Sous-emploi & Demande selon Keynes (1883-1946)







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M. Kintzler - Terminale E.S. - E.D.S. - Sous-emploi & Demande selon Keynes - Cours

Sous-emploi & Demande

selon Keynes (1883-1946)


  • Objectifs :

  • Souligner l'instabilité de la croissance durant l'entre-deux-guerres ;

  • Présenter l'analyse de l'équilibre de sous-emploi ;

  • Cerner le principe de la demande effective ;

  • S'interroger sur le niveau et les formes actuelles du chômage.

  • Savoirs1 : asymétrie de l'information,  chômage classique,  chômage frictionnel,  chômage involontaire,  chômage keynésien,  chômage volontaire,  demande effective,  effet-substitution,  efficacité marginale du capital,  équilibre de sous-emploi,  illusion monétaire,  loi de Say,  loi psychologique fondamentale,  multiplicateur keynésien,  propension à consommer,  productivité marginale,  taux de salaire nominal,  taux de salaire réel,  …………………… etc.

  • Liens en première E.S. : Les Mécanismes du Marché ; Pour quelles raisons l'Etat intervient-il ?

  • Liens en Terminale E.S. : partie Travail & Emploi.

  • Citation : "la feuille de paie n'est pas l'ennemie de l'emploi" (Jacques Chirac)

  • Démarche proposée :


I. L'ANALYSE KEYNESIENNE DU SOUS-EMPLOI

1. Comme le capitalisme est par nature instable selon Keynes, (...)

A. Le déséquilibre est la règle

  • Doc. 1 : L'instabilité de la croissance ; Q*1

B. L’analyse keynésienne de la crise de 1929

2. (...) Les théories libérales du chômage sont contestables (...)

A. La loi des débouchés de Say est fausse

  • Doc. 2 p. 67 : Q°1&2

B. L’équilibre du marché du travail peut être un équilibre de sous-emploi

  • Schéma 1 :

3. (...) Donc favoriser la demande peut effacer le sous-emploi

A. Tout dépend de la demande effective

  • Doc. 4 p. 68 :

B. La relance a un effet multiplicateur

  • Doc. 9 p. 70 : Q°2

II. Critiques & prolongements contemporains de l’analyse keynésienne

1. Si, chaque chômage a sa solution, (...)

  • Doc. 11 p. 72 : Q°1&2

  • Doc. 14 p. 72 : Q°1&2

2. (...), pour Friedman, le chômage est « naturel » (...)

  • Doc. 2 : Inflation et chômage Q*1à4

3. (...) et aujourd'hui, la flexicurité est le modèle

  • Doc. 17 p. 74 : Q°1&2

Conclusion :



Introduction

  • Manuel Bordas p. 58.




  • Possibilité : Utiliser la cassette sur Keynes et le questionnaire (à voir l'an prochain).



Biographie de Keynes ou l'homme à qui tout réussissait : 1883-1946


  • une enfance et une formation privilégiées

  • Né l'année de la mort de Marx (tout comme Schumpeter).

  • son père, John Neville, était économiste à Cambridge, sa mère, très féministe, fut la 1e conseillère municipale à Cambridge.

  • Parfait étudiant de la bonne société anglaise (collège Eton, comme le prince William).

  • Suit les cours de A. Marshall et de A.C. Pigou, (au King's College) qu'il critiquera ensuite.

  • Mathématicien et auteur d'un traité de probabilités (en 1921).

  • A des connaissances encyclopédiques car passionné de littérature, de philosophie et d'arts.

  • Une brillante carrière financière

  • Se livre, comme Ricardo, (cf. infra) à la spéculation boursière (pour son propre compte et celui de son université) (d'autant mieux qu'il fut auparavant le seul fonctionnaire à vendre et à acheter les devises de l'Etat anglais) (si bien qu'il fut sollicité par des sociétés d'assurance comme conseil en placements).

  • A dirigé une compagnie d'assurance, participé au conseil d'administration de grandes firmes.

  • Œuvres et activités intellectuelles

  • Universitaire à Cambridge.

  • Conséquences économiques de la paix (1919) : 1er best-seller, forte notoriété, il devient un des économistes les plus écoutés du royaume (car il appelle de ses vœux une Union Européenne et il a prédit à juste titre que les Allemands ne parviendraient pas à payer (dette de 132 milliards de DM-or !) et que cela allait entraîner l'Allemagne dans la voie de l'inflation et toute l'Europe dans la dépression).

  • Théorie générale de l'emploi, de l'intérêt et de la monnaie (1936) : livre révolutionnaire car c'est une critique sévère des analyses néo-classiques

  • Ses contemporains : Pigou (1877-1957, son ami), Schumpeter (1883-1950), Durkheim (1858-1917), Weber (1864-1920), Tönnies (1855-1936), Simmel.

  • Un important engagement politique

  • Adversaire de Churchill symbolisant le conservatisme.

  • Intellectuel patriote qui croit aux vertus de la Pax Britannica

  • Participe activement au programme du Parti Libéral anglais de1928, insistant sur le rôle de l'investissement public (il montre ainsi qu'il veut mettre en œuvre et faire triompher ses idées).[le Parti Libéral est situé au centre gauche de l'échiquier politique. Keynes refuse d'adhérer au Parti Travailliste : " c'est un parti de classe et cette classe n'est pas la mienne. La guerre de classe me trouvera du côté de la bourgeoisie éclairée". ]

  • Conseiller du gouvernement anglais en 1929 & 1930.

  • Conseiller de la délégation anglaise à la conférence de paix de Versailles de 1919, quand Weber s'y trouvait également mais dans la délégation allemande, violemment opposé (tout comme Weber) à l'ampleur des réparations imposées à l'Allemagne.

  • Devenu l'économiste officiel de la Grande-Bretagne, il est anobli (lord), nommé directeur de la vénérable Banque d'Angleterre et chargé d'élaborer un projet de reconstruction du système monétaire international ("plan Keynes" proposé mais rejeté face au plan américain de White à la Conférence de Bretton Woods)

  • Premier président de la Banque Mondiale.

  • Anecdotes :

  • Passion pour l'art renforcée par la fréquentation dans sa jeunesse du groupe de Bloomsbury composé d'artistes réunis autour de la romancière Virginia Woolf, par son mariage avec une danseuse étoile (cf. Sylvie Guilem, …) d'un ballet russe et par son acquisition d'un théâtre (arts theater en 1936) à Cambridge.

  • S'est enrichi en bourse malgré son hostilité déclarée à la spéculation.



I. L'ANALYSE KEYNESIENNE DU SOUS-EMPLOI
Sous-emploi : =
1. Comme le capitalisme est par nature instable selon Keynes, (...)
A. Le déséquilibre est la règle


  • Doc. 1 : L'instabilité de la croissance ; Q*1 : Que montre le caractère « cumulatif » du processus décrit dans le 2e § ?

§1. Les coûts de production des entrepreneurs sont équivalents aux revenus de la collectivité. […] Les coûts de production des entrepreneurs sont donc égaux à la somme des dépenses [de consommation] et de l'épargne de la collectivité, tandis que leurs recettes sont égales à la somme des dépenses de la collectivité et de l'investissement courant. Il en découle […] que dans le cas où l'investissement courant excède l'épargne de la collectivité, les entrepreneurs obtiennent des recettes supérieures à leurs coûts et réalisent des profits ; et quand la valeur de l'investissement courant est inférieure à l'épargne de la collectivité, les recettes sont inférieures aux coûts et les entrepreneurs essuient des pertes.

§2. Tel est mon secret, telle est la clef de l'explication scientifique des booms et des crises. […] Si le rythme de l'investissement courant augmente (sans augmentation équivalente de l'épargne), les profits des entrepreneurs augmentent nécessairement. Le processus est en outre cumulatif. Quand les profits sont élevés, l'appareil financier facilite les commandes et achats de biens capitaux accrus et, ce faisant, stimule l'investissement; cela signifie que le boom est en plein développement. Et inversement, quand l'investissement chute. En effet, à moins que l'épargne ne diminue également, ce qui est peu vraisemblable, les profits doivent nécessairement chuter. La chute des profits agit à son tour défavorablement sur le montant de l'investissement nouveau, ce qui provoque une nouvelle diminution des profits. En bref, la crise est là. […]

§3. Dans le passé, il était courant de croire en quelque harmonie préétablie assurant l'égalité entre l'épargne et l'investissement. […] Il n'en est malheureusement pas ainsi. J'ose l'affirmer avec certitude. Ce sont les déséquilibres entre l'épargne et l'investissement, et rien d'autre, qui provoquent les fluctuations des profits, de la production et de l'emploi.

John Maynard Keynes, "une analyse économique du chômage" (22 et 26 juin, 2 juillet 1931), in La Pauvreté dans l'abondance, © Gallimard, 2002.

Analysons le 1er § :

Soient C : dépenses de consommation, : épargne, : revenu global et : investissement,

Keynes fait l'hypothèse que le montant du revenu global R correspond à la valeur de la production, exprimée par les coûts de production. (cf. 1e phrase)

Ainsi, comme les « dépenses de la collectivité » correspondent à des consommations :

Du côté des coûts : R = C + E (début 2e phrase)

Du côté des recettes : R = C + I (fin 2e phrase)

Alors, si I > E i.e. si les recettes sont supérieures aux coûts, >0 et inversement.
Q*1 : Que montre le caractère « cumulatif » du processus décrit dans le 2e § ?

Boom :
 I

 

 I

 





C
 I

 

 I

 
rise :



  ou = si E  i.e. si C 


  • Pour Keynes, l’économie, livrée à elle-même, ne connaît pas de retour à l’équilibre (en cas de boom ou de crise). Pour le prouver, il a adopté un raisonnement macro-économique en termes de circuit, dans lequel les dépenses des uns (en particulier les dépenses des entrepreneurs en salaires et en achat de biens capitaux) sont des revenus pour les autres. Il raisonne sur une courte période mettant l'accent sur le rôle de la dépense : c'est donc l'investissement (dépense) qui détermine l'épargne et non l'inverse.

  • Il intègre l'incertitude dans les anticipations, conduisant à une instabilité de l'investissement, donc de la croissance. Il affirme aussi que la monnaie est active (cf. infra), puisqu'une variation de la quantité de monnaie en circulation affecte les revenus, donc la dépense.


B. L’analyse keynésienne de la crise de 1929


  • La crise des années 1930 confirme à Keynes l'inexistence des mécanismes autorégulateurs du marché contrairement à ce qu'affirme l'approche classique.

  • Il l’a observée in situ [Keynes a assisté à une manifestation de chômeurs aux Etats-Unis en 1932]. Elle se caractérise par plusieurs déséquilibres :

  • un chômage de masse ; (déséquilibre sur le marché du travail)

  • une insuffisance de profit se traduisant par une insuffisance d'investissement ; (déséquilibre sur le marché des capitaux)

  • une déflation (à ne pas confondre avec la désinflation) ; (déséquilibre sur le marché monétaire)

  • une baisse de la production (en particulier industrielle) ; (déséquilibre sur le marché des biens)

  • un manque d'action et de coordination publique (cf. "pagaille").




  • La baisse des prix est inquiétante pour Keynes car elle "accroît le poids" des dettes contractées ainsi prend forme une spirale déflationnistes qui tirent tous les prix y compris ceux du travail vers le bas et n'offre aucune perspective de sortie de crise.


2. (...) Les théories libérales du chômage sont contestables (...)
A. La loi des débouchés de Say est fausse


  • Doc. 2 p. 67 : Q°1&2 Etre rapide

  • Rappel : Loi de Say (loi des débouchés) : = l'offre crée sa propre demande i.e. toute nouvelle production s'accompagne de la distribution de revenus supplémentaires d'une valeur équivalente. Ainsi, une économie en concurrence ne connaît pas de crise de surproduction générale. Say explique l'éventuelle existence de crises économiques, en raison de déséquilibres sectoriels et de mauvaises interventions de l'Etat et des banques (il s'agit bien d'un Classique ou d'un libéral voire d'un ultra-libéral !)2

  • De même, la monnaie n'est qu'un voile si elle n'est pas thésaurisée car tout revenu monétaire est soit utilisé à acheter des B. & S., soit prêté à un autre acteur économique désireux de consommer lui-même ou d'investir. Tout se passe comme si les produits s'échangeaient contre des produits.




Les critiques de Keynes :

  • Q°1 : Pour que l’offre crée sa propre demande, toute l’épargne doit être placée et réinvestie. Or, si une partie de l’épargne est thésaurisée, l’offre sera supérieure à la demande.

  • Q°2 : La loi des débouchés implique une pleine utilisation des facteurs de production, d’où l’impossibilité des crises et l’impossibilité d’un chômage (involontaire). Complément : Keynes conteste que les capacités de production soient forcément utilisées à 100 %.

  • Ainsi, en remettant en cause de la loi sur les débouchés, Keynes montre que le marché n'est pas forcément autorégulateur et que la monnaie a un très actif dans l'économie (nous y reviendrons).



B. L’équilibre du marché du travail peut être un équilibre de sous-emploi
Q° orale : Comment les néo-classiques expliquent-ils le chômage ?

En CPP, l'équilibre du marché du travail correspond au plein-emploi [tous les actifs qui acceptent de travailler pour le salaire d'équilibre trouvent un emploi, et toutes les entreprises qui sont prêtes à embaucher pour ce même salaire trouvent de la main-d'œuvre]. Il n'y a donc pas de chômage ou, selon les Libéraux, seulement du chômage « volontaire » avec des chômeurs refusant le salaire d'équilibre (ou encore du chômage frictionnel)


  • Schéma 1 :




Excès d'offre (Chômage)




S'


S*



S''


Excès de demande

(Pénurie de main-d'œuvre)






T’d T’’o T* T’’d T’o

L’ajustement sur le marché du travail selon les Libéraux
Q°orale : Si le marché du travail est concurrentiel, quel est le processus qui conduit au taux de salaire d'équilibre ?

Si les offreurs de travail (ou demandeurs d'emploi) sont trop nombreux, une baisse des rémunérations incite à des retraits d'activité (passage de S' à S*) ; à l'inverse, pour attirer davantage de travailleurs, un relèvement des rémunérations s'impose (S'' tandis alors vers S*). Cet excès de demande se réduit peu à peu et finit par se résorber totalement. D'où l'image d'une toile d'araignée convergeant peu à peu vers le point d'équilibre (cobweb). C'est un processus d'ajustement.


  • Le plein-emploi (obtenu selon les Libéraux) peut être synonyme de sous-emploi pour certains actifs souhaitant travailler plus ou travailler à des salaires plus élevés.




  • Le chômage persistant selon les Néo-classiques s’explique par le coût excessif du travail, il faut supprimer certaines rigidités (empêchant le retour à l’équilibre de plein-emploi) :

  • Salaire minimum légal (S.M.I.C.) ;

  • Allocations chômage généreuses, R.M.I. ;

  • Cotisations sociales élevées ;

  • Réglementations diverses (exemple : interdiction de licencier des femmes enceintes) ;

  • Législation sur le temps de travail :

  • 1892 : repos hebdomadaire

  • 1919 : semaine de 48 h (comme c'est aujourd'hui le cas en GB ! )

  • 1936 : semaine de 40 h

  • 1982 : semaine de 39 h

  • 1999 : semaine de 35 h




  • Puissance des syndicats de travailleurs ;

  • Niveau des impôts et taxes sur les sociétés.




  • Donc, selon les Néoclassiques, l’application de leurs préceptes conduit automatiquement au plein-emploi.

3. (...) Donc favoriser la demande peut effacer le sous-emploi
A. Tout dépend de la demande effective


  • Pour Keynes, cette solution est économiquement inacceptable. En effet, ce qu’il faut bien avoir à l’esprit :

  • Certes, le salaire est un coût pour les entreprises.

  • Mais, c’est aussi un revenu pour les travailleurs.

  • Diminuer les salaires, si c’est au final diminuer la demande s’adressant aux entreprises. Dans ce cas, il y a un risque déflationniste.

 Salaires réels  consommation Anticipations pessimistes   demande effective   licenciements et  embauches  revenus salariaux   consommation


  • Par ailleurs, l’ajustement se fait en réalité par les quantités et non par les prix, car les salaires nominaux sont rigides à la baisse.




  • Doc. 4 p. 68 : Analysons le schéma :




  • Le niveau de la consommation résulte du revenu distribué et de la propension à consommer (part consommée du revenu). Et, lorsque le revenu augmente, la consommation augmente aussi, mais la propension à consommer diminue i.e. dans une proportion moindre (c'est la « la loi psychologique fondamentale » de Keynes).

  • Les entreprises investissent tant que le rendement escompté (i.e. de l'efficacité marginale du capital) est supérieur aux taux d'intérêt réel.




  • La demande effective est la demande globale anticipée par les entrepreneurs qui prévoient les évolutions futures de la consommation, de l’investissement, auxquelles s'ajoutent des dépenses publiques et des exportations.


Demande effective = C + I + G + X


  • Retour sur la loi des débouchés (remise en cause par Keynes) : Dans la théorie classique, comme la demande découle de l’offre, les entreprises n’ont pas à s’en préoccuper : elles n’ont pas à évaluer (anticiper) leurs débouchés futurs. Keynes montre aussi l'action de la monnaie dans l'économie : toute épargne (ou toute préférence pour la liquidité) est un manque à gagner pour la consommation.


Q° orale : Pourquoi le niveau de production dépend-t-il de la demande effective ?




  • Si les entreprises craignent une faiblesse de leurs débouchés, elles vont limiter leur activité, embaucher un peu moins voire licencier, ce qui crée du chômage.

  • DONC, contrairement à l’analyse classique, le chômage s’impose aux actifs. Il est involontaire selon Keynes.

  • Par ailleurs, le marché des biens et celui du travail sont interdépendants : si la consommation est forte, la production et donc le niveau de l’emploi est élevé.



  • Résumons-nous : Keynes s'oppose donc aux néoclassiques sur bien des points :

  • Le niveau de l'emploi ne se fixe pas sur le marché du travail et ne résulte donc pas directement du salaire ;

  • Le salaire résulte du niveau de l'emploi.

  • La demande ne procède pas de l'offre, mais c'est l'offre qui procède de la demande.

  • La monnaie n'est pas neutre car une variation de la quantité de monnaie en circulation peut jouer sur l'économie réelle par le biais du taux d'intérêt qui influence l'épargne et l'investissement.

B. La relance a un effet multiplicateur


  • Keynes pense que l'État doit, par une politique de relance, soutenir la demande effective pour assurer le plein-emploi en mettant l'accent sur la politique monétaire. Il faut baisser les taux d'intérêt pour encourager l'investissement.

  • Keynes préconise une « socialisation de l'investissement » où l'État doit investit lui-même, éventuellement grâce au déficit budgétaire temporaire, en lançant des grands travaux, en fournissant du travail et en distribuant des revenus.




  • Doc. 9 p. 70 : L'effet multiplicateur de la relance ; Q°2






  • Q°2. L’effet de la hausse des revenus sur la consommation dépend de la propension marginale à consommer. Plus elle est élevée, plus l’effet multiplicateur est grand.




  • Effet multiplicateur : = toute hausse de la production entraîne une hausse identique des revenus et moindre de la consommation (compte tenu de la propension marginale à consommer), celle-ci implique alors une hausse de la production et ainsi de suite. Cet effet s'amenuise au fil du temps mais il sera d'autant plus fort que la propension marginale à consommer sera forte. (cf. schéma)

II. Critiques & prolongements contemporains de l’analyse keynésienne
1. Si, chaque chômage a sa solution, (...)


  • Doc. 11 p. 72 : Q°1&2 (Dans ce texte (dont nous vous conseillons la lecture complète), Mankiw présente la théorie du déséquilibre et la célèbre typologie du chômage élaborée par Edmond Malinvaud.

Q°1. Sur tous les marchés, l’ajustement s’effectue soit par les prix soit par les quantités. Sur le marché du travail, si le salaire n’est pas flexible (ajustement par les prix), les entreprises licencient (ajustement par les quantités).

Q°2. Dans le cas d’un chômage classique, l’offre de biens et services est inférieure à la demande car, pour les entreprises, compte tenu de l’importance des coûts de production, il n’est pas rentable de produire plus.


  • Doc. 14 p. 72 : Q°1&2 (But : relier théories du chômage et politiques de lutte contre le chômage.




Q°1. En augmentant le coût des emprunts, la hausse des taux d’intérêt a dissuadé les entreprises et les ménages de s’endetter pour investir ou consommer.

Q°2. En luttant contre le chômage par la baisse des salaires, on réduit leur consommation, ce qui entraîne une hausse du chômage keynésien.

2. (...), pour Friedman, le chômage est « naturel » (...)
Milton Friedman (1912-2006)

Universitaire américain, animateur de l'école de Chicago, il s'est taillé une réputation de pourfendeur systématique des idées keynésiennes. Minoritaire dans la communauté des économistes d'après-guerre, il triomphe dans les années 70 quand se répand la « stagflation » qu'il avait prévue. D'inspiration libérale et donc défavorable à l'intervention de l'État dans la sphère économique car moins efficace que le marché, ses travaux portent sur plusieurs points remettant en cause le consensus keynésien : reformulation moderne de la théorie quantitative de la monnaie contre l'économie monétaire de production keynésienne, ce qui l'amène à préconiser un strict contrôle de l’évolution de la masse monétaire ; hypothèse du revenu permanent contre la fonction de consommation keynésienne ; hypothèse des anticipations adaptatives jetant le doute sur l'efficacité des politiques keynésiennes de relance ; théorie du chômage naturel contre la relation de Phillips ; plaidoyer pour les changes flexibles contre le système de Bretton Woods... Prix Nobel en 1976, il est considéré comme le père spirituel du renouveau libéral des années 80.


  • Doc. 2 : Inflation et chômage Q*1à4

Q*1: Rappelez ce qu'est la relation appelée courbe de Phillips et représentez-la graphiquement.

Q*2 : Qu'est-ce qui permet à Friedman d'affirmer que la courbe de Phillips est «verticale à long terme» ?

Q*3 : En quoi les anticipations des agents jouent-elles un rôle essentiel ?

Q*4 : Commentez la formule suivante de Milton Friedman : «Le choix est entre le chômage sans inflation et le chômage avec inflation. Il faut savoir ce que l'on préfère : un chômage modéré tout de suite ou un chômage plus important dans l'avenir.»

Supposons qu'une expansion monétaire provoque une croissance de la demande nominale globale, qui à son tour entraîne une hausse des prix et des salaires au taux de 2 % par an, par exemple.

Les travailleurs commenceront par interpréter ceci comme une hausse de leur salaire réel - parce qu'ils continuent à anticiper des prix constants - et ils seront prêts à offrir davantage de main-d'oeuvre (à monter le long de leur courbe d'offre), c'est-à-dire que l'emploi augmente et le chômage diminue. Les employeurs […] vont tout d'abord interpréter une hausse de la demande et du prix de leur produit comme une hausse de son prix relatif, et comme impliquant une baisse du taux de salaire réel qu'ils doivent payer, mesuré en termes de leur produit. Donc, ils seront incités à embaucher davantage de main-d'oeuvre (à descendre le long de leur courbe de demande) […].

Mais, avec le temps, les employeurs comme les salariés réalisent que c'est le niveau général des prix qui est orienté à la hausse. Comme le disait Abraham Lincoln, on peut tromper tout le monde un certain temps, on peut tromper quelques personnes tout le temps, mais on ne peut tromper tout le monde continuellement. En conséquence, tout le monde relève son taux anticipé d'inflation, ce qui diminue le rythme de hausse des salaires réels anticipés […]. il y a donc entre inflation et chômage une variation de sens opposé dans le court terme, mais non pas dans le long terme.

Premièrement, les salariés s'aperçoivent progressivement que les prix ont augmenté, ce qui les conduit, pour ainsi dire, à retourner le long de leur courbe d'offre […]. Les employeurs, qui, à l'origine, tenaient les autres prix nominaux […] pour acquis voient progressivement qu'ils ont monté, ce qui les conduit à réduire (en moyenne) leur demande de main-d'oeuvre jusqu'à un certain rapport donné entre les taux de salaire nominaux et le prix de leur propre production […].

Grâce à l'expérience actuelle de la «stagflation» et à l'analyse théorique, chacun admet maintenant que ce qui semble être une courbe de Phillips à court terme est trompeur et exagère fortement la relation inverse (entre inflation et chômage) à long terme, mais nombreux sont ceux qui refusent d'admettre que, à long terme, cette compensation est nulle […].

J'ai affirmé que la courbe à long terme de Phillips était verticale : ce qui traduit en fait l'absence de toute illusion monétaire à long terme […].

Supposons, et partant du point où personne n'anticipe aucune inflation, que l'on décide de viser un taux de chômage plus faible […]. Cela peut être obtenu d'abord en provoquant une inflation de 2 %, comme on le voit en glissant le long de la courbe de Phillips correspondant à une inflation anticipée nulle. Mais, comme on l'a vu, […] les anticipations du public vont se déplacer, et si le taux d'inflation était maintenu à 2 %, l'économie serait ramenée au niveau de chômage initial. Le seul moyen de conserver un volume de chômage inférieur au taux naturel est une inflation en accélération continue, dans laquelle l'inflation effective est toujours en avance sur l'inflation anticipée. Ce n'est pas une pure coïncidence si cette analyse recoupe ce que l'on a constaté en Grande-Bretagne: ce qu'ont tenté de faire les gouvernements britanniques a été de maintenir le chômage au-dessous de son taux naturel, et, pour y parvenir, ils ont dû accélérer l'inflation de 3,9 % en 1964 à 16 % en 1974, selon des sources statistiques officielles.

M. Friedman, Prix et théorie économique (1976), Economica, 1983.

Q*1: Rappelez ce qu'est la relation appelée courbe de Phillips et représentez-la graphiquement.

Représentation graphique indiquant une corrélation négative entre taux de variation des salaires et niveau de chômage, construite à la fin de la décennie 1950 par l'économiste néo-zélandais A. W. Phillips sur la base de données statistiques concernant la Grande-Bretagne pendant près d'un siècle. Par extension, la « courbe de Phillips » représente une corrélation négative entre taux d'inflation et niveau de chômage.
T
Réinterprétation friedmanienne

de la courbe de Phillips
aux d'inflation Taux d'inflation

( prix ou  salaires) ( prix ou  salaires)





  1. Stimulation de la demande & poussée inflationniste

  2. Ajustement des prétentions salariales à la poussée inflationniste

  • Anticipations adaptatives

  1. Politiques de relance successives de moins en moins efficaces


Courbe de Phillips traditionnelle

















Taux de chômage Taux de chômage naturel Taux de chômage
Q*2 : Qu'est-ce qui permet à Friedman d'affirmer que la courbe de Phillips est «verticale à long terme» ?

  • Selon Friedman, si les prix augmentent, les acteurs économiques se laissent tromper à court terme. De plus en plus informés, ils sont de moins en moins victimes d'une illusion monétaire. Ils finissent par aligner leurs comportements sur l'inflation en augmentant salaires et prix, annulant ainsi les effets d'une impulsion monétaire des politiques économiques. Au bout du compte, les politiques de relance conduisent à plus de chômage et à plus d'inflation.


Q*3 : En quoi les anticipations des agents jouent-elles un rôle essentiel ?

  • C'est parce que les agents anticipent l'inflation que suscite une politique expansive qu'ils adaptent leurs comportements économiques, modifiant ainsi la situation attendue. Anticipations adaptatives


Q*4 : Commentez la formule suivante de Milton Friedman : «Le choix est entre le chômage sans inflation et le chômage avec inflation. Il faut savoir ce que l'on préfère : un chômage modéré tout de suite ou un chômage plus important dans l'avenir.»

  • Friedman doute qu'on puisse réduire le chômage en dessous d'un certain niveau incompressible (qu'il appelle « chômage naturel ») lié aux imperfections du marché du travail, aux coûts de recherche d'informations et aux coûts de mobilité. Il propose donc de lutter prioritairement contre l'inflation qui est la source de toutes les difficultés et en particulier du chômage. Ainsi, on obtient un faible chômage sans inflation, alors que si on lutte prioritairement contre le chômage, non seulement on obtient une inflation importante, mais le chômage au mieux se maintient et même augmente.

Cette citation montre que, pour l'auteur, la courbe de Phillips n'est pas toujours seulement verticale, mais peut même être croissante, indiquant ainsi une corrélation positive entre chômage et inflation.

Q° orale : Quelle critique pouvez-vous faire à la notion de taux de chômage naturel, compte tenu de la concomitance de la baisse du chômage et d'un faible taux d'inflation depuis le milieu des années 80 à la fin des années 90 aux Etats-Unis ?

  • Le « taux de chômage naturel » correspondrait à un niveau de chômage en dessous duquel on ne peut pas descendre sans provoquer une inflation, déclenchant des anticipations des agents qui, par leurs comportements ramèneront le taux de chômage à son niveau initial. On l'assimile souvent au NAWRU (Non Accelerating Wage Rate of Unemployment) quand on cherche le niveau de salaires qui stabilise le chômage ou le NAIRU (Non Accelerating Inflation Rate of Unemployment) quand on recherche le niveau des prix qui stabilise le chômage.

3. (...) et aujourd'hui, la flexicurité est le modèle


  • Doc. 17 p. 74 : Q°1&2



Représenter le triangle d’or de la flexicurité.

Q°1. Les politiques de flexibilité visent à supprimer les rigidités présentes sur le marché du travail pour le rendre plus concurrentiel.

Q°2. La politique danoise permet de compenser les effets de la flexibilité en proposant des indemnités chômage généreuses et une sécurisation des parcours professionnels.
Conclusion :


  • Néo-classiques et keynésiens s'opposent véritablement sur les solutions de la sortie de crise.

  • Pour les 1ers, il suffit de diminuer le prix du travail par rapport au prix du capital, sans augmenter forcément la production (répartition défavorable de la valeur ajoutée) : c'est une sortie du chômage par le bas.

  • Pour les 2nds, il faut, coûte que coûte, augmenter la production, même si le pouvoir d'achat des salariés va diminuer finalement à cause de l'inflation : c'est une sortie du chômage par le haut, moins douloureuse pour eux.

  • Les débats sur le "partage du travail" (lois Aubry sur les 35 h.) ressemblaient à la position keynésienne.

  • Au-delà des divergences d'analyse, ce sont deux projets de société, deux politiques économiques qui sont conduits.

  • Retenons, pour anecdote, la légende du portrait de Keynes accroché au dernier étage de l'immeuble du World Trade Center qui dominait Manhattan (non loin de Wall Street) (à la chambre de commerce international de New York) : "le Sauveur du Capitalisme". N'en déplaise aux tenants du laissez-faire.





1 . Définitions à écrire dans le lexique.

2. Cf. Alternatives Economiques, n°208, novembre 2002.

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