Littérature et art







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Cette analogie a perduré aussi pour l’architecture : F. Boffrand, 1745, le livre d’architecture, en latin et en français il expose les principes de l’architecture, les principes de l’art poétique : « la peinture, la sculpture et la poésie sont sœurs. » Il se réfère à Horace pour traiter de cette idée.
Très tôt des réserves se sont manifestées quant à cette analogie. Dans le robert un article sur art et littérature (écrit par Lichtenstein), qui les manifestaient, et ce dès la renaissance. Léonard de Vinci, dans le cadre de Parangonne, établi un parallèle entre les arts mais préfère qualifier la poésie de peinture aveugle plutôt que parlante, essaie de maintenir une égalité tout en maintenant les différences. « La peinture est une poésie muette, et la poésie est une peinture aveugle. L’un et l’autre tendent à l’imitation de la nature selon leurs moyens. »
Mais cette distinction s’efface vite et il faudra attendre Lessing. Le 1er à développer cette critique est Lessing (1728-1781), Laocoon. Il insiste sur les limites et différences qui séparent les arts. 1ère publication en 1788, 1ère traduction française en 1802. Marque un tournant important, on passe de la poétique à l’esthétique propre de chacun des arts.

Lessing : représentant des lumières. Pasteur qui étudie d’abord la théologie avant de découvrir la littérature, l’art, et de s’installer à Berlin où il sera sous l’influence de Voltaire. Il devient un défenseur des concepts de raison, tolérance et humanité. Son œuvre est très hétéroclite, pièces les plus connues sont des drames bourgeois. Il a entreprit un renouveau du théâtre Allemand, très classique, épigones du 17e français, il estime que ces règles sont trop artificielles et introduit le drame bourgeois qui ne les respectent pas. Il est considéré comme l’un des premiers intellectuels à vivre librement de sa plume, sans avoir besoin de la cour et des mécènes. Nathan le sage, 1779 : plaidoyer pour la tolérance entre les religions et écrit théorique sur le théâtre.

Il s’est beaucoup consacré aux réflexions esthétiques et à définir les genres. Définition des genres poétique : le critère principal du classement était l’effet que doit produire chaque genre sur le spectateur. 1959 : il écrit des traités sur la fable dans lesquels il estime que ce genre ne se distingue que par son côté didactique. Il en déduit qu’elles doivent donc être brèves. Il vise la concision en évitant toute ornementation.

Son texte le plus important est le Laocoon, 1766 : Il tente de préciser la frontière entre poésie et peinture. Si la poésie se déroule dans le temps et représente une action, la peinture doit représenter des objets saisis dans l’instant. Il déduit que la peinture doit se cantonner à la beauté corporelle et éviter l’excès de passion qui serait préjudiciable à la perfection plastique. La poésie doit éviter d’être trop descriptive mais doit représenter l’intensité des sentiments. Il prend le personnage antique du Laocoon comme exemple, avec sa sculpture qui ne crie pas alors que Virgile, dans son poème, exprime sa douleur.

Laocoon : prêtre troyen d’Apollon opposé à l’entrée du cheval de Troyes dans la ville : il propose de le brûler (le classicisme Allemand est situé à un demi-siècle de décalage avec la France). Winckelmann, contemporain de Goethe et théoricien du classicisme est aussi adepte de la pensée analogique dont Lessing polémique. Pour Lessing la sculpture n’est pas repoussante.
Texte chapitre 3 : nécessité de l’instant unique ? Il réfléchit sur la particularité de chacune des formes artistiques et analyse les libertés et les contraintes de chacun de ces arts. Pour Lessing : un texte littéraire est une succession d’actions, une expression, une succession du temps.

Chapitre 16 : Il arrive au noyau de sa démonstration à peu près au milieu de son livre ; énonciation de sa thèse : c’est le point de départ de la polémique puis l’aspect pédagogique. Peinture : juxtaposition, littérature : successivité. Lessing n’admet aucun raccourcit, peinture est dans l’instant alors que la poésie est dans l’action. Pendant longtemps l’action sera le critère pour désigner une œuvre littéraire.
Conclusion : Anne Laure : « de ut pictura poesis à la fusion romantique des arts », dans la synthèse des arts ; cet article montre que l’essentiel d’une œuvre d’art est le rapport d’adéquation entre ce qui est représenté (le fond), et la manière (la forme). Chaque art à son but, ses moyens, ses effets et ses supports, ce qui réussira dans la pratique d’un art peut échouer dans un autre. On crie mieux et plus fort par écrit qu’en statuaire. La poésie peut se permettre des excès alors que la peinture doit être plus soft. La manière à une conséquence sur l’œuvre elle-même et à la réception. Du point de vue matériel à partir de Lessing, l’œuvre d’art n’est plus considérée comme une copie du réel mais comme un espace autonome. L’œuvre en elle-même trouve les lois de son propre fonctionnement. On porte une attention plus grande au médium, à la fabrication matérielle de l’ouvrage. La faculté de juger l’esthétique dépend de la faculté de repérer les moyens mis en œuvre par l’artiste.
A postériori du Laocoon : Il montre que la concordance des arts mène à une impasse pour la création artistique et la critique. En montrant leurs différences et spécificités, en délimitant leurs frontières, Lessing rend possible la collaboration entre diverses formes artistiques. Il introduit le terme majeur de la modernité postromantique.

19e: Avec la musique.

Wagner et son idée de l'œuvre d'art totale, et à travers un texte de Charles Baudelaire écrit sur W.

Une délimitation entre les arts n'empêche par une collaboration entre les arts. Schlegel: les arts peuvent se retrouver dans un ensemble, sous la houlette de la musique pour les romantiques Allemands.
Wagner: Ce compositeur a vécu de 1813 à 1883. Il forge ce concept et essaie de le mettre en pratique, notamment en faisant construire à Bayreuth une grande maison d'opéra. L’idée est ue synthèse des arts à l'intérieur d'une seule œuvre, pour W l'opéra. (Danse, musique, chant, décors, sculpture...) W renoue avec une recherche de l'unité et de la transcendance. Il s'agit d'une conception, idéaliste, mystique et spirituelle de l'art. Il essaie aussi retrouver les aspects bibliques de l'art, leur dimension sacrée et la dimension que l'art avait au Moyen Age (théâtre de mystère).

L'influence de W s"exerce en France à partir de 1860: il donne trois concerts à Paris: (Tannhauser). Cette ouverture est un échec par rapport au public, il est sifflé: sans doute à cause de l'attente car la musique ne correspond pas aux goûts du clinquant, ostentation du second empire. Le public est peu enclin à l'émotion et préfère le superficiel. Mais en 1861 il fait tout de même monter l'ensemble de cet opéra qui provoque un scandal. Un critique, Baudelaire, condamné à cause des Fleurs du Mal.
Texte de Baudelaire: seul texte critique musical. (1861)

Il montre la grande clairvoyance critique de B qui a percu toutes les ressources de cette conception et création artistique qui rejoint celle qu'à B de l'oeuvre, La musique de W agit sur B comme une révélation, une confirmation de son propre système poétique, caractérisé par l'idée des correspondances. Deuxième paragraphe. Il parle de coïncidences. B distingue deux axes, l'axe vertical des correspondances qui oriente l'homme vers dieu, et l'axe horizontal qui fait communiquer les hommes entre eux.

Deuxième section: W prend comme point de départ la grecque ancienne et les tragédies classiques. B cite et analyse une lettre écrite par W a Hector Berlioz. Ce concept d'oeuvre d'art total remonte à l'antiquité grecque, c'est par l'alliance de tous les arts que provient la puissance exercée par le théâtre sur le public. Dit que ça le conduit à étudier les rapports des différents arts entre eux, et donc aussi la musique et la poésie. Acollaboration ne supprime pas l'autonomie de chacun de ces arts. Cette idée n'est pas une régression par rapport aux thèses de Lessing, n'est pas en contradiction mais les complète.

Troisième colonne: B insiste sur le fait que l'artiste a aussi le droit d'être critique, théoricien.Il estime qu'il n'y a pas d'incimpatibilité, tous les grands poèts deviennent fatalement des critiques.(Wilde, Pater, Ruskin.)


Rappels méthodologiques:

Il y a des âges de relations entre les arts.

Au 18e le système des arts institué du 17e se fissure car il pèse trop lourdement sur l'activité des peintres, parce qu'au cours du 18e d'autres nations revendiquent de ne pas vivre sous le modèle du clacissime français. On enregistre une sorte de déconstruction théorique de l'ut pictura poesis: Lessing emet les arts à l'intérieur de leurs frontières, il territorialise les arts qui étaient pensés dans une grande analogie commune. Le Laocoom attaque le « ut », au principe de l'analogie pour séparer les arts. Ce qui aura des conséquences importantes au 19e siècle.
Ce qui est important est la question qui se pose après Lessing: les arts n'ont pas arrêté de collaborer, de s'entre parler. Cette relation n'est pas moins vivante mais se fait selon d'autres modalités, dans un espace de réflexion qui a changé. Comment les arts peuvent-ils continuer à se parler dans la séparation?

- La déhiérarchisation des arts: On passe à une constellation de conception esthétique de la relation avec les arts, grâce à deux phénomènes: en 1840 le nombre des arts était à peu près fixé. Le XIXème a cependant enregistré la venue de deux nouveaux arts techniques: la photographie et le cinéma: perturbation très forte du système de l'art. La photo est à la fois une pratique courante, elle devient l'une des grandes fabrique de l'image, mais il va aussi falloir bcp de temps pour qu'elle soit reconnue comme un art à part entière.

Elle va faire bouger les choses et les conceptions car elle va devenir l'une des grandes fabriques de l'image, qui était la peinture jusqu'au XVIIème (journaux, photos de famille...) c'est un moyen de représentation nouveau qui va bousculer le monde de la peinture car elle introduit une exactitude du voir, du regard. (se manifeste un désir exacte de voir dans les années 1940 auquel répond la photo). La photo, si on lui conteste d'abord le statut d'art, servir d'auxilliaire aux peintres selon Baudelaire. Si la peinture est reléguée à l'arrière plan et que les photographes fabriquent l'image, la peinture peut alors explorer d'autres voies que la représentation du réel. On n'aurait pu avoir la peinture abstraite si le terrain du réel n'était accaparé par la peinture.

Ce trouble dans la hiérarchie va tout bousculer.

Ce mouvement par lequel la peinture se libère de la mimésis se retrouve dans la relation entre littérature et photographie.

Chez Breton, dans Nadja, la photographie lui permet de se passer de la description. L'idée que la photo libère aussi l'écriture du réalisme se retrouve également chez Paul Valéry.

Le cinéma poursuit cette évolution, il répond à un désir de voir en mouvement. Cependant il va très tôt intervenir et être marqué comme le lieu du divertissement. Il va être aussi très tôt accompagné d'écrits théoriques dès le début du XXème. (Eisenstein.) Le cinéma va incarner l'art le plus moderne (mécanique, électricité, prestige de la salle...) qui va attirer les écrivains et les pousser à incarner cette modernité. Il va être très tôt légitimé comme le 7ème art. C'est un bouleversement des arts arts qui doivent se réassembler autour de lui.

On assiste a une véritable perturbation, qui est une véritable constante au XXème. C'est une sorte de chantier permanent. Il y a quinze ans le cinéma était l'art majeur alors qu'il est inquiété aujourd'hui. Cette hiérarhie peut sans cesse se modifier entre art majeur/mineur, bas/haut. C'est une question de mentalité. Il faut sans cesse rebrasser les éléments. Autre exemple: années 60, le pop art américain , avec Warrol : met au format de la peinture les personnages de la BD. il fait rentrer des motifs mass médias. Roy Lichenstein : il fait de la peinture avec des comics.

- Antagonisme et déterrioralisation. Deux mouvements de fond qui se chevauchent:

Tendance à l'autonomie de chacun, on va exlorer sa propre spécificité, on se concentre sur soi-même. Chaque art se concentre sur lui-même, c'est le modernisme.

1- Il y a une tendance inverse qui est le mélange, le passage des frontières, le cross-over. L'autonomie des arts remonte à Lessing. Un des points d'orgue de cette tendance est ce qu'on appelle le modernisme. Il va retrouver dans les 50's un autre théoricien, Greenberg. C'est un critique d'art américain qui va défendre une conception moderniste de l'art. Dans son texte Towards a never Laocoon (Vers un nouveau Laocoon), 1949, chaque art a une spécificité mais se doit de l'explorer, doit progresser à l'intérieur de ses frontières. Chaque art doit avancer vers la frontière de son essence. Les conséquences sont très fortes car, par exemple, la peinture n'a d'autre sujet qu'elle-même donc elle ne va plus chercher ailleurs. Greenberg se pose en critique d’art en amont de ses artistes. Il reste sur ses positions alors que l’histoire de l’art lui prouve le contraire.

Le nouveau roman : « la jalousie » (Alain Robbe-Grillet): roman auto-expressif. Le CH n’a pas d’autre sujet qu’elle-même. « Ce n’est pas l’écriture d’une aventure mais l’aventure d’une écriture. » : Ecrit déconnecté du réel, Jean Ricardou.

Dans les 20's, on voit une architecture apparaître et qui prend le contre-pied de l'art nouveau pour enlever à l'architecture tout ce qui n'est pas elle. L'architecture doit se défaire de tout ornement pour augmenter la spatialité et de faire un espace habitable. Adolf Loos : « l’ornement est un crime. » On épure les bâtiments. L’architecture doit être fonctionnelle, géométrique, avec des lignes claires. Vandervoho : « less is more. »

L'essor de la danse contemporaine (à partir des 60's) : Merce Cunningham pense que la danse est un art à part entière. Si la danse est un art à part entière, elle n'a pas besoin de musique. Il écrit de la danse sans musique. La danse est à elle-même son propre rythme. Elle n'a pas besoin d'un autre support. Chaque art travaille dans son coin puis le spectacle se fait avec tous les arts alors qu'ils n'ont pas travaillés ensemble. La scène est le lieu de rencontre entre les arts. Par moment, cela provoque une disharmonie totale et quelque fois non. On organise le spectacle de la séparation et du mélange.
2- La tendance contraire est la déterrioralisation totale des arts. On le voit avec le surréalisme où les artistes explorer tous le foyer commun de production de l'image qui est l'inconscient. Le post-modernisme (70's) est un anti-modernisme. Les artistes mélangent leur pratique :

_ Dan Flavin : Artiste des années 60/65 qui s’intéresse au néon. Le néon démontre sa fonctionnalité, il est dépendant de l’électricité. L’œuvre n'est pas autonome car elle est branchée au mur, elle est dépendante au monde. L'œuvre est sans fin car on ne sait pas où s'arrête le fil électrique. Elle pose la question de la limite de l’œuvre, une vision très post-moderniste

_ John Armleder : 70 Il met en avant le paradoxe. Il fait de la peinture abstraite et vend son tableau avec du mobilier pour que tout aille ensemble. (Souvent les gens achètent des œuvres pour que ça aille avec le décor qu'il y a chez eux).

_ Les grands architectes sont post-modernes. Une architecture est post-moderne lorsque tous les styles de toutes les époques sont mélangés (éclectisme, kitch, etc etc).
Depuis le déclin des 80/90, dans quel bain artistique vivons-nous ? Est-ce encore le post-modernisme ?

Nous sommes dans une ère de post-production, mirage culturel, on assiste à une intermédiarité de la figure de l’artiste.

Est-ce une période propre, concrète du post-modernisme ? Est-ce qu’un nouveau Laocoon va voir le jour ?

On est au-delà du moderne et du post moderne, avec cette envie de progrès.

Est-ce que la mondialisation ne nous a pas mis dans un autre bain culturel ?
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