L'art en chine et au japon







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Pl. 54. Villa en hiver sous les bambous.

Par Ma Yuan (en jap. Bayen). Début du XIIIe siècle.



Pl. 55. Villa sous les pins.

Par Ma Yuan (en jap. Bayen). Début du XIIIe siècle.

Tout ce que Bayen peignait pour l'empereur Neiso portait le commentaire délicatement poétique, et la calligraphie de la jeune sœur de l'empereur, Yokei, preuve de la haute situation de Bayen à la cour, et de l'influence délicate des femmes.

Le Japon possède encore, dans les vieilles familles de Daimios et dans ses temples, de nombreuses peintures de Bayen. Il s'y montre digne héritier de Kiso-Kotei dans les paysages, et aussi de Riryomin dans les figures. On retrouve peu dans ses œuvres les grands effets par taches de brumes, de nuages et de feuillées que réussirent les premiers Song, Kakki et Risei. Sa touche est plus claire, nette et ferme, sans heureux hasards, mais volontaire. Sa couleur est très légère, faite de quelques teintes transparentes, juste assez pour modifier le ton de l'encre et du papier. Il est le vrai maître de l'école Kano au Japon. Il aimait à peindre les charmantes villas qui entouraient le lac de l'Ouest, et qui étaient serties comme des pierres précieuses, dans la vallée. Il savait aussi supérieurement placer un arbre dans sa composition, en en cherchant attentivement et passionnément le dessin, jusqu'à lui donner une vraie individualité.

Kakei peut être considéré comme un des plus grands paysagistes de l'art chinois, et peut-être même du monde entier. Il était un vrai disciple p.184 de Kakki, et continua à poursuivre ces effets de brumes où les oppositions du blanc et noir sont cherchées avec une subtilité de touche et une franchise, également dignes de Whistler et de Manet. Il fit rarement des figures ; ce fut un pur paysagiste étonnamment impressionniste. Il aima peindre les vues de côtes de l'estuaire de Sientang, tout près de Hangchow. Une peinture célèbre, que Sesshu connut bien, montre ainsi un pavillon au bord d'une crique, un fond de montagnes dans le brouillard de l'autre côté de la baie, avec de superbes groupes d'arbres, grands pins, chênes et saules.



Pl. 56. Le poète Rinnasei.

Par Hsia-Kuei (en japonais Kakei). Début du XIIIe siècle.



Pl. 57a. Paysage, par Hsia-Kuei (en japonais Kakei). Début du XIIIe siècle.

Une autre série d'œuvres montre Kakei surprenant les brumes flottant sur les plaines marécageuses, desquelles se dégage la forme tordue d'un arbre (très caractéristique de Kakei).

Une œuvre fameuse était un long rouleau, suite panoramique de la rivière Yangtsé, ses sources en ruisselets, son passage dans des gorges, son embouchure. Telle partie, avec ses pics sauvages, est comme une grande étude géologique, conçue avec l'emportement d'un Turner. Il peignait encore de merveilleuses cascades, (Tanyu en copia une) avec sa poussière d'eau et ses brumes. Une copie du temps des Yuen ou des premiers Ming nous révèle de Hsia Kuei un magnifique aspect de la côte chinoise, une cité entourée de murs, au bord d'une petite baie ; et tout est rendu dans la distance et dans l'atmosphère avec une vérité poétique et un art tout à fait rares.



Pl. 57b. Cascade.

Par Hsia-Kuei (en jap. Kakei). Début du XIIIe siècle. Copie par Kano Tanyu.



Pl. 57c. Paysage.

Par Hsia-Kuei (en jap. Kakei). Début du XIIIe siècle.

Parmi les artistes qui, sous l'empereur Neiso, entouraient Bayen et Kakei, nous connaissons Moyeki, le grand peintre de tigres. Il y eut Baki, le jeune frère de Bayen, Barin et Hsia-Lui (Karin), les fils de Bayen et de Kakei ; Rinshonen était célèbre pour ses paysages de fermes et ses scènes de tissages, imitées par les Kanos, et pour ses scènes enfantines. Sa couleur riche, dans les bleus, les verts et les rouges, a eu une très certaine influence sur les Ming.

Li Sung (Risu) était un charpentier, qui s'éleva peu à peu dans la hiérarchie académique. Il peignait des paysages du lac Seiko. Yen Tzu-ping (Enjihei) rappelle Kakei, mais plus dur et anguleux. Hsia Ming Yuan (Kameiyen) faisait de grandes architectures dans des paysages colorés.



Pl. 69. Un palais.

Par Kameiyen (Hsia-Ming-Yüan).

Liang Chieh (Riokai) enfin, peintre de figures, d'une suprême habileté et d'une touche violente dans ses coups de pinceau audacieux.



Pl. 60. Un ermite de la montagne.

Par Liang Chieh (en japonais Riokai). XIVe siècle.

Sous le règne de Li Tsung (Riso), paraissent Wang Hui (Oki), peintre de villas, imitateur de Bayen ; Fan an-jen (Hannanjin), peintre de poissons ;



Pl. 61. Copie d'après une peinture de Liang Chieh (en japonais Riokai). XIVe siècle.

Ma Lui (Barin) et Hsia-Lui (Karin). Renshiren a laissé une splendide peinture, au temple japonais Shokokuji, d'une cigogne volant devant un



Pl. 66. Cigogne au vol.

Par Renshiren. (Temple Sokokuji.)

fond de montagne, qui semble avoir été un des grands modèles de ce genre pour les Japonais.



Pl. 43. Un rakan ou arhat avec un serpent.

Par Mu Ch'i (en japonais Mokkei). XIe siècle. Époque des Song.

Mais celui qui domine vraiment cette troisième époque est Mu Chi (Mokkei), avec ses élèves les prêtres zen, étrangers à l'Académie, qui poussèrent encore plus loin l'impression passionnée de Riokai. Dédaigné des critiques chinois, à cause de son indépendance, nous savons peu de chose de lui. Il est le suprême impressionniste de l'encre, car p.186 il ne peignit pas avec les couleurs. Il n'a sans doute pas la violence et l'audace hasardeuse du coup de brosse. Son pinceau est subtil et doux ; pour rendre les impressions poétiques de la nature, il n'a pas de rival. Il a été le grand modèle des Japonais, de Sesshu et de Noâmi ; Kano Motonobou, dans son style adouci, procède de lui, comme toute l'école Kinkakuji de Kioto. Il fut le centre d'une école d'artistes religieux, que les confucianistes voulurent ignorer, et qui par son pur esprit zen fut intégralement adoptée par les Japonais. On trouve dans son œuvre des moineaux sur une branchette, des groupes de hérons dans les lotus, ou un héron dont le vol s'abat sous une averse de pluie, une poule et ses poussins, des raisins pendant à la vigne ; et quand il peignait de purs paysages, il n'était pas inférieur aux plus célèbres, de même que dans ses figures de rakans ou de Daruma, il a la noblesse qu'apportait Millet dans ses fusains.

Cinq peintures sur soie de Mokkei sont au Daitokuji de Kioto : deux cigognes et des bambous, un tigre grognant à la pluie, la tête d'un dragon émergeant d'un nuage, une guenon à longs bras et son petit perchés au sommet d'un arbre enguirlandé de vignes, toutes peintures inspiratrices des artistes des Ashikaga, sans excepter Sesshu. Mais la cinquième de ces peintures est sans doute, avec celles de Godoshi et de Riryomin, une des plus grandioses compositions que la peinture chinoise nous ait révélées : c'est la Kwannon blanche, assise dans une caverne rocheuse, avec les flots p.187 qui baignent ses pieds ; un vase de cristal dans lequel trempe une branchette de saule est posé sur un roc à gauche ; des herbes retombent de la voûte de la caverne. De légères nuées blanchâtres traînent dans l'espace. La plus absolue beauté réside dans la figure même de la Kwannon,



Pl. 42. Kwannon.

Par Mu Ch'i (en jap. Mokkei). XIe siècle. Époque des Song. (Temple Daitokuji, à Kioto.)

infiniment gracieuse dans sa pose un peu inclinée en avant, comme si elle prêtait l'oreille aux voix des marins en détresse qui lui arrivent sur les flots, figure toute féminine comme on la voit sur les porcelaines modernes. Figure toute plastique aussi, exécutée dans la pureté et la fermeté de ses formes comme une statue de marbre, et d'une expression tendre que n'ont jamais eue les figures semblables de Riryomin.

De nombreux artistes de la secte zen suivirent Mokkei à la fin de l'époque des Song. Un des plus remarquables est Mu An (Mokuan), dont le trait de dessin est plus lourd et plus écrasé. Mommukan a moins de vigueur.



Pl. 63. Un sennin voyageant sur un daim. Par Mommukan ? Copie.

Konenki, avec ses paysages brumeux, peignait aussi les mouvements de l'eau et des nuages, et leur esprit familier, le dragon.



Pl. 62. Gokuanshi (Cho Huan) peignit le roc, les orchidées et le bambou dans un disque. Nen Kawo peignit la baignade des buffles. Milieu du XIVe siècle.

La logique et le souci d'être complet pourraient amener à consacrer deux chapitres isolés à l'art des deux dynasties qui suivirent les Song, à celui des Yuen (Gen) qui suivit, et au long apogée des Ming. Serait-ce un juste souci de proportion ? Le XIVe et le XVe siècle produisirent certes de notables œuvres d'art, mais la beauté des formes en sera désormais trop souvent absente. Les grandes époques sont passées. L'étude de l'art des Yuen et de celui p.188 des Ming est surtout intéressante pour y chercher la courbe des rapports entre l'art des Song en Chine, et l'art des Ashikaga au Japon.

La fin de la dynastie Song est une époque tragique dans l'histoire de l'humanité, celle de la conquête mongole, houle dévastatrice, des rivages du Danube et de la Baltique aux rives des mers de Chine. Et cependant il en résulta ceci, qui est important, le contact direct entre Chine et Europe. Durant la courte dynastie mongole des Han 1 (1280-1368), les princes chinois furent reçus à Rome par le Pape, les missions franciscaines s'organisèrent en Chine, Marco Polo visita Hangchow et nous en laissa un récit véridique. Après les Yuen, il se passa deux siècles où les Européens n'y purent pénétrer, et durant ces deux cents ans le sentiment des Song s'était volatilisé. Gengis Khan était devenu chef des Mongols en 1206. Dès 1213, il dominait déjà les Kins, les adversaires invétérés de Hangchow. En 1227, Gengis Khan avait soumis à l'Ouest les Sarrasins. En 1234, ses successeurs avaient anéanti les Kins, et commencé à envahir le sud de la Chine. Malgré l'étonnante résistance de cette civilisation d'Hangchow durant cinquante ans encore, peu à peu les Mongols la réduisirent cité par cité, et Marco Polo les y aida. En 1270, la famille impériale fuyait Hangchow, et, en 1280, le conquérant mongol Kublai Kan (pour les Japonais Seiso), devenait premier empereur Yuen. Aussitôt les confucianistes proposèrent leurs services, et tous les rouages administratifs furent de nouveau entre ces mains natives ; ils faisaient détruire p.189 tous les livres « hérétiques » des philosophes d'Hangchow. On allait revoir les anciens jours du formalisme ancien ; c'était reculer à la mentalité du Xe siècle.

L'art chinois se plia à la compréhension de ses nouveaux maîtres : l'art des Yuen devient réaliste, pour interpréter en brillantes couleurs les arbres et les fleurs de leurs jardins, les animaux qu'ils préféraient, surtout les chevaux, les détails de la vie matérielle. Ils demandent conseil aux maîtres les plus réalistes des derniers Tang et des premiers Song. Toute trace d'idéalisme zen a disparu. Ce sont les chevaux de Soba, Kankan et Riryomin qu'on imite ; la sécularité de style de Seikinkoji et de Ganki dans les figures ; et pour les fleurs, le style de Joki, Kosen et Chosho. Les grands maîtres des Yuen sont Chao Tzu-ang (Chosugo), Chien Shun-Ch'ii (Sen-Shunkio) et Gessan, peintres de figures de belles lignes, mais ténues, groupées, hommes et femmes se



Pl. 70. La Musique sans instruments, par Gessan. XIXe siècle.

distrayant dans les jardins, les figures féminines un peu conventionnelles et poupées, avec bien moins de grâce et de liberté que sous les Song. On peignit aussi des scènes historiques ordonnées par les confucianistes, comme instructives. Une composition de Gessan où des personnages sont en extase, les yeux fermés comme pour goûter une imaginaire musique ; la figure centrale, devant une table, semblant jouer d'un luth absent, est d'une pure ironie d'idéalisme. Des portraits de Sen-Shunkio et de Sugo, non dénués de beauté, ne sont que réalistes. Le grand repas peint par Fugo, frère de Sugo, rappelle les soupers des Romains de la décadence, d'un beau sentiment de composition, mais faible de dessin, et



Pl. 68. Un souper, par Sujo, frère de Sugo.

comme d'un Riryomin éteint. Dans des paysages, Sugo manie l'encre à la façon des Song, mais leur esprit même ne s'y retrouve plus.

Shukei, dans ses paysages et son exécution colorée, vrai disciple de Rishikui, se montre inspiré plutôt des Tang que des Song. Tous ces artistes sont vieillots et font du vieux neuf. C'est encore dans les fleurs et les branches isolées qu'ils sont les plus forts. Il y a plus de rigueur (mais est-ce mieux qu'une photographie colorée ?) dans un camélia de Shunkio.



Pl. 65. Camélias, par Shun-Ch'ii (en jap. Shunkio). Dynastie des Ming.

Les hérons de Cho-kuboku dérivent d'un original song. On ne sait jamais si leur meilleure œuvre qu'on a devant les yeux n'est pas une pure copie.

Une autre branche de l'art des Yuen se développe sous l'esprit de révolte confucianiste contre ce style réaliste des peintres de la cour des Mongols. Dans les provinces, la tradition des Song n'était pas morte parmi ces peintres-poètes comme Toba et Beigensho, individuels et indépendants. Ils étaient suivis par des jeunes hommes comme Moggiokkan, Choyen, Randenshuku ; ils étaient très littéraires, mais aptes à rendre leurs émotions sous des formes picturales plus arrêtées et voulues. Ils aimaient les grands effets de brumes sur les montagnes, traversées de rayonnements de soleil. Ils cherchaient à atteindre une haute et réelle beauté. Cette nouvelle école de paysagistes-poètes ne fut guère connue au Japon avant le XVIIIe siècle.

Mais ce ne sont pas vraiment ces écoles qui aidèrent à la transition des Song du Sud aux Ashikaga du Japon. Ce fut l'art conservé dans les temples zen que la mer avait toujours maintenus en relations maritimes avec le Japon. Ce fut cet esprit zen que deux ou trois grands maîtres avaient religieusement conservé au XIVe siècle, comme le souvenir impérissable d'Hangchow, et qui s'était aussi conservé dans les provinces de l'Ouest et du Centre, le Shoku et le Szechuan. L'un des plus fameux fut le paysagiste et peintre de bambous Danshidzui, presque aussi remarquable que Hsia Kuei (Kakkei). Son bosquet de bambous courbés sous la rafale, qui tamise la lumière du soleil levant, est un beau souvenir des Song.


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