Introduction à la science politique – Jean-Marie Donegani







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Introduction et typologie wébérienne.

Max Weber, Economie et société : macht et herrschaft.

  • Politique : un mode de domination spécifié par une autorité fondée sur une source de légitimité. ≠ raisons de l’obéissance historiques culturelles

  • Traditionnel :

    • Coutume, premières monarchies européennes, soubassement patrimonial et allégeances personnelles, roi = royaume. Charlemagne : serment de fidélité de chaque membre. Lien social vertical.

    • En germe : l’état moderne.

      • Formation d’une bureaucratie (le Conseil du Roi) ≠ domesticité. Classe de bureaucrates.

      • Impersonnalisation (dans le sens : plus d’allégeance personnelles), rationalisation des règles. Contractualisation des rapports sociaux.

      • Expropriation des puissances privées indépendantes. Norbert Elias.

      • Développement parallèle du capitalisme avec le modèle entrepreunarial qui répond à l’entreprise étatique (rationalisation et concentration des entreprises privées plus petites). Développement de surplus permettant entretien d’une administration.

  • Rationnel-légal : règne de l’efficacité.

    • Caractéristique de la modernité occidentale.

    • Etat et : Eglise, partis, entreprises > efficacité.

    • Respect des règles, contractualisation, règne de l’intérêt. Entretien de la légitimité plus facile.

    • L’impersonnalisation rend plus facile la transmission d’un pouvoir à un autre : théorie des mandats.

  • Charismatique : exceptionnel et conjoncturel.

    • Passage nécessaire à une autre forme de légitimité pour la routinisation : le charisme est précaire et fragile même si fort. Soit passage RL soit tradition.

    • Système napoléonien est charismatique et rationnel-légal.

    • Or paradoxe : lutte entre les appareils de ≠ légitimité : élites de cour VS administration.

I/ Les services de la domination :

Apparaît comme justifiée, nécessaire et même vue comme un service, un sacerdoce : on y adhère.

  1. Contrainte et consentement :

  • Contrainte = coercition physique. Monopolisation de la contrainte physique (police, fiscalité, armée).

  • Consentement : naturaliser l’ordre politique.

    • Distribution d’honneurs et de biens.

    • Travail de légitimation et de socialisation.

  • Appeler à l’un et l’autre en fonction.

  • Reconnaissance de la domination :

    • C’est pour votre bien. Cacher la jouissance du pouvoir : c’est un service (donc mutuel).

    • Besoin de partage des représentations entre dominant et dominés : légitimations.

    • Notion ultime : le consentement est fondé sur la reconnaissance du caractère nécessaire de la division sociale en vertu du bien commun.



  1. Consentement spontané à la domination :

  • Incarnation de l’intérêt général

    • So en Ouganda, 5000 chasse élevage. Groupe de 50 hommes domine tout le monde parce qu’ils sont censés avoir accès aux dieux et âmes des ancêtres et donc aux conditions de reproduction de la société, pouvoir démiurgique donc stabilité.

    • Indiens Pawnee d’Amérique du Nord : sac d’ossements pr assurer fertilité et bisons donc stabilité, accès à l’arrière-monde etc.

    • Domination perçue comme bénéfique.

  • Légitimation religieuse de la domination : propriété des moyens d’invocation du surnaturel.

  • Formes collectives de travail destinées à la reproduction de la communauté.

  • Surtravail comme forme d’exploitation : le travail en plus destiné à pérenniser la communauté est capté et capitalisé par les dominants qui peuvent à nouveau renforcer leur pouvoir.



  1. Ordre et classe :

  • Antériorité des ordres par rapport aux classes

    • Société d’ordre : domination traditionnelle, différences sacré, obligations réciproques, échange obéissance/production.

    • Société de classe : domination LR, prévisibilité des conduites avec civilisation des mœurs (Norbert Elias)

  • La distinction apparaît au 18ème siècle :

    • Smith, Quesnay

    • Bourgeois et aristo possédant une terre sont pareils : le critère devient la PLACE occupée dans le processus de production et non plus la place dans l’ordre et le système de croyance et d’obligations réciproques.

    • Et donc la société de classe est plus rationnelle mais aussi plus fragile, moins stable. Nécessite en permanence un travail d’inculcation de la docilité, d’autant plus que sécularisation.

    • Difficulté démocratique avec forte idée du bien commun et du bien pour chacun.



  1. Souveraineté centralisée et gouvernement pastoral.

  • Etat souverain (modèle juridique du pouvoir) : monopole de la violence.

  • Etat pastoral (modèle stratégique du pouvoir)

Le modèle pastoral est vu comme tourné vers les individus de manière à les diriger de façon permanente en les protégeant, pour leur bien VS état fiscalité peine de mort visible dur. Pouvoir presque accompli car intériorisé par les assujettis. Apparaît au moment où l’espèce humaine devient un enjeu politique, ou les « populations » sont une richesse et doivent être traitées comme un troupeau à mener.

Nouvelle raison d’Etat reposant sur un savoir (« police » pour Foucault) statistique cherchant à connaître la société civile dans le but d’améliorer la vie : naissance de la biopolitique, du biopouvoir cherchant à améliorer la vie humaine. On ne s’occupe plus de la vérité dogmatique comme dans l’Ancien Regime mais bien à la moralité à l’alimentation au sexe etc. A la fois totalisant et individualisant.

Repose sur la responsabilisation infinie des sujets « prend soin de toi ». Sinon vous êtes un assisté. Or il faut être une marchandise, une entreprise, dans la gouvernementalité néolibérale. Le pouvoir néolibéral transforme les moyens de la domination : persuasion, despotisme doux, de moins en moins la coercition (à discuter).

II/ La formation de l’Etat

  1. Caractéristiques de l’Etat

La modernité politique commence avec l’invention de la forme état, occidentale, conjoncturelle, correspondant à une crise politique. Dvpmt des sociétés où la division du travail exige la mise en place d’un appareil de coercition centralisé. Cette nécessité moderne de centralisation s’exerce dans des contextes différents dc états différents :

- France ≠ Angleterre.

Le premier état fort absolu droit public autonomisation à l’égard de l’Eglise puissance de l’Etat = interventionnisme économique VS Angleterre création d’un centre politique idéal avec Etat faible, sorte d’autogouvernement de la société civile, évitement de la monarchie absolue par précocité du parlementarisme, absence de droit administratif, prévalence de la common law approche bottom-up.

Sortie du féodalisme par le haut en France VS par le bas en Angleterre (aristo sans velléité d’autonomie du pouvoir et préfère se fondre dans le processus de dvpmt économique avec la bourgeoisie en contrôlant l’institution monarchique par parlement). Etat = monopole de la contrainte physique légitime (Max Weber) par le centre politique.

  1. Facteurs de la construction étatique :

  • Expropriation des puissances féodales au profit du centre.

  • Dépatrimonialisation du centre : roi ≠ royaume.

  • Autonomisation du pouvoir central.



  1. Les deux traits de l’Etat :

    1. Violence et rationalisation

  • Institution monopolistique : violence.

  • Institution bureaucratique : rationalité.

    1. Dynamique de formation de l’état est concurrentielle :

  • Phénomène d’absorption concentration GROS petits.

  • + ou – fort et centralisé en fonction des résistances que rencontre le processus de monopolisation. Différences France Angleterre.



  1. Paradigmes explicatifs de l’Etat :

    1. Paradigme économique :

  • Dpvmt état // dvpmt forces productives. Inspiration marxiste.

  • Barrington Moore : lien causal entre dynamique capitalistique (société agraire >> société de commercialisation des surplus agricoles) et nécessité d’un centre politique. Les origines sociales de la dictature et de la démocratie.

  • Fin de l’économie de subsistance : assolement triennal, engrais, labour etc. Possibilité de dégager des surplus agricoles et de les commercialiser.

  • Economique car dégagement de profit et politique car nécessite érection d’un centre qui organise travail économie et repartisse profits.

  • Distinction Est/Ouest

    • Est : réseau urbain de cités VS Ouest pas du tout de réseaux.

      • L’essor de l’économie monétaire et commerciale à l’Ouest de l’Europe va reposer sur l’essor d’une bourgeoisie urbaine basée sur parlementarisme, représentation et démocratie.

      • Est : économie agricole vastes domaines aristocratie puissante reposant sur le servage. Autre développement économique-politique : aristocratie va être subordonnée au pouvoir central autoritaire et en dépendre pour son propre pouvoir.

  • D’où deux voie pour sociétés pré-industrielles > sociétés industrielles :

    • Voie capitaliste démocratique : autonomisation des élites à l’égard de l’état.

    • Voie capitaliste réactionnaire : dépendance des élites aristo à l’égard de l’Etat.

  • Immanuel Wallerstein, Le système du monde du XVème siècle à nos jours. Economique > culturel.

    • Deux types de systèmes sociaux :

      • Les autarciques sans échanges ni porosité.

      • Les systèmes mondiaux :

        • Forme ancienne des empires mondiaux avec appareil de coercition militaire et politique assurant domination économique par le servage.

        • Economie-monde : la globalisation qui se dessine à partir du 17ème et instaure un mode d’exploitation de la périphérie par le centre (avantages comparatifs)

          • Pays périphériques spécialisés dans productions simples sans valeur ajoutée VS pays centraux plus développés spécialisés dans productions à valeur ajoutée.

          • Pays périphérique servage pour intensifier production VS pays centre liberté abandon servage.

          • Pays périphérique autoritaires VS pays du centre parlementaires.

  • Prémisses de Moore et Wallerstein :

    • Monocausalité du dvpmt des forces productives et de la diversité des structures sociales comme raison de la naissance et des ≠ formes étatiques.

    • Naissance pouvoir politique central lié au développement de l’économie.

    • 3 classes acteurs de l’histoire : aristocratie, bourgeoisie, paysannerie.



    1. Paradigme socio-culturel :

  • Facteur religieux :

    • Christianisme : spirituel auctoritas VS temporel potestas. Logique d’une sphère politique.

    • Réforme protestante :

      • Epanouissement des cultures nationales : traduction de la Bible, accès direct à la Bible VS catholicisme interdisait l’accès direct aux Ecritures et c’est pour cela que culture démocratique plus développée dans les pays protestant que catholique car taux d’alphabétisation décalés en avance, culture lecture participation débat esprit critique.

      • Liaison des églises réformées aux pouvoirs centraux nationaux.

    • Distinction calvinisme/luthéranisme/anglicanisme par rapport au pouvoir de l’Etat.

  • Stein Rokkan. Deux facteurs :

    • Origine religieuse avec carte mesurant la proximité avec Rome et le pouvoir spirituel.

    • Origines marchandes : axe mesurant la distance par rapport au réseau de cités marchandes dominées par bourgeoisie attachées aux franchises et libertés communales, indépendance par rapport à pouvoir centralisateur, intérêt économique etc.



    1. Paradigme politique :

  • Conditions de la formations de l’Etat

    • Dimension de la rareté des ressources :

      • Angleterre = idéal de la taille pour la mobilisation des ressources.

      • Distance par rapport à des centres concurrents (Sri Lanka, Angleterre)

      • Elément démographique : forte densité = armée centrale.

    • Modèle de l’Etat (société civile faible, pouvoir central, forte fiscalité et armée) VS modèle du centre politique (Angleterre, états du nord, société civile forte et plus indépendante).

  • Dvpmt état et mobilisation des ressources

    • Militarisation/fiscalité

    • Angleterre (renforcement société civile) VS états continentaux (renforcement pouvoir central).

De fait tous les paradigmes disent que Etat = nécessité et non pas volonté contingente, un simple adjuvant de forces extérieures. Dvpmt économique / désir de paix civile. D’où remise en cause actuelle car le monde a changé.

III/ La mise en cause de l’Etat

  • Déterritorialisation :

    • La souveraineté échappe à un territoire donné.

    • Acteurs échappent à l’emprise étatique : ONGs, banques, entreprises.

    • Mondialisation économique : criminalité transfrontalière, cosmopolitisation des risques (catastrophes, cybercrime).

  • Dérégulation : conception moniste VS conception pluraliste des sources de droit et des ordres juridiques.

    • Multiplication des sources du droit (droit super-étatique, droit infra-étatique).

  • Démonopolisation : contestation du monopole de la contrainte

    • Au niveau militaire : pluralité des sources d’information dont le traitement est de plus en plus coûteux et donc dépasse les possibilités étatiques et est d’autant plus efficace qu’il transcende les division étatiques.

    • Au niveau fiscal et monétaire : libéralisation des mouvements de capitaux, grandes zones de libre-échange économique, contraintes du pacte de stabilité européen > bref la souveraineté étatique est en berne.

    • Concurrence inter-bureaucratiques où les groupes d’agents cherchent à imposer leurs points de vue avec des procédures différentes.

      • Au niveau national, appui sur la hiérarchie des normes kelsénienne.

      • Supranational : assise reposant sur l’expertise, des enquêtes réalisée par cabinets privés/appels d’offre.

      • Opposition entre un maillage régulateur impersonnel avec hiérarchie statique/dynamique VS marché concurrentiel. Intérêt général VS équilibre des intérêts particuliers.



  • Hard et Negri, Empire : disparition de la souveraineté.

    • Passage de la société de contrôle à la société disciplinaire.

    • Biopouvoir : régir la vie et la vie sociale de l’intérieur (habitus).

    • Empire = espace ouvert reposant moins sur décision autorité souveraine centrale mais plutôt autorégulation systémique (Easton)

    • avec nvlles réalités géographiques télématiques auxquelles correspond une autre forme de démocratie faisant fi de la représentation et des appareils au profit de la spontanéité ( ?) et de la multitude.
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