Les enjeux d’une production cinématographique en France







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Banshee comme un exemple concret pour voir les étapes et les difficultés qu’on peut rencontrer quand on s’engage dans la production d’un film long métrage en France.


production d’un film long métrage EN FRANCE.

Exemple du film Banshee


  1. l’écriture.

Un premier financement s’est fait par les liens « régionaux » des auteurs-réalisateurs (Midi-Pyrénées, canton et ville de Neuchâtel en Suisse), et résidence d’écriture (CECI). Ces premières aides ont permis le financement de l’écriture d’un premier scénario.
Ce scénario était plus un scénario de réalisateurs, matière de tournage accompagnée de notes, dessins, story-board. Ce scénario est ambitieux, c’est un récit de science fiction et il fait appel à certaines techniques comme la rétroprojection.
Les partenaires approchés ont demandé à avoir plus d’éléments visuels et plus de descriptions, de détails sur les personnages et les décors dans le scénario.

ous sommes donc allés chercher des aides au développement.


  1. Le développemenT.

On appelle développement l’étape qui sert à mettre en place tous les éléments qui vont aider une production à présenter un projet (casting, images, etc…)
Nous avons demandé et obtenu une aide au développement du CNC.
Avec cet argent, nous avons réalisé

A. dossier de présentation. Travaillé en studio avec des acteurs en situation, avec des costumes, un chef opérateur, pour donner des précisions sur l’atmosphère le jeu, la lumière, ainsi que des précisions techniques de réalisations.
J’ai ensuite travaillé avec une graphiste pour réaliser un dossier de visuels accompagnés de textes.
Ce dossier est maintenant le support pour présenter le projet.

Il est ainsi utilisé par le vendeur international, qui présente le film dans des marchés auprès de diffuseurs internationaux. Le vendeur international cherche à vendre le film à l’étranger avant réalisation, pour avoir de l’argent en préachat.
- Ce dossier est aussi un outil pour démarcher des coproducteurs. Pour Banshee nous envisageons une coproduction France- Allemagne- Suisse. Le projet a été sélectionné au marché du film du festival de Mannheim cet automne. Cela nous permettra de rencontrer d’éventuels coproducteurs allemands.
L’aide au développement du CNC a aussi financé un travail de réécriture du scénario.

B. travail de réécriture avec une scénariste.

Ce travail a précisé des intentions, des décors et des personnages qui étaient peu décrits dans le premier scénario.
Aujourd’hui, après les phases de réécriture et de développement, il y a un scénario définitif, un dossier visuel, un casting… Le projet a une identité.
Nous pouvons maintenant le présenter aux partenaires financiers.

La recherche de diffuseurs se fait avec la présentation du projet aux chaînes de TV. On recherche un préachat, c’est-à-dire un achat avant tournage. Le projet Banshee est actuellement chez Canal +, et la chaîne câblée Ciné Cinéma.
Les difficultés

Les partenaires financiers hésitent à s’engager les premiers sur un projet produit par une jeune société (qu’ils craignent de n’être pas assez solide financièrement).
Dans le cas de Banshee, qui est un film d’atmosphère, il y a aussi des questions qui subsistent.

A quoi va ressembler le film au final ?

Quel public il va atteindre ?
La difficulté majeure pour des films d’auteurs aujourd’hui est de savoir dans quelle économie de diffusion : salle / TV / DVD ils se situent.

EN d’autres termes quelle audience ils vont faire.
L’enjeu de la production indépendante se joue aujourd’hui sur la diffusion.
De moins en moins de salles aujourd’hui prennent le risque de programmer un premier film ou de jeunes auteurs peu connus. (d’où l’importance croissante du casting)

Les films lorsqu’ils sortent restent très peu de temps en salle. Car il y a un tournus de films plus important. Ils doivent donc avoir un public cible dès le départ.

Des blockbusters sortent dans 1000 salles en même temps. En France par exemple il y a une démarche de réalisateurs (comme Chantal Akerman) qui militent pour que un film ne puisse sortir en France sur plus de 500 écrans. Ils pensent que c’est une atteinte à la diversité.
Il y a des structures qui aident à la diffusion de films d’auteur. Par exemple l’ACID, qui aide au tirage des copies, qui finance une plaquette de présentation qui accompagne la sortie du film dans les salles de cinémas art et essais.
Il y a une politique du CNC qui finance les salles art et essais pour qu’elles puissent prendre des risques sur la programmation. Il faut avoir un label « art et essais ». Ca fonctionne par écran, et pas par cinéma, un cinéma peut avoir une salle art et essais parmi d’autres salles commerciales. et aussi sur les films étrangers en VO sous-titrés.
Il y a aussi une politique de salle comme ciné93 qui présente des films avec des débats en présence des réalisateurs. Ces gens pensent que ce cinéma doit se différencier par la manière dont il est présenté.
Il y a aussi des actions de réalisateurs, qui par des liens avec des exploitants de salles, avec des festivals, organisent la diffusion pour faire exister leurs films pour faire exister leurs films. Par exemple Alain Cavalier, un auteur très reconnu en France, qui dit que c’est grâce à 5 salles de cinéma amies qu’il survit cinématographiquement.
Le débat sur le spectateur est un peu vicié.

Les diffuseurs n’ont de cesse de répéter qu’il faut PENSER AU PUBLIC

Les auteurs pensent plutôt qu’il faut RESPECTER LE PUBLIC
Par exemple, plusieurs producteurs ont dit récemment à l’occasion de leur mort, que ni Bergman ni Antonioni ne pourraient se faire produire aujourd’hui. Pourtant ils aiment leurs films. Et les gens vont toujours voir ces films, ce sont pour des maîtres du cinéma.
En tant que réalisatrice, un film est pour moi d’abord une proposition, un univers, une vision personnelle et originale, qui demande une participation ou en tout cas une écoute du spectateur.
L’acte d’aller voir un film est important. En tant que spectateurs, nous sommes responsables du box office. Il faut savoir si nous allons au cinéma comme des consommateurs ou comme des acteurs.
En France, la fréquentation des salles montrant des films français reste élevée (par rapport au cinéma américain et par rapport aux autres pays européens) mais ce chiffre est maintenu car des comédies et des films de genre à gros budget sont produits nationalement.
En outre il y a le système de cartes, achetées au mois ou à l’année et qui permettent d’aller voir un nombre illimité de films dans certains réseaux de salles. Carte UGC, Pass Gaumont-Pathé-MK2 à 18 euros/mois. Cette nouvelle pratique a rendu les spectateurs impatients par rapport aux films. Ils entrent dans une salle de multiplexes et au bout de 5 minutes changent de salle s’ils s’ennuient. C’est aussi la mort des petits cinémas indépendants, qui du coup semblent très chers.
Le système d’aides publics comme le CNC cherche à équilibrer ce rapport entre films d’auteurs et films commerciaux. Une grande partie des fonds du CNC vient de taxes sur les billets d’entrées et sur les DVD. Malgré cette volonté, on assiste quand même à un appauvrissement de la proposition faite au spectateur. Cela vient aussi que les films ont besoin d’achat par la Télévision pour se financer, et donc la tv a droit de regard sur le contenu et la forme.
Pour qu’un film d’auteur ait son public, il faut qu’il ait été remarqué dans des festivals internationaux.

Toute la différence se fait au niveau de la campagne médiatique.

Mais les films d’auteur ont moins de moyens.

Il faut qu’ils aient des prix en festivals pour qu’on parle d’eux.

Ex : Fatih Akin, ours d’or à Berlin
Si on regarde tous les réalisateurs aujourd’hui reconnus, ça ne s’est pas fait en un film et le public ne les a pas suivis sur le premier film (Lars Van Trier, Wim Wenders) mais c’est après quelques films que le public les a reconnus et a suivi leur originalité.
En tant que productrice

C’est ce genre de films et de réalisateurs que Banshee Films a l’intention de produire et de soutenir
Comment ?

En restant très attentifs à la maîtrise du budget et à des thématiques qui peuvent interpeller le public.
En s’associant avec d’autres réalisateurs producteurs au niveau européen. En étant plus nombreux.

En faisant intercirculer nos films dans les réseaux de chacun.

Ainsi mes films ont été montrés à Chemnitz, et à l’école du cinéma de Berlin, et aussi en Suisse dans un cinéma d’art et d’essais avec lequel je travaille régulièrement.

En tant que réalisatrice

Je recherche une voie hybride entre film d’auteur et film d’art. Aujourd’hui beaucoup d’auteurs de cinéma en France se déplacent vers la scène artistique. Certains films sont montrés dans les musées, et il y a aussi des écoles d’art qui se spécialisent vers le cinéma.

ANNEXE 1 / EXCEPTION CULTURELLE
Cette notion d’" exception culturelle " est née des débats lors des négociations du GATT en 1993.
L’exception culturelle au GATT

Depuis la conclusion du GATT en 1947, sigle du General Agreement on Tarifs and Trade, la dénomination anglaise de l’Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce, les échanges internationaux ont fait l’objet d’un mouvement profond de libéralisation. Plusieurs cycles de négociations ont permis de réduire progressivement les obstacles aux échanges et d’améliorer les processus de règlement des conflits commerciaux. Le GATT de 1947 ne portait que sur les marchandises. Les services jouant un rôle de plus en plus important dans les économies et les échanges extérieurs, la discussion s’est engagée sur leur libéralisation. Au cours de la phase finale des négociations du cycle dit de l’Uruguay, ouvert en 1984, les Etats-Unis ont souhaité que les échanges culturels et en particulier l’audiovisuel soient traités comme les autres services (financiers, télécommunications), et soient donc régis par les principes essentiels permettant la libéralisation de leurs échanges internationaux. Les enjeux étaient considérables. Pour les Etats-Unis, le cinéma et l’audiovisuel représentent un vecteur fondamental de leur influence culturelle, ainsi qu’une part non négligeable de leurs exportations. La libéralisation leur est extrêmement favorable, compte tenu de leur puissance écrasante dans ce domaine.

A l’inverse, la France, plusieurs pays européens, ainsi que la Communauté européenne ont mis en oeuvre des politiques visant à promouvoir des objectifs nationaux et européens, pour s’opposer à l’hégémonie américaine.

La France en particulier, dispose des instruments les plus diversifiés. Elle a joué un rôle important pour convaincre la Communauté européenne de s’opposer aux Etats-Unis dans cette négociation et faire reconnaître le principe que les biens et services culturels ne peuvent être considérés comme des marchandises courantes.
En décembre 1992, la Communauté a ainsi déposé une demande officielle pour faire bénéficier la culture de la clause d’exception prévue par l’article 14 de l’Accord général, comme pour les domaines de la sécurité, de l’ordre public, de la santé et de la vie privée.

Le 15 décembre 1993, l’Accord général sur le commerce des services (GATS) a finalement été conclu. C’est ce qu’on appelle : les acquis du GATS. Ils constituent sans conteste une victoire du principe de l’exception culturelle au sens de la reconnaissance d’une spécificité de la création, comme devant échapper aux seules lois du marché. Ils font l’objet de tentatives renouvelées de remise en cause dans toutes les négociations commerciales multilatérales.
Pour protéger sa politique culturelle, la France a déposé en avril 1996 une demande d’exception générale dans le domaine de la culture, donc plus large que les "acquis" du GATS. En outre, elle a demandé l’exclusion de la propriété littéraire et artistique de la définition de l’investissement proposé par l’accord.

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