Littérature française. I. L’auteur : Charles Baudelaire (1821-1867)







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date de publication22.02.2017
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Chapitre 4 : Les fleurs du mal- Baudelaire (1857)

Ce recueil occupe une place à part dans la littérature.

C’est une des œuvres majeures qui va beaucoup influencer les poètes de la fin du 19e siècle.

Une œuvre impossible à classer dans un courant précis et un des plus grands scandales de la littérature française.
I. L’auteur : Charles Baudelaire (1821-1867)
Son œuvre va être marquée par quelques éléments biographiques :

- Baudelaire a perdu son père à six ans. Très attaché à sa mère, il vit son remariage comme une trahison, comme un rejet. Dès lors, on va retrouver dans son œuvre l’idée qu’il est un expulsé, un banni et le désir de retrouver un paradis perdu (celui de m’enfance) à travers la poésie.

- Après des études marquées par la solitude et l’ennui, Baudelaire se lance dans les plaisirs de la vie et accumule les dettes. Sa vie est oisive et son ambition de devenir auteur dérange profondément sa mère et son beau-père qui vont essayer de s’y opposer. Dès lors, on va retrouver dans son œuvre un refus de valeurs de la société bourgeoise (le souci de respectabilité, l’argent, la famille, la religion). Pour lui, un artiste ne doit pas essayer de plaire mais il a l’obligation de déranger. Ce qu’il reproche aux bourgeois, c’est de ne pas penser, ne pas créer.

- Baudelaire se fait connaître comme critique d’art (il a également été traducteur de l’écrivain E. A. Poe). Il voudrait expliquer l’art au public et le sensibiliser à la beauté. Dès lors, on va retrouver dans son œuvre le thème de la beauté et les références à l’art occuperont une place centrale.

En 1857, il publie Les fleurs du mal qui ne rencontrent pas un grand succès (1100 exemplaires vendus), même si le milieu des écrivains est emballé. Ce recueil lui vaudra d’ailleurs un procès.

La fin de sa vie est une suite de désillusions : conflits familiaux, dettes, maladies, échec de son séjour en Belgique.

II. Présentation du recueil
Ce recueil est composé de 126 poèmes. Il est considéré comme l’œuvre la plus importante de Baudelaire. C’est l’œuvre qui lui vaut d’être considéré comme l’un des plus grands poètes de notre littérature.

Pourtant, les choses ne s’annonçaient pas bien en 1857. Cette œuvre ne lui apporte pas la richesse. Elle lui vaut même d’être condamné pour outrage à la morale publique (une amende de 300 F) et l’obligation de retirer 6 poèmes.

Malgré cette incompréhension du grand public, un certain nombre d’éléments vont amener la critique à y voir un chef-d’œuvre.

1. Son originalité
L’œuvre est inclassable. Baudelaire n’appartient à aucun mouvement littéraire. Il exprime dans ce recueil une vision de la vie et de l’art qui lui sont propres.

D’une part, la vie est pour lui une constante opposition entre le spleen (une souffrance morale dominée par l’ennui et la lassitude) et la recherche d’un idéal inaccessible. Le spleen engendre la soif d’idéal et le caractère inaccessible de l’idéal augmente le spleen.

D’autre part, et le titre du recueil le souligne, il y a chez Baudelaire la conviction que l’art permet d’extraire quelque chose de beau des choses les plus horribles.
2. Son influence
Ce recueil a été très bien reçu par les artistes. Qu’il s’agisse d’écrivains confirmés comme Victor Hugo ou de jeunes poètes qui s’inspireront de Baudelaire comme Verlaine.
3. Sa longue élaboration
Baudelaire a mis 15 ans à élaborer ce recueil, ce qui illustre son perfectionnisme. La place de chaque mot dans un poème et celle de chaque poème dans le recueil ont fait l’objet d’une intense réflexion lors des 2 éditions du recueil.

NB : Même si on situe Les fleurs du mal en 1857, l’édition que nous allons étudier est celle de 1861.
Ce recueil a une structure très précise en 6 parties :

- La 1e (la plus longue) : Spleen et idéal

Elle met en évidence l’angoisse de l’opposition entre ces 2 termes et l’angoisse née du

née du triomphe du spleen.

- Les 5 autres parties constituent des tentatives pour échapper à cette angoisse.

2: Tableaux parisiens (contemplation de la ville)

3: Le vin (ivresse)

4: Les fleurs du mal (débauche)

5: Révolte (contre Dieu)

6: La mort

III. Analyse de poèmes
1. L’albatros p. 169
C’est le 2e poème du recueil. C’est un des poèmes les plus célèbres de Baudelaire.
Ce poème de 4 strophes de 4 vers montre comment le poète peut tirer habilement parti d’une anecdote vécue pour mettre en évidence une idée symbolique. Ici, comme l’indique la strophe 4, l’albatros, c’est le poète. Dès lors, on peut comprendre que l’équipage, c’est la société.
a) Quelle est l’image qui est donnée de l’albatros ?

- grandeur, supériorité (vastes, rois, grandes ailes, prince, géant)

- indolence, paresse (indolents)

- maladresse (maladroits, il est gauche, piteusement, infirme, huées)

- courage (vers 14)

Pour Baudelaire, ces caractéristiques démonstratives de l’albatros peuvent également être attribuées au poète.
b) En quoi ce poème peut-il être rapproché des œuvres romantiques ?

Dans ce poème, la solitude de l’albatros et son inadaptation proche du mal de vivre font penser au romantisme.

De même, la grandeur et la majesté de l’albatros peuvent rappeler la très haute idée que les romantiques se faisaient du poète (un guide de ses contemporains).

Ce pendant, à partir de cette idée commune, Baudelaire montre que le poète n’est pas fait pour vivre avec les autres et qu’il ne rencontrera que l’humiliation (c’est une idée tout à fait contraire à celle des romantiques qui se sont lancés dans des combats politiques).
c) Pourquoi la société humilie-t-elle ainsi le poète ?

Tout est dit dès le 1e vers « pour s’amuser ». Donc, l’homme est en proie à l’ennui. C’est cet ennui qui conduit l’homme à se comporter cruellement et à humilier les êtres qui accèdent à quelque chose d’autre (ici, voler ou la poésie).

La grossièreté des hommes est particulièrement mise en évidence aux vers 11 et 12.

Avec cette idée, Baudelaire annonce le thème du poète maudit.
d) Montrez que l’utilisation des figures de style et la construction des phrases illustrent bien les idées de Baudelaire.

Figures de style

Il y a une idée importante dans l’œuvre de Baudelaire : la vie est une tension entre des éléments contraires. Or, 2 figures de style créent cette idée d’opposition (un oxymore et une antithèse).

On retrouve 3 antithèses aux vers 10 (beau-laid), 6 (maladroit-roi), 7 (piteusement-grandes ailes blanches). On retrouve un oxymore au vers 12 (infirme qui volait).

NB : Ces oppositions renvoient à la même idée : les qualités du poète sont réduites à néant par la médiocrité des hommes.

Constructions des phrases

Dans la 1e strophe, à la majesté de l’albatros répond l’ampleur de l’unique phrase.

A la 3e strophe, la brutalité des hommes coïncident avec des phrases courtes et exclamatives, qui renforcent cette sensation de brutalité.

A la dernière strophe, aux 2 derniers vers, on a une rupture de construction. La phrase est interrompue comme le vol de l’albatros.
2. Correspondances p.170
C’est le 4e poème de Spleen et Idéal. Il d’agit d’un sonnet. Baudelaire apprécie particulièrement cette forme classique (il y a plus de 40 sonnets dabns son recueil qui comptent 126 poèmes). Le sonnet est une forme brève qui oblige à aller à l’essentiel. Cela suscite une certaine intensité renforcée par le fait que les derniers vers sont souvent surprenants.
Baudelaire utilise cette forme classique mais il n’en respecte pas les règles. En effet, dans un sonnet classique, les quatrains doivent garder les mêmes rimes et les tercets doivent commencer par une rime plate.
a) A quoi fait-il référence ?

Par correspondance, il faut comprendre lien ou rapport. Baudelaire adhère donc à une tradition philosophique déjà présente depuis l’Antiquité avec Platon. Selon cette tradition, tout dans le monde que nous voyons présente un rapport avec un monde que nous ne voyons pas. De plus, tous les éléments terrestres sont dotés d’une âme et peuvent correspondre entre eux.
b) Comment Baudelaire met-il en évidence cette théorie ?

Il divise son poème en 2 parties.

Les quatrains expliquent les principes de cette théorie au moyen d’images :

- La métaphore filée du temple et des piliers met en évidence l’unité du monde.

- Les personnifications des vers 2 et 4 effacent la frontière entre ce qui est animé et ce qui est inanimé.

- La comparaison avec les échos de la strophe 2.

NB : Ces échos sonores sont renforcés par la multiplication des sons « o » et « on » dans la 2e strophe.

Les tercets se composent de 2 exemples de cette théorie.
c) Comment l’homme réagit-il face à ces correspondances ?

Comme le montrent les vers 2 et 3, l’homme ne comprend pas ces correspondances. Il est perdu.

Pour Baudelaire, seul le poète est capable de déchiffrer la forêt de symboles. En cela, Baudelaire peut être considéré comme un précurseur du symbolisme (voir litt. P. 267).

NB : Ce qui permet au poète de mettre en évidence ces correspondances et ces symboles, c’est sa capacité à créer des figures de style.
d) Quels sont les autres thèmes récurrents de l’œuvre de Baudelaire que l’on retrouve dans ce recueil ?

La tension entre des éléments contraires est mise en évidence par l’antithèse du vers 7 et par l’opposition entre les parfums bons et les parfums corrompus.

Quelque chose de négatif, comme les parfums corrompus permet un élan vers l’idéal et une satisfaction entière (vers 12 et 14).
3.La Beauté p. 172
On retrouve la forme classique (un sonnet en alexandrins) même si Baudelaire ne respecte pas toutes les règles du sonnet classique.
Ce poème traite un thème cher à Baudelaire.
a) Quelle est la situation de communication ?

Dès le 1e vers, on voit que la beauté s’adresse aux hommes. L’idée de beauté semble incarner en une statue (vers 1, 4, 5, 7, 8).
b) À travers l’idée d’une statue, quelles sont les caractéristiques que Baudelaire attribue à la beauté ?

- immuable (vers 4, 7)

- mystérieuse (vers 5)

- pure (vers 6)

- dure, insensible (vers 2, 8)
c) Quelles est la relation entre le poète et la beauté ?

Le poète est vu comme un amant de la beauté. Cette relation n’est pas sans risques. Cet amour peut être blessant (vers 2) et il impose des sacrifices au poète (vers 11 (travailler tout le temps), vers 12 (il perd sa liberté)).
Conclusion

Baudelaire nous présente les artistes comme étant des êtres qui vouent un culte à la beauté. En cela, il est proche de Théophile Gautier (p. 142-144) et des poètes du Parnasse qui préconisaient la recherche de l’art pour l’art, c’est-à-dire qu’ils ne recherchaient que la beauté.

C’est d’ailleurs à Théophile Gautier que Les fleurs du mal seront dédiées, ce qui est une preuve d’admiration.

Cependant, Baudelaire va plus loin et se détache du Parnasse en montrant que cet amour exclusif de la beauté débouche parfois sur un esclavage.
4. Une charogne p. 174
Quelques critiques ont comparé ce poème à une fable. En effet, on peut considérer qu’on retrouve comme dans une fable une anecdote suivie d’une morale (morale située dans les 3 dernières strophes). On retrouve comme dans certaines fables une alternance entre plusieurs mètres dont l’octosyllabe, qui est un vers que l’on utilise dans les thèmes plus intimes.
a) Quelle est la situation de communication ?

Le poète s’adresse à une femme aimée et idéalisée (comme on le voit à partir du vers 39). Cependant, le discours du poète est surprenant parce qu’après les deux premiers vers, on pouvait s’attendre à une déclaration d’amour. Au lieu de cela, le poète promet à la femme qu’il, un sort comparable à celui d’une carcasse en décomposition.
b) Le thème du poème est-il original ?

Non, parce qu’il y a toute une tradition de poèmes qui évoque la vieillesse de la femme aimée. Ces poèmes s’inscrivent dans la tradition du carpe diem d’Horace et sont des invitations à aimer et à profiter de la vie. Ex : voir photocopies.

Chez Baudelaire, ce n’est pas tout à fait le cas. Le poème se termine par un ordre (vers 45) : aller dire à la vermine que le poète a gardé le souvenir de la femme aimée (au moyen de son œuvre). Pour Baudelaire, c’est une manière de montrer la victoire de l’esprit sur la matière périssable.
c) En quoi le poème est-il caractéristique de l’œuvre de Baudelaire ?

- Les jeux de tension entre éléments contraires (strophe 1).

On a un oxymore au vers 13 (carcasse superbe).

On a de nombreuses comparaisons surprenantes (vers 14, 5…).

- Il y a une façon ambivalente de traiter la femme qui est à la fois idéalisée et traitée avec

brutalité.

- Il y a une utilisation originale des thèmes et des formes classiques.
5. L’invitation au voyage p. 180
C’est l’un des poèmes les plus connus de Baudelaire.

Il a été inspiré par Marie Daubrun, une de ses maîtresses.
NB : Baudelaire a eu 3 maîtresses qui ont beaucoup compté pour lui et lui ont inspiré des poèmes :

- Marie Daubrun : elle symbolise la spiritualité pour Baudelaire

- Jeanne Duval : c’est une métisse qui symbolise la sensualité et les plaisirs pour Baudelaire

- Mme Sabotier : elle symbolise la pureté qu’il vénère
a) Qu’est-ce qui fait l’originalité de ce poème ?

C’est sa musicalité :

- Il présente la structure d’une chanson (couplets et refrains).

- On a 2 vers de 5 syllabes suivis d’un heptasyllabe. Ce mètre est répété 4 fois par strophe.

Le rythme impair est rare à l’époque car il est en opposition avec les conceptions classiques

de la poésie mais il produit un effet d’instabilité qui renforce la musicalité.

- Il y a la présence de nombreuses rimes riches (8) qui renforcent l’idée de musicalité car les sons se ressemblent. Il y a un écho entre ces sons qui est renforcé par la disposition des rimes (AA-B-CC-B).
b) Montrez que ce poème présente un lien avec l’univers de la peinture.

Il y a une correspondance entre chacune des strophes et différents genres de peinture : le portrait, la scène d’intérieur, le paysage.

L’idée que le poète fait référence à 3 tableaux peut être confirmée par le champ lexical de l’immobilité assez important dans le texte (vers 28, 30, 35, 39). Le terme « ciel brouillé » est également spécifique au vocabulaire de la peinture.

On peut donc dire que pour Baudelaire, le voyage se fait à travers l’art avec pour point de départ les yeux de la femme aimée.

NB : Ici, la femme est présentée comme complice invitée à partager la quête du bonheur du poète. Cependant, on retrouve cette image ambiguë de la femme chez Baudelaire, puisqu’au vers 11, il est question de « traîtres yeux ». Chez Baudelaire, il y a donc toujours une tension entre les éléments contraires. Cette tension est illustrée par l’oxymore du vers 7.
c) Montrez que ce poème illustre la théorie des correspondances.

La 2e strophe du poème illustre ce thème :

- Il y a une correspondance entre la vue et le toucher avec les meubles (vers 15 à 17).

- Les fleurs s’adressent à la fois à la vue et à l’odorat (vers 18-19).

- Tous les objets sont capables de parler à l’âme.


IV. Conclusion
Baudelaire occupe une place centrale dans la poésie française du 19e siècle.
On retrouve chez lui un mal de vivre (le spleen) qui rappelle le romantisme. Mais s’il y a chez lui une angoisse face au triomphe du mal (ce triomphe est illustré par les derniers poèmes de la 1e partie du recueil), cela ne débouche pas sur une plainte mélancolique mais sur une volonté de rechercher le beau à partir du mal.
Sur un plan thématique, il va attachez beaucoup d’importance à la dimension sensuelle de l’amour, aux correspondances (tout ce qui touche les sens), au thème du souvenir. Il présentera une image ambiguë de la femme.
Baudelaire a été un grand innovateur sur le plan formel. Il n’a pas toujours respecté les règles de la poésie classique. De plus, il va écrire un certain nombre de poèmes en prose, ce qui est un signe d’une grande modernité (ex : p. 184-185). Ces poèmes en prose seront de plus en plus nombreux après Baudelaire, ce qui démontre son influence.

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