Résumé La montée en puissance d’Internet comme outil de communication politique s’est nettement affirmée au cours de l’année 2000 à la faveur des élections présidentielles américaines, législatives canadiennes et municipales britanniques







titreRésumé La montée en puissance d’Internet comme outil de communication politique s’est nettement affirmée au cours de l’année 2000 à la faveur des élections présidentielles américaines, législatives canadiennes et municipales britanniques
page1/14
date de publication17.12.2016
taille314 Kb.
typeRésumé
a.21-bal.com > documents > Résumé
  1   2   3   4   5   6   7   8   9   ...   14




Partis politiques et campagnes électorales

à l’heure d’Internet


Dossier réalisé par :

Elisabeth Lulin

Directeur général Paradigmes et caetera

elulin@paradigmes.com
Achevé de rédiger Décembre 2000

Publié dans le Journal de la NetEconomie, n°70, novembre-décembre 2000/janvier 2001

Résumé



La montée en puissance d’Internet comme outil de communication politique s’est nettement affirmée au cours de l’année 2000 à la faveur des élections présidentielles américaines, législatives canadiennes et municipales britanniques.

Le web offre tout d’abord de nouveaux instruments aux acteurs politiques traditionnels, candidats et partis. Des instruments pour convaincre les électeurs, mais surtout des instruments pour mobiliser les sympathisants. De ces deux fonctions, la plus souvent évoquée est la première, mais ce n’est pas la principale : car en réalité seule la fraction la plus motivée de l’électorat, très minoritaire, prend la peine de visiter des sites web de campagne. L’essentiel réside dans la seconde fonction, la mobilisation des sympathisants, avec un enjeu stratégique consistant à amener chacun un pas plus loin dans son implication vis-à-vis du candidat ou du parti : transformer les militants en leaders, les sympathisants en militants, les bienveillants en sympathisants et les indifférents en bienveillants.

Dans cette perspective, sites web et mailing lists associent plusieurs fonctionnalités : des newsletters, des services d’accès à Internet ou des fonctions de portail pour fidéliser les internautes sympathisants ; vente en ligne de gadgets et téléchargement de fichiers (économiseurs d’écran, logos, …) aux couleurs des candidats pour inciter chacun à afficher ses préférences ; agendas de campagne constamment actualisés afin de promouvoir la campagne off line ; cartes postales électroniques, générateurs automatiques de sites personnels, banques d’adresses e-mail et matériel de campagne en téléchargement pour démultiplier le message officiel ; enfin collecte de fonds en ligne, avec des performances déjà considérables (plus de 20% du total des contributions de campagne collectés on line pour les campagnes les plus engagées sur Internet).

Au-delà de cela, le web politique c’est aussi l’émergence de nouveaux acteurs, autrefois inexistants ou discrets, qui viennent désormais prendre part aux campagnes. Avec comme résultat, une exigence de cohérence, de rigueur et de transparence qui s’impose aux candidats avec infiniment plus de force qu’autrefois.

Ces nouveaux acteurs sont de trois ordres :

  • Des portails politiques, sites Internet d’information politique qui offrent généralement aux internautes la possibilité de comparer les positions et arguments des candidats thème par thème, la possibilité de confronter leurs prises de position d’aujourd’hui avec leurs accomplissements d’hier ou encore la possibilité d’entrer en discussion directe avec eux ou avec d’autres électeurs ;

  • Des médias on line, ou bien encore des médias traditionnels dont la puissance se trouve renouvelée par une interaction on line avec les électeurs. Ce sont par exemple des sites de débat entre les candidats à une élection, permettant un échange approfondi des arguments et réfutations des divers camps, ou bien des chaînes de télévision qui alimentent le débat entre les candidats par des questions directes des internautes.

  • Des cyberactivistes, militants d’une cause, qui trouvent dans Internet un moyen de se faire entendre bien plus fortement que par le passé.

Muni de nouveaux outils, confrontés à de nouveaux acteurs, partis et candidats ont été amenés à développer de nouvelles stratégies de campagne. La première novation à cet égard, liée à la réactivité d’Internet, est la pratique des flash campaigns, campagnes éclair saisissant l’occasion d’un événement pour mobiliser les électeurs, en attaque ou en contre-attaque. La deuxième novation, liée au caractère de réseau du média Internet, c’est l’importance désormais cruciale du « marketing viral » comme moyen de diffusion des messages de campagne ; avec, comme corollaire, des déploiements d’énergie considérables pour collecter des adresses e-mail qualifiées. Enfin la troisième grande novation, ce sont les organisations de campagne virtuelles, c’est-à-dire la capacité des équipes de campagne à susciter des initiatives bénévoles et à mettre à leur disposition du matériel téléchargeable pour démultiplier localement l’effort de campagne.

Les équipes de campagne ont dû aussi apprendre, souvent à leurs dépens, à gérer des risques liés au web, jusque là inconnus : l’usurpation d’adresse ou cybersquatting, le piratage de sites et de messageries, le harcèlement virtuel (spamming), ou encore la parodie, la contestation et la diffamation, qui prennent facilement plus d’ampleur sur Internet que dans le monde réel.

A tel point que la conception et la gestion des campagnes sur le web sont devenues des spécialités à part entière, avec des stratèges ad hoc dans les équipes des candidats et une myriade de services professionnels qui se sont développés au cours des derniers mois.

Quelles sont les conséquences de tout cela sur la vie politique ? S’agissant des élections stricto sensu, on a encore peu de recul pour juger d’un éventuel effet Internet : ce qui semble ressortir de l’expérience des récentes campagnes américaines, c’est qu’Internet a fait la différence dans les scrutins très serrés, avec des challengers qui ont été en mesure de l’emporter, contre toute attente, sur les sortants grâce à leur stratégie de communication sur le web.

Mais l’impact majeur est certainement à rechercher en dehors des élections, dans l’effet report que tout cet effort d’interactivité, de transparence, de réactivité et de personnalisation aura, après les campagnes, sur le fonctionnement des partis politiques et sur les relations des citoyens avec les élus. On en voit déjà les prémisses dans un certain nombre de pays et c’est ici que réside le véritable enjeu de l’Internet politique.

Enfin dernière remarque, la régulation traditionnelle de la communication politique et des campagnes électorales, conçue dans un tout autre contexte, s’applique assez mal au web. Et l’on voit actuellement les différents Etats hésiter entre deux pratiques : essayer, envers et contre tout, d’appliquer les anciennes régulations au nouveau médium, quitte à en étouffer l’émergence ; ou bien laisser se développer des pratiques que l’on espère favorables à un renouveau de la démocratie, mais dans une zone de non-droit entre les anciennes régulations, que l’on n’applique pas car elles ne conviennent pas, et des nouvelles régulations qui restent à inventer. Trois domaines sont principalement en cause : l’évaluation et le plafonnement des dépenses de campagne ; la convergence des médias ; et la protection des données personnelles.

  1   2   3   4   5   6   7   8   9   ...   14

similaire:

Résumé La montée en puissance d’Internet comme outil de communication politique s’est nettement affirmée au cours de l’année 2000 à la faveur des élections présidentielles américaines, législatives canadiennes et municipales britanniques iconRésumé L’objectif de cette communication est de mettre en exergue...

Résumé La montée en puissance d’Internet comme outil de communication politique s’est nettement affirmée au cours de l’année 2000 à la faveur des élections présidentielles américaines, législatives canadiennes et municipales britanniques iconRésumé : L'idée s'est affirmée en occident depuis deux siècles que...

Résumé La montée en puissance d’Internet comme outil de communication politique s’est nettement affirmée au cours de l’année 2000 à la faveur des élections présidentielles américaines, législatives canadiennes et municipales britanniques iconCours 4 : la compréhension des œuvres Introduction : concepts généraux et définitions
«prothèses», qui sont des extériorisations de certaines capacités d’expression ou de fabrication. Notre moyen d’expression est aussi...

Résumé La montée en puissance d’Internet comme outil de communication politique s’est nettement affirmée au cours de l’année 2000 à la faveur des élections présidentielles américaines, législatives canadiennes et municipales britanniques iconRésumé P. Breton et S. Proulx s’intéressent d’abord aux techniques...
«sociale», ou communication médiatisée, qui met en jeu la circulation de messages

Résumé La montée en puissance d’Internet comme outil de communication politique s’est nettement affirmée au cours de l’année 2000 à la faveur des élections présidentielles américaines, législatives canadiennes et municipales britanniques iconCours d’histoire des idees politiques avant 1789
«l’Eunomia». C’est un système d’ordre qui a une sorte de pendant constitutionnel politique : c’est La Grande Rhêtra (μεγάλη ήτρα...

Résumé La montée en puissance d’Internet comme outil de communication politique s’est nettement affirmée au cours de l’année 2000 à la faveur des élections présidentielles américaines, législatives canadiennes et municipales britanniques iconRésumé du cours «L’internationalisation et la mondialisation de l’art contemporain»
«Pourquoi a-t-on tant commenté la globalisation d’un point de vue sociologique, politique, économique, et quasiment jamais selon...

Résumé La montée en puissance d’Internet comme outil de communication politique s’est nettement affirmée au cours de l’année 2000 à la faveur des élections présidentielles américaines, législatives canadiennes et municipales britanniques iconIntroduction à la science politique – Jean-Marie Donegani
«cela est politique». Cela explique pourquoi le caractère politique n’est pas immédiatement repérable : la définition de chacun en...

Résumé La montée en puissance d’Internet comme outil de communication politique s’est nettement affirmée au cours de l’année 2000 à la faveur des élections présidentielles américaines, législatives canadiennes et municipales britanniques iconRésumé Cette communication poursuit l’ambition de construire en concept...
«Etre à la hauteur des circonstances est difficile quand elles sont au plus bas. Or, elles ne sont jamais à la hauteur.»

Résumé La montée en puissance d’Internet comme outil de communication politique s’est nettement affirmée au cours de l’année 2000 à la faveur des élections présidentielles américaines, législatives canadiennes et municipales britanniques iconNotes de cours, de sites internet Conventions adoptées
«//») et les changements de page par «/p. Xx/», où XX est le numéro de la nouvelle page (par exemple : «/p. 25/»)

Résumé La montée en puissance d’Internet comme outil de communication politique s’est nettement affirmée au cours de l’année 2000 à la faveur des élections présidentielles américaines, législatives canadiennes et municipales britanniques iconProfesseur de danse, Diplômé d’état
«Noir et Blanc» par l’atelier Hip-Hop de la mjc d’Oloron devant plus de 500 spectateurs (année 2000)







Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
a.21-bal.com