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FRANCE


  • L'histoire de l'Autre éternel




  • Sud Ouest / 3 novembre 2010 06h00 | Par Pierre Penin

    Après 5 ans d'hébergement par le Centre bayonnais pour les demandeurs d'asile, la famille Arshakyan est admise durablement en France.

    photo BERTRAND LAPÈGUE

    propos recueilli par

    Tereza Arshakyan s'excuse du « bazar ». « On est en train de s'installer. On a eu les clés le 28 septembre. » Elle a la mémoire des dates, comme tous ceux trop longtemps confrontés à l'incertitude du jour d'après. Marqués par la valeur d'une journée. Elle sert un bon café dans l'appartement familial, quartier du Polo-Beyris. « Je m'occupe d'aménager pendant que mon mari travaille. Il est mécanicien. » Ces peintures sur les murs tentent de recouvrir plus de vingt années d'exil. « Aujourd'hui, tout va bien », sourit-elle. Tereza Arshakyan, son mari Ara et leurs trois enfants, ont obtenu l'asile de la France. « On a eu notre positif le 28 octobre 2009. »

    La réponse positive de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra). Cela après cinq ans d'hébergement par le Centre d'accueil des demandeurs d'asile (Cada) de Bayonne. L'histoire de la famille Arshakyan est celle de l'Autre éternel. L'étranger partout. Histoire vieille comme les Hommes, comme la Bêtise. Elle commence en Azerbaïdjan, leur pays. « Nous sommes Azeris, mais mon mari est d'origine arménienne. Le 28 février 1988, les pogroms contre les Arméniens ont commencé. » Azerbaïdjan et Arménie s'affrontent.
    Hôtel « Bonheur »

    Le couple doit fuir « les massacres ». Il s'établit à Groznyï, en Tchétchénie, parce qu'il y a des connaissances. « On y a vécu quatre ans. Mais il y avait déjà la guerre avec la Russie. » Les Arshakyan sont russophones. Donc suspects. « On était l'ennemi là-bas. C'était le même risque qu'en Azerbaïdjan. » Tereza et Ara, Liana, la fille qu'ils viennent d'avoir, doivent encore tout quitter. « Un oncle vivait à Moscou. On y est allé. » Trop Arméniens en Azerbaïdjan, trop Russes en Tchétchénie, ils seront trop Caucasiens en Russie. Les skinheads moscovites « ratonnent » « ces gens-là ».

    Le soir, de retour du petit commerce où il travaille, Ara Arshakyan est régulièrement agressé. « Ils le battaient, raconte sa compagne. Un jour, ils ont mis le feu au magasin. Juste parce que nous sommes Caucasiens. » Il faut partir encore, vers une nouvelle date : « Nous sommes arrivés à Paris le 10 novembre 2005. » Ils ne parlent pas un mot de français. Le Cada leur octroie « une petite chambre ».

    « L'hôtel s'appelait ''Bonheur''. On ne savait pas ce que ça voulait dire. » L'ironie du nom fait aujourd'hui rire Tereza.
    Le français

    Quand on leur a dit « vous irez à Bayonne », ils ont regardé la carte, inquiets. « On devait encore partir. On ne connaissait pas. C'était presque en Espagne. C'était l'angoisse. » Et puis en gare de Bayonne, « Stéphanie » les attendait sur le quai. La conseillère en économie sociale et familiale du Cada les a abordés : « Famille Arshakyan ? » « Quelqu'un nous connaissait. C'était un ange qui arrivait. »

    Le Cada va loger la famille. L'accompagner dans sa demande d'asile. « Ils font tout », assure la mère désormais de trois enfants. Mais les réfugiés ne font pas rien. « Mon mari a toujours travaillé. Tout le temps. Même à Groznyï. Il a continué en France. Même quand il n'en avait pas encore le droit, au début. » Elle se lance dans l'apprentissage quasi frénétique du français. Elle veut parler. « S'il vous plaît, vous pouvez donner le nom de Simon Chapeau et Christian Franco dans votre article ? Ils ont été mes professeurs de français. Des fées pour ma famille. » L'élève travaille dur, souvent la nuit, quand la maison est calme. « Parfois, mon mari me réveillait, je m'étais endormie sur la table… »

    Elle apprend l'Histoire de France. Se plonge dans la littérature, fréquente la bibliothèque, s'intéresse à l'art et découvre les Impressionnistes. « Je voulais pouvoir discuter de choses avec des amis français. Je ne comprends pas les gens qui sont ici sans parler le français. » L'étude, c'est aussi un moyen de « ne pas penser au passé ». Aux enfants, elle n'en parle pas. Peut-être un jour. Elle les regarde avoir des copains. De bonnes notes. « Si vous voyiez ça ! Je suis très fière. » Surtout, ils sortent et elle a arrêté d'être inquiète. « En Russie, on vivait caché. Avec les enfants tout le temps à la maison. Je n'aurais jamais pensé qu'ils puissent un jour sortir comme ça. »
    Le passé ne s'oublie pas

    La procédure a duré cinq ans, avant obtention de leur « positif ». Tereza Arshakyan décrit « un grand point d'interrogation ». « C'était horrible. Je voyais nos enfants heureux et je me disais, ''si la réponse est négative''… » Le 28 octobre 2009 a mis un terme à cette incertitude. Aujourd'hui, les « réfugiés d'Azerbaïdjan » veulent demander la nationalité française. « On nous a accueillis, ici. On nous a payé le logement quand nous sommes arrivés. C'est pour ça que mon mari a donné son sang depuis le début. Pour rendre quelque chose aux Français. » Elle n'imagine pas le pays rêvé. Elle sait qu'ici aussi, il y aura toujours des ''métèques''. « Mes amis français me disent de ne pas être naïve. Mais nous n'avons pas souffert du rejet, ici. Pour la première fois. »

    La mère aménage le foyer dans un appartement. Elle peut oublier les dates. Même si « le passé, on ne peut pas l'oublier ». Tereza s'inquiète un peu pour son mari, en ce moment. La tension des années d'urgence retombe, elle laisse un vide, une place aux résurgences. « L'autre jour, il a eu un malaise au travail. Une crise de maux de tête très forts. Comme il en avait à Groznyï. »

    Le passé est une séquelle. Il n'y a que le temps

    http://www.sudouest.fr/2010/11/03/l-histoire-de-l-autre-e-ternel-228998-4018.php

    http://collectifvan.org/article.php?r=4&id=49262
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