& utopies libertaires







télécharger 1.96 Mb.
titre& utopies libertaires
page39/68
date de publication16.12.2016
taille1.96 Mb.
typeUtopie
a.21-bal.com > droit > Utopie
1   ...   35   36   37   38   39   40   41   42   ...   68

Futurisme et anarchisme interventionnistes durant la 1° Guerre mondiale ?


Une deuxième période entre 1911-1918 (de la Libye à la 1° Guerre mondiale) entraîne un curieux rapprochement entre futuristes (la grande majorité) et anarchistes (une très faible minorité) : celle du choix interventionniste (interventista), c'est-à-dire pour l’engagement dans une guerre vue comme nécessaire, et libératrice d’énergie, et donc de la volonté guerrière et belliqueuse (les italiens parlent de position « guerraiola »). La dérive nationaliste et militariste n’est pas loin. Antonio SANT’ELIA (1888-1916) comme MARINETTI sont engagés volontaires, le premier mourant à la guerre en 1916 (alors qu’il fut un temps socialiste révolutionnaire cohérent, et donc anti-interventionniste), comme Umberto BOCCIONI (1882-1916) et la même année ; même un CARRÀ, le plus libertaire des grands noms du futurisme, sombre dans l’idéologie commune, notamment avec son tableau Manifestazione interventista de 1914. L’anarchiste futuriste Ugo TOMMEI1028, journaliste de Lacerba et proche de Gian Pietro LUCINI, se fait lui aussi belliciste, part comme volontaire et meurt dans le conflit. L’ex-anarcho-futuriste de Messine, Guglielmo JANNELLI (1895-1950), fait de son La Balza futurista un organe pro-guerre ; Mario CARLI, lui aussi ancien anarchiste, fait la même chose dans le Nord avec La Testa di ferro.

Certes quelques anarchistes prestigieux (KROPOTKINE, Jean GRAVE…) ont connu une triste dérive semblable avec le fameux Manifeste des 16 (en fait 15 signataires) qui revendiquait l’engagement au côté de l’Entente contre des Puissances centrales jugées destructrices de l’humanisme européen. En France des courants comme l’hervéisme (de Gustave HERVÉ 1871-1944, qui passe d'un socialisme révolutionnaire libertaire au nationalisme le plus étroit) disposent même d’un certain prestige. Mais la très grande majorité du mouvement, dont en Italie l’important MALATESTA, condamne cette fracture dans les idéaux anarchistes. Même incroyable pour des libertaires, ce Manifeste des 16 n’est cependant en aucun cas ni militariste ni nationaliste, il n’est qu’action de circonstance. C’est la différence majeure avec la revendication belliciste futuriste, qui fait de la guerre un bien en soi.

En fait le vrai lien entre futurisme et anarchisme en période des conflits, c’est celui qui met les premiers très proches des anarchistes dits interventisti, notamment Maria RYGIER (1885-1953) ou Libero TANCREDI (pseudonyme de Massimo ROCCA). Un des organes les plus prestigieux est en février 1915 La Guerra sociale. Settimanale anarchico interventista qui compte d’autres noms connus comme Oberdan GIGLI (1883-1949) ou Mario GIODA (1883-1924). Sans être nombreux, ils sont néanmoins connus et parfois importants dans le journalisme libertaire. Il est intéressant de signaler que la plupart d’entre eux sont des anarchistes individualistes, marqués par STIRNER et NIETZSCHE, mais également par BERGSON : le stirnérisme et le nietzschéisme, on ne le dit jamais assez, sont un des axes forts de nombreuses avant-gardes artistiques et libertaires au tournant du siècle ; le dadaïsme n’y échappe pas non plus. C’est ce qu'Alberto CIAMPI appelle la « centralité du moi nietzschéen et stirnérien » ; il aurait seulement dû citer STIRNER en premier.

Il y a cependant également des libertaires ou des syndicalistes révolutionnaires qui ont abandonné leur antimilitarisme pour se rallier à « l’interventismo » : même s’il n’est pas anarchiste, le plus emblématique reste le grand leader Alceste DE AMBRIS (1874-1934). On retrouve sa signature au côté de celle de TANCREDI dans le primo Manifesto – Appello del Fascio Rivoluzionario du 05/10/1914.
Inversement des futuristes anarchisants condamnent le mouvement nationaliste et pro-guerre. Lorenzo VIANI reste antimilitariste, Duilio REMONDINO également (il a publié d’ailleurs un Il futurismo non può essere nazionalista – Le futurisme ne peut pas être nationaliste). REMONDINO sera proche des marxistes après la révolution russe et revendiqué comme « futuriste internationaliste » par les trotskistes. Déjà à la veille de la guerre, Gian Pietro LUCINI, tout aussi conséquent, expliquait par écrit comment il avait dépassé le futurisme marinettiste (Come ho surpassato il futurismo). Même l’écrivain futuriste anarchisant Aldo PALAZZESCHI rompt avec un futurisme nationaliste et guerrier dès 1914. Quant à l’intellectuel anarchiste Luigi MOLINARI, éducateur de talent et ami de MARINETTI, c’est durant la Guerre dans son Università popolare qu’il rompt définitivement avec un futurisme, pour lui définitivement rallié au militarisme.


  • Anarchisme et second futurisme (après 1917-18)


Une troisième période permet à certains membres du futurisme de renouer avec l’anarchisme ou avec une pensée ou une pratique plus libertaire, c’est après les désillusions causées par la guerre (c’est l’époque pendant laquelle des membres essentiels comme CARRÀ ou SEVERINI quittent le mouvement), et au moment où MALATESTA, « le LÉNINE italien », incarne cette possibilité de renouveau. Même MARINETTI, après une première rencontre avec les « Faisceaux de combat » du pré-fascisme, renoue avec le théoricien anarchiste rentré victorieusement en Italie. Il en est de même du Club dei Futuristi Milanesi qui s’affirme solidaire, dans le journal anarchiste Umanità nova, du « LÉNINE italien » (MALATESTA) lors de son arrestation en 1920 (a.I, n°227 du 28/11/1920). Encore en 1924 MARINETTI soutient l'anarcho-futuriste Giovanni GOVERNATO, dit Il cromatista (1889-1951)1029, qui passe en procès à La Spezia pour avoir aidé le futuriste résistant Renzo NOVATORE. L'appui de MARINETTI et surtout la célèbre défense effectuée par l'avocat Enzo TORACCA permettent à GOVERNATO de se sortir de ce mauvais pas.

Cependant bien des anarchistes tentés par le futurisme ont désormais des réticences fortes, les dérives nationalistes et guerrières du « marinettisme » (plus que du futurisme qui reste une nébuleuse composite) étant désormais bien prouvées, mais également fortement contestées.
C’est alors qu’une architecture futuriste se manifeste ; elle est parfois d’imprégnation libertaire au moins dans certaines des réalisations de Virgilio MARCHI : sa Ville futuriste en 1919, ville aérienne, libérée, florale, sans carcan géométrique, peut en représenter la meilleure expression. Sa Città fantastica de 1919-1920 est du même registre, et mise sur rêve, fantaisie, mouvement et enchevêtrement des matériaux qui la rend difficile à réaliser. La vie est y est omniprésente. MARCHI est sans doute le plus « lyrique et le moins rationnel »1030 du futurisme urbanistique. Quant je compare MARCHI avec les autres architectes et urbanistes de la lignée de SANT’ELIA et de Mario CHIATTONE, gagnés par le monumentalisme, l’architecture froide et verticale, la géométrie symétrique, je n’arrive toujours pas à comprendre qu’on puisse les analyser dans le même mouvement. Enfin, un point les rattache tout de même : ils n’ont quasiment pas laissé de traces concrètes, leurs projets étant sans doute trop utopiques, dans tous les sens de l’adjectif.
En Espagne, l'écrivain et futur diplomate Ernesto GIMÉNEZ CABALLERO (1899-1988) est dans les années 1920 à la confluence du futurisme, de l'ultraïsme et du surréalisme. «Il est admirateur de l'action directe et des emblèmes de l'anarchisme espagnol» note SYD1031. «Nous sommes des individus intransigeants, c'est-à-dire des anarchistes» affirme-t-il. Il se réclame de l'anarchosyndicalisme, mais mêle avec ambigüité «le drapeau rouge et noir anarchiste» avec le sens national et une catholicité rénovée ! En 1928 son œuvre Yo, inspector de alcantarilla - Moi, inspecteur du caniveau est considérée comme un des premiers textes surréalistes espagnols. Passé au fascisme et au franquisme, il sent encore trop le soufre de sa jeunesse et est mis à l'écart, dans un exil qui reste doré en Amérique latine.
À Porto-Rico l'apparition du futurisme acrate se fait plus tardivement à travers les manifestes de 1929. Il s'agit d'Atalayista et Acracia Atalayista de Clemente SOTO VÉLEZ et du Decálogo Atalayista de Graciany Miranda ARCHILLA1032.
En Russie des futuristes - appelés plutôt «cubo-futuristes» ou par certains «aveniristes» - prônent un internationalisme inventif et se rallient à la révolution. Nombreux sont ceux qui signent l'appel de mars 1917 En avant pour la révolution !. Mais ils ne reconnaissent pas forcément l'idéologie dominante, car ils continuent à lutter à manifester «leurs tendances libertaires» «pour l'autonomie de l'art et la liberté totale face à toute institution politique»1033. En décembre 1918, le critique d'art Nikolaï POUNINE (futur compagon durement réprimé d'Anna AKHMATOVA 1888-1953) écrit encore dans la revue Iskousstvo Kommouny «Nous n'avons pas besoin de l'État… le futurisme n'est pas un art d'État mais l'unique voie possible à partir de laquelle peut se développer un art humain pour tous les hommes»1034.

Toutes les tendances du futurisme, y compris les suprématistes et les constructivistes proches, expriment alors un utopisme radical et sans concession, qui a en fait peu d'applications, et qui finit par heurter le nouveau pouvoir.

Le poète utopiste et non-violent Velimir KHLEBNIKOV (en fait Viktor Vladimirovitch KHLEBNIKOV 1885-1922) propose une langue universelle écrite, et rêve d'une Commune du globe issue d'une fusion de tous les États existants (Lialia sur le tigre 1918)1035. Cosmopolite, nomade volontaire, il fait du cheminement libre et du développement sans souci des frontières des voies de communications un outil pour la future humanité libérée. Son pays imaginaire, symbole d'ouverture, se nomme Putestan - Le pays des voies. Avec La Cygnie du futur (1918) il décrit l'harmonie retrouvée entre tous les êtres vivants.

D'autres artistes, plus ou moins proches alors des libertaires comme David BOURLIOUK (1882-1967), Vladimir MAIAKOVSKI (1893-130) ou Vassili Vassilievitch KAMENSKI (1884-1961) sortent en mars 1918 le numéro unique de la revue Gazeta Futuristov, qui est appuyé par la Fédération des Anarchistes Russes de Moscou1036. La Gazette se proclame «aile artistique du socialisme-anarchisme».

Nombreux sont les artistes (pas seulement les futuristes) qui vivent et agissent dans la Maison de l'Art Libre fondée par les anarchistes dans un restaurant occupé.

En 1919, à Moscou, le cubo-futuriste Boris KOROLEV (1884-1963) édifierait une statue à la gloire de BAKOUNINE1037, qui aurait été retirée ou détruite assez rapidement. Bien que fortement critiqué, KOROLEV ose encore en 1926, avec une belle constance, faire un buste de BAKOUNINE1038. Mais devenu quasi sculpteur officiel, il ne craint visiblement plus grand-chose.

La revue Anarkhia (interdite en avril-mai 1918) publie le 25/03/1918 sous le pseudonyme de Baian PAMEN une Lettre à nos camarades futuristes. Cette lettre très critique vis-à-vis d'artistes jugés trop passifs est maladroite car nombreux sont les futuristes qui sont liés au mouvement des communes libertaires de Moscou. Malgré tout Vladimir Ievgrafovitch TATLIN (1885-1943) reconnaît le bien fondé de ces critiques, et dans sa réponse dans le numéro du 29/03/1918 d'Anarkhia appelle tous ses amis à plus recevoir «le souffle de l'anarchie». Le 27/03/1918 dans cette même revue, le suprématiste Kazimir Severinovitch MALEVITCH rappelle que «L'enseigne de l'anarchisme est l'enseigne de notre égo et de notre esprit, comme le vent libre… Nous sommes en train de révéler de nouvelles pages de l'art dans les nouvelles aurores de l'anarchie».

Dans leur ensemble, les futuristes russes ne sombrent pas dans les excès et caricatures des artistes dits «prolétariens». Ils résistent au Proletkult (qui tente de s'arroger une certaine suprématie au sein des avant-gardes russes jusqu'à sa dissolution vers 1923) et refusent un alignement servile sur le nouveau pouvoir. Il faut dire qu'ils bénéficient d'une certaine ouverture et empathie d'Anatoli LUNATCHARSKI (1875-1933) et que jusqu'à la mort de LÉNINE, la diversité en matière artistique et littéraire reste plus ou moins admise. Entre 1923 et 1925 la revue éclectique et pluraliste LEF (Levyi Front Iskusstv - Front gauche des Arts) permet à MAÏAKOVKSI ou à Ossip BRIK de maintenir leurs positions indépendantes. Le Novy LEF - Nouveau LEF en 1927-1928 ne dispose plus de cette influence. En fin des années vingt artistes et rebelles indépendants, au nom de la lutte contre les «déviations de gauche», sont mis au pas ou progressivement condamnés au silence.
En Uruguay le poète anarchiste Francisco ÁLVAREZ ALONSO1039 publie en 1919 son poème Invocación de tonalité futuriste, et le dédie à F. T. MARINETTI1040 ; Francisco a alors moins de 20 ans. Daniel VIDAL note diverses publications d'oeuvres futuristes dans les journaux libertaires de Montevideo El Hombre et Energía entre 1919-19201041. Mais il rappelle que le Manifeste futuriste est publié dès 1909 dans El Día. Entre ces deux dates, rien ne sort dans la presse libertaire. L'antimilitarisme et la condamnation de la guerre par les anarchistes expliqueraient cet écart de 10 ans entre l'introduction du futurisme en Uruguay et sa prise en compte favorable.
En Italie, parmi les anarcho-futuristes des années 1920 surtout, les exemples restent plus nombreux qu’une première analyse aurait permis de le penser ; c’est vrai qu’hormis les dessinateurs, peu de noms de peintres célèbres sont à relever. C’est surtout dans le futurisme littéraire, journalistique et poétique que la cohérence avec l’idéal anarchiste se manifeste.

Sur Milan, dans la période qui va de 1920 à 1924, l’anarchiste Attilio VELLA (1901-1973), membre de la fameuse « tribu » anarchiste1042, appartient au futurisme qu’il ne quitte qu’au moment des ralliements au fascisme. Il poursuivra toute sa vie ses liens avec les mouvements artistiques d’avant-garde1043.

À La Spezia et à Pistoia Abele RICIERI FERRARI, plus connu sous le pseudonyme de Renzo NOVATORE et célèbre pour sa résistance armée au fascisme (il meurt à Murta face aux carabiniers en novembre 1922), a créé une revue anarcho-futuriste vers 1921, qui mêle futuristes et anarchistes. Il s’agit de Vertice, Rivista anarchica d’arte e di pensiero, qui compte avec l’appui du peintre futuriste Giovanni GOVERNATO, et celui de Rina Maria STAGI et d'Auro D’ARCOLA, de son vrai nom Tintino Persio RASI (1893-1963). Dans les années 1921-1923 Giovanni GOVERNATO a illustré également les revues anarchistes L’Iconoclasta, rivista anarchica aperta a chiunque de Pistoia, Anarchismo de Pisa, Vespro anarchico de Palermo, Il Libertario de La Spezia, Gli Scamiciati de Pegli et Il proletario, giornale anarchico de Pontremoli. L’entête de L’iconoclasta du n°1 du 01/01/1920 est de Virgilio GOZZOLI (1886-1954), peintre futuriste et anarchiste de grand talent, très actif à Pistoia. Sollicité par Sébastien FAURE, il écrit dans l'Encyclopédie Anarchiste des années 1930. À Firenze & Pistoia, la revue La Tampra éditée par les frères CIATTINI, créée en 1914, dure jusquen 1920.

À Florence, en 1921, le futuriste Francesco LUZZI abandonne les dérives fascisantes du futurisme pour rallier l’anarchisme dans « le sens le plus pur et le plus étendu de la parole » nous relate CIAMPI (p.182 de son ouvrage de 1989). Le peintre et poète Primo CONTI (1900-1988) également, mélange positionnements libertaires et futurisme : le riche musée de Fiesole qui porte son nom, ouvert en 1987, et dédié aux avant-gardes, lui rend un bel hommage.

À Turin, en 1923, sans être expressément libertaire, Luigi COLOMBO plus connu sous son surnom de FILLIA fonde les Sindicati Artistici Futuristi, qui prônent la révolution prolétarienne. Cela ne l’empêche pas de rester en Italie sous le fascisme triomphant comme presque tous les futuristes de la deuxième génération. Dans la même ville Angelo ROGNONI, futuriste de Pavie, connu pour son tableau Reporter socialista de 1921 dénonce le marinettisme au nom de sa fidélité aux groupes socialistes et anarchistes. Toujours à Turin, L’Institut de Culture Prolétaire et son annexe Pro Vittime politicheEn faveur des victimes politiques publie un recueil de poésie dont l’intensité libertaire est très présente : il s’agit de Dinamite. Poesie Proletarie. Rosso + Nero. C’est signé par un énigmatique 1+1+1=1. Une des ses poésies s’intitule Ghigno - Le clin d’œil et espère « tout détruire : religion, lois, argent, patrie, famille… » ; une autre, Noi – Nous, affirme « Nous détruirons les temples et nous mettrons l’Égalité à la place de Dieu… Et nous soulèverons les drapeaux rouges et les drapeaux noirs. Vie et Mort. Destruction et Anarchie. Liberté et Révolution »1044. C’est tout un étonnant et courageux programme pour cette année 1922 alors que le fascisme a le vent en poupe, notamment contre les anti-ecclésiastiques et les militants révolutionnaires.

Giuseppe PREZZOLINI (1882-1982) réfute logiquement l’accointance entre futurisme et fascisme dans Il secolo du 03/07/1923 : « le fascisme veut être hiérarchie, tradition, autoritarisme… or c’est tout le contraire pour le futurisme »1045. Il en est de même vers 1924 du poète Aldo PALAZZESCHI, mais il est vrai c’est semble-t-il plus au nom d’un humanisme chrétien que des tendances anarchisantes de sa jeunesse.

Les revues Fede (Rome 1923-1926) et Vita libertaria, mensile di politica ed arte (Rome 1925) hébergent encore anarchistes et futuristes au moment où le fascisme s’impose légalement et violemment. Même un futuriste marxisant comme Vinicio PALADINI (1902-1971) écrit dans ces organes, et rend même hommage aux combattants libertaires dans son Primo maggio – Premier Mai, écrit en 1922. Dans Vita on retrouve à côté des anarchistes les autres futuristes Paolo FLORES et Aldo RONCO qui assurent une partie des illustrations (comme il le fait d’ailleurs pour Fede).

Ivo PANNAGGI plus lié aux futuristes marxistes se définit tout de même « communiste d’esprit anarchiste » au début des années 1920.

Quant à Lorenzo VIANI, il reste fidèle aux libertaires, et son tableau de vieil anarchiste (Vecchio anarchico) de 1923-25 en porte témoignage.
Bien des artistes plus ou moins libertaires « non orthodoxes » comme SAVINIO, DE CHIRICO se lient à TZARA de passage à Rome et font le lien avec la révolte dadaïste. En 1917, la revue romaine Noi de PRAMPOLINI relie anarchistes, futuristes et les premiers dadaïstes italiens. Ils participent ensemble aux diverses manifestations de l’année 1918, dont celle de Piazza Esedra1046.
Plus tardivement, un néo-futurisme renaissant à tonalité parfois libertaire s’exprime dans des revues anarchistes. Ce serait le cas, pour Alberto CIAMPI, du Manifesto dei nuovi futuristi dans la revue anarchiste Fuoco, n°24 de 1986.

Au début du XXI° siècle le Net.futurismo reprend plus que jamais le combat contre l'art hors la vie, et contre les avant-gardes autoproclamées. Gianluigi GIORGETTI avec son Nanomanifesto dell'arte net.futurista (2009) replace la vie au centre de tout, et donc la futilité de l'art extérieur à celle-ci1047.
1   ...   35   36   37   38   39   40   41   42   ...   68

similaire:

& utopies libertaires iconAnarchisme belge, mouvements et utopies libertaires

& utopies libertaires iconAnarchisme, mouvements et utopies libertaires et autogestionnaire ou communalistes en Afrique

& utopies libertaires iconEssais utopiques libertaires de «petite»
«Les 7 sages de la forêt de bambous» : des libertins ou libertaires chinois du iii° siècle ? 62

& utopies libertaires iconEssais utopiques libertaires de «petite»
«Écoles libertaires» : degalvèS et janvion vers 1897 Léon clément vers 1905 73

& utopies libertaires iconVI. Traces utopiques et libertaires dans le temps et l'espace…
«primitives» peuvent-elles apparaître libertaires et servir de référence aux rêves utopiques ? 3

& utopies libertaires iconUtopies: hommes pourvus d'ailes Lucien de Samosate, 2es

& utopies libertaires iconBibliographie sur mouvements et théories libertaires et autogestionnaires en France







Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
a.21-bal.com