Johan Muyle est né à Montigny sur Sambre en 1956. Après des études en arts plastiques à Charleroi, Namur et Bruxelles, IL s'est installé à Liège. Dans les







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Johan Muyle
Johan Muyle est né à Montigny sur Sambre en 1956. Après des études en arts plastiques à Charleroi, Namur et Bruxelles, il s'est installé à Liège. Dans les années 80, il effectue plusieurs travaux de graphisme et scénographie pour le cinéma et le théâtre. C'est également à cette époque qu'il débute la création de divers assemblages au départ d'objets familiers. Avec Laurent Jacob, il participe en 1982 à la fondation de l'a.s.b.l. d'art contemporain L'Espace 251 Nord à Liège. En 1985, en compagnie de ce même curateur, il participe à l'organisation, place Saint-Lambert à Liège, de l'exposition internationale PSL/Investigations. Il y présente Le regard Atlantide, environnement dramatique intégrant un bus témoignage fictionnel d'un fait-divers tragique. En 1994, sur l'initiative de Lucien Binelli, galeriste bruxellois, il effectue son premier séjour au Congo. Il y rencontre différents artistes dont Chéri Samba et participe en compagnie d'enfants à la création d'objets artisanaux. Il intègre ces derniers à des assemblages animés évoquant sur un mode tragi-comique l'actualité politique et sociale ou encore ses impressions de séjours africains. 

Depuis 1994, il enseigne à l'École supérieure des Beaux-Arts de Valenciennes. En 1995, suite à la vision d'un reportage télévisé consacré au savoir-faire des peintres d'affiches de cinéma à Madras, il part à la découverte des ateliers de ces Cine Baners Painters. Depuis, il délaisse l'univers intimiste de ses assemblages d'objets pour se consacrer à des ?uvres monumentales, installations animées réalisées au départ de ces affiches de cinéma. C'est en 1998 qu'il acquiert une première grande reconnaissance internationale avec la présentation de We don't know him from Heden" à la Biennale de Sao Paulo. Depuis, sa notoriété internationale n'a cessé de s'accroître avec la multiplication d'expositions personnelles et la présentation de ses travaux à Paris, La Havane, Venise, Milan...

Assembleur d'objets

Plasticien, Johan Muyle est un véritable amoureux de l'objet qui possède de plus "l'instinct bâtisseur". En effet, dès 1984, il confectionne plusieurs assemblages au moyen d'objets de récupération. Transformés en éléments dangereux voire meurtriers, ces premiers objets manipulés sont associés à des fictions, évoquant les romans noirs, écrites par Carmelo Virone en étroite collaboration avec l'artiste. Par la suite, il abandonne la juxtaposition d'un récit de fiction à ses ?uvres pour se concentrer sur leurs mises en scène et animations par un système de machinerie électronique.

Tous les objets qui entourent l'artiste sont susceptibles d'être intégrés à l'une de ses constructions. Ainsi, avec L'Atelier, environnement présenté à plusieurs reprises et sous diverses versions depuis 1997, l'artiste dévoile son univers de création constitué d'une accumulation d'objets hétéroclites découverts au hasard de la vie et susceptibles de lui inspirer des arrangements à la fois profonds et humoristiques. Son principe de manipulation/intégration est simple : l'artiste détourne les objets de leurs histoires, de leurs fonctions et de leurs significations premières pour les assembler en une recréation. L'?uvre finale est enrichie de toutes les connotations et fonctions antérieures des éléments utilisés.

Dans ses assemblages, Johan Muyle utilise tous ses matériaux selon un même procédé : il s'approprie les images et les inscriptions tout comme les objets. L'artiste modifie par exemple l'orthographe, le graphisme de ses titres et slogans. Les statues de saints, les animaux empaillés, les images d'Épinal, les affiches, les adages, les citations, les extraits musicaux... constituent autant de morceaux de réalités manipulés et intégrés dans ses constructions imaginaires.

De même, les affiches-portraits de Madras, peintes par les artisans indiens au départ de photographies fournies par l'artiste, sont considérées comme des objets du quotidien au vu du langage publicitaire et des codes cinématographiques indiens qui président à leurs réalisations. Monumentales, marouflées sur panneaux et disposées en étagements successifs dans l'espace, elles ont, de plus, une dimension sculpturale.

Les portraits des proches de l'artiste et de lui-même peints au départ de cette technique publicitaire possèdent, bien que produits avec un souci de fidélité dicté par l'artiste, un aspect caricatural. Ils lui permettent d'évoquer des comportements universels. Ces personnages/objets archétypaux, deviennent les protagonistes d'un travail multisensoriel dont le son, l'image, l'éclairage, le texte et le mouvement constituent les paramètres.

À la différence de ses objets assemblés, construits de manière intuitive au hasard des rencontres et manipulations, les ?uvres réalisées au départ des affiches de Madras sont élaborées sur des avant-projets longuement mûris. Ainsi, avant la réalisation en atelier, l'artiste conçoit durant plusieurs mois le concept, l'iconographie, les textes, les installations mécaniques propres à chacune de ses oeuvres.

Avec ses assemblages-sculptures d'objets, l'artiste s'inscrit dans la continuité du Dadaïsme, du Surréalisme et du Nouveau Réalisme par l'usage de matériaux de récupération et le sens de la dérision. Tout comme dans les ?uvres surréalistes, les juxtapositions d'éléments et de signes construisent le propos métaphorique. Toutefois, Johan Muyle sur un mode ludique et humoristique interroge la complexité du réel.

Un récit en mouvement, un art en représentation.

Les matériaux de prédilection de Johan Muyle, l'objet et la machine, sont des axes de recherche propres à l'art du XXème siècle. Ses dispositifs mécaniques évoquent notamment les assemblages artisanaux et technologiques de Richard Bacquié ou encore les machineries imaginées de Jean Tinguely.

L'aspect narratif est omniprésent dans le travail de Johan Muyle depuis ses premiers objets accompagnés de récits fictionnels. Ceux-ci n'ont pas de valeur descriptive mais fonctionnent dans un dialogue étroit avec les objets. Dans d'autres travaux tels que Le rat de Venise (1986), l'artiste collabore avec un rédacteur de fait-divers : il joue alors plus précisément sur l'ambiguïté entre réalité et fiction. Par la suite, il remplace l'utilisation de récits dans son travail par la présence de mouvement et d'écritures (citation, titre, adage ...).

Récemment, sur l'invitation du metteur en scène Patrick Bonté, Johan Muyle a réitéré ses expériences de scénographe pour le théâtre avec la pièce "Caméléon" conçue d'après les écrits de Jean Muno. À cette occasion, il a élaboré tout un univers de machines-sculptures qui constitue également la dernière version de son Atelier, présentée lors d'une exposition à l'ISELP. L'artiste n'instrumentalise pas seulement ses matériaux : il interroge leurs statuts et significations. Chaque présentation de ses assemblages et installations est une nouvelle mise en situation, fonction d'un contexte particulier.

Un art public et populaire

Johan Muyle témoigne d'une préoccupation constante quant au rôle du public par rapport à son travail. En effet, le spectateur a pour mission de parachever l'?uvre et ce tant d'un point de vue de sa forme que de son fond. Déjà, dans ses premiers assemblages d'objets accompagnés de textes de fiction, la participation du spectateur est nécessaire au fonctionnement de l'?uvre : c'est à lui que revient le choix de mettre en relation les deux médiums -l'écrit et l'objet. Par la suite, avec des travaux construits sur des séquences temporelles précises, l'artiste requiert l'observation attentive et patiente du spectateur afin qu'il puisse prendre conscience de tous les possibles de l'?uvre. De plus, leurs machineries fonctionnent selon des détecteurs de présence : le spectateur est donc l'élément permettant au scénario de se développer, à l'?uvre de se révéler.

En outre, l'artiste se refuse à donner tout caractère dogmatique ou univoque à son travail. Si les aspects humoristiques et ludiques en sont les premières grandes portes d'accès, les lectures en sont nombreuses. L'artiste confronte le spectateur à des entités complexes superposant les significations. Le spectateur s'approprie l'?uvre : il en formule le contenu selon ses propres codes. La réflexion personnelle est donc importante face à ce travail construit au moyen de détournements d'un patrimoine issu de différentes cultures.

Les matériaux de base de l'artiste proviennent du domaine public : toutes ces images, ces objets, ces écrits, ces musiques ... sont des emblèmes de collectivités. Ce sont autant des références culturelles souvent caricaturales, stéréotypées, archétypales. Si l'iconographie choisie par Muyle possède un aspect parodique, de même les mouvements qu'il lui juxtapose sont lents et répétitifs ajoutant au caractère dérisoire du dispositif. La grandiloquence, la théâtralité ainsi que la féerie des mises en situation confèrent également une dimension populaire à ses installations. En outre, quelques ?uvres telles qu'Holyworld (1997) ou Aimer rire et chanter (2000) ont été conçues pour être présentées au sein d'un espace urbain. Si ce contexte díexposition renforce le principe de dialogue avec le public, l'artiste n'en fait pas une condition à la construction de son travail.

Un art de contradictions et de questionnements

Depuis sa découverte des Cine Baners de Madras, l'artiste a intensifié le jeu de contradictions qui sous-tend son travail. À l'encontre du discours logique occidental, il élabore un art poétique tout en opposition. Il construit des entités extrêmement denses, résultats de recherches de plusieurs mois. Il veille à éviter les images trop littérales par les déplacements de sens, les collages d'éléments incongrus. Refusant toute forme de dogmatisme, l'artiste interroge notre système de représentation traditionnel, nos conditionnements, en travaillant sur les ambiguïtés et contradictions entre les images/objets et leurs codes. Ainsi, comme l'a précisé Pierre-Olivier Rollin, les propositions plastiques de Johan Muyle se prêtent à être décryptées comme le résultat d'antinomies poétiques.

Pour exemple, l'artiste détourne des affiches publicitaires indiennes pour son propos artistique. De même, il fait figurer des modèles anonymes au moyen de cette technique de représentation propre à la starisation. Ou encore, dans ses propres portraits, tel que Plutôt La Honte (1996), il oppose à la monumentalité et à la grandiloquence de la représentation des dispositifs ironiques ainsi qu'un propos modeste.

L'humour et la poésie, sont les moyens et non les objectifs de cette recherche. Ils lui permettent de glisser imperceptiblement dans l'interrogation d'une réalité complexe.

Johan Muyle : anthropophage culturel.

Johan Muyle est un grand consommateur d'objets et d'images : il s'approprie tout ce qui éveille en lui un intérêt sans distinction géographique, historique, religieuse ou culturelle. Tel le facteur Ferdinand Cheval, il opère dans ses ?uvres diverses fusions surprenantes relevant de sa propre structure poétique. Muyle se joue des distinctions entre "Grande Culture" et culture populaire, entre Art et arts mineurs. Cela lui donne l'opportunité de confronter le spectateur à son jeu arbitraire d'appropriation. Élaborant de nouvelles structures au moyen de bribes d'autres systèmes culturels, Muyle est un bricoleur contemporain.

Pour exemple, dans son installation We don't Know him from Heden (1998) également intitulée Nous ne le connaissons ni d'Eve, ni d'Éden composée de trois "tableaux" animés, l'artiste applique de nombreuses références bibliques aux images publicitaires indiennes. Au départ de sa construction, se trouve un tableau du Dominiquin, Dieu réprimant Adam et Eve (+- 1623, Musée de Grenoble). Le premier "tableau" présente deux figurations de l'artiste - l'une masculine, l'autre féminine- réalisées selon les attitudes des personnages du Dominiquin. Un deuxième "tableau" présente trois personnages ( un asiatique, un européen et un africain ) évoquant les Rois Mages. Quant au troisième "tableau", il représente deux amies de l'artiste en pleureuses suggérant notamment le personnage de Marie-Madeleine. Johan Muyle superpose à ces références religieuses occidentales de nombreuses inscriptions provenant de ses différentes rencontres géographiques et culturelles : Orient Rouge, Past Glory / Present Pride, Arbeit Macht Frei, J'étouffais pour toi, Sioux in Paradise, Infelicidade ... Autant de légendes décontextualisées qui convergent pour renforcer le propos général de l'installation : une réflexion sur la culpabilité et la fuite de la responsabilité de tout homme.

De même, dans Holyworld (1997), l'artiste opère un nouveau syncrétisme entre culture occidentale et orientale. Ainsi, il superpose à son portrait l'anatomie de Vishnu dans l'attitude des trois petits singes du Bouddhisme chinois évoquant le rite du "Ne rien Voir, Ne rien dire, Ne rien entendre".

Dans une ?uvre récente, Qu(ch)i Mangerà Vivrà (2001), Muyle approfondit sa recherche sur la notion d'anthropophagie. Comme chaque fois que l'artiste ne voit pas à qui conférer le propos de son ?uvre, trop engagé ou personnel, il utilise son propre portrait. Les visiteurs sont invités à introduire leurs têtes dans la bouche de cette représentation de l'artiste. À ce moment, les yeux se révulsent et les branches s'animent symbolisant la renaissance de Daphné. Il juxtapose à cette installation l'inscription significative Qu(ch)i Mangerà Vivrà.

Depuis ses séjours au Congo, l'artiste a profondément conscience de notre incapacité à comprendre l'autre. Avec ce type de réalisations, il pose en toute simplicité le constat du jeu d'appropriation propre aux échanges culturels et artistiques, sans aborder de solutions à ce conflit.

Que ce soit par l'utilisation d'objets de récupération, témoignages d'autres histoires, ou par l'appropriation d'objets issus de ses séjours en Afrique et en Inde, Johan Muyle expose son attrait pour l'ailleurs. Il y a toutefois toujours un moteur à ses voyages, à ses quêtes de matériaux : le projet artistique qu'il faut concrétiser. C'est pourquoi, selon ses propres termes, dans son travail "l'ailleurs est toujours de l'ordre de l'imaginaire". Ainsi, ses ?uvres témoignent de la tentative de relativiser des fragments culturels par une reconstruction imaginative. Les relations entre textes, images, mouvements, sons, et animations diverses construisent l'?uvre en tant que mécanisme susceptible de produire la réflexion.

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