Introduction à la science politique – Jean-Marie Donegani







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Séance 6 : Démocratie et séparation.

Introduction :

      1. Démocratie ancienne :

  • Commence en – 507 avec réformes de Clisthène et prend fin en – 308 à Athènes. Court et limité. Devient une référence quasi-mythique pour critique la démocratie moderne représentative/directe/libérale.

  • Apogée de la polis dans laquelle il y a prééminence absolue du logos selon JP Vernant. D’emblée un caractère public.

  • Caractère égalitaire. Les homoioi disposant du logos sont unis par la philia et deviennent des isoi. Isonomie : égalité du rapport à la loi. En raison de cette égalité foncière la démocratie peut fonctionner sur le tirage au sort (kleros) des magistratures. Le TAS est un topos de la critique démocratique. Eviter ambition.

  • Il est possible de découvrir par la délibération les lois qui vont permettre de réaliser les fins politiques.

  • Régime de l’homme moyen oi mesoi comme médiation et modération entre les riches et les pauvres (figure type = hoplite). Ce n’est plus le héros homérique. Le caractère médiocre de la démocratie sera un des topos de la critique de la démocratie du 20ème siècle.

  • Vision du monde : sophrosuné (tempérance) > éris, hubris, thumos (intempérance et passion).

  • Débat a pour but de faire des choix conformes au bien et à la justice. Ordre cosmogonique qui constitue le sujet qui ne fait pas les lois mais les découvre par la contemplation (theoria) et la mimesis (répétition de l’ordre du monde). La notion d’individu constitutif n’existe pas. Critique moderne : nous pouvons tout vouloir, tyrannie de la majorité.



      1. Démocratie moderne :

  • Libéralisme : pensée politique d’opposition à l’ancien monde. Promotion de la liberté individuelle = valeur suprême.

  • Naturalisme technique : le monde ne nous oblige pas, il est mis à notre disposition et n’est pas surnaturel.

    • Partant de cela l’individu a des droits naturels qu’il tient de son humanité et aucun pouvoir ne peut lui dérober, son rôle étant de les faire respecter.

  • La politique est un moyen / économique et social sont des fins où se réalisent l’affirmation individuelle.

  • Le pouvoir doit être consenti et limité.

  • La représentation par les élites est préférée à la participation populaire. La politique demande des compétences. Méritocratie par l’économique, compétence de direction.

  • Paix et liberté > égalité et justice sociale.

  • Antagonisme essentiel entre libéralisme et démocratie. Conjugaison arrive seulement au milieu du 19ème.

I/ Principes

  1. Les cinq conventions de la démocratie :

  • La représentation : qui n’est pas un mandat impératif mais la construction d’une nouvelle rationalité.

  • Etat de droit : l’état est lui-même soumis au droit. Toutes les institutions se conforment à des règles impersonnelles et objectives : la souveraineté est encadrée. Limitation de la volonté populaire également.

  • Le principe de majorité VS unanimité démocratique.

  • Les partis politiques : permettent de rassembler les opinions individuelles.

  • Egalité formelle : dans la pensée libérale l’égalité est un principe de citoyenneté mais pas d’organisation sociale.



  1. Trois modèles démocratiques :

  • Le modèle polyarchique. Robert Dahl, Polyarchy.

    • Caractère naturel de la libre compétition des groupes avec différents intérêts légitimes.

    • Unité sociale primordiale = groupe VS individu. Le pouvoir n’est pas concentré.

    • Coalition des intérêts qui tempère les particularismes.

    • Bargaining (marchandage) permanent. L’intérêt général est immanent.

    • Fin des idéologies.

    • Faible participation et apathie des citoyens : conséquences heureuses sur stabilité du système qui pourrait être guidé par les élites politiques.



  • Le modèle délibératif. Habermas.

    • Unité = individu.

    • On ne représente pas un intérêt mais une raison agissante dans l’espace public avec accord intersubjectif résultant de délibérations protégées par état de droit.

    • Force de l’argument > force de l’intérêt.

    • Mon cul c’est du poulet marxiste.



  • Le modèle oligarchique, Schumpeter, Capitalisme socialisme et démocratie ou théorie alternative de la démocratie.

    • Démocratie = simple méthode pour choisir et écarter des dirigeants.

    • Le peuple ne s’est jamais gouverné.

    • Pas de bien commun ou d’intérêt général discernable. Les citoyens divergent sur tout.

    • La volonté du peuple ne veut rien. Idée de la démocratie de comptoir.

    • La méthode démocratie exige des professionnels de la politique.

II/ Questions

  1. La question de la sociabilité :

  • Démocratie = état des mœurs, civilisation. Conditions préalables :

    • Monopolisation de la violence.

      • Complexification et diversification des tâches car éradication des ferments de violence dans les rapports quotidiens ou « civilisation des mœurs ».

      • Euphémiser et spectaculariser la violence.

      • Rationalisation et psychologisation de toutes les conduites. Il faut anticiper et imaginer ce qu’autrui ressent.

    • Contrôle social de la violence de chaque individu.

      • Au-delà même de la violence physique. Pression sociale et refoulement des pulsions. L’individu aurait le sentiment d’obéir à lui-même. La domination est invisible. Violence physique devient violence symbolique.



  1. La question de l’égalité :

  • Egalité des anciens et égalité des modernes.

    • Anciens : égalité holiste cosmogonique métaphysique close dans la cité. Différences qualitatives.

    • Moderne : égalité individualiste à prétention universelle constitutive de l’humanité même de tout homme et donc devenant un problème politique. Abstractionnisme égalitaire (forme). Artificialisme VS naturalisme.

    • Logique holiste : l’élément supérieur n’est pas dominant par rapport aux inférieurs car la logique d’ensemble donne un sens. Les mérites personnels n’ont rien à voir.

    • La méritocratie est un modèle hiérarchie dégénéré : que le meilleur gagne. Or le plus fort est souvent le meilleur. Puisque cadre individualiste et plus holiste le mérite est donc individuel : il faut trouver des procédures pour reconnaître et distinguer ces individus et ces mérites. Concours scolaire, évaluation. Hiérarchie naturaliste (inégalité de fait des capacités des potentiels). Méritocratie : respect des inégalités naturelles de talents. Lutte contre l’indifférentisme. Effet pervers avec responsabilisation des individus.

  • Egalité et traitement des différences entre individus égaux en droit.

    • Position communautarienne. Charles Taylor, Multiculturalisme, différences et démocratie. L’état doit valider les différences en tant que telles.

    • Thèse libérale. Kymlicka, La citoyenneté multiculturelle. On doit reconnaître des différences individuelles qui viennent des différences collectives.



  1. Liberté et autorité :



  • Démocratie libérale : égalité des citoyens + liberté des individus. Antagonisme ?

    • Fiction du contrat social, sécularisation de l’Etat qui garantit les libertés individuelles.

    • Liberté positive des Anciens : liberté de réalisation de l’essence humaine, de participer à la chose publique, de faire la loi. Reprise dans les cités italiennes puis fin 19ème pour insister sur la figure du citoyen.

    • Liberté négative des Modernes : ne pas être contraint, autonomie. Privé ≠ public. La société est destinée aux individus. Utilitarisme.

    • Tocqueville : consécration des libertés négatives = maintien des inégalités naturelles.

    • Exigence d’égalité = restriction des libertés.

  • Autoritarisme démocratique (pouvoir des dirigeant soumis à l’approbation populaire)

    • Force et cooptation + approbation plébiscitaire, réforme top-down au moment de l’industrialisation. Il faut encadrer l’apprentissage du suffrage universel et les masses.

    • Encadrer la pulsion libertaire et égalitaire de la démocratie (Bismarck, Napoléon III).

    • Manière de faire de la démocratie sans libéralisme : populisme.

  • Populisme :

    • Tension entre populisme démocratique et constitutionnalisme de l’état de droit libéral (protéger par le droit contre le pouvoir de l’état même voulu par la majorité). Idée que les masses doivent accéder directement à la politique. Confusion entre démocratie et « pouvoir du peuple »

    • 3 versions du populisme

      • Valorisation du peuple souverain (démos),

      • du peuple-classe (plebs)

      • ou du peuple-nation (ethnos). Réactivation de la vision organiciste du social mettant en avant l’incompatibilité entre les corps étrangers et le corps nationale.

    • Réponses apparentes à 3 problèmes de la démocratie :

      • Représentation

      • Redistribution des richesses

      • Identité de la communauté

III/ Critiques

Critiques réactionnaires et critiques de gauche (discours mais pas action vers l’égalité réelle).

  1. Immanentisme et indifférentisme :

  • Il n’y a pas de fondements absolus à la démocratie. Tout se vaut (Platon).

  • Ce qui fait la valeur d’un choix c’est qu’on l’a choisi et non pas : nous l’avons choisi parce qu’il a de la valeur.

  • Pierre Legendre, Le désir politique de Dieu. La démocratie de contribue pas à former des Sujets (rencontre d’un désir avec la Loi) car la démocratie instaure le règne du contrat sur la Loi et permet de tout modifier avec un simple concourt de volontés.

  • Benny Lévy, Le meurtre du pasteur

  • Jean-Claude Milner, Les penchants criminels de l’Europe démocratique

  • La démocratie est le règne de l’illimité. Refus de l’héritage juif ?



  1. Formalisme et universalisme :

  • Oubli de la réalité. Abstraction du principe égalitaire qui ferait rater le réel des différences de capacités de compétences.

  • Abstraction du principe individualiste et des droits de l’homme.

    • Critiques de Badiou ou Negri de la composante libérale comme étant la plus abstraite avec universalité du genre humain.



  1. Libéralisme et théorie politique :

  • La question est de savoir si ce n’est pas le libéralisme qui vient permettre de juger la démocratie en tant qu’ils sont abstraits et universels et proposent des critères évaluatifs de la portée de tel ou tel régime ?

  • Si nous refusons un critère universel de jugement d’un régime politique alors on en est réduit à renoncer à toute recherche du meilleur régime, toute évaluation (qui est le propre de la théorie politique).

Conclusion :

  • Démocratie moderne a été conçue comme une limitation de la souveraineté populaire par la représentation.

  • Difficile de concilier égalité démocratie et libertés libérales.

  • Dénoncer la détermination libérale de la démocratie c’est se refuser à l’évaluer avec des critères universels qui permettent de tendre et de réfléchir au meilleur régime.

Séance 7 : Action collective et représentation.

Introduction :

Hiatus entre les deux. Figure idéale du citoyen compétent dans le théorie normative de la démocratie moderne avec irénisme du citoyen qui ne participe que quand on lui dit de participer pour légitimer les décisions et le système et qu’elle respecte les institutions le calendrier défini.

Schéma d’Easton demandes = soutiens > stabilité du système. Représentation comme filtrage des demandes citoyennes par élites représentatives et professionnels de la politique supposés vouloir ce qu’il convient.

Peut-on injecter de la délibérative dans la démocratie représentative ?

Deux paradigmes politiques :

  • Paradigme de l’imitation : mouvement collectif comme contagion d’un individu à l’autre d’attentes et de mobilisations.

  • Paradigme de l’incitation : entrepreneurs de mobilisation sollicitant citoyens. L’action collective est le fruit de professionnel de cette action collective.

Eléments valant pour tous les paradigmes :

  • Les conditions préalables de l’action collective

    • Origines des mouvements sociaux :

      • Système de préférence orienté vers le changement social. Demandes faisant jour hors de la représentation.

      • Protestation visant changement social et pas prise de pouvoir, éventuellement confrontation.

      • Caractère conflictuel de la vie sociale. Mode agonistique (Schmitt).

      • Exclusion des canaux institués de la représentation.

    • Logiques objectives de situations :

      • Antagonismes de concurrence : individus en concurrence pour l’obtention d’un même bien, qui dépend de sa rareté.

      • Antagonismes de dépendance (patron + ouvrier veulent le maintien de l’activité)

      • Conflits réalistes et irréalistes

        • Réaliste : augmentation salariale.

        • Irréaliste : changer la vie.

        • Le travail des gatekeepers est de traduire les conflits irréalistes en conflits réalistes (Mai 68).

    • Construction sociale des attentes qui réalisent la latence des demandes (matrices culturelles cognitives, définition des enjeux).

    • Politisation des antagonismes (travail des organisations et des leaders, construction d’un centre étatique).



  • Rapports entre logiques individuelles et logiques collectives (intérêts, aspirations).

    • Aspect individuel :

        • Défection et prise de parole, Albert Hirschman : typologie des modes d’intervention des individus et des groupes sur la scène publique face à l’insatisfaction qu’ils ressentent des institutions censées répondre à leur demandes. Trois possibilités d’actions permettant de penser les conditions d’émergence d’une protestation et d’une action collective.

          • L’exit (défection) : on s’en va, protestation silencieuse.

          • Loyalty (loyauté) : fidélité > mécontentement.

          • Voice (parole) : protestation explicite.

        • La pluralité des prestataires de services incite à la défection et est donc un obstacle à la prise de parole : assurances, écoles publiques/privées. Possibilité d’exit est la plus économique au final. Toute possibilité de mobilité sociale est une incitation à la défection et donc un obstacle à la prise de parole. C’est ainsi que Zombart explique l’absence de mobilisation aux USA par le mythe de la frontier qui dit qu’il est toujours mieux de changer sa vie individuellement que de se retourner contre le système.

        • Fermeture des possibilités de défection = recours plus probable à la prise de parole.

    • Aspect collectif du mouvement. Mobilisation est plus qu’une agrégation de demandes individuelles.

      • Charles Tilly, structuration sociale du mouvement

        • Répertoire des formes obligées et précédentes d’institutionnalisation : manifestations, pétitions, sittings.

        • Cultures des groupes.

      • Sites d’expression ou « arènes » visées par les mouvements sociaux car perçue comme étant les plus à même de répondre à la demande ou comme responsable des états de fait d’insatisfaction.

        • Systèmes organisés d’institutions et de procédures.

        • Parlement (petits commerçants Poujade), instances judiciaires (associations de victimes)

        • Nouvelles arènes d’expression

      • Formes d’organisation (William Gamson)

        • Tout mouvement social a tendance à engendrer une organisation.

        • Efficacité de l’organisation mais tendance à la pérennisation.

        • Avec organisation structurée : satisfaction dans 71% des cas. Non structurée : satisfaction dans 28% des cas. Aspect perçu comme efficace.
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