Joël Roman, Chronique des idées contemporaines, Rosny : Bréal, 2000







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Joël Roman, Chronique des idées contemporaines, Rosny : Bréal, 2000

Introduction


Jusqu’à peu de temps, les idéologies ont joué le rôle de grille d’encodage permettant de donner sens à tout nouvel événement ; toute idéologie partait d’un idéal d’émancipation.

Aujourd’hui :

  • la démarche pluridisciplinaire est nécessaire et complexifie la rechercher

  • l’émancipation atteinte, le discours du soupçon est devenu sens commun

  • l’impact d’un penseur ne tient plus à la qualité de son œuvre mais à sa visibilité médiatique, rétrécissant le champ du débat public.

Le débat intellectuel d’aujourd’hui est structuré par l’opposition universalisme/relativisme. L’universalisme des Lumières est battu en brèche a) par le besoin d’authenticité personnelle et b) la circulation d’émotions des médias. L’universalisme est une pensée normative, plus un idéal que réalisable. Post-moderne = deuil du sens global, dans une quête identitaire. L’identité autrefois stable par travail/idéologie/nation, toutes valeurs aujourd’hui fluctuantes. La citoyenneté n’est plus soutenue par un consensus social fort. Les médias cautionnent la réalité ce qui induit l’indifférence.

I1. Comment s’orienter dans les idées ?

1. La fin des idéologies


a.- Les idéologies du passé sont dépassées, se construisent dorénavant à la carte ; espoir de dépasser toute métaphysique globale vers une rationalité.

Raymond Aron : L’industrialisation induit un déclin des idéologies qui perdent leur potentiel affectif.

Pierre Birnbaum : Le déclin idéologique induit une dépolitisation.

Albert O. Hirschmann : Ce déclin est dû à un repli sur la sphère privée suite à une mise en doute de la noblesse des motivations de l’engagement publique (XIXe s.). Retour au privé peut alors se donner comme humilité. En tout cas comme réalisme : recherche de richesse est plus efficace que celle du pouvoir.

James Burnham : le « management » remplacera le capitalisme.

Claude Lefort : Il ne s’agit pas actuellement d’une fin de toute idéologie mais du règne universel d’une idéologie qui ne s’avoue pas telle, et de ce fait risque de se clôturer et nous dedans, sous prétexte de scientificité comme manière d’être.

2. La critique du marxisme


Rossana Rossanda : retrace l’histoire des « mauvais » continuateurs pour remettre en valeur le « bon » Marx.

André Glucksmann : dénonce la volonté de pouvoir du marxisme lui-même dont il absout le communisme chinois.

a.- preuve du besoin de croire indéracinable.

Claude Lefort : Le totalitarisme rend l’Etat immanent à l’ensemble de la société. Mais l’idéologie d’uniformisation va de pair avec une nouvelle division en classes, où les producteurs sont contrôlés par « des professionnels de l’incompétence ».

François Fejtö : « révisionniste » : la fascination que le marxisme exerce sur les intellectuels est due à sa dimension prophétique entrant en résonance avec le monde chrétien. Il prône l’accès au salut par la violence. L’idéologie athée va de pair avec un fonctionnement théocratique.

a.- Le retard de la prise de conscience critique du marxisme parmi de nombreux intellectuels est sans doute dû au fait que durant l’affrontement est/ouest le marxisme était le seul outil critique disponible.

Etienne Balibar : Marxisme = critique idéologique qui fonctionne elle-même comme idéologie superpuissante : « ontologie de la relation » (93).

Claude Lefort : L’œuvre de Marx continue à nous interpeller, non à cause de ses thèses mais à cause du mouvement de sa pensée.

a.- La critique idéologique reste toujours à reprendre.

3. La démocratie indépassable ?


François Fukuyama : « fin de l’histoire » = triomphe définitif de la démocratie libérale : plus de conflits (sauf avec des parties du monde encore « arriéré »), toutes préoccupation idéologique étant remplacée par le seul calcul économique. Termine sur une note très pessimiste : dans une telle société vaut-il encore la peine de vivre ?

Alexandre Kojève : même pessimisme devant une uniformisation d’un genre de vie sans ancrage dans un système de valeurs.

Ralf Dahrendorf : optimisme : la chute des idéologies permet l’instauration d’une société ouverte (emprunt à Popper) où différentes options en concurrence pour un avenir possible forment l’histoire.

François Furet : La fin du communisme n’est pas une révolution car non le résultat d’une action délibérée : il s’est effondré sans laisser d’héritage.

Jacques Julliard : Le communisme a transformé le nationalisme en valeur-refuge pour les aspirations à la liberté, surtout là où il est relayé par une Eglise nationale (orthodoxe), préparant ainsi la route pour de nouveaux fascismes.

Pierre Hassner : Le XXe s. a révélé la fragilité physique et symbolique de l’humanité. Si démocratie et marché semblent bien le seul modèle possible, celui-ci ne s’impose pourtant moins comme inéluctable et assuré qu’il n’est menacé par toutes sortes de crises et de volontés de puissance.

4. La raison inquiétée


Peter Sloterdijk : veut raviver le cynisme antique pour combattre le cynisme diffus actuel, résultat d’une conscience marquée par l’Aufklärung sans la mettre en pratique.

a.- cynisme antique pertinent et possible car adossé à un système de valeurs stable et reconnu.

Richard Rorty : défend le pragmatisme contre le reproche d’être relativiste : son relativisme ne concerne que des théories philosophiques qui ne sont pour lui que jeux stériles de l’esprit, et non des théories ayant un impact sur la réalité : scientifiques et politiques ; celles-ci n’ont pas besoin d’être « fondées » philosophiquement, mais sont soumis à la « conversation ».

Edgar Morin : rationalité linéaire n’est pas rationnelle mais rationalisante. La vraie rationalité doit prendre en compte la complexité entre le global et le particulier. L’universalisme abstrait est irrationnel  doit s’inscrire dans le réel.

a.- double danger : a) nous affranchir des contraintes méthodologiques avant la mise en place d’une nouvelle méthode pertinente, b) la référence à un « global » qui n’est plus garanti par une théodicée comme chez Leibnitz risque de stériliser toute analyse locale.

Emmanuel Kant : L’obligation de penser par soi-même risque de déboucher sur le rejet de toute norme extérieur qui à son tour provoquera une reprise en main par l’autorité politique.

Charles Taylor : L’injonction de penser par soi-même s’est associée à l’idée romantique croyant en la bonté intrinsèque du soi. D’où une quête « d’authenticité » où chacun est son propre modèle.

Lionel Trilling : Cette quête d’authenticité va jusqu’à la valorisation de la folie comme rejet de toute norme sociale.

Charles Taylor : pourtant LT maintient l’exigence de la quête d’authenticité mais en en définissant sa forme « véritable » comme tension entre adéquation à soi et ouverture aux autres, quête narcissique et inscription dans un sens qui la transcende.

5. La fonction des intellectuels


a.- Forgé à l’époque de Dreyfus, la notion « d’intellectuel » semble liée à la défense de l’universel, mais nombreux sont ceux qui au contraire défendent le particulier. Dans la suite l’engagement semble moins limpide.

Jean-Paul Sartre : on ne peut se soustraire à son temps, alors autant s’engager consciemment.

Jean-Marie Goulemot : reproche à Sartre son engagement tout azimut, se posant comme conscience à responsabilité universelle – tout en restant aveugle aux dérives du communisme.

Michel Foucault : l’intellectuel des XVIIIe-XIXe s. était juriste-écrivain, se battant pour des vérités/droits universaux Depuis Darwin c’est le savant qui occupe le devant de la scène, genre « intellectuel spécialisé » dont la spécialité touche l’ensemble de la société, exacerbé depuis Oppenheim avec le physicien nucléaire. La vérité se définit dès lors par son rapport au pouvoir.

Pierre Bourdieu : le fait même que chacun cache ses intérêts privés sous une référence à des valeurs universelles du groupe prouve la validité de ces valeurs. Le travail de l’intellectuel consiste à rendre les écarts de plus en plus difficiles.

a.- Ce faisant, PB réduit l’universel à une stratégie de reconnaissance.

Michel Walzer : Un point de vue extérieur, une critique « objective », est impossible et peu pertinent du fait de son manque d’implication. Il faut une « bonne distance critique » ; partager les valeurs du groupe en en critiquer les écarts.

[suppose que ces valeurs a) existent b) soient bonnes ; rend impossible tout changement ?? (p.168)]

Jean-François Lyotard : L’intellectuel est celui qui explicite les règles qui rendent possible un jugement. Il n’y a pas d’instance qui permettrait de dire le sens de l’histoire. Contre les sophistes pour qui est juste ce qui est communément admis, il faut revenir à Kant pour se référer à une idée régulatrice.

Hannah Arendt : pensée = rapport à soi, mouvement de conscience de soi ; ne produit pas de savoir mais l’aptitude à juger du bien et du mal.
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