXXII).

- « volte » (‘’Paradis’’, XII) : un tour complet - « volter » : faire un tour complet : « volta » (‘’Enfer’’, XIII).
Dante multiplia les innovations linguistiques. Où manquait le mot, il le façonna, il créa d’audacieux néologismes :

- « emparadiser » : « La dame qui m’emparadise l’âme » (‘’Paradis’’, XXVIII).

- « encieller » : « Une parfaite vie, un grand mérite enciellent / Une dame plus haut » (’’Paradis’’, III).

- « transhumaner » (‘’Paradis’’, I), terme qui signifie sortir de la condition humaine, devenir plus qu'un être humain).

Il a ainsi légué des mots à la langue italienne dont il fut à la fois le premier grand artiste et, pour une large part, le fondateur en fait d'expression littéraire.

Il recourut aussi aux langues anciennes comme l’hébreu (« Raphel maï amèch zabi almi ! » [‘’Enfer’’, XXXI]), le latin (« Subsisto » [‘’Paradis’’, XXIX] : « Je suis », la « subsistance », en scolastique, étant le mode d'existence parfait des êtres qui sont par eux-mêmes et ne dépendent d'aucun autre, ce qui est le fait de la seule divinité).

Il ne craignit pas de mettre à profit des formes dialectales :

- « Papè, Satan, papè, Satan, aleppè ! » (‘’Enfer’’, VII) ;

- « sipa » (‘’Enfer’’, chant XVIII) : forme dialectale bolonaise pour « sia » qui veut dire « soit », « oui » ;

- « mo » et « issa » (‘’Enfer’’, XXIII), mots de l’ancien dialecte florentin qui tous deux voulaient dire « oui » ) ;

Il alla jusqu’à l’imitation de la langue parlée (« Quant à lui, de son cul il sonnait du clairon » [‘’Enfer’’, XXI]), et, dans les dialogues, la parole est rendue avec beaucoup de vivacité (ainsi, le dialogue animé entre « maître Adam » et un autre damné, Sinon, « le Grec de Troie » [‘’Enfer’’, XXX]).
Le poète déclara à Can Grande della Scala avoir voulu utiliser un rythme populaire : la « terza rima », ou tercet à rime enchaînée, empruntée au sirvente populaire et élaborée d'une façon artistique, sans que soit jamais entravé le pouvoir d'invention. La fin de la succession des ces tercets dans un chant est, chaque fois, marquée par un vers qui se détache seul, constituant une chute puissante ou énigmatique. Ces vers sont des hendécasyllabes, dont Dante avait indiqué dans ‘’De vulgari eloquentia’’ qu’il estimait qu’ils conviennent le mieux, eu égard aux possibilités qu'ils offrent à la pensée, à la construction des phrases et au choix du vocabulaire, qu’ils fixent non seulement le caractère et le type de la « construction» organique de la phrase, dans laquelle inclure la profondeur de la pensée et l'élégance de la forme, mais encore les critères à suivre dans le choix des mots. Ces hendécasyllabes sont coupés par une césure après tantôt la quatrième syllabe accentuée, tantôt la cinquième, tantôt la sixième. Henri Longnon, ayant tenu à faire non une paraphrase, mais une traduction aussi proche de l'original que possible, lui correspondant vers pour vers, prit le parti de rendre ces hendécasyllabes indifféremment en coupes de dix ou de douze syllabes, selon que le vers venait à l'appel de son modèle italien.
Dante, qui eut la conviction, maintes fois affirmée dans son poème, qu'en s'élevant d'un royaume à l'autre, il élevait chaque fois sa poésie par un dépassement de niveau qui la rendait digne d'une matière sans cesse plus « haute » et qu’il était le seul à faire connaître (« 
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