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Paradis’’, X).

- « À sentir plus de joie / En pratiquant le bien, un homme se rend compte / Que sa vertu de jour en jour progresse » (‘’Paradis’’, XVIII).
Dans de transcendantes dissertations, qui bien souvent rebutent le lecteur moderne, Dante alla jusqu'à mêler sa poésie de jargon philosophique : « Le monde contingent, qui pour vous se renferme / Aux feuillets successifs du livre de matière, / Se dépeint tout ensemble au regard éternel. » (‘’Paradis’’, XVII). On le voit user de mots tels que « quiddité » (‘’Paradis’’, XX, XXIV, terme scolastique qui désigne l’essence d’une chose, « quid sit », « ce qu’elle est ») et développer de véritables thèses, comme celle que saint Thomas déroule au chant XIII du ‘’Paradis’’ : « Ce qui ne périt pas et ce qui peut mourir / Ne sont tous deux que splendeur de l’idée / Que par amour engendre notre sire ; // Car la clarté vivante qui s’allume / A son principe, et qui ne se sépare / De lui, ni de l’amour qui fait un avec eux, // Par sa bonté rassemble ses rayons, / Comme dans un miroir, dans neuf chœurs de substances, / En demeurant éternellement une ; // Puis de là, d'acte en acte, aux dernières puissances / Elle descend et s'abaisse à tel point / Qu'elle ne produit plus que brèves contingences. // Ces contingences sont, - je les entends ainsi, - / Les êtres engendrés que, par son mouvement, / Le ciel procrée avec ou sans semence. // La cire qui les forme et le ciel qui l'empreint / Ne sont pas d'un seul mode ; et c’est pourquoi leur cire / Resplendit plus ou moins du signe de l'idée. // D'où s'ensuit-il que, selon son espèce, / Le même arbre produit du fruit plus ou moins bon, / Et qu'hommes, vous naissez avec divers génies. »
Enfin, Dante s’exalta dans la mystique  qui culmina dans ‘’Le paradis’’ où le monde surnaturel de la grâce et de la charité fut exprimé par des images d'espace, de lumière et d'harmonie. Cependant, l'enthousiasme sacré qui s'empara de lui à l'approche de la divinité s’exprima dans toute la spontanéité de ses impressions, sans rien sacrifier de toutes les richesses de l'expérience humaine, dans un lyrisme essentiellement humain qui réalisa progressivement en lui la présence divine, qui ne perdit jamais de vue qu'il était intimement et directement lié à ce but ultime qui est Dieu. Et cet enthousiasme n'exclut pas un contrôle ferme et vigoureux de l'expression, se traduisit par une précision et une transparence de style éblouissantes. Dans le moment même où il l’exprima dans la forme la plus achevée qui soit, iI ressentit que la plus belle partie de cette réalité demeurait encore au-delà de la parole concrète, et dépassa à jamais l'expression qu'iI lui donna.
Lyrique, Dante, joue de toutes les cordes de la lyre et de bien des figures de style.
Une poésie idyllique et presque féerique imprègne la description du paradis terrestre.
Au purgatoire, il s’épancha dans l’élégie, soit au lever du jour lors de l'arrivée de l'ange, nocher des âmes repenties, soit à la tombée de la nuit, lorsque, dans l'air silencieux et limpide de leur vallée de l'antipurgatoire, s'élevait la prière du soir des princes négligents.

Les effusions d’une poésie amoureuse animent la reconnaissance haletante, le dialogue passionné de tendresse humaine et spirituelle de Dante et de Béatrice. Et il se complut dans la célébration amoureuse : « Ô doux amour, qui t’enrobes de ris, / Que tu semblais ardent en ces hautbois, / Dont le souffle n’était que de saintes pensées ! » (‘’Paradis’’, XX)
Il recourut à l’hyperbole : « Si, maintenant, pour me venir en aide, / Toutes les voix que nourrit Polymnie, / Avec ses sœurs, de son lait le plus doux, // Se prenaient à sonner, ce chant du saint sourire / Qui donnait tant d’éclat au visage béni / N’atteindrait pas au millième du vrai » (‘’Paradis’’, XXIII) : si toutes les voix qu’inspire la muse de la poésie lyrique venaient aider Dante à chanter le sourire de Béatrice, leur chant n'atteindrait pas au millième du vrai.
Il utilisa des périphrases d’abord par respect pour les grandes figures du christianisme et pour donner du relief à l’expression.

Ainsi, il ne nomma pas le Christ en Enfer, le présentant plutôt comme « un seigneur que couronnait une ligne de victoire » (‘’Enfer’’, IV) ; il est encore « celui qui s'en punit lui-même » (‘’Purgatoire’’, XXXIII), s'étant incarné pour racheter la faute d'Adam ; il est enfin « un pur soleil qui les allumait tous », « la substance de flamme », c'est-à-dire l'être de feu, le feu en soi (‘’Paradis’’, XXIII).

Le griffon est « la bête / Qui, seule, réunit en soi les deux natures » (‘’Purgatoire’’, XXXI) parce qu’il est le symbole de l'Homme-Dieu.

Dieu est désigné plusieurs fois par un énigmatique « Quelqu'un» (‘’Enfer’’, XVI - ‘’Paradis’’, XVIII). Il est « le maître, quel qu'il fût » (‘’Enfer’’, XV), ce « maître de l'œuvre », comme on disait au Moyen Âge, le « sublime artisan » (‘’Enfer’’, III) . Il est « celui dont le compas traça / Les bornes de ce monde, et régla par dedans / Tout ce qu’on voit et tout ce qui se cache » (‘’Paradis’’, XIX). Il est aussi celui « devant lequel tous les temps sont présents » (‘’Paradis’’, XVII) car, pour lui, passé, présent et futur se confondent dans l'éternité ; « celui qui jamais ne vit chose nouvelle » (‘’Purgatoire’’, X) qui est « l'éternel roi» (‘’Purgatoire’’, XIX), « l'éternel jardinier » (‘’Paradis’’, XXVI), les plantes de son jardin étant les créatures humaines, « l'éternel amour » (‘’Paradis’’, XXIX). Il est encore « de tout mal l'adversaire » (‘’Enfer’, II), « la puissance ennemie » (‘’Enfer’’, VI, ennemie du péché), « celui dont le savoir domine toute chose », celui qui «  créa les cieux et leur donna des guides / Afin que leurs splendeurs, à tous, se répondissent, // Comme ayant en partage une lumière égale.» (‘’Enfer’’, VII), « cet infini, cet ineffable bien » (‘’Purgatoire’’, XV), « le bien qui les attire », « l'intelligence, où naisssent / Ta vie et ta vertu » (‘’Paradis’’, XVIII). Il est « le « miroir véridique / Qui reflète de tout une image accomplie, / Alors que rien ne le peut réfléchir » (‘’Paradis’’, XXVI) car il contient tous les êtres, au sein de qui, partant, toutes leurs pensées sont inscrites. Dante l’appelle aussi « Élyos » (‘’Paradis’’, XIV), qui veut dire Très-Haut et était, chez les Hébreux, l’un de ses noms qu’il confondit peut-être avec Hélios, nom grec du soleil. Il l’appelle aussi d’ailleurs « le suprême soleil » (‘’Paradis’’, XXIX), « le soleil qui les brûle » (‘’Paradis’’, XVIII), « le soleil de l’éternel printemps » (‘’Paradis’’, XXX). Il lui a aussi fort probablement forgé lui-même le nom de «  I » (‘’Paradis’’, XXVI), sans doute avec quelque sourde intention cabalistique, la lettre I désignant l'unité. Au tercet suivant, il le désigne sous l'appellation d'« El », qui est son nom habituel en langue hébraïque, où il signifie « fort », « puissant ».

La « triple lumière » d’«un astre unique » (‘’Paradis’’, XXXI) est la sainte trinité.

« Celle qui nous ouvrit l’accès du pur amour » (‘’Purgatoire’’, X) est la Vierge Marie, médiatrice des humains auprès de Dieu, qui est aussi « cette unique épouse / De l'Esprit Saint » (‘’Purgatoire’’, XX). Dante l’appelle aussi « Augusta » (‘’Paradis’’, XXXII) : comme c’était le titre qu'on donnait officiellement aux impératrices, il est naturel qu’il l’ait décerné à la Vierge.

« Celui qui apporta la palme » (‘’Paradis’’, XXXII) est l’ange Gabriel.

Saint Dominique est le « jardinier choisi par le Christ lui-même / Pour le servir et mettre en valeur son jardin ». Il « se mit aussitôt à travailler la vigne / Qui, sous un vigneron corrompu, dépérit. » (‘’Paradis’’, XII).

Virgile est « le chantre aux charmes bucoliques » (‘’Purgatoire’’, XXII).

Le « beau nid de Léda » (‘’Paradis’’, XXVII) est la constellation des Gémeaux, Castor et Pollux étant fils de Léda et de Jupiter.

« Le mont hors des mers le plus haut » (‘’Paradis’’, XXVI) est le paradis terrestre.

« Du soleil l'esclave lumineuse » (‘’Paradis’’, XXX) est l'aurore.

« L'ancêtre / Dont le goût trop hardi fit goûter à l’espèce / Humaine un fruit d’une amère saveur » (‘’Paradis’’, XXXII) est Adam.

« Le duc sous qui de manne subsista / Le peuple ingrat, revêche et décevant» (‘’Paradis’’, XXXII) est Moïse qui conduisit les Hébreux qui restèrent quarante ans dans le désert.

Jean-Baptiste est « celui-là qui voulut vivre seul / Et qu’une danse a conduit au martyre » (‘’Paradis’’, XVIII) car il fut la victime de la danse de Salomé.

« Le père vénérable / De sainte Église, aux mains duquel le Christ / A confié les clefs de cette belle fleur » (‘’Paradis’’, XXXII) est saint Pierre.

Saint Paul est « le grand vaisseau de l'Esprit Saint » (‘’Paradis’’, XXI).

Le pape est « le préfet du tribunal divin » (‘’Paradis’’, XXX).

Le soleil est « le flambeau de ce monde » (‘’Paradis’’, I), « l'auteur de toute existence mortelle » (‘’Paradis’’, XXII) car, au dire de l'astrologie, il préside à l'existence des mortels, et à la génération.

« Le feu qui s'échappe du nuage » (‘’Paradis’’, XIII) est la foudre qu'au temps de Dante on croyait être une part du feu céleste, enclose dans un nuage de vapeur d'eau.

« L'astre si beau qui d'aimer nous invite / Qui faisait déjà rire tout l’Orient, / En voilant les Poissons qui lui faisaient escorte » (‘’Purgatoire’’, I) est Vénus, l'étoile du matin, qui, à cette époque de l'année 1300, se trouvait dans le signe des Poissons.

L’empyrée est « le plus ardent des cieux » (‘’Paradis’’, I).

La vérité surnaturelle est « la sainte nourriture / Qui affame de soi ceux qu'elle en rassasie » (‘’Purgatoire’’, XXXI).

L'instinct naturel du bonheur est « l'arc / Qui vers un but heureux décoche droit ses flèches » (‘’Paradis’’, I).

La haute sagesse est « le pain des anges » (‘’Paradis’’, II), expression que Dante emprunta au livre des ‘’Proverbes’’.

La providence qui fait tout servir, même le péché, aux fins suprêmes qu'elle prépare à chaque individu, est le « pouvoir qui dispose et pourvoit » (‘’Paradis’’, IX).

« Le grand arrêt » (‘’Purgatoire’’, X) est le jugement dernier.

« La seconde mort » (‘’Enfer’’, I), selon l'’’Apocalypse’’ (XX, 14), est la damnation.

Lucifer est « celui-là qui fut créé plus beau qu'aucune créature » (‘’Purgatoire’’, XII), « le premier des superbes » (‘’Paradis’’, XIX), « l’empereur du douloureux royaume » (‘’Purgatoire’’, XII), « la méchante bête / Qui chut d’ici prend son plaisir, là-bas.  » (‘’Paradis’’, XXVII).

Le démon est « le vieux serpent » (‘’Purgatoire’’, VIII).

L’enfer est la « vallée douloureuse de l'abîme », « la vallée qui n'amende les fautes » (‘’Purgatoire’’, XXIV).

Saint Pierre, qui reçoit le titre de « baron » (‘’Paradis’’, XXIV) qu’au Moyen Âge on donnait aux apôtres, est suivi de « chevaliers » (‘’Paradis’’, IX) ; de même, les martyrs de Rome, et les âmes saintes aperçues au ciel de Jupiter sont les « chevaliers de ce ciel que j'admire » (‘’Paradis’’, XVIII), la cour des anges et celle des élus sont « les deux chevaleries » (‘’Paradis’’, XXX), tandis que saint Dominique est « un si grand paladin » (‘’Paradis’’, XII).

L’Église est « ce temple / Dont les murs sont martyres et miracles » (‘’Paradis’’, XVIII) car elle a été édifiée par les martyres et les miracles des premiers chrétiens. Mais, aujourd’hui, elle ôte « à chacun / Le pain que le Dieu bon ne refuse à personne » (‘’Paradis’’, XVIII), c'est-à-dire les sacrements enlevés par les armes de l'excommunication et de l'interdit, fulminés à tort et à travers. Le pape Boniface VIII est le « jardinier corrompu sous lequel dépérit la vigne de Dieu », c'est-à-dire, métaphore évangélique, l'Église (‘’Paradis’’, XII ; aussi ‘’Paradis’’, XVIII).

Les centaures sont « ces fils de la nue » (‘’Purgatoire’’, XXIV).

L’aigle romaine, emblème de l'Empire romain, et, partant, selon Dante, du droit, de la justice et de l'ordre civil conforme aux desseins de Dieu est « l'oiseau de Dieu » (‘’Paradis’’, VI).

Jules César est « celui qui fit trembler le monde entier » (‘’Paradis’’, XI).

L’aigle romaine est « le symbole marqué / De l'éternel vouloir » (‘’Paradis’’, XX).

La « serve Italie » est l’« auberge de la douleur », et Dante s’adresse à elle ainsi : « Navire sans nocher dans la grande tempête, / Reine des nations, tu n’es plus qu’un bordel !» (‘’Purgatoire’’, VI) ; cependant, elle est aussi « le beau pays où résonne le ‘’si’’ » (‘’Enfer’’, XXXIII), vers passé en proverbe, même en France, pour désigner l’Italie.

Rimini est « la ville […] sur la marine / Là où descend le Pô, pour y faire sa paix / Avec les eaux qui l’y ont poursuivi » (‘’Enfer’’, V).

Stace se dit « paré du nom qui dure et honore le plus » (‘’Purgatoire’’, XXI) : celui de poète.
La poésie de Dante se déploie dans de multiples et significatives comparaisons.

- Les âmes des lâches « se jettent du rivage […] Tout ainsi que la feuille, à l’automne, s’envole / L’une après l’autre, à tant que la ramure / À la terre ait rendu son entière dépouille » (‘’Enfer’’, III).

- Deux âmes viennent vers les voyageurs : « Ainsi que, du désir appelées, les colombes / À leur doux nid, d’une aile ouverte et plane, / Volent par l’air, tout ainsi ces deux âmes… » (‘’Enfer’’, V).

- Un « grand fracas » est « D’un son pareil au bruit que fait un vent / Impétueux, né de chaleurs contraires, / Qui frappe la forêt et, sans aucun répit, / En brise les rameaux, les abat, les emporte, / Puis s’en va devant soi, tout poudreux et superbe, / Et met en fuite et fauves et pasteurs. » (‘’Enfer’’, IX).

- « Comme l’on voit, devant la couleuvre ennemie, / Les grenouilles filer toutes à travers l’eau, / Tant que chacune à terre ait fait la cloche, / Je vis à ce moment plus de mille âmes folles / S’enfuir ainsi devant un survenant, / Qui à pieds secs allait passant le Styx. » (‘’Enfer’’, IX).

- « Nous fûmes surpris d’une rumeur croissante, / Comme l’est un veneur, qui entend vers son poste / Venir la chasse et le porc sanglier / Et le fracas des bêtes et des branches. » (‘’Enfer’’, XIII).

- « Ainsi que les Flamands, entre Wissant et Bruges, / De peur du flot qui sur eux se déchaîne, / Font un rempart pour repousser la mer ; / Comme les Padouans, le long de la Brenta, / En font pour protéger leurs châteaux et leurs villes, / Avant que les chaleurs n’éprouvent Chiarentane ; / De même sorte étaient dallées ces berges… » (‘’Enfer’’, XV).

- Des damnés « tournés vers nous, aiguisaient leurs yeux, / Comme le vieux tailleur au chas de son aiguille » (‘’Enfer’’, XV).

- « Jamais lierre ne fut cramponné à un arbre / Aussi étroitememtt que cette horrible bête / N’épousa de son corps les membres de cet homme. // Ils se soudaient, comme si tous deux fussent / De cire chaude, et mêlaient leurs couleurs : / Ce que chacun était, on ne le voyait plus. // C’est ainsi qu’en avant d’une flamme progresse / Sur le papier une teinte brunâtre : / Il n’est pas noir encor, cependant le blanc meurt.» (‘’Enfer’’, XV).

- « Comme un lézard qui, sous la grande ardeur / D’un jour caniculaire, en changeant de cépée, / Semble un éclair qui traverse la route, / Tel apparut, bondissant sur le ventre / Des deux autres pécheurs, un serpenteau de flamme, / Livide et noir ainsi qu’un grain de poivre. » (‘’Enfer’’, XV).

- « Le plus haut dard de cette flamme antique / En murmurant commença de vibrer, / Comme un flambeau que tourmente le vent  » (‘’Enfer’’, XVI). 

- « Une forme » […] allait tout ainsi qu’un homme qui remonte / Après avoir plongé pour dégager une ancre / Prise à un roc caché dans le fond de la mer » (‘’Enfer’’, XVI).

- « Comme un bateau, parfois, tiré sur le rivage, / Est à demi dans l’eau, à demi sur la grève : / De même que là-bas, chez les Teutons voraces / Le castor s’accroupit à guetter le poisson, / Ainsi la bête infecte se tenait / Sur le rebord pavé qui enserre le sable : / Tout entière sa queue se jouait dans le vide / Tordant en l’air la fourche venimeuse / De scorpion dont sa pointe s’armait. » (‘’Enfer’’, XVII).

- « Comme un dauphin qui, de l’arc de l’échine, / Fait signe aux mariniers que le temps est venu / De se mettre en devoir de sauver leur navire, // Ainsi, parfois, pour alléger sa peine, / L’un des pécheurs venait montrer le dos » (‘’Enfer’’, XXII).

- « Et, comme au bord d’un fossé rempli d’eau, / Se tiennent les gressets, le museau seul à l’air, / Mais les pattes cachées et le gros de leur corps, // Ainsi, de toutes parts, se tenaient les pécheurs. »  (‘’Enfer’’, XXII).

- « Un qui musait dehors, tout ainsi qu’il arrive / Qu’une grenouille baille, alors qu’une autre plonge. «  (‘’Enfer’’, XXII).

- « C’est tout ainsi que, soudain, le canard / Plonge sous l’eau , quand le faucon le presse, / Et le faucon revient , défait et courroucé. » (‘’Enfer’’, XXII).

- « Des rames nous faisons des ailes au vol fou » (‘’Enfer’’, XXVI).

- « Jamais tonneau, privé de sa barre ou de sa douve, / Ne fut crevé comme je vis une ombre / Du menton éventré jusques au trou qui pète » (‘’Enfer’’, XXVIII).

- « Ces pauvres hères / Fumant comme une main mouillée au temps d’hiver » (‘’Enfer’’, XXX).

- D’un hydropique est évoquée « l’eau pourrie / Qui de ton ventre fait un mur devant tes yeux ! » (‘’Enfer’’, XXX).

- Dante se décrit « pareil à celui qui rêve de malheur, / Et, en rêvant, souhaite de rêver / Et voudrait ce qui est comme si ce n’était. » (‘’Enfer’’, XXX).

- « Ainsi qu’au-dessus de son enceinte ronde / Montereggion se couronne de tours, / De même, sur le bord qui le puits environne, // En manière de tours s’érigeaient à mi-corps / Tous ces géants horribles » (‘’Enfer’’, XXXI).

- Antée « se releva comme un mât de navire » (‘’Enfer’’, XXXI).

- « Comme, pour croasser, se tiennent les grenouilles, / Le nez seul hors de l’onde, au temps où la vilaine / Rêve souvent qu’elle s’en va glaner, // Livides et plongées jusqu’où siège la honte, / La glace emprisonnait les ombres douloureuses, / Claquant des dents comme font les cigognes. » (‘’Enfer’’, XXXII).

- « Jamais deux ais penture n’assembla / Si fortement ; comme deux boucs, alors, / Tant l’ire les vainquit, ils cossèrent ensemble. » (‘’Enfer’’, XXXII).

- « Et, comme au pain mord un homme affamé, / Dans celui du dessous l’autre plantait les dents » (‘’Enfer’’, XXXII)

- « Mais si, comme un noyau, mon récit doit produire / Quelque fruit d’infamie au traître que je ronge, / Tu me verras parler et pleurer tout ensemble. » (‘’Enfer’’, XXXIII).

- Florence est «  semblable à cette infirme / Qui ne saurait trouver de repos sur la plume, // Et cherche, en se tournant, à soulager son mal. » (‘’Purgatoire’’, VI).

- « Rome, autrefois, qui rendit bon le monde, / Possédait deux soleils pour éclairer deux routes : / La route de ce monde et la route de Dieu. // En adjoignant le glaive au bâton pastoral, / L’un d’eux a éteint l’autre ; et leur confusion / Par la force opérée, tout ne peut qu’aller mal. // Dans une seule main, l’un n’a plus l’autre à craindre. » (‘’Purgatoire’’, XVI).

- « Tu n’y voyais pas plus qu’une taupe en sa taie » (‘‘Purgatoire’’, XVII).

- « Ils étaient les pasteurs, et moi j’étais la chèvre. » (‘’Purgatoire’’, XVII).

- « Puis, ainsi que le feu s’élève dans les airs / Par sa nature, à monter destinée / En l’élément où il dure le plus, / Tout ainsi l’âme éprise entre en désir. » (‘’Purgatoire’’, XVIII).

- « Et, comme le berger, quand il couche dehors, / Le long de son troupeau passe au calme la nuit, / En le gardant de l’atteinte des loups ; / Tels étions-nous tous les trois, à cette heure » (‘’Purgatoire’’, XIX).

- « Mais, pour que moins t’étonnent mes paroles, / Songe qu'unie à la sève des vignes / Se change en vin la chaleur du soleil. » (‘’Purgatoire’’, XXV) : Dante explique ainsi l’infusion de l'âme au corps du fœtus, la sève des vignes tenant le rôle passif du fœtus, et la chaleur du soleil le rôle actif de « l'âme neuve» infusée au fœtus par le « premier moteur ».

- « De trois pas seulement le ru nous séparait ; / Cependant l’Hellespont, où Xerxès le franchit, / Durable frein à tout humain orgueil, // Ne fut pas plus détesté de Léandre, / Pour son courant entre Abydos et Sestos, / Que de moi ce ruisseau, car il ne s’ouvrit pas.»  (‘’Purgatoire’’, XXVIII).

- « Pareille à l’amiral qui, d’arrière et d’avant, / Vient observer l’équipage en manœuvre / Sur les autres bateaux, et l’exhorte à bien faire, // Telle je vis, au flanc gauche du char, / En me tournant à l’appel de mon nom / Qu’il me faut bien mentionner ici, // La dame… » (‘’Purgatoire’’, XXX).

- « Ainsi qu’en un miroir le soleil s’irradie, / Rayonnait en ces yeux la bête aux deux natures » (‘’Purgatoire’’, XXXI),

- « Ton entendement / S’est fait de pierre, et de pierre si noire / Que t’éblouit l’éclat de mon discours. » (‘’Purgatoire’’, XXXIII).

- « Comme la cire prend, sans jamais la changer / L’image que le sceau a sur elle imprimée, / Tout ainsi mon cerveau a reçu votre empreinte. » (‘’Purgatoire’’, XXXIII).

- « La neige, sous les coups des chauds rayons solaires, / Bien que privée de la blanche couleur / Et du froid qu’elle avait, demeure en sa matière : / Ton intellect est ainsi demeuré. » (‘’Paradis’’, II).

- « Entre deux mets d’une égale saveur / Et tout aussi distants, si le choix était libre, / Avant d’y mordre on serait mort de faim. // De même entre les crocs de deux loups dévorants, / L’agneau se tiendrait coi, saisi de peurs égales ; / Et tel, entre deux daims, le chien se tiendrait coi. // Partant, si je me tus, suspendu que j’étais / Entre deux questions… » (‘’Paradis’’, IV).

- «  Ainsi qu’en la nuée transparente, où se courbent / Deux arcs de même centre et de même couleur, / Lorsque Junon l’ordonne à sa servante, // De l’arc intérieur naît celui du dehors, / Comme, d’une autre voix, la voix de l’amoureuse / Qui, rosée au soleil, d’amour se consuma, // Ces arcs dont la naissance assure les humains, / Selon l’accord fait à Noé par Dieu, / Que ne sera jamais plus inondé le monde, // De même autour de nous tournaient les deux guirlandes / De ces roses élues à la vie éternelle, / Se répondant aussi du dehors au-dedans. » (‘’Paradis’’, XII).

- Dominique fut « Comme un torrent jailli d’une veine élevée […] dans les champs de ronces hérétiques, / La fougue de son cours frappa plus fort aux lieux / Où plus opiniâtre était la résistance. // Enfin sont nés de lui divers ruisseaux / Dont le jardin catholique s’arrose, / Pour que les arbrisseaux y viennent plus vivaces. » (‘’Paradis’’, XII).

- « La révolution céleste de la lune / Recouvre et met à nu sans cesse les rivages ; / La Fortune en agit de même pour Florence. » (‘’Paradis’’, XVI).

- « Que ta clameur fasse comme les vents, / Qui s’en prennent surtout aux cimes les plus hautes. »  (‘’Paradis’’, XVII).

- « Tu quitteras tous les objets aimés, / Ce qui t’es le plus cher : tel est le trait poignant / Que de l’exil l’arc décoche en premier. » (‘’Paradis’’, XVII).

- « Tel que partit d’Athènes Hippolyte, / Par son impie et perfide marâtre, / Tel de Florence il te faudra partir. » (‘’Paradis’’, XVII).

- « Le monde contingent » est « un vaisseau qui dévale en suivant le courant » (‘’Paradis’’, XVII) : comparaison traditionnelle, usitée de tout temps pour donner une idée de l'accord de la prescience divine avec la liberté humaine ; contingentes, en effet, c'est-à-dire accidentelles, sont les choses du monde matériel ; c'est dans le monde spirituel seul que tout se fait par nécessité.

- « Ainsi que des charbons multiples développent / Une seule chaleur, l’image composée / De tant d’amours émettait un seul son. » (‘’Paradis’’, XIX).

- « Tel qu’un faucon, délivré de sa coiffe, / Tourne le chef, s’applaudit de ses ailes / Et fait le beau, pour montrer son envie, // Tel s’agita l’emblême tout tissu / De laudateurs de la grâce divine, / Avec des chants connus des seuls élus du ciel. » (‘’Paradis’’, XIX).

- « Car ma beauté, qui, le long des degrés / Du palais éternel, s’enflamme d’autant plus, / Comme tu l’as pu voir, que davantage on monte, / Est si brillante que, si je ne la voilais, / Tes sens mortels en sentiraient l’éclat / Comme un rameau la foudre qui le brise. » (‘’Paradis’’, XXI).

- « Elle, comme une mère aussitôt empressée, / Qui, de sa voix toujours réconfortante, / Vient en aide à son fils haletant et livide, / Me dit… » (‘’Paradis’’, XXII).

- « Comme se dresse et va, pour entrer dans la danse, / Une vierge riante, afin de faire honneur / À l’épousée, mais sans penser à mal ; // Telle je vis la splendeur éclatante…  ;» (‘’Paradis’’, XXV).

- « Les us des mortels sont, comme sur la branche, / La feuille qui s’en va, tandis qu’en pousse une autre » (‘’Paradis’’, XXVI).

- La flamme de saint Pierre « devint telle / Que Jupiter serait, si Mars et lui / Venaient, étant oiseaux, d'échanger leurs plumages » (‘’Paradis’’, XXVII) : comparaison bizarre qui revient à dire que la flamme de saint Pierre devint rouge comme le serait la lumière de Jupiter, si cette planète blanche venait d'échanger sa couleur avec la rougeâtre planète Mars.

- « Pas un bambin ne se rue assez vite, / La face vers le lait, s’il vient à s’éveiller / En grand retard sur l’heure habituelle, / Que je m’élançai, pour faire de mes yeux / De plus parfaits miroirs, en me penchant sur l’onde / Qui se répand pour nous rendre meilleurs. » (‘’Paradis’’, XXX).

- « Comme un coteau dans les eaux qui le baignent / A l’air de se mirer pour y voir sa parure, / Quand il est opulent de verdure et de fleurs, / Étagés tout autour de ce lac de lumière / En milliers de gradins, je vis que s’y miraient / Tous ceux qui des humains ont fait retour au ciel. » (‘’Paradis’’, XXX).

- « L’aveugle avidité, qui fait de vous des brutes, / Vous a rendus semblables au poupon / Qui meurt de faim et chasse sa nourrice. » (‘’Paradis’’, XXX)

- « Comme fuit le temps qui t’oblige au sommeil, / Ainsi qu’un bon tailleur, cousant le vêtement / Selon le drap qu’il a, faisons un point ici. » (‘’Paradis’’, XXXII).
Les métaphores, par l’effort d’interprétation qu’elles exigent, sont encore plus suggestives.

- La Sicile est « la grande île du feu » (‘’Paradis’’, XIX).

- « La Barbage où je l'ai dû laisser » (‘’Purgatoire’’, XXIII) est Florence, identifiée à une région montagneuse du centre de la Sardaigne qui était renommée pour la grossièreté tout animale de ses habitants.

- L’Italie (‘’Purgatoire’’, VI) est une cavale dont Justinien « répara le frein » mais dont la « selle est vide », l’empereur ne pouvant s’y asseoir ; aussi Dante dit-il aux « dévots, prélats » : « Voyez comme la bête est devenue féroce, / Pour n’avoir plus été dressée à l’éperon, / Du jour où vous avez saisi la bride en mains. » ; et il tance Albert de Germanie : « Ô toi qui abandonnes / Celle qui s’est rendue sauvage et indomptée, / Alors que tu devrais enfourcher ses arçons. » (‘’Purgatoire’’, VI).

- Henri III d’Angleterre est un arbre, et « De ses rameaux naquit un rejeton meilleur » (‘’Purgatoire’’, VII).

- Le serpent (‘’Purgatoire’’, VIII) est « l’immonde tresse », la métaphore exprimant vivement et son apparence et sa marche onduleuse.

- « D’avides loups sous l’habit de pasteurs / Se voient d’ici par tous les pâturages » (‘’Paradis’’, XXVII) : ce sont les prêtres coupables de simonie.

- « Sont tressées / De charité les cordes de son fouet » (‘’Purgatoire’’, XIII), le fouet appliqué au péché d'envie étant les paroles de charité que les poètes viennent d'entendre.

- Les papes « adjoignent le glaive au bâton pastoral » (‘’Purgatoire’’, XVI), allusion à leurs usurpations du pouvoir temporel à la fin du XlIIe siècle, depuis la déficience des empereurs germaniques.

- Saint François d’Assise est « un soleil » (‘’Paradis’’, XI).

- Le « leurre que déroule / L'éternel roi dans les sphères du ciel » (‘’Purgatoire’’, XIX) est l’invitation que Dieu fait à l'être humain de tourner son regard vers les biens célestes.

- « Ce cristal, qui tourne autour du monde / Et qui porte le nom de son seigneur aimé, / Sous qui toute malice à terre gisait morte, // De couleur d’or et lançant des rayons » (‘’Paradis’’, XXI) est la planète Saturne, sous le règne de laquellle fleurit l'âge d'or et d'innocence.

- Dans « Je dus, pour son plaisir, mais contre mon plaisir, / Tirer de l'eau mon éponge assoiffée » (‘’Purgatoire’’, XX), Dante représente par une éponge qui n’a pas eu le temps de s’imbiber tout entière son désir d'en savoir davantage, que le pape Adrien V refuse de satisfaire.

- « Je fus le tronc de cet arbre mauvais » (‘’Purgatoire’’, XX) reconnaît Hugues Capet parlant de la maison de France.

- « Le seul épieu / Dont Judas combattit » (‘’Purgatoire’’, XX) est la trahison.

- Les âmes du purgatoire boivent « la douce absinthe des douleurs » (‘’Purgatoire’’, XXIII).

- « Lorsque le pécheur s’arrache de la gorge / L’aveu de son péché, la meule se retourne / Contre le glaive » (‘’Purgatoire’’, XXXI) : Dieu émousse, par la meule de sa miséricorde, le fil du glaive de sa justice.

- « Quelle était cette toile / Que n’avait jusqu’au bout parcouru sa navette » (’’Paradis’’, III) désigne le ciel que le poète a hâte de découvrir.

- « Il est bien des joyaux, si beaux, de tant de prix / Qu’on ne les peut exporter du royaume » (‘’Paradis’’, X) : ce sont, à proprement parler, les joies célestes que le langage humain est impuissant à décrire ou à faire comprendre.

- « Les sceaux immortels / De toutes les beautés » (‘’Paradis’’, XIV) sont les cieux, ainsi appelés du fait du pouvoir qu'ils ont, disaient l'astrologie et la scolastique, d'imprimer leur marque dans l'âme humaine.

- Le paradis, demeure royale de Dieu, ainsi qu'il est dit dans la première ‘’Épître’’ de saint Jacques (l, 5, 17), est une « basilique » (‘’Paradis’’, XXV).

- Cacciaguida est une « topaze vivante » (‘’Paradis’’, XV), « la flamme sacrée » (‘’Paradis’’, XVIII).

- Dante se voit un « agneau / Mais ennemi des loups » (‘’Paradis’’, XXV).

- La « gent des clercs » a « pour César été une marâtre » plutôt qu’«une mère attentive à son fils » (‘’Paradis’’, XVI) : l'Église n’a pas reconnu les droits de l'empire sur l'Italie.

- Cacciaguida voit « s’abîmer la barque » (‘’Paradis’’, XVI) de la faction des blancs.

- « L'arbre qui reçoit de sa cime la vie / Acquiert toujours des fruits, ne perd jamais de feuilles » (‘’Paradis’’, XVIII) est le paradis ; la cime est l'empyrée, où réside Dieu ; les fruits sont les élus, dont le nombre croit continuellement (pas plus cependant que celui des anges rebelles dont ils sont appelés à remplir les places au Paradis ; d’où : « jusqu’à tant que s’égale / À l'éternel décret le nombre des élus » [‘’Paradis’’, XXV]) ; l'arbre ne peut perdre de feuilles puisqu'au paradis rien ne se consume, la béatitude éternelle ne pouvant être sujette à un détriment quelconque.

- Béatrice est un « miracle » (‘’Paradis’’, XVIII), nom que Dante lui avait déjà donné dans ‘’La vita nuova’’.

- Dante se plaint d’avoir dû « jeûner depuis un temps si long », veut que soit « apaisé le grand jeûne / Qui m’a tenu longuement affamé, / Car je n’y ai trouvé d’aliment sur la terre » (‘’Paradis’’, XIX).

- « L'onde assurée de ma fontaine intime » (‘’Paradis’’, XXIV) est la certitude de la foi intérieure.

- La Vierge Marie est « la rose où le verbe divin / A pris sa chair », « la splendeur la plus grande », « cette claire étoile », « le saphir le plus beau », « la flamme couronnée » (‘’Paradis’’, XXIII).

- Saint Pierre est le « plus haut primipile » (‘’Paradis’’, XXIV), le primipile étant, dans les légions romaines, l'officier qui portait le « vexillum » et, dans le combat, lançait le premier son javelot.

- Saint Paul est le « frère chéri » de saint Pierre ; « sa plume véridique […] mit Rome au bon chemin » (‘’Paradis’’, XXIV) ; dans son ‘’Épître aux Hébreux’’ (XI, I), il a formulé en propres termes la réponse de Dante.

- Béatrice indique à Dante : « Il convient qu’on te monde / Dans un crible plus fin : il te faut donc me dire / Celui qui vers ce but a dirigé ton arc. » (‘’Paradis’’, XXVI).

- Le poète reconnaît : « Point n'auraient suffi mes seules ailes » (‘’Paradis’’, XXXIII), c’est-à-dire ses forces intellectuelles.
Dante suscita encore tout un réseau de symboles à élucider :

- Les trois bêtes fauves qui successivement l’assaillent (‘’Enfer’’, I) sont des symboles : le guépard de la luxure, le lion de l'orgueil, et la louve de la cupidité.

- Virgile, la personnification de la raison droite, fait à Dante (‘’Enfer’’, I) la prophétie du « vautre », un animal, ou plutôt un personnage symbolique. Ce suprême organisateur mettrait un terme aux discordes de Florence, « la ville entre-déchirée », et de l'Italie, « non plus maîtresse des peuples, mais lieu de prostitution », remettrait le monde en ordre (d’où « les destins si longtemps attendus » [‘’Paradis’’, XXVII]), corrigerait l'Église de la simonie et de ses désordres intérieurs (en particulier, ceux du monastère de Catria [‘’Paradis’’, XXI]) et réduirait la papauté au seul pouvoir spirituel. Du portrait que le poète en trace, portrait purement moral, on n'a jamais rien pu déduire de précis ; il en est même certains traits qu'on ne sait comment traduire. On a proposé successivement de voir en lui quelque tyran, quelque empereur ou quelque pape du XIVe siècle : Can Grande della Scala, Benoît XI, Henri VII, Castruccio Castracani, etc..., de qui Dante aurait attendu le salut de l'Italie puis du monde. Des fantaisistes ont pu dire que par ce « vautre » il a prophétisé Luther (« voltro » étant l’anagramme de « lvtero ») et l’un d’eux, en 1920, s'avisa que le « vautre » providentiel, dont « la patrie sera de Feltre à Feltre », ne pouvait être que le dictateur Mussolini, né, en effet, entre Feltre et Monte-Feltro. Tout ce qu'on peut affirmer, surtout si l'on reconnaît dans la louve le symbole de la société dépravée et particulièrement de la cour romaine corrompue par la simonie, c'est que Dante a souhaité, attendu et prophétisé la venue d'un prince laïque, empereur de préférence, suscité par Dieu pour la ramener dans le droit chemin.

- Au « vautre » répondit, lorsque, en 1312, Dante écrivit ‘’Le purgatoire’’, le « Cinq Cent Dix et Cinq » dont Béatrice annonce la venue au chant XXXIII. Cette manière de prophétiser la venue d'un héros fut empruntée de l'’’Apocalypse’’, où saint Jean désigne Néron par le chiffre 666, obtenu par addition cabalistique des nombres représentés par les lettres hébraïques équivalentes à « Nero Caèsar ». Mais comment doit-on lire le nombre « Cinq Cent Dix et Cinq »? comment ensuite est-il obtenu? et, enfin, qui désigne-t-il? Certains commentateurs ont commencé par réduire ce nombre en chiffres romains, ce qui donne le logogriphe DXV, dans lequel ils virent des lettres, qu'ils torturèrent en changeant leur ordre pour obtenir DVX, c’est-à-dire « duc » en latin. D'autres commentateurs ont vu dans DXV les initiales de trois mots symboliques à déterminer : « Domini Xristi Vicarius », qui désignerait naturellement un pape ; « Domini Xristi Vertagus », qui revient à dire que le vautre serait le Christ ; « Dante Xristi Vertagus » qui serait : « Dante, le vautre du Christ ». Avec plus de pertinence, on peut voir dans « Cinq Cent Dix et Cinq » le chiffre 515 qui désignerait 515 années au terme desquelles devrait apparaître un sauveur, dont Dante prend bien soin de dire qu'il doit être un héritier de l'aigle : ce sera donc un empereur. Partant, il semble logique de commencer à compter ces 515 ans à partir de la fondation de l'empire romain du Moyen Âge, du couronnement de Charlemagne en l'an 800. Or 800 + 515 = 1315. Dante écrivit son ‘’Purgatoire’’ vers 1312, alors que l'empereur était Henri VII, comte de Luxembourg, élu à Francfort en 1308, couronné à Aix-Ia-Chapelle en 1309, qui, en 1310, annonçait son intention de venir se faire sacrer à Rome, et, en 1311, ceignait la couronne de fer des rois lombards à Milan. À cette nouvelle, comme l’indique sa correspondance, l'enthousiasme de Dante s'était déchaîné. Il eut une révélation : l’empereur Henri VII était le sauveur destiné à exterminer la simonie, à réformer l'Église, à la réduire à sa seule autorité spirituelle (à ressaisir, d'autre part, l'autorité temporelle, et à restaurer le monde enfin dans l'ordre temporel et spirituel. Et, dans la chaleur de son enthousiasme, il écrivit au prince qui dévalait les Alpes lettre sur lettre pour l'encourager et le guider dans sa mission. Par malheur, Henri VII mourut près de Sienne, dans l'été de 1313, en laissant le renom d'un prince honnête et courageux mais qui n'avait rien pu réaliser.

- À l’entrée de l’enfer se tient « le vieillard de Crète », Minos, en effet roi de Cnossos, qui incarne l’être humain éternellement en proie à ses contradictions, est devenu la terrible voix de la conscience qui juge les intentions et prononce les condamnations.

- Lucifer « a trois faces à la tête » (‘’Enfer’’, XXXIV) en qui les commentateurs ont tout vu : Dante a-t-il voulu, en les opposant aux trois personnes de la trinité (qui sont puissance, sagesse et amour, comme il est écrit sur la porte de l'enfer), faire de la blanche, l'impuissance, de la noire, l'ignorance et de la rouge, la haine du bien et du vrai? ou la colère, l'avarice et l'envie? ou Rome, Florence et la France?

- Les centaures sont les symboles de cette raison naturelle que l'animal possède aussi d'une façon latente.

- Les Furies symbolisent la rage qui pousse au crime.

- La Gorgone, dont le regard pétrifie, symbolise l'endurcissement du cœur par l'habitude du mal.

- Mathilde, la nymphe du paradis terrestre, figure l'activité vertueuse qui prépare l'être humain à la contemplation bienheureuse.

- Les « quatre étoiles claires » qui se montrent dès le lever du jour et que Dante voit vers le pôle austral (‘’Purgatoire’’, I) représentent les quatre vertus cardinales qui sont des vertus éminemment actives : prudence, justice, force et tempérance. Elles sont remplacées par « trois flambeaux » (‘’Purgatoire’’, VIII), trois étoiles du pôle austral qui représentent les trois vertus théologales, qui apparaissent seulement à la tombée de la nuit, parce qu’elles exigent méditation et contemplation.

- L’ange portier « qui gardait le silence » (‘’Purgatoire’’, IX) est la figure du prêtre, portier de la pénitence. S'il reste muet, c'est que le prêtre ne peut absoudre que celui qui le demande. L'épée qu'il tient est le symbole de la justice.

- Tout au long du ‘’Purgatoire’’, le soleil symbolise l'amour du souverain bien qui achemine les êtres humains vers Dieu.

- Tout un passage du chant IX du ‘’Purgatoire’’ est imprégné de symboles. La porte du purgatoire, dont le seuil est de diamant, est précédée de trois marches : « Or le premier degré / Était de marbre blanc […] Le deuxième, de couleur noire […] Le troisième de porphyre enflammé». Pour Dante, le blanc figure la contrition du cœur ; le noir, la confession orale ; la couleur pourpre, la satisfaction par les œuvres ; le diamant, la fermeté du confesseur. L’ange porte des vêtements « de la couleur de la cendre », symbole de l'humilité avec laquelle le confesseur doit s'acquitter de son office. De ses clefs, « l'une était d'or et l'autre était d'argent » : la clef d'or représente l'autorité divine exercée par le prêtre, quand il absout ; la clef d'argent, la science qui lui est nécessaire pour apprécier et juger les fautes, avant de les absoudre.

- La « femme aux yeux louches » (‘’Purgatoire’’, XIX) est le symbole de la triple incontinence : avarice, gourmandise et luxure, dont on se purifie aux trois terrasses supérieures du Purgatoire, tandis que « la dame » qui apparaît ensuite est une allégorie de la continence.

- Un des sommets de ‘’La divine comédie’’ pour la floraison de symboles et d’allégories est la procession mystique au chant XXIX du ‘’Purgatoire’’. Défilent sept candélabres, vingt-quatre vieillards, quatre animaux ailés, un « char triomphal [...] tiré par le col d'un griffon », trois dames à droite et quatre à gauche et sept derniers vieillards. (‘’Purgatoire’’, XXIX). Les « sept candélabres » figurent « les sept esprits de Dieu » (‘’Apocalypse’’, IV, 5), source des sept dons du Saint-Esprit qui sont la sagesse, l’intelligence, la prudence, la force, la science, la piété et la crainte de Dieu (d’où les « sept bandes » lumineuses qui représentent ces sept dons). Les « vingt-quatre vieillards » sont empruntés eux aussi à l'’’Apocalypse’’ (IV, 4) ; mais, au lieu de figurer, comme dans saint Jean, les douze patriarches et les douze apôtres, ils symbolisent ici les vingt-quatre livres de l'Ancien Testament, inspirés par le Saint-Esprit, leurs couronnes de lis blancs symbolisant la foi avec laquelle ils ont attendu le Messie. C'est à ce titre qu'ils précèdent le char. Celui-ci est la figure de l'Église militante. Les deux roues en sont, soit les deux Testaments, soit la vie active et la vie contemplative. Le griffon, animal fantastique formé d'un buste d'aigle et d'un arrière-train de lion, c'est le Christ lui-même, en qui s'unissent la nature divine et la nature humaine, la première étant représentée par l'aigle aux membres d'or, la seconde par le lion « aux membres blancs et teintés de vermeil », comme la chair humaine ; sa remontée au ciel (‘’Purgatoire’’, XXXII) symbolise l'Ascension.  Les « quatre animaux », qui sont ceux de la vision du prophète Ézéchiel (I et X), repris et interprétés par saint Jean en son ‘’Apocalypse’’ (IV, 6-8), représentent ici, comme dans toute l'iconographie chrétienne, les quatre Évangiles. Les « trois dames» sont les trois vertus théologales : la blanche représente la foi ; la verte, l'espérance et la rouge, la charité ; leur intervention active va permettre à Dante de fléchir Béatrice, comme elle permet à l'être humain de comprendre la vérité révélée. Les « quatre autres / En vêtements de pourpre » sont les quatre vertus cardinales qui sont vêtues des couleurs de la charité : justice, force, tempérance et prudence (elle « possédait trois yeux ») ; vertus acquises, elles sont des «nymphes » dans le paradis terrestre ; vertus infuses, elles sont des « étoiles » dans le ciel, étant représentées dans le ciel austral par la constellation de la Croix du Sud ; chacune étend le bras sur Dante pour le garder du péché contraire à la vertu qu'elle personnifie ; elles indiquent que « Avant que Béatrice au monde descendit, / Nous fûmes ordonnées pour être ses servantes » : Béatrice représentant la révélation, ces deux vers veulent dire que les vertus cardinales, chez les Gentils eux-mêmes, préparèrent la voie au christianisme. Les « deux vieillards / Différemment vêtus » personnifient, l'un les ‘’Actes des apôtres’’, l'autre les ‘’Épîtres’’ de saint Paul. « Quatre autres les suivaient, de plus humble apparence » : ce sont les symboles des quatre livres d'épîtres catholiques, ceux de saint Pierre, de saint Jacques, de saint Jean et de saint Jude. Le dernier qui est « seul, endormi, le visage tendu » personnifie l'’Apocalypse’ de saint Jean. Si ces sept derniers vieillards ont des couronnes de fleurs rouges, c'est pour rappeler la loi d'amour qu'ils propagèrent.

- Au chant XXXII du ‘’Purgatoire’’, puisque l'arbre est le symbole de l'empire et le char, celui de l'Église, en attachant le char à l'arbre, le griffon veut rappeler l'établissement du siège de l'Église à Rome, l'union nécessaire de l'empire avec l'Église et la réconciliation de l'humain et du divin par le Christ. Mais, d'autre part, comme le timon du char de l'Église représente la croix, et que celle-ci, suivant une vieille tradition, fut tirée d'un rejeton de l'arbre du bien et du mal emporté par Seth du paradis terrestre, l'acte du griffon symbolise également le rachat par le Christ du péché originel, la rédemption du genre humain. Béatrice, qui représente l'autorité spirituelle de l'Église, « est assise aux racines de l'arbre ». « L'oiseau de Jupiter [qui] fonça sur le char », c’est l'aigle qui ravage l'arbre de la justice, mais ne fait que secouer le char de l'Église ; il symbolise l’empire romain à qui ses persécutions contre les chrétiens firent plus de mal qu'à l'Église elle-même. Plus loin, « dans une intention peut-être bonne et pure », il laisse de ses plumes qui représentent la donation de Constantin (en inspirant le goût des richesses et du pouvoir temporel, elle aurait été la cause de la corruption de l'Église et de cette simonie qui affligea tout le Moyen Âge, et fit d'elle, aux yeux de Dante, un monstre de perversité). Dans « Je vis, après cela, s’élancer dans le fond / Du triomphal véhicule un renard / Qui paraissait privé de bonne nourriture. », ce renard figure les hérésies, dont les assauts furent vigoureusement repoussés par les pères de l'Église, de qui Béatrice représente la doctrine. Le dragon qui s’attaque au char représente l’action de Mahomet qui priva la chrétienté de toutes ses provinces orientales. Du char de l’Église sortent sept têtes : il prend ainsi la figure même de la Bête de l'’’Apocalypse’’ (XVII, 1-18), ces têtes étant les sept péchés capitaux, dont les trois premiers, orgueil, envie, colère, portent deux cornes parce qu'ils causent une double offense, à Dieu et au prochain, tandis que les quatre autres, étant dirigés contre Dieu seulement, n'en portent qu'une. Apparaît « une putain, prompte à jouer de l'œil » qui n'est autre que la cour papale aux temps de Boniface VIII et de son successeur, Clément V. Le géant qui veille jalousement sur elle est le roi Philippe le Bel.

- Le Christ est « notre Pélican » (‘’Paradis’’, XXV), en souvenir du verset 7 du ‘’Psaume CII’’ qu’Eusèbe commenta ainsi : « Si un serpent tue ses petits, le pélican s’élève au-dessus du nid, se frappe les flancs jusqu’à se blesser et fait tomber son sang sur ses oisillons morts et ceux-ci reprennent vie. »

- D’une façon générale, Dante donna des rôles symboliques fondamentaux à l'ombre et à la lumière, au noir et au rouge en enfer, à la couleur au purgatoire, à la pure lumière au paradis.
On trouve aussi chez lui des allégories, comme celle de la ville de Rome : « Ta Rome, viens la voir ! ta veuve délaissée, / Qui toujours pleure et jour et nuit t’appelle : / ‘’Ô mon César, que n’es-tu dans mes bras?’’ » (‘’Purgatoire’’, VI), des personnifications d’idées abstraites :

- la valeur et la courtoisie : « Mais dis-nous si valeur et courtoisie demeurent / En notre ville, ainsi qu’elles faisaient, / Ou si du tout elles s’en sont enfuies » (‘’Enfer’’, XVI).

- la pauvreté : « Cette dame » que François d’Assise « prenait pour épouse / Enfin l’aimait, de jour en jour, plus fort. // Elle privée de son premier époux, / Était restée obscure et triste jusqu’à lui, / Mille et cent ans et plus, sans être recherchée […] Elle avec Christ monta, pour souffrir, sur la croix. » (‘’Paradis’’, XI).
Même dans les passages les plus abstraits du poème, la matière proprement poétique domine. La poésie de Dante fut un acte de contemplation et d'amour capable de traduire toutes les formes de beauté liées à notre nature dans ce qu'elle a de plus spirituel, tout en restant ancrée dans des éléments concrets, dotés d'une signification universelle. Pour lui, la vie de Dieu et celles de ses créatures sont reliées à travers une analogie de rapports. Artiste doué de la plus haute puissance créatrice, il montra un sens de la beauté, qui charme à la fois le cœur, l'intuition, l'intellect et l'imagination, de telle sorte que chacun, selon sa propre expérience, peut, au contact de son œuvre, s'y retrouver tout entier.

Son incomparable puissance lyrique lui permit de passer d'une sphère à l’autre du réel, de saisir les liens mystérieux qui unissent la matière et l'esprit, le visible et l'invisible, la nature et la vie terrestre, de distinguer le divin dans l’humain, de donner une valeur exemplaire à son expérience et de l’élever à la hauteur d'un mythe.
‘’La divine comédie’’, un chef-d 'œuvre universel, est le poème le plus total qui ait jamais été écrit.
André Durand
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