Jazz pop art : Collection fontana. Montrouge-amsterdam 1964-1966







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date de publication21.02.2017
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JAZZ POP ART : Collection FONTANA . MONTROUGE-AMSTERDAM 1964-1966

Avec le « Great American Nude #52 » de Tom Wesselmann , le pop art acquiert en 1963 une renommée internationale et n’est plus un courant mineur de l’art contemporain. Nourri par les médias, réemployant des images du quotidien dans les magasines et la publicité avec les différentes techniques de collage, le pop art – à son tour- « influence la publicité, le design, l’industrie des objets en tout genre et retourne ainsi au quotidien »*.C’est précisément à cette même date que la société de production discographique Philips et sa filiale Fontana demandent une nouvelle approche visuelle des pochettes de disques de jazz au Studio 8x10 à Montrouge. Ils envisagent en effet de diffuser à une large échelle dans les pays du Marché Commun (Benelux, France, Italie et Allemagne) ainsi qu’en Grande Bretagne les productions des maisons de disques américaines que Philips vient de racheter (Mercury, Riverside, Emarcy) et de donner une impulsion aux ventes de leur propre production après la première tentative « orchestrée » par Boris Vian à la fin des années 50 (collection « Jazz pour tous » chez Philips).Le succès phénoménal des disques de variétés incite en effet à innover et à dépasser les limites de la clientèle traditionnelle de la musique jazz.

Il faut toucher les acheteurs que l’on pourrait qualifier de «compulsifs », principalement les jeunes, qui font le succès commercial de la musique pop et sortir des réseaux habituels de distribution (les disquaires spécialisés) en évitant également les canons de l’esthétique raffinée des élites culturelles qui s’appliquent à la production du disque de jazz. Le « pop art » fournit la clé pour entrer dans le monde de la grande consommation en provoquant la rupture attendue avec les codes visuels dominants dans l’univers du jazz. C’est à Montrouge au 18 de la rue Camille Pelletan que ces images destinées à relancer la diffusion des microsillons dans toute l’Europe vont être réalisées en utilisant les recettes de l’art Pop né en Angleterre à la fin des années 50 et qui prend son essor aux Etats Unis avec Andy Warhol, Roy Lichtenstein et Tom Wesselman au début des années 60. Avec la technique du collage (« l’image dans l’image »), l’utilisation du gros plan (« blow-up »), le recours aux contrastes des couleurs, la valorisation du quotidien et l’ironie des rencontres incongrues, le photographe Gilbert Petit confectionne au Studio 8x10 une série d’une quinzaine de compositions qui vont marquer durablement l’identité de la collection. Ces compositions seront ensuite confiées au studio Jan Van Hengel à Amsterdam, à proximité du siège de la maison-mère Philips, avec l’utilisation d’une nouvelle technique de photomontage (« front projection ») qui va permettre la production d’images plus dynamiques .

La collection qui présente les grands noms du jazz et des musiciens à l’audience confidentielle, couvre une période de 20 ans (1945-1965) depuis la « swing era »jusqu’au « hard-bop ». Elle bénéficie de moyens techniques exceptionnels pour la production qui est souvent supérieure aux productions originales réalisées sans doute avec des moyens plus réduits. La sélection repose aussi bien sur des reprises de morceaux choisis dans des disques différents du même artiste que des reprises intégrales de disques préexistants, diffusés le plus souvent aux Etats-Unis , enregistrés en studio ou en public. La réalisation des pochettes bénéficie du même soin que les enregistrements (cartonnage de qualité, protection par pelliculage). L’élément déterminant reste la création bâtie sur une série d’invariants qui composent une identité visuelle forte, identité qui sera conservée dans toute l’Europe pendant les trois années de la diffusion :

-un fond d’image colorée avec , à Montrouge, l’utilisation du procédé appelé Transflex qui repose vraisemblablement la technique du repérage ( impression d’une image de couleur unique sur la même image en noir et blanc) et l’agrandissement d’une partie de la photo originale pour exalter le caractère principal du musicien, voire de l’instrument utilisé.

-incrustation d’un cliché original d’un jeune mannequin sur la plaque offset (sans logiciel..).Le mannequin porte une tenue qui n’est pas suggestive. La femme n’est pas un « objet de désir » comme les « vixens » (que l’on pourrait traduire par « bombes sexuelles ») sur les pochettes de disques exotiques aux Etats Unis : elle travaille désormais et porte une tenue adaptée sur une silhouette dépouillée (ni montre, ni bijoux) et moderne (le pantalon) pendant ses loisirs.

- contraste ironique entre l’attitude du mannequin et celle du musicien, ironie relayée par l’interjection qui fait office de titre à l’album (GO !, IN !, SWING !, MOVE !...) et évoque le style de musique proposée en jouant le plus souvent de manière érudite sur des titres de morceaux, de disques, des surnoms, ..

L’exécution soignée du visuel, son originalité particulière (du moins dans l’univers de la publicité et l’industrie discographique), la parfaite et rapide intégration des éléments constitutifs du Pop art - intégration quasi immédiate après diffusion des premières œuvres d’art sur le marché, la première exposition personnelle de Warhol ayant lieu à New York en 1962- justifient l’attention que mérite cette collection. La commune de Montrouge apporte son soutien à cette forme d’art populaire née à quelques pas de la mairie. La totalité des pochettes conçues et réalisées à Montrouge (14 au total dont les 10 premières de la collection) seront exposées dans un format agrandi pour mieux en souligner l’inventivité et la qualité des coloris. La totalité des pochettes réalisées à Amsterdam (21) pour la même collection sont présentées dans leur format d’origine. L’exposition se tiendra à la Médiathèque de Montrouge-43, avenue de la République- du 18 mars au 30 avril 2011.

Philippe RABANES

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