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as.Conclusion



Chapitre 5 : Les jouets pour enfants en bas âge

  1. Axe systémique

  1. Introduction


En 2010, un ménage moyen consacrait un budget d'environ 438€ par an en jouets hors jeux vidéo. Le marché du jouet est donc un marché d'importance, qui a connu ces dernières années une croissance robuste quoique irrégulière (16% entre 2005 et 2010) (Meirsman, 2011). Mais quelles sont vraiment les motivations des parents pour engager des moyens aussi conséquents dans ce type de dépenses de loisir? Les enfants de 0 à 2 ans, que nous envisageons dans le présent travail constituent à ce titre un cas tout à fait spécifique. En effet, ceux-ci n'en sont qu'au tout début du développement de leurs facultés cognitives, et leurs capacités d'interaction et de communication demeurent encore limitées. Dès lors, quel peut bien être l'intérêt des très nombreux articles de jouets que l'on peut trouver dans le commerce et qui s'adressent (à travers leurs parents) à ces très jeunes enfants ?

Nous aborderons le présent travail par une approche basée sur deux catégories de jouets : les jouets récréatifs, dont l'objectif affiché est de divertir et d'amuser l'enfant, et les jouets éducatifs qui annoncent des propriétés supposées développer des connaissances, des capacités, ou accélérer leur assimilation. Nous considérons que ce nouveau type de jouet est donc venu compléter la catégorie des jouets qui n'avaient été conçu qu'avec la seule volonté d'être récréatif. Un type de jouet mixte ou principalement destiné à développer les compétences des enfants est ainsi venu étoffer l'offre en la matière.

Ainsi, le choix opéré dans le cadre de ce travail d'examiner les jouets suivant une distinction entre jouets « éducatifs » ou d'« éveil » et jouets « récréatifs » vient donc essentiellement de ce qu'il s'agit d'une distinction qui a fait l'objet d'études particulières que nous verrons plus loin et qui est largement pratiquée dans la société. Nous regroupons donc dans une catégorie les jouets dit éducatifs ou d'éveil, et qui mettent en avant un développement des capacités, des compétences et/ou des connaissances de l'enfant en opposition aux jouets dit récréatifs, qui ne mettent pas ces arguments en avant.

A noter que les notions d'éveil et d'éducation ne se recouvrent pas parfaitement, mais dans le cadre limité de ce travail, nous les traiterons comme appartenant à un même ensemble.

La présente partie poursuit l'objectif d'étudier les différentes motivations des parents dans l'achat de jouets pour leurs enfants et d'examiner les différences de consommations en fonction du niveau socio-économique du ménage au regard des deux catégories de jouets évoquées ci-dessus.

Le jouet : outil d'éducatif ou simple divertissement ?


Il ne faut pas parcourir longuement les différents sites sur Internet qui proposent des jouets pour les enfants de moins de 2 ans pour y voir accoler des commentaires éloquents, attribuant à certains de ces produits de nombreuses vertus : on y parle de développement, de stimulation des plus petits. Il est important de souligner dans un premier temps que les notions d'apprentissage et d'éducation s'inscrivent dans un contexte large influencé par de nombreux facteurs et nécessitant une diversité de stimulation dont les jouets ne peuvent être qu’un élément parmi d’autres. En outre la catégorisation des objets – et dans ce cadre des jouets - de manière à leur donner un sens et une définition est une construction sociale complexe et difficile à percevoir comme l’a notamment étudié Pascale Garnier (Garnier, 2012).

Le fait de chercher à définir des attributs et des spécificités à des objets nous en apprend en fait plus sur la personne qui développe cette classification que sur l'objet lui-même. C'est un révélateur des enjeux et des valeurs que l'entité qui classifie juge prioritaire et porteur de sens pour la société (Garnier, 2012).

L'idée qu'un certain type de jouet soit doté de caractéristiques éducatives est assez largement répandue. Quant on interroge l'entourage d'enfants sur les motivations de leurs achats en matière de jouets, si c'est certes le plaisir de l'enfant qui est évoqué largement en tête, c'est l'éducation qui est cité dans plus de 30% des cas chez les parents (Brougere, 2003) . Cette idée est donc fortement ancrée et bien présente dans nos sociétés, encouragée probablement par les publicités enthousiastes des marchands et fabricants de jouets, mais peut-être aussi par la société elle-même qui valorise l'apprentissage et le savoir au sens large de façon très importante.

Toutefois, il est important de souligner que l'idée de l'intérêt éducatif intrinsèque du jouet est sujette à débat, et certains chercheurs qui se sont penchés largement sur cette question ne considèrent pas qu'il s'agit là d'une evidence (Brougere, 2003). De fait le caractère éducatif ou récréatif d'un jouet serait une construction sociale et celui-ci ne pourrait être appréhendé qu'en fonction de l'activité qu'il génère. Cela signifie que l'activité ne pourrait-être envisagée comme source d'apprentissage que dans le cas ou elle respecterait strictement les prescrits liés à l'utilisation de l'objet.

On le voit, cette question est complexe. Entre croyance des parents, intérêt réel de l'enfant et promotion commerciale des jouets, il n'est pas simple de faire la part des choses.

Les différences en fonction du niveau de revenus


Une première différence objective frappante quand on cherche à analyser les différences entre les niveaux de revenus par ménages réparti en quartiles dans l'enquête sur le Budget des ménages du SPF économie, c'est le fossé qui existe entre le niveau de consommation des différents ménages (SPF économie, 2012).

Ainsi, si l'on prend en compte le code qui correspond le mieux à notre sujet d'étude, « les jouets et poupées », la dépense moyenne par ménage et par an du premier quartile ne s'élève qu'à 28€, alors que le second est à 60€, le 3ème à 141€ et le dernier à 203€. Ces différences très marquées entre quartiles peuvent bien entendu être analysées de plusieurs façon, mais laissent en tout cas clairement percevoir que les dépenses en la matière augmentent considérablement en fonction du niveau de revenus et que cette augmentation doit probablement, dans une certaine mesure, se répercuter sur la quantité de jouets dont bénéficient les enfants élevés dans les ménages issus des différents quartiles.

Dans le cadre de ce travail, il nous semble intéressant de distinguer les différences d'approches selon la catégorie sociale de la famille dans le choix de jouets. Pour se faire, nous reprendrons les données d'une etude (Vincent, 2000) qui évoque les stratégies éducatives familiales. Cette étude s'intéresse plus précisément aux enfants en âge scolaire, plutôt qu'à la petite enfance. Toutefois, nous estimons intéressant de s'appuyer sur les conclusions de cette étude à propos des différences de conception en fonction de la catégorie sociale. Sur ce point précis, nous estimons qu'il n'est pas problématique de transposer les valeurs portées par les différentes classes sociales lors de l'achat de jouets pour les enfants en âge de scolarité aux enfants plus jeunes qui nous intéressent, dans la mesure où une offre de jouets dits éducatifs ou d'éveil existe pour les deux catégories d’âges.

Ainsi l'étude révèle que le type de cadeaux reçus par les enfants dépend de façon très importante de la catégorie sociale des parents. Les enfants issus de ménages des catégories sociales dites supérieures sont 42,1% à recevoir majoritairement des cadeaux éducatifs alors qu'ils ne sont que 14,6% dans les classes dites populaires. Cela ne doit cependant pas nous laisser penser que les enfants issus de ménages des catégories dites inférieures négligeraient l'éducation de leurs enfants. En tout cas, en ce qui concerne la réussite scolaire, c'est une priorité essentielle, toute classe sociale confondue.

C'est donc bien à une différence de conception que doit renvoyer le caractère récréatif ou éducatif des jouets offerts par les parents. De fait, les parents de milieux plus favorisés achètent des jouets en fonction des qualités particulières qu'ils en attendent. Et ce qui différencie tout particulièrement, selon Sandrine Vincent, les classes supérieures des classes populaires, c'est la capacité de ces premières à pouvoir évoquer de façon très précise ce qu'ils attendent d'un jouet éducatif et à le définir. Plus on se rapproche des classes populaires, plus cette description sera vague et imprécise.

Les classes supérieures sont donc en mesure d'expliquer quelles sont les compétences particulières qu'elles entendent développer en achetant précisément un certain type de jouets et par quel mécanisme elles estiment que le jouet sélectionné pourra y parvenir. C'est cette compétence particulière qui leur permet de sélectionner de façon plus fréquente des jouets qui peuvent être qualifiés d'éducatifs.

Toutefois, comme nous l'avons abordé plus haut, nous ne considérons pas que ce sont les qualités intrinsèques des objets qui permettent de désigner un jouet comme éducatifs ou récréatifs, mais bien l'usage qui en est fait. A ce titre, les parents jouent un rôle important dans le développement cognitif de leur enfant en lien avec les jouets qu'ils leur offrent, puisque bien souvent, surtout chez les plus jeunes, c'est eux qui servent de médiateur entre l'objet et l'enfant. Ils jouent avec leur enfant, et prescrivent à ce titre un certain usage des objets qu'ils lui destinent.

Il est donc légitime de se demander si, au delà de la quantité et de la qualité des jouets dont nous entourons nos enfants, l'élément prépondérant du développement cognitif de ceux-ci n'est pas à chercher dans la qualité de la relation que l'enfant entretient avec son entourage au premier rang desquels sa mère, son père, ou ses proches, indépendamment de l'objet qui va servir de médiateur entre eux.

at.Conclusion


La consommation importante de jouets observée dans nos sociétés est la conséquence de la combinaison de plusieurs facteurs. S'il semble clair que la pression exercée par les publicités commerciales doit, comme dans tout secteur de la consommation jouer un rôle important, ce n'est pas le seul. Les valeurs liées à l'apprentissage, à l'épanouissement et au développement de nos enfants sont très largement mises en avant dans nos sociétés. Hors, en ayant réussi à construire la croyance que les jouets pouvaient avoir un rôle positif dans le développement cognitif des enfants, la société de consommation a fait là usage d'un levier particulièrement puissant pour inciter les parents à acheter des jouets.

S'il est clair que la catégorie des jouets éducatifs n'influence pas tous les publics de la même façon, elle n'en reste pas moins une motivation importante, particulièrement chez les ménages les plus consommateurs. Rien d'étonnant à avoir donc constaté une croissance importante et régulière de la consommation de jouets ces dernières années, participant donc à l'aggravation de notre impact sur l'environnement.

A tel point que le poste relatif à la dépense de jouet est aujourd'hui devenu un incontournable et que les parents y investissent des moyens tout à fait conséquents. On peut aussi s'interroger sur la plus-value réelle qui existe à entourer un enfant d'une multitude de jouets différents et s'il y a là réellement un intérêt, tant en terme récréatif qu'éducatif.
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