Séquence élaborée par Mme Cécile flory, professeur agrégé, pour ses élèves de 1ère es du lycée Victor Hugo à Marseille







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Emile Zola, Au Bonheur des dames
Séquence élaborée par Mme Cécile FLORY, professeur agrégé, pour ses élèves de 1ère ES du lycée Victor Hugo à Marseille.

Objet d’étude : le roman et ses personnages
Objectifs de la séquence :


  • Travailler de manière transdisciplinaire entre les lettres et les S.E.S., et comprendre ainsi que le roman et la littérature en général ne sont pas étrangers au monde. En l’occurrence, Zola s’inscrit dans une époque qu’il tâche de peindre en s’intéressant aux mutations à l’œuvre dans le commerce et dans la ville de Paris.

  • Analyser la construction d’un roman et l’élaboration des personnages dans le cadre d’un roman d’initiation.

  • Maîtriser les éléments d’analyse propres au roman : narrateur, personnage, narration, description, focalisation, discours rapportés…

  • Mettre en rapport les productions littéraires et artistiques de cette époque dans leur recherche de modernité.


Mise en œuvre : le travail se fait dans une classe de 1 ES, en partenariat avec le professeur de SES, qui fera le lien entre son cours sur le marché et la naissance du commerce moderne tel qu’il est présenté dans le roman.
Progression :
Séance 1 : introduction sur la mode
Séance 2 : rappels sur l’œuvre de Zola et le naturalisme
Séance 3 : lecture analytique de l’incipit
Séance 4 : étude d’ensemble des lieux dans le roman
Séance 5 : comparaison de la première apparition de Mouret et de la fin du roman
Séance 6 : lecture analytique de la première apparition d’Octave Mouret
Séance 7 : lecture analytique de la grande vente
Séance 8 : comparaison entre la grande exposition des nouveautés d’été du chapitre IX et la grande exposition du blanc du chapitre XIV
Séance 9 : étude d’ensemble de l’approche par Zola du nouveau commerce
Séance 10 : lecture analytique de l’enterrement de Geneviève
Séance 11 : synthèse sur le roman

Exercices proposés : commentaire, écriture d’invention, entraînement à l’oral.
On part du principe que les élèves ont lu le roman chez eux, avant que le cours commence. La lecture peut être contrôlée par une évaluation initiale.

A la fin de cette séquence, on peut proposer aux élèves un groupement de textes portant sur la crise du personnage afin d’introduire des œuvres du XXe siècle.
Tous les textes étudiés et les documents proposés sont disponibles dans les dernières pages de ce document.

Séance 1. Introduction

Support : le corpus de documents sur la mode.

Durée : 1h.

Objectif : Introduire le roman en s’interrogeant sur la pertinence de son sujet, la mode, afin percevoir dans quelle mesure elle est un élément important de la société, qui reflète ses évolutions.
Activité 1 : demander aux élèves de noter sur leur feuille trois adjectifs pour qualifier la mode. On peut s’attendre à trois types de réponse : des termes évoquant la beauté, l’élégance, d’autres évoquant la fugacité et la superficialité, d’autres encore la question de l’argent.
Activité 2 : proposer ensuite de lire le texte de Baudelaire. Un rappel est peut-être nécessaire pour présenter son travail de critique. Leur poser ensuite la question suivante :

Baudelaire a-t-il la même approche de la mode que la vôtre ? Que représente-t-elle pour lui ?
Le texte propose deux idées très importantes chez Baudelaire, la première est que la mode est significative d’une époque, et en cela, elle est éphémère. L’autre idée est que la mode participe au Beau, dans la mesure où celui-ci est construit sur une dualité : « un élément éternel » et « un élément relatif, circonstanciel ».
Activité 3 : on demande ensuite aux élèves d’observer le tableau de Monet, et si quelque chose les frappe dans le traitement du sujet. Puis on les mènera vers une analyse plus détaillée.
Le tableau est assez étonnant car le modèle, en tenue de promenade est de ¾ dos, et donc le spectateur ne peut quasiment pas la voir. On a l’impression qu’elle va nous quitter, ce qui est assez inhabituel. Par ailleurs, pas de décor, pas de narration, ce n’est pas vraiment un portrait… On est très loin des tableaux académiques de l’époque, qui représentent la femme en naïade ou en Vénus idéalisées, comme le font Cabanel ou Gérôme, par exemple. Si bien que l’on comprend que le sujet du tableau est véritablement la robe portée par le modèle, Camille Doncieux : la traîne, exagérée, structure le mouvement de plongée vers le mur et Monet s’est attaché à traduire l’effet des rayures chatoyantes, moirées, dont le vert Véronèse domine le tableau. De sorte que l’artiste met ici la mode à l’honneur, et pas n’importe laquelle, celle du dernier cri pour l’époque : sans crinoline, un paletot bordé de fourrure, une silhouette fluide… Le tableau est aussi scandaleux dans une autre mesure : la jeune femme représentée n’est ni bourgeoise, ni ouvrière, ni femme du monde, et à la voir ainsi, on la devine immédiatement comme la maîtresse du peintre.
Comme Baudelaire, on peut ici constater que Monet tient à ce que l’art peigne les mœurs contemporaines. La révolution impressionniste s’est servie d’ailleurs de la mode à de nombreuses reprises pour appuyer sa vision.
Activité 4 : SYNTHESE. On peut demander aux élèves de faire par écrit une courte synthèse pour faire le lien entre les deux documents et les romans de Zola (Au Bonheur des dames bien évidemment, mais aussi tous les romans qu’ils connaissent ou qu’ils ont étudiés). Correction et prolongements :
Zola est lui aussi fasciné par l’évolution de son époque et les changements incessants qui se manifestent dans la société. C’est ainsi qu’il a entrepris de décrire dans les Rougon-Macquart l’urbanisme de Paris, l’apparition du chemin de fer, des grands magasins, du syndicalisme moderne… « Je n’ai pas à plaider ici la cause des sujets modernes. Cette cause est gagnée depuis longtemps. » Et à l’occasion, il n’hésite pas à « encourager nos peintres à nous reproduire sur leurs toiles, tels que nous sommes, avec nos costumes et nos mœurs. » La littérature qui se veut moderne, de même que la peinture impressionniste, doit s’intéresser à ce qui fait la particularité de son temps, et on sent bien dans Au Bonheur des dames l’attention que porte Zola à la description des toilettes des femmes. Il faut aussi préciser que la femme semble être le symbole et l’idole de la Belle Epoque. Elle est chantée partout, qu’il s’agisse des femmes du monde et de leur élégance, ou des « grandes Cocottes »… Mais l’écrivain n’oublie pas non plus celles qui travaillent pour des salaires bien inférieurs à ceux des hommes. Leur niveau social se traduit par leurs habits, ainsi Mme Desforges, qui est très riche, ne s’habille que chez des couturières renommées, tandis que Denise ne possède qu’une robe de laine noire qu’elle doit repriser en permanence. Par ailleurs, leur rapport à la mode traduit aussi la personnalité des personnages : même lorsqu’elle gagne plus d’argent, Denise ne s’habille pas richement, et Mme Marty est habillée de façon extravagante, ce qui reflète son esprit détraqué par la passion des chiffons.

Il est intéressant de lire le commentaire de Zola à propos du tableau de Monet Camille ou la femme à la robe verte qu’il a aperçu lors du Salon de 1866 : « J’avoue que la toile qui m’a le plus longtemps arrêté est la « Camille » de Monsieur Monet (…) son tableau me conte toute une histoire d’énergie et de vérité. (…) Voyez la robe, elle est souple et solide, elle traîne mollement, elle vit, elle dit tout haut qui est cette femme. Ce n’est pas une robe de poupée… » Ce commentaire date de vingt ans avant l’écriture du Bonheur des dames, mais Zola s’intéresse déjà aux rapports entre la femme et son costume.

Documents complémentaires sur la mode 
Document A : Charles Baudelaire, Le Peintre de la vie moderne, 1863 (extrait)

Si un homme impartial feuilletait une à une toutes les modes françaises depuis l’origine de la France jusqu’au jour présent, il n’y trouverait rien de choquant ni même de surprenant. Les transitions y seraient aussi abondamment ménagées que dans l’échelle du monde animal. Point de lacune, donc point de surprise. Et s’il ajoutait à la vignette qui représente chaque époque la pensée philosophique dont celle-ci était le plus occupée ou agitée, pensée dont la vignette suggère inévitablement le souvenir, il verrait quelle profonde harmonie régit tous les membres de l’histoire, et que, même dans les siècles qui nous paraissent les plus monstrueux et les plus fous, l’immortel appétit du beau a toujours trouvé sa satisfaction.

   C’est ici une belle occasion, en vérité, pour établir une théorie rationnelle et historique du beau, en opposition avec la théorie du beau unique et absolu; pour montrer que le beau est toujours, inévitablement, d’une composition double, bien que l’impression qu’il produit soit une ; car la difficulté de discerner les éléments variables du beau dans l’unité de l’impression n’infirme en rien la nécessité de la variété dans sa composition. Le beau est fait d’un élément éternel, invariable, dont la quantité est excessivement difficile à déterminer, et d’un élément relatif, circonstanciel, qui sera, si l’on veut, tour à tour ou tout ensemble, l’époque, la mode, la morale, la passion. Sans ce second élément, qui est comme l’enveloppe amusante, titillante, apéritive, du divin gâteau, le premier élément serait indigestible, inappréciable, non adapté et non approprié à la nature humaine. Je défie qu’on découvre un échantillon quelconque de beauté qui ne contienne pas ces deux éléments.
Document B : Claude Monet, Camille ou la femme à la robe verte, 1866, huile sur toile, é »& x 151 cm (Hambourg, Hambourger Kunsthalle)


Séance 2. Rappels sur l’œuvre de Zola et le naturalisme

Support : le roman et le texte du Roman expérimental

Durée : 1h

Objectif : intégrer Au Bonheur des dames dans l’ensemble plus vaste des Rougon-Macquart, comprendre le mouvement du naturalisme, et son envergure scientifique.
Travail préparatoire : recherches sur Zola et son œuvre (pour éviter le copié-collé sur Wikipedia…)

  1. Quelles sont ses dates et lieu de naissance et de mort ?

  2. Quel peintre est son ami d’enfance ?

  3. Quelles furent les premières activités professionnelles de Zola. De quoi était-il chargé ?

  4. Pourquoi peut-on dire qu’il fut un écrivain engagé ?

  5. Quel est le projet littéraire qu’il a entrepris ? Comment se déploie-t-il ?


Activité 1 : correction des recherches préalables

  1. Zola est né en 1840 à Paris et est mort en 1902.

  2. Cézanne fut son ami d’enfance car ils vécurent tout deux à Aix-en-Provence. On peut noter que Cézanne voulait être poète, tandis que Zola désirait être peintre. Zola met en scène son (ancien) ami dans son roman L’Oeuvre.

  3. Zola fut d’abord directeur du service de la publicité de la librairie Hachette, puis journaliste, rédigeant des « campagnes de presse », des critiques littéraires, dramatiques, artistiques, ainsi que des chroniques d’actualité.

  4. On peut dire que Zola fut un écrivain engagé car, grâce à son métier de journaliste, il participa de façon active à la lute contre le Second empire finissant, et car il dénonça aux côtés des républicains les sources illégales du pouvoir. Par ailleurs, on le voit décrire les conditions de vie terribles des ouvriers et leur exploitation à travers ses romans sur le peuple, comme Germinal. Surtout, à la fin de sa vie, son engagement en faveur du Colonel Dreyfus, injustement accusé de trahison, l’amènera à écrire une lettre célèbre, « J’accuse », qui l’obligera à fuir un certain temps la France et lui attira des ennemis acharnés.

  5. S’inspirant de La Comédie Humaine de Balzac, Zola a entrepris de décrire l’évolution d’une même famille dans son cycle des Rougon-Macquart, dont le sous-titre est « Histoire naturelle et sociale d’une famille sous le Second empire ». A l’origine de cette famille est Adélaïde Fouque, surnommée, « Tante Dide », une femme à la santé mentale fragile, qui eut un enfant de son premier mari, Rougon, et après la mort de ce dernier, deux autres avec un contrebandier alcoolique, Macquart. Zola entreprend alors d’observer l’évolution des deux branches de la famille en fonction de leur hérédité. Il écrit alors vingt romans qui parcourent cinq générations de cette famille.


Activité 2 : lecture analytique de l’extrait du Roman expérimental de Zola

Lecture du passage. Demander aux élèves à quelles disciplines le texte fait référence. L’objectif est de faire percevoir aux élèves la dimension scientifique du travail de Zola. Il mêle deux domaines différents, le champ lexical du roman, attendu, et celui de la science, plus surprenant dans ce contexte.

1ère étape :

  • relever plusieurs termes scientifiques. Ex : « intra-organique », « physiologiste », « chimique », « physique »…

  • Relever plusieurs termes spécifiquement littéraires : « roman », « romancier », « milieu social », « passion »

  • Y a-t-il des termes qui appartiennent à ces deux domaines ? « milieux », « phénomènes », « rouages », « mécanisme », « influences », « solution », « problème » …

= Zola use des méthodes du romancier et du savant. Il procède par observation et expérimentation.
2ème étape :

Demander aux élèves d’expliquer la phrase suivante : « posséder le mécanisme des phénomènes chez l'homme, montrer les rouages des manifestations intellectuelles et sensuelles telles que la physiologie nous les expliquera, sous les influences de l'hérédité et des circonstances ambiantes, puis montrer l'homme vivant dans le milieu social qu'il a produit lui-même, qu'il modifie tous les jours, et au sein duquel il éprouve à son tour une transformation continue. »

  • Analyser l’importance des verbes à l’infinitif qui définissent le travail de l’auteur : il doit d’abord comprendre comment les hommes fonctionnent dans leur milieu, pour ensuite les montrer dans ses romans.

  • Que montre-t-il chez l’homme ? le mécanisme des phénomènes / manifestations intellectuelles et sensuelles : homme comme sujet d’observation scientifique, étudié physiquement et intellectuellement

  • L’importance du milieu : son étude est aussi importante que l’étude des êtres vivants elle-même. Interaction entre les hommes et leur milieu qui ne cesse d’évoluer. Pour Zola, le corps social est régi par les lois de la lutte pour la vie et de la sélection naturelle.

En étudiant l’homme dans ses romans, Zola veut permettre sa connaissance approfondie dans l’objectif de pouvoir agir sur la société : « Dès lors, nous verrons qu'on peut agir sur le milieu social, en agissant sur les phénomènes dont on se sera rendu maître chez l'homme. »

= importance du romancier dans la vie sociale et politique.
Activité 3 : SYNTHESE. Demander aux élèves de faire, par écrit, le lien entre ce passage de l’essai Le Roman expérimental qui définit en partie le naturalisme et Au Bonheur des dames (ils préparent ainsi les questions d’entretien pour l’épreuve orale des EAF). Selon eux, est-ce que cette doctrine suffit à rendre compte du travail de Zola ?

  • Compréhension des mécanismes du haut commerce et du capitalisme.

  • Montrer les mutations à l’œuvre dans la société : travaux de rénovation urbaine, disparition des boutiques traditionnelles, évolution des commis…

  • Mais en même temps, la puissance du roman dépasse largement les principes du naturalistes : Zola est un véritable poète et construit un monde d’une richesse incroyable. = il a la stature d’un démiurge plus que d’un savant…


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