Introduction à la science politique – Jean-Marie Donegani







télécharger 346.06 Kb.
titreIntroduction à la science politique – Jean-Marie Donegani
page5/9
date de publication20.02.2017
taille346.06 Kb.
typeDocumentos
a.21-bal.com > comptabilité > Documentos
1   2   3   4   5   6   7   8   9

Conclusion : du gouvernement à la gouvernance.

Comment produire du collectif quand souveraineté s’affaisse ?

  • Hypothèse du hollow state ou Etat creux, B.G. Peters Governance and the State.

  • Gouvernement VS gouvernance.

    • Le premier : souveraineté centralisée prenant décision top-down, domination unilatérale.

    • Gouvernance :

      • Diversité des acteurs participant au processus décisionnel.

      • Décloisonnement des sphères (public/privé) et des échelles (international, national, régional, local).

      • Recherche du consensus, de la négociation, du compromis. Le « règne du bargaining ». (relier cela à Rancière) Interactions horizontales VS souveraineté verticale.

      • Approche pluraliste et interactive de l’action collective.

  • Problématiques autour de la gouvernance, du triomphe de l’horizontalité :

    • Triomphe de l’idéologie libérale : disparition du politique au profit de la société elle-même.

    • Dissolution du politique comme unité de la volonté, indétermination, assomption.

    • Vider de sa substance l’intuition démocratique : incertitude, indétermination (dissensus), pouvoir au peuple.

    • Expliquer la crise contemporaine de confiance envers les institutions : que signifient-elles si le pouvoir n’y existe plus ? qu’est-ce qu’une décision qui obéit aux lois du marché/marketing/élections ?

    • Difficulté d’allier libéralisme et démocratie.

Séance 5 : Totalitarisme et incorporation.

Théorie politique : valeur heuristique de l’analyse de régime positif : écart normatif. Totalitarisme VS démocratie. Voir ce qui marche.

  • Le mot et la chose : phénomène nouveau différents des anciens autoritarismes dont le concept est opérant.

  • Totalitarisme ≠ holisme. On parle d’une volonté de faire un tout de la société et de l’Etat.

  • Critique libérale et démocratie qui englobe nazisme et soviétisme dans ce mot là alors que réalités différentes.

  • Critique démocratique : régression à avant la modernité politique.

  • Ou totalitarisme comme tentative de rendre la démocratie plus vraie dans la négation de l’aspect représentatif d’icelle.

  • Difficulté du relativisme culturel ou du normativisme.



      1. Les origines du concept :



  • 1923 : mot forgé par les antifascistes italiens comme une version moderne de l’absolutisme, du Léviathan. D’emblée mot de l’opposant.

  • 1926 repris par Giovanni Bentile et Mussolini assumant la volonté d’étatisation sociale.

  • Ernst Jünger, La mobilisation totale, Le travailleur. Apparition d’une communauté nationale nouvelle forgée par le combat, d’une nature modelée par la technique, célébration des valeurs ancestrales de la germanité.

  • Carl Schmitt, Ernst Forhoff, l’Etat total. Idée que l’état libéral du 19ème siècle, état de droit célébré par Kelsen, est mort et enterré car il est apolitique en cela que la politique est mépris du droit, invention, création, conflit et rejet. Discussion libérale VS décision. Pour Schmitt la guerre permet un contrôle social total, une sorte de guidage à vue qui englobe tout.

  • 1933 : auteurs libéraux, catholiques et socialistes assimilent nazisme et soviétisme (Maritain, Elie Halévy, Raymond Aron)

  • Guerre Froide = critique des totalitarismes et légitimation des démocraties libérales dans le même geste.



  1. Totalitarian dictatorship and autocracy (Brezinski)

Facteurs descriptifs :

  • Idéologie

  • Parti unique

  • Terreur police secrète

  • Monopole de la propagande

  • Planification centrale de l’économie

En conséquence de quoi on victimise société qui n’aurait pas pu résister.

  1. Les origines du totalitarismes (Arendt) :

  • Phénomène politique inédit :

    • Nouveauté de la pensée : impensable dans l’ancien monde pré-moderne car massification implique individualisme + atomisation/solipsisme.

    • Nouveauté de l’organisation (masses VS classes)

    • Atomisation et isolement de la société moderne poussés à l’extrême.

  • Finalité du totalitarisme = domination et non pas quelconque bien commun. Domination VS politique pour Arendt la première divise la seconde est l’agir-ensemble. Domination Arendt ≠ weber : concept évaluatif et normatif. Servitude dans tous les domaines de la vie.

    • Endoctrinement. Scientisme idéologique : prévisibilité des conduites humaines qui reposerait sur la connaissance objective des lois de la vie sociale et de l’histoire. Folie de l’abstraction utopie idéaliste, blabla solipsisme.

    • Effondrement de la loi : la punition sans faute sans responsable. Coupable = innocent. Tout s’équivaut. Désignation d’ennemis objectifs identifiés par les lois de la nature ou de l’histoire.

    • Organisation rationnelle de la Terreur.

  • Destruction de la personnalité dans les camps où il est impossible de « bien faire ». Criminalisation générale, abolition de la spontanéité. Camps : lieu de l’expérimentation de la validité de la croyance du « tout est possible ». Arendt ne fait pas de distinction entre camps de concentration et d’extermination.



  1. Portée polémique du concept :

Arendt ne fait pas de distinction entre camps de concentration et d’extermination.

  • Giovanni Sartori : totalitarisme comme version inversée de la démocratie. Théorie de la démocratie. Il ne peut y avoir de démocratie que libérale, alors.

  • Poulantzas : concept récusé car ne procédant pas d’une analyse en terme de classe et méconnaissant les réalités des structures économiques.

I/ Le totalitarisme comme négation de la démocratie

  1. Contre la liberté et la raison : les anti-Lumières :

Refus de l’Aufklarüng comme mouvement de la modernité politique ayant mis au premier plan la modernité et la raison. Retour à une conception du monde antérieure à la modernité politique.

  • Isaiah Berlin dans Le bois tordu de l’humanité remarque que Joseph de Maistre dans son apologie du bourreau estime que les hommes ne peuvent être sauvés du chaos, de l’incertitude et de la finitude que par la Terreur du pouvoir. L’ordre naturel reposerait sur violence et peur. Berlin pense que c’est une préfiguration du totalitarisme en ce qu’il est posé qu’une ordre hiérarchique fondé en nature existe et qu’il doit être maintenu et fondé par la violence.

  • Franz Neumann, Béhémoth, structures et pratiques du national-socialisme comme une réponse à Schmitt (nazisme = Léviathan moderne) : nazisme = Béhémoth comme monstre biblique antithèse de la démocratie et état de droit, assomption de la guerre de tous contre tous.

  • Ernst Cassirer, Le mythe de l’Etat : anti-rationalisme, retour à l’obscurité du mythe.

  • Voegelin Les religions politiques : totalitarisme = promesse eschatologique. Un fruit de la modernité cherchant à en éliminer l’essence, cad la rationalisation de la pensée, esprit critique. Comment ? Par une perversion du retour au religieux par la pulsion gnostique en tant que déviation de la religion : poser la possibilité de s’emparer immédiatement de la Vérité pour l’imposer au plus grand nombres (VS religion révélée et médiate).



  1. Contre la raison : perversion des Lumières :

Ecole de Francfort : critique du totalitarisme à partir du marxisme et du freudisme.

  • Wilhelm Reich qui tente le premier de concilier Freud et Marx, Psychologie de masse du fascisme : pourquoi les masses ont-elles désirées la domination totalitaire ? Individualisme et raison VS structures sociales conservatrices. Totalitarisme : refoulement de la sexualité (famille patriarcale et autoritaire allemande) + peur de la liberté. Traduction politique de l’angoisse sexuelle et l’utilisation d’icelle à des fins d’asservissement (voir aussi Orwell).

  • Adorno et Horkheimer, Dialectique de la raison. Raison mais plus de réflexivité sur les fins de la raison. C’est la « raison instrumentale », culte de la technique, domination de la nature. Une raison sans réflexion.



  1. Contre la séparation et la division sociale 

Claude Lefort, Un homme en trop, réflexions sur l’Archipel du Goulag. L’invention démocratique.

  • Nier le pluriel et le multiple à l’Un.

  • Poser identité entre Etat et peuple : euphémiser conflit.

  • Antagonisme interdit et non pas aboli.

  • Différence démocratie/totalitarisme : différence réalisme/illusion.

II/ Le totalitarisme comme accomplissement de la démocratie

  • Critiquer représentation et atteindre incorporation.

  • Importer le savoir et adjuger la conscience.



  1. Critiquer représentation et atteindre incorporation :

Unifier la société.

  1. Jacobinisme :

  • Au départ RF les modérés pensent que la souveraineté populaire est latente cad ne se manifeste qu’en certains moments quand sollicitée élections ou exprimées révolutions. Le reste du temps monopolisée par les représentants, et donc change lentement de nature à mesure qu’elle quitte mains du peuple car représentants élites éclairées libérales VS peuple ignorant, encore plus de ce qu’il est bon pour lui.

  • Sieyes : « représenter ce n’est pas refléter une réalité antérieure » > c’est la délibération, la création d’une rationalité nouvelle inconnue avant.

  • Souveraineté représentative : volonté aveugle de la nation / volonté éclairée de la représentation.

  • Jacobinisme : critique de la souveraineté latente.

  • Robespierre dit que peuple doit s’identifier aux représentants, voire contrôler.

    • Vertu du peuple VS vice et corruptibilité des représentants.

    • Deuxième mouvement après la critique de la représentation : idée que la démocratie n’est pas la présence permanente de la masse à elle-même. En gros prise du pouvoir et recul du maximalisme représentatif.

    • Troisième mouvement : le peuple vertueux a été corrompu par les représentants, il est donc nécessaire de le corriger et de le régénérer.

  • Thème de l’incarnation et de l’incorporation re-survient donc :

    • Métaphore corporelle organiciste

    • Allégorie religieuse.

    • On n’est plus dans la rationalité de l’opinion éclairée des Lumières.

  • Importation de la logique religieuse d’épuration des scrutins : passage du quantitatif au qualitatif (bien-fondé du jugement), inspiration de la règle de Saint-Benoît du VIème siècle. Toutes les opinions ne se valent pas.

    • Peser les voix VS compter les voix.

    • Totalitarisme pèse les voix en conformité à une critère précédent qui détermine la validité, critère évidemment fixé par le pouvoir.



  1. Terreur :

Traiter l’adversaire en ennemi, absence de définition fixe de l’adversaire.

  • Politique dépend d’un contenu substantiel (vertu) et non plus de règles et procédures.

  • Critère qualitatif (défini par le pouvoir arbitrairement) et non plus quantitatif.

  • Unité intensive et plus extensive.

  • Retour métaphore corporelle et allégorie religieuse.

  • Passage du pouvoir-effet au pouvoir-cause (utopie matérialiste VS utopie idéaliste).

  • Unification des modalités (pouvoir, savoir, vouloir) : le peuple est le réceptacle.



  1. Importer le savoir et adjuger la conscience : le léninisme :

a. Primat de l’organisation et des professionnels car le prolétariat n’est pas spontanément révolutionnaire. Il faut donc faire advenir la conscience de classe qui n’est pas la conscience spontanée positive mais celle normative de ses intérêts.

  • Conscience de classe : conscience adjugée par le parti et non pas conscience représentée. Ressemble un peu au jacobinisme de type pouvoir-cause.

  • Raison d’être du parti : réaliser à tout moment et pour toute la classe la figure concrète de la conscience adjugée. D’où la nécessité pour le parti d’être extérieur à la classe ouvrière, précisément pour apporter de l’extérieur volonté politique et conscience de classe.

b. Critiques du léninisme :

    • Rosa Luxemburg, Questions d’organisation de la social-démocratie Russe, http://marxists.org/francais/luxembur/c_et_d_1.htm.

      • S’inquiète du côté blanquiste cad conspirateur du léninisme : « les masses suivront » + centralisation et séparation des forces organisationnelles.

    • Trotski, Nos tâches politiques (1903) : substitutisme politique jusqu’au dictateur final.



    1. Le Parti

  • Instrument de répression et d’euphémisation des demandes non reçues non écoutées. Dans le parti léniniste la répression des volontés se fait à partir d’une définition de la vérité historique téléologique avec des incarnations successives.

  • Statut d’extériorité aux masses.

  • La vérité ne vient pas du corps lui même du savoir que l’incarnant détient de ce corps.

    1. Le socialisme français :

  • Il a posé, par Blum, la démocratie comme préalable au socialisme. Dans le choix entre le socialisme tout de suite même violemment et l’attente avec accentuation des efforts sur les moyens et pas les fins on a le socialisme libéral français et « bourgeois » dans le sens où il est plus proche de la théorie libérale de la représentation que de la théorie communiste de l’incarnation.

  • Consentement au pluralisme. Croyance dans la perfectibilité de la raison par l’éducation.

  • Dans un cas oubli liberté au profit de la vérité dans l’autre liberté plus que vérité < opinion.

  • Alain Besançon, Les origines intellectuelles du léninisme : une philosophie de l’impatience. Robespierre « la révolution ne remet rien au lendemain ».

Conclusion : limites du concept.

  • 2 analyses du totalitarismes : accomplissement ou négation de la démocratie.

  • Totalitarisme comme concept critique

    • Parenté démocratie/totalitarisme

      • Halimi : totalitarisme des nouveaux médias.

      • Ramonet : idem pour marché.

      • Dejours, banalisation de l’injustice social donc du Mal.

  • Giorgio Agamben théorie de la démocratie libérale comme totalitaire.

    • Cf Foucault Volonté de savoir :

    • Homo sacer :

      • Biopouvoir : la politique a pour objet la vie.

      • Modernité : individuation subjective + totalisation objective.

      • L’état d’exception (suspension du droit) : lieu commun de la politique moderne comme biopolitique et non pas délibération discussion.

      • Le camp : paradigme caché de la démocratie moderne. Il parle de la structure du camp c’est-à-dire comme du lieu où la vie est sacrifiable car considérée comme stock de vies et non pas sujets de droits. La biopolitique est une gestion de structure-camps. Roissy = Dachau.
1   2   3   4   5   6   7   8   9

similaire:

Introduction à la science politique – Jean-Marie Donegani iconL'accès à notre travail est libre et gratuit à tous les utilisateurs. C'est notre mission
«Comment évaluer la politique étrangère. L’exemple français au crible de la science politique» [15]

Introduction à la science politique – Jean-Marie Donegani iconIntroduction Astronomie Géologie Hydrologie Météorologie Science des gaz Histoire l’être humain

Introduction à la science politique – Jean-Marie Donegani iconUn document produit en version numérique par Jean-Marie Tremblay

Introduction à la science politique – Jean-Marie Donegani iconUn document produit en version numérique par Jean-Marie Tremblay

Introduction à la science politique – Jean-Marie Donegani iconUn document produit en version numérique par Jean-Marie Tremblay

Introduction à la science politique – Jean-Marie Donegani iconUn document produit en version numérique par Jean-Marie Tremblay, bénévole

Introduction à la science politique – Jean-Marie Donegani iconDenis Monière/Jean Herman Guay (1987) Introduction aux théories politiques

Introduction à la science politique – Jean-Marie Donegani iconBibliographie introduction a. Definition le terme «logique»
«logique» vient du mot grec Logos qui signifie raison. La logique est en effet la science des lois idéales de la pensée, et l’art...

Introduction à la science politique – Jean-Marie Donegani iconJean genet, L’antisemitisme en question
«Jean Genet politique, le grand malentendu»10, le critique entend dénoncer l’image traditionnellement répandue de Genet militant...

Introduction à la science politique – Jean-Marie Donegani iconMme le Sénateur-Maire Jacques couture. Thierry albertini. Isabelle...
«que le candidat venant sur une liste immédiatement placé après le dernier élu, est appelé à remplacer le Conseiller Municipal élu...







Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
a.21-bal.com