Les grandes decouvertes et les grands physiciens







télécharger 389.95 Kb.
titreLes grandes decouvertes et les grands physiciens
page4/8
date de publication21.02.2017
taille389.95 Kb.
typeDocumentos
a.21-bal.com > documents > Documentos
1   2   3   4   5   6   7   8

Le cas des boules d’Allègre



Ce cas d’école, si j’ose dire devient très intéressant. Il ajoute au problème un paramètre de plus : la texture des boules. N’importe quel bon joueur de tennis vous fera immédiatement remarquer que les effets imprimer à une balle sont d’autant plus importants que son revêtement est en bon état.

Le grand chroniqueur et ancien capitaine de l’équipe de France de tennis Jean-Paul Loth expliquait cela durant un match de finale de Roland Garros. Intuitivement le feutre recouvrant une balle de tennis devrait freiner celle-ci durant sa chute, néanmoins, en suivant le même raisonnement que précédemment on va pouvoir montrer que si les arguments opposés à Monsieur Allègre sont assez moyenâgeux, la métaphore de la boule de pétanque et de la balle de tennis relève de la mauvaise vulgarisation.
Considérons une boule de pétanque de masse 700 grammes et d’un diamètre de 7.5 centimètres et une balle de tennis ayant à peu près le même diamètre que la boule de pétanque, mais une masse égale à 58 grammes. Laissons tomber ces objets du sommet de la tour de Pise, haute de 51 mètres.

La simple comparaison des vitesses de chute montre déjà un écart important.
On constate que vitesse de la boule de pétanque (en bleu) est supérieure à celle de la balle de tennis et ce dès la première seconde de chute.
La comparaison des positions des deux objets met également en évidence un écart important.
Mais le coup de grâce est donné à cette métaphore par l’argument de la position de la balle de tennis une fois que la boule de pétanque a touché le sol. Lorsque la boule de pétanque touche le sol, la balle de tennis se trouve encore à un peu plus de 10 mètres du sol.

De plus, ce calcul doit être en dessous de la réalité, car, on a supposé que le coefficient de pénétration dans l’air d’une boule de pétanque lisse et d’une balle de tennis habituellement rugueuse étaient les mêmes.

Ce qui est certainement faux.

En fait, il semble assez raisonnable de considérer que la balle de tennis aurait au moins dix mètres de retard sur la boule de pétanque mais certainement plus.

Conclusion



Galilée ne s’est pas trompé. Il a simplement voulu montrer que si la masse influe sur la chute des graves son influence n’est pas aussi importante que l’affirmait Aristote. De plus, dans ce problème certaine variables ont un effet très important : la masse, comme on vient de le voir mais aussi et surtout, comme on s’en doutait, le rayon et par là même le volume, c’est-à-dire la forme de l’objet qui tombe. En effet, si le rapport des rayons est dans un rapport de deux, l’écart temporal et surtout spatial entre les deux boules est imperceptible. Si ce rapport devient élevé, c’est-à-dire, si l’une des deux boules est très grande par rapport à l’autre, alors l’influence des frottements produit une différence sensible en espace et en temps.

Si on prend des boules dont le rapport des rayons est de 2 et celui des masses est de 8, le retard spatial de la plus légère sur la plus lourde est inférieur à 1 mètre. Retard difficile à apprécier …
La nécessité de subvenir aux besoins des siens, après la mort de son père en 1591, ajouta aux difficultés du jeune maître contesté et mal payé. C’est avec joie qu’il obtint du Sénat de Venise, en 1592, sa nomination de professeur de mathématiques à l’université de Padoue.
C’est à cette époque que Benedetto Castelli lui attribue l’invention du compas et du thermoscope :
Photo du thermoscope et du compas
Imaginé pour la première fois par Galilée en 1593, le thermomètre est un objet très simple qui se base uniquement sur une propriété de la matière, sa modification de volume en fonction de la température, que l'on appelle dilatation. Le thermomètre a spirale de verre représenté sur la photo précédente est proche des systèmes qui furent mis au point par Galilée et ses étudiants au début du XVIIème siècle.

Ce thermomètre contient de l'alcool et le long tube de verre est gradué afin de pouvoir comparer des températures. En fonction de la température, l'alcool se contracte (et donc le niveau baisse) où se dilate (le niveau augmente). Il fut notamment utilisé lors d'expériences de l'Académie du Ciment, fondée en 1650 par Viviani un des disciples de Galilée.

Les thermomètres à alcool actuels (niveau de couleur bleu ou rouge) fonctionnent exactement selon ce même principe. La seul différence est que l'on sait actuellement fabriquer des tubes très fins ce qui n'était pas le cas du temps de l'Académie du Ciment, ce qui permet d'éviter de s'encombrer de gros réservoirs et de long tubes comme c'était le cas sur le thermomètre représenté sur la photographie.

Il faudra attendre plusieurs années avant que ne soient développées les échelles de températures connues actuellement et mises au point par Celsius vers 1730 (échelle centigrade), Thomson au XIXème siècle (échelle absolue) ou Farenheit.
Appareil à apporter

Fonte de la glace
C’est peu après que Galilée va commencer à s’intéresser à l’astronomie.

Il n’a pas inventé la lunette (à ne pas confondre avec le télescope qui sera inventé plus tard par Isaac Newton), mais il a considérablement amélioré cet instrument par voie empirique, et croyant, malgré l’absence de théorie de l’appareil, à la réalité de ce que l’on voit à travers, il n’a pas hésité à le tourner vers les cieux.

Ce qu’il a vu demeure encore aujourd’hui un modèle d’observation critique et méritait de bouleverser les conceptions de son temps.

Il a fait confiance aux suggestions de l’observation pour conjuguer l’analyse et les contrôles expérimentaux rudimentaires.
Informé, en juin 1609, par le Français Jacques Baudouère, des propriétés d’un instrument d’optique récemment apparu aux Pays-Bas, Galilée s’appliqua aussitôt à le construire à partir des données sommaires qui lui étaient communiquées : association de deux lentilles, l’une convergente, l’autre divergente.
Venise  Murano …

Photo des lunettes de Galilée
Il ne tarda pas à obtenir un résultat supérieur à celui des artisans hollandais, avec un grossissement linéaire de 30.

Dès le 21 août, il fit de sa longue-vue une présentation spectaculaire à quelques patriciens de Venise, bien qu’il ignorât le fonctionnement exact de l’instrument et les aberrations diverses qui l’affectent avec l’augmentation du grossissement.

À l’automne, tandis que Kepler venait de publier les deux premières de ses célèbres lois cinématiques du mouvement des planètes, (Ainsi, d'après la première loi de Kepler, les planètes gravitent autour du Soleil en suivant des trajectoires elliptiques, ce dernier occupant l'un des deux foyers de l'ellipse.
D'après la seconde loi de Kepler, les aires décrites par le rayon vecteur joignant la planète au Soleil sont égales pour des intervalles de temps égaux. Expérience numérique LOIS DE KEPLER) il entreprit d’utiliser l’appareil pour explorer le ciel.

C’est avec une rapidité surprenante qu’il réunit en quelques mois la matière d’un petit ouvrage appelé à un immense retentissement.
Publié le 12 mars 1610, le Sidereus Nuncius (Le Messager céleste) apporte, en une centaine de pages, de quoi révolutionner l’astronomie commune.

Pour situer cette affirmation et dégager de la structure du livre la leçon qu’elle comporte par rapport à l’auteur, quelques détails s’imposent.

Après la présentation de la lunette, promue au rang d’instrument astronomique, de longs développements sont accordés au résultat de l’observation de la Lune, et le lecteur moderne peut s’étonner non seulement de cette longueur, mais aussi de la prudence qui préside aux conclusions proposées. Celles-ci concernent essentiellement, par l’interprétation des variations des ombres, l’existence d’un relief important à la surface de la Lune (relief qui apparente l’astre à la Terre) et, par les variations de luminosité de la face obscure de la Lune (
La Lune cache une partie importante de sa surface aux observateurs terrestres. Ceci est du au fait que le mouvement de rotation qui l'anime s'effectue dans le même sens, et le même temps que son mouvement de révolution autour de la Terre (cette synchronisation des périodes de rotation et de révolution n'est pas le fruit du hasard, mais résulte en fait de l'action des forces de marées depuis la naissance du système Terre-Lune). Ces deux mouvements se combinent avec un léger balancement périodique des pôles lunaires (phénomène dit de « libration »), de sortes qu'un peu plus de 40% de la surface totale de la Lune est invisible depuis la Terre.

Il a fallu attendre les années soixante pour que la partie manquante soit enfin connue, grâce notamment aux sondes soviétiques Luna et américaines Lunar Orbiter. Les clichés transmis ont révélé des paysages très tourmentés, où les mers sont pratiquement inexistantes. Seule la mer de Moscou est de taille respectable, avec un diamètre de 420 kilomètres. Les cratères sont extrêmement abondants et de toutes dimensions : de quelques mètres à plusieurs centaines de kilomètres. Les plus imposants d'entre eux sont HERTZSPRUNG (590 km de diamètre), APOLLO (540 km), KOROLEV (440 km) et MENDELEEV (310 km).

Neuf personnalités encore en vie en 1997 ont donné leur nom à des cratères situés sur cette face cachée. Il s'agit d'astronautes américains (Anders, Borman et Lovell) et de cosmonautes soviétiques (Feoktiskov, Leonov, Nikolaev, Shatalov, Tereshkova et Titov).
l’existence d’une réflexion par la Terre de la lumière solaire.

Si Galilée se borne à assurer ainsi, avec beaucoup de soin et de précautions, les ressemblances entre la Terre et la Lune et les relations réciproques des échanges lumineux qui les rapprochent l’une de l’autre dans une même situation d’ensemble, lointaine, par rapport au Soleil, c’est que la pièce maîtresse des conceptions reçues, à savoir l’association paradoxale pour la Terre du privilège d’être le centre du Monde et de la propriété d’être le royaume de la corruption et de la mort, constituait, sur la voie d’une solution raisonnable, un obstacle majeur.

L’affirmation de l’homogénéité des astres, y compris la Terre, avait eu sa part dans la condamnation au bûcher de Giordano Bruno, en 1600.

De la Lune, le Sidereus Nuncius passe à ce que la lunette a révélé le plus immédiatement, à savoir que la Voie lactée et les nébuleuses sont des amas d’étoiles et que, d’une manière générale, le peuplement des cieux décourage le dénombrement que l’héritage antique avait cru fixer. Quant aux observations comparées des grandeurs apparentes, elles imposent pour les espaces célestes une profondeur vertigineuse.

Mais il y a mieux encore.

L’ouvrage se termine sur le rapport d’une découverte sensationnelle. Le 7 janvier 1610, une heure après minuit, Galilée a vu près de Jupiter trois étoiles nouvelles, et, après deux mois d’observations précises, il peut livrer une démonstration incontestable : dans son mouvement à travers les cieux, la grande planète entraîne avec elle quatre satellites qui ne cessent de tourner autour d’elle. Dès lors, la difficulté que la Lune présentait à ceux qui, en suivant Copernic, avaient transféré au Soleil le privilège exclusif d’être centre de mouvement, est résolue. Que la Lune tourne autour de la Terre n’empêche pas qu’elle soit entraînée par elle dans sa translation annuelle et l’exemple de Jupiter révèle que, sans préjudice pour le rôle du Soleil dans le système planétaire, chaque planète peut être elle-même centre de mouvement relatif.

Tel est le Message auquel Pascal, cinquante ans plus tard, apportera dans ses Pensées la puissance de sa plume incomparable, en joignant seulement à l’émerveillement l’effroi du « silence éternel des espaces infinis », c’est-à-dire en ajoutant la note que le recul du temps a permise à une sensibilité mystique et philosophique particulière. Galilée, quels que soient ses sentiments intimes au cours de cet hiver mémorable, ne prend pas le loisir de méditer ; il se hâte de publier, sans polir ni arranger, ce qui devient ainsi un document positif impérissable.

Et cette hâte même, comme sa rapidité à mettre en œuvre l’instrument nouveau, révèle combien Galilée était l’homme d’un moment décisif.
Que Galilée ait parfaitement compris l’importance considérable de sa découverte des satellites de Jupiter, rien ne le montre davantage que le nom d’« astres médicéens » qu’il leur impose juste à temps pour figurer sur le frontispice du Sidereus Nuncius.

L’auteur et sa découverte avaient certainement besoin de protecteurs, mais, en choisissant de flatter le nouveau grand-duc de Toscane, Cosme II de Médicis, Galilée caressait de vastes desseins.

Il avait la nostalgie de sa province natale et, comme il le dit lui-même dans la lettre qu’il adressa au prince de Florence, ses cartons étaient pleins de « merveilleux plans et projets ».

Des projets techniques, des projets de publication sur le système du monde et sur une « science entièrement nouvelle » du mouvement.

Malgré les efforts faits à Venise pour le retenir, malgré les avis de quelques amis soucieux de sa liberté intellectuelle, Galilée suivit la voie ouverte par sa propre diplomatie et s’installa à Florence, en septembre 1610, avec le titre de premier mathématicien et philosophe du grand-duc.

Son activité ne fut d’abord entravée que par la maladie qui le cloua périodiquement au lit durant plusieurs années, et il poursuivit les recherches qui l’avaient amené, à Padoue, au printemps de 1610, à observer les taches du Soleil. Il découvrit en décembre les phases de la planète Vénus, et au printemps de 1611 reçut à Rome l’accueil flatteur de l’Accademia dei Lincei et du Collège romain, la puissante institution jésuite. Mais le Discours sur les corps flottants qu’il publia en 1612 après d’âpres discussions avec les professeurs aristotéliciens de Pise manifesta l’étendue des difficultés dans lesquelles il était engagé en fait par rapport à la science traditionnelle. Ce fut le conflit.

En vain Galilée réussit-il à faire nommer à Pise, dans la chaire de mathématiques, son disciple le père Benedetto Castelli.

Celui-ci reçut du recteur l’ordre de s’abstenir de toute allusion à la théorie copernicienne et de la grande-duchesse douairière de Toscane, Christine de Lorraine, des avertissements inspirés par le souci de l’orthodoxie. Galilée fut obligé d’intervenir.

Il le fit dans une lettre à son disciple où il aborda de manière directe les rapports de la science et de la religion, affirmant que, dans le domaine des phénomènes physiques, l’Écriture sainte n’a pas de juridiction.

La diffusion de cette lettre provoqua l’extension de la polémique.

Des prédicateurs stigmatisèrent en chaire les idées nouvelles.

Au début de 1615, un autre religieux du parti copernicien, le père Foscarini, crut bien faire en publiant une brochure pour montrer qu’en fait les passages de l’Écriture qui servaient d’arguments contre la théorie héliocentrique pouvaient être interprétés dans son cadre.

Mais l’initiative suivait une plainte contre Galilée déposée au Saint-Office. Le cardinal Bellarmin, personnage important de la Curie romaine, favorable à Galilée, essaya d’enrayer le développement de l’affaire en écrivant au père Foscarini une lettre quasi publique où, tout en reconnaissant l’intérêt pratique, pour le calcul astronomique, du système de Copernic, il déclarait formellement imprudent de l’ériger en vérité physique. Poussé par quelques amis, dont Mgr Dini, Galilée diffusa à son tour une lettre à la grande-duchesse Christine où il développait magistralement que
« l’intention du Saint-Esprit est de nous enseigner comment on doit aller au ciel, et non comment va le ciel ».

C’était là parler juste et respecter profondément la spécificité de la Révélation. Mais c’était aussi accepter le déplacement du débat, que la polémique avait obscurci. Au cardinal Bellarmin, dont toute l’attitude semble inspirée par le désir de maintenir la paix en retardant une discussion délicate, il eût mieux valu concéder l’inexistence d’une preuve absolue de la réalité du mouvement de la Terre et de l’immobilité du Soleil, et réclamer le droit à professer les contradictions entraînées par le maintien du système géocentrique ptoléméen et de la physique aristotélicienne en face des faits récemment rassemblés dans divers domaines.

Tout en exprimant, sur le terrain où il s’était laissé entraîner, une position religieuse bien supérieure à celle de ses adversaires, Galilée n’a pas adopté au point de vue scientifique la position rigoureuse qui eût été inattaquable.

À la fin de 1615, il se rendit à Rome pour essayer de conjurer une décision fâcheuse, il y parla ouvertement en faveur des arguments convergents que permettaient ses observations, mais, malgré son talent, il n’obtint pas la conviction ferme d’un nombre suffisant de personnes influentes. Le 3 mars 1616, l’œuvre de Copernic fut mise à l’Index. Son prestige et ses relations avaient évité que Galilée fût mentionné dans les attendus du décret, mais le cardinal jésuite Robert Bellarmin avertit Galilée qu'il ne devait plus soutenir ni défendre l'idée de la mobilité de la Terre. Le cardinal Bellarmin lui avait déjà conseillé de ne traiter ce sujet que de manière hypothétique et dans des buts scientifiques, sans affirmer la véracité des concepts coperniciens et sans essayer de les concilier avec la Bible.
De retour à Florence, il tint compte de l’événement et aborda d’autres sujets de recherche, notamment le problème de la détermination des longitudes en mer (John Harrison fil conducteur), en utilisant ses prédictions sur la position des satellites de Jupiter, reprit ses études précédentes sur la chute des corps ainsi que la méthode de calcul de la vitesse de la lumière

Pour cela, Galilée imagine une expérience analogue à celle qui permettra plus tard à Mersenne de mesurer la vitesse du son grâce à l'écho :

tenter d'évaluer le temps mis pour faire un aller-retour entre les sommets de deux collines voisines.

Galilée se place, une nuit, sur l'un de ces sommets, muni d'une lanterne à volet, dont la lumière peut-être découverte brusquement.

Sur l'autre colline, un assistant dispose d'une lanterne identique, qu'il doit découvrir dès qu'il apercevra la lumière de Galilée.

En évaluant le temps mis par la lumière pour faire l'aller-retour - plus le temps de réaction de l'assistant …

Envisagée à l'origine entre deux endroits distants de 15 km, l'expérience fut finalement réalisée sur 200 m. En vain évidemment.

Des membres de l'Académia del Cimento essayèrent sur 2 km sans davantage de résultat. Galilée pu seulement conclure, et cette conclusion modeste est un modèle de sérieux scientifique :
"… je n'ai pas pu décider si l'apparition de la lumière opposée est instantanée ; si elle ne l'est pas, elle est du moins extrêmement rapide, quasi-immédiate".
En 1618, tandis que, l’une après l’autre, ses deux filles entraient en religion, l’apparition de trois comètes, vint réveiller les controverses entre astronomes. Galilée, qui n’avait pas cessé ses observations, avait évidemment son mot à dire. Mais il ne prépara son intervention que sur les encouragements du cardinal Barberini, qui devint pape sous le nom d’Urbain VIII, en 1623. Comment Galilée aurait-il pu ne pas nourrir l’espoir de faire abroger le décret de 1616 !

L’ouvrage de circonstance qui lui avait été suggéré, et auquel il donna le titre adéquat de Il Saggiatore (L’Essayeur), est un chef-d’œuvre de l’art polémique. Au-delà de la controverse suscitée par le jésuite Horatio Grassi à propos des comètes, il invite le lecteur à la réflexion sur la méthode de la science.

Et c’est là que se trouve le passage prophétique concernant l’écriture mathématique du livre de l’univers. Le nouveau pape accueillit avec faveur le résultat de l’effort qu’il avait lui-même suscité et qui lui était d’ailleurs dédié.

L’année suivante, en 1624, Galilée se rendit à Rome pour exposer à Urbain VIII l’intérêt qu’il y aurait à publier un ouvrage où les thèses relatives au système du monde seraient présentées contradictoirement. Le projet ne déplut pas. Il fut seulement précisé à l’auteur qu’il devait être objectif, c’est-à-dire n’avantager aucune des théories en présence.

C’est ainsi que le drame, dont les motifs, déjà noués en 1615, n’avaient pas changé, se traduisit dans les faits. Au fur et à mesure de la réalisation de son dessein, Galilée eut à mener des négociations difficiles, mais le quiproquo provenant de ce qu’il ne comprenait pas l’objectivité de la même manière que les autorités romaines se poursuivit jusqu’à la publication, en février 1632, de son célèbre Dialogue sur les deux grands systèmes du monde (Dialogo sopra i due massimi sistemi del mondo, tolemaico e copernicano).

Écrit en langue vulgaire, et dans un style alerte, souvent ironique et mordant, qui fait rendre à son genre littéraire tous ses effets, l’ouvrage prenait parti, et, bien que certaines de ses assertions, notamment l’interprétation du phénomène des marées comme preuve positive du mouvement de la Terre, soient erronées, il avait dans l’ensemble une vigueur démonstrative considérable. Urbain VIII pouvait s’y reconnaître sous les traits de Simplicio, l’aristotélicien trop soucieux de défendre la tradition, et Galilée perdit les puissants appuis dont il avait bénéficié jusque-là.

Nous n’entrerons pas ici dans plus de détails à propos du fameux procès, dont certains aspects sont peu honorables pour les juges du Saint-Office. Il importe davantage d’en fixer nettement la leçon.

Si Galilée se trouvait livré à des adversaires sans scrupules, incapables de saisir le problème délicat qui formait le fond réel du débat, il avait tout fait pour qu’il en fût ainsi.

Sans doute avait-il agi en raison de sa conviction profonde qu’en matière de recherche physique il n’y a pas équivalence entre les hypothèses, mais il n’avait pas compris qu’entre la convergence des arguments en faveur d’une hypothèse et l’affirmation d’une réalité physique, il y a un pas que l’on peut hésiter à franchir.

Sans doute, les hésitations à franchir ce pas, telles qu’elle apparaissaient chez un Bellarmin, étaient loin d’avoir les fondements épistémologiques qu’on peut leur donner aujourd’hui et se teintaient de politique théologique ; mais, sur la question préalable de la comparaison des hypothèses, les arguments décisifs en faveur de la translation de la Terre et de sa rotation sur elle-même par rapport au Soleil n’ont été acquis qu’au début du XIXème siècle (James Bradley + Léon Foucault).

S’il y a lieu, en définitive, de s’étonner, en cette affaire où l’autorité de l’Église s’est tout de même compromise hors de sa juridiction stricte, c’est de ce que le scandale, encore qu’il fût différent suivant le point de vue de chaque antagoniste, n’ait pas empêché le débat de porter ses fruits. Pour la science, comme pour la mentalité religieuse. Nul doute que, dans ce fait remarquable, les dernières années de Galilée n’aient joué un très grand rôle.

Condamné le 22 juin 1633, Galilée ne connaîtra jusqu’à sa mort que des résidences surveillées, mais, d’une part, il fera l’admiration d’un nombre toujours croissant d’esprits à travers l’Europe, par la dignité et la noblesse de son attitude, d’autre part, la surveillance n’ira jamais jusqu’à interdire son travail. C’est la recrudescence de ses maux physiques, accompagnée à la fin de 1637 de la perte complète de la vue, qui fut pour lui le principal obstacle.

Grâce au gallicanisme, le décret du Saint-Office ne fut pas enregistré en France où, sous le couvert des franchises des parlements, les ouvrages de Galilée passèrent assez librement.

Ils y trouvèrent de puissants protecteurs, tel le célèbre religieux minime Mersenne, qui surent avec précaution assurer la diffusion de leur message scientifique.

Lorsqu’en 1638, Galilée couronne son œuvre en publiant à Leyde par Louis Elsevier ses Discours et démonstrations mathématiques concernant deux nouvelles sciences touchant la mécanique et les mouvements locaux (Discorsi e dimostrazioni matematiche, intorno à due nuove scienze attenenti alla mecanica & i movimenti locali),

c’est par Paris que passe son manuscrit, en y laissant une influence profonde.

Dans cet ouvrage, somme de toute sa vie scientifique, se trouve en particulier la correction de l’erreur concernant le comment de la loi des espaces dans la chute des corps, que Galilée avait d’abord cru découvrir dans une augmentation de la vitesse en proportion directe de la hauteur de chute. S’y trouve aussi l’embryon du célèbre principe de l’inertie illustré par la parabole du bateau.
A ce propos une nouvelle remarque s’impose.

Depuis plusieurs années, la Physique tend à s’angliciser.

En effet, certaines lois de la Physique ont vu le mérite de leur découverte soudainement attribué à Isaac Newton.

C’est en particulier le cas du Principe de l’inertie qui s’est transformé en Première loi de Newton.

A qui revient donc la paternité de cette découverte ?

Voici ce qu’écrit Galilée dans ses Discorsi
« Il doit être également noté que, quel que soit le degré du corps mobile, celui-là est naturellement imprimé de manière indélébile

dans celui-ci, si toutes causes externes d’accélération ou de retard sont absentes, ce qui se produit seulement sur un plan horizontal…

De ceci, il s’ensuit que le mouvement horizontal est aussi éternel, puisque s’il est effectivement uniforme, il n’est ni affaibli, ni diminué, encore moins supprimé. »
La capacité d’abstraction de Galilée l’a donc effectivement entraîné à concevoir une surface infinie plane sur laquelle un mobile animé d’une certaine vitesse conserverait celle-ci éternellement.

L’adverbe seulement nous rapproche fortement de l’énoncé du principe d’inertie tel que nous le connaissons aujourd’hui.

La notion de force est néanmoins absente de cet énoncé et sera introduite plus tard par Isaac Newton comme nous le verrons tout à l’heure.
1   2   3   4   5   6   7   8

similaire:

Les grandes decouvertes et les grands physiciens iconLes plus grandes galeries d’art et d’antiquités d’Europe viennent...

Les grandes decouvertes et les grands physiciens iconLes précurseurs de la sociologie politique contemporaine et les grandes...

Les grandes decouvertes et les grands physiciens iconLes grandes périodes de l'histoire égyptienne antique[

Les grandes decouvertes et les grands physiciens icon«mosty v» Projet Zora Petrášová
«pont», autrement dit, ce qui relie et permet les échanges. C’est donc dans cette volonté de permettre échanges et découvertes de...

Les grandes decouvertes et les grands physiciens iconI les grandes ecoles
«Achats internationaux», «International business», «Négociation d'affaires» et «Marketing et communication» que les étudiants rejoignent...

Les grandes decouvertes et les grands physiciens iconSurtout ‘’Les lunettes d’or’’ et ‘’Le jardin des Finzi-Contini’’
«Une des grandes fiertés de mon père, c’était d’avoir choisi l’antifascisme avant les lois raciales de septembre 1938, en tant qu’Italien...

Les grandes decouvertes et les grands physiciens iconBibliographie : Déchiffrer les grands auteurs de l'économie et de...

Les grandes decouvertes et les grands physiciens iconLes grands themes de la periode decadente
«Seigneur, prenez pitié du chrétien qui doute, de l’incrédule qui voudrait croire, du forçat de la vie qui s’embarque seul, dans...

Les grandes decouvertes et les grands physiciens iconPlantronics et Altec lansing devoilent les noms des grands gagnants du concours sound innovation

Les grandes decouvertes et les grands physiciens iconBibliographie instruments
«Nouveaux propos sur les statues de "grands hommes" au xix° siècle», Romantisme, n 100, 1998







Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
a.21-bal.com