Littérature et art







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Littérature et art

Synthèse de la relation entre histoire et art : relation qui change selon les âges et les siècles.

- L’art poétique, (Ut pictura Poesis) Horace envisage déjà des analogies entre art et littérature qui font débat, c’est le point de départ.

- Selon les chercheurs, la relation entre littérature et art : le domaine s’est développée ces 30 dernières années (littérature comparée…). Depuis des années, un certain nombre de termes et de concepts se sont développés : interdisciplinarité (plus de disciplines de recherche des sciences humaines) et intermédialité (médias différents entre littérature et art), ainsi que les disciplines de sémiologie et de sémiotique (signes et perception des signes).
L’évolution de cette approche : on en parle depuis environ un siècle. 1917 : Oskar Walzel a créé une branche de la critique littéraire en parlant « d’éclaircissement mutuel des arts. » C’est un acte fondateur de ces recherches, ce domaine a longtemps été considéré avec méfiance, la question est de savoir si cette approche était sérieux ou non, car elle exige des compétences d’analyses dans plusieurs domaines.

Il faut éviter la confusion : on ne parle pas de littérature construire comme un art, mais des rapports. Si l’écrivain déclare s’être inspiré d’autres moyens d’expressions, il fait part d’une démarche particulière qui sera attestée par sa production. Exemple : Proust qui a déclaré que son cycle est inspiré par l’architecture des cathédrales, qu’il l’a construit selon leurs architecture. Mais attention aux généralisations, tout écrivain ne s’inspire pas forcément d’autres domaines de l’art.

19ème : Un Baudelaire ou un Hoffmann ont bien défendu l’idée que les sons, les couleurs et les paroles pouvaient se répondre, même si Baudelaire, dans un salon en 1848, appelle à la prudence devant la volonté de trouver à tout prix des analogies dans les arts. Il repère le danger d’amener à des bévues, (on trouve des réticences plus ou moins virulentes avant eux  et après eux : Paul Valéry : Pièces sur l’art : « l’horreur sauvé qu’un peintre comme Véga professe pour les littéraires. » Ou encore l’avertissement de la Bruyère dans les caractères.)
Il y a des dénominations (classique, baroque…) qui s’emploient pour différents arts mais s’entendent-ils de la même manière ? Un même courant, dans différents pays, ne se produit pas aussi en même temps.

Clikson : Il évoque l’origine de l’étude entre littérature et art avec les comparatistes américains, en 1960. L’idée est reprise par Wellek et Warren, la théorie littéraire : il s’agit d’un schéma complexe de rapports dialectiques qui fonctionnent d’un art vers l’autre. Les différents arts ont leur évolution propre avec une structure différente. C’est une longue histoire marquée par une lutte pour la suprématie, la reconnaissance par le public et pour l’autonomie, (malgré les points communs, chaque art est individuel.)

Les théoriciens Allemands (Schlegel) de l’époque romantique croient à l’union des arts sous l’égide de la musique. Tout peut se muer en tout, mais la suprématie est accordée à la musique.

En France, même époque, Brunetière : tenant d’un classicisme rationaliste qui insiste sur l’autonomie des arts.

Il y a aussi toute une tradition de romans de peintres, dans lesquels la peinture entre dans la fiction (Balzac, Zola…), qui thématisent l’art et la création artistique.

Aujourd’hui : Si l’idée de l’autonomie des arts a permis leur développement on assiste plutôt à une collaboration entre eux, un artiste pratique souvent plusieurs arts : transdisciplinarité.
L’intermédialité : outre l’intérêt sur la relation, on est dans un moment où les lettres s’ouvrent à la transdisciplinarité. C’est un terme qui se développe début des années 80, avec le professeur Müller qui vient d’études littéraires. (Médium : c’est un « dispositif véhiculaire » : une forme, technique de représentation et de transmission. (Peinture, TV, expo…)) L’intérêt est de pouvoir désigner qu’une œuvre entretient des relations avec d‘autres médias, d’autres arts. Donne un nom aux relations d’échanges. C’est un terme qui se situe dans une chaîne théorique qui consiste à ouvrir le texte, à le désenclaver de sa qualité.

Intertextualité : La notion développée par Julia Kristeva : tout texte a rapport avec d’autres textes, il n’est jamais seul.

Inter discursivité : Tout texte a aussi à faire avec d’autres discours (du pouvoir, médecine, droit…) La littérature est une modalité du discours qui va entrer en concurrence, en échange avec les autres. Logique littéraire de désatomisation du texte.

Si la notion d’intermédialité est récente, elle n’est pas contemporaine. Tout art a toujours été « intermédialitaire. »

Mono-médial : un texte n’est fait que de texte. Il n’est fait que d’un média, mais est en relation avec d’autres.

Bi-médial : Texte fait de deux médias : ex roman photo.

Pluri-médial : plus de deux médias : ex l’opéra.

Eric Méchoulan, revue intermédialité (en ligne). Dick Higgins « intermédium », an 60 : pour désigner la plurimédialité. Il va citer la performance, la poésie visuelle et l’exposition.
L’exposition comme intermédia : c’est un phénomène, une manifestation culturelle complexe, savante, qui regroupe, rassemble, donne à voir une gamme d’objets divers, augmente la visibilité qu’on veut donner aux choses. C’est une manière de montrer (musé, galerie, salon…) Un art tout court, un langage où on fait œuvre par la juxtaposition d’œuvres.
Texte : A. Dumas fils : La Dame aux camélias : roman qui s’ouvre par une exposition vente, une exposition en texte. C’est une scène d’exposition, et le visiteur, guidé par le narrateur. Elle est caractérisée par le parcours, (on est attiré par une affiche et on va suivre la profession, le récit est organisé et spécialisé, le propre de l’expo est la déambulation.), la déambulation, publicisation de l’espace privé, et l’inventaire, la description des choses.

Cela pose une question simple : et si l'exposition était un genre ?

L'exposition est marquée par le caractère public des événements. Avant, l'accès était limité à certaine personne pour certains endroits. La curiosité a changée, on passe de la curiosité des savants avec les cabinets des curiosités à une simple visite d'un intérieur d'une femme entretenue à la manière d'un cabinet de curiosités.


16e/17e : « ut pictura (image) Poesis (littérature) : Horace dans épître aux Pisons ou l’art poétique. La formule signifie : « il en va de la poésie comme une peinture. » Le texte d’Horace n’est pas normatif, la poésie ne doit pas être comme une peinture, c’est seulement un fait possible. Dans le monde antique la culture est liée à la mimesis, l’imitation.

Ut : comme. Dans la formule, la peinture est le paradigme, l’exemplaire, le modèle, la valeur de représentation du réel.

Du 16e au 17e la représentation de cette formule se modifie, elle refait surface dans les textes sur l’art et est emblématique de la relation littérature et art à l’époque.

Deux choses changent à l’époque : - le verbe prime sur l’image. La peinture ne sert pas de modèle, c’est la littérature qui va imposer son modèle aux autres. L’orateur prime sur le peintre, avec les règles de composition du discours.

- La codification va être beaucoup plus rigoureuse, on va faire une relecture normative d’Horace, la peinture doit être comme la poésie. Adage qui va peser sur le monde des arts. (Plutarque Simonide : « Pictura lopuens muta poesis » : peinture parlante poésie muette. Chiasme qui montre l’interrelation entre les arts.)
Les arts ont accepté ce régime ; au 14e le peintre ne fait pas partie du savoir haut mais manuel, ils sont artisans, dans des corporations, on a changé progressivement le statut du peintre pour qu’il soit considéré comme un art libéral. Pour ça on fait de la théorie de la peinture. (Alberti : de pictura et de re aedificaturia : traité encore lu et enseigné dans certaines écoles d’architectures.) Des peintres vont revendiquer la capacité intellectuelle de la peinture (Michel-Ange, Léonard de Vinci)
Renaissance : on passe d’une vision théologique à une vision oculaire : changement de perspective avec une géométrisation du monde. La peinture est « casa mentale », une chose dans l’esprit. Des historiens vont s’y atteler, (Vasari, Vies (de peintures illustres) en 1550.) pour avoir une légitimité total les peintres vont accepter de suivre les règles de la littérature et y être comparés. Motif de L'Annonciation : représenter l'indicible, capacité des peintres à peindre une parole sacrée. Le visible et le dicible se touchent. La capacité métaphysique de la peinture est au plus haut point. Léonard de Vinci : la peinture est « cosa mentale », une chose de l'esprit.

Le premier grand historien de la peinture est Vasari qui publie un recueil Vies de peintres, où il écrit la vie des plus grands peintres. On reprend toutes les grandes figures de la Renaissance italienne. Pour avoir la légitimité totale pour passer aux arts libéraux, les peintres vont se ranger au régime littéraire.

« Cinéma d'auteur » stratégie où l'on se sert d'un art pour en légitimer un autre. La conséquence de la formule d'Horace va engendrer un système des arts qui va se codifier et qui va faire voir aux peintres leur art modifié, organisé sur le modèle littéraire. Les artistes vont être obligés à respecter certains aspects :

_ le peintre doit être érudit (« pictor doctus »), doit avoir la connaissance des lettres car la peinture doit emprunter son sujet aux textes (pour les grands genres). La source picturale est d'origine littéraire. Les peintres vont aussi emprunter aux textes de l'Antiquité. Peinture d'histoire biblique, antique, grands hommes de la modernité.

_ « inventio » est codifiée. C'est le moment où l'on choisit son sujet : inventio littéraire. Il faut peindre avec le respect des scènes tirées du textes, notamment si ce sont des scènes tirées d'un texte sacré. Nicolas Poussin est le grand peintre du 17ème. Il va aller puiser la source de ses peintures dans la littérature antique et biblique. Le texte a un poids sur la représentation picturale. La hiérarchie des genres picturaux vont être alignés à la hiérarchie des genres littéraires. Les genres d'observations sont au bas de la hiérarchie (portraits et natures mortes). On va retrouver des figures de styles dans la peinture. Certains théoriciens vont chercher les formes de discours dans la peinture. La peinture est comme la rhétorique. Le système des arts visuels se trouve sous le modèle des régimes littéraires.

Chaque académie essaie de prouver la supériorité de son art sur un autre. Création de l'académie royale de peinture en 1648 : des peintres dont Charles le Brun, s'organisent pour créer une académie de peinture sur le modèle de l'académie française de littérature. Enseignement des arts : lutte très forte entre les académies et les corporations de peintres. Les conceptions de la peinture s'opposent. C'est en 1665 que Colbert, ministre de Louis XIV, va augmenter le pouvoir de l'académie royale de peinture en lui donnant le monopole de l'enseignement. On va retrouver les mêmes grandes missions que l'académie française : enseignement et régulation/codification/hiérarchisation des arts. L'académie de peinture est légitimée par l'État pour légitimé l' « ut pictura poesis ». Le premier salon est réservé aux académiciens et est restreint. On va essayer de publiciser l'académie en exposant les œuvres en plein air devant le palais royal. C'est en 1737 que les salons s'ouvriront largement au public mais en étant toujours contrôlés par les académiciens.

Poussin « L'inspiration du poète » 1629-1630 : on voit une scène littéraire complètement mythique où Virgile reçoit l'inspiration du dieu Apollon entouré de ses muses (début de l'Énéide). C'est l'un des emblèmes de l'art du 17ème. C'est le grand mythe poétique de la parole inspirée du poète. Le peintre choisi volontairement un sujet qui est tiré d'un texte antique et qui fait la représentation de ce moment mythique de l'inspiration du poète. Cela nous la capacité de la peinture de peindre la communication qui se fait entre le dieu et le poète. La peinture s'installe dans l'ordre du dire et non l'ordre du voir. C'est une célébration de la peinture car cette dernière à la capacité de dire aussi l'inspiration de la peinture. Capacité de la peinture à dire et à montrer l'indicible de l'inspiration (doigts de Virgile et d'Apollon qui se touchent presque et cela renvoie au tableau de Michel-Ange de la création de l'Homme).

Le Bernin « Apollon et Daphnée » 1621 : sculpture. Le sculpteur prend aussi son sujet dans la source littéraire et est emprunté aux Métamorphoses. C'est un défi terrible pour le sculpteur de peindre le mouvement. Lorsque l'on tourne autour de la sculpture, on peut voir la métamorphose de Daphnée en laurier. Capacité de mettre de la temporalité dans l'art figé de la sculpture.
La comparaison ut pictura poesis est un outil formidable pour le peintre : on passe celui qui fait à celui qui pense.

Ut pictura doxens : la doxa, codification de la peinture avec des règles très strictes :

« pictor doctus » : le peintre savant, emprunté au texte, au dogme littéraire.

L’Ovide : « réservoir visuel du peintre du 16e t 17e.

17: règle de Nicolas Poroim : « pictor doches » : il puise dans l’histoire religieuse : exégèse tableaux.

Dans ce sujet des arts, la hiérarchie des œuvres picturale va être indexé sur la hiérarchie des genres littéraires tels que l’épopée et la tragédie : peinture historique, peinture du genre : pastorale, scène comique. On essaie même de trouve des figures de style dans la peinture.

« Ut rhétorica pictura » : Jacqueline Lichtenstein : comparaison entre les artistes possibles avec leurs communs. Comparaison entre les arts, analogie, rivalité entre les arts avec la question de l’excellence.

1648 : création de l’académie royale de peintres sur le modèle de l’académie des arts. Elle essaie d’obtenir l’enseignement des arts. Lutte entre les comparaisons des peintres, l’enseignement est technique.

1665 : Colbert, ministre, augmente le pouvoir de l’académie royale de la peinture. Elle va avoir le monopole de l’enseignement, axe d’apprentissage similaire à l’académie des lettres.

Emergence des salons dont l’expression est réservée aux artistes :

1665 : 1er salon réservé aux académiciens.

1673 : 1er exposé en plein air.

1699 : 1er salon dans le carré du Louvre, appartements royaux.

1737 : le salon s’ouvre au public sous contrôle des académiciens.

Poussin : « l’inspiration du poète », 1629/1630.


La longévité de la pensée analogique peut s’expliquer selon le contexte, l’héritage gréco-latin. Leurs traités ne concernaient pas la peinture mais la littérature, la poésie. Les théoriciens de la renaissance empruntent des concepts de la rhétorique pour les appliquer à la peinture. Des critiques, ex Larue, reprochent à la renaissance d’avoir inversé la citation d’Horace, cette formule ne se contente pas de modifie l’image de la peinture, elle lui impose les critères de la poésie. Les interprètes attribuent donc à la peinture une finalité narrative : raconte quelque chose. On met en valeur la peinture d’histoire qui a pour sujet des grands évènements de l’histoire. Dans l’histoire de l’art la peinture d’histoire a longtemps été considérée comme le genre le plus noble de la peinture.
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