FÊtes et chansons anciennes







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LXVII.Préf. Les petites étoiles (montrent) la bienfaisance (seigneuriale) atteignant les humbles. La princesse n’ayant point de jalousie (Tcheng : jalousie qu’inspire la beauté, jalousie qu’inspirent les actes) dans sa conduite, sa bienfaisance atteignait les moins nobles des femmes de second rang et elle les faisait approcher de la couche du seigneur. Celles-ci reconnaissaient (alors) la différence de noblesse de leur rang (nombre d’insignes brodés sur les vêtements) et étaient capables de s’employer de tout cœur (au service de la princesse).

Tcheng : De même que de nombreuses étoiles sans nom viennent à la suite de Sin (constellation de 3 étoiles) (Scorpion) et de Lieou (constellation de 5 étoiles) (Hydre) dans le ciel ; de même toutes les femmes de second rang obéissent à la princesse en se conformant à l’ordre fixé pour approcher du seigneur. [Par l’effet de la vertu de la princesse elles ne sont pas non plus jalouses et se contentent de leur part d’amour.] Cf. LXI, 2.

3. Siu siu, aux. desc. peint une attitude soumise. Le mot Siu indique par lui-même la soumission : qualificatif rituel des femmes. Cf. V, 3.

3, 4, 5. Tcheng : Les femmes de second rang, avec une attitude modeste vont, aux heures nocturnes, tantôt de grand matin, tantôt le soir venu, au lieu où se tient le seigneur... En règle générale, les femmes de second rang couchant avec le seigneur n’osent pas prendre (toute) la nuit. (Cette expression se retrouve au Li ki, Nei tsö ; Couv., I, p. 661 avec un emploi différent.)

7. Chen, Orion. — Mao, Pléiades.

8, 9, 10. Tcheng : Les femmes de second rang, quand c’est leur tour de coucher avec leur seigneur, emportent leur literie et des rideaux. — Une glose explique que les rideaux sont nécessaires parce qu’elles couchent à deux avec lui.

p.144 Variantes d’écriture : HTKKSP, 1171, pp. 18 19-20.

Chanson de palais. Correspondances astronomiques. Cf. SMT, III, 348.

Comp. LXVII B.

LXVII B - L’armoise (Chao nan, 2 — C. p. 17 — L.).
1. Je m’en vais cueillir l’armoise
2. Sur l’étang et sur l’écueil !
3. Je m’en vais en faire usage
4. Au service du seigneur !


5. Je m’en vais cueillir l’armoise
6. Au milieu de la vallée !
7. Je m’en vais en faire usage
8. Dans le palais du seigneur !

9. Que ma coiffure est modeste
10. Matin et soir au palais !
11. Que ma coiffure est superbe
12. Quand voilà que je m’en vais !

LXVII B. L’armoise (montre que) la princesse ne manque pas à ses devoirs. La princesse peut (puisqu’elle va cueillir l’armoise) offrir les sacrifices et ainsi ne pas manquer à ses devoirs.

Tcheng interprète ne pas manquer à ses devoirs par le vers 10 : « matin et soir au palais ».

2. Mao : Les femmes de seigneurs prennent de l’armoise pour aider au sacrifice. Kong Ying-ta rapproche cette cueillette de celle des lentilles in LVI.

4. Mao : Au service du seigneur = dans le service du temple seigneurial.

8. Mao : palais = temple.

9. Parure de cérémonie des cheveux.

T’ong t’ong, aux. desc. peint une attitude modeste et respectueuse. Pour Tcheng : Matin et soir au palais indique qu’à toute heure de nuit et de jour la princesse surveille les préparatifs du sacrifice.

11. K’i k’i, aux. desc. peint une attitude tranquille et digne. Cf. (Pin fong, I), XXI, v. 20. Le même aux. desc. est dit peindre la foule : dans un vers où il est précisément question de la cueillette des p.145 armoises. Cf. Siao ya, III, 7, st. 4 (indice de la vanité des gloses sur les aux. desc.).

12. Revenir, selon Tcheng, du temple vers sa chambre.

Variantes d’aux. desc : HTKKSP, 1171, p. 12 v°.

La chanson est une des quatre utilisées in HTKKSP, 1423 (p. 17 v°) pour défendre la théorie que le mariage n’était consommé qu’au 3e mois après le sacrifice végétal aux ancêtres. Cf. LVI et LIX (et Chao nan, 4).

Le thème de la cueillette sur l’eau, 2, 5 (cf. LVI, 5, 6) le rapprochement avec XXI, 20 d’une part, et d’autre part le vers 10 identique à LXVII, 4, suggèrent que cette chanson de palais se rapporte à la fois aux sacrifices féminins du culte seigneurial et aux rapports sexuels entre époux — et qu’elle dérive des chansons de cueillette, chantées aux joutes printanières. On notera la description de la toilette : Comp. Li ki, Nei tsö (Couv., I, 661) la description de la toilette de nuit d’une femme.

Pièce importante pour montrer le passage des usages et de la poésie populaires aux usages et à la poésie de cour.

Chanson de cour. Thèmes des cueillettes sur l’eau.

Ni l’art personnel de l’auteur du paysan ni l’art raffiné de celui des petites étoiles ne pourraient se comprendre si l’on ne connaissait l’art naturel des chansons d’amour. Si l’on étudiait la poésie chinoise, on montrerait facilement l’importance des deux procédés de composition dont je viens de parler. L’art des sentences symétriques constitue un procédé d’école qui correspond à la démarche spontanée de l’improvisation primitive 1. Les allusions littéraires ne sont pas autre chose que la reprise d’un thème ancien ; leur emploi est mieux qu’un procédé pédantesque : rappeler un thème, c’est évoquer un sentiment dans sa force originelle et sa richesse traditionnelle. Les sentences symétriques, où le rythme, sans laisser voir l’auteur, établit la correspondance des choses et des mots, les allusions littéraires où, sous la profondeur des émotions anciennes, se dérobe le sentiment p.146 individuel, contribuent à donner à l’art des poètes chinois cet air d’impersonnalité qui semble une de ses caractéristiques, et qui, dans l’art primitif, résultait des conditions même de l’improvisation poétique. Mais ce n’est point notre sujet de suivre dans sa fortune un genre littéraire dont nous venons d’apercevoir les débuts ; il aura suffi de faire sentir combien ces commencements eurent d’influence sur son histoire.

Voici terminées ces recherches sur les chansons d’amour du Che king : études de textes et où j’ai voulu ne rien devoir qu’aux textes. De telles études, faites d’inductions, supposent une part d’hypothèse que j’ai désiré mettre en évidence ; mais la comparaison permet d’en confirmer les conclusions.

Les joutes de chants d’amour sont d’un usage général dans la plupart des populations aborigènes du Sud-Ouest chinois et du Tonkin ; on les retrouve au Tibet ; elles ont existé dans l’ancien Japon. Tout ce qu’on en sait confirme mes inductions.

Les chansons tirent leur origine de chœurs alternés où s’opposent les filles et les garçons.

Il existe chez les Hak-ka des chants qu’Eitel nomme responsorium ; « une strophe est chantée par un homme, la réplique doit être donnée par une femme 2. Les Man du Tonkin forment des chœurs de jeunes filles et de garçons qui alternent entre eux « pour chanter des quatrains 3 ». « Les Laqua sont fort amateurs de chants toujours dialogués entre filles et garçons 4. » Chez les T’ou jen du Kouang-si les jeunes gens et jeunes filles aiment à se promener par couples p.147 en chantant des chansons 1. « Ils se réunissent, pour chanter des chansons à couplets alternés. » « Les jeunes gens et les jeunes filles (chez les Miao), se tenant par la main sur deux rangées qui se font vis-à-vis, dansent au son d’un petit tambour, et du lou-sen ; après s’être provoqués, les couples qui se sont choisis, se donnent mutuellement la réplique en improvisant des chants poétiques 2. » « Les jeunes gens (Lolo) des deux sexes... s’alignent de front et coupent la fougère en chantant des chansons, improvisées 3. » Au Tibet « on affectionne les doubles chœurs d’hommes et de femmes rangés face à face et se répondant vers par vers, en avançant ou en reculant doucement en cadence 4. » Dans l’ancien Japon existait la coutume de l’Uta-gaki, haies de chansons, ou Kagai, chants alternés. Deux groupes réunis sur la place publique et se faisant face chantaient alternativement... les jeunes gens employaient ce procédé pour faire leur déclaration à celles qu’ils avaient choisies ; elles leur répondaient à leur tour en chantant 5...

Les chœurs sont coupés d’impromptus par lesquels les jeunes gens et les jeunes filles se lancent des défis ou se font des déclarations d’amour.

On a vu qu’il en était ainsi chez les Miao. De même dans l’ancien Japon : « un individu d’un groupe se détachait et improvisait un chant auquel répondait également à l’impromptu un individu d’un groupe opposé 6. » Au Tibet, les mariages se terminent « par des chants mêlés exécutés alternativement par les jeunes filles et les jeunes hommes ; celui qui reste court quand son tour est venu, d’improviser son distique ou son quatrain est puni d’une amende 7. » « En chantant des p.148 chansons à couplets alternés, le jeune homme et la jeune fille (T’ou jen) qui se font vis-à-vis se déclarent mutuellement leur amour... C’est là une espèce de concours 8. » Chez les Tchong-kia-tseu du Kouei-tcheou existent aussi « les réunions des deux sexes sur la montagne où il y a combat d’éloquence et de poésie 9. » « Quand un couple (Mo-so) a chanté avec harmonie, il va s’unir dans les vallées des montagnes ou dans les profondeurs des bois 10. »

Les joutes de chants d’amour ont lieu à l’occasion de fêtes saisonnières, où l’assistance est nombreuse, et parmi d’autres concours ; ces fêtes, mêlées de rites sexuels, sont considérées comme des fêtes de fiançailles ou de mariage.

Les Tibétains se livrent au printemps à des exercices de chant « qui sont en général entourés d’une certaine solennité : le temps en est fixé d’avance ; ceux et celles qui y prennent part doivent avoir fait leurs ablutions et revêtu des habits propres, comme pour une cérémonie religieuse. Il serait peu décent de danser au hasard et sans règle, uniquement pour l’amusement 1 ». C’est à l’occasion du nouvel an que les Lo-lo du Yun-nan se réunissent pour aller sur la montagne couper du bois ou des herbes sèches destinés à un feu de joie 2. La fête, chez ceux du Tonkin s’appelle « con-ci 3 ». « Le premier mois tout entier est consacré aux amours. » « Chez les Thos 4 de la région de Cao-bang il existe... une fête de la jeunesse que l’on célèbre quelques jours après le nouvel an. Ce jour-là, les jeunes filles et les jeunes garçons, parés de leurs plus beaux atours, se réunissent au milieu d’une vaste plaine et presque toujours près d’une pagode, sous la protection de laquelle ils vont prendre p.149 leurs ébats. Tout à l’entour s’installent des marchands de victuailles, de fruits, de gâteaux, de confiseries... Pour la région de Cao-bang, la fête se passe dans la grande presqu’île de Pho-yen, auprès d’une pagode qui renferme les statues d’un grand nombre de divinités, fort bien conservées ; elle y attire chaque année un concours immense de jeunes gens et de curieux qui viennent d’un grand nombre de villages des alentours depuis Cao-bang jusqu’à Buoc-Hai et Mo-Xat et même des massifs de Luc-khu et de Tap-Na... Bientôt les jeunes gens ont choisi leurs compagnes... les divers couples se dispersent dans la campagne à l’ombre des bambous, des pamplemoussiers et des banyans.  Chaque garçon le dos tourné contre le dos de sa partenaire... entonne une série de véritables complaintes... Vers le milieu de la journée les couples se réunissent et cette fois se font vis-à-vis à cinquante pas environ, sur deux rangées... Chaque garçon tient à la main une balle, attachée à une longue corde, qu’il lance en l’air vers la jeune fille qu’il a choisie. Si cette dernière reçoit la balle ou la ramasse, c’est que le garçon qui la lui a envoyée est agréé par elle et dès lors elle devient « sa conquête » pour le reste de la fête. Si la belle lui renvoie la balle, c’est qu’au contraire il ne l’a pas tout à fait charmée. Le soupirant reprend alors sa sérénade et le jeu de balle continue jusqu’à ce que la jeune fille se déclare satisfaite, ce qui, en général, ne tarde pas à se manifester. Dans la plupart des villages, cette fête serait véritablement une fête des fiançailles, mais dans certaines localités elle servirait de prétexte à des sortes de saturnales auxquelles la réhabilitation par le mariage ferait absolument défaut. » Chez les Miao-tseu du Kouang-si, la fête porte le nom de Hoi-gnam dont le sens, dit Colquhoun 1, est obscène : au premier jour de l’année, hommes et femmes s’assemblent dans une vallée étroite ; les hommes se tiennent d’un côté, p.150 les femmes de l’autre. On chante : quand un garçon a séduit une fille avec ses chants, elle lui lance une balle colorée. À côté se tient une foire où les galants achètent force cadeaux à leurs belles. La fête a lieu au premier mois du printemps chez les Miao-tseu du Yun-nan. « Ils se livrent, dit un observateur chinois 2, à la danse au clair de la lune... et chantent en chœur... Ils se livrent à des pantomimes... Ils font encore des balles en soie de couleur, choisissent celle qui leur plaît et s’amusent à la (lui) lancer.. Ils réunissent le soir pour rivaliser d’adresse et d’entrain et ne se séparent que le matin. Ensuite viennent les délibérations au sujet des conditions et de l’époque de leur mariage. Ils battent leur tambour de bronze, jouent de la trompette, font des sacrifices d’actions de grâce et dressent les contrats. « Aux environs du nouvel an les jeunes gens et jeunes filles (Miao)... vêtus de leurs plus beaux habits... se rendent à un endroit convenu .... c’est souvent une fête des fiançailles 3. » Dans le Kouang-si 4 « chaque année, durant la troisième ou quatrième lune, les jeunes garçons et les jeunes filles (T’ou-jen) des différents villages se réunissent... les gens des villages voisins viennent en apportant des provisions assister à ces sortes de concours ; chaque rassemblement ne comprend pas moins d’un millier de personnes toutes âgées d’une vingtaine d’années environ. Les indigènes prétendent que si ces réunions étaient empêchées ou interdites pour une cause quelconque, les moissons ne pourraient arriver à maturité et de nombreuses maladies épidémiques s’appesantiraient sur les populations. » « Ces cérémonies sont souvent prétextes à accordailles .... souvent les couples qui se sont découvert un penchant, mutuel s’égarent dans les buissons voisins et dans les herbes de la jungle pour y prendre les arrhes du futur mariage. » Sou-hing, roi de Nan Tchao (Yun-nan) (de p.151 1041 à 1044 ap. J.-C.), « pendant les mois de printemps se rendait aux bains appuyé sur des courtisanes ; il allait ainsi en descendant le courant depuis les trois sources Yu-Ngan jusqu’au bassin Kieou-kiu-lieou ; les hommes et les femmes s’asseyaient, se battaient avec les fleurs, en piquaient dans leurs cheveux et jour et nuit se livraient au plaisir 5. » Dans le même pays « au printemps, les cours d’eau sont tièdes, partout jaillissent les sources ;... partout on vend du vin, partout on aperçoit des épingles de tête et des bracelets ; on cherche la fleur odorante et on lutte dans le pavillon de repos remis à neuf. ; au pied des jujubiers les chansons se succèdent et l’on compose de belles pièces de vers... (au troisième mois) les chants s’élèvent et se répondent 6. »

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