L’Annuaire de l’Aube







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Clausel, photographe ambulant


Tant et si bien qu’il résolut dès 1857 de tenter fortune et d’exploiter la photographie en voyageant, laissant ainsi la place libre à Gustave Lancelot. Il prit le parti de la photographie ambulante, comme nombre de ses confrères qui plantaient leurs baraques sur les foires et les marchés. C’était une manière de colportage, permettant de toucher un large public peu familier de la photographie. Le portrait peint concernait seulement quelques gens importants ou connus qui passaient commande à des peintres portraitistes. C’est de cette époque que datent les premiers portraits photographiques, en buste ou en pied, qu’on encadrait sur la cheminée ou que l’on gardait dans les albums de famille 23. L’engouement phénoménal pour le portrait photographié était tel, qu’il devint la principale activité commerciale des photographes. Chacun voulait se faire “ tirer le portrait ” comme on le disait familièrement. Aujourd’hui, tous les portraits que l’on peut retrouver ont une valeur documentaire et sociologique, même si les gens photographiés ne peuvent plus être reconnus hors de leur contexte familial. Il n’y a qu’à voir les jolis albums à fermoir qui s’entassent dans les brocantes et autres vide-greniers. L’absence de légende — comme sur les cartes-photos — obère toute identification. Au moins le dos des épreuves montées sur cartons, s’il est orné de la raison sociale du photographe toujours présentée de façon artistique dans le goût de l’époque, renseigne-t-il sur la ville où exerçait le photographe. Mais, jusqu’à présent, nous ne connaissons pas les clichés que Clausel a pu prendre hors de Troyes. Il est peut-être possible d’en dénicher dans les localités où il pratiqua comme ambulant ? Apposait-il seulement sa marque au dos de ses tirages ? Encore un point qui nous est inconnu aujourd’hui.

Pendant le périple qu’il effectue avec sa photographie ambulante, ses meilleures épreuves sont présentées à l’Exposition de Troyes illustrée de 1860. Or, c’est Lancelot un jeune photographe qui est consacré au détriment de Clausel, artiste non-conformiste écarté par la critique 24. Son Panorama de la ville de Troyes reçut un accueil mitigé du fameux critique Dufour-d’Astaffort :

“ Le cadre de M. Clausel, quelque remarquable qu’il soit à plusieurs égards, a le tord de ne pouvoir que difficilement trouver sa place ; les vues stéréoscopiques de M. Lancelot sont l’accessoire obligé de toute console de salon, de toute bibliothèque de cabinet ”

Sa rivalité avec Lancelot n’a pas permis que ses photographies artistiques, privilégiant le paysage plutôt que la froideur des vues archéologiques, soient appréciées des critiques du temps. Aujourd’hui que la sensibilité a changé, un œil contemporain voit les choses différemment.

Sa tournée, qu’il débutait par Bar-sur-Aube, le mena successivement à Châlons-sur-Marne, Vitry-le-François, Bar-le-Duc, Saint-Mihiel, Varennes, Vouziers et Charleville. Malgré la réussite de la première partie de son voyage et les gains réalisés, il se rendit compte, en bon Champenois essentiellement sobre, laborieux et économe, qu’il avait commencé son périple deux années trop tard. Une masse de rouleurs avaient déjà exploité toutes ces localités. En quittant Charleville, il eut la mauvaise idée de poursuivre dans les Ardennes. L’Ardenne est un pays aux conditions naturelles difficiles. La vie économique était concentrée dans les vallées, notamment celle de la Meuse. Les habitants, encore peu ouverts à la nouveauté, ne lui offrirent que de rares contacts profitables. Arrivant à Revin au début d’un hiver très rigoureux, il ne put en repartir tant les routes du pays étaient mal établies et impraticables et dut patienter jusqu’au printemps, dépensant sans rien gagner. Des Revinois, gens rustres et méfiants, il n’obtint pas de commande. Il se rendit alors à Givet, où il resta un mois. Mais fatigué moralement et physiquement de tous ses voyages, il retourne à Charleville où son fils Léon, sorti du service militaire, le rejoignit. Après un court séjour, Léon, désireux d’aider son père et d’apprendre la photographie, revint à Troyes avec lui en 1862.

A leur retour, ils constatèrent que le nombre de photographes installés en ville avait augmenté dans des proportions importantes. Désormais les places étaient prises. Néanmoins ils se réinstallèrent ensemble, le père apprenant au fils les rudiments de son art. Leur collaboration durera jusqu’au mariage de Léon. Celui-ci, découragé par la concurrence toujours vive des photographes locaux, décida de tenter sa chance à Paris et quitte le 82 rue Thiers, sans que nous ne sachions plus rien de lui.

Clausel abandonné et sans aide, indique qu’il ne pouvait plus continuer l’industrie photographique. Sa carrière, marquée par la malchance, ne fut pas reconnue à sa juste valeur. Les chicaneries mesquines des jaloux, les complots et les intrigues auront eu raison de ses forces. Toutes les difficultés de sa situation, provoquèrent son effacement définitif. Atteint par l’âge et la fatigue, il se retira en 1879, à Neuilly-sur-Seine, chez son gendre M. Rousseau, marié à sa fille cadette Adèle. Il y mourut le 12 mars 1884.
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