Littérature et art







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Le récit d'intérieurs (narratif comme les essais, poésie...), intérieurs au sens de logements, habitations, et non intériorité psychique, commence au XIXème avec trois raisons: l'essor de l'individu, du sujet individualisé, doté d'une psychologie spécifique, à la montée en puissance de la bourgeoisie comme une classe sociale nombreuse, qui va devenir de plus en plus centrale, l'intérieur est bourgeois (une bourgeoisie qui va essayer de miner les conditions princières d'antan), et à la montée du réalisme, régime de la description qui s'amplifie au sein de l'espace romanesque et va fournir un nouvel espace d'écriture.
Autres littératures d'intérieurs:

Roman libertin du XVIIème, le sofa, de Crébillon, une sorte d'esprit se retrouve enfermé dans un sofa et ne pourra en être délivré que si un couple couche ensemble dessus. Dans les romans libertins la description à l'intérieur ne relève pas du réalisme, et les objets sont des mobiles, ils sont rattachés à l'action et non à une description mimétique de l'intérieur. Le secrétaire de Cécile de Volange est l'indignation de l'épistolaire. Chez Homère l'ekphrasis était liée à l'action, c'est aussi le cas au XVIIème
Au XIXème se constitue une articulation entre intériorité et individu. Le premier récit d'intérieur pourrait être un récit de Xavier de Mestre, auteur de Voyage autour de ma chambre, et Expédition nocturne autour de ma chambre. C'est une parodie de récit de voyage. La chambre devient le lieu d'une expédition, d'une excursion où on va retrouver tous les motifs des récits de voyage (les reliefs, excursions en montagne...). Deux éléments sont communs à à rebours: une dimension de anti roman (notion qui vient du XVIIème) et un anti récit de voyage. "Ma chambre est située sous le 45ème degré de latitude, selon les mesures du père Beccaria, sa direction est du levant au couchant; elle forme un carré long qui a trente-six pas de tour, en rasant la muraille de bien près."
Balzac: on se retrouve avec quantité d'intérieurs, de descriptions d'intérieurs qui correspondent aux différentes hiérarchies sociales, les hôtels particuliers, on a un roman presque immobilier avec le père Goriot.

Lieux secrets ; le boudoir dans La peau de chagrin. Projet de la Comédie humaine, l'archéologue de Paris: intérieur, emplacement, adresse dans Paris. Ces descriptions d'intérieurs se modélisent sur la peinture : chez Balzac peintures hollandaises montrant des intérieurs ou Delacroix avec le boudoir, (Fille aux yeux d'or dédicacée à Delacroix). Le jeu des contrastes sociaux à l'intérieur des appartements : originaux et copies , beautés et laideurs → refléter la condition sociale des personnages. Fétichisme de l'objet au 19è. Meubler son intérieur c'est une modalité de l'exposition, on expose des photos, affiches chez soi, on les arrange etc. ces intérieurs sont aussi des expositions d'intérieurs. Certains artistes écrivains ont mis en vente l'intégralité de leur intérieur. Paralittérature d'intérieurs : les catalogues de ventes.
Caractériser les litt d'intérieurs : le régime descriptif, jeu entre fragmentation et totalité (focalisation sur un objet ou d'un environnement), notices, effet de liste. L'intérieur peut être en présence de l'occupant et en son absence, révélation du personnage par le biais des biens.
Le 19e découvre le confort, notion bourgeoise de l'habitat. Goût et prolifération de fabrique industrielle. Walter Benjamin Paris capitale du 19e : passage sur l'intérieur de Louis Philippe, l'intérieur comme un étui, une boite. Vogue de l'intérieur bourgeois, les écrivains vont meubler leurs propres intérieurs littéraires → maison de Victor Hugo pratique de l'écriture liée aux objets. Depuis Balzac le roman de mœurs que l'on va s'attacher à présenter de personnages dans des lieux familiers, le perso littéraire devient un habitant de la ville mais aussi un occupant des lieux, ça fait partie de la carte du perso au 19e, d'où des scènes d'emménagements (A rebours), de déménagements (Madame Bovary), romans en huit clos (A Rebours à huit clos dans une maison).

Le meuble est 1/ un objet fonctionnel comme le secrétaire, 2/ un objet esthétique qui relève d'un style +/- de bons/mauvais goût, objet soumis par la mode, 3/ objet symptomatique ou emblématique il caractérise un personnage, 4/ un objet atmosphérique, le sofa n'est pas une chaise, l'aquarium (en vogue au 19è, mettre la nature sous verre comme dans A-R), fonction narrative (le roman tourne autour de l'objet). Au 19è « l'homme est meublé » (Benjamin) : Des Essaintes, le Capitaine Némo où le salon est dans l'aquarium. Attention à la situation conjugale des personnages car perso célibataire, en couple, avec des gosses etc. Théophile Gautier Emaux et Camée : main du voleur posé sur un coussin, un recueil de poésie qui relève d'un récit d'intérieurs.
Le lieu capital de toute cette littérature d'intérieurs : la chambre car le lieu privé, d'intimité, du repos. Elle est faite de rituels : toilettes, habillements → mettre en scène le personnage. Les méditations à la fenêtre comme lieu de repos, on se retire de la sociabilité, la rêverie sur la lampe. Lieu des pathologies, des maladies, des convalescences, la mort. La chambre forme une restriction romanesque : le couple, le domestique, l'amante, le garde malade. Lieu de lectures. Lieu de parloirs : confidences, le monologue intérieur, le chuchotement, la scène de ménage. La chambre rose 1884 de Maupassant, Zola parlait de Nana comme roman de chambre. Chambre pathologique, déviance de Des Esseintes, sa névrose.

Fabrique du souvenir : intérieurs de souvenirs, bibelots souvenirs, objet mémoire.

Moment de rupture avec le surréalisme, il va cultiver l'objet trouvé qui a perdu sa fonction, l'objet non bourgeois. Du coup l'objet devient poétique quand il perd sa fonction première et gagne en bizarrerie.
Autre aspect de rupture autour du niveau roman : dénoncer l'hyper profit des objets, la charge de signification qui porte sur l'objet, le trop plein de signification dans l'objet littéraire → coupure entre l'objet et le sujet, une inadéquation entre l'objet et le sujet La jalousie de Robbe-Grillet.

Texte étranger l'essai de Virginia Woolf Une chambre à soi texte fondamentale, elle fait un pamphlet où elle déplore la place des auteurs féminins dans la litt. Elle attaque les conditions d'écriture qui rendent impossible d'être une femme de lettre → conditions pour elle : l'argent, une chambre à soi.

Georges Perec La vie mode d'emploi qui se déroule dans un immeuble, Espèce d'espace, Les choses rêveries sur des achats de meuble pour l'appartement.
Littérature contemporaine : Toussaint La salle de bain 1985 échos à la névrose de Des Esseintes. Roman d'intérieur, perso qui ne confine dans la sdb. Névrose contemporaine dans le minimalisme. La maison des feuilles de Danielewski. Le musée de l'innocence porte le nom du roman Innocence de Ohran Pamuk, musée d'une fiction. Intérieur de Thomas Clerc, il décrit son appartement (2013) croisement d'une litt personnelle et artistique. Lynn Chapton Pièces importantes (…) catalogue de vente, dont les objets appartiennent à deux personnages fictifs et on raconte l'histoire d'un couple moderne à travers l'inventaire de leurs objets.

L'art de l'exposition au cours du XXème à l'extrême contemporain:

Aujourd'hui beaucoup d'enseignants ont substitué le paradigme de roman et cinéma à celui de poésie et peinture (les "sisters arts".) L'histoire de l'art s'écrit aujourd'hui par l'histoire des expositions. Est-ce qu'on ne devrait pas réimporter la question de l'exposition, paradigme qui rend visible tous les arts, à cause de ce changement?
- Les lieux d'exposition, "espèce d'espace":

- (Rappel) Fin XIXème la grande instance de légitimation des artistes est le salon, d'où ces débats autour du salon, du salon des refusés etc, multiplication des salons et galeries. Mais le salon est contesté dans son autorité, aussi d'autres manifestations voient le jour: galeries... C'est dans ce contexte qu'apparaissent les maisons musées qui croisent à la fois d'un grand développement du XIXème vers l'individu, l'intérieur, et le désir de certains artistes de se doter d'un espace qui soit aussi un lieu de monstration, de médiation, de transmission. Les galeries d'art se développent différemment et fin XIXème de grandes galeries d'art (Durand, Ruel) se développent avec un système de galeries par auteurs. (Fin rappel)
- Dans ce contexte, dans les années 20 on va assister à une autonomisation du lieu d'exposition: L'idée est d'être maître de son espace, dans le choix des autres. On voit apparaître des environnements. Cessation de Vienne de 1902 (il s'agit de faire cessation avec le salon) donne des exemples de ces environnements.

- Dans les années 30, création d'un espace par un artiste surréaliste, Kurt SCHWITTER, un espace singulier qui est une sorte de maison sculpture dans laquelle il va entasser quantités d'objets qui viennent de la rue, de dehors et construire un environnement qui ouvre la voie sur la question de l'installation, l'idée de constituer des environnements. L'important est de se rendre maître, créateur d'un espace, l'artiste est producteurs d'espace. On sort du paradigme pictural pour entrer dans un paradigme qui est celui d'un regard élargit d'un environnement global. (voir image, on sort du régime pictural.)

- Dans les années 50/60, le white cube, qui se met en place dans les années 40, c'est cet espace non marqué, cette esthétique clean qui s'éloigne des esthétiques ouvragées pour donner un cube blanc qui va bientôt s'installer comme l'un des espaces de l'art au 20ème. C'est un lieu séparé et spécifique à l'art. L'art produit son propre espace spécifique. On le trouve sous différents format: galeries, musées... Se trouve dans le public comme dans le privé.

L'espace est volontairement déchargé et rien ne vient parasiter le regard du spectateur. Un laboratoire qui permet l'expérience artistique, à l'expérience séparée de l'art. Il affirme une spécificité systémique. C'est aussi une conception moderniste de l'art: où l'art n'est plus en dialogue avec le monde, il n'a pas d'autres sujets ou de source que l'art lui-même: tend vers un art abstrait. Le white cube est l'art parfait de l'éclosion de cette conception moderniste.
- L'âge d'or des scénographes: 1920/1940: dans les salons, des commissaires des salons et des artistes avaient la charge d'afficher les toiles: les tapissiers du salon, tous étaient des peintres de l'académie mais aucun ne revendiquaient la signature du salon. Dans les années 20 on assiste à une pratique artistique qui va être revendiquée par ses auteurs: le scénographe, celui qui va concevoir l'espace d'exposition, allant même jusqu'à le construire, le système de visibilité des œuvres. Ils proposent un espace pour l'art mais ne choisissent pas les œuvres. Le peintre Malewitch (le carré noir sur fond blanc), faisait aussi de la scénographie et avait été chargé d'organiser un musée à Petrograd en 1920. Change beaucoup des salons dont les tableaux étaient bords à bords, avec leurs cadres représentatifs de l'ordre bourgeois. Ici pas de cadres, pas besoin d'être délimités, cherchent à se défaire des conventions murales: tableaux dans des coins. Dans les années 30/40 des expériences scénographiques étonnantes ont été menées, avant que le white cube ne standardise notre manière de voir. C'est ça qui va permettre de constituer l'expo comme un art: on passe du salon à une exposition d'art. Ce n'est plus un évènement mais une pratique.

- El Lissitzky: d'abord graphiste/typographe, qui va pousser ses expérimentations sur papier à l'espace, les constructions d'espaces, élaboration de maquettes (l'espace Proun, 1924) "L'espace n'est pas un tableau: on peut vivre dedans." use des systèmes d'accrochages qui rompent avec les conventions. Il crée des espaces de démonstrations pour inclure le spectateur. Il va comparer la composition de ses espaces au cinéma: une des grandes métaphores de l'exposition.

- Il y a un essor du scénographe qui fait penser à l'essor du metteur en scène: au cours du 20 le scénographe est présent dans l'art plastique mais aussi le théâtre qui s'éloigne d'une convention littéraire.

- Frederick Kiesler: il va aussi construire des espaces, faire des propositions plastiques, des "visions machines": ce sont des machines a voir. Exemple: la cité dans l'espace, Eight street movie theater... Du point de vue de la scénographie il tente de casser les repères des spectateurs (ex: pour galeries surréalistes)

- Edward Star... Photographe qui va devenir un grand scénographe, expo road to victory: une exposition de photo dans laquelle il compose des assemblages de photographies murales, superpose les photos... L'exposition est un montage. "L’exposition est un film dans lequel vous bougez."

- Philip Johnson; Machine art: expo qui a considérablement marquée les esprits, New York: c'est une sorte de white cube très neutre. Tous les objets ne sont que des pièces industrielles, des machines (moteurs...)

On peut renverser le regard.

- La poétique des auteurs d'exposition:

- L'exposition est un phénomène complexe qui regroupe plusieurs choses: un dispositif de monstration, un évènement socio culturel (toutes les expositions ne sont pas d'art), un art à part entière (un média, le lieu d'une poétique spécifique revendiquée par un art.) une formule, revendiquée par un curateur, un commissaire d'exposition, Harald Szeemann, (le premier à revendiquer le statut de curateur indépendant), est celle d'auteur d'exposition. L'exposition est donc un art. Les auteurs d'expositions sont des artistes qui peuvent la concevoir seuls, des directeurs de musée, des conservateurs, mais aussi des philosophes.

Cette notion fait écho à celle de cinéma d'auteur: un cinéma qui voulait se distinguer du tout venant de l'industrie du cinéma, les expositions d'auteurs revendiquent un statut à part au sein des nombreuses expositions. Harald: "c'est un poème dans l'espace": il est auteur d'une poétique, il pense l'exposition. Expo: When attitudes become form, suisse, 1969, considérée comme l'une des plus importantes expositions de l'époque, gros rassemblement d'un art contemporain international. (Difficulté de réception des œuvres), cette expo à fait l'objet d'une recomposition, reconstitution à Venise à l'identique, jusqu'à reproduire le carrelage.
Poétique surréaliste de l'exposition: les surréalistes ont cultivé l'exposition de manière très forte. Il y a eu de nombreuses expositions, qui ont été un outil manifeste pour manifester leur esthétique, faire le point sur le groupe, (outil interne et externe). Jean Schuster: l'acte de lyrisme collectif: dès 1924 Breton organise des expositions surréalistes, signées par le groupe entier. 1925, expo la peinture surréaliste à Paris, préface par Breton et Eluard. 1926, le groupe ouvre la galerie surréaliste. Première expo en mars: tableaux de Man Ray et objets des Iles, c'est la première fois qu'on met des œuvres d'art occidentaux et des objets extra occidentaux dans une même exposition. A partir de 1935 s'ouvrent les expositions internationales du surréalisme: ont pour volonté d'étendre le surréalisme à une internationale, ces expos vont donc aussi avoir lieu à l'étranger (New York, Milan, Belgrade...) 1938: troisième exposition du surréalisme à Paris, organisée par Breton, Eluard et Duchamp. Dali et Max E... Font objet de conseillers spéciaux. Duchamp endosse le rôle du scénographe, le générateur arbitre. Il transforme la galerie des beaux-arts de paris en une grotte sombre avec de la paille au sol et un plafond recouvert de sacs de charbon. La galerie est aménagée comme un espace avec des rues baptisées: la littérature participe à la question de l'exposition. Surréalisme spatial, une organisation de l'espace qui se veut décadrée des conventions habituelles de l'art, dans lequel on trouve de nombreux objets de l'art surréaliste. Duchamp: first paper realism: avec des toiles tissées: cette manière de montrer l'art comme un âge poussiéreux, ancien. En 1947: le surréalisme en 1947, expo à Paris: l'espace a été construit par Breton comme une sorte d'initiation ésotérique. 1959, exposition international du surréalisme, eros, Duchamp compose l'espace, il tend du satin rose dès l'entrée.

Le mur d'André Breton: il avait chez lui un lur où il cartographiait ses voyages. Le mur était un défi aux musées d'art moderne tout en développant des sujets personnels, subjectifs, exposition d'intérieur.
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