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DIDACTIQUE ET SCIENCES




Mais la didactique entretient des rapports serrés avec d’autres sciences plus ou moins apparentées telles la psychologie, la pédagogie, l’anthropologie, la linguistique théorique et appliquée, la sociologie, l’ethnographie de la communication, l’analyse du discours, la pragmatique, etc.

LINGUISTIQUE ET DIDACTIQUE DES LANGUES

En tant qu’étude scientifique des langues, la linguistique théorique fournit à l’enseignement des langues les principes fondamentaux sur lesquels s’étayent la conception et l’élaboration des méthodes de ce type d’enseignement.

Quant à la linguistique appliquée, traduction de l’anglais applied linguistics, elle s’intéresse aux problèmes de l’enseignement des langues tant maternelles qu’étrangères de même qu’à la pathologie du langage, à la traduction automatique, à l’enseignement des langues. Cette science offre à l’enseignement des langues le produit linguistique brut demandé par la didactique qui le transforme à son tour en produit fini pour les besoins de la consommation, c’est-à-dire ceux de la conversation.

Le processus d’enseignement repose sur un truisme incontournable selon lequel la langue est un moyen de communication, la fonction essentielle de la langue étant celle de permettre aux membres d’une société de communiquer entre eux, d’échanger. Tous les linguistes contemporains sont d’accord pour affirmer que la réalité vivante d’une langue est justement la communication orale et ils s’appliquent à décrire cette forme parlée ou orale du langage. Les psychologues de leur côté ne manquent pas de confirmer le point de vue des linguistes.

Mais plus qu’un instrument ou véhicule, le langage est constitutif de l’être humain au même titre que la nourriture et l’air. À l’appui de cette assertion, une anecdote à valeur d’apologue relatée par Andrei Pleşu6 dans son livre intitulé Limba păsărilor. On dit que le roi de Prusse, Frédéric le Grand, s’étant proposé la restitution de la “langue originaire”, fit élever deux nouveau-nés dans des conditions princières mais loin de tout stimulus verbal. Son espoir était que les deux “sujets”, poussés par un instinct de communication et à défaut de tout modèle communicationnel extérieur, parviendraient à s’exprimer spontanément dans la langue d’avant la Tour de Babel. Néanmoins, tous les soins prodigués aux deux enfants ne purent empêcher leur mort. C’est au prix de ce sacrifice que le roi Frédéric apprit non pas le secret de la langue originaire, langue des oiseaux, mais une vérité que les philosophes contemporains sont en train de proclamer, celle concernant le caractère vital du parler qui constitue la source de la vie et de l’intelligence.

Conscients du rôle essentiel du parler à l’époque de la communication, les didacticiens des langues ont compris que “commencer par l’oral, c’est suivre l’ordre naturel, historique et génétique.”7 Il va de soi que la démarche qui s’appuie sur la séparation de l’oral et de l’écrit est vouée à faciliter l’apprentissage d’une langue.


PRIMAUTÉ DE L’EXPRESSION ORALE


L’approche concrète d’une langue commence par une étape audio-orale au cours de laquelle on enseigne aux apprenants à écouter et à parler. Il s’agit de la période d’acquisition du système phonologique de la langue cible dont la durée varie en fonction des rapports de la langue seconde avec la langue source (la langue maternelle) des apprenants, de leur âge et des conditions d’enseignement de même que des motivations du public scolaire.
L’EXPRESSION ÉCRITE
Le passage à l’écrit ne se fera qu’après que les élèves auront acquis des habitudes d’audition et de phonation correctes. La pratique a démontré que c’est une erreur d’aborder prématurément ou simultanément la langue écrite (surtout pour une langue comme le français) cela pouvant provoquer des perturbations de perception et d’articulation et rendre l’encodage et le décodage plus difficiles. Par ailleurs, on a constaté que l’approche de la langue qui commence par l’écrit compromet l’apprentissage du français oral. Même l’étude simultanée des deux codes, oral et écrit, risque d’entraîner des échecs scolaires. Sans doute le passage à l’écrit ne se fait-il pas sans efforts mais tout enseignant s’aperçoit que les inconvénients sont moins graves que les avantages dans le cas de cette démarche déjà classique.

LANGUE ÉCRITE – LANGUE ORALE

Ce qui rend difficile l’apprentissage du français écrit, c’est la présence d’une large quantité de marques redondantes. Ainsi le pluriel de l’énoncé:

Mon frère joue du piano” comporte trois marques écrites Mes frères jouent du piano” contre une seule marque orale: [ma] devient [me].
APPROCHE COMMUNICATIVE

LE DIALOGUE – MOYEN D’ACQUISITION DES MÉCANISMES LINGUISTIQUES
En tant qu’acte de communication linguistique par excellence et dans un monde où la globalisation rend la communication vitale, le dialogue non seulement ne peut manquer mais il doit occuper une place importante sinon la plus importante dans la classe de langue vivante. Heureusement, les livres scolaires ont changé faisant place, à côté des textes descriptifs et narratifs, à des textes dialogués. Par ailleurs, les exercices conviant à la conversation par équipes y sont eux aussi présents. De toute façon, le dialogue étant étroitement associé à une situation, force nous est d’en créer une afin de rendre authentique notre démarche. Grâce au dialogue, les différents éléments linguistiques deviennent plus accessibles aux apprenants, peuvent être reproduits par l’imitation et mémorisés par la répétition surtout au niveau des débutants.


LES MOYENS TECHNIQUES AUDIO – VISUELS
Si les moyens techniques auditifs (disques, cassettes audio et CD) permettent à l’enseignant d’offrir aux élèves des modèles authentiques de langue orale, les moyens techniques visuels (diapositive, film, cassette vidéo, tableau de feutre, etc.) sont un auxiliaire indispensable pour la création des situations nécessaires à l’entraînement à l’expression orale.

ÉTUDE COMPARATIVE DES LANGUES
Au cours de leurs recherches, les spécialistes ont remarqué que l’étude comparative des langues sur lesquelles s’exercent enseignants et apprenants permet une approche plus vivante et plus rigoureuse. De leur réflexion est née une nouvelle branche de la linguistique appliquée, à savoir l’analyse contrastive ou différentielle qui désigne la langue maternelle de l’élève par le terme de langue base tandis que la langue étrangère étudiée est désignée par le syntagme langue cible. Cette analyse se propose de repérer les différences ou contrastes qui existent entre les deux langues et s’occupent des interférences (les erreurs qui s’expliquent par la transposition des structures de la langue base dans la production de messages en langue cible).

DIDACTIQUE DES LANGUES ET PSYCHOLOGIE
Les renseignements fournis par la psychologie sont indispensables au déroulement d’un enseignement vivant, cohérent, moderne, en concordance avec l’âge des élèves, avec leurs motivations, en fonction des données de la langue maternelle, inconcevable sans le recours aux moyens audio-visuels

Eu égard aux conditions de l’enseignement roumain et au fait que l’étude d’une langue seconde peut commencer dès l’école maternelle (à 6 ans), en première classe (à 7 ans), en deuxième (à 8 ans) ou en sixième (à 11 ans), il s’ensuit que notre comportement didactique, nos méthodes et nos procédés doivent être très variés c’est-à-dire adéquats au niveau d’âge des apprenants.

Quel est le secret du succès dans l’enseignement d’une langue étrangère? Pour les débutants, il s’agit de les jeter à l’eau, c’est-à-dire de les faire parler dès la première leçon car les premiers exploits linguistiques dans une langue inconnue éliminent l’inhibition et leur créent une forte motivation dans la poursuite de leur aventure linguistique. Le plaisir éprouvé à s’exprimer dans une autre langue que la sienne encouragera le débutant à apprendre vite les structures linguistiques de la langue cible. Mais l’improvisation y est exclue, au contraire, il nous faut élaborer une hiérarchie psychologique des difficultés, employer une méthode progressive, éveiller en permanence des motivations et créer des comportements.

La motivation est une notion fondamentale avec laquelle on opère en psychologie et dont la didactique ne peut nullement faire fi. Elle apparaît comme un “ensemble de facteurs dynamiques qui déterminent le comportement d’un individu”. En tant que source d’action, elle mobilise l’organisme de l’individu lorsqu’il a à prendre une décision ou à formuler une option visant son comportement. La motivation apparaît comme une condition essentielle de l’enseignement et par conséquent le professeur de langues étrangères non seulement ne saurait l’ignorer mais il lui faut en créer une, différente des autres. Les motivations varient en fonction de l’âge, du niveau cognitif, du but de l’apprentissage: voyager, correspondre, lire, écouter de la musique, voir des films, etc.

Ch. Bouton a trouvé deux ordres de motivations:

- la motivation du jeu, de la performance à accomplir qui exige une méthode entraînant l’élève dans des situations d’action permanente. Afin de prévenir la fatigue et au demeurant l’échec dû à un effort excessif, on doit éviter que la tâche proposée soit compliquée ou trop difficile. Dans ce but, l’enseignant procèdera à l’élaboration d’un programme linguistique permettant un progrès à petits pas, commençant par une difficulté minimale suivie par une autre difficulté minimale;

- la motivation due à la satisfaction ressentie au moment de la réussite d’une activité: compréhension des consignes, accomplissement de la tâche demandée, etc.

C’est à l’enseignant que revient la mission de créer, de maintenir et de développer une motivation solide chez les apprenants:

- par l’intérêt intrinsèque éveillé à l’aide des faits de langue proposés, à travers les textes narratifs, descriptifs ou dialogués soumis à leur attention;

- par l’intérêt suscité au cours des activités proposées à l’apprenant: jeux chez les jeunes élèves de l’école primaire, mimiques, dramatisations, chansons chez les petits mais aussi chez les plus âgés, du collège au lycée;

- par la satisfaction ressentie lors des progrès enregistrés dans le maniement de la langue cible à tous les niveaux.

DIDACTIQUE ET PÉDAGOGIE

En tant que science pédagogique, la didactique du français soutient des rapports d’interdépendance avec la pédagogie, notamment avec la didactique générale. C’est par l’entremise de la pédagogie que la didactique accède aux plus récentes acquisitions de la psychologie et de la sociologie de l’éducation sur lesquelles elle repose ses principes redevables au même degré aux données fournies par la linguistique et la psycholinguistique.

Les recherches pédagogiques entreprises par Antoine de la Garanderie et présentées dans son livre intitulé Les profils pédagogiques nous encouragent à ménager des “temps pédagogiques forts” dans nos classes de langues.

Ainsi, faudrait-il inviter six élèves volontaires, dix minutes avant la fin de la classe, pour faire part à leurs camarades des méthodes personnelles de travail. Réservons également dix minutes en début de classe pour permettre à des volontaires de partager leur expérience d’apprenants avec leurs collègues! Ils témoigneront de la manière dont ils ont procédé pour apprendre une notion de grammaire, pour faire un devoir, des difficultés qu’ils ont rencontrées et des moyens qu’ils ont employés pour les surmonter. A. de la Garanderie nous conseille également d’interrompre la classe pour “une pause pédagogique” pendant laquelle on interroge la classe sur le degré de compréhension des notions enseignées, sur le procédé qui a favorisé la compréhension, si le même procédé avait permis à d’autres élèves d’appréhender la leçon. On pourrait également réserver une demi-heure par mois sinon par semestre à un bilan pédagogique, une sorte de synthèse de la manière dont le programme a été parcouru, des difficultés rencontrées au cours du processus d’apprentissage.

Les chercheurs se sont interrogés au sujet des méthodes de travail les plus efficaces mais celles-ci varient moins qu’on ne le croirait. Les observations ont conduit à la conclusion qu’il y a “un certain nombre de familles d’esprit qui pratiquent les mêmes méthodes” et que “ces méthodes personnelles de travail ne changent pas fondamentalement au cours de l’existence de l’individu”.8

Les méthodes personnelles de travail sont en fait des habitudes mentales. La Garanderie nous donne l’exemple de deux élèves: Jacques qui est bon en orthographe mais mauvais en rédactions et Jean qui n’a pas une bonne orthographe mais qui a de la plume. Le pédagogue français explique qu’en lisant, Jacques se donne l’image visuelle des mots qu’il lit, ce qui lui donne l’aisance de l’écriture au moment où il doit s’exprimer par écrit. Au contraire, Jean retrouve dans son discours intérieur les images verbales des mots, des phrases qu’il lit. Cette habitude facilite son expression orale ou la rédaction de récits, de compte-rendu. Il s’ensuit que Jacques a une mémoire visuelle tandis que Jean est possesseur d’une mémoire auditive. Les habitudes évocatives se sont constitutées au temps où s’installait dans la vie mentale de l’individu humain le processus de réflexion. Mais une habitude mentale peut toujours être acquise tandis que l’instinct est inné. Rien et personne n’interdit à un élève qui a des habitudes mentales visuelles d’acquérir aussi des habitudes auditives et réciproquement.

Dans un autre livre, intitulé Pédagogie des moyens d’apprendre, le même auteur insiste sur la nécessité de considérer comme fondamentaux:

  • Le geste d’attention par lequel le message pédagogique est accueilli par l’élève;

  • Le geste de réflexion par lequel le message est assimilé et devient opérationnel;

  • Le geste de la mémoire par lequel ce message est rendu disponible pour l’avenir.9

Le but de toute école serait d’apprendre à apprendre car il est vain de dire “Soyez attentifs, réfléchissez!” si l’on ne donne pas aux apprenants une consigne préliminaire telle: “Vous allez écouter ou regarder mon explication avec l’intention de redire ou revoir dans votre esprit ce que je vais formuler oralement ou par écrit. Je vais vous laisser ensuite le temps nécessaire pour effectuer cette opération après quoi vous serez en état de donner vous-mêmes des explications à d’autres élèves”.

Propositions pour une structuration pédagogique de l’enseignement pendant la classe

Descendons dans l’arène de la salle de classe. Comment l’enseignant doit-il opérer concrètement?

  1. D’abord, il devra rappeler à ses élèves le projet qu’ils doivent se donner afin d’être attentifs.

  2. Ensuite, il devra organiser son cours en fournissant par des moyens visuels et auditifs les notions et les connaissances à communiquer de façon à réserver du temps pour leur gestion mentale par les apprenants.

  3. Il ne doit pas négliger un troisième moment de la classe au cour duquel le professeur s’assure si les élèves ont bien compris la notion communiquée en la fixant à l’aide des questions et des exercices.

Force nous est de reconnaître que notre tâche n’est pas accomplie si l’on se cantonne dans une simple opération d’évocation puisqu’il faut partir d’une donnée concrète ou abstraite pour aboutir ou bien pour faire retour à une règle, à une loi lorsque, enfin, nous nous livrons à la réflexion, fût-elle inductive ou déductive. La démarche inductive est préférable car elle respecte l’ordre d’acquisition de notre expérience, celui qui préside à la découverte. Mais la pédagogie permet le parcours inverse, de la loi au fait, du principe à la conséquence, de la règle à son application si l’on a affaire à un public scolaire bien informé, capable de se servir de ses connaissances pour rejoindre l’expérience.

Quant aux sujets de dissertation les plus ardus, ils se plient à un algorithme facile à suivre:

  • perception des données,

  • évocation de celles-ci,

  • retour aux règles, aux lois enregistrées,

  • application de celles qui conviennent aux données.

Quelque paradoxal que cela puisse paraître, le geste mental par lequel il faut mémoriser consiste en un projet de tenir à la disposition de son avenir ce qu’on est en train de désirer acquérir. La perspective d’un examen, l’avenir d’un concours opèrent comme un facteur sécurisant, comme si ce placement dans l’avenir fonctionnait à titre de garantie de conservation et de possibilité d’utilisation.


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