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Dresser un plan pour comprendre le flux contextuel
Souligner la structure d’un livre ou d’un passage peut souvent aider une personne à suivre le flux de pensée. Certains textes se divisent facilement en une structure évidente. Par exemple :


  1. Éphésiens 5:21—6:9

5:21 (déclaration de thèse) : Se soumettre les uns aux autres dans la crainte de Christ

    1. 5:22-23 femmes et maris

    2. 6:1-4 enfants et pères

    3. 6:5-9 esclaves et propriétaires




  1. Matthieu 5:21-48

    1. Suffisamment en colère pour tuer (5:21-26)

    2. Convoiter les autres sexuellement (5:27-30)

    3. L’infidélité par le divorce (5:31-32)

    4. L’intégrité vaut mieux que les serments (5:33-37)

    5. Ne pas résister (5:38-42)

    6. Aimer son ennemi (5:43-47)

    7. Conclusion : soyez parfaits comme Dieu (5:48)




  1. Matthieu 6:1-18

Déclaration de thèse (6:1) : Exercer la justice pour être vu de Dieu ou vous perdrez votre récompense auprès de lui

    1. Faites la charité en secret (6:2-4)

    2. Priez dans le secret (6:5-15)

      • les instructions pour la prière (6:5-8)

      • exemples de prière (6:9-13)

      • élaborations sur le pardon (6:14-15)

    3. Jeûner dans le secret (6:16-18)

Matthieu 6:5-13 peut également être divisé de la façon suivante :

    1. Ne priez pas comme les hypocrites (6:5)

    2. Priez comme ceci (dans le secret) (6:6)

A’. Ne priez pas comme les païens (6:7-8)

B’. Priez comme ceci (la Prière du Seigneur) (6:9-13)


  1. Psaume 150

    1. Où louer le Seigneur (partout) (150:1)

    2. Pourquoi louer Dieu (ses œuvres et son caractère) (150:2)

    3. Comment louer Dieu (avec tous les instruments disponibles) (150:3-5)

    4. Qui doit louer Dieu (tout le monde) (150:6)




  1. Psaume 1

    1. La voie et la bénédiction du juste (1:1-3)

- Il ne s’assied pas en compagnie des moqueurs (1:1)

      • Il médite la loi de Dieu (1:2)

      • Dieu lui accordera la réussite (1:3)

    1. La voie et le jugement du méchant (1:4-5)

      • Le méchant sera jugé (1:4)

      • Le méchant ne se réjouira pas dans l’assemblée des justes (1:5)

    2. Résumé


Il convient d’ajouter que les plans ne sont pas tous aussi simples que ceux que nous venons d’énumérer ; certains plans de pensée peuvent être plus compliqués. Par exemple, le plan de Romains 1:18-32 peut être tout simple : Dieu juge le monde parce que le monde préfère les idoles à la vérité (Romains 1:18-23) ; il succombe aux péchés sexuels et à tout genre de péché (Romains 1:28-32). Un plan plus complet pourrait aussi révéler le flux d’idées de Paul de façon plus détaillée :
Romains 1:10

demandant continuellement dans mes prières d’avoir enfin, par sa volonté, le bonheur d’aller vers vous.

(Pourquoi ? la raison pour 1:10)
Romains 1:11

Car je désire vous voir, pour vous communiquer quelque don spirituel, afin que vous soyez affermis...
Romains 1:12, afin que

Nous soyons encouragés ensemble au milieu de vous par la foi qui nous est commune, à vous et à moi.
Romains 1:13

Je ne veux pas vous laisser ignorer, frères, que j’ai souvent formé le projet d’aller vous voir (mais j’en ai été empêché jusqu’ici).

[Pourquoi ? raison pour le projet de voyage]
afin de
recueillir quelque fruit parmi vous, comme parmi les autres nations.
[nouveau point grammatical qui continue logiquement l’explication de ce qui précède]
Romains 1:14

Je me dois aux Grecs et aux barbares, aux savants et aux ignorants.

[1:14 justifie 1:15]
Romains 1:15 Ainsi

J’ai un vif désir de vous annoncer aussi l’Évangile, à vous qui êtes à Rome.
[1:16 justifie aussi 1:15]
Romains 1:16 Car

Je n’ai point honte de l’Évangile

[1:16b justifie 1:16a]
car
C’est une puissance de Dieu pour le salut de quiconque croit, du Juif premièrement puis du Grec.

[Pourquoi est-ce une puissance salvatrice pour le Juif et le Grec ? 1:17 justifie 1:16b (le Juif et le Grec viennent à Dieu par le moyen de la foi)].
Romains 1:17 car

En lui est révélée la justice de Dieu par la foi et pour la foi [la base pour connaître ceci], selon qu’il est écrit : « le juste vivra par la foi ».

[Pourquoi le juste doit-il venir par la foi ? Romains 1:17 se rapporte à la section qui suit (1:18-2:29) et au-delà – tous sont perdus].
Romains 1:18 car

La colère de Dieu se révèle du ciel contre toute impiété et toute injustice des hommes (les hommes qui retiennent injustement la vérité captive).

[Pourquoi Dieu est-il en colère ? Il est en colère (verset 18) parce qu’ils auraient dû se méfier (verset 19)].
Romains 1:19 parce que

Ce qu’on peut connaître de Dieu, est manifeste pour eux.
[Pourquoi ?]

Car

Dieu le leur ayant fait connaître.
Comment ?

Romains 1:20 En effet

Les perfections invisibles de Dieu, sa puissance éternelle et sa divinité, se voient comme à l’œil, depuis la création du monde, quand on les considère dans ses ouvrages.
[Résultat : la dernière ligne est le résultat de la ligne précédente]

Donc

Ils sont inexcusables.
[Pourquoi ? la base du résultat se trouve dans la dernière ligne de 1:20, réitérant ainsi la raison des premières lignes de 1:20.]
Romains 1:21-23

Puisque, ayant connu Dieu, ils ne l’ont point glorifié comme Dieu, et ne lui ont point rendu grâces ; mais ils se sont égarés dans leurs pensées, et leur cœur sans intelligence a été plongé dans les ténèbres. Se vantant d’être sages, ils sont devenus fous ; et ils ont changé la gloire de Dieu incorruptible en images représentant l’homme corruptible, des oiseaux, des quadrupèdes, et des reptiles.
[1:24 est la conséquence de 1:23, le péché sexuel (pervertir l’image de Dieu dans l’humanité) provient de l’idolâtrie (pervertir directement l’image de Dieu).]
Romains 1:24 C’est pourquoi

Dieu les a livrés à l’impureté selon les convoitises de leurs cœurs ; en sorte qu’ils déshonorent eux-mêmes leurs propres corps.
[1:25 est la base pour 1:24 ; ce verset répète la pensée communiquée dans 1:21-23.]
Romains 1:25 Car

Eux qui ont changé la vérité de Dieu en mensonge, et qui ont adoré et servi la créature au lieu du Créateur, qui est béni éternellement. Amen !
[1:26 est la conséquence de 1:25 ; ce verset répète et développe la pensée de 1:24.]
Romains 1:26-28 C’est pourquoi

Dieu les a livrés à des passions infâmes : car leurs femmes ont changé l’usage naturel en celui qui est contre nature ; et de même les hommes, abandonnant l’usage naturel de la femme, se sont enflammés dans leurs désirs les uns pour les autres, commettant homme avec homme des choses infâmes, et recevant en eux-mêmes le salaire que méritait leur égarement. Comme ils ne se sont pas souciés de connaître Dieu, Dieu les a livrés à leurs sens réprouvé, pour commettre des choses indignes {s’ensuit une liste de vices}.
Faire un plan des passages peut s’avérer très utile lorsque l’on cherche à véhiculer des vérités bibliques. Des plans plus détaillés de passages peuvent souvent fournir les points principaux d’une prédication ou le plan d’une étude biblique inductive. Dans ce cas, la structure du texte devient la structure de votre prédication ; cela vous pousse à dépendre encore plus de la Bible pour ce que vous allez prêcher ! On peut aussi citer des leçons diverses dans un passage et en faire les points principaux. Ou alors, on peut simplement raconter l’histoire qui se trouve dans le texte et mentionner les leçons au fur et à mesure qu’elles apparaissent. Dans tous les cas, nous pratiquons l’autodiscipline et nous aidons nos lecteurs à mieux comprendre la Bible lorsque nous la traitons passage par passage, plutôt que de sauter d’une leçon à l’autre.

CHAPITRE 5 : L’ARRIÈRE-PLAN DE LA BIBLE
Quelle que soit la communication, certains points sont précisés alors que d’autres sont en quelque sorte laissés à l’imagination. Par exemple, j’écris dans une langue qui, je le présume, sera comprise par mes lecteurs. Si Paul a écrit aux Corinthiens en grec, il présumait donc qu’ils connaissaient le grec. Je présume que mes lecteurs savent ce qu’est une Bible, et je ne me trompe pas en présumant que mes lecteurs savent ce qu’est une voiture, une radio, une igname pilée (quoique les lecteurs de Paul ne connaissaient pas ces choses, sauf qu’il s’agissait de l’Ancien Testament). Paul pouvait de même faire allusion aux coutumes spécifiques que ses lecteurs pratiquaient sans les expliquer, parce que les Corinthiens savaient déjà exactement ce qu’il voulait dire (exemple : « le baptême pour les morts », 1 Corinthiens 15:29). Mais pour pouvoir comprendre ce que Paul voulait dire, nous devons soit connaître le grec soit avoir une traduction, et nous devons soit connaître la culture que les auteurs bibliques partageaient avec leurs auditeurs soit avoir accès aux ressources qui aident à expliquer cette culture. Ce que l’auteur peut présumer comme faisant partie de sa signification faisait tout autant partie de la signification que ce qu’il avait à dire.
Nous avons déjà vu combien le contexte du livre est important étant donné que la plupart des livres de la Bible insistent sur des thèmes particuliers traitant de problèmes particuliers. Nous ne devons pas passer d’un livre à un autre (sauf lorsqu’un livre se réfère spécifiquement à un autre plus ancien et largement circulé), du moins pas jusqu’à ce que nous ayons compris chaque passage dans son propre contexte. Certains livres insistent sur des thèmes particuliers du fait qu’ils traitent de situations particulières. Bien que parfois les gens ne tiennent aucun cas de ces versets, plusieurs versets mentionnent de façon explicite le public auquel ils ont été adressés : par exemple, les chrétiens à Rome (Romains 1:7) ou à Corinthe (1 Corinthiens 1:2). Il est possible d’appliquer ces livres à la génération présente, mais nous devons d’abord prendre au sérieux ce que ces œuvres prétendent être de façon explicite : c’est-à-dire des œuvres adressées à des auditeurs spécifiques à une époque et dans des lieux spécifiques. En d’autres termes, avant de déterminer comment appliquer la signification ancienne à notre époque, nous devons comprendre cette signification ancienne. Ignorer cette étape importante de l’interprétation de la Bible reviendrait à ignorer ce à quoi prétend la Bible.
Lorsque Paul a écrit des lettres, son style d’écriture nous rappelle qu’il traitait de situations spécifiques, comme le font généralement les lettres. Ainsi, par exemple, dans 1 Corinthiens, Paul parle de questions relatives à la nourriture offerte aux idoles, des voiles pour recouvrir les cheveux des femmes et d’autres problèmes que les chrétiens d’aujourd’hui considèrent d’habitude comme s’appliquant uniquement à certaines cultures. La lettre traite également de la division entre les partisans de Paul et ceux d’Apollos, ce qui aujourd’hui n’a pas lieu. Nous devons faire face aux divisions dans l’église, mais aujourd’hui peu de personnes prétendent être partisans d’Apollos. Si nous lisons ces lettres comme des lettres, rappelons-nous de rechercher les situations spécifiques qui y sont traitées.
Nous devrions considérer l’intérêt que suscitaient les récits auprès des premiers auditeurs auxquels ils étaient destinés. Par exemple, si Moïse a écrit la Genèse à ceux qui venaient d’être libérés de l’esclavage en Égypte, c’est qu’ils pouvaient s’identifier volontiers à Joseph qui avait, lui aussi, été esclave en Égypte avant d’être promu au rang de premier ministre. L’accentuation répétée de la promesse de la Terre sainte dans Genèse allait être une source de grand encouragement pour les Israélites qui se préparaient à aller la conquérir.
Ce n’est pas parce que les auditeurs originaux portaient un tel intérêt à la Bible que cette dernière n’est plus d’actualité aujourd’hui. Au contraire, cela nous montre à quel point elle s’adresse à nous. L’enseignement biblique est pour tous les temps, mais pas pour toutes les circonstances.

Quelques exemples d’enseignements culturels dans la Bible
Nous remarquons tous que certains commandements bibliques étaient limités à la période qu’ils traitaient. Moïse a dit de construire une « balustrade » autour du toit afin de ne pas se rendre coupable d’un crime de sang si quelqu’un en tombait (Deutéronome 22:8), cependant la plupart d’entre nous ne construisons pas des clôtures autour de nos toits. Désobéissons-nous à ce passage ? À l’époque de Moïse les gens avaient des toits plats, comme les maisons que j’ai vues près de Kano au Nigeria. Et au temps de Moïse, les gens passaient du temps sur les toits, souvent en compagnie de leurs voisins. Toutefois, si l’enfant d’un voisin tombait du toit, il pouvait se faire mal. Alors Moïse leur recommande de construire un parapet autour du toit pour protéger leurs voisins. Aujourd’hui si nous n’amenons pas nos voisins sur le toit pour bavarder, l’important pour nous ce n’est pas le parapet, mais le principe selon lequel nous devons veiller à la sécurité de notre voisin (par exemple, nous pouvons demander à une personne que nous prenons en voiture de mettre la ceinture de sécurité). Mais nous n’aurions pas découvert le principe si nous n’avions pas compris l’arrière-plan.
Certains aujourd’hui cherchent surtout à se forger une doctrine à partir des lettres de Paul. Prenons l’exemple de certaines lettres du Nouveau Testament. Paul dit à Timothée d’aller à Troas et de lui ramener son manteau (2 Timothée 4:13), pourtant personne d’entre nous n’obéira à cet ordre explicite de l’Écriture en se rendant à Troas pour y chercher le manteau de Paul. (De même que Paul demande à Tite de venir le voir dans Tite 3:12, cette convocation ne s’adresse nullement aux lecteurs d’aujourd’hui.) Même si Timothée n’avait pas eu le manteau, et même s’il existe encore, et même si nous pouvons être sûrs qu’il appartenait à Paul, une seule personne pouvait vraiment récupérer le manteau. Et personne d’entre nous ne peut l’apporter à Paul ! Ce passage de l’Écriture est adressé à une seule personne, à savoir Timothée. De même, devons-nous vraiment nous méfier d’Alexandre le forgeron (2 Timothée 4:14-15) ? Vu le taux de mortalité des personnes âgées de plus de 150 ans, celui-ci est déjà mort depuis longtemps. (Pour d’autres allusions situationnelles, voir par exemple : 2 Timothée 1:2-6 ; 3:14-15 ; 4:20 ; Tite 1:4-5.) Nous pouvons apprendre des principes à partir de la relation de Paul avec Timothée et de ses avertissements contre l’opposition, mais nous ne pouvons pas prendre ses déclarations comme étant des ordres à observer aujourd’hui.
Nous les considérons comme des exemples absurdes ; « ces ordres étaient adressés uniquement à Timothée, » protestons-nous. Notre protestation est correcte ; mais combien d’autres commandements consignés dans 1 et 2 Timothée étaient destinés seulement à Timothée ou à la culture éphésienne du premier siècle ? Nous ne pouvons régler cette question en donnant une réponse approximative. Nous ne pouvons pas non plus ignorer la question et espérer être logiques. Paul savait probablement que l’Esprit le guidait lorsqu’il écrivait (1 Corinthiens 7:40 ; 14:37), mais il est fort improbable qu’il s’attende à ce que les chrétiens appliquent cette lettre à eux-mêmes deux mille ans plus tard, ou même que l’histoire humaine continuerait deux mille ans de plus (cf. 1 Corinthiens 7:29 ; « nous » dans 1 Thessaloniciens 4:17). Si les chrétiens ont essayé d’appliquer cette lettre à Timothée, il faut prendre en considération ce que cette portion de l’Écriture déclare être : une lettre à Timothée (1 Timothée 1:2 ; 2 Timothée 1:2).
De nos jours, plusieurs chrétiens remettent en question la foi de ceux qui n’interprètent pas littéralement chaque texte que nous interprétons littéralement. Pourtant nous refusons tous de prendre certains textes au pied de la lettre, ou du moins nous refusons d’appliquer certains textes directement à nous-mêmes sans tenir compte du fait que notre situation est différente. Paul dit à Timothée d’éviter de consommer de l’eau, mais de prendre un peu de vin pour son mal d’estomac (1 Timothée 5:23). Paul ne dit certainement pas à Timothée de se soûler. À l’époque de Paul, le vin était souvent dilué de la façon suivante : une double portion d’eau pour chaque portion de vin. Et puisque le vin n’était pas distillé, la teneur en alcool n’était donc pas importante. De même, avant d’être réfrigéré et hermétiquement fermé, le jus de raisin qui avait été conservé pendant quelques mois après la dernière vendange comprenait un certain degré d’alcool.
Devrions-nous aujourd’hui dire à chaque chrétien souffrant de maux d’estomac de ne pas boire d’eau mais d’ingurgiter une bière diluée avec de l’eau ? Ou était-ce simplement le meilleur remède disponible à l’époque de Paul en contraste avec notre époque ?
En fait, toute l’Écriture est universellement applicable (2 Timothée 3:16). Cela ne veut pourtant pas dire que l’Écriture n’est pas articulée de façons spécifiquement orientées vers une culture ou un langage particulier. Cela veut plutôt dire que nous devons tenir compte d’une situation lorsque nous interprétons l’Écriture, la lisant comme une étude de cas qui s’applique à des situations spécifiques dans le but de trouver des principes applicables à d’autres situations. Autrement on finirait comme certains missionnaires occidentaux qui mélangeaient leur propre culture avec le message biblique et disaient ensuite aux chrétiens africains de respecter à la fois la Bible et la culture occidentale pour pouvoir devenir de bons chrétiens (ceci ressemble à ce que les opposants de Paul avaient fait en Galatie ; voir Galates 2:3-5 ; 6:12-13).
L’inspiration ne change en rien le genre littéraire d’un auteur ou le type de littérature. Les Psaumes restent des psaumes, un récit reste un récit, et les épîtres restent des épîtres. (Nous traiterons du genre dans un chapitre suivant.) Les lettres pastorales, comme des prédications adressées à des congrégations locales, peuvent contenir côte à côte des exhortations universelles et des exhortations spécifiques à la culture. Ceci est tout aussi vrai dans les lettres bibliques inspirées comme dans d’autres lettres.
Par exemple, j’écris quelquefois des lettres d’exhortation contenant plusieurs principes universels appropriés à la situation que je traite. Cependant, dans ces mêmes lettres, je peux inclure des exhortations applicables seulement à la situation en question. À moins que je n’écrive, m’attendant à toucher d’autres lecteurs futurs qui ne sont pas impliqués dans la situation présente, je ne m’arrêterais jamais pour différencier mes exhortations universelles de celles qui sont spécifiques à la situation. Parce que je veux que toutes mes exhortations aient une signification pour mes auditeurs immédiats, je n’écris pas ces deux genres d’exhortations de façon différente. Je ne les exprime pas non plus dans des formes littéraires différentes.
Un futur lecteur pourra peut-être reconnaître ce que je voulais dire en reconstituant la situation et en comparant mes autres écrits traitant de situations spécifiques. Par conséquent, murmurer contre quelqu’un ne peut en aucun cas être considéré comme quelque chose de bon (1 Corinthiens 10:10 ; Philippiens 2:14), manger la nourriture offerte aux idoles est parfois acceptable (1 Corinthiens 8:10), l’autorité des femmes en tant que ministres de la Parole était parfois limitée et parfois recommandée (cf. Romains 16:1-12 ; Philippiens 4:3).
Paul fait plusieurs recommandations directes que nous n’observons pas ou que nous ne pouvons pas observer aujourd’hui. Combien de chrétiens mettent de l’argent de côté le premier jour de chaque semaine en vue d’une collecte pour les saints de Jérusalem (1 Corinthiens 16:1-3) ? Paul demande à ses auditeurs d’accueillir Épaphrodite (Philippiens 2:29), mais puisque ce dernier est maintenant mort, nous ne pouvons pas accomplir cet ordre au sens littéral du terme. Paul exhorte ses lecteurs à prier pour son ministère et celui de ses compagnons (2 Thessaloniciens 3:1-2), mais il est trop tard pour nous de prier pour leur ministère aujourd’hui. Au lieu de cela, nous apprenons des principes plus généraux sur l’hospitalité et sur le fait de recevoir et de prier pour les serviteurs de Dieu.
Une application transculturelle doit-elle être absurde pour que nous la limitions ? Ou bien ces exemples « absurdes » nous montrent-ils comment lire les lettres de Paul de façon régulière ? Affirmer que seuls les passages clairement limités sur le plan culturel le sont nous poussent à considérer les méthodes d’interprétation. Si ces exemples nous rappellent le style d’écriture de Paul, ils nous rappellent aussi que Paul pouvait librement associer les déclarations transculturelles à celles qui traitaient purement de situations spécifiques. Nous ne devrions pas être surpris par le fait que Paul puisse arriver à communiquer avec ses lecteurs ; en fait, il affirme que c’est ce en quoi consiste sa stratégie missionnaire (1 Corinthiens 9:19-23 ; 10:31-33). De même, aujourd’hui, la plupart d’entre nous s’efforcent de communiquer avec leurs contemporains de manière à ce qu’ils puissent comprendre leur message.
Lorsque Paul exhorte les hommes à prier d’une façon appropriée (1 Timothée 2:8), cela veut-il dire que les femmes ne doivent tenir aucun compte de ce qu’il a à dire ? Ou bien devons-nous présumer que, de même que Paul avait une situation spécifique à traiter dans cette congrégation en ce qui concerne les femmes (1 Timothée 2:9-15), il avait aussi un problème spécifique à l’esprit à l’égard du comportement des hommes locaux (1 Timothée 2:8) ? Sachant que d’autres passages recommandent (Romains 16:1-12 ; cf. Juges 4:4 ; Actes 2:17-18 ; 21:9 ; Philippiens 4:2-3) ou permettent (1 Corinthiens 11:4-5) divers ministères de femmes, est-il possible que les restrictions imposées dans 1 Timothée 2:11-12 traitent d’une situation spécifique ? Les réponses à certaines de ces questions sont très controversées, mais notre désir d’être logiques dans notre façon d’interpréter la Bible peut nous conduire à poser de telles questions.
La fonction d’un « évêque » (1 Timothée 3:1), comme la plupart des autres fonctions dans les églises locales mentionnées dans le Nouveau Testament, apparaît dans un contexte culturel spécifique. Il était commode pour l’église d’emprunter les modèles de leadership utilisés dans les synagogues puisque ces modèles s’étaient avérés efficaces dans le monde romain. Est-il possible que les arguments des dénominations modernes concernant les différentes formes de leadership dans l’église constituent un point entièrement étranger au message de Paul ? Certains qualifient l’exigence selon laquelle une personne doit bien diriger sa propre famille d’exigence transculturelle, de condition essentielle pour pouvoir occuper un poste de responsable dans l’église (1 Timothée 3:4-5). Mais dans une culture où l’autorité paternelle pouvait se traduire par une discipline sévère (en théorie, même par l’exécution), une culture qui diffère clairement de la nôtre, cette façon de voir les choses fait appel aux exigences du monde méditerranéen ancien pour un leadership respectable. Certains considèrent ces modèles de hiérarchie ecclésiale comme des modèles transculturels. Nous allons donc nous tourner vers d’autres exemples clairement spécifiques à une culture.
Les passages riches en instructions adressés non seulement à Timothée mais aussi à l’ensemble de l’église sont peut-être les plus significatifs. Combien de personnes considéreraient l’avertissement selon lequel les jeunes veuves de moins de soixante ans ont tendance à faire des commérages (ce qui est mieux traduit probablement par « faux enseignements », 1 Timothée 5:11-13), ou le fait que les fables circulent surtout parmi les femmes âgées (1 Timothée 4:7) comme un avertissement transculturel ? Ici, par exemple, les veuves ne devaient pas être sur la liste de personnes qui étaient soutenues par l’église à moins d’être âgées d’au moins soixante ans et d’avoir été l’épouse d’un seul homme (1 Timothée 5:9), d’avoir élevé des enfants et lavé les pieds des saints (1 Timothée 5:10) ; elles ne devaient pas non plus avoir de famille pour s’occuper d’elles (1 Timothée 5:8).
Aux États-Unis, les veuves sont prises en charge par les programmes sociaux du gouvernement. Les Africains, plus proches de la culture biblique, les supportent normalement par le biais de la famille élargie. Mais dans la plupart des cultures, il y a si peu de veuves qui ont lavé les pieds des saints que nos églises peuvent prétendre obéir à l’enseignement de Paul en ne les soutenant pas ! Paul recommande aux jeunes veuves de se marier et de ne pas s’engager à faire partie du lot des veuves plus âgées qui sont supportées par l’église (1 Timothée 5:11-14). Mais comment peuvent-elles obéir à ce précepte si elles ne trouvent pas de maris ? Cela n’est pas tout à fait clair. À l’époque de Paul, il y avait une pénurie de femmes (due probablement à la pratique païenne de l’abandon des petites filles à la naissance) ; la plupart des femmes n’avaient donc aucun mal à trouver un mari. Cependant dans plusieurs églises noires américaines, les femmes célibataires sont deux fois plus nombreuses que les hommes célibataires. Par contre, dans certaines parties de l’Inde rurale et de la Chine, les hommes sont plus nombreux que les femmes.
Paul est clair lorsqu’il dit que certaines de ses recommandations dans les épîtres pastorales parlent d’éviter l’apostasie (1 Timothée 5:15) et (un thème associé aux points de vue d’une culture plus élargie) le reproche public (1 Timothée 3:2, 6-7, 10 ; 6:1 ; Tite 1:6-7 ; 2:5, 8, 10). Ceci comprend ses exhortations concernant l’obéissance des esclaves (1 Timothée 6:1-2 ; cf. Tite 2:9-10) que la plupart des chrétiens aujourd’hui acceptent comme s’adressant à une situation culturelle spécifique. Si les principes sont plus contraignants que les exhortations liées à une situation spécifique qui les illustrent, il convient d’analyser la façon dont la situation actuelle diffère de celle du premier siècle, et quels pratiques soutiennent ou entravent le témoignage de l’Église.
Mais cela ne veut pas dire que ces passages n’ont rien à nous enseigner. Paul écrit spécifiquement à Timothée, à Tite, ou aux églises particulières, mais nous pouvons apprendre de sa sagesse inspirée pour leurs situations aussi longtemps que nous nous arrêtons pour réfléchir sur la façon dont cela peut s’appliquer à nos propres situations. La nature humaine et celle de Dieu n’ont pas changé, et nous pouvons tenir compte des changements culturels du moment où nous connaissons quelque chose des cultures bibliques.
Par exemple, Paul a spécifiquement laissé Timothée à Éphèse pour mettre en garde contre ceux qui enseignaient des fausses doctrines (1 Timothée 1:3), et il exhorte Timothée à agir ainsi selon les prophéties qui lui ont été données (1 Timothée 1:18 ; 4:14 ; cf. 2 Timothée 1:6). Il parle aussi des faux enseignants (1:20) qui sont maintenant morts. Bien que Paul ne nous ait pas laissé à Éphèse et que nous n’ayons pas non plus reçu les prophéties de Timothée, il y a ici plusieurs principes transculturels tels que le fait de lutter contre les doctrines dangereuses ou de tenir compte des paroles de sagesse ou des prophéties convenablement éprouvées. Mais une fois de plus, savoir que certaines exhortations ont une application générale ne nous permet pas de présumer que nous savons ce à quoi elles se rapportent sur le plan transculturel avant d’avoir soigneusement étudié la situation.
Lorsque Paul dit à Timothée de boire un peu de vin à cause de son estomac (1 Timothée 5:23), nous apprenons par là qu’il est parfois nécessaire de prendre des médicaments. Dieu guérit souvent de façon instantanée en réponse à la prière mais, à plusieurs autres occasions, il nous donne des moyens naturels par lesquels nous pouvons améliorer notre santé. (Par « naturel », nous voulons dire ce qu’il a créé dans la nature ; nous ne parlons pas des pratiques occultes faisant appel aux mauvais esprits.) Toutefois, reconnaître que ceci est la seule façon d’appliquer certaines paroles des Écritures doit nous inviter à faire preuve de cohérence : ceci est peut-être la façon dont toute Écriture doit être lue pour que l’enseignement puisse porter du fruit (2 Timothée 3:16).
C’est ainsi que Paul lisait souvent l’Ancien Testament : ces événements à la fois positifs et négatifs ont été écrits pour nous servir d’exemples (1 Corinthiens 10:6, 11). De même, nous devons lire les histoires bibliques comme des études de cas, comme des exemples de la façon dont Dieu a agi dans la vie de certaines personnes, et ce, dans différents types de situation. Nous pouvons alors tenir compte des avertissements ou des encouragements lorsque nous décelons des situations similaires aujourd’hui ! Mais nous devons nous assurer que les situations sont vraiment similaires. Par exemple, lorsque nous lisons que Dieu a détruit ceux qui lui avaient désobéi dans le désert (1 Corinthiens 10:6-10), cela ne veut pas dire que ceux qui lui obéissent doivent, eux aussi, craindre la destruction ! Nous ne devons pas simplement appliquer à notre vie chaque passage que nous lisons sans tenir compte de la différence de situation.
C’est la même chose pour les lettres de Paul. Paul traite de situations spécifiques dans une culture spécifique. Nous ne pouvons pas simplement appliquer ces paroles à toutes les cultures directement ; nous ne pouvons pas ignorer les différences non plus. Lorsqu’il parle de se « saluer les uns les autres par un saint baiser » (Romains 16:16 ; 1 Corinthiens 16:20 ; 2 Corinthiens 13:12 ; 1 Thessaloniciens 5:26), il utilise la forme standard de salutation intime dans sa culture. (Les baisers familiaux étaient souvent de légers baisers sur les lèvres.) À l’heure actuelle, les chrétiens doivent toujours se saluer de façon affectueuse mais, dans la plupart de nos cultures, il est très rare que nous nous embrassions, surtout le genre de baiser utilisé à cette époque-là. Bien qu’aujourd’hui les interprètes chrétiens ne soient pas tous d’accord quant aux limites à fixer, personne n’essaie d’exécuter littéralement chaque ordre biblique sans tenir compte de la différence de situation. Personne ne s’est mis en tête d’aller chercher le manteau de Paul à Troas et de le lui ramener.

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