La théologie islamo-chrétienne du prieur de Tibhirine







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Issa, ou Aïssa, si l’on veut traduire ainsi la lettre imprononçable (pour nous) qui commence ce mot, comme il commence celui du mot désignant la fête : Aïd. En 1994, l’Aïd el-Kébir avait lieu le 21 mai, la veille de la Pentecôte. Le P. de Chergé expliqua à un jeune musulman que la Pentecôte était une grande fête chrétienne, comme l’Aïd el-Kébir. Et le jeune musulman lui demanda : « Alors, qu’est-ce que tu égorges ? »

Deux ans plus tard, jour pour jour, ce sont les moines qui étaient égorgés.

Yves Daoudal
(1) Selon certains, il s’agirait en fait d’une bavure de l’armée algérienne, et selon d’autres d’un acte résolu de militaires algériens sous couvert du GIA. Mon propos n’est pas d’évaluer ces hypothèses.

(2) Le monastère Notre-Dame de l’Atlas, à Tibhirine (Médéa), a été fondé en 1938 par des moines trappistes dépendant de l’abbaye Notre-Dame d’Aiguebelle. La fondation est érigée en abbaye en 1947. Il n’y aura toutefois plus d’abbés en titre à partir de 1951, mais des « supérieurs ad nutum », curieuse spécialité cistercienne. Le P. Christian de Chergé y arrive en 1971 et commence bientôt à modifier l’orientation du monastère, où il donne des cours d’« islamologie ». En 1978, le nouveau supérieur est le P. Jean de la Croix Przyluski, ancien abbé d’Aiguebelle. Il s’inquiète de l’activisme islamophile du P. de Chergé, et exige que celui-ci donne ses cours à l’hôtellerie, donc en dehors du monastère stricto sensu. Mais le P. de Chergé est élu supérieur en 1984. Il renonce au statut d’abbaye pour devenir un prieuré autonome dont le prieur sera Christian de Chergé.

(3) Cela dit, si l’on écoute attentivement ce que dit le cardinal Barbarin, on constate que lorsqu’il dit la chahada, comme en aparté et très vite… il ne dit pas la chahada. Il dit, en arabe : « Dieu est plus grand (Allahou Akbar) et Mahomet est son prophète. » Il ne connaît pas la chahada...

(4) Il est significatif que, dans le Coran, si Dieu est partout qualifié de miséricordieux, le mot miséricorde est plutôt rare, alors que dans la Bible, particulièrement dans les psaumes, si Dieu est qualifié de miséricordieux, c’est surtout sa miséricorde qui est partout présente.

(5) 2, 177.

(6) Ribat as salam peut en effet se traduire par « le lien de la paix ». Mais il se trouve que le mot ribat désigne aussi le fortin, le poste avancé des guerriers de l’islam sur la frontière avec les infidèles (et que la paix en question est alors celle de la soumission à l’islam)…

(7) Une partie du verset 11 du chapitre 3 de l’épître de saint Paul aux Romains est devenue comme un proverbe : « Les voies de Dieu sont impénétrables. » Mais c’est une mauvaise traduction. Le mot grec veut dire : qu’on ne peut pas suivre à la trace, à la piste, ce que dit de même sa traduction latine : investigabiles. Le même mot qualifie les richesses du Christ dans l’épître aux Ephésiens, et les merveilles de Dieu dans le livre de Job.

(8) Le P. de Chergé souhaitait que soit introduite dans le Missel romain, à la suite de la messe pour l’unité des chrétiens, un autre schéma de messe « pour la compréhension et le partage entre tous les croyants ». Sic. Il souhaitait aussi que les grands personnages communs à l’Ancien Testament et au Coran aient une fête dans le calendrier liturgique. « Pour nous aider à entrer à notre façon dans les célébrations les plus marquantes du calendrier musulman », disait-il. Mais le calendrier musulman ne célèbre aucun saint en dehors de Mahomet…
La preuve par les Croates
Le 14 décembre 1993, 12 techniciens croates étaient assassinés, à quelques kilomètres du monastère. Cela faisait des années qu’ils travaillaient en Algérie. D’abord, ils étaient yougoslaves, puis en 1991 ils étaient devenus croates. Le P. de Chergé évoque à plusieurs reprises ce massacre, car ces Croates venaient au monastère deux fois par an : à Noël et à Pâques, quand ils n’étaient pas dans leurs familles. Mais l’émotion qui l’étreint est feinte. Car il ne s’est jamais intéressé à ces gens-là. Il ne leur a jamais parlé. Il n’a pas cherché à savoir qui ils étaient. Il fait semblant d’être impressionné par ces hommes qui venaient au monastère, en pleine nuit, alors que « ce n’était ni leur langue ni leur rite bien souvent », et donc que la date de Pâques et de Noël n’était pas la même pour eux et pour nous. « Ils étaient sur le départ. Ils rêvaient même du prochain Noël en famille, sinon le 25, du moins pour la Noël orthodoxe. » Le P. de Chergé ne sait même pas que les Croates sont dans leur quasi totalité des catholiques latins. Il les confond avec les Serbes. Il ne lui était pas difficile de savoir que ces hommes venaient au monastère parce que c’était pour eux la fête de Noël et la fête de Pâques. Il est vrai aussi que s’il n’y avait pas eu la destruction de la liturgie latine, les le qui pro quo n’aurait sans doute pas eu lieu. Mais ce n’est pas notre propos. Le P. de Chergé se moquait de ces hommes, parce que seuls les musulmans l’intéressaient. Et parce que leur assassinat lui permet de prétendre que ce massacre est une « injure faite à l’islam », et de souligner que ce même jour trois chrétiens furent sauvés grâce à un musulman. Car il y avait aussi quatre Bosniaques, qui avaient été mis à part parce que présumés musulmans. Les terroristes demandèrent à l’un d’eux de dire la chahada, ce qu’il fit, et il ajouta aussitôt que les trois autres étaient également musulmans. Or ils étaient chrétiens. Voilà ce qui intéresse le P. de Chergé. Ses trémolos quand il parle des Croates sont indignes.
“Des dieux et des hommes” : une escroquerie
J’ai vu le 21 septembre, à la télévision, le fameux film de Xavier Beauvois. Donc après avoir étudié la vie et l’œuvre du P. Christian de Chergé pour ma conférence sur ce personnage à l’université d’été du Centre Charlier.

Pendant tout le film j’ai été hanté par le souvenir de L’île, de Pavel Lounguine. Autant le film de Lounguine est prenant de bout en bout, sublimement beau, et d’une telle force spirituelle que c’est quasiment une œuvre d’art sacré, autant le film de Xavier Beauvois est plat, vide, sans émotion, sans nerf, et dépourvu de toute spiritualité (ce qui n’est pas étonnant puisque le réalisateur n’est pas croyant). Certes il y a quelques belles images, mais ce n’est pas difficile de faire de belles images de l’Atlas.

Pourtant, sur le plan cinématographique, j’avais un a priori très favorable. Je me disais que j’allais voir un très beau film, puisque tout le monde disait que c’était un très beau film. Eh bien non. Ce n’est pas un très beau film. C’est un film laborieux, qui avance péniblement, scène après scène – enfin celle-ci est finie, on va passer à la suivante -, avec de bons acteurs qui font du théâtre mais ne donnent pas corps à leurs personnages. Il est vrai aussi que cette néo-pseudo-liturgie n’arrange rien…

Sur le plan intellectuel, c’est purement et simplement une escroquerie. Signée, à la fin du film, avec la lecture du testament du P. de Chergé, soigneusement expurgé de ce qui, apparemment, choque même un non-croyant…

Non seulement le spectateur ne saura rien de la théologie islamo-chrétienne du P. de Chergé (le Coran est le Verbe fait Livre, par exemple), mais on ne lui en montre aucune des applications. Ainsi ne voit-on pas que l’une des plus grandes salles du monastère avait été transformée en mosquée, que l’appel du muezzin, cinq fois par jour, résonnait dans le monastère, qu’une autre salle avait été transformée en école coranique pour les enfants des environs…

On ne voit rien non plus du groupe de prière constitué par les moines avec les soufis de la confrérie al-Alawiya, alors que c’est capital pour comprendre la perception complètement fausse de l’islam qu’avait le P. de Chergé.

J’en ai été d’autant plus heureux d’avoir approfondi la question et d’avoir fait cette conférence, dont on trouvera le texte dans ce numéro de Reconquête.
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