Week-End pour les soignants, Fillinges, Mai 2012







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La Persévérance

par Bertrand Vergely

Week-End pour les soignants, Fillinges, Mai 2012
Je suis très heureux de venir parler avec vous de la persévérance et du soin !

Me présenter ? Bertrand Vergely, je suis professeur de Philosophie à Orléans. J’ai écrit des livres dans 3 directions.

1 : La diffusion de la philosophie ;

2 : sur la question de la souffrance, du mal et de la mort et

3 : sur l’émerveillement, le bonheur et la foi.
Qu’est-ce que c’est que la persévérance ? La persévérance c’est la meilleure des choses et c’est la pire des choses.

C’est la meilleure des choses pourquoi ? Cela me fait penser à quelque chose que ma mère me disait toujours : «  les continuants sont les gagnants ! » .

C’est la pire des choses car nous connaissons tous cet adage qui dit « errare humanum est, perseverare diabolicum » l’erreur est humaine, la persévérance est diabolique !

Et donc je voudrais penser avec vous ce paradoxe, en développant cette question : Pourquoi la persévérance est la meilleure et la pire des choses ? Pour cela je dirais pourquoi elle est la meilleure, pourquoi elle est la pire et quelle est la raison de ce paradoxe, et comment on peut en sortir.


  1. La persévérance est la meilleure des choses :

La persévérance est l’essence de la volonté et la volonté est l’essence de tout. Qu’est ce qui est beau dans l’être humain ? C’est de vouloir. C’est le propre de l’être humain de vouloir car il est un être de liberté et il affirme sa liberté par sa volonté.

Rousseau exprime bien cela : qu’est-ce qui distingue un homme d’un animal ? c’est que l’homme veut vivre. Il ne vit pas uniquement parce qu’il est obligé de vivre mais parce qu’il veut vivre.

Alors quelle est l’essence de la volonté ? L’essence de la volonté c’est la persévérance. Pourquoi ? Car vouloir ce n’est pas vouloir une fois, c’est vouloir deux fois. Et qu’est ce qui fait qu’à un moment je veux : c’est que je continue à vouloir. Si je veux sans continuer à vouloir c’est que je ne veux pas et c’est la différence qu’il y a entre le velléitaire et l’homme de volonté.

L’homme de volonté ce n’est pas celui qui veut une fois c’est celui qui veut toujours, autant que faire se peut. Et donc l’homme de volonté est dans la persévérance et c’est à cela que l’on reconnaît le désir authentique de quelqu’un. Quelqu’un qui est authentique, c’est quelqu’un qui veut et qui est fidèle à ce qu’il veut. Et c’est parce qu’il est fidèle à ce qu’il veut, qu’il veut ce qu’il veut. Autrement dit, il prouve en permanence sa volonté par le fait d’éprouver sa volonté et de vouloir en permanence qu’il veut. Il ya ici une qualité importante qui est celle de la fidélité.

Qu’elle est la caractéristique de l’amour ? La caractéristique de l’amour n’est pas de tomber amoureux c’est de rester amoureux. En ce sens nous voyons ici la qualité de la volonté conservatrice. La persévérance est liée à la conservation c’est à dire de demeurer le même, de ne pas changer, de ne pas varier. C’est ce qui fait la force de la conversion, c’est de ne pas changer. On a toujours dit qu’il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis ! Je me permettrais d’être à l’opposé : il n’y a que les imbéciles qui changent tout le temps d’avis ! Les gens intelligents ne changent pas d’avis et restent fidèles à leurs convictions. Ce ne sont pas des traîtres !

La force de la persévérance c’est finalement l’essence de la volonté : je ne suis pas fidèle parce que je veux, je veux parce que je suis fidèle. Ce que nous montre d'important l'histoire c'est ce qui gagne: Ceux qui gagnent dans l’histoire sont les persévérants et les gagnants. Je dirais presque que c’est un critère de pureté et d’amour : quand on aime on a de la volonté, quand on a de la volonté on a de la fidélité, et quand on a de la fidélité on va jusqu’au bout ! Et quelque part on ne peut rien contre quelqu’un qui veut aller jusqu’au bout !

C’est la force de l’amour qui va jusqu’au bout et c’est la force de ceux qui remportent dans l’histoire par leur persévérance. C'est la raison que les bons gagnent toujours et les méchants perdent toujours, car le propre du bon c’est d’avoir de l’amour et assez d’amour pour aimer toujours, tandis que le méchant n’a pas assez d’amour pour aimer toujours. A un moment ou à un autre, dans les combats de l’existence, il finit par céder !

Ce qui est intéressant dans la persévérance, c’est qu’elle n’est pas seulement une vertu morale, elle nous amène au cœur même de l’existence. c’est aussi une vertu métaphysique.

Nietzsche, quand il parle de la vie, explique que la vie est volonté de puissance et qu’elle est inséparable avec l’éternel retour. Qu’est ce que c’est de vouloir, c’est vouloir éternellement ce que l’on veut. La force de la volonté c’est vouloir toujours la même chose. Ce qui fait un grand artiste c’est qu’il veut toujours la musique ou toujours la peinture. Il ne veut pas la peinture de temps à autres, ou la musique de temps à autres, il l’a veut 24/24 du il la veut du 1er janvier au 31 décembre. Il dégage ici une force qui est une force de vie ! La vie est volonté de puissance et la volonté de puissance est l'éternel retour et elle veut toujours ce qu’elle veut. Et c’est parce qu’elle veut ce qu’elle veut qu’elle est vivante.

Troisième point important la volonté de vie, la persévérance n’est pas simplement une qualité qui est liée à la fidélité et à la force, c’est une qualité qui est liée à la nouveauté.

Jankéléwitch dit dans un de ses ouvrages : « Ce qui crée une première fois c’est qu’il ya une deuxième fois. Ce qui crée une deuxième fois c’est qu’il y a une troisième fois. Et s'il n’y a pas une deuxième fois qui crée une première fois c’est que la première fois devient une dernière fois. Qu’est ce qui fait que la dernière fois devient une première fois c’est qu’il y a une deuxième fois derrière. Et c’est ce qui fait que la persévérance n’est pas seulement liée à la volonté et à la force, mais c’est quelque chose qui est lié à la nouveauté et derrière la nouveauté à l’art de la durée.

Qu’est ce qui fait que quelque chose dure c’est le conservatisme dans le sens noble du terme, c’est à dire la nouveauté. La nouveauté et le conservatisme c’est la même chose. D’où l’erreur d’opposer les conservateurs et les progressistes. Il n’y a pas plus progressistes que les conservateurs dans la mesure où le conservateur est celui qui est capable de conserver la première fois en lui donnant une deuxième fois, qui est capable de conserver une deuxième fois en lui donnant une troisième fois. Il est capable de ne pas changer, qui n’est pas dans le bougisme, qui varie tout le temps. Il suit sa ligne et à force de suivre sa ligne il parvient à être dans l’avenir et la nouveauté, dans la création.

Plus je persévère dans mon être , plus je suis dans ma liberté et plus je suis dans la création. Il ya de la différence dans le monde : c’est l’art de rester le même et d’être de plus en plus le même et à force d’être de plus en plus le même, qu’est ce qui se passe ? Je deviens de plus en plus neuf, je deviens de plus en plus chargé d’avenir. La première fois, devient une deuxième fois, devient une troisième fois et plus il y a de fois plus la première fois est confirmée. Le commencement fait exister quelque chose et la suite fait exister le commencement. Le commencement donne une suite de commencements qui donne un commencement de commencement.

Autrement dit, si vous voulez, c’est l’avenir qui donne le commencement. Le temps ne vient pas du passé mais de l’avenir. Quelqu’un qui est capable de persévérer c’est quelqu’un qui donne de l’avenir à ce qu’il vit. Et je donne de l’avenir à ce que je vis en répétant ce que je vis. C’est pour cela que la vie est extrêmement bien faite : notre vie est pleine d’avenir quand elle persévère dans son être et c’est ce qui fait que tous les jours est un jour nouveau. Tous les jours nous devons faire les mêmes choses : nous lever, nous laver, manger, dormir, travailler, rencontrer les autres.. et qu’est ce qui se passe ? Plus nous faisons les mêmes choses, plus nous les faisons, plus nous commençons à vivre. L’alpha et l’oméga se rencontrent, c’est à dire la fin et le début c’est la même chose. Pourquoi ? parce que la fin du monde c’est la même chose que le commencement du monde. La preuve : quand est-ce que j’ai accompli une relation ? quand je suis capable de commencer une relation. Un amoureux c’est quelqu’un qui commence à aimer. Il a trouvé l’amour quand il a trouvé l’amour comme commencement. Un grand savant a trouvé la science quand il est dans le commencement de la science. Vivre et avoir réussi sa vie, c’est être capable de commencer à vivre. Qu’ est ce qui fait que j’accomplis quelque chose, c’est que je le commence. Et qu’est ce qui fait que je le commence : c’est la même chose qui fait que je persévère dans mon être.

Ce qui est extraordinaire c’est que quelques philosophes ont réfléchi sur l’essence de la réalité. Ils ont compris quoi ? que l’essence de la réalité réside dans la persévérance. L’essence de la réalité est dans la liberté qui consiste à vouloir, mais l’essence de la liberté qui consiste à vouloir réside dans la persévérance à l’intérieur de ce que je veux et les conséquences de la persévérance c’est que plus je persévère dans ce que je veux, plus cela devient nouveau, cela devient neuf. Cà veut dire que la persévérance c’est la meilleure manière de nous diriger vers la nouveauté de l’histoire.

Vous croyez, nous croyons tous que nous ne faisons rien quand nous continuons à vivre, et nous faisons ce que nous faisons et nous ne nous apercevons pas que quand nous faisons ce que nous faisons, nous sommes en train de faire des choses qui sont extraordinairement neuves. Nous sommes des participants à l’énergie des commencements. Ce dont je parle n’est pas une vertu moderne et contemporaine car nous sommes dans un monde velléitaire, un monde marqué par le bougisme, on nous parle du changement ; on n’arrête pas de saluer le changement. Hors, il faudrait dire pour aider ce monde : arrêter de changer tout le monde, essayez plutôt d’arrêter de changer et de vous enraciner à l’intérieur d’une persévérance, là vous permettriez de faire quelque chose de vraiment neuf et créateur !

Bergson a parlé de la persévérance : «  du grand art de durer » .

Nietsche disait à propos de l’art de durer : «  les sentiments les plus profonds n’étaient pas les sentiments les plus intenses mais ce sont les sentiments les plus longs ». Qu’est-ce que c’est qu’un amour fort : c’est un grand amour ! un amour capable de durer. Tomber amoureux c’est à la portée de chacun, rester amoureux... ça c’est une autre affaire !

Donc nous avons affaire à la persévérance, à une énergie de vie tout à fait extraordinaire. Un ami psychanalyste, décrivant le tennis de John Borg disait : «  ce qui fait la caractéristique de John Borg c’est qu'au bout de trois heures de temps, il est toujours aussi bon ! »

Qu’est-ce qui fait la caractéristique de l’amitié : c’est que quelqu’un est toujours aussi amical ! Donc, finalement, ce qui fait la grande vertu du monde, c’est l’éternité. La persévérance nous permet d’aller vers l’éternité et l’éternité nous permet de dire la nouveauté. Nous sommes dans l’éternité, nous sommes dans la persévérance, nous sommes dans la nouveauté quand nous sommes capables de vivre l’énergie du commencement. Le commencement pur, c’est la persévérance pure, c’est l’éternité pure. En ce sens, il y a en chacun de nous une énergie vitale et nous comprenons pourquoi nous sommes tous éternels. Nous sommes tous éternels parce que nous avons tous commencé, et il ya quelque chose qui a commencé en nous qui ne cesse pas de commencer depuis le premier jour de notre existence. On peut faire bien des choses mais on ne peut pas faire des choses que nous n’avons pas commencées. Et on ne peut pas faire qu’ayant commencé, nous ne portions pas en nous l’énergie des commencements. Cette énergie qui persévère en nous et qui nous tient en vie. Si nous n’avions pas en nous l’énergie des commencements, nous ne pourrions pas traverser cette vie. Pour moi, l’un des plus grands mystères de la vie, c’est de savoir pourquoi les hommes ne se suicident pas collectivement : au fond ça résoudrait tous les problèmes ! L’existence est si difficile à traverser et l’humanité si insupportable, qu’à un moment donné on pourrait avoir envie d’en finir ! Or ce qui est extraordinaire, c’est que les hommes vivent malgré les difficultés de la vie et les déceptions de l’humanité. Parce qu’ils sont porteurs de quelque chose qui a commencé en eux et qui continue de vivre et qui persévère en eux : ça s’appelle la force de vie. Cà s’appelle chez Spinosa le collactus, le désir. Inexplicablement nous aimons vivre et nous retrouvons sans arrêt ce plaisir de vivre même si un moment il est obscurci par les difficultés et les déceptions du quotidien.

Persévérance, force de vie, persévérance la meilleure des choses, la plus admirable si nous sommes capables de vouloir. Et de vouloir ce que nous voulons c’est merveilleux, nous sommes sauvés ! En tant que pédagogue j’ai souvent donné ce conseil : si vous voulez réussir dans la vie, soyez réguliers ! C’est parce que l’on est régulier que l’on est génial et qu’on réussit et non parce que l’on est génial que l’on réussit. La réussite est une affaire de persévérance. Et les grands génies sont des êtres persévérants et réguliers. Laissez vivre en vous votre force de vie ! Vivez le regard des commencements, vous serez toujours neuf. Et dans un monde marqué par la velléité, vous aurez l’impression d’être génial et vous donnerez l’impression de l’être . Donc force de vie, la persévérance ! Mais en même temps, il faut ouvrir les yeux de l’être lucide, et c’est l’objet de notre réflexion aujourd’hui , la persévérance c’est la pire des choses.


  1. La persévérance est la pire des choses !


C’est monstrueux d’être persévérant ! Nous avons affaire autour de nous à des gens qui sont malades. Un alcoolique est quelqu’un qui est malade. Un drogué est quelqu’un qui est malade. Nous voyons autour de nous des gens qui sont pris dans le cycle de la maladie et ils n’arrêtent pas d’être enchaînés au malheur. Qu’est ce qui fait que l’alcoolique est alcoolique, ce n’est pas qu’il boit c’est qu’il continue à boire. et malgré tout ce qu’on lui dit, il continue de boire et on est effaré pour quoi ? Parce qu’on n'arrive pas à l’arrêter ! Qu’est ce qui fait qu’un drogué est un drogué. C’est pas qu’il a pris du haschich, c’est qu’il continue d’en prendre .

C’est pour cela que sur le débat sur le haschich il ya quelque chose qui ne va pas, car les gens disent « fumer un joint ce n’est pas grave ! » Ah ! fumer un joint ce n’est pas grave mais il faut voir ce qu’il ya derrière le joint : derrière il ya quelqu’un qui ne peut pas s’empêcher d’en fumer et il continue d’en fumer.

Qu’est ce qui est infernal à l’intérieur de l’existence ? c’est que l’on ne sait pas comment arrêter les êtres humains. Nous avons la police pour arrêter les délinquants. Un délinquant c’est quelqu’un qui ne peut pas s’empêcher de faire ce qu’il fait, et il faut l’arrêter par la police, car il n’est pas capable de s’arrêter tout seul. Inconsciemment il persévère dans sa pathologie. Et là on a affaire à quelque chose de complètement démoniaque... et qui est proprement diabolique.

Qu’est ce qui est diabolique ? c’est que tout ce qu’on essaie de faire pour arrêter quelqu’un et on y arrive pas. Pourquoi ?parce que son désir et sa pathologie sont beaucoup plus forts que tout, et on ne sait pas comment l’arrêter. Çà ressemble à une catastrophe nucléaire : on est capable de créer de l’énergie atomique mais quand il ya un problème avec une bombe atomique, on ne sait pas comment arrêter les réactions en chaîne. Nous avons tous eu affaire à des gens que l’on ne sait pas arrêter, des fous furieux ou en colère : ils sont tellement pris par leur colère que l’on ne sait pas comment les arrêter. On ne sait pas comment arrêter la drogue, comment arrêter l’alcool, comment arrêter la délinquance, comment arrêter la bêtise humaine : elle se reproduit avec une force absolument implacable ! Et donc nous sommes un petit peu atterrés ! Pourquoi est-ce qu’il ya quelque chose qui ne s’arrête pas ? Il ya quelque chose qui ne s’arrête pas parce qu’il ya le diabolique au sens humain et le diabolique au sens divin. Qu’est ce que c’est que le diabolique ? C’est la mauvaise foi.

Qu’est-ce que c’est que la mécanique de la mauvaise foi ? Le mécanisme de la mauvaise foi c’est ce qui nous emmène en enfer. Il nous est arrivé à tous d’avoir tort, mais de ne pas vouloir le reconnaître : pourquoi ? Parce que l’on ne voulait pas perdre la face. Alors pour ne pas avoir tort qu’est-ce que l’on fait ? On revendique l’erreur, la bêtise, la stupidité qu’on a dit. Et qu’est ce qui se passe quand on commence à revendiquer l’erreur, la bêtise que l’on a dit : on ne peut plus s’en sortir. J’ai tort et je ne veux pas reconnaître que j’ai tort donc je revendique un moment mon erreur et je m’acharne à l’intérieur de mon erreur. Voilà l’acharnement ! l’acharnement non pas thérapeutique mais pathologique. Je persévère dans mon erreur, errare humanum est, perseverare diabolicum.

Je dis à quelqu’un « tu as fait quelque chose de grave ». L’autre me dit : « Pas du tout ! c’est pas vrai ! ». Et qu’est ce qu’on dit quand on dit ce n’est pas vrai  ? On dit « Si tu as dit ça, c’est que tu ne m’aimes pas ! C’est que tu es raciste, c’est que tu es fasciste, c’est que tu n’aimes pas les jeunes..les femmes..les vieux..les chrétiens..les athées.. » Tout le monde a un système de justification ! Un jour je mettais une mauvaise note à un élève et l’élève est venu me voir et m’a dit : « Si vous m’avez mis une mauvaise note c’est que vous ne m’aimez pas ! » C’est ça le diabolique. Qu’est-ce que vous voulez que je fasse ? Qu’est-ce qui est diabolique ? C’est que l’acharnement à l’intérieur de la pathologie, ça peut aller très loin ! Je peux rentrer un moment par orgueil dans un processus infernal, dans lequel j’ai décidé de ne rien céder. J’ai tort et je refuse de reconnaître mes torts alors je revendique mon erreur. Au nom de quoi ? au nom de la liberté d’expression. Et je m’acharne au nom de la liberté d’expression et j’explique que bien sûr je dis des énormités, mais on a le devoir de m’écouter au nom de la liberté d’expression. Et je suis capable de faire des grèves de la faim pour démontrer que j’ai raison. Et je deviens un moment invivable, que l’on ne sait plus quoi faire avec moi. Alors qu’est-ce qui se passe ? on finit par céder. Et finalement on finit par me donner raison et quand on me donne raison, qu’est-ce qui se passe ? Le bien devient le mal et le mal devient le bien. Il y a une force absolue dans la vie : c’est la persévérance. Toutes les mères de famille ont fait cette expérience : il y a des enfants qui crient. Un enfant qui crie deux minutes ça va ! mais un enfant qui hurle toute l’après midi, on n'en peut plus et finalement, son jouet il finit par l’avoir. Qu’est-ce qu’il a fait ? il a compris un truc formidable ! il a persévéré et il a eu tout le monde à l’usure ! Qu’est-ce qui se passe alors ? Il se passe quelque chose de terrifiant : c’est que par la persévérance, je peux transformer l’erreur en vérité et transformer un mal en un bien. Je peux me faire reconnaître, acquérir une légitimité sociale et finalement ya des gens qui se disent, au fond c’est un héros, ce type est quand même très fort, il est capable d’aller jusqu’au bout ! C’est pas mal d’aller jusqu’au bout, il y a tellement de velléitaires autour de nous... Eh ben lui, il a été jusqu’au bout ! C’est ce que beaucoup de gens disent des nazis, des terroristes : chapeau ! j’oserais pas faire la même chose ! Qu’est-ce qu’on dit des gens qui se suicident : quel courage, ils ont osé le faire. Qu’est-ce qu’on a dit de Mohamed Merah ? c’est un héros ! Je suis désolé de dire des choses pas agréables, mais la persévérance fascine tout le monde ! Cà a un pouvoir incroyable ! Il suffit que quelqu’un aille jusqu’au bout pour qu’il devienne un héros. Non seulement il est sincère, il est courageux et il a osé y aller ! C’est pour cela qu’il ya un climat extrêmement malsain autour de la persévérance. La persévérance est une qualité extraordinaire : c’est la force de vie des êtres mais c’est aussi la force de mort des êtres. C’est la force de mort parce qu’un moment on va vers le néant et je dirais on va vers le démoniaque dans le sens que l’on va jusqu’au bout. Cà s’appelle la passion. La passion du Christ : il a été jusqu’au bout et le diable va jusqu’au bout ! Je vais me perdre et je vais perdre le monde entier avec moi. La persévérance et la pulsion du néant c’est la même chose. Et donc je m’aperçois qu’à un moment, à travers la persévérance, je peux avoir non seulement un pouvoir sur la société (j’enquiquine tout le monde et pour me faire taire on finit par céder ce que je veux et le terroriste l’a bien compris) mais je peux aussi aller dans le néant en me damnant. La damnation ça existe : c’est aller dans le néant et acquérir non seulement un pouvoir sur les hommes, mais également sur Dieu. Qu’est ce que Dieu peut faire pour moi si j’ai décidé de me damner ? Dieu ne va pas sauver un damné car sauver un damné ça veut dire perdre Dieu et là on est totalement prisonnier ! Quelqu’un qui persévère dans le mal ce n’est pas seulement quelqu’un qui paralyse la société, c’est quelqu’un qui paralyse l’esprit et je peux paralyser l’esprit en voulant me damner et damner le monde autour de moi. Les héros dostoïevskiens sont ceux qui sont des Christ du néant, des prophètes de la nuisance. D’où l’aspect très troublant de la persévérance. C’est là où il nous faut réfléchir. Le problème de la persévérance est le problème de la condition humaine, c’est le problème de la maladie, de la souffrance et de la mort. Ce qui fait la difficulté de la condition humaine : c’est qu’elle est autant marquée par des choses merveilleuses, pleines de vie, que par des choses terrifiantes pleines de mort. La condition humaine est capable de sainteté et de damnation. En ce sens l’humanité est malade, elle est en exil et ce qui se trouve autour de nous se trouve en nous. Il y a en nous des forces de vie et des forces de mort. Et ce qui est plus ennuyeux, c’est ce qui fait la rencontre de la vie et de la mort, se fait à l’intérieur même de quelque chose d’admirable qu’est la persévérance. Rien n’est plus magnifique que l’homme persévérant et rien n’est plus terrifiant que l’homme persévérant.
3) Quelle est la raison de ce paradoxe?
Pourquoi en sommes-nous là ? Nous en sommes là pour des raisons spirituelles, philosophiques, profondes. Nous en sommes là parce que nous ne pensons pas. Et c’est pas la pensée au sens intellectuelle, pas la pensée au sens du professeur de philosophie ou de l’historien des systèmes, c’est la pensée au sens du cœur, au sens de la profondeur du cœur humain. Ce n’est pas la pensée qui appartient à une minorité de personnes éduquées : c’est la pensée de tout le monde. Si l’humanité est malade, c’est par manque d’Esprit. Qu’est-ce que ça veut dire l’Esprit ? L’Esprit ça veut dire qu’il faut arrêter d’être englué par la matière : nous sommes dans les choses et pas dans la relation avec les choses. Cà a veut dire notre bêtise collective et la mienne d’abord ! Nous sommes totalement passifs dans la vie et à attendre des vérités qui tombent du ciel et qui sont toutes réalisées : c’est ce qui fait qu’on est dans le bien et dans le mal. Le bien et le mal ça veut dire quoi, ça veut dire que quand on part de la persévérance on ne pense pas la persévérance mais on juge la persévérance. Les uns disent c’est très bien et les autres disent c’est très mal. Et pourquoi ? Parce que l’on veut des solutions toutes faites qui tombent du ciel : on veut du bien et on veut du mal. Cà veut dire que nous sommes morts, nous sommes dans l’inertie totale de notre être. Les uns disent la persévérance c’est très bien parce qu’il faut rester fidèle à ses convictions, les autres disent non, non, il faut changer dans la vie, il faut varier quoi ! Le monde s’oppose autour de la fidélité et l’infidélité. Et on en reste là ! Il semble un moment que nous sommes opposés mais cette opposition n’en est pas une : c’est la même façon d’être passif à l’égard de l’existence. Et cette passivité elle vient d’une pulsion très profonde dans l’être humain : ce matin je vais ouvrir ma fenêtre et je vais trouver la vérité qui va me tomber du ciel. Je regarde le monde extérieur et je juge de la vérité du monde, du bien et du mal par rapport à ce qui se passe dans le monde. Alors le monde se passe bien et bien ça va bien, le monde se passe mal et bien ça va mal ! Je me fixe complètement sur l’extérieur pour savoir ce que je dois penser. Je ne persévère pas dans mon être : je suis totalement velléitaire et dépendant. Qu’est ce qui fait la profondeur d’une pensée ? C’est d’arrêter de regarder le monde pour savoir ce qu’il en est du bien et du mal, du beau et du laid, du vrai et du faux et c’est de rentrer à l’intérieur de soi-même. Et donc là nous commençons à rentrer dans quelque chose de profond qui nous permet d’aller à la racine des problèmes. Au lieu d’être dans les choses, on est dans la relation aux choses, la relation avec le monde extérieur. Il ne s’agit pas d’abolir les choses ou d’abolir le monde extérieur, il s’agit d’avoir une relation. L’importance ce n’est pas la persévérance….l’important c’est toi. Est-ce que tu as une relation avec toi ? et est-ce que tu continues à avoir une relation avec toi ? Là on change complètement de perspective par rapport à la persévérance. On ne va pas parler de la persévérance dans l’abstrait :c’est bien, c’est mal ; on va vivre la persévérance. Et vivre la persévérance est vivre quelque chose qui est de l’ordre de soi-même. Je m’aperçois que je ne suis pas persévérant, personne d’entre nous ici n’est encore vraiment persévérant même si certains ont commencé un travail intérieur. L’important est d’être soi-même….d’être soi-même ! Un être humain a en lui des forces de vie et de mort mais pas simplement, il a lui-même une relation par rapport à la vie et à la mort. Tant qu’il n’est pas lui-même il est submergé par la vie et la mort : un jour c’est la vie, un jour c’est la mort. Un jour ça va , un jour ça va pas. Un jour il trouve que la persévérance c’est bien et un jour il trouve que c’est pas bien ! Parce qu’il ne vit pas ! Mais dès lors qu’il vit, tout d’un coup il trouve l’autre persévérance :une persévérance qui n’est pas extérieure mais une persévérance intérieure qui s’appelle l’amour de soi-même. Penser et aimer soi-même c’est la même chose. Penser, c’est avoir de l’intérêt pour ce qui vit en moi. Si on fait l’expérience de rentrer dans la sensation de nous-mêmes, on entre dans l’écoute de nous–mêmes, et on va trouver que c’est extrêmement intéressant de vivre comme ça !Parce que c’est extrêmement savoureux !Parce que c’est extrêmement délectable ! Et là on va découvrir quelque chose d’extraordinaire : la persévérance n’est pas une affaire de volonté. C’est très curieux, je m’imaginais que la persévérance était une qualité de volonté, une force de résistance extraordinaire. Je me disais, seule une élite peut y parvenir ! comment je peux faire pour avoir de la volonté ? Et là je m’aperçois que je n’ai pas besoin de volonté. Je n’ai pas besoin de persévérer pour que ça persévère en moi : ça persévère tout seul ! Il y avait une persévérance à laquelle je n’avais pas pensé. Il y avait pour moi la persévérance du héros, l’homme fidèle qui est impassible par rapport à l’adversité ou alors l’homme diabolique qui persévère dans le mal.


  1. Comment peux-t-on en sortir :

Il existe une troisième persévérance. Une persévérance qui persévère toute seule ! Tient ! Tout à fait étonnant !

Deuxième découverte importante. Je fais l’expérience de la pensée …et quand je fais l’expérience de la pensée, je médite sur ce qui se passe à l’intérieur de moi : et qu’est ce que je découvre ? Je m’aperçois que la troisième persévérance ne s’oppose à rien : elle n’est ni bonne, ni mauvaise, elle est ! Je sors de la réalité dans laquelle nous sommes. Je sors du bien et du mal, je vais dans autre chose. Je pensais le mode de la persévérance sur le mode du héros ou bien du damné. Celui qui veut, plus fort que les événements, puis à l’inverse, celui qui est faible et qui joue d’une manière perverse avec la réalité. Dans ce cycle là :le mal s’oppose au bien et le bien s’oppose au mal. On est pas persévérant parce qu’on est persévérant mais parce que c’est mal de ne pas l’être, parce que l’on a un certain idéal ,ou, à l’inverse, parce qu’on a assez de l’idéal du héros .On est persévérant parce que le héros veut se débarrasser du damné et le damné veut se débarrasser du héros! On est persévérant pour des raisons qui n’ont rien à voir avec la persévérance. On est persévérant pour régler des comptes, pour imposer un modèle, un idéal, mais finalement on est pas vraiment rentré dans la véritable expérience de la persévérance. L’expérience de la persévérance est que la persévérance vient d’ailleurs que de nous, de plus profond que de nous et il n’y a pas besoin de beaucoup de volonté pour être persévérant, il suffit au contraire de rentrer en soi-même, de commencer à vivre ce qui se vit en nous : ça persévère tout seul !

La persévérance ça veut dire, mes amis : se reposer ! Et je voudrais vous parler du repos :c’est l’essence de la conférence d’en arriver là ! Nous vivons dans un monde extrêmement agité où il est question de héros et de damnés et je voudrais vous emmener ailleurs. Persévérer c’est angélicum et pas diabolicum car elle consiste à comprendre une chose : si vous voulez faire quelque chose d’intelligent en ce monde : ne faites rien !ne pensez à rien ! arrêtez d’agir, arrêtez de penser, arrêtez de vouloir, arrêtez tout ! Et là, on va dans autre chose. Nous avons tous une force de vie en nous : la preuve nous sommes capable de persévérer ! Qu’est ce qu’il faut pour faire vivre cette force de vie en nous : il faut la laisser vivre ! Et comment on la laisse vivre ? En étant de moins en moins actif, en étant de moins en moins intelligent. C’est à dire en vivant une expérience de dépouillement. Dépouillement par rapport à l’action, dépouillement à l’égard de l’intelligence. Réfléchissez avec moi :si au lieu de penser par rapport à un idéal, j’arrête de penser en me dépouillant de ma pensée… Nous loupons la persévérance et nous avons un modèle de la persévérance très culpabilisant ou nos rapports avec la persévérance sont des rapports pervers car nous ne sommes pas allés dans la racine du mal. Pourquoi avons-nous des gens qui se prétendent diaboliques ? parce que nous avons des gens qui se prétendent angéliques. Et il nous faut sortir du couple entre le diable et l’ange. Prenons le pervers, le vicieux , le salaud, le damné : c’est un être qui aimerait être angélique mais qui n’y arrive pas et qui se dit je n’y arriverais jamais ! Il désespère de lui-même : alors à défaut d’être angélique ,il va être diabolique.. Quelqu’un qui persévère dans le mal : c’est quelqu’un qui réagit à l’injonction culpabilisante qu’on lui a dit un jour. On lui a dit : « Tu te trompes » et d’une telle manière qu'on l’a humilié. Pour sauver sa peau, il va tomber dans un orgueil fou et dément : il va persévérer, s’acharner dans l’erreur pourquoi ? Pour essayer de sauver sa dignité, son identité : je ne veux pas être identifié à quelqu’un qui fait le mal et qui est le mal. Coupable de ne pas être un ange, il va sauver sa peau en étant un diable. Un diable est un ange qui est monstrueux car coupable de ne pas arriver à être un ange. Qu’est-ce qui se passe à la base de notre problème du monde ? C’est en général l’idéalisme, le bien et l’angélisme. Nous avons devant nous des idéaux de héros et face à cela une humanité qui est coupable de ne pas être des héros et qui rentre dans la mauvaise foi et qui finit de persévérer dans le mal au lieu d’aller dans leur côté angélique. Comment sortir de cette maladie qui crée des maladies sociales, psychologiques, des maladies humaines, des maladies corporelles ? Il faut arrêter de vouloir être un ange, il faut arrêter de vouloir quoi que se soit et il faut remplacer l’ange et le diable par nous, par toi. Arrête de t’occuper du bien et du mal, occupe-toi de toi ! Il y a quelque chose qui se vit en moi qui est extrêmement savoureux et je finis par persévérer dans ce côté extrêmement savoureux si je le laisse vivre à l’intérieur de moi. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire une mutation spirituelle. Il y a deux phrases pour moi les plus importantes de l’évangile : « Le royaume des cieux n’est pas accessible à celui qui ne sera pas né une deuxième fois » et « ce n’est pas moi qui vit mais c’est Lui qui vit en moi ». Là nous avons affaire à une persévérance intelligente.

Il y a en nous une force de vie, il importe de rentrer en nous, d’entrer en nous pour la faire vivre et la laisser vivre et devenir les mains, les yeux, les oreilles de cette force de vie. Nous nous apercevons que cette force de vie persévère en nous sans que nous ayons besoin de devenir des héros et sans que nous ayons besoin de culpabiliser ceux qui ne sont pas d’être des héros en les obligeant quelque part à rentrer dans la mauvaise foi, pour essayer de sauver leur identité de façon désespérée. Il existe une persévérance dont personne ne nous a parlé. Une persévérance qui n’est ni de la volonté et du bien, ni de l’ordre du mal mais une persévérance qui vient d’ailleurs. Ce qui fait que nous persévérons vraiment c’est que nous laissons agir les forces d’en haut dans notre humanité d’en bas : « Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel ». L’avènement du nom, du règne et de la volonté, c’est le problème de la persévérance. Que, à un moment, le principe actif de moi-même, soit le vivant qui soit en moi-même et non pas le moi. Autrement dit : le gros problème de l’être humain est le suivant :c’est la relation entre le moi et la vie. Il est important d’avoir un moi, il est important de laisser faire la vie à l’intérieur du moi. Souvent nous avons un moi, mais nous oublions à laisser à la vie d’agir en nous. Et du coup nous rentrons dans des mécanismes psychologiques et sociaux infernaux qui font que d’un côté nous proposons des idéaux et de l’autre côté nous avons affaire à des transgressions par rapport à ces idéaux. Nous avons une telle manière à persévérer dans le bien qu’elle désespère une partie de l’humanité et elle se met à désespérer dans le mal. Et tout le monde désespère et tout le monde persévère d’une manière désespérante. Parce que la persévérance n’a pas été purifiée. Ce qui m’intéresse dans le message chrétien est l’idée de la mutation et de la transformation : dans le monde chrétien on a dit souvent il faut se repentir mais je crois que les gens ont confondu se repentir et se culpabiliser. Ils en viennent à s’accuser de péchés stupides qu’ils n’ont pas commis. Ma belle mère à 12 ans ne savait plus quoi raconter au curé comme péché, elle a lu la liste et le curé lui demande quel péché elle a fait cette semaine et elle répond : cette semaine j’ai fait l’adultère. Il s’agit pas de se culpabiliser mais de changer de vie. Changer de vie n’est pas culpabiliser, mais au contraire : arrêtez de vous culpabiliser et arrêtez de vous idéaliser car quand vous vous idéalisez, vous culpabilisez et quand vous vous culpabilisez, vous idéalisez et quand vous vous culpabilisez et vous vous idéalisez, vous emmerdez tout le monde et vous vous emmerdez vous- mêmes ! Arrêtez d’emmerder le monde ! C’est ça que veut dire le repentir ! et à l’inverse, revenez au divin qui est à l’intérieur de vous et qui ne demande qu’à vivre et à persévérer en vous. Et là vous allez soigner votre âme, vous allez soigner votre corps, vous allez soigner l’âme et le corps des autres…Nous touchons vers la deuxième médecine, je parle ici à des psychanalystes, à des psychologues, à des responsables sociaux, à des infirmières, à des thérapeutes, à des médecins, à des gens qui sont investis dans la souffrance de la société. Je crois qu’il y a une médecine qui appartient à des gens compétents, une médecine officielle qui demande un véritable savoir mais je pense qu’il y a une médecine qui appartient à tous. De la même manière qu’il y a une théologie, une philosophie qui appartiennent à des spécialistes et une théologie et une philosophie qui appartiennent à tous. Il n’est pas donné à tout le monde d’être un médecin mais il peut être donné à tout le monde d’être un thérapeute. C’est à dire par un travail intérieur, de laisser vivre en nous la force de vie qui ne demande qu’à vivre et qui fait qu’à un moment nous devenions ses yeux, ses mains et ses oreilles ! Cette force agit à travers nous, elle persévère à travers nous, elle n’idéalise rien et ne culpabilise rien. Elle permet simplement d’être juste, elle donne envie aux autres de persévérer dans leur être ! Nous sortons d’un cercle infernal dans lequel nous sommes. Lorsque la persévérance est diabolique on ne parle plus que de changement, et quand le changement devient stupide on se rabat vers une apparence de persévérance qu’on appelle le conservatisme. Notre monde est traversé par le dualisme du progressisme, du bougisme et du conservatisme et nous n’en sortons pas. Pourquoi ? parce que ce n’est pas le vivant qui parle en nous, c’est celui qui ne vit pas et qui se raccroche à des modèles extérieurs. Ce qui est important c’est d’aller dans la nouvelle vie, c’est d’aller dans le changement de vie qui permet de laisser vivre en nous notre force et notre vie intérieures. Là nous pouvons beaucoup apporter aux êtres parce que dans toute chose il faut porter ce que l’on sait et ce que l’on est. Un médecin va apporter ce qu’il sait, mais un moment il faut apporter ce que l’on est. Et cela se fait lorsque l’on laisse parler non pas le moi qui est en nous mais le vivant qui est en moi. La persévérance est une chose tout à fait étonnante car c’est quelque chose qui vient d’ailleurs ! Nous ne sommes pas persévérants quand nous sommes volontaires, diaboliques mais quand nous sommes habités et nous sommes vivants. Le monde est malade, non pas parce qu’il manque de volonté, il est malade parce qu’il manque de vie ! Il nous appartient d’être des vivants. Il nous faut introduire cette thérapie du vivant à l’intérieur de nous pour soigner nos sciences et nos pratiques qui sont malades à cause de la volonté, à cause de l’entêtement. Nous opposons un acharnement à un autre, un entêtement à un autre. Il s’agit plutôt d’opposer la vie à la mort. Je vous remercie de votre attention !

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