La société française du Moyen-âge à nos jours







télécharger 303.18 Kb.
titreLa société française du Moyen-âge à nos jours
page3/7
date de publication16.12.2016
taille303.18 Kb.
typeDocumentos
a.21-bal.com > documents > Documentos
1   2   3   4   5   6   7

Il prit le contrôle du Languedoc et livrait un combat sans merci aux Cathares (région des Corbières). Il ordonna la « la croisade des Albigeois », pour mettre fin à la première grande crise religieuse du royaume.

Les Cathares voulaient rompre avec Rome et pratiquer leur religion. Ils avaient obtenu le soutien d’une partie de l’aristocratie du Roussillon (Région entre Narbonne et les Corbières).

L’évêque d’Albi soutenu par les troupes royales lançait une guerre contre l’hérésie cathare qui dura plus d’un siècle sera achevée sous l’autorité de Louis IX et de l’inquisition.
En soumettant les nobles, le roi capétien assurait son pouvoir sur l’ensemble du royaume.

Quelques années plus tard, sous le règne de Philippe-le-Bel (1268-1314), le pouvoir capétien devenait véritablement le maître dans son royaume.
Philippe-le-Bel épousa Jeanne de Navarre et prit le titre de roi de France et de Navarre qui fut celui de tous les rois de France qui lui succéderont. Il se lançait dans un conflit avec Rome en niant son pouvoir temporel.
Il soumit le clergé à un impôt royal ce qui provoqua la colère du Pape. Pour légitimer sa décision il convoquait les premiers Etats généraux, assemblées des ordres du royaume où il proclamait la supériorité temporelle du roi sur celle du Pape (thèses du gallicanisme). Pour que la discussion entre les différents ordres (noblesse, clergé et tiers état) puisse s’engager il distinguait les Etats de langues d’oïl, pour les provinces au Nord de la Loire) des Etats de langues d’oc pour les provinces du Sud.

Les Templiers, ordre le plus puissant de la chrétienté donc le plus dangereux, fut détruit et ses richesses confisquée par le roi. Le royaume en avait besoin pour réorganiser les institutions du pourvoir et créer une chambre des comptes.

Pour administrer le royaume introduisait la petite noblesse dans son entourage La grande noblesse, noblesse de cour, était éloignée au profit d’une noblesse « de robe ».
C’est le premier Capétien qui rompait avec le mode de relations féodales, soumission à la personne (hommage lige), et lui substitua la soumission à l’institution politique, introduisant ainsi la légitimité politique.
C’est dans ce contexte que la société française abordait le XIVe siècle.
C’était le siècle des malheurs conformément à la prédiction des Templiers suppliciés sur le bûcher dressé par Philippe-le-Bel, selon la légende des « rois maudits ».
La trilogie des calamités : famine, peste, guerre

Une famine généralisée
Les sources écrites sont en plus abondantes à partir du XIVe siècle.

Les chroniqueurs, souvent des moines qui tenaient un journal, décrivaient les famines qui s'étaient développées dans le royaume vers 1315.

Les mauvaises récoltes étaient souvent évoquées pour expliquer l’affaiblissement physique des populations et la forte mortalité.

Il est vrai que l’économie de survie qui fonctionnait encore au bas moyen âge dans de nombreuses régions, rendait intolérable la moindre crise frumentaire (insuffisance des produits agricole).

Cette crise semblait due au climat détestable qui était signalé partout par les contemporains et qui a été confirmé par les travaux récents des chercheurs en climatologie fossiles.

L’absence de réserves alimentaires d’une année sur l’autre provoquait la mort massive des plus fragiles (malades, vieux et enfants) et une simple rémission pour les survivants.

Les études plus récentes démontrèrent qu’il faut ajouter une cause aggravante, l’émiettement du parcellaire (des champs).

La croissance démographique que nous avions constatée entre le XIIIe et le XIVe siècle produit d’une légère augmentation des rendements agricoles avait entraîné une pression démographique spectaculaire dans les campagnes.

Dans les Flandres ont comptait plus de 100 habitants au km2. La parcelle (champ) moyenne diminue de 40%, conséquence des successions sur plusieurs générations.

Les parcelles devenaient insuffisantes pour nourrir ceux qui y travaillaient d’autant que les prélèvements seigneuriaux (redevances, taxes...) devenaient de plus en plus lourds.
C’était une population très affaiblie qui devait faire face à une terrible épidémie de peste en 1348.
La peste noire de 1348
L’épidémie de 1348 avait profondément marqué les esprits du fait de l’ampleur de la mortalité qu’elle avait entraîné et par les questionnements métaphysiques qu’elle suscitait.

L’itinéraire de l’épidémie a été reconstitué. Il semble qu’elle soit née sur les plateaux anatoliens (actuelle Turquie) et qu’elle ait circulé en empruntant les axes commerciaux jusqu’à Saint-Jean d’Acre pour s’embarquer vers l’Occident. Après un périple en Italie, la maladie débarque à Marseille, emprunte la Vallée du Rhône, se diffuse de part et d’autre des vallées des affluents et s’étend à tout le royaume par les voies de communication les plus utilisées.

La mort décimait parfois près de 50% de la population d’une ville. En Navarre on comptait 70% de morts.

On estime à 30% de morts globalement le bilan de la pandémie en France.

Un individu infesté mourait dans les 3 jours et contaminait par simple inhalation ses proches.
Ainsi, les prêtres refusaient de donner l’extrême onction à un pestiféré car il se savait condamner. Une mère ne pouvait pas approcher son fils agonisant car, elle aussi pouvait être contaminée.
Toutes les règles « chrétiennes » de charité, de compassion, voire d’entraide, étaient bouleversées.
Très vite les populations en rendaient responsable l’Eglise qui avait « attiré la colère divine » sur la chrétienté. La cité épiscopale d’Avignon n’avait pas été épargnée.
La papauté était en pleine crise. Les déchirements internes entre le pape de Rome et celui d’Avignon rendait plus virulente la critique contre l’Eglise divisée.

Ce schisme était le produit des alliances politiques entre d’une part le pape d’Avignon, proche du roi de France et le pape de Rome, proche des Italiens et des Anglais.
Ce climat religieux n’était que le reflet du contexte politique, celui de la Guerre de Cent ans.

La guerre de Cent ans.
Commencée en 1337, elle se terminera en 1453.
A l’origine, il s’agissait d’un problème dynastique.
En 1337, le roi d’Angleterre, Edouard III revendiquait la couronne de France. Il déclarait être l’unique descendant en ligne directe des capétiens, contrairement à Philippe VI qui n’était qu’un descendant de la branche cadette des Capétiens, les Valois.
En effet, Edouard III était le petit fils issu du mariage d’Isabelle, la fille de Philippe-le-Bel, et d’Edouard II.
Philippe VI, neveu de Philippe-le-Bel avait bénéficié de la situation créée par la mort prématurée des fils de ce dernier (« les rois maudits »par la prédiction des Templiers) qui, de fait avait tari la descendance en ligne directe.
Mais pour les Valois et la noblesse française, il n’était pas question de donner le royaume aux Anglais. Les juristes firent valoir la fameuse loi salique (celle des Francs saliens) pour justifier ce choix. Une femme ne pouvait ni régner, ni transmettre le couronne, donc Edouard était illégitime.

La guerre, qui dura plus de cent ans, devaient départager les positions.
Il ne s’agit pas ici de décrire le déroulement de cette guerre mais surtout de dégager les bouleversements profonds qu’elle a suscités.
La Révolution d’Etienne Marcel (1356-58) constituait certainement l’événement social le plus important.
A l’issue de la bataille de Poitiers (1356), le roi Jean le Bon fut fait prisonnier par les Anglais. Comme le prévoyait la tradition médiévale, les vainqueurs demandèrent une rançon. Le fils du roi, le dauphin Charles réclamait aux bourgeois de Paris la levée d’un impôt exceptionnel. Etienne Marcel, prévôt des marchands de Paris, demandait pour les marchands une charte contenant des droits municipaux (contrôle des officiers, levée d’une milice…et un droit de justice).
En fait le prévôt demandait que soit reconnue la puissance sociale et politique des marchands en échange d’une aide financière. Cette exigence, contenue dans une charte, est rejetée par le dauphin. Etienne Marcel pensait pouvoir utiliser les marchands et une partie de la noblesse autour de Charles de Navarre dit le Mauvais pour t lui tenir tête.
Dans le même temps éclate au nord de Paris une révolte paysanne, « une jacquerie ».

Les « Jacques » s’approchant de Paris effrayèrent les bourgeois. Etienne Marcel proposait de s’appuyer sur cette révolte pour faire plier le dauphin.

Mais le Navarrais (Charles le mauvais), allié de circonstance du prévôt, se rapprochait des Anglais.

Une fraction des marchands se retourna contre Etienne Marcel et l’assassina.
C’était la première révolution française qui révélait les enjeux politiques et sociaux de la fin du Moyen âge.
La bourgeoisie marchande, classe sociale puissante sur le plan économique devait se résoudre à n'être qu'une classe roturière (non noble) soumise à la noblesse et au roi.

Une paysannerie affamée qui cherchait une occasion pour se révolter.

Un roi qui ne partageait pas son pouvoir politique même si la puissance économique lui échappait.
Le dauphin Charles, proclamé Charles V, parvint à récupérer les territoires perdus par son père. Mais à sa mort, son fils Charles VI qui lui succédait, se mit sous la tutelle des Anglais après la défait d’Azincourt (1415). Il profitait le royaume de France à l’ennemi.
La noblesse française se déchirait en deux factions : «les Bourguignon » (duc de Bourgogne et Charles VI alliés aux Anglais) et « les Armagnac » (Duc d’Armagnac, avec le dauphin Charles). La guerre de Cent ans prenait la forme d’une guerre entre les grandes familles aristocratiques.
C’est dans ce contexte de division extrême qu’intervint l’épisode de Jeanne d’Arc.
Elle a déclaré lors de son procès avoir « entendu voix lui donnant la mission de libérer la France ».
L’histoire a donné une place fortement symbolique à cette jeune Lorraine qui poussa le dauphin Charles à se proclamer roi de France en 1429 alors que tout semblait perdu.

Après avoir convaincu Charles VII, de se faire sacrer à Reims dans la grande tradition des Capétiens, elle se lança avec quelques chevaliers dans des chevauchés victorieuses à 150 km de Paris. Elle était parvenue à libérer Orléans en 1430 mais elle fut faite prisonnière et brûlée vive à Rouen, après un procès en sorcellerie.

Le récit de ses exploits dans le royaume avait certainement contribué à l’émergence d'un sentiment national.

La noblesse s’était soudée derrière le roi français refusant de reconnaître Henry V arrière petit-fils d’Edouard III (il n’avait que 2 ans). La reconquête du territoire s’acheva en 1453.


Un nouveau monde était en gestation.

Quatrième conférence
La société française aux Temps modernes

Sortie du Moyen-âge, humanisme et réforme religieuse


La fin du Moyen-âge
La société médiale française sortie des angoisses du « temps des calamités », comptait en 1453, 20 millions d’habitants. En un siècle et demi elle n'avait quasiment pas varié.
C’est l’effet cumulé des famines, des maladies (peste noire) et de la désorganisation économique provoquée par la guerre de Cent ans.
La société médiévale s’achevait, elle avait montré ses limites :
Le système féodal, vassalique, de fidélité à la personne était contradictoire avec le renforcement du pouvoir politique et à l’émergence de l’Etat moderne. Le fils de Charles VII, Louis XI, incarnait parfaitement ce tournant politique.

Le roi ne « peut plus vivre du sien », il lui fallait un impôt permanent, une armée permanente, une administration stable.

Il créa avec l’aide des Médicis de Florence, une banque nationale, avec une fonction économique. Il obtenait l’accord du pape car cette banque prêtait à l‘Etat sans intérêt.

.

Les messages royaux étaient transmis en quelques jours à tous les sujets. Louis XI créait le premier service postal en des implantant des relais sur tout territoire et ouvrait des routes partant de Paris.

C’est l’origine du système en étoile, centré sur Paris, du réseau routier français et probablement de l’hypertrophie de la Capitale (10 fois plus d’habitants que la seconde ville de France, Lyon). Paris comptait déjà au XVIe siècle plus de 200 000 habitants. C'était la ville la plus importante de toute la Chrétienté après Constantinople.
Louis XI obligeait les seigneurs à exploiter le sous-sol de leurs terres pour produire du fer, de l’or, de l’étain. S’ils s’y refusaient, le roi confisquait le sous-sol, c’était la première nationalisation de l’histoire de France et l'affirmation du principe d’inaliénabilité du sous-sol.

En liquidant les dernières résistances à son pouvoir (élimination de Charles le Téméraire, duc de Bourgogne,) Louis XI constituait le royaume dans des frontières bien définies.

C’est le premier chef d’Etat moderne.
Il s’impose comme le chef incontestable de la noblesse, grande et petite. Cette noblesse qui, dans les mentalités, n‘a pas brillé par ses succès, était apparue incapable de faire la guerre, rôle qui lui était pourtant exclusivement dévolu. Des batailles perdues, des divisions, les ralliements à l’Anglais avaient indéniablement terni son prestige.
Le clergé, lui aussi, était soumis à la critique. Les prêtres étaient censés prier pour le salut des chrétiens pourtant cela n’avait pas empêché la peste. Pire, des millions d’âmes n’ont pas disposé des prières indispensables pour atteindre le paradis. Privés d’extrême onction elles croupissaient désormais en enfer. Pour transcender cette terrible angoisse, les images pieuses et les "danses macabres" se diffusaient partout.

La xylogravure, prélude à l’imprimerie, était largement utilisée pour répondre à la demande et se diffusait tout l'Occident au XVe siècle.

Le schisme d’Avignon était réglé. Il n’y a plus qu’un seul pape, au lieu de deux voire trois, mais l’image du Saint siège n’en sortait pas indemne.

L’enrichissement semblait, pour le peu peuple, le principal souci des gens d’Eglise. On évoquait des réformes nécessaires, un autre rapport entre l’Eglise et le fidèle, une "dévotio moderna" couvait dans la chrétienté, elle trouvait en France des adeptes comme Guillaume d’Occam.
Le troisième groupe de la société (Tiers état), ceux des gens qui travaillent (soit 97% de l’ensemble) constitué de paysans, de bourgeois, d’artisans était, lui aussi en pleine mutation.
Le niveau de vie du paysan progressait légèrement grâce aux mesures royales visant à interdire le dumping, à favoriser la mise en culture des jachères (terres mises en réserve).

L’économie rurale demeurait une économie de subsistance mais le paysan gagnait quelques libertés, c'était la fin du servage. Sa condition restait néanmoins misérable. Il se nourrissait mal. Sa ration alimentaire était constituée à 80% de céréales, un mélange d’orge, de seigle et de froment. L’apport en protéines restait très faible : des œufs, du lait fermenté, du fromage parfois et de la viande de porc exceptionnellement. Les cultures potagères (légumes : choux, pois, racines) étaient consommés, en potage, sans céréales, ou en soupe, avec céréales.

La succession des disettes était à l’origine de maladie comme le scorbut (carence en vitamine A) fréquemment cité dans chroniques.

Dans les villes la situation semblait meilleure.

Le paysan pouvait y vendre son surproduit lors des foires qui connaissaient un nouvel essor dès la seconde moitié du XV è siècle. Les foires de Champagne, de Paris, de Lyon rivalisaient entre-elles car on y trouvait du drap, des couteaux, du métal et des épices venues d'Orient. Le commerce stimulait la production et l’artisanat urbain.

A Paris on comptait jusqu'à 5000 artisans.

Ces métiers rassemblaient les maîtres, compagnons et valets organisés en corporations : drapiers, bouchers, pelletiers (cuir), ferronniers…
1   2   3   4   5   6   7

similaire:

La société française du Moyen-âge à nos jours iconEssais sur l'histoire de la mort en Occident : du Moyen Âge à nos jours

La société française du Moyen-âge à nos jours iconAvant la Normandie (Préhistoire Antiquité, Haut Moyen Âge)
«À nos voisins d’en face» : Témoins archéologiques des échanges à travers la Manche, Antiquité-Moyen Âge

La société française du Moyen-âge à nos jours iconLa littérature béninoise de langue française des origines à nos jours
«l’école étrangère» dans le pays, d’abord par les missionnaires, puis par le colonisateur français

La société française du Moyen-âge à nos jours iconEsthétique et soins du corps dans les traités médicaux latins a la fin du Moyen Age

La société française du Moyen-âge à nos jours iconRapports de l’ep aux techniques corporelles ep, sport et santé dans la societe francaise

La société française du Moyen-âge à nos jours iconLes lots 4 et 5 seront vendus sur enchères provisoires avec faculté de réunion
«dauphin» et petits pieds cambrés. Décor «Moyen-âge» de fleurs et quartefeuilles rouge-brun sur fond beige. Fin Xixème. Signature...

La société française du Moyen-âge à nos jours iconL’Image railleuse : La satire dans l’art et la culture visuelle, du 18ème à nos jours

La société française du Moyen-âge à nos jours iconBibliographie 25
«beaux-arts» désignait exclusivement les quatre arts qu'on appelle «plastiques» de nos jours : l’architecture, la sculpture, la peinture...

La société française du Moyen-âge à nos jours iconRencontres et signatures
«Avant-gardes, de 1945 à nos jours», en collaboration avec la maison de vente Artcurial Briest Poulain Le Fur, 9 décembre 2003 à...

La société française du Moyen-âge à nos jours iconObjet d’etude 2 : Le texte théâtral et sa représentation, du xviie siècle à nos jours
«Perdican : vous m’avez demandé, Camille ( …)» à «(…) elle est morte. Adieu, Perdican»







Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
a.21-bal.com