Sociologie des publics Semestre 5 Chapitre 1 : le public et les mass-médias







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De 1997 à 2008, la légitimité culturelle en questions

La pratique culturelle des français 1990





Cadres

Non Cadres

Ne possèdent pas de TV

8

4

Regardent tous les jours la TV

61

81

TF1 préféré

15

42

FR2

22

9

M6

7

28

ARTE

8

0

Canal +

16

4

Le Juste Prix

2

18

Des Chiffres & des Lettres

4

13

La Marche du siècle

37

11

Capital

41

21

Stade 2

11

14

Tableau avec les statistiques de 1997

Cela conforte dans les inégalités sociales dans les accès à l’art & à la culture. Le désir de culture cultivé demeure étroitement lié au capital culturel. Toutes les classes sociales regardent la télévision mais pas la même. Le choix des émissions est relativement dépendant du niveau social. Le taux d’écoute dépend du CSP et des origines sociales.

Les années 2000 : validité du modèle de la légitimité culturelle (cf. texte Donnat)

Les nouvelles approches : l'homme pluriel et l'homme d'habitudes

La sociologie de Bourdieu est remise en cause dès les années 80 par un certain nombre de sociologues contemporains.

3 causes expliquent cela :

Le développement des cultures générationnelles : historiquement, l'encadrement de la jeunesse s'est immédiatement organisé et s'est vu confié à différentes institutions (la famille, l'école, mais aussi dans les heures hors scolarité tout ce qui relève du patronage, des cercles catholiques) avant qu'un Ministère de la Jeunesse se voit confier une politique pour les jeunes. La révolution de 1968 a rendu la tâche d'encadrement de la jeunesse extrêmement difficile, en promulguant de nouvelles formes de relations entre la jeunesse et les différents encadrant. En particulier, on assiste à une évolution des formes d'autorités acceptables. Pour les institutions, il s'agit désormais de justifier l'exercice de l'autorité, d'autoriser la libre expression des enfants et de définir des modèles d'autorité souples. Les formes d'autorité familiale, après 1968, sont fondamentalement redéfinies dans ce que De Singly nomme la démocratie familiale. Elle implique que des modèles autoritaires peuvent persister mais que de nouveaux modèles comme les modèles négociateur ou maternant apparaissent. Dans ces deux types de modèles, on laisse un pouvoir d'agir différent aux adolescents. Il peut s'appeler pouvoir discrétionnaire, négocié ou mandaté.

Ces différences d'exercice d'autorité peuvent être associées à des positions sociales différentes.

Déchaux précise, pour simplifier, que le style éducatif est disciplinaire en bas de l'échelle sociale et relationnel à son sommet.

De son côté, la catégorie sociale de la jeunesse est tout sauf passive dans la définition de sa particularité. Galland précise que ces différences générationnelles doivent être appréhendées à travers le prisme du concept de culture générationnelle. Ces cultures, en général, ont pu s'incarner dans des formes extrêmes comme les Blousons Noires ou dans des formes plus nuancées comme la culture Yé-Yé. Elles passent toujours par des bandes de jeunes car elles proposent des activités qui constituent des espaces où elles pourront s'acculturer à ces cultures générationnelles.

L'adolescence est une forte période d'invention identitaire reconnue comme l'âge autorisé socialement pour devenir soi. Elle constitue un moment fort de cette volonté de différenciation à l'égard de son identité héritée. Kaufmann dit que ce moment de l'adolescence s'avère nécessaire pour réussir à développer son processus d'invention de soi individuel. Les activités de loisir constituent l'un des principaux supports employé par la jeunesse pour développer cette culture générationnelle où les adolescents apprennent de manière informelle une bonne part des normes, valeurs, activités, sociolectes (dialectes propres), des attitudes propres à une culture donnée.

De Certeau parle d'un usage identitaire des loisirs qui est extrêmement complexe puisque dit-il, les jeunes opèrent un braconnage de l'activité première pour la réinvestir dans leur logique générationnelle. Toutes les activités (sportives, pratiques culturelles notamment musicales,) deviennent des moyens de revendiquer des appartenances, de s'associer à des « autrui significatifs » et de les signifier aux autres. Lahire souligne que tout ce qui relève des sorties cinéma ou boîte de nuits valent moins pour le contenu de l'activité en elle-même que pour l'occasion de sociabilité qu'elles constituent.

Cette idée montre que la consommation de programmes télévisés jugée illégitime culturellement (télé réalité, séries pour ados, soap opéras) renvoie à la constitution d'une culture propre fondée sur un rapport oblique à la culture de masse, mais aussi à des démarches de distanciation vis à vis de sa propre expérience d'adolescent. En particulier, plusieurs de ces activités fondent leur succès sur la possibilité qu'elles offrent de se retrouver dans un espace propre sans encadrement par les adultes.

Dana Boyd, chercheuse américaine, a étudié la façon dont les jeunes consomment les réseaux sociaux. Ils y vont non seulement car ce sont des lieux où ils peuvent se retrouver à l'écart de tout encadrement adulte, mais aussi où ils font l'apprentissage de leurs relations avec leurs pairs en bénéficiant des avantages offerts par la technologie. Les deux principaux avantages offerts par la technologie sont de ne pas avoir le contrôle de leur corps, source d'angoisse à l'adolescence, et de bénéficier d'une temporalité plus longue pour réfléchir à leurs interventions que dans un face à face. Aujourd'hui, la complexité des cultures générationnelles conduit à des évolutions dans les comportements, les valeurs et les attentes des jeunes, qui dépendent d'autres choses que de leur volonté de ne pas être associés aux classes inférieures.

Des milieux sociaux moins homogènes et des individus dits pluriels : L'importance des mutations structurelles de la société française depuis les années 80, à savoir le progrès de la scolarisation, le développement du chômage, la précarisation de l'emploi, la diversification des situations familiales, ont favorisé la multiplicité des itinéraires et des positions sociales à l'intérieur d'un même groupe social. Aujourd'hui, les itinéraires professionnels et familiaux sont plus riches d'opportunités qui peuvent détourner de ce que Bourdieu appelle la trajectoire sociale la plus probable, ou favoriser dans le domaine culturel des comportements atypiques par rapport à ceux de son groupe d'appartenance.

JC Kauffman renie le concept d'habitus par celui d'habitude lequel remplace le processus de déterminisme par celui de choix et de sélection. Dans le concept d'habitude, les individus opèrent des choix et peuvent prendre de la distance par rapport aux rôles appris. Selon Kauffman, la socialisation est un processus complexe qui oscille entre contraintes imposées de l'extérieur et initiatives individuelles.

Selon Lahire, chaque individu vit plusieurs vies, circule dans différents contextes et finalement au cours de son parcours biographique, établit des schémas d'action incorporée, c'est-à-dire des manières de penser et d'agir qu'il range dans des répertoires de rôles et qu'il ressort en fonction des contextes. Du coup le contexte a des effets inhibiteurs d'habitus. Les individus subissent des influences multiples dans l'élaboration des univers culturels.

Cela contribue à l'hétérogénéité croissante des situations qui induit une forte diversification du rapport à la culture. La diversification des conditions de production et de diffusion de la culture :

Elargissement de l'offre institutionnelle : éducation des jeunes à la culture par l'Etat. Il y a une diversification et une spectacularisation de la politique culturelle hors des murs. Ici, il y a une volonté de la part des pouvoirs publics de décloisonner les gens, c'est-à-dire de mélanger la mode, le design et la publicité. On parle de métissage culturel. Il y a mise en place de manifestations à fort impact médiatique.

Exemple : fête du cinéma, de la musique, journées du patrimoine

→ Caractère moins solitaire de la politique culturelle.

Montée en puissance des nouvelles technologies : avec internet, les enfants sont devenus eux-mêmes les prescripteurs dans le domaine musical à la place des enseignants, des parents ou des institutions culturelles. Avec le fait de devenir numérique, la musique a gagné en accessibilité. On assiste à de nouvelles formes de mélomanies.
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