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L’armée des sauterelles de Dieu (Joël 2:9)



Bien que le troisième chapitre de Joël semble décrire une guerre future, les chapitres un et deux décrivent un fléau dévastateur de sauterelles, ressemblant à une armée envahissante (Joël 1:4 ; 2:25). Ce texte ne décrit pas l’église comme une armée spirituelle d’évangélistes (une vérité qui est offerte par plusieurs autres passages dans la Bible). Il décrit plutôt les sauterelles comme un jugement agricole contre les péchés du peuple de Dieu.

La force des faibles (Joël 3:10)



Ce passage n’est pas censé encourager ceux qui sont fatigués à se fortifier. Il ne parle pas non plus de la puissance de Dieu qui s’accomplit dans nos faiblesses (même si ce principe est au cœur du message biblique). Dieu juge les nations qui se sont assemblées contre son peuple pour lui faire la guerre (Joël 3:9). D’un ton railleur, Dieu invite les ennemis de son peuple à se rassembler contre lui, à forger leurs armes et à se dire qu’ils sont forts alors qu’en réalité ils sont désespérément faibles devant lui. Ensuite, il promet de les détruire ! En fait, Dieu se moque des ennemis de son peuple et les invite à se rendre dans la vallée du jugement où ils sont seront jugés (3:12-14).

Le roi de Babylone (Ésaïe 14)



Le contexte général de ce passage nous apprend qu’Ésaïe dénonce un dirigeant, même s’il ne le dit pas de façon explicite. Comme beaucoup d’autres prophètes d’Israël, Ésaïe fait des oracles à l’encontre de différentes nations : Babylone (Ésaïe 13-14), Moab (Ésaïe 15-16), Damas (Ésaïe 17), les empires nubien et égyptien (Ésaïe 18-20), Babylone encore (Ésaïe 21:1-10), Édom (Ésaïe 21:11-12), l’Arabie (Ésaïe 21:13-17), Jérusalem (Ésaïe 22) et Tyr (Ésaïe 23). Ésaïe 14:3-4 nous dit clairement que l’oracle suivant est dirigé contre le roi de Babylone : un oppresseur (14:4), un dominateur (14:5) qui a conquis d’autres nations (14:6). Lorsqu’il est vaincu, les nations se réjouissent (14:7). En parlant au sens figuré, même les cèdres du Liban se réjouissent car il ne pourra plus les couper pour ses projets de construction (14:8). Comment le Seigneur a-t-il abaissé ce roi en brisant son bâton et sa verge (14:5) ?
Le texte dit clairement qu’il est mort : il est descendu dans le séjour des morts (14:9), et d’autres rois se sont réjouis parce que le roi qui les a vaincus est mort comme eux (14:9-10). Son ostentation et sa dignité sont ruinées, le son des harpes s’est tu ; il pourrit maintenant avec des asticots, et les vers consument sa chair (14:11) – c’est-à-dire que son corps est sans vie. Cette description ne s’applique pas au diable mais à un tyran humain qui s’est exalté et par conséquent a été abaissé à cause de son arrogance.
Comme Israël dont la magnificence a été précipitée du ciel sur la terre (Lamentations 2:1), ce roi a, lui aussi, été précipité du ciel sur la terre. À ce moment-là, certains lecteurs pensent que le sujet doit changer et insistent pour dire que le texte se réfère à une chute littérale du ciel. Dans ce cas, disent-ils, elle ne peut s’appliquer qu’à un ange déchu, comme le diable. Cependant il est difficile de prendre les clameurs joyeuses des cèdres du Liban (14:8) au sens littéral. L’image des rois morts montant sur leurs trônes dans le séjour des morts n’est pas non plus littérale dans Ésaïe 14:9 (peuvent-ils encore prétendre au trône ?).
La poésie hébraïque peint les images avec des mots, tout comme la poésie le fait aujourd’hui. Contrairement aux parties non poétiques du livre d’Ésaïe, les parties poétiques sont régulièrement remplies de discours figurés. D’autres textes parlent également des chutes figuratives du ciel (Amos 9:2 ; Matthieu 11:23 ; Luc 10:15).
Les rois de Babylone, comme certains autres rois du Proche-Orient, prétendaient être des dieux (comparer, par exemple, Daniel 3:5 ; 6:7). Proclamer sa divinité en se présentant comme l’étoile du matin, le rejeton du dieu soleil ou le rejeton de la divinité de l’aube ne serait pas contre-nature pour un ancien roi du Proche-Orient, mais il s’agit d’un titre qu’Ésaïe utilise uniquement comme une moquerie dédaigneuse : « Pauvre roi de Babylone ! Tu as atteint le ciel, mais tu as été précipité sur la terre ! Tu as essayé de t’élever au-dessus de Dieu, mais à présent tu es mort comme un homme ! » (Comparer les invectives semblables dans Psaumes 82:6-8.) Les versets 12 à 14 d’Ésaïe 14 se réfèrent au roi de Babylone, tout comme les versets précédents : jadis il avait conquis les nations (14:12) ; il voulait être couronné sur la montagne sacrée (peut-être se référant à la conquête future de Sion à Jérusalem par Babylone) (14:13) et il a été conduit dans le Scheol, le séjour des morts (14:15).
Le contexte suivant insiste encore plus sur ce point : voici « l’homme » qui ébranlait les royaumes (14:16), « l’homme » dont les conquêtes réduisaient le monde en désert, ravageaient les villes, emmenaient les peuples en captivité (14:17). Contrairement aux rois des autres nations qui étaient au moins enterrés en toute dignité dans les tombes royales (un dernier honneur très important pour les peuples anciens), le corps de ce roi a été jeté sur des pierres à l’air libre afin d’y pourrir. Son corps a été foulé aux pieds comme pour le châtier à cause de la violente destruction qu’il avait fait subir à son propre peuple (14:18-20). Ses descendants et ceux de son peuple, Babylone, seraient anéantis (14:21-22). Le texte ne pouvait pas être plus explicite dans son contexte ; cet oracle clair contre le roi de Babylone (14:3-23) s’accomplirait en son temps, et le peuple opprimé de Dieu obtiendrait justice.
Malgré la clarté de ce texte, certaines personnes restent tellement attachées à leur propre interprétation qu’elles se moquent bien de passer à côté du contexte. « Eh bien, peut-être qu’il se réfère au roi de Babylone, mais il doit aussi se référer au diable », protestent-elles. Mais pourquoi ce texte doit-il se référer au diable ? Y a-t-il quelque chose dans ce texte qui ne puisse s’appliquer à un tyran orgueilleux ? Est-ce que les oracles contre les autres nations (les chapitres 13 à 23) contiennent des prophéties cachées contre le diable ? Le diable était-il un simple conquérant terrestre qui a été jeté dans le séjour des morts après avoir été précipité du ciel (14:12, 15) ?
Un jour, un étudiant protesta en ces termes : « Mais nous savons tous que Lucifer se réfère au diable et que le diable a dit qu’il irait au ciel. » Ce à quoi j’ai répondu : « Comment le savons-nous » ? Je fis remarquer que le point de vue selon lequel « Lucifer » se réfère au diable qui avait promis de monter au ciel, est basé sur une interprétation de la traduction anglaise King James de ce texte. Si « Lucifer » apparaît ici, ce serait le seul endroit dans la Bible où il apparaît, mais en fait il n’apparaît pas ici non plus. Le texte hébreu ne parle pas de « Lucifer » ici. « Lucifer » est un nom latin traduit par « étoile du matin ». Si nous admettons que ce texte se réfère aussi au diable, alors pourquoi beaucoup de lecteurs le citent-ils comme s’appliquant au diable, mais pas à celui qui est explicitement annoncé dans ce passage, à savoir un être humain pécheur ? Peut-être que si nous appliquions ce texte plus comme un avertissement contre l’orgueil humain, plusieurs ne voudraient pas prêcher à partir de ce texte pas plus qu’ils ne prêchent à partir des chapitres environnants.
Incapables de présenter des arguments en faveur de leur hypothèse autour d’Ésaïe 14, certains étudiants ont alors déclaré qu’Ésaïe 14 doit se référer au diable parce que c’est ce que fait Ézéchiel 28. Cet argument comporte deux erreurs. Tout d’abord Ézéchiel 28 et d’autres passages peuvent se référer à la chute du diable sans qu’Ésaïe 14 n’en parle. Personne ne nie le fait que certains textes dans la Bible se référent aux anges déchus. J’ai seulement dit que cela n’était pas le cas pour Ésaïe 14. La deuxième erreur dans cet argument est qu’Ézéchiel 28 ne renvoie pas non plus aux anges déchus.

Le roi de Tyr (Ézéchiel 28)



Comme Ésaïe, Ézéchiel prononce, lui aussi, des oracles contre les nations : Ammon (25:1-7), Moab (25:8-11), Édom (25:12-14), le pays des Philistins (25:15-17), Tyr (26:1-28:29), Sidon (28:20-26) et l’Égypte (29:1 à 32:32). Le passage s’applique quelquefois au diable, mais 28:12b-19 est au cœur d’un oracle contre le roi de Tyr. En fait le verset 12 commence ainsi : « Fils de l’homme, prononce une complainte sur le roi de Tyr ! » Personne ne discute le fait que le contexte se réfère au roi de Tyr, mais ceux qui appliquent le texte au diable déclarent qu’il s’applique aussi au roi de Tyr parce que (disent-ils) certains traits caractéristiques du texte ne peuvent s’appliquer à personne d’autre qu’au diable.
Cet argument, comme nous le verrons, n’est pas vraiment correct. La complainte qualifie ce roi de roi arrogant quant à sa sagesse et à sa perfection de la beauté (28:12, 17) – à ce moment-là, Tyr se disait parfait en beauté (27:3-4, 11) et plein de sagesse ; une sagesse qui lui permettait d’acquérir la richesse (28:3-4), une sagesse autoproclamée qui conduisait le roi à penser qu’il était un dieu (28:6) bien qu’il ne soit qu’un être humain (28:8-10). Ce roi était dans le jardin d’Éden, le jardin de Dieu (28:13), ce qui fait penser aux avocats de l’interprétation impliquant le diable que ce texte doit être pris littéralement car, disent-ils, seul le diable était dans le jardin d’Éden. Mais cette déclaration n’est pas vraie : Adam et Ève, qui ont, eux aussi, recherché à devenir les égaux de Dieu (Genèse 3:5), vivaient dans le jardin d’Éden. Ézéchiel compare souvent l’arrogance du roi de Tyr à celui des premiers êtres humains.
Toutefois il existe une meilleure explication que l’interprétation impliquant le diable ou Adam : Ézéchiel compare le roi de Babylone à un chérubin. Ni Adam, ni le serpent ne sont qualifiés de chérubin dans la Genèse. Mais la Genèse fait explicitement allusion aux chérubins dans le jardin : les anges de Dieu qui étaient placés là pour empêcher Adam et Ève de revenir dans le jardin après leur chute (Genèse 3:24 ; cf. Ézéchiel 28:14-15 où il est parlé du « chérubin protecteur »). En d’autres termes, il s’agit d’une image représentant le fait qu’il y avait un certain prestige à vivre dans le jardin de Dieu. (La « montagne de Dieu » (28:14) pourrait faire allusion au Mont Sinaï, comme c’est souvent le cas dans les Saintes Écritures. Dans ce cas-là cependant, l’image des chérubins fait également penser aux chérubins sculptés sur l’arche dans le Temple.) L’intégrité jusqu’au jour où l’iniquité a été trouvée chez lui (28:15) peut aussi faire partie de l’image du chérubin.
Certains ont protesté en disant que le roi ne peut simplement pas être comparé à un chérubin glorieux dans le jardin d’Éden. Cependant, le texte le qualifie de chérubin, et ceci doit être interprété au sens littéral. Ceux qui insistent sur le fait que chaque détail de ces prophéties doit être pris littéralement, démontrent simplement qu’ils ne sont pas logiques dans la manière dont ils interprètent d’autres références au jardin d’Éden dans les chapitres environnants. Le livre d’Ézéchiel est rempli d’images poétiques et graphiques, de métaphores (des comparaisons dans lesquelles une chose est simplement appelée par une autre sans utiliser le mot « comme ») parmi lesquelles une déclaration selon laquelle Pharaon était un arbre du jardin d’Éden, le jardin de Dieu (Ézéchiel 31:1-18 ; il est aussi un monstre marin, 29:3-5). Tirant des images variées à partir du récit de la chute d’Adam et Ève, les prophéties d’Ézéchiel parlent à la fois des chérubins majestueux et des arbres les plus magnifiques du jardin d’Éden (peut-être l’arbre de la vie ou l’arbre de la connaissance du bien et du mal ?). Peut-être que les défenseurs de l’interprétation selon laquelle le personnage mentionné dans ce passage est le diable insistent sur le fait qu’être dans le jardin d’Éden se réfère au diable dans Ézéchiel 28, et non dans Ézéchiel 31 parce que seul Ézéchiel 28 convient à leur point de vue à certains égards.
L’ornement de pierres précieuses (28:13) fait allusion à la grande richesse de Tyr décrite ailleurs en termes de vêtements magnifiques (27:4-7, 24) et de commerce de marchandises variées, y compris de pierres précieuses (27:16, 22). L’iniquité dont il est question dans Ézéchiel 28:15 renvoie à l’iniquité du commerce des marchands syriens (28:16). Il est également fait allusion au « commerce injuste » (28:18). L’orgueil du roi, dû à sa beauté (28:17), rappelle l’orgueil du roi de Tyr qui se dit être un dieu alors qu’il n’est qu’un homme (28:2). Il est fier à cause de la richesse accumulée par Tyr par le biais de son commerce (28:5). Ce feu sortira de lui et le consumera de l’intérieur (28:18), de même que les villes anciennes étaient normalement détruites par le feu sortant de leur sein (cf., par exemple, Amos 1:4, 7, 12 ; 2:2, 5 – surtout Amos 1:10, contre Tyr).
Ézéchiel fait référence à un dirigeant humain très arrogant. Dans ce passage, le dirigeant s’élève dans son orgueil et il est abaissé. L’abaissement est plus explicite dans l’oracle du début du chapitre (28:2-10). Il déclarait qu’il était un dieu couronné au sein des mers (28:2, la ville de Tyr était située au large du littoral phénicien). Dieu dit à Ézéchiel de se moquer de ce roi : parce que tu prends ta volonté pour la volonté de Dieu (28:6), mais Dieu allait se servir des autres nations pour le juger (28:7). Alors, prétendra-t-il toujours être un dieu face à ceux qui le tueront (28:9) ? Il était un « homme », non un dieu, et il allait mourir d’une mort violente et horrible (28:8-10). Cette description peut difficilement être associée au diable qui est un esprit immortel. Il s’agit d’un dirigeant humain qui se déclare être un dieu, un dirigeant qui allait goûter à sa mortalité lorsque Dieu viendrait juger Tyr.
Toutefois, même si ces deux passages se référaient aussi bien au diable qu’aux dirigeants terrestres - bien qu’en contexte ce ne soit pas le cas - pourquoi les défenseurs de ce point de vue appliquent-ils souvent ce passage au diable et cependant jamais aux dirigeants terrestres jugés par Dieu à cause de leur arrogance ? Les exemples de l’arrogance humaine ne seraient-ils pas des passages plus utiles pour des sujets de prédication ou d’enseignement applicables à nos auditeurs ? Je soupçonne que plusieurs croyants présument simplement que ces passages se réfèrent au diable parce que c’est de cette façon-là qu’ils ont toujours été interprétés, mais plusieurs d’entre nous ne les ont jamais examinés dans leur contexte. Quels que soient leurs points de vue, je ne crois pas qu’un lecteur puisse passer outre au point que nous désirons communiquer ici : le contexte de ce passage se rattache aux chapitres qui l’entourent. Lorsque nous cherchons des raccourcis pour lire et comprendre la Bible, nous manquons d’étudier les livres de la Bible de la façon dont Dieu les a inspirés.
Fortifié en vue d’éprouver du contentement (Philippiens 4:13)
Un jour, dans une université chrétienne, un footballeur très troublé s’approcha de son professeur de théologie et lui soumit la situation suivante. Lors de leur match, son entraîneur avait encouragé les joueurs de l’équipe en leur disant qu’ils pouvaient « tout par Christ qui les fortifie », citant Philippiens 4:13. Cependant l’équipe avait perdu plus d’un match. Cet étudiant se demandait pourquoi son équipe ne gagnait pas toujours puisqu’ils pouvaient « tout par Christ. » Le problème, bien entendu, ne vient pas du texte mais de l’interprétation du joueur et de son entraîneur. Le footballeur présumait que Paul, lorsqu’il a écrit ce texte, faisait allusion à des situations telles que la victoire lors d’un match de football.
Remerciant les Philippiens de lui avoir fait un don (4:10, 14), Paul remarque qu’il a appris à se contenter de peu et de beaucoup (4:12). Il peut tout faire par Christ (4:13). Dans ce contexte, il dit que, par la force de Christ, il peut se réjouir dans l’abondance comme dans le dénuement.
Aujourd’hui, nous devrions apprendre à nous réjouir, quelle que soit la situation, sachant que Christ nous fortifie de manière à ce que nous puissions supporter la persécution, le ridicule, ou même la défaite lors d’un match de football.


La foi qui sauve par l’Évangile (Romains 10:17)



Certains affirment qu’il est important de se répéter les versets à haute voix en s’appuyant sur Romains 10:17 : « la foi vient de ce qu’on entend, et ce qu’on entend vient de la parole de Christ. » Il est important de mémoriser les versets bibliques (si nous les comprenons dans leur contexte), certes, mais ceux qui pensent que c’est à cela que renvoie ce verset particulier devraient réexaminer le contexte de Romains 10:17.
Paul affirme que personne ne peut être sauvé à moins d’écouter cette parole, ce message de Christ (10:14-15), la prédication des témoins (10:16). C’est aussi au travers de la « parole » de leurs bouches et de leurs cœurs qu’ils sont sauvés (10:8-10). La foi ne pouvait venir qu’en écoutant cette parole, l’Évangile de Christ (10:17). Contrairement à Hébreux 11:1 où le terme « foi », dans son contexte, renvoie à une foi persévérante, ce passage se réfère à la foi qui sauve. Personne ne peut être sauvé avant d’avoir entendu la vérité au sujet de Jésus.

1 Corinthiens 13:8-10 en contexte



Paul dit que les dons spirituels comme la prophétie, le don des langues et la connaissance cesseront lorsque nous n’en aurons plus besoin (1 Corinthiens 13:8-10). Certains chrétiens lisent ce passage comme s’il disait : « les dons spirituels comme la prophétie, le don des langues, et la connaissance ont cessé lorsque le dernier livre du Nouveau Testament a été écrit. » Cette interprétation de 1 Corinthiens 13 ne tient aucun compte de l’ensemble du contexte de 1 Corinthiens qui est une lettre adressée aux Corinthiens du premier siècle. À cette époque, ils n’avaient jamais entendu parler du Nouveau Testament. Si Paul avait voulu parler de l’achèvement du Nouveau Testament, il l’aurait indiqué plus clairement, en commençant par expliquer ce en quoi consistait l’ajout d’un Nouveau Testament à leur Bible.
Au lieu de cela, le contexte nous apprend que Paul veut dire que les dons spirituels cesseront lorsque nous connaîtrons Dieu comme il nous connaît, lorsque nous le verrons face à face (13:12 ; lorsque nous ne verrons plus comme à travers un miroir – cf. 2 Corinthiens 3:18 [le seul endroit où Paul utilise le terme]). En d’autres termes, les dons spirituels doivent continuer jusqu’au retour de notre Seigneur Jésus à la fin des temps. Ils doivent faire partie intégrante de notre expérience chrétienne aujourd’hui.
Un examen plus large du contexte révèle encore plus ce à quoi Paul se réfère dans ce passage. Dans les chapitres 12 à 14, Paul s’adresse à ceux qui abusent de certains dons spirituels. Il affirme que Dieu a doté tous les membres du corps de Christ de dons en vue de l’édification du peuple de Dieu. Ceux qui utilisaient les dons de Dieu de manière à blesser les autres abusaient des dons que Dieu leur avait donnés pour aider les autres. C’est pour cette raison que Paul utilise trois paragraphes sur le sujet de l’amour au milieu de sa discussion sur les dons spirituels. Les dons sans l’amour sont inutiles (13:4-7) ; les dons sont temporaires (pour cette génération seulement) mais l’amour est éternel (13:8-13). Nous devrions aspirer aux dons les meilleurs (1 Corinthiens 12:31 ; 14:1), et l’amour nous permet de discerner les dons qui sont les meilleurs pour une situation donnée, ceux qui édifient les autres.
Le contexte de toute la lettre de Paul insiste encore plus sur ce point : la description de Paul de ce qu’est l’amour dans 1 Corinthiens 13:4-7 contraste en tous points avec ses premières descriptions des Corinthiens dans sa lettre, à savoir qu’ils sont égoïstes, vantards, etc. (1 Corinthiens 3:3 ; 4:6-7, 18 ; 5:2). Beaucoup de choses jouaient en faveur des chrétiens corinthiens, comme l’église de Laodicée (Apocalypse 3:14-22), mais ils n’avaient pas ce qui était plus important que tout : l’humilité de l’amour.

La foi persévérante (Hébreux 11:1)



Hébreux 11:1 déclare ceci : « Or la foi est une ferme assurance des choses qu’on espère, une démonstration de celles qu’on ne voit pas. » Bien que le verset exprime la foi en termes de ce que l’on espère, insistant sur un élément futur, certains prédicateurs populaires ont insisté sur le premier mot du verset qui est traduit (dans plusieurs traductions) par la conjonction « or » (qui, selon le texte original, signifie également « maintenant »). Ils considèrent ‘maintenant’ comme un adjectif qui décrit la foi. Le texte hébreu dit ‘maintenant – la foi’. Donc, pour eux, si ce n’est pas ‘maintenant’, ce n’est pas ‘la foi’. Par conséquent, ils déclarent que, pour recevoir une réponse immédiate, il faut avoir la foi. Ceux qui croient simplement que Dieu répondra éventuellement à leur prière n’ont pas la foi.
D’autres passages peuvent insister sur l’importance de croire en Dieu dans le présent (comme la femme atteinte d’une perte de sang qui avait touché le vêtement de Jésus), mais ceci n’est pas le cas dans le passage en question. D’abord, le mot ‘maintenant’ n’est pas un adjectif mais un adverbe. Donc le texte français, s’il se référait au temps, ne signifierait pas ‘maintenant-la foi est’, mais plutôt ‘la foi est habituellement’ (c’est-à-dire que ‘maintenant’ ne décrit pas la foi).
En outre, le passage n’a pas été écrit en français. Il a été écrit en grec, et le mot grec traduit par ‘maintenant’ ici n’a rien à avoir avec le temps. Il veut simplement dire ‘mais’ ou ‘et’ – « et la foi est… ». Les prédicateurs populaires se sont tellement empressés de diffuser leur doctrine qu’ils ne se sont même pas donnés la peine de rechercher le verset dans le texte grec.
Le contexte montre clairement que le verset parle d’une récompense à venir et non pas d’une récompense actuelle. Les premiers lecteurs de l’épître aux Hébreux avaient enduré de grandes souffrances (Hébreux 10:32-34). Certains ne recherchaient plus Christ de tout leur cœur, et d’autres étaient en danger de s’éloigner de la foi (10:19-31). L’auteur biblique exhorte donc les lecteurs à ne pas abandonner leur espoir que Dieu les récompensera s’ils persévèrent (10:35-37). Il espérait qu’ils persévéreraient dans la foi plutôt que de retomber dans la destruction (10:38-39). Cette foi persévérante était la foi qui s’emparait des promesses de Dieu pour le futur, le genre de foi dont les grands héros de la foi avaient fait preuve dans le passé. Nous savons, par exemple, qu’Énoch avait cette foi parce que la Bible dit qu’il était agréable à Dieu, et personne ne peut être agréable à Dieu sans une telle foi (11:5-6).
La plupart des exemples de foi dont il est question dans Hébreux 11 sont des exemples de foi persévérante dans l’espoir d’une récompense future : Abraham a quitté sa terre natale pour aller dans une ville dont Dieu était l’architecte et le constructeur (11:8-10) ; Joseph a vu longtemps à l’avance l’exode qui allait venir après sa mort (11:22) ; Moïse a rejeté les trésors de l’Égypte du moment en faveur d’une récompense à venir (11:24-26), et ainsi de suite. L’auteur biblique termine en mentionnant les héros de la foi qui ont souffert et sont morts sans recevoir la délivrance de leur vivant (11:35-38). En fait, bien que l’histoire vante la foi des héros de ce chapitre, l’auteur déclare qu’aucun d’eux n’a reçu ce que Dieu lui avait promis (11:39-40).
Pour terminer, l’auteur biblique attire l’attention sur l’ultime héros de la foi – le chef et le consommateur de notre foi - qui a souffert la croix dans l’espoir de sa récompense future, la joie de son élévation à la droite de Dieu (12:1-3). Si tous ces hommes et femmes de foi ont souffert dans le passé, pourquoi les Hébreux se dérobent-ils au fait de verser leur sang (12:4), aux épreuves temporaires que Dieu leur infligeait pour les reprendre (12:5-13) ? Au lieu de rétrograder (12:14-29) à cause de leur persécution, ils devraient rester fermes en Christ et ne pas s’éloigner de l’appel qui leur a été lancé. « La foi », dans ce contexte, ne renvoie pas à un élan momentané de conviction mais à une persévérance éprouvée par les difficultés et le temps en comptant sur les promesses de Dieu pour l’avenir.

Frapper à la porte (Apocalypse 3:20)



Ici, Jésus ne frappe pas à la porte d’un pécheur individuel, mais plutôt à celle d’une église pécheresse ! Tandis que Jésus avait mis devant une église une porte ouverte, l’invitant à entrer dans sa présence malgré les fausses accusations de leurs persécuteurs (Apocalypse 3:8), une autre église lui ferme la porte au nez. Les us et coutumes de l’Antiquité en matière d’hospitalité exigeaient que l’on partage la nourriture avec un invité, mais l’église de Laodicée, à cause de sa fatuité arrogante, avait mis Jésus dehors (3:17-18). Il voulait que ces chrétiens se repentent et expriment à nouveau leur besoin d’un Sauveur (3:19).

Dieu a donné son fils (Jean 3:16)



Le contexte indique que Dieu a donné son fils lorsque Jésus a été élevé (3:14-15). Dans le contexte du reste de l’évangile de Jean, cela veut dire qu’il a été « élevé » sur la croix (voir 8:28 ; 14:32-33). Dieu a donné son fils lorsque Jésus est mort pour nos péchés. Ceci est l’expression la plus importante de son amour pour l’humanité.

Chercher premièrement le royaume (Matthieu 6:33)



Les Juifs utilisaient souvent les gentils (les non Juifs qui étaient généralement considérés comme des « païens ») comme des exemples de ce que les Juifs intègres devaient éviter à tout prix. Les « païens » recherchaient la nourriture, la boisson et les habits ; mais Jésus dit aux disciples qu’ils ne doivent pas rechercher ces choses (6:31-32). Au lieu de cela, les disciples de Jésus doivent chercher son royaume, et ces autres choses – les besoins fondamentaux de la vie – leur seront données par-dessus (6:33). Ce n’est pas un hasard que Jésus vienne juste d’enseigner à ses disciples de prier d’abord pour que la volonté de Dieu soit faite (6:9-10) et seulement après pour leurs besoins (6:11-13).

Les ambassadeurs pour Christ (2 Corinthiens 5:20)



À chaque fois, ou presque, que le « nous » est utilisé dans les chapitres précédents (et probablement même au verset 21, bien que cela soit une source d’arguments), Paul fait allusion à lui-même et à ses collègues dans le ministère. Dans 5:20, Paul ne qualifie probablement pas tous les chrétiens d’ambassadeurs, mais seulement ceux qui apportent le message de réconciliation de Dieu. Après tout, ceux qu’il supplie de se réconcilier avec Dieu sont les chrétiens corinthiens qui ne sont pas des ambassadeurs mais qui ont besoin que des ambassadeurs soient envoyés auprès d’eux (6:1-2).
Dans l’idéal, tous les chrétiens devraient annoncer le message de réconciliation de Dieu mais, dans la pratique, la plupart des chrétiens corinthiens ne le faisaient pas. Les chrétiens corinthiens agissaient comme des non chrétiens, par conséquent Paul et ses collègues agissaient comme des représentants de la justice de Christ auprès d’eux, tout comme Christ a représenté notre péché pour nous sur la croix (5:21). (Paul utilise peut-être une hyperbole, c’est-à-dire une figure de style qui consiste à mettre en relief une idée au moyen d’une expression imagée.)

Les témoins (Hébreux 12:1)



Dans ce cas, toutes les traductions ne rendent pas de façon claire le terme « témoins » selon le contexte de 12:1. Cependant, le concept est au moins évident dans quelques traductions. Dans le contexte précédent, Dieu « témoigne » fréquemment, ou fournit « le témoignage » que ses serviteurs ont été fidèles (11:2, 4-5, 39). Il est donc possible qu’il se réfère aux justes dont il est question dans Hébreux 11 comme à ceux qui témoignent de ce qu’ils savent au sujet de Dieu. Ceux-ci ne sont peut-être pas des « témoins » comme ceux qui regardent un match au stade mais plutôt comme ceux qui « témoignent » en faveur de la vérité qu’ils ont découverte sur Dieu.

La justification de Dieu (Ésaïe 54:17)



Le contexte indique que le passage met l’accent sur le peuple de Dieu. Israël a péché, et il a été jugé. Le moment est venu pour lui d’être restauré. Ceux qui ont essayé de s’opposer à Israël seront écrasés. Un principe ressort ici, à savoir que Dieu fait justice à son peuple, mais ce n’est pas une garantie pour chaque circonstance à court terme et pour chaque personne (quoiqu’il protège souvent les chrétiens, ce n’est pas toujours le cas ; plusieurs chrétiens meurent en martyrs fidèles). Cependant, nous sommes encouragés de savoir que Dieu finira par justifier ses serviteurs et ses projets dans l’histoire. Donc, quoique nous endurions, nous pouvons être assurés de la fidélité de Dieu à la longue et de sa justification si nous lui restons fidèles.

Le véritable cœur d’un hôte dans Proverbes 23:7



Dans le monde méditerranéen de l’Antiquité, le partage de la nourriture obligeait les gens à être fidèles les un envers les autres. Mais Proverbes avertit que vous ne pouvez pas avoir confiance en votre hôte s’il est égoïste. Il peut vous encourager à manger autant que vous voulez, mais si vous lui faites confiance, vous le regretterez bien vite. Ce qui importe ce n’est pas ce qu’il vous dit, mais ce qu’il pense véritablement dans son cœur (23:6-8).

La délivrance du psalmiste (Psaume 18:7-15)



Le langage du Psaume 18:7-15 ressemble à un événement cosmique qui ébranle toute la création. Mais les chants israéliens du monde antique, comme certaines de nos chansons aujourd’hui, peuvent exprimer la louange de façon poétique. Dans ce cas-là, le psalmiste décrit une situation lors de laquelle Dieu l’a personnellement délivré (18:4-6, 16-19). La délivrance ressemble à quelque chose qui a influencé toute la création, mais en fait elle reflète l’expérience spectaculaire du psalmiste ; d’après lui, l’intervention de Dieu semblait trop remarquable pour être racontée en des termes moins poignants.

L’amour marital (Cantique des cantiques 2:1-2)



Plusieurs chants chrétiens décrivent Jésus comme le « lis des vallées », le « narcisse de Saron » et le « plus beau parmi dix mille ». Les chants sont beaux, et ils s’attachent à annoncer que Jésus est la plus grande beauté et le plus grand désir de notre âme. Nous ne devrions pas lire la signification de ces beaux chants en nous référant au Cantique des cantiques sachant que, dans ce livre, le « narcisse de Saron » ne se réfère pas directement ou indirectement à Jésus. Il s’agit d’un ancien chant d’amour qui fait une percée remarquable dans le thème de la romance, du langage du désir et de l’appréciation conjugaux. Il parle aussi des conflits dans le mariage (le bref conflit dont il est question est mentionné dans 5:2-6), du pouvoir de la jalousie (8:6), etc.
Dans la mesure où il reflète la beauté de l’amour conjugal, il nous aide également à exprimer notre recherche passionnée de Christ, mais ceci n’est pas le sujet du livre. Le livre est un exemple pratique de l’amour romantique conjugal. (Par exemple, la « maison du vin » et la « bannière » mentionnées dans 2:4 peuvent faire référence aux coutumes maritales anciennes : pendant que les invités festoyaient à la cérémonie des noces, le fiancé et la fiancée consumaient leur mariage, et on dit qu’ils devaient suspendre dehors une bannière lorsqu’ils avaient scellé leur union sexuelle. Je doute que ces détails renvoient à Christ ; je pense plutôt qu’il s’agit d’une image de l’amour sexuel conjugal dans l’Israël ancien.)
Mais même si le Cantique des cantiques n’était qu’un symbole de Christ et de son Église, comme certains l’ont supposé, le « narcisse de Saron » et le « lys des vallées » ne pouvaient pas se référer à Christ. Selon ce que nous lisons dans la version Louis Second, c’est la mariée qui déclare : « je suis un narcisse de Saron, un lys des vallées » (2:1), c’est-à-dire aussi belle que la plus belle des fleurs ; son fiancé l’a fait se sentir aimée malgré son manque d’assurance (1:6). Le marié la compare aussi à un lys (2:2 ; 7:2) ; elle compare son approche à quelqu’un qui se déplace parmi les lys (2:16 ; 6:2-3 ; lui aussi lui associe cette image dans 4:5). Même si le Cantique des cantiques était une allégorie de Christ et de l’Église (ce qui est très invraisemblable), le « narcisse de Saron » ne renvoie pas à Christ, mais à son Église. Il s’agit plus probablement un exemple du langage romantique qu’un auteur inspiré a pu adresser à sa fiancée, ceci étant comme un guide inspiré mettant l’accent sur l’importance de l’affection romantique dans nos mariages aujourd’hui.

La discipline de l’église (Matthieu 18:18)



Pendant longtemps, j’interprétais ce verset en m’appuyant sur une interprétation populaire erronée. Au début de ma conversion, j’utilisais le passage de Matthieu 18:18 pour « lier » et « délier » les démons lorsque je priais (comme si les démons étaient toujours là à écouter ce que j’avais à dire). Heureusement, Dieu se préoccupe davantage de notre foi que de nos formules, et il a répondu gracieusement à mes prières, que le mot « lier » soit mentionné ou non. Mais un jour j’ai lu Matthieu 18:18 en contexte, et j’ai réalisé que je faisais une mauvaise interprétation du passage. Parce que mes prières avaient « porté du fruit », j’ai décidé de continuer à « lier » et à « délier ». Mais maintenant que je connaissais mieux ce passage, mes prières ne marchaient plus car mon cœur n’était plus intègre devant Dieu lorsque je priais de cette façon-là ! Heureusement Dieu continue à répondre à mes prières au nom de Jésus sans que je n’aie à « lier » qui ou quoi que ce soit.
Que veulent dire « lier » et « délier » dans le contexte dudit passage ? Dans ce contexte, Jésus indique que si un chrétien vit dans le péché, nous devons le confronter. S’il (ou elle) refuse d’écouter, il faut faire appel à d’autres afin d’avoir deux ou trois témoins au cas où le problème doive être porté devant l’église. Si malgré des confrontations répétées dans l’amour cette personne refuse de se repentir, l’église doit l’expulser de la communauté pour l’inciter à se repentir (Matthieu 18:15-17). Dans ce contexte, Jésus déclare que tout ce qu’ils « lieront » ou « délieront » sur la terre sera déjà « lié » ou « délié » dans le ciel, c’est-à-dire que, dans ces circonstances, ils agissent clairement sur l’autorité de Dieu (18:18). Parce que les termes « lier » ou « délier » parlent littéralement d’emprisonner ou de relâcher les gens, et que les enseignants juifs utilisaient ces termes pour décrire leur autorité légale, ces termes ont également un sens dans ce contexte : l’église doit discipliner ses membres qui s’égarent, leur interdisant de participer aux activités de l’église s’ils continuent de pécher contre l’Évangile.
Dans ce contexte, les « deux ou trois » qui prient (18:20) renvoient au deux ou trois témoins précédemment mentionnés (18:16). Lorsque je lisais ce passage, j’avais peur que mes prières soient moins efficaces si je ne trouvais pas quelqu’un pour se joindre à moi dans la prière. Cependant, je me demandais pourquoi ma propre foi serait insuffisante. Mais ce verset ne dit pas que la foi n’est efficace que pour un minimum de deux personnes. Il promet que même si deux personnes seulement sont disponibles et même si les prières ou les actions se rattachent à quelque chose d’aussi sérieux que l’expulsion d’une personne de l’église, Dieu soutiendra les serviteurs qu’il a mandatés.
Peut-être prieront-ils pour que Dieu amène la personne qui s’est égarée à la repentance et à la restauration. Si c’est le cas, Jésus établit un contraste délibéré entre l’attitude requise de ses disciples et celle des deux ou trois témoins qui, dans la loi vétéro-testamentaire, devaient être les premiers à lever la main contre la personne contre laquelle ils avaient déposé (Deutéronome 17:7). Faisant probablement allusion à un adage juif qui circulait pendant les premiers siècles de cette génération – « là où deux ou trois sont assemblés pour étudier la loi de Dieu, sa présence est parmi eux » – Jésus assure ses disciples (particulièrement les témoins) de sa présence même lorsqu’il s’avère nécessaire d’exercer la discipline dans l’église, une situation plutôt difficile (Matthieu 18:20). Bien entendu, le principe de la prière exaucée s’applique à d’autres prières ; dans ce cas-là cependant, l’expression « deux ou trois » est utilisée en référence aux « deux ou trois » personnes qu’il venait juste de mentionner.
Bien que n’ayons pas suffisamment de temps pour nous étendre plus longuement sur la question, ce passage ne soutient en rien la pratique courante selon laquelle nous devons « lier » les démons comme certains le font aujourd’hui. Si le fait de « lier les démons » de la façon dont cela est pratiqué aujourd’hui n’a rien à voir avec ce texte, il apparaît cependant dans certains textes anciens se rapportant à la magie, ce qui rend cette pratique encore plus douteuse. Lorsque Jésus affirme avoir « lié l’homme fort » (Matthieu 12:29), il ne s’adresse pas à Satan en lui disant : « je te lie » avant de chasser les démons. Il a déjà vaincu l’homme fort en surmontant la tentation et en accomplissant la volonté du Père ; par conséquent, il était libre d’exercer son autorité et de chasser les démons.

La seconde venue de Jésus après la résurrection (Jean 14:3)



Jésus dit à ses disciples : « il y a plusieurs demeures dans la maison de mon Père » (14:2). Jésus promet qu’il va préparer une place pour ses disciples mais il reviendra les prendre afin que là où il est ils y soient aussi (14:2-3). En général, les lecteurs présument que Jésus se réfère ici à son retour futur, lorsqu’il viendra nous prendre et nous amener au ciel, ou dans la nouvelle terre. Si nous n’avions que ces versets, ce point de vue pourrait donner lieu à interprétation. Après tout, Jésus parlait souvent de sa seconde venue, et nous serons avec lui pour toujours.
Mais le contexte ici indique que Jésus parle d’une première venue ; ce n’est pas seulement être avec Jésus quand il reviendra dans le futur, mais être avec lui dans nos vies quotidiennes. Comment cela peut-il être ?
Pierre veut suivre Jésus partout où il va, mais Jésus lui dit que s’il veut le suivre là où il va, il doit le suivre jusqu’à la mort (Jean 13:31-38). Quoi qu’il en soit, Pierre et les autres disciples ne devraient pas avoir peur ; ils devraient avoir confiance en Jésus de la même façon qu’ils ont foi en Dieu (14:1). Il préparerait une demeure pour eux dans la maison de son Père, et il reviendrait pour les prendre avec lui (14:2-3). Il leur dit : « vous savez où je vais, et vous en savez le chemin » (14:4). Peut-être que, comme nous, les disciples étaient troublés par ces paroles. Thomas a dit ce qu’ils pensaient tous : « Seigneur, nous ne savons où tu vas ; comment pouvons-nous en savoir le chemin ? » (14:5). Alors Jésus s’explique en disant qu’il va au père (14:6), et qu’il y va en mourant sur la croix, mais qu’il reviendrait ensuite pour leur donner l’Esprit (14:18-19; 16:18-22). Comment iraient-ils au Père ? En y allant par Jésus qui est le chemin (14:6).
Nous citons souvent Jean 14:2-3 comme un texte se rapportant au retour futur de Jésus. Réciproquement, nous citons Jean 4:6 comme un texte se rapportant au salut. Mais si nous suivons le déroulement de la conversation, nous devons nous tromper sur l’un des deux. Jean 14:2-3 déclare que Jésus les amènera là où il va, mais Jean 14:6 nous dit où il va et comment ses disciples y arriveront : il va au Père et nous venons au Père lorsque nous sommes sauvés par Jésus (14:6). Est-ce que nous viendrons au Père par Jésus seulement lorsqu’il retournera dans le futur, ou alors sommes-nous déjà venus à lui par la foi ? L’ensemble du contexte clarifie ce point. Nous entrons dans la maison du Père lorsque nous devenons disciples de Jésus-Christ !
Dans le contexte de l’évangile de Jean, rien ne laisse entendre que la « maison du Père » se réfère au ciel, quoique cela puisse être une allusion au temple (Jean 2:16) ou à la famille de Dieu (Jean 8:35 ; nous sommes son nouveau temple et sa famille). Par ailleurs, Jésus explique en détail ce que sont les « demeures » dans le contexte suivant. Le mot grec pour « demeures » utilisé dans Jean 14:2 n’apparaît que dans un autre verset du Nouveau Testament, à savoir dans Jean 14:23, le prolongement de l’explication que Jésus donne dans 14:2-4 : « si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole et mon Père l’aimera ; nous viendrons à lui, et nous ferons notre ‘demeure’ chez lui » (14:23). Le verbe correspondant apparaît tout au long de Jean 15:1-10 ; « demeurer » en Christ et laisser Christ « demeurer » en vous. Nous savons tous que Jésus reviendra un jour dans l’avenir, mais si nous lisons le reste de l’évangile de Jean, nous apprenons que le Père l’a envoyé vers eux après la résurrection, lorsqu’il a donné aux disciples l’Esprit, la paix et la joie (20:19-23) comme il l’avait promis (14:16-17, 26-27 ; 16:20-22). En fait, ceci est la seule venue dont parle le texte (14:18 dans le contexte de 14:15-27 et 16:12-24).
Quel est l’enseignement véritable qui ressort de Jean 14:2-3 ? Ce n’est pas que Jésus reviendra et que nous serons avec lui un jour (cet enseignement est vrai à partir d’autres textes). C’est que Jésus est revenu après sa résurrection afin que les chrétiens puissent avoir la vie avec lui (14:18-19), qu’il nous a déjà amené en sa présence et que nous pouvons expérimenter la réalité de sa présence maintenant et en tout temps. Cela veut dire que le même Jésus qui a lavé les pieds de ses disciples dans le chapitre précédent, qui a enseigné et guéri, et a souffert pour nous, est avec nous en ce moment précis. Il nous invite à avoir confiance en sa présence en nous.

Un fils nous est né (Ésaïe 7:14)



Nous savons que le Nouveau Testament utilise le passage se rapportant à la naissance virginale d’un fils pour faire référence à Jésus dans Matthieu 1:23, mais la plupart d’entre nous n’ont jamais considéré comment Matthieu est arrivé à cette conclusion. Matthieu n’utilise pas toutes ses prophéties vétéro-testamentaires de la même façon. Certains textes bibliques que Matthieu utilise se réfèrent non pas à Jésus mais à Israël. Par exemple, « et j’appelai mon fils hors d’Égypte » se réfère clairement à l’Exode d’Israël dans Osée 11:1, mais Matthieu l’applique à l’exode de Jésus qui, étant enfant, a, lui aussi, dû quitter l’Égypte (Matthieu 2:15). Matthieu ne dit pas qu’Osée se référait à Jésus, mais il affirme que Jésus, en tant que fils ultime d’Abraham (Matthieu 1:1), symbolise les expériences d’Israël (par exemple, ses quarante jours dans le désert et ses citations à partir de Deutéronome dans Matthieu 4:1-11). Ce même chapitre d’Osée parle d’un nouvel exode, une nouvelle ère de salut comparable à l’ancienne. Matthieu cite Osée 11:1 parce qu’il sait qu’Osée lui-même prédisait un salut à venir.
Donc, avant de lire la façon dont Matthieu applique le passage d’Ésaïe 7:14, nous devons attentivement examiner la signification d’Ésaïe 7:14 dans le contexte. (Si cet exercice vous intimide, nous vous invitons à lire notre conclusion un peu plus loin ; quoi que vous décidiez de faire, n’oubliez pas de revenir ici et de poursuivre notre discussion jusqu’à la fin.)
Bien que Matthieu 1:23 se réfère clairement la naissance virginale de Jésus, les exégètes bibliques ne savent pas vraiment si Ésaïe fait simplement référence à une « vierge » ou à une « jeune femme ». Pour les besoins de notre discussion, nous éviterons ce point et nous examinerons seulement le contexte.
Le roi d’Assyrie empiétait sur les frontières d’Israël (le royaume de Samarie) et de Syrie (Aram, le royaume de Damas). Réalisant qu’ils étaient sur le point d’avoir de graves ennuis, les deux royaumes ont essayé de s’assurer l’aide du roi de Juda (le royaume de Jérusalem) dans leur lutte contre les Assyriens. Puisque ce dernier ne voulait pas coopérer, ils ont cherché à le forcer à se joindre à eux. À ce moment-là, Dieu envoie le prophète Ésaïe auprès d’Achaz, roi de Juda, pour l’avertir de ne pas se joindre à la coalition israélo-syrienne. (Rappelez-vous que Juda et Israël étaient deux pays indépendants à ce stade de leur histoire.) La Syrie ou Aram (représentée par sa capitale Damas) et Israël ou Éphraïm (représenté par Samarie) seraient sous peu écrasés (7:4-9)
Ésaïe a même donné un signe à Achaz, roi de Juda, pour confirmer qu’Aram et Israël allaient rapidement tomber (7:10-13). Le signe devait attirer l’attention d’Achaz : une femme devait concevoir et engendrer un fils et lui donner le nom d’Emmanuel, « Dieu avec nous » (7:14). Avant que le fils ne sache rejeter le mal et choisir le bien, alors qu’il mangerait encore de la crème (7:15 ; ceci avait lieu au temps d’Ésaïe, 7:21-25), le roi assyrien dévasterait Aram et Israël (7:16-20). En d’autres mots, l’enfant naîtrait durant la génération d’Achaz ! Mais alors, pourquoi l’enfant s’appellerait-il « Dieu avec nous » ? Peut-être pour la même raison que tous les enfants d’Ésaïe portaient des noms symboliques (8:18), de même que les enfants d’Osée étaient des signes prophétiques annoncés au royaume septentrional d’Israël pendant à peu près la même période (Osée 2:4-9). Nous reviendrons sur ce point plus tard dans notre discussion.
Après avoir donné cette prophétie à Achaz, Ésaïe fut envoyé auprès de « la prophétesse » (probablement sa jeune et nouvelle épouse qui devait, elle aussi, avoir le don de prophétie) et elle devint enceinte. Ils appelèrent leur fils « Maher-Schalal-Chasch-Baz » qui signifie « rapide au butin, rapide sur la proie. » Dieu lui dit d’appeler son fils ainsi comme un signe pour Juda que Dieu allait s’empresser de remettre les ennemis de Juda entre les mains de l’armée assyrienne. Avant que le fils ne soit assez grand pour pouvoir dire « mon père » ou « ma mère », l’Assyrie allait piller Aram et Israël (8:1-10). En d’autres termes, le propre fils d’Ésaïe allait servir de signe pour Achaz : sa naissance allait rapidement être suivie par la dévastation du royaume du Nord qui avait cherché à forcer Juda à se joindre à la coalition. Juda allait devoir prendre conscience que « Dieu est avec nous » et que le « butin » d’Aram et d’Israël serait emporté « rapidement » et sa « proie… promptement » (7:14 ; 8:3).
Alors pourquoi Matthieu pensait-il que le passage d’Ésaïe 7:14 pouvait être appliqué à Jésus ? Probablement pas pour les mêmes raisons que nous. Nous appliquons Ésaïe 7:14 à Jésus parce que nous n’avons jamais lu ce texte dans son contexte immédiat. Matthieu l’appliquait probablement à Jésus parce qu’il est allé au-delà du contexte immédiat et a considéré le contexte plus large des passages environnants. Comme nous l’avons mentionné précédemment, les enfants d’Ésaïe étaient des « signes », chaque signe apprenant à Juda ce que Dieu allait faire (8:18). Le signe immédiat que Dieu était avec Juda serait la conquête de leurs ennemis du Nord. Mais l’acte ultime que Dieu était avec eux s’accomplirait lorsque Dieu lui-même viendrait pour être avec eux en Jésus. Dans le passage suivant, Ésaïe annonce un espoir qui s’étendrait au-delà de Juda jusqu’au royaume septentrional d’Israël (9:2-3), un roi conquérant, un fils qui naîtrait de la maison de Juda (9:4-8). Il serait appelé non seulement « Dieu est avec nous » et « Dieu puissant » (9:6, un titre de Dieu que l’on trouve aussi dans le contexte, 10:21). Ce roi davidique (9:8) serait Dieu fait chair (9:7). Dans le Proche-Orient de l’Antiquité, alors qu’Israël se démarquait des autres peuples en refusant d’élever ses rois au rang de déité, Ésaïe n’aurait certainement pas pris le risque d’appeler ce roi « Dieu puissant » s’il ne voulait pas dire que Dieu lui-même allait venir régner comme l’un des descendants de David. Matthieu avait raison, mais pas pour la raison que nous aurions présumée !
Certains critiques de Matthieu, convaincus qu’il ne connaissait simplement pas le contexte, sont sceptiques. Il convient de noter que Matthieu démontre que le contexte ne lui échappe pas, et ce, trois chapitres plus tard. Là, il applique un passage d’Ésaïe 9:1-2 à Jésus (Matthieu 4:15-16), montrant que le contexte d’Ésaïe 7:14 reste frais dans son esprit.

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