Contexte : Milieu de xixème







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Contexte : - Milieu de XIXème

-L’architecture est en plein mutation, cette dernière se faisant par tâtonnements essentiellement. La Red House n’échappe pas à cette tendance.

=> En quoi la Red House, typique de l’Arts & Crafts est-elle une expérience singulière qui va bouleverser l’architecture au XIXème ?

I. La Red House, un dialogue entre tradition et modernité

A) Présentation générale

Philip Speakman Webb :

Webb était un architecte anglais, quelquefois appelé le père de l'architecture Arts & Crafts.

Né à Oxford, Webb a étudié à Aynho dans le Northamptonshire.

Il est ensuite devenu assistant pour G. E. Street à Londres. C'est alors qu'il a rencontré William Morris en 1856.

Il développe ensuite son propre style en 1858.

William Morris :

Est considéré comme l'héritier spirituel de Ruskin.

Proche des préraphaélites. Membre de la Confrérie Préraphaélite.

Triple activité de créateur, d'écrivain et de penseur politique – socialiste.

Red House :

Fut créée par William Morris et Philip Webb en 1859 au sud-est de Londres, à Bexleyheath. Elle est surnommée la Red House à cause de l’emploi de briques rouges.

Morris commande pour lui-même et sa femme Jane Burden à son ami et confrère Philip Webb une maison, la RH, qu'il conçoit avec une grande simplicité décorative et une remarquable franchise dans l'emploi des matériaux.

Il refusait d'installer sa femme dans l'environnement d'une laideur « immorale » que proposent les magasins d'ameublement.

La maison est donc entièrement faite par Morris et ses amis et de façon non industrielle.

Maison prévu au départ pour la classe moyenne.

L'ensemble est perçu par les contemporains comme un manifeste artistique.

Pour la première fois, une structure organique (continuité entre paysage et bâtiment).

Début du fonctionnalisme (c'est la disposition/fonction des pièces qui influe la structure de la façade).

Lieu de rassemblement social pour les jeunes rêveurs d’inspiration préraphaélite

Le National Trust a acquis la maison en 2002 et s’employa à la restaurer et ce le plus proche possible de ce qu’elle était avant.

La maison est ouverte au public depuis 2004

B) L’extérieur

Deux espaces que l'on distinguera mais que Morris, lui, a voulu fusionner : la maison en elle-même et le jardin.

La maison :

Est constitué de 2 niveaux, 4 cheminées.

Elle a une forme de L surmontée par des tours et de nombreux gâbles.

Elle est en brique rouge.

Ce sont tous ces éléments qui permettent de placer la RH dans la continuité des idées passéistes de l'époque.

En effet elle reflète largement dans sa structure le gothique italien, gothique particulier qui accepte le décor gothique avec les lancettes, les arcades mais qui préfère la clarté de l'art roman et renonce de ce fait à la verticalité.

Or s'il l'on regarde la RH, le gothique italien apparaît nettement.

De hauts toits de tuiles soulignent les volumes trapus et cassent l'élévation verticale que pourrait prendre la maison.

Pour Webb, la Red House fut simplement la première d’une série de maison dans lesquelles il essayait d’amener un style historique et authentique à travers l’expression directe de matériaux du coin et de travaux d’artistes.

Webb adopta le Gothic Revival, la construction de Pugin et Butterfield, c'est-à-dire des tuiles d’argile, des briques en encorbellement, des arches en briques poncées et des ouvertures circulaires comme un moyen d‘exprimer une forme flexible dans un style local.

Deux mots en ce qui concerne le matériau utilisé : la maison est entièrement construite en briques rouges industrielles non enduites et donc apparentes telle une usine.

Mais non loin de faire penser à une usine, elle rappelle les cottages traditionnels anglais. => En ce sens la RH est inscrite dans la tradition.

La porte principale :

Elle est plus formelle que le reste de la maison.

Exemple probant de l'emboîtement et de la variété des angles et des niveaux.

Fait penser aux vieux portails des écoles telles que Cambridge ou Oxford.

Porte encastrée assez profondément sous une arche en briques imposante.

Avec mosaïque de petits vitraux.

Style médiéval apparent avec la porte d'entrée massive ornée de gonds et d'une poignée en fer.

Les fenêtres :

Atouts majeurs de la RH qui animent les façades asymétriques.

On peut tout d'abord observer par un simple constat visuel la variété des fenêtres : en saillie que l'on appelle oriel, des oculi, des fenêtres larges combinées à de plus étroites, des œil de bœuf.

Façade hétéroclite qui conserve néanmoins une certaine unité.

En effet, les fenêtres sont toutes encastrées et sont dites modernes avec du fer qui se mêle au bois peint en blanc.

Les rebords des fenêtres sont en pentes afin de permettre à l'eau de pluie de s'écouler.

Cette recherche pratique rappelle la formation initiale de Webb, architecte.

L'oriel descend jusqu'au sol, ce qui est novateur et inattendu.

Un oriel (bay-window ou bow-window par anglicisme) est une avancée en encorbellement aménagée sur un ou plusieurs niveaux d'une façade. Ce dispositif architectural est devenu populaire avec le style néogothique puis, en Grande-Bretagne, avec l'architecture victorienne de la fin du XIXe siècle. L'avantage de ce type de construction, outre le traitement esthétique de la façade du bâtiment par son volume, est de procurer d'un peu plus de clarté et de chaleur solaire à l’intérieur.

Cela crée un effet de parallélisme avec la cheminée qui, elle, monte.

Les fenêtres de la maison comptent parmi les caractéristiques les plus inhabituelles de la maison parce qu’elles sont positionnées plus en fonction de l’arrangement interne des pièces et du besoin de lumières que en fonction de l’apparence extérieure.

Les vitraux sont une des choses les plus précoces que nous avons de Morris, les figures sont de Burne-Jones et les oiseaux et fleurs sont de Webb suivant l’exemple du 15ème siècle. La figure représente certainement l’Amour. On peut mieux la voir de l’intérieur mais les photos ne sont pas permises.

Enfin c'est une maison tout en détail, la girouette avec les initiales WM, la date 1859, dessin d'une tête de cheval. En référence aux idéaux médiévaux de la chevalerie.

Structure moderne apparaît dans l'emboîtement des formes qui est souligné par les fenêtres mais pas seulement.

La modernité se définirait ici non pas dans les influences ou la réinterprétation de styles passés mais dans le fait que Morris et Webb se sont posé des questions essentielles et basiques sur la nature même de l'architecture : sa fonction, les matériaux, la connaissance accrue des arts mineurs de l'artisanat, le plan et la beauté.

Le jardin :

Partie intégrante de la maison.

Épaisse pelouse verte.

Il n'échappe pas à la division fonctionnelle : un jardin aromatique, un potager, deux « pièces » de fleurs traditionnelles comme le jasmin, la lavande, le coing et un verger avec pommes, poires et cerises.

Il a été conçu avec la maison, comme le montre l'inscription de la RH dans le paysage → vision moderne de l'architecture en réaction aux édifices néo-grecs que l'on plante au milieu d'un boulevard du XIXè siècle par exemple.

Les plantes grimpantes comme le lierre qui ont été voulus par Morris et Webb et qui relient la maison au jardin et vice-versa.

Continuité et unité du paysage.

C) L’intérieur

Dialogue entre modernité et tradition comme à l’extérieur :

Un lieu encore empreint de la tradition :

Le thème médiéval :

Thème qui revient plusieurs fois dans la maison.

!!!!!!Morris veut s’imprégner du Médiéval mais il ne veut pas l’imiter , en cela il casse avec Ruskin. Ce dernier avait tendance à vouloir plaquer le style gothique sur la société du XIXème, Morris jugeait cela contraire à l’esprit de création.

Dans la Red House : Les pinacles en forme de tour sur la rampe des escaliers, les créneaux dans le recoin dans l’entrée, les tours sur les pieds des tables

Peintures préraphaélites:

Elles furent peintes essentiellement par Burne-Jones

Rappel sur le Préraphaélisme :

- mouvement artistique né au Royaume-Uni en 1848.

-Pour eux, l'art anglais était sclérosé par le conformisme académique victorien. Ils souhaitaient retrouver les tonalités claires, vives et chantantes des primitifs italiens (d’avant Raphaël).

-Les préraphaélites aspiraient à agir sur les mœurs d’une société qui, à leurs yeux, avait perdu tout sens moral depuis la Révolution industrielle.

-Ils privilégiaient le réalisme, le sens du détail et les couleurs vives.

- Ils limitaient les effets de profondeur et de volumes avec peu de jeux d’ombres et de lumière.

-Leurs sujets de prédilection étaient les thèmes bibliques, le Moyen Âge, la littérature et la poésie.

Exemple du Préraphaélisme dans La Red House :

Les peintures de Burne-Jones sur les murs ou le placard du couloir d’entrée (cf. Power Point)

Les tentures, broderie faites selon la méthode médiévale :

Les textiles :

Ils exigent une abondance des détails ce qui fut la caractéristique particulière d’un Art médiéval pleinement développé.

Il est probable que la préférence de Morris pour les textiles médiévaux soit apparue au cours de son bref apprentissage avec GE Street.

Street fut un ardent défenseur de l'abandon du difficile travail de laine sur toile en faveur des techniques de broderie plus expressives fondée sur l’Opus Anglicanum (ou English Work : terme contemporain pour désigner le travail dans l’Angleterre du M.A qui consistait à faire des habits, tentures ou autres tissus. Ce travail était à l’origine fait par des nonnes puis par des professionnels qui faisaient leur apprentissage pendant 7 ans dans un atelier laïc).

Morris lui-même a appris la broderie, travaillant de la laine sur un métier à tisser à partir d'un exemple ancien, et une fois qu'il a maîtrisé la technique, il a formé son épouse Jane et sa sœur Bessie Burden et d'autres pour exécuter des créations.

Suivant les pas de Street, Morris est devenu actif dans le mouvement croissant qui était de retourner à l'originalité et à la maîtrise de la technique de la broderie (alors art mineur).

Il fut l'un des premiers concepteurs associés à la Royal School of Art et à son objectif de "rétablir les travaux d’aiguilles ornementaux à des fins laïques à la haute place qu’elle tenait parmi les arts décoratifs ».

Dans la RH : Dans la chambre de Morris, il y a une reproduction du rideau de lit bleu-sergé brodé par Jane

Influence hollandaise du XVII :

Présence de la faïence de style Delft :

Rappel sur le style Delft :

-La faïence de Delft fut produite par les manufactures hollandaises de la région de Delft à partir du XVIIe siècle, l'âge d'or hollandais, de 1640 à 1740 environ.
Porcelaine essentiellement blanche et bleue

Exemple dans la Red House : Les carrelages de la cheminée de la salle à manger.

Influence victorienne de son temps:

Dans la Red House : Cheminée du salon du premier étage. Au-dessus il y a une phrase d’inscrite en latin : « Ars Longa Vita Brevis » => L’art est long, la vie est courte =>exemple typique de textes qui ont proliféré dans les riches maisons victoriennes.

Le décor gothique italien :

Profondeur des corridors et les pièces qui gagnent en profondeur par les plafonds aux poutres apparentes et les motifs des plafonds. Les poutres du plafond nous rappellent l'esprit roman qui prône l'horizontalité et les bandes alternées.

Autre caractéristique : la multiplicité des arcades avec arcs brisés (gothique) parfois combinées avec un arc surbaissée (roman)

Travail du vitrail qui est, rappelons-le, un art mineur qui a connu son apogée avec le gothique des cathédrales et églises: ici représentation de l'Amour avec Nature, oiseaux et fleurs.

Néanmoins une modernité qui commence à apparaître !!

La structure est apparente :

Les poutres du plafond sont apparentes, ce qui donne un aspect spectaculaire à la pièce.

Même la signature de Webb en tant qu’architecte est préservée à l’intérieur grâce aux murs et à la structure du bâtiment qui sont apparents dans chaque pièce car se manifestant par les occasionnelles arches de briques nues sur l’encadrement des portes ou les briques nues des cheminées.

Choix du mobilier qui tranche nettement avec celui de l'époque :

Dans les maisons de l’époque : matériel domestique manufacturé pas très esthétique ou bien folle extravagance des pièces uniques élaborées pour l'aristocratie. Règne du faux et du toc, du plaqué ou du hors d'échelle.

Dans la Red House : mobilier qui s’intègre parfaitement à la maison, authentique et ayant de la valeur. Maison très individualisée : les meubles sont faits à la main par des personnes différentes.

Autre manière de marier le jardin et la maison, soit dite en passant, à travers les vitraux : fleurs et oiseaux + Motifs organiques des tapisseries. Importance de la nature pour Morris.

II. Une maison représentative d’une nouvelle philosophie de l’Art et qui s’inscrit dans une histoire plus globale.

A) Socialisme de Morris

Vie politique:

Plus tôt dans le XXe siècle, une grande partie de sa pensée, en particulier son aspect politique, a été rejeté comme le romantisme pur.

C’est dans les années 1870 que Morris commence à prendre part aux activités politiques.

Sa créativité est née de sa politique socialiste.

Il prônait l'amélioration de la qualité de la vie des travailleurs manuels, de la classe ouvrière tout entière, grâce à l'éducation et les loisirs, avec, en particulier, l'enseignement des arts appliqués.

Il s'insurgeait contre le côté borné de la société victorienne qui le faisait désespérer d'un possible épanouissement de l'art dans le système capitaliste basé sur le profit et la production de masse dénuée de qualité.

Préservation historique de l’environnement/architecture (idéaux passéistes) :

Bien que Morris n’ait jamais été un architecte en exercice, son intérêt pour l'architecture a continué tout au long de sa vie.

En 1877, il fonda la Société pour la protection des bâtiments anciens (parfois appelé «Anti-Scrape").

Un autre aspect du préservationnisme de Morris était son désir de protéger le monde naturel des ravages de la pollution et l'industrialisation.

Un personnage paradoxal :

Son goût pour le passé allait à l’encontre de la vision progressiste développée par Marx et Engels.

Morris adhérait à une vision idéale du futur et de la société.

Il en revenait néanmoins, dans les thèmes et dans les formes, aux arts médiévaux et antiques.
Herbert George Wells, écrivit « Morris is altogether more ancient and more modern »

Les œuvres de Morris (caractéristiques, moyen de faire passer ses idéaux) :

Importance de la nature (place considérable dans ses œuvres):

Pour Morris, le retour au Moyen-Âge semble s’accompagner d’un retour à la nature. Pour lui l’esthétique dans laquelle la nature se révèle le mieux est celle du Moyen-Âge.

Opposé au goût victorien, William Morris ne l’est pas moins aux industries qui aliènent les hommes et enlaidissent le paysage.

Toutefois, Morris ne se fait pas l’ennemi du progrès, mais bien des conséquences néfastes de l’évolution de la société, et par là l’omniprésence du béton et de l’acier.

L’illustration pour son livre
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