Leçon 1 18 novembre 1953







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or as something entirely new and puzzling. (Collected Papers, Hogarth Press, 1957, p. 372]
Et je crois en effet que « Clivage du moi » est en germe dans les conceptions de 1894, comme absence de liberté intérieure, comme résistance intérieure dans la conscience du sujet. Et cependant, en 1938, l’expression pouvait paraître encore entièrement neuve.
Je voudrais prendre la liberté de dire mon impression personnelle :

  • c’est que la résistance reste malgré tout, quoi qu’on fasse, un obstacle à la communication dans un contexte interpersonnel,

  • et c’est en fin de compte dans ce même contexte, à la fin qu’elle est comprise c’est-à-dire communiquée, ce qui comme on le dit, la limite.


Mais le passage de la première situation - où elle est obstacle - à la seconde - où elle est connue, où elle devient communication -

exige un détour dialectique qui fait de la résistance un mécanisme dialectique de répétition de structure du moi. C’est alors un non-sens,

parce que nous comprenons bien que le sujet ne veuille pas, ou qu’il ne puisse pas, obéir à la règle, mais nous ne comprenons pas

qu’il veuille et qu’il ne le puisse pas. C’est dans le vide que vient se loger tout le travail métapsychologique pour élaborer ce non-sens.
Autrement dit, ce qui me gêne un petit peu, c’est l’effort que FREUD fournit tout le temps pour envelopper les relations

personnelles dans une théorie interpersonnelle, alors que je vois la théorie interpersonnelle elle-même enveloppée

dans une dialectique interpersonnelle qui est la phénoménologie que FREUD nous a ouverte. FREUD est mort au milieu

de l’avant-dernier article où justement on a l’impression qu’il allait le dire. La phénoménologie me paraît comme une proposition

clinique plutôt que comme une proposition de la métapsychologie.
LACAN
Votre tendance est nettement phénoménologique. Je crois qu’on peut remercier vraiment très vivement MANONNI

de faire l’ouverture la plus heureuse à la reprise du dialogue du séminaire. Il y a énormément de choses dans ce qu’il a dit,

dans l’ensemble très bien situées. Et je crois qu’en fin de compte il a posé à la fin la question qui est celle à laquelle nous aurons

à nous affronter dans ce commentaire des Écrits techniques.
Je dois dire tout de suite que je ne pense pas que la solution soit tout à fait de la forme qu’il nous laisse entrevoir.

Il l’a lui-même assez bien senti. En tout cas, je ne le pense pas. Je crois que le vous donnerai une formulation plus complexe

et qui nous mettra plus au cœur de la question actuelle de l’orientation de la technique et de la signification de l’analyse.
Mais c’est bien d’avoir posé la question comme il l’a posée, c’est-à-dire dans l’ensemble d’un mécanisme intra-personnel

à un mécanisme inter-personnel. Mais là le mécanisme interpersonnel, quoique le mot mécanisme ne soit pas approximatif

en cette occasion, ce n’est pas tout, ça prend son sens du point où nous sommes. Mais si nous nous y mettons, il faut voir comment

ça peut se formuler.
Je ne veux pas - puisque vous avez collaboré tous les deux - interrompre le développement qui peut résulter de votre couplage,

si relatif qu’il soit. Je voudrais qu’ANZIEU dise aussi à quoi l’ont amené ses recherches de cette semaine.

Didier ANZIEU


J’ai recherché la notion de résistance à sa source, à ce que je crois être sa source, les Études sur l’hystérie.

Il aurait fallu lire soigneusement tout ce qui avait paru avant. Ce problème reste en suspens.
Plan :

  • Introduction : avant les Études sur l’hystérie

  • Corps de l’exposé : les Études sur l’hystérie


Introduction
Qu’est-ce que l’hypnose a appris à la fin du XIXème siècle ? Et l’aspect positif de l’hypnose, qui est le seul jusqu’à présent

et à ce moment-là auquel on se soit attaché ?


  1. Les amnésies peuvent être comblées sous hypnose. C’est la découverte de CHARCOT.




  1. En faisant ce travail, les symptômes disparaissaient, c’est la découverte de BREUER.




  1. Pourquoi les symptômes disparaissent-ils quand se comble l’amnésie ? Parce que le sujet prend conscience de ses tendances, ou il a intensément lutté contre ses propres impulsions sexuelles. C’est proprement la découverte de FREUD, qui ne se limite pas à compléter la série qui commence avec CHARCOT et se continue avec BREUER, la découverte essentielle de FREUD est celle d’un aspect négatif de l’hypnose.


Il y a une sorte de retournement dialectique qui va permettre le passage de l’hypnose à la psychanalyse. Cette découverte

est que c’est très beau, l’hypnose, mais il y a des gens qui ne sont pas hypnotisables. On revient à la réalité la plus concrète.
« Dans le cas [...] ça a très bien marché, mais je n’ai jamais rencontré un seul cas où ça ait marché de cette façon », dit FREUD.
Et il consacre des articles à la question de savoir s’il faut différencier une hystérie hypnotique de rétention et une hystérie de défense.

Certains patients ne peuvent pas être hypnotisés. Et FREUD rapproche ce fait, qui est connu mais qu’on a laissé tomber

jusqu’à présent, d’un autre fait également connu, et également jugé sans importance : d’autres patients qui pourraient être hypnotisés

et qui ne veulent pas l’être. Je lis le texte de FREUD :
« L’idée me vint alors que les deux cas pourraient être identiques, et que dans les deux cas cela ne pouvait que signifier simplement une contre volonté. Qui a des doutes envers l’hypnotisme n’est pas hypnotisable, et cela ne fait aucune différence qu’il exprime ou non son opposition.

Savoir si je peux adhérer fermement à cette conception n’est pas encore complètement éclairci. »
Voilà donc, dans son aspect extrêmement vivant, la première intuition de FREUD, selon laquelle ne pas pouvoir et ne pas vouloir,

c’est exactement la même chose, qu’on sache ou qu’on ne sache pas pourquoi on ne veut pas, c’est exactement la même chose.

Mais savoir pourquoi c’est la même chose, c’est encore très confus.
Sur le modèle, et en conséquence de cette 1ère intuition, FREUD va en découvrir une 2de. Mais pour cela que va-t-il faire ?

Il va tirer la conséquence de sa première intuition, en renonçant à l’application de l’hypnose. Et il va procéder avec ses patients

par la méthode cathartique, c’est-à-dire en leur demandant les souvenirs qui leur viennent à l’esprit quand ils pensent

à leurs symptômes et à l’origine première de leurs symptômes, sans les hypnotiser. Voici alors la découverte :
« On obtient exactement les mêmes résultats avec ou sans hypnose. »
Par conséquent, ce n’est pas l’hypnose en tant que telle qui avait favorisé l’efficacité que CHARCOT et BREUER avaient mise

en évidence, c’est la façon dont on s’en servait. Je reviens au texte de FREUD où il va nous exposer sa deuxième intuition :
« Par de telles expériences, j’acquis l’impression que par la seule insistance
il suffit d’insister, dit-il, auprès des sujets, et ils finissent toujours par trouver les souvenirs en question
et sans hypnose, il était vraiment possible d’amener à jour la série des idées pathogènes. Mais comme cette insistance exigeait beaucoup d’efforts de ma part, elle me montrait que j’avais surmonté une résistance. J’en vins à formuler toute la chose dans l’énoncé théorique suivant :

par mon travail psychique, j’ai pu surmonter une force psychique qui, dans le patient, empêchait l’idée pathogène de devenir consciente,

c’est-à-dire d’être remémorée. »
Voilà donc la seconde intuition de FREUD :

  • si je suis obligé d’insister auprès du patient pour qu’il me donne ce souvenir qui est pourtant là, tout près,

  • si je suis obligé d’insister, si je me fatigue,

  • si c’est vraiment un travail pénible pour moi,

…c’est donc que lui me résiste. Et, la chaîne étant ouverte : 3ème intuition, qui arrive immédiatement au même moment :
« Sans s’être révélée à moi, il me vint à l’esprit que ça devait être exactement la même force psychique qui avait agi à l’encontre

du symptôme hystérique au début, et qui en ce moment empêchait l’idée pathogène de devenir consciente. »
De même donc, que les gens qui ne peuvent pas et les gens qui ne veulent pas être hypnotisés sont les mêmes, de même cette force

qui était à l’origine du symptôme était exactement la même qui dans l’hic et nunc de ce rapport, empêche l’idée pathogène

d’être remémorée. Nous en avons terminé avec les intuitions, passons aux explications.
Quelle est cette force, se demande FREUD, qui a agi, continue à agir, et que je ravive ? Eh bien, on peut juger de la nature de cette

force d’après la nature des idées pathogènes oubliées et réprimées, que justement grâce à ma méthode j’ai pu arriver à mettre à jour.

La nature de ces idées va me renseigner sur la nature de la force. Ces idées, ce sont toujours des idées de nature pénible,

liées à des affects de reproche, de souffrance morale, de blessure personnelle. Elles sont d’une nature telle qu’on aimerait mieux

ne pas en avoir fait l’expérience, et qu’on préférerait les oublier.
« Tout cela - dit FREUD - aboutit à la notion de « défense », comme si elle me venait spontanément à l’esprit»
Et il explique après qu’elle ne lui venait pas spontanément, car avec ce qu’il savait de psychologie, c’était une notion bien connue.

Mais il la retrouve, il la réinvente, pour rendre compte de cette expérience dans laquelle il s’est trouvé. Donc, à l’origine le sujet a fait

une expérience pénible. Le caractère pénible de cette expérience a entraîné une réaction de la part du moi - car à ce moment,

seulement à ce moment, apparaît le mot moi dans le texte - une réaction de la part du moi qui se défend contre l’impression pénible.
« Nous continuons l’explication - dit FREUD - Se défendre contre l’impression pénible n’est pas suffisant pour se prémunir contre son retour »
Pour se prémunir contre le retour de cette impression, il va construire un système, et c’est la formation du symptôme : la défense

prend une forme nouvelle qui s’appelle le refoulement. FREUD hésite à employer d’abord le mot de « refoulement ».

Il emploie le mot de rejet, d’expulsion : rejet, expulsion, ou refoulement. Ce n’est que dans la suite du texte que le mot refoulement

est définitivement admis.
Et maintenant quand le médecin s’efforce de faire se resouvenir le sujet de cette idée pénible qui a provoqué la défense du moi,

puis qui a provoqué son refoulement, et a été érigée en symptôme, à nouveau cette même force est en œuvre, mais qui m’apparaît,

à moi, expérimentateur, comme résistance. Par conséquent, ce sont trois noms qu’on peut donner à une seule et même réalité :

  • cette force lorsqu’elle réagit et lutte contre l’impulsion instinctuelle, c’est la défense,

  • lorsqu’elle en abolit le souvenir, c’est le refoulement,

  • lorsqu’elle s’oppose à la remémoration, c’est la résistance.


Nous trouvons là inscrits, dans cette cellule germinale dont a parlé BERGMAN, ce que mon camarade MANNONI a indiqué

par avance, les trois plans :

  • structurel,

  • à l’arrière-fond le plan dynamique,

  • et le plan actualisé, frappant, celui de la topique la résistance qui m’apparaît.


Voilà donc le premier point : découverte de la résistance. Second point : maniement de la résistance.Eh bien, il est très curieux

qu’il y a deux façons de manier la résistance dans ce passage des Études sur l’hystérie : une façon explicite, recommandée,

et une façon à moitié avouée.
La façon explicite de manier la résistance est d’insister pour que le sujet la surmonte. Et on peut insister de deux façons :

soit en donnant au sujet des assurances, le sujet dit :

  • Je ne sais pas quelle est l’origine de mon symptôme.

  • Mais si, vous le savez, dites-le donc !

ou encore, sur un mode conciliant :

  • Vous le savez, ça va venir à votre esprit, attendez.


Et FREUD emploie une métaphore que l’on rencontre dans le terme anglais struggle. Je n’ai malheureusement pas pu recourir

souvent au texte allemand, mais il faudrait réviser, je crois, toutes ces citations.

LACAN
Ce qui est embêtant, c’est que pour Anna O. on n’a pas le texte allemand. C’est une absurdité sans nom que ce texte d’Anna O.

nous ne l’ayons que dans l’édition américaine !
ANZIEU
Si les assurances données au sujet dans cette métaphore du combat, de la lutte, si ces assurances ne suffisent pas, FREUD recourt à une technique qui est l’imposition des mains sur le front du sujet. Quelle est la signification ?
LACAN - Exactement ! C’est là le stade intermédiaire entre l’hypnose et le dialogue, n’est-ce pas ?
ANZIEU
Historiquement, il serait assez important de savoir si c’est la phase intermédiaire ou s’il a d’abord utilisé les assurances,

et que seulement si elles ne marchent pas…
LACAN
Il l’explique dans le cas de Lucie R. C’est dans le cas où il n’obtenait qu’une hypnose incomplète qu’il a cessé à ce sujet de se faire

du souci, de se demander si oui ou non… Et même d’obtenir du sujet, selon la méthode classique, la réponse à la question

« dormez-vous ? », à laquelle il avait le désagrément de s’entendre répondre « Mais non, je ne dors absolument pas ».
Ce qui l’entraînait lui-même à une situation fort embarrassante, qu’il explique au sujet d’une façon naïve et charmante,

qui montre les ambiguïtés de la pratique, qu’il est amené à persuader le sujet :


  • que ce n’est pas le même sommeil que celui à propos duquel le sujet donne sa réponse,




  • qu’il doit être quand même un peu endormi.


Et aux confins de la plus parfaite ambiguïté, il dit très nettement que tout ceci le met dans un très grand embarras,

et il n’en est venu à bout qu’à partir du jour où il ne s’en est plus soucié. Mais il a maintenu cette pression des mains,

soit sur le front, soit de chaque côté de la tête du patient. Et il leur expliquait de se fixer sur l’idée, sur la cause du symptôme.

Les symptômes étaient traités un à un à ce moment, en eux-mêmes, affrontés directement comme des problèmes proposés.
Sous les mains de FREUD, le patient était assuré que sans aucun doute les pensées, les souvenirs d’éléments de la situation du sujet

qui allaient se présenter, étaient ceux qui étaient en cause : il n’avait qu’à s’y fier. Et FREUD ajoutait ce détail technique

que ce serait au moment où il lèverait ses mains, par une sorte de mimique de la levée de la barrière, que le patient serait

parfaitement conscient, et n’aurait qu’à prendre ce qui se présenterait à son esprit pour être sûr de tenir le bon bout du fil.
Il est quand même assez remarquable que cette méthode se soit avérée, pour les cas que FREUD nous rapporte, parfaitement efficace.

Car le cas de Lucie R. qui est si joli - Peut-être eut-il l’occasion,pourquoi pas ? de nous le rapporter d’une façon abrégée –

a été entièrement résolu, et avec une aisance qui a la beauté des œuvres des primitifs.
Dans tout nouveau cas que l’on découvre, il y a un heureux hasard, une heureuse conjonction des dieux qui permet une solution

heureuse, un cas privilégié. Dans un cas comme celui d’Anna O. nous sommes en présence de ce long travail de working through,

de travail du cas, de venue sur les thèmes qui ont fait du cas d’Anna O. que par certains côtés, nous avons déjà [...] toute l’animation,

l’épaisseur des cas d’analyse les plus modernes, malgré la méthode employée : plusieurs fois toute la série d’événements,

toute l’histoire est revécue, réélaborée. Nous voyons qu’il s’agit d’une œuvre de longue portée, qui dure d’ailleurs près d’une année.
Dans le cas de Lucie R. les choses vont beaucoup plus vite. C’est avec une sorte d’élégance qui fait de ce cas quelque chose

d’essentiel, de saisissant. Et même les choses sont trop resserrées, ne nous permettent pas de voir vraiment où sont les ressorts,

mais c’est quand même tout à fait utilisable.
Cette femme qui a eu des hallucinations olfactives, qu’on peut appeler hallucinations olfactives, symptômes hystériques

dont la signification est détectée, endroits et dates, de façon tout à fait heureuse par FREUD.

À ce propos, il nous donne tous les détails sur sa façon d’opérer.
[À Anzieu] Poursuivez.

Didier ANZIEU

Je pense que la première technique, celle des assurances, est une technique de force, tandis que la technique de la pression des mains

est une technique de ruse. FREUD l’explique lui-même :
« En mettant les mains sur le front du sujet, j’attire son attention sur ce geste,

et par là même la résistance se trouve déplacée de ce contre quoi elle résistait à ce geste,

et par là même le souvenir qui était dessous peut arriver à jour. »
C’est pourquoi je trouve qu’il est très important qu’il commence par l’assurance, avant d’en venir à la pression sur le front,

parce que sa réaction à la résistance du sujet est d’abord de le forcer, d’être le plus fort, tandis que la seconde…
LACAN - Sur quel texte vous basez-vous ?
Didier ANZIEU
C’est une interprétation, dans les Études sur l’hystérie au chapitre sur la psychothérapie, il dit :
« D’abord donner les assurances, et si ça ne marche pas : la pression des mains »
LACAN - C’est une méthode d’exposé, il faudra revoir cela.
Didier ANZIEU
Même si ce n’est pas chronologique, il est important que sa première réaction soit d’être le plus fort, de forcer la résistance,

et sa seconde, de ruser, de la détourner, de ruser avec elle. Sa troisième réaction, il ne l’indique qu’après plusieurs pages

de description de diverses formes de résistances, et le meilleur moyen, finalement, pour vaincre la résistance, dans certains cas,

il s’agit de trouver le secret du patient, de le lui dire, de sorte qu’il est obligé d’abandonner la résistance.
Par conséquent, nous arrivons, cette fois, ici, à quelque chose de typiquement analytique: l’interprétation.

Cela n’est pas l’interprétation de la résistance, mais du contenu. C’est le moyen le plus radical de lever la résistance.

De la force à la ruse, et de la ruse à l’interprétation, il y a là un progrès considérable. Il explique aussi que ce qui est important

c’est de faire partager au sujet la connaissance du monde merveilleux du processus psychologique :
« Nous obtenons sa collaboration et le menons à considérer lui-même son propre cas avec l’intérêt objectif de l’observateur scientifique»
Et là aussi nous faisons reculer la résistance. Je rapprocherai cela de ce que FREUD découvrait en même temps que sa théorie…
LACAN
Quand j’ai insisté là-dessus - je vous demande pardon d’interrompre - j’ai indiqué dans les exposés que je vous ai faits,

j’ai mis quelquefois l’accent sur le caractère tout à fait privilégié qu’ont eu les cas traités par FREUD. C’est en raison du caractère

spécial de la technique de FREUD. Je vous l’ai indiqué. Nous ne pouvons que présumer, par un certain nombre de règles

qu’il nous a données, qui ont été fidèlement appliquées, puis de l’aveu des meilleurs auteurs et de ceux qui ont été à la source,

qui ont connu FREUD, même ceux-là - je vous donnerai des textes à cette occasion - nous disent qu’on ne peut pas

quand même pleinement se faire une idée.
Nous n’avons pas assez de documents actuels pour nous faire une idée de la façon dont FREUD appliquait la technique,

quelle était sa technique. Si j’insiste sur le caractère que présente le fait que FREUD s’avançait dans une recherche qui n’est pas

une recherche marquée de n’importe quel style, et aussi qui n’est pas une recherche comme les autres recherches scientifiques,

ce domaine de la vérité du sujet, cette dimension de la vérité qui est mise à un plan d’accent, de présence, qui fait de cette recherche

quelque chose qui n’est pas entièrement réductible à la recherche objective, et même objectivante, de la méthode scientifique

commune, ce quelque chose qui est la réalisation de la vérité du sujet, comme d’une dimension propre qui peut être,

qui doit être détachée dans son originalité par rapport à la notion même de la réalité qui est ce sur quoi j’ai mis l’accent dans toutes

ces leçons, qui après avoir été leçons résumatives du travail des années passées, sont des leçons introductives du travail de cette année.
FREUD était à ce moment là sur la même voie de recherche d’une vérité qui l’intéressait lui-même aussi totalement jusque dans

sa personne, donc dans sa présence aussi au malade, à son activité, disons, de thérapeute, encore que ce soit quelque chose

de tout à fait insuffisant pour qualifier l’attitude de FREUD. Et, au dire de FREUD lui-même, ce quelque chose ne peut qu’avoir

donné à ses rapports avec ses malades un caractère absolument singulier.
Si vous voulez, c’est la singularité portée à la deuxième puissance, la singularité maxima du traitement analytique, celle du traitement

fait par celui-là même qui a découvert l’analyse. Je vous l’ai déjà dit, nous devons considérer l’analyse comme reposant toujours

sur ce caractère de singularité de la réalisation de l’expérience. L’analyse comme science est une science du particulier. La réalisation

d’une analyse est toujours un cas singulier, parmi ces cas singuliers qui prêtent tout de même à quelque généralité depuis qu’il y a

plus d’un analyste.
L’expérience avec FREUD présente, elle, la singularité portée à son extrême, de ce fait même que FREUD était en train de construire

et de vérifier l’analyse elle-même. En d’autres termes, la notion de singularité de cette expérience ne peut absolument pas être éliminée de la

situation, de la position que nous devons donner aux expériences freudiennes - j’entends : de FREUD lui-même - en tant que telles.

Nous ne pouvons pas effacer ce fait vrai que c’était la première fois qu’on faisait une analyse.
Je ne dirais pas qu’on appliquait cette méthode, la méthode s’en déduit, elle est méthode pour les autres. Mais le caractère

absolument unique, inaugural de la démarche de FREUD, nous ferions une grave faute, qui entraînerait toutes sortes d’obscurités,

nous le verrons par la suite, ce n’est pas pour rien.
J’insiste là-dessus, pas seulement pour faire valoir le sujet, mais parce que pour comprendre même tout ce que nous aurons à dire

par la suite, comment se posent les questions de technique analytique - actuellement nous ne pourrons pas - et je constate

que je fais quelques efforts pour bien vous le mettre dans la tête pour l’instant, parce qu’il faut bien un moment qu’on suspende

son attention sur quelque chose pour lui donner sa pleine valeur.
J’insiste pour que vous vous proposiez à vous-mêmes, comme un problème si c’est là quelque chose d’essentiel à soutenir dans votre

attention : ça l’est, je vous l’assure ! Surtout à partir du moment où vous avez appris à considérer l’analyse comme je vous l’ai

enseigné comme la sorte d’expérience qu’elle est : soit une expérience du particulier, dans ce particulier singulier de l’original,

quelque chose qui prend encore plus valeur, encore plus valeur particulière.
Et si on ne souligne pas la différence qu’il y a entre cela et tout ce qui a suivi ensuite…

pour ceux qui se sont intéressés non point tant à cette vérité qu’à la constitution des voies d’accès à cette vérité

…vous ne pourrez jamais voir bien la différence, d’accent et de sens qu’il faut donner à certaines phrases, certains textes,

dans l’œuvre de FREUD, et qui prennent ensuite dans d’autres contextes une valeur toute différente, encore qu’on pourrait

les considérer comme calqués l’une sur l’autre.
C’est l’intérêt de ces commentaires de textes de FREUD qui nous permettent de voir dans le détail, sur chacun des points,

les questions qui - vous le verrez, vous le voyez déjà aujourd’hui - sont d’une importance considérable et sont nombreuses, insidieuses.

À proprement parler le type même de question dont c’est vraiment le souci de tout un chacun, naturelle tendance de l’esprit humain

que de les éviter et de se fier à une ritournelle, formule qui en donne je ne sais quoi de schématique, d’abrégé, d’imagé,

sur lequel on peut se reposer. Il est plus facile de se reposer que de les remettre en question.
Didier ANZIEU
…autre nécessité, agir en explicateur, en professeur et en confesseur qui impose l’absolution après la confession.
Enfin quatrième élément, influence de l’aspect affectif, influence personnelle donc, amorce du transfert et contre transfert.

C’était donc le second point. Il y avait aussi un troisième point, mais que je vais sauter : l’esquisse des diverses formes de résistances.
LACAN - C’est très important.
Didier ANZIEU
Les diverses formes de résistances, il y en a quatre ou cinq indiquées par FREUD :

  • le patient dit : « Je croyais qu’une idée me viendrait, j’avais confiance en vous, mais je suis seulement anxieux, et rien ne me vient… »

  • ou encore, le manquement à la règle fondamentale : quelque chose lui serait venu à l’esprit, mais il ne le dit pas, car il le juge sans importance ou désagréable,

  • ou encore il utilise un subterfuge qui cache la résistance : « Je suis distrait par le piano qui joue dans la pièce à côté, je ne peux penser qu’à ça.

  • ou encore il se met à parler longuement, mais parler sans émotion, et il parle d’une façon artificielle. Donc la résistance la plus subtile,ou encore, la plus difficile des résistances, le patient se remémore bien le fameux souvenir pathogène, mais il le désavoue : « Ce n’est pas moi qui m’en souviens, c’est comme si c’était vous, Docteur, qui le disiez… »

  • ou encore « Vous vous attendiez à ce que je le dise, et je le dis parce que vous vous y attendiez. Vous aviez sûrement pensé que j’allais y penser »

  • ou encore, une dernière résistance, alors l’ultime, qu’il indique dans un autre passage, c’est que ce souvenir n’est pas du tout reconnu comme souvenir. C’est une impression vague, diffuse, imprécise, qui ne permet pas d’être rattachée à une scène, c’est le maximum d’une résistance.

L’on comprend que FREUD ait toujours cherché à reconstruire cette résistance dans ce qu’elle avait de plus subtil.
Le dernier point de mon exposé, toujours en suivant le texte des Études sur l’hystérie, est l’explication théorique de la résistance.

Pour donner une explication théorique de la résistance, FREUD y applique le modèle conceptuel dans lequel il a été formé

dans l’école de neurologie dynamique de l’époque. Il propose de représenter une triple stratification autour d’un noyau central

qui est le noyau pathogène dans lequel est enregistrée l’expérience pathogène, traumatique. Trois arrangements :

  • un arrangement linéaire,

  • un concentrique,

  • et un arrangement dynamique, en zigzag.


Je parlerai seulement du second arrangement : les souvenirs semblables sont groupés dans des stratifications qu’il compare

à des liasses de documents dans des archives.
LACAN
Ce qu’il y a de frappant, c’est que nous décollons tout à fait de la métaphore pseudo-anatomique qui est justement celle évoquée

à l’époque, des images verbales plus ou moins déambulantes au long des conducteurs nerveux, tandis que là les images,

ça évoque exactement ce que vous dites : celle d’une liasse de documents.
Didier ANZIEU - C’est dans le texte anglais : Table des matières, archives bien rangées
LACAN
Partitions à plusieurs registres… Toutes métaphores qui elles-mêmes tendent invinciblement vers la matérialisation de la parole,

et non pas la matérialisation mythique des neurologistes, mais les matérialisations concrètes où la parole se met à couler dans du feuillet

manuscrit imprimé. Il y a là quelque chose qui ne peut pas manquer de frapper. Même la métaphore avec la page blanche,

le palimpseste, vient aussi à son tour, et est venue à la plume de plus d’un analyste.
Et dans ce cas là, dans le passage que vous évoquez, la notion de plusieurs strates longitudinales, c’est-à-dire en somme plusieurs

fils de discours, qu’on imagine vraiment dans le texte qui les matérialise sous la forme de faisceau, et on parle de ce faisceau comme

de quelque chose de littéralement concret. Un faisceau, un courant de paroles parallèles qui, à un certain moment, s’élargissent

pour entourer ce fameux noyau pathogène, qui lui aussi est une histoire, s’en écartent pour l’inclure et se rejoindre un peu plus loin.
Le phénomène de la résistance étant littéralement constitué par quelque chose qui est dit dans le texte, comme étant ceci

qu’il y a deux sens : le sens longitudinal, et un sens radial. Et que c’est dans le sens radial que s’exerce la résistance, quand on veut

se rapprocher des fils qui sont au centre du faisceau, la résistance est la conséquence, quand on tente de passer des registres

extérieurs vers le centre : il y a une force de répulsion positive qui s’exerce à partir du noyau refoulé, et la résistance est ressentie

dans l’effort de pénétration vers les fils de discours qui sont les plus rapprochés.
Et il va même jusqu’à écrire - ce n’est pas dans les Studien, c’est dans un texte ultérieur, dans les écrits groupés sous le titre

« Métapsychologie », il dit :
« La force de résistance est inversement proportionnelle à la distance où l’on se trouve du noyau refoulé»
Je ne crois pas que ce soit la phrase exacte, je retrouverai la citation, elle est très frappante, elle est tout à fait cette matérialisation

de la résistance dans sa première appréhension dans l’expérience, à la fois quelque chose de tout à fait clinique, comme le disait

tout à l’heure MANNONI, comme - pour employer les termes de MANNONI - pour désigner le discours du sujet au niveau

de cette expérience clinique, il y a une façon d’imager le problème qui va aussi loin que possible, et employer la métaphore

la moins satisfaisante pour le neurophysiologiste.
Pour savoir où ça se passe, où est le support matériel, biologique de tout cela, il prend carrément le discours comme réalité

en tant que telle, comme une réalité qui est là, qu’il exprime d’une façon qui évoque la liasse, le faisceau de preuves, comme on dit aussi,

dans une autre forme de métaphore. Le faisceau de preuves, c’est quand même aussi ça : discours juxtaposés, qui les uns les autres

se recouvrent, se suivent, forment une certaine dimension, une certaine épaisseur, la masse d’un dossier.
Comme il n’a pas encore la notion du support matériel de la parole isolée… De nos jours, il y aurait là succession de phonèmes

qui composent une partie du discours du sujet, il l’aurait prise comme élément de sa métaphore, qu’on rencontre une résistance

d’autant plus grande que le discours du sujet se rapproche plus d’une certaine forme de discours qui serait la dernière et la bonne,

mais celle-là il la refuse absolument.
Je crois aussi que ce qui n’est peut-être pas mis en relief dans l’effort de synthèse que vous faites tous, et vous faites bien de le faire,

ce sont des notions. Cette notion qui n’a pas été mise au premier plan, c’est en somme celle des rapports de l’inconscient

et du conscient.
Et c’est au premier plan des questions que nous devons nous poser sur le sujet de la résistance. Car la question n’est pas de savoir

plus exactement… Avant de savoir ce que représente cette résistance, soit à l’intérieur du sujet, soit dans les rapports du sujet

avec l’analyste, qu’est-ce que ça veut dire, en fin de compte ? Ça veut dire une question :


  • Est-ce que la résistance est un phénomène qui se passe dans l’analyse ?

  • Est-ce que la résistance c’est dans l’analyse seulement ?

  • Ou est-ce quelque chose dont nous pouvons parler tout court et en tout temps quand le sujet se promène en dehors de l’analyse, même quand le sujet n’a rien à faire avec l’analyse, avant qu’il y vienne, et après qu’il l’a quittée ?

  • Qu’est-ce que la résistance ?

  • Est-ce que la résistance continue à avoir son sens dans le sujet en dehors de l’analyse ?


Autre façon de poser - autre façon qui entraîne bien des problèmes - de poser ce problème qu’amorçait tout à l’heure de façon

heureuse MANNONI. L’idée générale de son thème, c’est la façon dont il a pris la question, mais il y a d’autres questions qui se posent.

Est-ce que, puisque nous n’avons plus que peu de temps aujourd’hui, est-ce que c’est effectivement tout ce qui s’oppose

à cette reconquête de cet inconscient, dont le mot n’a pas été prononcé.
Didier ANZIEU - Il n’est pas encore prononcé…
LACAN
Oui. Mais MANNONI a pris d’autres textes. Et en particulier il y a un texte sur la résistance qui est dans l’analyse des rêves

extrêmement important, auquel vous ne vous êtes référé ni l’un ni l’autre. Celui qui donne l’assomption à certains des problèmes

que vous vous êtes posés l’un et l’autre.

Il s’agit justement de savoir si le caractère d’inaccessibilité de l’inconscient est quelque chose que, dans une perspective qui, vous le voyez,

n’est pas simplement la perspective actuelle de l’analyse, la perspective métapsychologique que nous avons vue aujourd’hui avec

l’exposé de MANNONI et ANZIEU.
Je pense que ce n’est peut-être pas une découverte, mais quelque chose qui fixe les idées, de vous apercevoir que ces notions

de résistances sont extrêmement anciennes, dès l’origine même, dès la naissance, les premières recherches de FREUD,

cette notion de résistance est liée aussi très précocement à la notion de l’ego.
Mais quand nous lisons, dans le texte des Studien, certaines phrases tout à fait saisissantes, quand il parle non seulement de l’ego

comme vous l’avez fait remarquer, l’ego vient là comme tel dans le texte, mais il parle de l’ego comme représentant certaine

masse idéationnelle, la masse idéationnelle, le contenu, la masse, je n’ai plus à l’esprit ce qu’il y a dans le texte allemand.

L’ego est donc déjà quelque chose qui à ce moment-là est pressenti comme quelque chose qui se rapproche, qui laisse pressentis

tous les problèmes que nous pose maintenant la notion d’ego.
Je dirais presque que ce sont des notions avec effet rétroactif. Lire ces choses premières à la lumière de tout ce qui s’est pour nous

développé dans le problème autour de l’ego, peut-être même les formulations les plus récentes les masquent

plutôt qu’elles ne les mettent en évidence.
Vous ne pouvez pas ne pas voir là par exemple, dans cette formule : « masse idéationnelle », quelque chose qui s’approche,

voisine singulièrement avec une certaine formule que j’ai pu vous donner d’un des éléments du contre-transfert qui n’est

précisément rien d’autre que la fonction des fonctions de l’ego de l’analyste, ce que j’ai appelé la somme des préjugés de l’analyste.

L’ego est quelque chose qui représente aussi bien chez le patient toute cette organisation de certitudes, de croyances, de coordonnées,

de références qui constituent à proprement parler ce que FREUD appelait dès l’origine un « système idéationnel »,

ce que nous pouvons, d’une façon abrégée, appeler ici « le système ».
Est-ce que la résistance vient uniquement de là ? Ou est-ce que c’est encore autre chose ?

Est-ce que ce que j’appelais dans une de mes dernières leçons que j’ai faites ici…

je vous représentais à proprement parler comme à la limite d’un certain domaine de la parole qui est justement

cette masse idéationnelle dont nous parlons, celle du moi du sujet

…est-ce qu’il y a ou non cette structuration que j’ai appelée, dans ce même tournant de mon discours, cette somme de silence

après quoi une autre parole reparaît, qui est justement celle qu’il s’agit de reconquérir dans ce domaine de l’inconscient,

cette part du sujet qui est cette part de son histoire séparée par quelque chose qui le sépare de son histoire ?
Est-ce que c’est, oui ou non, uniquement ce quelque chose qui est l’organisation du moi ? Est-ce que c’est purement et simplement

l’organisation du moi qui, en tant que telle, constitue la résistance et fait la difficulté d’accès dans le sens radial - pour employer

le terme même qu’emploie FREUD - dont il s’agit quand nous approchons des phénomènes de la conscience, du contenu de la conscience ?
Voilà une question toute simple, trop simple, comme telle insoluble. Heureusement, le progrès de la théorie analytique dans FREUD,

sur ses élèves, dont, nous le verrons à cette occasion, il est entièrement lié aux avatars au cours des trente premières années

de ce siècle, où la technique analytique a abordé assez de phases expérimentales pour différencier ses questions d’une façon

qui permet, selon le bon schéma qui est celui même que nous a montré l’analyse, qui nous permet de la montrer en la tournant,

exactement comme l’analyse est un détour pour accéder à cet inconscient.
Mais, vous le voyez, ceci nous ramène à ceci dont je vous ai dit que ce serait le modèle de notre recherche : c’est à chercher dans

les avatars, métaphores, les phases de l’évolution de l’expérience analytique elle-même, quelque chose qui nous renseigne sur sa propre nature,

nature de cette expérience en tant qu’elle-même, l’expérience analytique, est aussi une expérience humaine, à elle même masquée.
C’est porter au second degré le problème qui nous est posé par la névrose, qui importe parce que cela s’impose : je ne fais ici

que l’affirmer, vous le verrez se démontrer en même temps que notre examen. Je ressors avec évidence de cette véritable impasse

mentale et pratique à laquelle aboutit actuellement l’analyse. Vous voyez que je vais loin dans la formulation de ce que je dis.
Il importe exactement de soumettre à l’analyse ce schéma opérationnel. Je puis dire que l’analyse elle-même nous a appris d’essayer

de lire, dans les différentes phases de l’élaboration théorico-technique de l’analyse, quelque chose qui nous permette de lire plus loin

dans la réalité authentique dont il s’agit, à savoir la reconquête de l’inconscient par le sujet.
Vous verrez que cette méthode nous mènera à apporter des précisions qui iront beaucoup plus loin que le simple domaine formel

d’un catalogue de procédés ou de catégories conceptuelles. Cette reprise de l’analyse dans un examen lui-même analytique,

vous le verrez, est une démarche qui se révélera dans notre travail, comme il s’est déjà révélé dans notre premier accès aux textes

cliniques de FREUD, qui révélera sa fécondité, et spécialement à propos des problèmes de la technique.
Là-dessus, je vais vous laisser aujourd’hui. Je félicite MANNONI et ANZIEU de ce qu’ils ont fait.

J’essaierai la prochaine fois, en abordant d’une nouvelle façon, un nouveau biais, une autre porte d’entrée dans le problème.

Je ne crois pas que ce soit exactement à partir de leur travail que nous pourrons donner l’exposé le plus fécond.
Je ne manquerai pas au passage de souligner ce qui a été apporté dans chacun de leurs exposés de fécond,

et ce à quoi nous pourrons déjà répondre la prochaine fois. Le titre [de la prochaine séance de séminaire] en a été communiqué et publié :
La résistance et les défenses - son sens et leurs fonctions - dans l’expérience analytique.
Je vous donnerai un premier aperçu : la notion de résistance dans ses rapports avec les notions de défense, qui ont été dès l’origine

les neuro-psychoses de défense (1894), et à la fin, de symptômes. FREUD dit qu’il faut revenir à la notion de défense.
Nous verrons certaines choses qui nous permettront de faire un pas de plus.
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