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COURS TERMINALES

L’Art


PLAN DU COURS

I – Qu’est-ce qu’une œuvre d’art ?

II – La fonction/les fonctions de l’art

III – La réalité dans l’œuvre
PROBLEMATIQUE GÉNÉRALE DU COURS

L’art, tant dans ce que sont ses fonctions que dans le rapport au réel qu’il propose, est indispensable. Comment expliquer cette spécificité de l’art quand ses œuvres ne sont pas des outils pour agir sur la réalité ?
AUTEURS ABORDÉS

Kant, Hegel, Aristote, Platon, Arendt.
REPÈRES et VOCABULAIRE

Fait/expérience

Beau/Agréable
DEFINITION

Art, du latin ars : talent, savoir-faire.

1) Activité fabricatrice de l’homme par opposition aux effets de la nature.

2) Dans l’Antiquité grecque et à l’âge classique on définit l’art comme imitation et reproduction fidèle d’un modèle existant.

3) Au XVIIe et XVIIIe « les arts » au pluriel deviennent synonyme de beaux arts : ceux-ci ont pour objet propre le beau et l’absence d’utilité pratique , la production désintéressée qui confèrent à k’activité artistique un statut plus noble que l’activité artisanale.

4) Avec Kant – et nous allons nous y arrêter – l’art au sens d’activité artistique devient synonyme de savoir-faire inné de production géniale ; « les beaux arts doivent être considérés comme les arts du génie », celui-ci consiste à produire ce dont on ne saurait donner aucune règle préalable et la production de ka beauté n’est en aucun cas la réalisation d’un modèle préexistant.

5) Chez Hegel, l’art désigne un mode d’expression de l’absolu qui n’atteint que la méditation du sensible, il suggère le vrai et s’en tient à cette apparence.

 

Au départ, l’art et la technique sont confondus, on parle d’art comme d’une manière de maîtriser une technique particulière : art du bois, arts du fer forgé, etc. L’artiste est perçu comme un artisan, mais vers le XVIII les sens se différencient : l’art est alors conçu comme relevant des Beaux arts, comme production de la beauté. Sont considérés alors comme des arts : la peinture, la sculpture, la musique, l’architecture, la danse et la poésie. Le cinéma revendique sa place de 7ème art, à la suite de cette classification.
À FAIRE : apportez une œuvre ou sa reproduction (ouvrage, tableau, sculpture, morceau de musique, etc.) qui vous paraisse une œuvre d’art et préparez sa présentation orale rapide.

Introduction

1) Art s’oppose originellement à naturel. Il désigne ce qui est artificiel, il suppose l’invention, la création et la démarche de fabrication. Au départ, l’art et la technique sont inséparables, et en grec art se dit Techné = technique.

L’art est aussi ce qui est sensible et porteur d’un sens.

Il est donc définit par le regardeur et le fabricateur, l’artiste. Mais est-il dans l’intention ou seulement dans l’interprétation de l’œuvre ?
2) L’art accompagne toutes les cultures humaines. Mais les peintures rupestres de Lascaux, la Grotte Chauvet, l’art religieux du Moyen-âge et l’art conceptuel contemporain sont-ils le même art, ont-ils la même fonction ?

A la fois l’art se reconnaît et il ne se laisse pas saisir. De plus, l’art semble l’occasion d’âpres débats : ce n’est pas de l’art quand cela ne me plait pas, quand l’œuvre me dérange, quand elle me semble insuffisante formellement ou au plan du sens qu’elle porte. Alors comment savoir quand il y a de l’art ? Comment reconnaître l’art et le comprendre ?
Problématique : Pourquoi a-t-on besoin des représentations, autrement dit quels sont les rapports spécifiques de l’art et du réel ? Pourquoi cette forme importe-t-elle, a-t-elle une valeur particulière non équivalente aux autres activités humaines ? En somme, reconnaître l’art ce serait comprendre le rapport au réel spécifique qu’instaure, que permet l’art.
I – demandons-nous d’abord comment reconnaître une œuvre d’art ?

II – puis examinons les différentes fonctions de l’art

III – enfin, interrogeons le rapport au réel que véhicule l’art ?

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I – A quoi reconnaître une œuvre d’art ?
1) Le temps et l’art : comment définir une œuvre d’art à travers le temps ?

a – CAS PROBLEMATIQUE / L’art des cavernes :

art  car :

  • représentation symbolique.

  • Travail sur les formes.

  • Volonté de laisser une trace (main=signature ?)

  • Habileté.

Mais :

  • y avait-il volonté de faire de l’art ?

  • peut-être sens religieux, incantatoire…

  • on ignore l’intention de ces représentations

On ne peut que les définir à partir de notre temps à nous, de l’extérieur. L’art est difficile à définir pour cette raison aussi qu’il est pris dans une histoire qui a vu l’art prendre des formes diverses.

b – DEFINITION JURIDIQUE DE L’ART / le cas Brancusi, Manuel page 200/201 : statut juridique d’une œuvre d’art

- 1er étonnement la définition de ce qu’est une œuvre par la loi américaine : cette définition si difficile à trouver est donnée par la loi douanière… pour détaxer les œuvres donc les reconnaître, mais on imagine des douaniers en train d’évaluer l’originalité d’une œuvre

- critères : originalité, non reproduction, non-utilitaires, imitant des objets naturels

- rapport titre/œuvre pose question

- évaluer que l’œuvre suggère un oiseau et le vol : question d’interprétation


  1. NOTEZ les indications à l’appui du fait qu’il s’agit bien d’une OA :

  2. quel est le problème dans cette affaire selon vous ?

Critères classiques issus de la philo esthétique du XVIIIe:

  • le travail

  • l’invention

  • le côté non utilitaire de l’art ou désintéressement

  • la non reproductibilité

  • la durabilité, l’éternité

  • la distinction entre le fabriqué et le naturel, entre l’art et le vivant.

  • L’originalité.

  • La séparation œuvre/public.

  • Le plaisir esthétique ( nous y reviendrons).

  • Et donc la beauté !


Or, aujourd’hui, l’objet d’art joue à être un objet « déceptif »

  • L’art technologique affronte de plein fouet le désintéressement : l’œuvre technologique a pour support le téléphone, la télévision, les automates,… Elle a pour opérateurs les télécommunications, les transmissions par satellite, les réseaux. Il s’agit d’objet à notice. Les exposer, c’est exposer un ensemble de fonctions prêtes à se mettre en marche, plutôt qu’un objet isolé. Ou encore des machines en fonctionnement qui répondent donc à leur propre fin. Des formes d’exposition inédites se mettent en place : on peut construire son image sur Internet. L’objet lui-même en tant que réalité concrète disparaît. Nous n’avons pas d’une part un image et d’autre part son interprétation mais une techno-image où la conceptualisation est intégrée au résultat visible. L’intention avec les technimages est mise à plat, notifiée, transparente. Décept.

  • Nouvelles œuvres qui prônent l’interactivité : c’est le spectateur qui active, met en route différents systèmes et fait évoluer l’œuvre vers des formes successives. L’interacteur devient alors coauteur, il fait l’œuvre en y mettant la main. La notion d’auteur est défaite. Et ce d’autant que l’art se pratique aussi à l’ordinateur, ce qui exige qu’il y aient plusieurs producteurs (informaticiens, producteurs, logiciens,…).

  • Duchamp : refus de l’opticité, de l’art rétinien. Abandon des critères esthétiques de l’image au profit d’une action, celle d’un faire artistique. Liée à la représentation d’objets tout faits -ready made-, cette proposition marquait l’entrée d’objets à notice dans le site de l’art. Même si l’objet résistait encore à sa dématérialisation ou à sa disparition en tant qu’objet. Le processus, le protocole, l’action, le geste, semblent sinon remplacer totalement le résultat, l’œuvre.

  • Les artistes se cachent sous des noms d’emprunt. Les supports utilisés, ne sont pas uniques, mais hybrides, appartenant à plusieurs catégories : peinture/architecture, photographie/peinture, sculpture/musique,…Plus encore, l’unicité des lieux est compromise par l’entrée en scène d’un nouveau venu : l’environnement, naturel ou artificiel, restreint ou cosmique.

  • Il s’agit autant de choquer le bourgeois ou de faire de la provocation, que de plaire. mais d’interroger l’art lui-même dans ces aspects établis : c’est à l’art tel qu’il est encore sujet de croyances, que les artistes s’attaquent. Cf. La Joconde : Nathan technique p.51.


[L’affaire des ready made : l’objet à notice dont la forme dit la fonction (urinoir, sèche-bouteille, porte-manteau,…) reçoit un nom qui en nie l’aspect et en déporte le sens. Il s’agit alors moins d’une transformation que d’une transfiguration ; le nom qui est donné s’intègre à son aspect figural. L’objet à notice est devenu un objet sans notice par l’acte même de nommer. Dans ces jeux s’efface la limite de domaines naguère nettement séparés : le pictural et le verbal. Si l’objet d’art a toujours eu besoin de texte pour parfaire sa transmission, ici le texte n’est plus un ajout : il est en œuvre dans l’œuvre, et il est impossible de les détacher l’un de l’autre.]
2) La question du jugement : qui va juger qu’une œuvre d’art en est bien une : quel concept pour penser l’art ?

a – Hegel, le besoin universel d’art

Que dit-il de l’art ? Dans l’introduction à son Esthétique :

- l’art est pour Hegel création  d’une réalité spirituelle : il n’est pas la satisfaction d’un désir, ni la reproduction d’objets naturels

- le Beau donne une forme sensible à cette Idée universelle qui n’a pas de réalité tangible.

- l’esthétique pour Hegel est la philosophie des beaux arts : on le voit l’idée de beau est centrale pour une approche philosophique de l’art, pourquoi ? parce que le beau peut devenir pour le philosophe une idée abstraite permettant de comprendre ce qui se passe dans l’art de manière générale, et non seulement décrire l’art dans ses œuvres particulières, travail de l’histoire de l’art.

- l’art n’est pas une simple imitation de la nature, mais bien autre chose de plus élaboré : manifestant l’esprit, l’Idée absolue et la liberté humaine, l’art est toujours plus que la nature pour Hegel.

Pour Hegel, l'art c'est l'Idée rendue sensible. « La tache de l'art consiste à concilier, en en formant une libre totalité, ces deux cotés : l'idée et sa représentation sensible », Esthétique, volume I.

Hegel définit ainsi l’art :

1) les OA ne sont pas des produtis naturels, mais des fabrications humaines

2) elles sont crées pour l’homme et empruntées au monde sensible s’adressent à ses sens

3) l’OA poursuit une fin particulière qui lui est immanente.
MANUEL page 208/209 pour lire quelques textes de Hegel sur l’art.
b – Kant, le beau, l’agréable et le sublime

Distinctions pour définir l’art :

Le « c’est beau » désigne le fait que toute personne dans les mêmes conditions aurait cet effet, on atteint là à l’harmonie du jugement indépendamment de mon individualité.
CFJ de Kant, le jugement esthétique suppose une distance, une désimplication.

Kant parle du sublime d’une tempête si je suis hors de danger (comme l’est l’esthète qui s’intéresse à l’art). Le marin ne voit pas le sublime d’une tempête puisqu’il est impliqué.
Au départ de sa pensée, il y a la reconnaissance du fait que de nombreuses pensées se sont accumulées depuis l’Antiquité, mais qu’elles sont très différentes : certaines sembles solides (les mathématiques, la science) d’autres moins sont plus douteuses, notamment celles métaphysiques qui cherchent des fondements absolus de la réalité (comme Hegel). Ces dernières pensées sont l’objet de conflits perpétuels et Kant veut cherche en l’homme la solution à ces questions.
Sa philosophie se trouve exprimée dans ce qu’on appelle les trois grandes critiques : Critique de la Raison pure, Critique de la raison pratique et Critique de la Faculté de juger. Elles correspondent à trois grandes questions : que puis-je savoir ? que dois-je faire ? que m’est-il permis d’espérer ? Ces trois questions finissent pas définir qu’est-ce que l’homme. Kant avec sa philosophie a voulu cerner les limites de la connaissance humaine et de ses facultés intellectuelles en général.
Des distinctions :

* L’art est distingué de la nature du point de vue de la causalité. Il est une production de la liberté, au contraire, la nature produit de façon mécanique. Dans l’œuvre d’art, la cause productrice de l’objet a pensé une fin à laquelle l’objet doit sa forme. C’est la différence entre faire et agir, entre œuvre et effet.

On doit opposer liberté et mécanisme. L’art est poussé par l’esprit qui se donne une finalité, un but auquel l’objet doit sa forme. Une représentation est à l’origine de l’art.
* Il faut aussi distinguer l’art de la science : le savoir faire de l’art est différent du savoir de la science. On peut connaître quelque chose sans être capable de le produire. « Seul ce qu’on ne possède pas l’habileté de faire même si on le connaît de la manière la plus parfaite relève de l’art. ». L’art n’est pas une espèce inférieure de savoir, il est autre chose. C’est fondamental, Kant ne dit pas et c’est la première fois en philosophie, que l’art est inférieure sur le plan du rapport à la vérité : il n’est pas inférieur à la science, il est autre chose. On ne produit pas de l’art parce qu’on sait reproduire une chose (expérience ou procédé).
* Il faut aussi distinguer l’art du métier ou de l’artisanat (ce qui était déjà présent chez Platon). Kant le fait en utilisant la distinction entre le jeu et le travail. Le jeu est « une activité en elle-même agréable ». Au contraire, le travail est « une activité en elle-même désagréable », même si pour les arts il existe aussi une certaine contrainte.

Dans ces définitions, l’art est distingué de la nature :

« En droit, on ne devait appeler art que la production par la liberté, c’est-à-dire par un libre arbitre. ».
C’est ce qui distingue une œuvre d’art d’un effet de la nature. L’art est donc intentionnel.
Mais dans ce cas, que devient la finalité sans fin ? Cette intentionnalité ne doit pas être le caractère dominant de l’œuvre (sinon, on porte un jugement de connaissance et non un jugement esthétique : l’œuvre d’art n’est pas l’application d’une techné pour Kant car c’est un jugement de type cognitif qu’on porte ainsi sur l’objet).
Dans l’œuvre d’art, l’aspect technique doit s’effacer : « En face d’un produit des beaux arts, on doit prendre conscience que c’est là une production de l’art et non de la nature ; mais dans la forme de ce produit, la finalité doit sembler aussi libre de toute contrainte par des règles arbitraires que s’il s’agissait d’un produit de la simple nature. » §45.
L’art semble un produit de la nature et non de la techné. « La nature était belle lorsqu’en même temps elle avait l’apparence de l’art ; et l’art ne peut être dit beau que lorsque nous sommes conscients qu’il s’agit d’art et que celui-ci nous apparaît cependant en tant que nature. » §45. Un peu plus loin : « La finalité dans les produits des beaux-arts bien qu’elle soit intentionnelle, ne doit pas paraître intentionnelle ; c’est-à-dire que l’art doit avoir l’apparence de la nature bien que l’on ait conscience qu’il s’agit d’art. ».
C’est bien l’ambiguïté des rapports de l’art et de la nature : les productions de l’art doivent ressembler, faire comme s’ils étaient chose naturelle tout en étant le fruit d’une création humaine. C’est le génie qui fait la jonction entre art et nature.
C’est pourquoi le principe de l’art est le génie. « Le génie est la disposition innée de l’esprit par laquelle la nature donne les règles à l’art. ». Kant définit le génie par 4 critères :

– « un talent qui consiste à produire ce dont on ne saurait donner aucune règle déterminée ». Ce n’est donc pas une techné acquise par l’habitude.

– Du coup, le travail du génie est toujours original. Mais cette originalité n’est pas n’importe quoi.

– Les œuvres du génie doivent être exemplaires. Elles servent de règles pour le jugement des autres, bien que le génie ne connaisse pas cette règle.

– Le génie ne peut expliquer comment il produit ce qu’il fait : « Il n’est en son pouvoir ni de concevoir à volonté ou suivant un plan de telles idées ni de les communiquer aux autres dans des préceptes qui les mettraient à même de réaliser des produits semblables. »

Par le génie, la nature ne prescrit pas de règles à la science, mais à l’art.
Dans le génie, art et nature sont indissociables. C’est une présence naturelle du génie dans l’esprit qui est à l’origine de l’art. L’intention géniale n’est pas une conscience claire.
Comment porter un vrai jugement de goût sur les œuvres d’art en tant qu’elles sont des produits du génie ? C’est que l’originalité de Kant aussi, c’est d’affirmer que l’art peut être, avec le beau, source de connaissance.

Kant va expliquer ce que sont les idées esthétiques qui vont servir à penser les œuvres d’art dans leur spécificité.
Pour Kant, les idées renvoient à la raison, capacité des principes. L’Idée est ce qui règle le fonctionnement des concepts, elle joue un rôle régulateur (ex : l’idée de nature, de totalité…). Les idées peuvent être infondées (l’idée de Dieu, monde, immortalité de l’âme ) si on les prend pour des concepts. Les idées ne correspondent à aucune intuition sensible. Les idées régulatrices ne sont cependant pas infondées quand elles restent simplement régulatrices. J’ai donc une idée qui ne correspond pas à une intuition dans le jugement téléologique.
Dans l’esthétique, c’est l’inverse, j’ai une intuition (d’un objet sensible) qui est telle qu’aucun concept ne pourra jamais la contenir. Elle dépasse tout concept déterminé par excès de richesse, de signification. On range sous l’idée de beauté une telle intuition. Dans ce sens, la beauté c’est un excès de détermination qui rend impossible de concept et non plus l’absence de détermination. S’il n’y a pas de concept, c’est qu’il y a trop pour être concentré dans un concept dans l’objet beau. La beauté déborde tout savoir possible.
Un poème peut lorsqu’il a une âme réveiller en nous une foule d’idées qui sont celles qui donnent un sens à notre vie (liberté, bonheur…).

En résumé, le beau chez Kant


Le beau n’est pas le vrai, mais il plait universellement.

Il n’est pas l’agréable bien qu’il soit l’objet d’une satisfaction pure et désintéressée.

Il n’est pas l’utile bien qu’il présente une finalité formelle.

Il n’est pas le bien car il ne saurait produire une obligation.

La beauté la plus pure est indépendante de la forme qu’elle prend : on parlera alors de beauté libre, non soumise à des normes.

Avoir du goût, goûter veut dire alors non plus seulement sentir, mais réfléchir la sensation, réaliser une unité entre l’entendement et l’imagination.

L’art, c’est la production d’un génie : le génie est naturel pour Kant, c’est ce qui fait le lien entre l’art et la nature : l’homme est la jonction en ce que son génie va lui donner accès à l’art.


METIER

NATURE

ART

SCIENCE

But autre que l’activité elle-même

Effets déduits d’une cause

* imprévu

* est à lui-même son propre but

* pas de recettes

* sans rémunération

Une théorie ou conception gouverne l’action

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II – La fonction / les fonctions de l’art

L’art s’est autonomisé tardivement en Occident : jusque récemment il est lié au sacré, au domaine du religieux ou à la puissance (culture du portrait des rois et autres seigneurs). Quelles sont ses fonctions ?
1) Fonction de divertissement : il doit faire oublier les peines et les soucis.

Romans d’évasion, romans à succès par exemple Twilight, Hunger Games… les anciens Arlequins qui reprennent toujours le même scénarios et ont une charte stricte.

= a-t-on à faire à des œuvres d’art ? si leur seule fonction est de divertir ?
Pascal, Critique du divertissement, nous détourne de l’essentiel

TD autour du texte de Pascal, extrait des Pensées, Le divertissement.
Mais la fonction de divertissement donne-t-elle la vérité de ce qu’est l’art ? Il y a d’autres divertissements plus efficaces : EXEMPLES

- le sport

- le travail

- l’amour
2) Une fonction sérieuse : faire passer un message

L’art a fonction de véhiculer une idée religieuse ou politique. L’art a longtemps été réduit à cela, sous domination de puissants et de puissances.

Ce n’est qu’au XXe siècle que l’art conceptuel s’autonomise de cette fonction là. Art pour l’art en quelque sorte s’invente.
* Art nazi



Scénarisassions des rassemblements nazis

Statues d’Arno Breker, promotion d’une figure humaine aryenne toute puissante et dominatrice, au corps parfait et à l’esprit équilibré.

* Fresque de Diego Riviera : dénoncer la colonisation du Mexique.


* Guernica de Picasso : peint le bombardement



Ici, la forme esthétique est accessoire : ce qui compte c’est l’idée. Cependant, souvent, pour les artistes (avant le XXeme) l’idée n’est qu’un matériau et l’emporte toujours la forme sinon, on aurait une forme de journalisme ou de discours politique, ce que ne sont pas ces œuvres.
= d’autres manières de faire passer un message plus efficace que l’art…

- la politique

- le journalisme

- la photographie (statu ambiguë dénoncé par Beaudelaire)
3) Fonction d’imitation

L’art de l’Antiquité au XIXe occidental, a pour fonction de rivaliser avec la nature.

Mais c’est bien sûr une tâche vaine…
Là que se situe la critique de Platon : il ne respecte pas l’art car selon lui il imite doublement

- la réalité sensible, accessible à nos sens est superficielles et seconde par rapport aux idées générales qui donnent forme au réel

- l’art, au lieu de se rapprocher des formes idéales, imite ce qui est seulement secondaire.

C’est pourquoi il suggère que les poètes soient exclus de sa cité idéale. Ils divertiraient le peuple de l’essentiel. Seule une activité qui rapproche de la vérité a un intérêt pour Platon.
= Les trois fonctions montrent qu’aucune n’établit l’unité de la forme et du fond pourtant si essentielle à l’art. L’art est équilibre du sensible et de l’intellectuel. Si on cherche le sens hors de l’art lui-même, on le rate. L’art est une unité entre le fond et la forme. Mais quelle réalité introduit-il ? Pourquoi l’art ne peut pas se contenter de répéter la réalité ?

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II – La réalité dans l’œuvre d’art

La réalité quotidienne est marquée par ses aspects d’utilité, mais elle n’est pas de l’art. La danse, portée au rang d’un art détruit le corps, le fait souffrir, lui demande de repousser ses limites, il y a une nécessité de transformation pour trouver une corps poétique.

= L’art crée une réalité nouvelle, en quoi mérite-t-elle le nom de réalité ?
1) L’action : agir autrement grace à l’art

L’art procède toujours à partir de quelque chose :

- matériau

- histoire : on peint relativement à ce qui s’est peint jusqu’ici

C’est une action pas comme les autres – qui ont pour but de transformer le monde – c’est une action sans finalité extérieure « on marche pour aller quelque part, alors qu’on danse pour danser » écrit le poète Paul Valéry.
Il faut prendre au sérieux cette autonomie. L’art peut faire agir car il modifie notre rapport au réel. Par la sensibilité, il nous met en mouvement et peut nous faire voir et ressentir ce que nous ignorions jusque là.
Agir mais en quel sens ? Peut-on dire que l’art est un besoin humain ? Hannah Arendt, une philosophe contemporaine écrit que l’art se définit par son inutilité :

« pour trouver une sa place convenable dans le monde, l’œuvre d’art doit être soigneusement écartée du contexte des objets d’usage ordinaires. elle doit de même être écartée du contexte et des exigences de la vie quotidienne, avec laquelle elle a aussi peu de contacts que possible ».
« Parmi les choses qu'on ne rencontre pas dans la nature, mais seulement dans le monde fabriqué par l'homme, on distingue entre objets d'usage et oeuvres d'art ; tous deux possèdent une certaine permanence qui va de la durée ordinaire à une immortalité potentielle dans le cas de l'oeuvre d'art. En tant que tels, ils se distinguent d'une part des produits de consommation, dont la durée au monde excède à peine le temps nécessaire à les préparer, et d'autre part, des produits de l'action, contre les événements, les actes et les mots, tous en eux-mêmes si transitoires qu'ils survivraient à peine à l'heure ou au jour où ils apparaissent au monde, s'ils n'étaient conservés d'abord par la mémoire de l'homme, qui les tisse en récits, et puis par ses facultés de fabrication. Du point de vue de la durée pure, les oeuvres d'art sont clairement supérieures à toutes les autres choses; comme elles durent plus longtemps au monde que n'importe quoi d'autre, elles sont les plus mondaines des choses. Davantage, elles sont les seules choses à n'avoir aucune fonction dans le processus vital de la société; à proprement parler, elles ne sont pas fabriquées pour les hommes, mais pour le monde, qui est destiné à survivre à la vie limitée des mortels, au va-et-vient des générations. Non seulement elles ne sont pas consommées comme des biens de consommation, ni usées comme des objets d'usage: mais elles sont délibérément écartées des procès de consommation et d'utilisation, et isolées loin de la sphère des nécessités de la vie humaine », Hannah Arendt, La Crise de la culture.

2 ) Accéder à la vérité grâce à l’art

Ron Mueck, sculptures réalistes

- faire voir en changeant d’échelle

- révéler ce qui ne peut plus être vu parce que trop vécu

-
"L'artiste est celui qui fixe et rend accessible aux plus humains des hommes le spectacle dont ils font partie sans le voir.

Il n'y a donc pas d'art d'agrément. On peut fabriquer des objets qui ont plaisir en liant autrement des idées déjà prêtes et en présentant des formes déjà vues. L'artiste selon Balzac ou selon Cézanne ne se contente pas d'être un animal cultivé, il assume la culture depuis son début et la fonde à nouveau ; il parle comme le premier homme a parlé et peint comme si l'on n'avait jamais peint. L'expression ne peut alors être la traduction d'une pense déjà claire, puisque les pensées claires sont celles qui ont déjà été dites en nous-mêmes ou par les autres. La conception ne peut pas précéder l'exécution. Avant l'expression, il n'y a qu'une fièvre vague et seule l'oeuvre faite et comprise prouvera qu'on devait trouver là quelque chose, plutôt que rien." Merleau-Ponty, Sens et non-sens.
Faut-il être éduqué pour voir le vrai que révèle l’art ?

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Conclusion Générale : les pouvoirs de l’art

1 – Durer

L’homme aime à laisser sa trace sur terre. Sa vie est courte, sa finitude angoissante, laisser sa trace est permis par l’art. Depuis les peintures rupestres, l’homme n’a cessé de faire de l’art un moyen de durer au-delà de sa vie terrestre. Autre manière de le faire : avoir une descendance.
2 – Donner à penser et voir le sensible

Le sensible, ce que nos sens perçoivent, comment nous le recevons peut être exprimé par la mise en forme esthétique et artistique. C’est indissociablement une forme et un fond réunis.
3 – lutter contre tout ce qui contraint/restreint

L’art est un outil de lutte, de révolte contre un monde, une société, une situation qui nous déplaît, nous indigne. Il emprunte des voies détournées et plus cachées pour parler du monde.
4 – s’exprimer

Faire sortir ce qui est enfoui mais ne pourrait se dire avec le langage usuel de tous les jours.
5 – dépasser/questionner la morale

L’art choque, heurte, sinon, à quoi servirait-il ? et qui ferait cela, qui choquerait et questionnerait la morale sans l’art ? Il permet de faire évoluer les règles morales qui nous contraignent tous.

= il est à la fois expression de la plus haute humanité, intelligence à l’œuvre et liberté.
Toutefois, aucune de ces dimensions séparée n’épuise ce que peut l’art. Il est en ce sens outil éminemment précieux à l’homme pour être : être soi et être au monde.


Emmanuelle ROZIER Cours Terminales / La Culture

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