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II.THÉORIES


    1. Origine de sa théorie


Comment l'intelligence est-elle possible ? Piaget s'est posé cette question alors qu'il était encore biologiste et faisait ses expériences en malacologie. Il est parti de la remarque selon laquelle une même espèce de mollusque se rencontrant dans les lacs suisses présentait deux formes différentes. Une espèce bombée qu'on rencontre dans les eaux agitées et la seconde espèce aplatie dans les eaux calmes. Si l'on transporte les mollusques bombés dans les eaux calmes et les aplatis dans les eaux agitées après un certain temps ces derniers deviennent bombés et les autres aplatis. Cela signifie que la vie de ces individus biologiques est adaptation et que dans ces efforts pour s'adapter chacun en vient à s'auto construire et à s'auto transformer.
Piaget a projeté cette thèse au domaine de la psychologie cognitive, et en est venu a étudier la naissance de l'intelligence chez l'humain. Pour ce faire, il fallait aller à la source, c'est à dire à la naissance. Le but de cette démarche était d’atteindre les mécanismes constructifs de l'intelligence, et à cet égard l'enfant est un sujet d'étude remarquable.


    1. Méthodologie de recherche

Piaget s'est inspiré d'une méthode souple celle de l'entretien psychiatrique (visée thérapeutique) et a créé une méthode clinique/critique qui lui est spécifique (visée expérimentale).

Cette méthode consiste à faire parler l'enfant à partir d'un thème, d'une question, et le suivre dans chacune des directions qu’il adopte, aussi loin que possible, même si cette direction est imprévue pour l’expérimentateur. Les expériences des psychologues précédents avaient pour but de juger les capacités intellectuelles de l’enfant, et se contentaient d'observations pures, de tests ou de questionnaires standards qui n’amènent jamais rien de nouveau. Piaget s'intéressait non seulement à la performance mais surtout aux processus qui y conduisent.

    1. Caractère universel des mécanismes de l’intelligence

Piaget a d'abord étudié ses propres enfants et ceux de son entourage proche. Ce petit échantillonnage de sujet lui a permis de découvrir une similitude frappante concernant les mécanismes de formation de l'intelligence. Par la suite, il a pu vérifier ses découvertes à grande échelle auprès d'autres sociétés humaines (Afrique, Asie, Haïti, les Esquimaux…). Il faut préciser, qu'il y a une distinction importante entre l'ordre de succession des stades et l'âge moyen auquel un stade est atteint. L'âge moyen varie en fonction du contexte sociogéographique. Mais l'ordre de succession de stade ne change pas. C'est ce qui est appelé en embryologie un ordre séquentiel : Chaque stade étant nécessaire pour la formation du suivant. Cet ordre séquentiel a été prouvé partout avec une régularité frappante.



    1. Qu’est-ce que l’intelligence ?


Définition :
« Définir l'intelligence par la réversibilité progressive des structures mobiles qu'elle construit, c’est donc redire sous une nouvelle forme, que l'intelligence constitue l'état d'équilibre vers lequel tendent toutes les adaptations successives d’ordre sensorimoteur et cognitif, ainsi que tous les échanges assimilateurs et accommodateurs entre l’organisme et le milieu » (Piaget, 1967, p.17)

Autrement dit, la connaissance se construit lors des interactions entre le sujet et le monde et cette construction des structures cognitives est possible grâce à trois processus dynamiques : l'assimilation, l'accommodation et l'équilibration

L’adaptation est un équilibre dynamique mettant en jeu deux mécanismes distincts et complémentaires : l’assimilation et l’accommodation. Et c'est grâce à ces deux mécanismes qu'il y a progrès intellectuel.
L'assimilation est le fait d'intégrer un nouvel objet ou une situation nouvelle dans le schème (ce qui dans une activité est répétable et transférable à divers contenus, donc généralisable) de l'action antérieure. Autrement dit dans l'ensemble des objets ou situations déjà disponibles dans le répertoire du sujet. Donc, dans l’assimilation, on incorpore un nouvel élément dans une structure cognitive déjà en place.
L'accommodation consiste à modifier une conduite qui est déjà disponible pour mieux maîtriser un nouvel objet ou une nouvelle situation. En ce sens, l'accommodation contribue à différencier et à enrichir les conduites disponibles.
Illustrons ce processus à l'aide d’un exemple :
Voyons comment un enfant va élaborer un savoir lors d'une confrontation à une situation problème. Il s'agit d’un enfant âgé d’environ deux ans jouant dans son bain avec un tuyau. Au début, il traite le tuyau initialement comme un récipient: il cherche à le remplir (plonge dans le bain, ou transvase). Mais constate que la réalité de cet objet est en contradiction avec ce qu'il sait déjà. Cette contradiction va pousser l'enfant à adopter une autre action. Il fait une autre tentative en bouchant le trou, mais échoue à nouveau. Finalement il s’intéresse à l’écoulement en tant que tel, on peut alors parler d’accommodation à l'objet. À partir de là, il va chercher à reproduire les effets produits involontairement : jets d’eau en soufflant dans le tuyau. Le tuyau n’est plus confondu avec les récipients, mais comme un dispositif servant à faire passer. On peut parler d’équilibration. On peut noter que la manipulation n’est pas une action dans le vide mais vise à découvrir les propriétés d’un objet.

L’équilibration est le concept central de l'apprentissage et désigne l’ensemble des réglages effectués par l'individu pour rétablir l'équilibre lorsque celui-ci a été détruit soit par des perturbations soit par des modifications provenant du milieu.
Piaget fait une différence entre équilibration et équilibre, l’équilibration ressemble plus à un repos, l'équilibre définitif, signifierait en somme que le sujet ne penserait plus. L'équilibre n'est donc jamais atteint et jamais durable, mais toujours remis en question.
Le processus de la connaissance selon Piaget, est une adaptation toujours plus précise de l'homme à la réalité. C'est un équilibre chaque fois détruit, chaque fois retrouvé entre l'homme et son environnement. C'est toujours un processus qui va d'un équilibre bon à un équilibre meilleur.

Le processus de la construction de la connaissance

selon la théorie constructiviste


Assimilation Accommodation Equilibration

    1. Le développement cognitif : les stades et leurs caractéristiques

Piaget définit quatre stades principaux dans le développement de l’enfant. Ce système de stade se caractérise par son aspect constructif et intégratif. Le premier stade s'intègre dans le second stade puis il s'y reconstruit pour le constituer comme tel en se dépassant. L'ordre séquentiel des stades est le même pour tous mais les âges donnés sont une moyenne d'âge, il n’y a pas de normes. Chaque stade comporte deux phases: une de préparation (plus ou moins longue) et une d'achèvement (équilibre final). Enfin, un stade est une structure d'ensemble et non une simple juxtaposition d'éléments.


      1. Période de l'intelligence sensori-motrice (de 0 a 2 ans)

Ce stade se caractérise par des changements phénoménaux et très rapides, une véritable révolution copernicienne. C'est une intelligence essentiellement liée à l'action sensori-motrice du sujet sur le monde des objets. Il n’y a ni pensée, ni représentation, ni langage, ni concept, et pourtant on parle déjà de conduite intelligente, ce qui prouve que l'intelligence précède le langage.

La période sensorimotrice est marquée par la construction progressive de l'objet permanent. Ce concept fondamental signifie que les objets du réel n'existent pour le nourrisson que lorsqu'ils sont dans son champ de vision. La permanence de l'objet n'est pas une évidence, au début de la vie, le sujet ne se connaît pas lui-même et encore moins les choses qui l'entourent. Pourtant les interactions entre ces deux mondes existent bien. Il s'agit de les mettre en coordination, ce qui permet alors de construire simultanément et de manière réciproque le sujet d’une part et l’objet d’autre part.

Nous allons donner un exemple de conduite intelligente du stade sensori-moteur : Il s'agit d’un enfant qui veut attraper un objet posé sur un drap, hors de sa portée. Nous allons voir comment ce dernier invente, construit les différentes relations mises en jeu pour atteindre son but.

En tirant sur le drap, il tire l'objet vers lui. Cela peut paraître tout simple, mais cela présuppose toute une série de relations. La relation « posé sur », n’est pas du tout évidente pour le bébé. Ce mouvement complexe suppose de construire deux relations, d'abord celle de « posé sur » puis celle de « déplacer d’un point à un autre » avec une certaine conservation. L’étape suivante consiste à coordonner ces deux relations, en utilisant la couverture, non plus comme un outil, mais comme un intermédiaire, entre l’enfant et l’objet éloigné.


      1. Stades des opérations pré-operatoires (2 à 6/7ans)


Ce stade est caractérisé par quatre points importants :

        1. Apparition de la fonction symbolique :

L'enfant passe de l'action à la représentation. Il est maintenant capable de se représenter des objets non visibles, des actions passées ou futures. Cela peut se faire par l'intermédiaire du langage, du dessin, de l’imitation, de l’imagerie mentale…

        1. Apparition de l'égocentrisme :

Il se manifeste par l’absence de réversibilité et par certains traits caractéristiques de la pensée infantile comme :

  • L'artificialisme : tout a été fabriqué par l’homme : les lacs ont été creusés, les montagnes poussent car on a planté des cailloux.

  • la causalité morale : assimilation des lois physiques aux lois morales : les bateaux flottent car ils le doivent, la lune éclaire la nuit car ce n’est pas elle qui commande.

  • le finalisme : les objets du monde sont conçus en fonction d'un but : les voitures servent à avancer vite, les mamans servent à faire la cuisine, un vélo sert à faire la course…

  • L’animisme : tendance à concevoir les choses comme vivantes et douées d'intention : la lampe est vivante car elle éclaire, la lune est vivante car elle nous suit quand nous nous promenons, le soleil et la lune dessinés avec un visage, les nuages qui marchent, l'avion dans le ciel…

On peut noter que l'enfant à ce stade vit dans la contradiction, il peut affirmer une chose et son contraire immédiatement après sans que cela ne le perturbe.

L'égocentrisme est donc, l’incapacité qu'a l'enfant à se décentrer et à coordonner son point de vue avec celui d'autrui.

        1. La non conservation opératoire:1

La conservation est la conviction selon laquelle certains attributs de l’objet (nombre, poids, masse) restent invariables, même si l’apparence de l'objet change. Tout comme il faut du temps pour construire la permanence de l'objet au stade sensori-moteur, la construction des conservations opératoires et des processus de raisonnement encore plus évoluée demande sur ce nouveau plan beaucoup de temps.

Un exemple d’expérience illustrant la première étape de la construction des conservations des liquides chez l’enfant : Vous versez un liquide d'un récipient d'une certaine forme dans un récipient plus élevé et plus mince, l'enfant va croire qu'il y a plus de liquide qu’avant. Il n'a pas la conservation de quantité, de matière. Faute d'opération réversible, il ne voit pas que chaque modification dans un sens est compensée dans un autre, ce qui augmente en hauteur diminue en longueur etc.

Cette expérience montre bien comment l'enfant voit le monde .Cela dépend du niveau auquel il se trouve. De nombreuses expériences ont montré que l’enfant ne percevait pas ce qu’il ne connaissait pas ou qu'il n’était pas prêt à percevoir.


      1. Stade des opérations concrètes (7-8 à 11-12)2

Grande période extrêmement fructueuse au point de vue de l'intelligence. C'est la formation de toutes les opérations concrètes c’est-à-dire des actions exécutables en pensée et réversibles.

Elle ne fonctionne qu’en présence d'objet manipulés par l'enfant lui-même, ou bien dont la manipulation est facile à imaginer.

les structurations à caractère infra logique

1 - conservations physiques

de la quantité de matière (7-8 ans)

Exp : 2 boules de pâte à modeler identiques (ayant la même quantité de pâte). Puis on pose la boule A en évidence et devant l’enfant on aplatit la boule B en une sorte de galette. On demande à l’enfant s’il y a la même quantité de pâte dans la boule et dans la galette ; et d’expliquer pourquoi il y en a plus ou moins. Ensuite la boule B est transformée en une galette.

A 5 ans : - il y a moins de pâte dans la galette parce qu’elle est plate (la boule est grosse)

- il y a plus de pâte dans la galette parce qu’elle est plus grande

Vers 7-8 ans : les enfants affirment que la quantité de pâte reste identique «  c’est la même chose, on n’a rien enlevé ni rien ajouté » « si on refaisait la boule, on aurait la même chose »

de la quantité de poids( 8-9 ans)

du volume ( 11-12 ans)

2 - conservations spatiales

des longueurs des surfaces (vers 7 ans) : exp : des 2 champs où broutent des vaches, sur lesquels on pose le même nombre de maisons : regroupées sur un pré, espacées sur l’autre : en demandant si chaque vache aura autant à manger, des volumes spatiaux.



la connaissance logicomathématique 

1- conservation des quantités numériques :

les correspondances terme à terme : acquise à 7 ans

Exp. : on dispose 7 jetons blancs en ligne, un peu espacés. On demande à l’enfant de prendre autant de jetons rouges dans une boîte et de les placer en ligne sous la 1ère.

A 4-5 ans : l’enfant construit une ligne de jetons rouges aussi longue que la ligne de jetons blancs mais en comblant les intervalles

A 5-6 ans : l’enfant dispose d'un jeton rouge sous chaque jeton blanc (terme à terme) ; mais si l’observateur espace un peu plus une des 2 rangées, l’enfant dit qu’il n’y a plus «la même chose de jetons »

A 7 ans : la correspondance terme à terme est acquise, quelque soit l’arrangement des jetons. (Jetons rouges en rond, en croix,…)

2- les classifications

Acquisition des notions de « tous », de «  quelques », vers l’âge de 8 ans

Exp : on présente à l’enfant des perles en bois : 8 jaunes et 2 rouges et on demande : - s’il y a plus de perles en bois ou plus de perles jaunes

3- les relations (sériations)

Grouper les objets selon leurs différences ordonnées : déjà l’enfant de moins de 2 ans peut empiler des gobelets de tailles croissantes, peut encastrer des formes de tailles croissantes ou décroissantes.

Mais, au stade des opérations concrètes, on assiste à une reconstruction de ces sériations sur le plan de la représentation.

Par l’expérimentation, on peut distinguer la sériation qui relève de la perception et la sériation qui relève des opérations proprement dites.

Exp : On donne à l’enfant 10 réglettes de 9 à 16 cm on lui demande de faire un escalier en commençant par la plus petite des réglettes. Puis on lui donne d’autres réglettes à intercaler.

C’est vers 8 ans seulement que l’enfant découvre une méthode opératoire : il cherche le plus petit élément de tous, puis le plus petit de tous ceux qui restent, etc.…Un élément E est à la fois plus grand que les précédents et plus petit que les suivants (réversibilité opératoire, avec capacité d’intercaler sans tâtonnement les réglettes supplémentaires)

4- les groupements multiplicatifs

Ils portent sur plusieurs classifications et plusieurs sériations à la fois.

Le plus simple est la correspondance sériale :

Exp : on présente à l’enfant des bonshommes de tailles croissantes (ou décroissantes), des cannes correspondantes et des sacs à dos : l’enfant série en correspondance bonshommes, cannes et sacs à dos, vers 7 ans.





la connaissance logicomathématique

5- le nombre et le problème de sa construction


Le nombre n’est pas une donnée primitive correspondant à une intuition initiale, mais il se construit de façon opératoire.

Dans les épreuves de correspondance, il arrive un moment où l’enfant fait abstraction des qualités, c'est-à-dire élimine les différences entre les éléments qui deviennent équivalents.

Ex : les jetons de même taille et de même couleur ; les enfants n’ont d’autres moyens pour les distinguer que de les considérer l’un après l’autre :

Ils peuvent alors être énumérés : «  un et puis un, et puis un, etc. »

A partir de 7 ans, les actions de l’enfant deviennent des opérations, c'est-à-dire des actions exécutables en pensée et réversibles.

Toutefois, l’intelligence sensori-motrice continue à se développer ; cette « intelligence pratique » permet bien des acquisitions : dans le domaine de la résolution de problèmes, dans le domaine de la mécanique.






      1. Le stade des opérations formelles : 11/12 à 16 ans :

A l'âge de 11 ans, l’enfant ne peut plus se contenter d’une logique concrète, il commence à établir des hypothèses, des raisonnements hypothético-déductifs (du type si...alors) pour mieux appréhender le monde. Dans la théorie piagétienne, l’accès à la logique formelle est la dernière étape du développement de l’intelligence.
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