Conflits de classes et changement social







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Enseignement de spécialité

Chapitre 4 Terminale ES

CONFLITS DE CLASSES ET CHANGEMENT SOCIAL
Fabien Corchete

A la fin du chapitre, vous devez connaître l’ensemble de ces concepts :
Conflit, lutte de classe, conscience de classe, rapports de production, forces productives, plus-value, exploitation, mode de production, capital, clases sociales, nouveaux mouvements sociaux.

Ce chapitre est centré sur un auteur en particulier, Karl Marx. Il convient donc de connaître les principales idées développées, ainsi que les travaux ultérieurs. Lors de la révision pour le bac, Vous mémoriserez les passages en gras, ce qui, finalement, ne représente que 2 pages.

I / Sa vie :
Né à Trèves, second d’une famille de 8 enfants, d’une famille juive bourgeoise convertie au protestantisme, son enfance se déroule dans l’insouciance et la gaieté. Son père, l’avocat Heinrich MARX, lui prêtera un fort potentiel intellectuel. A 17 ans, en 1835, il entre à l’université de droit de Bonn, et l’année suivante à celle de Berlin (Il se fiance la même année avec Jenny von Westphalen, qu’il épousera en 1843. Elle lui donnera 5 enfants). En 1841, il est reçu docteur en philosophie. Durant ses études, il fréquenta le Doktor Club, assemblée de jeunes Hégéliens. Il en restera marqué. Il substituera le matérialisme historique au matérialisme dialectique de HEGEL (1770-1831).

Il séjournera en France de 1843 jusqu’à son expulsion en 1845 par Guizot. Durant ces 2 années, il fréquente les milieux socialistes (Proudhon, Saint-Simon, …) et se rallie au communisme révolutionnaire. Mais, étape importante, il rencontre dans ce cadre Friedrich ENGELS (1820-1895) : se créera alors une amitié exemplaire entre les 2 hommes. Si F. ENGELS resta toujours le second, considérant Marx comme un illuminé, il était, dit-on, meilleur décideur. Il publiera les Livres II et III du Capital, respectivement en 1885 et 1894, c’est à dire après la mort de Marx. Il consacra sa vie à la diffusion de l’œuvre de son ami. Quoi qu’il en soit, réfugié à Bruxelles en 1845 d’où il sera expulsé en 1848, MARX collabore à la mise en place de la Ligue des communistes en 1847. Il est contemporain et membre actif de l’essor du mouvement ouvrier. La postérité retiendra le mot d’ordre « prolétaires du monde entier, unissez-vous ». Au début 1848, il transite par la France dans le cadre d’une invitation par le gouvernement provisoire de Paris, et retourne en Allemagne, d’où il sera expulsé l’année suivante. C’est une période d’intense activité politique et intellectuelle (et « touristique »).

De 1850 à 1870, la famille Marx, installée à Londres, connaît la précarité, et même la misère. La survie sera assurée par des travaux pour des journaux locaux et l’aide financière de son ami F. ENGELS. Au British Muséum, il travaille au livre I du Capital qui sera publié en 1867. En 1864, la Première Internationale (Association Internationale des Travailleurs) est fondée (elle disparaîtra en 1876). En 1859, paraît sa « Contribution à la critique de l’économie politique », il travaille au New York Daily Tribune, il est sensibilisé par les évènements de la Commune de Paris en 1871. Il regrette la répression et la frayeur instaurées par les gouvernements, et donc l’échec français. En 1871 dans « La guerre civile en France », il compare la Commune de Paris à une forme de dictature du prolétariat, celle-là même qui permettrait la transition vers le communisme. C’est une déception. Notons qu’il s’opposera aux tendances anarchistes du mouvement socialiste, notamment Mikhaïl BAKOUNIN (1814-1876) pour qui la solution ne passe pas par la dictature du prolétariat, mais par une révolte populaire spontanée qui  « éclate avec la souveraineté et la force de l’orage, balaie l’ordre ancien, de fond en comble, pour reconstruire une humanité nouvelle ». Un des principes fondateurs de sa pensée réside dans l’idée selon laquelle l’étude de l’économie est inséparable d’une analyse globale de la société.

En 1881, Jenny meurt. Le gros barbu écrasant le vers capitaliste d’une botte prolétarienne la rejoindra le 16 Mars 1883. Une partie non négligeable de ces écrits sera découverte dans les années 1920 (des notes, des préparations d’ouvrages, …), contribuant ainsi à la scission entre Marx et le Marxisme. Les « puristes » seront plutôt qualifiés de Marxiens. En tout état de cause, la présentation ici proposée relève plus d’une vision marxiste que marxienne, le rédacteur ayant comparativement lu plus sur Marx que de Marx. Bonne lecture.
II / Son œuvre :
-« Le manifeste du parti communiste » 1848


Première phrase du livre : « L’histoire de toute société passée est l’histoire des luttes de classes. Hommes libres et esclaves, praticiens et plébéiens, barons et serfs, maîtres de jurande et compagnons, en un mot oppresseurs et opprimés, furent en opposition constante les uns contre les autres, et menèrent une lutte sans répit, tantôt dissimulée, tantôt ouverte, qui chaque fois finit par une transformation révolutionnaire de la société tout entière. ». C’est une œuvre destinée au mouvement ouvrier, sensée être mobilisatrice, ayant pour objectif, en termes marxiens, d’aiguiser la conscience de classe et de transformer la classe ouvrière en « classe pour soi ». Pour R. ARON, c’est « une brochure de propagande » (Les Etapes, de la pensée sociologique, 1967).


-« La lutte des classes en France » 1850

-« Le 18 brumaire de Louis Bonaparte » 1852


C’est le MARX historien, positif (par opposition à normatif). Il y décrit la structure sociale française dans laquelle il distingue 7 classes : l’aristocratie financière, la bourgeoisie industrielle, les grands propriétaires fonciers, la petite bourgeoisie, la classe ouvrière, et la classe paysanne. C’est une approche descriptive. Lorsqu’il théorise (Le Capital), Marx considère 2 classes caractérisées par leur antagonisme.


-« Contribution à la critique de l’économie politique » 1859

-« Le Capital » Livre I, 1867


Les livres II et III ont été publiés par Engels à titre posthume en 1885 et 1894. Le livre IV par Kautsky en 1905. C’est l’ouvrage majeur où Marx propose dans sa version la plus aboutie sa théorie économique axée sur : la recherche du profit comme essence du capitalisme, les échanges A-M-A et M-A-M (où A = argent et M = marchandise), l’origine de la plus-value, …



-« La guerre civile en France » 1871

III / Les grands axes de sa pensée :
1°/ Méthodologie :


    1. / Une approche holiste :

La sociologie est traversée par des clivages méthodologiques. En simplifiant, on recense 2 cas purs et une synthèse : l’individualisme méthodologique (IM), le holisme méthodologique (HM), et l’interactionnisme (ce dernier a inspiré une autre voie, l’ethnométhodologie). Rappelons que le HM peut être défini comme une interprétation globalisante du fonctionnement des sociétés en considérant que le tout social ne peut être réduit à l’agrégation de comportements individuels. L’objet d’étude n’est pas l’individu mais les groupes que forment les individus, le poids des déterminismes sociaux, . Marx est holiste dans la mesure où il raisonne sur la base de classes sociales. D’ailleurs, même les classiques anglais, formateurs originels de Marx, étaient holistes : Ricardo raisonnait sur un schéma à 3 classes (propriétaires fonciers, travailleurs, capitalistes), Smith également, Quesnay, … Dans l’analyse marxiste, peu de traces (à ma connaissance) de recherches de motivations individuelles (les goûts, la mode, les stratégies, n’ont pas retenu l’attention du gros barbu). Seuls les acteurs collectifs (bourgeois et prolétaires, barons et serfs, maîtres et esclaves, …) et les structures sociales (la superstructure donc l’Etat, la religion, …) ont capté l’intérêt de Marx : il raisonne sur la base de classes sociales.


    1. / La méthode dialectique et le matérialisme historique :



Avant d’aller plus en avant, consultez maintenant votre dictionnaire (pages 272 et 273 pour le Nathan, pages 6, 7 17, 131, 132, … pour l’ Armand Colin, pages 348 à 352 pour le nouveau Belin, …) et votre manuel. ATTENTION ! Il n’est pas question de philosopher sur Hegel ou Aristote. L’objectif est de comprendre comment Marx cherche à rendre intelligible la réalité sociale.



La dialectique marxienne est largement issue de la négation de la vision Hégélienne. Conformément à l’idée selon laquelle l’existence détermine la conscience, Marx transpose le raisonnement à la société globale, et conclue que les conditions d’existence des individus (donc la sphère économique, l’infrastructure en langage marxien) déterminent leur être social (donc leur place statutaire dans la société, la superstructure en langage marxien). C’est donc la classe sociale qui détermine l’appartenance au groupe dominé ou dominant. Par matérialisme historique, vous entendrez que ce sont les conditions de vie matérielles qui provoquent les conflits construisant l’histoire (« Toute l’histoire n’est que celle des luttes de classes »). « Le mode de production de la vie matérielle domine en général le développement de la vie sociale, politique et intellectuelle. Ce n’est pas la conscience des hommes qui détermine leur existence, c’est au contraire leur existence sociale qui détermine leur conscience » Critique de l’économie politique, 1859.
2°/ Les grandes idées marxistes à connaître :
2-1 / Les rapports de production et les forces productives déterminent le mode de production :

L’histoire de l’humanité est une succession de modes de production : l’antique se caractérise par l’esclavage, le féodal par le servage, le capitaliste (MPC) par le salariat. Une bonne compréhension des modes de production est, chez Marx, une propédeutique à l’intelligibilité de nos sociétés : l’infrastructure (le mode de production) détermine la superstructure (les institutions politiques et juridiques, et l’ensemble des idées philosophiques, religieuses, morales, politiques). Il faut donc que le sociologue examine l’état du mode de production pour comprendre l’organisation collective des individus.

Le mode de production est défini et caractérisé par la coexistence de rapports de production et de forces productives au sein d’une société à un moment donné de son histoire. Les forces productives désignent d’une part les moyens de production matériels (outils, machines, …), et d’autre part la force productive de travail (les hommes qui manient ces instruments de production). Les rapports de production désignent quant à eux les formes de la propriété (propriété privée des moyens de production, dans le MPC par exemple) et les formes de la répartition du revenu (les prolétaires ont un salaire et les capitalistes ont un profit, dans l’exemple du MPC). De ces rapports de production dérivent des rapports d’exploitation : les prolétaires ne disposant que de force de travail sont dans l’obligation de la vendre pour survivre. Marx développe sa théorie de l’exploitation, et y voit l’essence même de la lutte des classes (voir 2-3 / ).

« Dans la production sociale de leur existence, les hommes nouent des rapports déterminés, nécessaires, indépendants de leur volonté ; ces rapports de production correspondent à un degré donné du développement de leurs forces productives matérielles. L’ensemble de ces rapports forment la structure économique de la société, la fondation réelle sur laquelle s’élève un édifice politique et juridique, et à quoi répondent des formes déterminées de la conscience sociale ». Contribution à la critique de l’économie politique, 1859.
2-2 / Le conflit est l’élément moteur du changement social:

Le capitalisme doit disparaître. Marx propose une théorie endogène de la crise. Les contradictions internes du capitalisme, c’est à dire l’opposition des forces qui le composent, seront à l’origine de sa destruction. Le conflit des classes (aux intérêts divergents) est le moteur du changement social (pour Marx, la disparition du MPC). Le capitalisme contient en lui-même les éléments déclencheurs de la crise. Pour Marx, c’est l’étude dialectique des systèmes observés qui permet de déceler les contradictions internes qui expliquent la déchéance desdits systèmes observés. Il propose donc de comprendre la réalité sociale en commençant par chercher les intervenants principaux des rapports de forces fondamentaux. Ainsi, c’est le mouvement ouvrier (auquel il contribue activement) qui retient son attention : il est l’expression de l’antagonisme fondamental des sociétés capitalistes Ce mouvement de la classe prolétarienne doit la transformer en classe pour-soi (c’est à dire dotée d’une conscience de classe) afin de gagner la lutte contre la classe bourgeoise, et accéder ainsi à la phase transitoire du socialisme, puis du communisme. Le conflit de classe émane des rapports de production car ceux-ci imposent la domination des propriétaires sur les prolétaires. Ces derniers luttent contre cette domination, dans l’espoir d’aboutir à un changement social. Au stade de développement des forces productives du milieu du XIXème siècle, Marx voit le changement social comme le passage de la société capitaliste au socialisme, puis au communisme.

Le changement social désigne les transformations durables, plus ou moins rapides, d’une partie ou de l’ensemble d’un système social, au niveau de sa structure (stratification, rapports sociaux, …), au niveau de ses modèles culturels (comportements, valeurs, normes, …), ou au niveau de son fonctionnement (modes d’organisation). (Définition à mémoriser)

Si pour MARX l’enjeu de cette domination est fondamentalement économique, d’autres sociologues chercheront d’autres pistes : ainsi en est-il de Ralf DAHRENDORF (1929-) qui considère que l’enjeu de cette domination est l’exercice de l’autorité et non le principe de propriété : les dominants sont les résistants au changement social, les dominés remettent en cause l’autorité existante ; Pierre BOURDIEU (1930-2002) pour qui les rapports de domination dans chaque champ social reposent sur la quantité et la qualité de la dotation factorielle des individus et/ou groupes sociaux (Vous devez connaître sa théorie des 3 capitaux, économique, culturel, et social) ; enfin, Alain TOURAINE (1925-) place au centre du conflit la maîtrise de ce qu’il appelle l’historicité : c’est la capacité d’une société à fournir ses propres modèles de fonctionnement. Maîtriser l’historicité, c’est imposer sa vision du monde. (Ces auteurs constituent le socle d’une entrée thématique sur le conflit. A mémoriser)
2-3 / Les 2 classes antagonistes au XIXème siècle sont la classe prolétarienne et la classe bourgeoise:

Sa théorie des classes restera en réalité inachevée, le chapitre du « Capital » y étant consacré restera ouvert après sa mort (non rédigé). La complexité de son analyse tient dans le fait qu’il utilise tantôt une vision positive de la classe concrète (c’est le cas dans « Le 18 brumaire de Louis Napoléon », où il décrit les classes françaises telles qu’elles sont), tantôt une vision théorique où la classe est appréhendée à travers ses antagonismes avec d’autres classes (c’est la cas dans le livre I du capital). En règle générale, c’est la vision duale qui est mobilisée.

Marx identifie dans sa théorie 2 classes fondamentales : d’une part les capitalistes (ou bourgeois, exploiteurs, dominants, propriétaires des moyens de production, bref, les oppresseurs), et d’autre part les prolétaires (ou ouvriers, dominés, propriétaires de leur seule force de travail, bref, les opprimés). L’origine de la distinction réside dans la propriété privée des moyens de production : les capitalistes sont ceux qui rassemblent les anciens artisans dans des fabriques où est stocké le capital fixe industriel ; les prolétaires sont ceux qui ne possèdent que leur force de travail et sont dans l’obligation de la vendre pour survivre. La question est de comprendre que c’est dans l’infrastructure (sphère économique) que se trouve l’origine du conflit qui s’étend dans la superstructure (sphère politique et sociale). A ce titre, vous pouvez d’une part répertorier Marx dans les sociologues du conflit dans la mesure où la réalité sociale se rend intelligible par le « scientifique » en se fixant pour objectif premier la compréhension de l’état des rapports de force en conflit dans la sphère économique, et d’autre part considérer que ce conflit s’interprète en termes de dominants/dominés. (Ces 2 idées sont pratiques pour le lycéen. Elles doivent vous interroger dans votre réflexion)
2-4 / La valeur des biens produits par le capitalisme provient du travail nécessaire, une théorie de la valeur travail :
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