Introduction Astronomie Géologie Hydrologie Météorologie Science des gaz Histoire l’être humain







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DTA 1 Cours N°1

EAC 2010 Quelques notions de base.
Introduction – Astronomie - Géologie - Hydrologie - Météorologie - Science des gaz – Histoire – l’être humain.


Qu'est ce que l'architecture ?
Etymologie.

ce mot est emprunté au latin « architectura » qui signifie « art de construire ».

Il est composé de deux racines grecques archéo et tekton, archeo signifiant « chef » et tekton signifiant « constructeur ».

L'ensemble peut être traduit par «art de construire » ou « mode de construction » ou « art de bâtir »
«Art de bâtir » ?

Bâtir est facile, cela renvoie à la construction, à ses techniques et au savoir-faire.

Art est plus énigmatique mais nous pourrions l'expliciter par « manière de faire ».
Faire de l'architecture, c'est trouver une manière de construire un bâtiment, une manière d'organiser son savoir-faire en vue d'employer des techniques pour bâtir un édifice.
Il ressort de ceci deux choses :

- il faut acquérir beaucoup de connaissances sur les techniques de construction. Ceci se fait dans les cours techniques : mathématiques, acoustique, physique des matériaux, chimie, thermique, géométrie, hydrologie, géologie, et d’autre encore.

- il faut acquérir une manière, une méthode pour concevoir le projet, ceci se fait dans les cours de théorie : histoire, histoire de l'art et de l'architecture, sociologie, psychologie, anthropologie etc., et de pratique (atelier, arts plastiques dessin technique).
Une des parties de cette méthode concerne la connaissance des oeuvres du passé. Cela ne se résume pas à l'histoire de l'architecture avec ses noms et ses dates. Cela concerne aussi la connaissance intime de projets clés ou représentatifs d’une époque : QUI l'a fait, OU l'as-t-il fait, QUAND l'as-t-il fait, POUR QUI L'as-t-il fait, POURQUOI l'as-t-il fait ?pourquoi as-t-il fais comme ça ? aurais-t-il pu faire autrement ? que faisaient les autres architectes à la même époque ? que puis-je tirer comme enseignement de ce bâtiment ? sont quelques questions auxquelles il faut répondre quand on regarde un édifice.
OU

Nous allons nous intéresser à la question du « où ? »

Où se trouve un bâtiment ? qu’est ce qui l’entoure ?

Il n'y a pas de bâtiment sans un espace qui l'entoure. Cet environnement influe beaucoup sur la forme du bâtiment. Pour bien en comprendre les implications revenons à quelques notions de base.
ASTRONOMIE
La terre est une boule aplatie à ses sommets nord et sud. Elle tourne sur elle-même en 24 heures environ ce qui provoque l'alternance du jour et de la nuit. Elle tourne autour du soleil en 365 jours environ. Elle est inclinée d'environ 23° par rapport à la perpendiculaire de son plan de rotation, ce qui provoque l'alternance des saisons.
La terre a été découpée en lignes verticales et horizontales appelées longitudes et latitudes. La terre fait 360 degrés d'angle. Chaque ligne est espacée de sa suivante de 1° d'angle. Chaque endroit sur la terre est repéré par sa latitude et sa longitude.
Pour se repérer plus facilement, il existe une longitude de référence, qui vaut 0° : c'est celle passant par le petit village de Greenwich en Angleterre, elle est appelée «méridien de Greenwich«. Un méridien est une longitude de référence. Toutes les longitudes sont comptées à partir du méridien de Greenwich, en indiquant la direction, ouest ou Est. La longitude de Casablanca est de 7° 35 minutes ouest. On divise les angles en minutes et en secondes. Un angle fait 60 minutes, qui fait 60 secondes. Toutes les longitudes ont la même longueur.
Il existe aussi une latitude de référence qui s'appelle l'équateur, qui vaut 0°. Toutes les latitudes sont comptées à partir de celle-ci en indiquant si on part vers le nord ou vers le sud. La latitude de Casablanca est de 33° 35 minutes Nord. C'est à dire que la ville de Casablanca est à 33 degrés d'angle, plus 35 minutes d'angles au dessus de l'équateur.

Il existe cinq latitudes majeures (appelées aussi parallèles) :

- le cercle polaire nord et le cercle polaire sud représentent les limites nord et sud où il est possible d'avoir un jour sans coucher de soleil.

- l'équateur,

- les deux tropiques du cancer et du capricorne, qui représentent les limites nord et sud où le soleil peut être vu à 90° au moment des solstices.
L'inclinaison de 23° de la terre sur son axe et sa rotation autour du soleil conduisent à des répartitions inégales du soleil au cours de l'année. C'est ce qui explique les saisons, les durées inégales du jour et de la nuit et la variation de la position du soleil à son lever et son coucher.

le soleil se lève globalement à l'est et se couche globalement à l'ouest. Dans l'hémisphère nord, il est à son point le plus haut (qu'on appelle zénith) au sud. Dans l'hémisphère sud, c'est l'inverse.
L'été les jours sont plus longs car le soleil se lève au nord-est, passe au sud et se couche au nord-ouest : il éclaire un peu plus la terre, ce qui explique les grandes chaleurs, il fait jour plus longtemps.

L'hiver, le soleil se lève au Sud-est, passe au sud et se couche au sud-ouest. La durée du jour est faible, il fait moins chaud.

Dans l’hémisphère sud, c’est l’inverse.
La période où la durée du jour égale la durée de la nuit s'appelle EQUINOXE. Il y en a deux, l'un au printemps vers le 21 mars, l'autre en automne, vers le 21 septembre.
Le jour pendant lequel la durée d'ensoleillement est la plus longue s'appelle SOLSTICE D'ETE, et a lieu le 21 juin. Le jour pendant lequel la durée d'ensoleillement est la plus faible est appelé SOLSTICE D'HIVER, et c'est le 21 décembre de chaque année.

Le zénith est le point où le soleil est le plus haut dans le ciel, vers midi.

La hauteur du soleil à son zénith varie au cours de l'année. En hiver, le soleil ne dépasse pas 33°, mesure prise par rapport à l'horizontale : il reste bas, rasant, et ses rayons pénètrent profondément dans les maisons à travers les vitrages. En été, le zénith, à Casablanca, est d'environ 89 °, le soleil est presque vertical, il fait des ombres courtes et rentrent peu dans les maisons.

GEOLOGIE

La terre est une sphère de 12000 Km de diamètre environ, aplatie aux pôles. Elle est constituée de plusieurs «manteaux » posés les uns sur les autres, le premier étant un magma de roches en fusion, le dernier étant la croûte terrestre, c’est à dire le sol sur lequel nous marchons, épais de moins de 20 km.
Cette croûte est découpée en plaques qui bougent, et qui en bougeant créent des tremblements de terre. La théorie qui décrit ces mouvements de plaques s’appelle « la tectonique des plaques ». Le Maroc est situé non loin d'une limite entre deux plaques, dans ce qu'on appelle « une zone sismique ». Les tremblements de terre sont fréquents ce qui fait l'objet de certaines mesure de construction pour renforcer les bâtiments.
La croûte terrestre est constituée de roches, parfois affleurantes en surface, puis dans sa couche supérieure de sol plus ou moins tassés, qu'on peut appeler communément «de la terre » pour ne pas rentrer dans les détails puis d'une couche supérieure et relativement molle, appelée « terre végétale » et parfois, dans votre jardin, d'une couche ultime appelée « pelouse ». On ne bâtit pas une maison sur de la pelouse. On ne bâtit pas non plus une maison sur de la terre végétale. Il faut chercher ce que les architectes appellent «le bon sol« qui est une couche de terre ou de roche suffisamment dure pour recevoir le poids du bâtiment. Sinon celui-ci tasse le sol sous son poids, le sol bouge, les murs se fissurent et l'édifice s'écroule.
Le bâtiment repose sur cette couche solide au moyens de différents système (radiers, fondations, pieux, etc.) que vous étudierez en cours de construction.
Ce qu'il faut retenir, c'est qu'avant de bâtir une maison, on fait généralement un trou, pour y placer l'assise de la maison (l'assise étant un mot général pour signifier le système de fondation utilisé). Cette assise, une fois l'édifice terminé est souvent invisible, et parfois visible. Tout cela fait partie des choses que l'architecte, pour des raisons technique ou esthétique décide de montrer ou de cacher. Souvent, la partie visible de l'assise s'appelle le soubassement.
HYDROLOGIE

L'eau recouvre la surface de la terre à 71 %. Cette eau s'évapore par la chaleur du soleil, s'accumule en nuages, qui se font pousser par les vents car ils ne peuvent avancer tout seul, les pauvres, et qui viennent déverser leur pluie un peu partout. Cette pluie tombe sur le sol et sur les bâtiments. Quand elle tombe sur les bâtiments elle doit être évacuée pour ne pas s'infiltrer à l'intérieur. Quand elle tombe sur le sol, elle doit être dirigée pour ne pas abîmer les assises de l'édifice. L'eau est le problème numéro 1 de tous les bâtiments au monde. Une grande partie de ce que vous voyez autour de vous ne résulte que d'une seule chose : ne pas faire rentrer l'eau dans le bâtiment, l'évacuer le plus loin possible. Vous apprendrez petit à petit à cesser de voir les choses pour essayer de comprendre le pourquoi de ces choses, afin de savoir, le jour venu, comment vous ferez, vous, face au même problème.

METEOROLOGIE

La terre est entourée d'une enveloppe gazeuse appelée « atmosphère ». Celle-ci se décompose en plusieurs couches, dont la plus basse, qui fait 10 km d'épaisseur (10 km est la hauteur à laquelle volent les long-courriers de la Royal Air Maroc), est l'air que nous respirons tous les jours. Celle juste au dessus s'appelle la couche d'ozone et joue un rôle dans la filtration des radiations nocives de soleil. C'est aussi cette couche d'ozone qui donne une belle couleur bleue au ciel du Maroc.
Cette couche de 10 km d’épaisseur est appelée troposphère. C’est là que se font l’essentiel des phénomènes météorologiques.

La troposphère est composée d'air, qui lui est composé d'azote (78%), d'oxygène (21%) et de traces de quelques autres gaz. Il y a aussi de la vapeur d'eau.

Les différentes couches de l'atmosphère, combinée à la rotation de la terre, à l'alternance du jour et de la nuit, à la chaleur reçue du soleil amène des mouvements de masses d'air, appelé vents, qui vont, en haute altitudes, toujours dans la même direction (ce qui explique la présence de désert, où des vents empêchent la venue de nuages et de pluie).
Aux altitudes proches du sol, qui nous intéressent, les vents se forment dans différentes directions, selon les saisons, le relief, et l’influence des vents de grandes altitude vus précédemment.
Ces vents peuvent être parfois importants, se changer en tornade, en cyclone, amener des nuages, qui vont faire tomber de la pluie en quantité, pluie qui peut s'infiltrer dans la maison sous la pression du vent, ou s'accumuler en torrents, en rivière ou en coulée de boue dévastatrice. Les catastrophes naturelles du journal du soir sont là pour nous montrer qu'un bâtiment reste peu de choses face à la force de la nature.
Les vents, en soufflant, « appuient » sur le bâtiment, notamment sur les parois de verre, ce qui peut les casser. Il peut aussi, par des phénomènes un peu long à expliquer ici, «aspirer« la toiture qui peut alors s'envoler. C'est ce qu'on appelle la prise au vent. Tout cela vous sera expliqué en cours de construction.
Le vent, en soufflant peut refroidir le bâtiment, ce qui peut être bienvenu ou mal venu selon la région et la localisation. Certains bâtiments dans des lieux ventés sont conçus de manière à se protéger de ce vent. Vous apprendrez comment faire en cours de thermique.
Par contre, le vent peut aussi rentrer dans l'habitation, amenant sable, poussière, pollution, c'est mal venu. Parfois, l'architecte décide de la faire rentrer dans l'édifice, de façon contrôlée, pour faire de la ventilation naturelle, c'est facile et c'est gratuit. Vous tiendrez compte dans vos observations du comportement des édifices par rapport au vent.

SCIENCE DES GAZ

L'air à beau être léger, la taille de l'atmosphère fait qu'il « pèse » sur le sol. Le poids de l'air est appelé pression, se calcule en bars ou en pascal, et vaut 1 bar au niveau de la mer. Plus on monte en altitude, moins il y a d'air, moins il y a de pression.
L'air a tendance à aller d'une zone à haute pression vers une zone à basse pression. C'est la cause principale des vents. Par un phénomène complexe, quand vous créez une cheminée, ouverte en bas et en haut, vous faites en sorte que l'air en bas, soumis à une haute pression, va monter par la cheminée car elle est ouverte sur une zone de basse pression. Cela va créer un courant ascendant, très utile pour évacuer les fumées ou favoriser la ventilation naturelle. On appelle ça «  effet de cheminée ». Voilà un bon exemple d’un phénomène identique à l’échelle de la terre et à l’échelle de la maison.
L'air, à une certaine pression et une certaine température peut contenir plus ou moins de vapeur d'eau. Un air chaud peut contenir beaucoup de vapeur d'eau. Un air froid peu. Quand un air, qui est chaud, se refroidit, au contact d'une vitre froide, par exemple, sa vapeur d'eau se condense sur la vitre. C'est la rosée.
Quand de l'air chaud, chargé en vapeur d'eau se condense sur un mur froid, la rosée coule le long du mur, s'accumule, favorise les moisissures et les mauvaises odeurs, tâche le sol. C'est pour cela qu'on essaye, selon les régions, d'isoler les murs pour que l'air chaud d l'intérieur ne touche pas un mur froid et ne cause des désordres autant techniques que pour la délicatesse du nez.
Quand on veut refroidir un air chaud, il faut évacuer son eau de condensation. C'est pour cela qu'il y a des flaques d'eau l'été, sous les climatiseurs. La température limite où l'eau de l'air chaud commence à se condenser est appelée «point de rosée ». Vous trouvez cette température sur les sites de météorologie. voir par exemple : www.meteoma.net
Par ailleurs, sans revenir dans le détail des lois physique qui régissent les gaz, vous pouvez retenir ces informations importantes :

- une air chaud est plus léger qu'un air froid et à tendance à monter dans la pièce, vers le plafond

Un air froid est plus lourd qu'un air chaud et à tendance à s'accumuler au sol.
Conséquence : vous avez la tête au chaud et les pieds au frais, ce qui n'est pas toujours agréable. Pour cela, et pour d'autres raisons, les peuples des pays chaud vivent au ras du sol, là où l'air est plus frais. Pour cela,et pour d'autres raisons, les peuplent des pays froids s'assoient sur des chaises pour ne pas être près du sol, là où l'air est trop frais en hiver.
Si de l'air froid se trouve en haut, il va descendre. Si de l'air chaud se trouve en bas, il va monter. C'est toujours comme ça. Ces mouvements s'appellent des mouvements de convection. Ils participent au mélange de l'air dans la pièce. C'est pour cela qu'on met les radiateurs en bas, pour que l'air chaud commence à chauffer le bas de la pièce et monte ensuite, sinon il ne descendrait jamais. C'est pour cela qu'on met les climatiseurs en haut : c'est pour que l'air frais puisse descendre et laisser sa place à de l'air plus chaud qui va à son tour se refroidir.
Quand vous comprimez un gaz, il se réchauffe. Quand vous le détendez, il se refroidit. C'est comme ça que fonctionne votre réfrigérateur et votre climatiseur. Regardez la notice de votre réfrigérateur pour plus d'explications.

Rapidement détendu, un air se refroidit. C'est pour cela que l'air qui sort de votre déodorant est froid, car il passe d’un état comprimé à un état détendu.
Plus un air est sec, moins il a de vapeur d'eau, et moins il a d'odeur.

Plus un air est humide, plus il a de vapeur d'eau, plus il est difficile à chauffer, car il faut non seulement chauffer l'air mais la vapeur d'eau qui est dedans.
En général, l'être humain apprécie peu l'air humide, même si un air totalement sec est mauvais pour la santé. Un air chaud et sec parait moins chaud qu'air chaud et humide. 40 °C à Casablanca sont beaucoup plus pénible que 40°C à Marrakech car à Marrakech, l'air est sec.

Quand vous lisez les récits d'aventure de Nicolas Vannier dans le grand nord, celui ci explique que - -20 °C est plus pénible à supporter que -40°C, car à -20°C, l'air est plus humide, or la présence de vapeur d'eau dans l'air favorise les déperditions thermiques du corps. C'est pour cela que les petits brumisateurs destinés à se rafraîchir contient de l'eau : déposée en petites gouttelettes sur votre peau, elle s'évapore en vous refroidissant.
Tout ceci sont des choses connues qui s'appliquent aussi dans le bâtiment : on vaporise de l'eau pour refroidir certains espaces très chaud, on utilise l'effet de cheminée pour créer de la ventilation naturelle, on doit évacuer les eaux de condensât des climatiseurs, etc.

HISTOIRE
La préhistoire est l’histoire de l’homme avant l’écriture. Elle est divisée en deux périodes :
Le Paléolithique - 5 Millions d'année - apparition des premiers hommes.

Le néolithique - 8 000 ans, apparition des mégalithes, premiers villages.
L’histoire est comprise entre l’apparition de l’écriture et maintenant. Elle est divisée, pour nous, en quatre grandes périodes, dont les repères sont les suivants :
L’antiquité est la période allant jusqu’à la chute de l’empire romain d’occident. Apparition de l'écriture vers - 3300 av. J.C.

Civilisations égyptienne, perse, grecque, romaine.

Le moyen-âge couvre la période allant jusqu’aux grandes découvertes du XV° siècle. Chute de l'empire romain d'occident en 476 ap. J.C.

Conquête du moyen-orient par les arabes.

Féodalité en Europe

L’époque Moderne débute au XV° siècle avec les grandes découvertes, jusqu’aux révolutions modernes des deux derniers siècles.

découverte de l'imprimerie en 1448, diffusion du savoir.

chute de l'empire romain d'orient en 1453

découverte de l'Amérique en 1492.

chute du royaume arabe d'Andalousie en 1492.

invasion du monde arabe par les turcs aux XVI° siècle.

renaissance artistique et culturelle en Europe.

Siècle des lumières en Europe.

L'époque contemporaine

la révolution française en 1789

la révolution industrielle en Europe au XIX° s.

les grandes guerres d'Europe du XX° siècle.

la conquête spatiale.

l'invention de l'informatique.

le développement des communications.

le futur.
Si un seul de ces événement ne vous est pas connu, faites des recherches pour le connaître et le comprendre.

Si l’enchaînement de ces évènements ne vous est pas connu, faites des recherches pour compléter vois connaissances.
Ce qu'il faut retenir de cela : on ne peut comprendre une oeuvre du passé sans connaître assez précisément ce qui s'est passé avant elle, pendant son époque, puis après elle.

La connaissance de l'histoire est indispensable. Ces dates ne sont que des repères entre lesquelles vous devez compléter vos connaissances.
Les premiers bâtiments construits apparaissent il y a plusieurs millions d’année sous forme de huttes faites de branchages. Nous appellerons cela la hutte primitive.


L’ÊTRE HUMAIN

L’être humain est un mammifère pensant. Chaque être est unique, pourtant il est possible de dégager des caractères communs à tous.
Ce sont ces caractères communs qui nous intéressent car l’architecte a vocation a construire pour tous les êtres humains.

Nous ne rentrerons pas ici dans les détails : vous apprendrez précisément en cours de dessin techniques les dimensions du corps, la hauteur d’une main, celle du coude, celle de la tête, et bien d’autre encore. Tout cela est indispensable pour placer un interrupteur, une porte, un garde-corps.

Ce qu’il faut retenir, c’est que l’architecture ne peut être comprise sans connaître les caractéristiques du corps humain.
A ces caractéristiques physiques viennent s’ajouter le plus grand problèmes de l’Homme : son cerveau. Ce que vous croyez voir, sentir, toucher, n’est en fait qu’une suite de réactions électriques dans votre cerveau. Ce que vous croyez penser, mémoriser, apprendre, n’est qu’une suite de neurones branchées les unes aux autres. Le jour où votre cerveau s’arrête de fonctionner, tout cela disparaît à jamais et il faut recommencer avec un autre être humain.
Pour éviter que ces choses ne disparaissent à jamais, l’homme a inventé les arts, qui est une manière de laisser quelque chose derrière soi. C’est pour cela que l’art est toujours le reflet d’une époque. L’architecture est une manière de laisser des choses derrière soi, ou, vu d’une autre manière, en regardant les bâtiments du passé, vous plongez directement dans le cerveau de ceux qui l’ont bâti. Une fois qu’on a compris cela, étudier les œuvres anciennes devient un jeu très amusant, un peu comme dans le film « Dans la peau de John Malkovich » (de Spike Jonze, 1999).
Chaque être humain est différent, et malgré cela, il y a un certain nombre de réactions dans le cerveau qui sont identiques dans un groupe de gens, soient de façon innée, soit de façon acquise. C’est à dire qu’il y a des réactions communes à tous les hommes, cela est en nous, ou alors ces réactions communes sont propres à une population donnée, dûes à sa propre histoire, sa propre culture. C’est l’ensemble de ces réactions communes qui intéressent les architectes car elles permettent de prévoir le comportement des gens.



DTA 1 Cours N°2

Du dedans au dehors
La hutte primitive – L’espace – Les limites – dedans et dehors – le passage et la transition – l’espace a une fonction…ou n’en a pas – L’espace se perçoit – Qualités spatiales – l’espace se vit – Espace et proportions – Utilitas, firmitas, venustas.

LA HUTTE PRIMITIVE

Le plus ancien livre d'architecture date du 1er siècle avant J.C. Il a été écrit par un citoyen de l'immense empire romain qui s'étalait autour de la Méditerranée.

Ce citoyen s'appelait VITRUVE. Son traité est en dix tomes, s'appelle « De l'architecture » et est plus connu sous le nom des « dix livres d'architecture de Vitruve ».

Dans celui-ci, il explique que la première architecture, c'est à dire le premier acte raisonné de bâtir a été fait pour se protéger des éléments naturels vus précédemment. Ceci est toujours d'actualité : n'importe quel édifice est destiné, entre autres, à vous protéger du soleil, de la pluie, de froid, du chaud etc. Ce faisant, en bâtissant un abri, l'homme crée un espace.
L'ESPACE

L'espace est la chose la plus difficile à définir alors que c'est la chose dans laquelle nous évoluons tous les jours. La pièce où vous êtes actuellement ou la terrasse de café d'où vous me lisez, en buvant un jus d'orange, une bière ou un café« (vous faites ce que vous voulez) est un espace défini par des limites.

Pour simplifier, nous dirions qu'un espace architectural est défini par le sol, des murs et un plafond.. Le bâtiment est un volume et l'espace est le creux qui est dedans.

Ceci est évidemment simpliste : la terrasse de café (où vous avez maintenant terminé votre jus d'orange et commandé un café serré pour mieux comprendre le cours) est constitué d'un sol, peut être d'un plafond (comme un bâche) mais pas forcément de murs.
La rue en face de vous, à certes un sol, mais pas de plafond. Ses murs sont en fait les murs des édifices qui la bordent.
Pour corser la chose on pourrait dire aussi que l'espace ne nous a pas attendu pour exister et qu'une falaise, une ligne d'arbre une rivière, un rocher, la mer, forment eux aussi des limites à des espaces naturels très grands.
LIMITES

L'espace est défini par des limites qui sont plus ou moins identifiées : le sol, le mur, le plafond, mais aussi les murs d'une rue, ou une ligne d'arbre qui ferme une place, une falaise qui ferme une plage, une mer qui arrête un territoire.
Le propre des limites est d'être transgressées.

En fabricant sa hutte, l'homme crée un intérieur, abrité de l'extérieur. Il limite le dedans du dehors.


DEDANS et DEHORS

Les notions de dedans et dehors sont incroyablement difficile à appréhender alors que c'est une chose que l'on pratique tous les jours : vous savez instinctivement, à l'instant où vous me lisez, si vous êtes dedans ou dehors. Dedans quoi, ou en dehors de quoi, c'est une autre affaire.
Observons une maison isolée dans le désert. Elle est comportée d'une seule pièce, c'est facile. Dans la maison, c'est dedans , dans le désert, c'est dehors. Vous avez compris. Corsons la chose.

Observons cette salle de classe où vous étiez : dans la salle c'est dedans. En dehors de la salle, c'est quoi ?c'est le couloir, ou la coursive. C'est toujours dedans. Donc on peut avoir un dedans dans un dedans. Bien, sortons du couloir. est on dehors ? non. Dans le grand hall de l'école. Sortons de l'école, sur le parking. est on dehors ? oui. N'y a-t-il pas un autre dehors ? si, dans la rue. Allons sur le trottoir. Maintenant est on dehors ? oui. N'y a-t-il pas un autre dehors, un endroit où l'on se sentirait encore moins protégé ? si, sur le route. S'il n'y a pas de voiture, tu peux aller sur la route, vas-y je t'autorise. ça y est tu est dehors ? Et bien oui. et les murs ?et le sol ? et cette bordure de trottoir ne déterminent ils pas un espace ? l'espace de la rue ?

si tu appelles cela rue c'est que tu as reconnu une rue, avec sa voie, ses trottoirs, ses maisons qui la bordent. Tu est encore un peu dedans. Dans un espace encore plus grand que tu ne peux appréhender d'un seul coup d'oeil, tu ne peux le faire qu'en imagination, c'est la ville. Voilà, tu as compris le truc. On peut continuer à l'infini vers le dehors, de la ville au territoire, du territoire à la région, de la région au continent, etc. sans plus s'arrêter.

bon. Voilà pour le dehors.
RETOUR EN CLASSE

Là on est bien dedans. N'y a-t-il pas un autre dedans ? Si je me mets dans le coin de la salle, n'ai je pas la sensation d 'être plus enfermé que si je me mets au milieu ? Si je mets sous la table aussi ? et si en plus je met cette table dans le coin de la pièce, ne suis-je pas au summum du dedans pour cette salle de classe ?Ainsi, dans un même espace, je peux trouver des endroits plus fermés (plus dedans, tel le coin de la pièce) ou plus ouverts (le milieu de la pièce).

Corsons encore un peu la démonstration et après c'est fini :

Si je regarde le mur en tournant le dos aux fenêtres ou l'inverse, n'ais je pas le sentiment d'être plus dedans dans un cas que dans l'autre ?
Maintenant, si nous résumons ce que nous venons de dire :

il n'y a pas UN dedans et UN dehors. Il n'y a qu'une suite dedans qui s'interpénètrent avec une suite de dehors. Cela va du lieu qui est sous la table à la salle de classe, au bâtiment, au terrain, à la rue, à la ville au territoire, etc.

ça tombe bien, nous voyons ici que le métier d'architecte, qui est, entre autre, de limiter le dedans du dehors, va du mobilier au plan d'aménagement du territoire.

Et c'est une réalité : les architectes font aussi bien du dessin de mobilier (on dit «design«, ça fait plus classe) que du dessin de ville (on dit de l'urbanisme, ça fait plus sérieux).
Maintenant que vous avez compris cet enchaînement du dedans et du dehors, intéressons nous à ce qui s'est passé pendant cet enchaînement. :

- il y a eu déplacement de l'homme.

- il y a eu passage de limite.
PASSAGE, TRANSITION.

Le passage d'un espace à un autre se fait à travers une limite, une frontière, un seuil, une bordure, etc.

Cette limite peut être plus ou moins marquée : si la porte est fermée, la limite est claire. Si elle est ouverte, je peux à la fois être un peu dans un espace, un peu dans un autre ; je m'explique. quand la porte est fermé, mon regard s'arrête à elle. L'espace s'arrête là. (je simplifie la perception de l'espace au regard pour l'instant). Quand elle est ouverte, mon regard s'échappe dehors. Et l'espace que je perçois devient plus complexe, avec un peu de dedans, un peu de dehors. Selon que les limites soient franches ou invisibles, vous avez des transitions marquées ou très douce. C'est comme le réglage du contraste sur une photographie.
Si vous marquez franchement une limite, vous délimitez franchement un espace, et c'est très beau.

Si vous atténuez les limites, vous faites des transitions douces et vous unissez deux espace. c'est très beau aussi.
Les technologies actuelles des grands vitrages permettent de concevoir des espace abrités (c'est leur fonction première) tout en étant transparent (ouvert) sur le paysage, ce qui agrandit la sensation d'espace à l'intérieur.

Oublions pour un temps la notion d'abri, revenons à l'espace.
ESPACE : éléments de limites.

Nous avons dit tout à l'heure pour simplifier que l'espace était le creux d'un volume, qu'il était défini par un sol, des murs, un plafond. C'est simpliste. L'architecture a horreur du simplisme. Ça ne conduit à rien de bon. Soyons plus fin.
Imaginons un désert, plat comme le dos de ta main. Comment délimiter un espace le plus simplement possible ?

- par un creux dans le sol, une simple différence de niveau marque bien l'espace que nous avons soustrait au désert qui nous entoure.

- par une surélévation. Même principe, mais en hauteur ; cette fois là nous surplombons le désert. On est vulnérable (exposé) mais dominant.

- un simple mur droit. Il y a un côté éclairé, u côté sombre. Un côté chaud, un côté frais. Dos au mur nous sommes abrités. Ainsi les limites de notre espace sont à la fois le sol (le désert), le mur, mais aussi la limite entre l'ombre et la lumière, voire entre le frais et le chaud.
- plaçons deux murs perpendiculaires l'un à l'autre, nous avons un coin. Asseyons nous dans ce coin. Nous nous entons très protégé dans notre dos.

- plaçons trois murs : nous avons un creux, presque une pièce. Pas de toit, pourtant le haut des murs, alignés, fonctionne aussi comme une limite être la matière et le vide.

- plaçons un plafond, nous avons presque une boîte, presque un volume, un creux bien marqué, un abri solide, la transition entre le dedans et le dehors se fait à un seul endroit : là où il n'y a pas de murs.

Fermons maintenant la boîte, creusons une porte, ç a y est, nous retrouvons notre maison dans le désert, composée d'une seule pièce, marquant bien le dedans et le dehors. La transition se fait par la porte.

Que pouvons nous tirer de cette expérience ?

trois choses :

- on peut marque les espaces d'une infinité de manière : un creux, un monticule, un mur, deux murs, un plafond, des murs transparents, des murs courbes, des murs inclinés. L'histoire de l'architecture est là pour vous montrer tout ce qui a déjà été fait. Votre imagination est là pour vous montrer le reste.

- être simpliste, c'est marquer l'espace par quatre murs. être simple, c'est marquer l'espace par uniquement ce dont il a besoin pour être délimité, en fonction de ce qui s'y passe. Etre simpliste, c'est faire de la construction ; être simple, c'est faire de l'architecture.

- la transition se fait toujours par un vide permettant le passage. Ce sont les rôles, pour simplifier pour l'instant, des portes et des fenêtres, des éléments qui ont été le jouet de l'imagination de tous les architectes qui vous ont précédés.
Pour bien faire comprendre cette notion variable du dedans, du dehors, de l'espace, des limites, voici quelques éléments :

- le couloir, vs la coursive : même fonction distributive, l'un est fermé, l'autre est ouverte.

- la persienne vs la casquette : même fonction d'abriter du soleil, l'un obstrue le passage, l'autre le laisse libre.

) la coupole en béton vs la coupole en verre : l'une est opaque, l'autre est ouverte sur le ciel.

- une ruelle de Marrakech vs un boulevard de Casablanca : l'une est sombre et petite, pour les piétons, l'autre est vaste et lumineuse, pour les voitures et pour aérer la ville.
etc.
L'ESPACE A UNE FONCTION

La manière de délimiter un espace est le fruit de votre imagination et de votre réflexion.

- comment voulez vous cet espace ? (réflexion)

- comment allez vous le délimiter ? (imagination)
un élément bloque : qu'est ce donc que cette chose appelée «cet espace« ?

C'est, dans le cas le plus courant, un lieu destiné à une activité, une fonction, qui vous a été dictée par votre client qu'on appelle Maître d'ouvrage. Celui-ci fait appel à un architecte pour bâtir un édifice dont il a besoin.

Ce sont ces besoins que nous traduisons en fonctions à travers un programme.

Ces besoins sont aussi simples que dormir tranquille, manger ensemble, se laver dans l'intimité, que complexes comme isoler une salle de radiologie des radiations radioactives, ou «je voudrais pouvoir manger tout en regardant les étoiles«, ou «je veux prendre un bain sans avoir à sortir de ma chambre«. Cela fait sourire, mais c'est la réalité du métier de l'architecte répondre à des contraintes très techniques et en même temps à des demandes très poétiques..

Analysez un peu les images dans les revues d'architecture, de décoration intérieure, ou même de publicité : on y voir une super-woman travailler et manger en même temps, on y voit un salon ouvert par de grandes baies vitrées sur le jardin (où s'arrête le salon ? où commence le jardin ?) on y voit des WC dans une chambre (déféquer et retourner dormir...) c'est parfois étrange mais cela est comme ça.
Tous ces besoins expriment le mode de vie des gens qui vous entoure, et vous devez apporter une grande attention à cela, par l'observation, et surtout pas le jugement. Les cours de sociologie, d'anthropologie, de psychologie, bous aideront à analyser vos observations.

Les société changent, parfois très vite, ce qui explique des besoins nouveaux (il y a un siècle des gares, aujourd'hui des aéroports, demain des base de départ dans l'espace) ou des besoins qui disparaissent (les temples romains ont disparu lorsque leur religion s'est éteinte).

Ces besoins que l'architecte doit parfois éclaircir avec le maître d'ouvrage formeront un programme qui mélange texte, schéma, diagramme, tableau, exprimant toutes les attentes du destinataire final de l'édifice.
Ces programmes sont parfois très simple (du bureau) ou très complexe, comme une maison. Oui la maison est l'objet le plus complexe qu'ait à faire un architecte. Elle mêle espace public, espace intime, se laver, manger, être ensemble, être tout seul, etc. tout cela dans un petit volume.

Un projet complexe n'est pas lié à sa taille, mais à son programme.
Faire un programme est une tâche qui incombe à l'architecte. Pour des projets importants, le maître d'ouvrage fait parfois appel à un programmiste dont le métier est scénariser les demandes de son client et de vérifier que l'architecte y répond.
Dans la plupart des cas, l'architecte doit donc dessiner des espaces adaptés à des fonctions. L'espace a une fonction.
OU N'EN A PAS.

Nous abordons là une notion plus subtile.

Il est illusoire de croire que n'importe quel espace peut répondre à n'importe quelle fonction. On ne peut dîner à douze dans un cabinet de toilettes. Pourtant il est tout aussi illusoire de penser qu'une fonction détermine Un et un seul type d'espace possible.
L’espace est relativement malléable. Ce qui compte ce n’est pas (que) répondre à une fonction c’est aussi concevoir de beaux espaces.
Une fois résolu les grands problèmes (dimensions suffisantes, lumière, ouverture, etc. pour répondre aux fonctions) l'architecte a le libre choix dans le dessin de ses espaces.

C'est ce libre choix qui fait que l'architecte qui travaille sur son projet fabrique des espaces puissants, fort, beau, clairs, lisibles, agréables, et que l'architecte simpliste (mérite-t-il le nom d'architecte ?) fabrique des espaces sans aucun intérêt, des espaces «de série B« pour paraphraser le langage cinématographique.
Maintenant intéressons nous aux caractéristiques de l'espace : comment pouvons nous le décrire ?
L'ESPACE SE PERÇOIT.
Nous ne pouvons nous intéresser à une chose sans nous intéresser à la manière dont nous percevons cette chose. L'homme est la mesure de toute chose. Vous chercherez qui as dit cela pour la semaine prochaine.

Quand je dis « cette salle est grande »,je ne peux le dire que si je l'ai vue ou parcourue. Quand je dis « cette salle est sonore », je ne peut le dire que si j'ai écouté.

Quand je dis « ce mur est rugueux », je ne peux en être certain que si je l'ai touché.

Et quand je dis « cette porte sent le cèdre », c'est parce que j'en ai respiré l'odeur.

La peinture, le plâtre, le bois ont une odeur ; ils ont aussi une couleur et une texture, ; ils ne rendent pas le même son quand je marche dessus.
L'architecture se perçoivent par les sens. : la vue, le toucher, l'ouïe et l'odorat. Manque un cinquième, le goût, qui est peu usité, aussi, pour compléter le tout l’as t-on remplacé par une cation : le déplacement.
Ces sens se combinent les uns aux autres : le toucher confirme la vue dans la perception de la rugosité, la vue confirme l'ouïe dans la perception d'espace plus grand ou plus petit (un espace qui réverbe le son parait plus grand à l'oreille). Le déplacement permet de toucher, de voir, de sentir et d'écouter toutes les parties de l'espace.

En effet, un espace n'est pas unique : il se comporte de différentes manières selon le temps et l'endroit où je me trouve. Par exemple, si je me met dans le coin d'une pièce rectangulaire, je perçois tout l'espace d'un coup, de plus via sa diagonale, la plus grande dimension d'un espace perpendiculaire. Cet artifice a été souvent utilisé pour agrandir l'espace. Par exemple, dans les pièces de l'étage de la Villa des Arts à Casablanca, vous rentrez par la diagonale dans certaines, au fond de cette diagonale, se situe une fenêtre qui fait que votre regard s'échappe à l'extérieur et que la pièce parait plus grande qu'elle ne l'est en réalité.
Ce déplacement permet d'affiner le toucher : je passe du rugueux au lisse, du bois au carrelage et de l'ombre à la lumière, du frais au chaud, et j'ai des sensations différentes selon l'endroit où je me trouve.
Si je reste dans un coin de la pièce, ma voix porte plus loin, car elle est amplifiée par les parois. Pour autant, je suis aussi plus proche des pièces voisines et je peux entendre le bruit qui se passe dehors.
L'odorat participe aussi à différencier les espaces enfermés des espaces ouverts : les odeurs des matériaux, des gens qui vivent, des fleurs du dehors ou des gaz d'échappement décrivent aussi des qualités spatiales.
Le déplacement permet d'enrichir et d'affiner le tout. La notion de déplacement dans un espace est connue depuis très longtemps mais n'a été réellement théorisée qu'au XX° siècle dans le livre ESPACE, TEMPS, ARCHITECTURE, de Siegfried Giedion (titre original « space, time and architecture », éditions Denoël, Paris, 1941 pour la traduction française.)
Que pouvons tirer comme enseignement de tout cela ?
Deux choses :

- l'espace est une chose complexe dont la perception varie au cours du temps et des déplacements.

- pour être compris, l'espace doit se vivre.
Vous apprendrez peu de choses en regardant des photographies, en regard de ce que vous apprendrez en allant sur place.

Le livre de chevet de l'architecte, c'est le monde qui nous entoure : à tout moment, regarder, sentir, toucher, écouter.
Pour finir, un conseil de Frank Lloyd Wright, architecte américain entre le XIX° et le XX° siècle :

«posez vous toujours la question du «pourquoi ?« des choses qui vous plaisent«.
QUALITE SPATIALES

Toutes ces perceptions vous envoient des signaux que vous allez traduire en mots : grand petit, sombre, lumineux,lisse, rugueux, sonore, étouffé, sentant la rose ou le jasmin, sans odeur, etc.
Tous ces mots peuvent être rangés dans une première catégorie de terme, plus générale :
- la luminosité (perception par la vue), ceci inclut la couleur.

- la matière et la température (perception par le toucher)

- l'acoustique (perception par l'ouïe).

- l'odorat.

- la forme, les dimensions. (perception globale)

- le « sens » ou l'émotion si l'on peut dire, que vous percevez en vivant cet espace : c'est un espace écrasé, ou élancé, ou majestueux ou intime, ou public, etc.
L'ESPACE SE VIT

Les perceptions sont aussi le fait de ce qui se passe dans un espace : une salle de concert ne réverbe pas le même son selon qu'il y ait des spectateurs ou qu'elle soit vide. Une pièce n'a pas la même luminosité le matin que le soir.

Il faut donc être fin dans votre analyse et vous replacer dans un contexte.
Enfin, pour terminer, al chose la plus importante pour un architecte mais qui a été le moins codifié dans l'histoire de l'architecture : les proportions.
ESPACE ET PROPORTIONS

Une proportion est un rapport entre deux dimensions.

Dimensions n'est pas à prendre ici dans le sens de mesure métrique, mais plutôt dans le sens «mesure« ou «quantité«.

Une proportion s'écrit sous la forme d'une fraction , 1+√5/2 par exemple, ou sous la forme d'un chiffre 1,618 pour expliquer ce qui lie deux dimensions.
une pièce cubique est une pièce de proportion 1 : toutes les dimensions sont égales.

Une pièce dont la longueur est égale à deux fois la largeur aura une proportion 2.

A noter : on ne parle de proportions en mathématique, que dans le rapport de DEUX dimensions.
Mais l'architecture est bien plus que deux dimensions. D'abord une pièce est en trois dimensions, et de plus, les sens perçoivent beaucoup plus de sensations que les seules dimensions. Enfin, les sens ont pour manière de fonctionner, non de mesurer exactement une chose (ce sont les machines qui font ça) mais de mesurer des rapports entre deux choses : il y a deux fois plus de lumière que d'ombre ; il y a trois fois moins de vide que de plein ; ce sont est plus fort que celui-là, etc...
Un espace bien proportionné est un espace où les dimensions, la lumière, la forme, le plein, le vide, l'ouvert, le fermé, le transparent, l'opaque, le sonore, le muet, etc. concourent à lui donner un caractère, un sens.
Si la destination finale d'un espace est d'être une salle de cinéma, une pièce au caractère sombre et étouffé, de grandes dimensions, conviendra mieux qu'un pièce petite, lumineuse et sonore.
Un espace bien proportionné ne veut rien dire en soi, même si c'est une locution qu'on utilise parfois, pour décrire des rapports de dimensions. Un espace est bien proportionné pour ce qu'il doit être.
Si vous voulez donner un sentiment d'intimité, pour une hutte par exemple, à vous d'y mettre les ingrédient, en juste quantité, pour donner cette impression d'intimité : une pièce de 20 m de long, 12 m de haut est mal venue. Pour un hall de gare, c'est mieux. L'architecture c'est comme la cuisine.
Ce qu'il ressort de tout ça ?
deux choses :

- le travail sur les proportions est la partie la plus importante du travail de l'architecte.

- hormis quelques grandes indications, vous n'aurez pour seul mode d'apprentissage que votre observation pour apprendre les bons rapports de proportion.
Nous en revenons à la hutte primitive, et à Vitruve, qui résume ainsi l'architecture :

UTILITAS, FIRMITAS, VENUSTAS.
C'est du latin. Nous pouvons le traduire en utilité (l'espace a une fonction), solidité (il faut un savoir faire technique pour construire), beauté (les proportions concourent à susciter une émotion par les sens)


DTA 1 Cours N°3

La limite qualifie le lieu.
Limites et qualification du lieu – Le génie du lieu -épuisement d’un espace – observer, imaginer.


LIMITES ET QUALIFICATION DU LIEU
Mêlons maintenant les trois notions que nous avons vues :

- l'espace

- les limites

- le dedans et le dehors
Un espace est caractérisé par ce qu'il y a dedans : sa forme, sa matière, sa lumière, son son, son odeur, ses dimensions, entre autres.

Ces éléments sont perçus par nos sens.
Or, tous ces éléments apparaissent le plus souvent en un seul endroit : aux limites de l'espace.

La transition du dedans au dehors se fait à la limite de l'espace.

L'apport de lumière naturelle se fait à travers les parois, autre limite spatiales.

La couleur des matériaux, leur texture, est située elle aussi sur les parois.

Le son est transmis ou réverbéré par les parois.

Nous pouvons en tirer comme conclusion que ce sont les limites spatiales qui caractérisent en grande partie l' espace.

Si on remplace quelques mots dans cette phrase, «espace« par « lieu », et « caractériser » par «qualifier », nous pouvons dire que « les limites qualifient le lieu ».
Pourquoi remplacer des mots par d'autres ?

Et bien pour apprendre du vocabulaire, d'abord, parce qu'il n'y a pas qu'un seul mot pour dire la même chose.
Ensuite par ce que ces presque synonymes lieu-espace, et qualifier-caractériser ne veulent pas tout à fait dire la même chose.
Caractériser renvoie à une notion d'image objective.

Qualifier est une notion volontaire, subjective.
Caractériser a une notion objective, très utile lors des descriptions d'espace.

Qualifier renvoie à des notions subjectives, dues au point de vue de celui qui observe. Or, l'observation d'un espace, parce qu'elle fait appel aux sens, est aussi subjective.

«Espace » a une résonance généraliste. Ce qu'on appelle un «lieu » en architecture, c'est un espace «où il se passe quelque chose ». Un espace «qui résonne en nous », qui ne nous laisse pas indifférent.
Pour décrire cela d'une autre façon, certains ont coutume de parler de « génie du lieu » ou GENIUS LOCI en latin. Le « génie du lieu » ou « esprit du lieu » veille sur le lieu et surtout lui donne son caractère. Un peu comme si un djinn habitait là et le marquait de son empreinte.
« GENIUS LOCI » est le titre d'un ouvrage de Christian Norberg-Schulz que vous lirez pour la semaine prochaine.
Pour savoir comment qualifier un lieu, il faut donc regarder à ses limites et bien au-delà.
Au-delà, en effet, car les limites d'un espace sont forcément les limites d'un autre espace qui se trouve à côté.

Pour regarder un lieu, il faut donc aussi s'intéresser à ce qui se passe à côté.
Jusque là nous avons décrit le lieu par ce qui se passait à l'intérieur : lumière, matière, texture, etc. Maintenant nous allons nous intéresser à ce qu'il y a autour.
La première question que l'on peut se poser en étant dans un lieu est «où étais-je avant ? », et « comment suis je rentré ? «
Le lieu où nous étions avant et la manière dont nous sommes rentrés qualifient le lieuoù nous sommes maintenant. Difficile de se trouver dans un salon destiné à recevoir des invités , lieu «public », si auparavant il a fallu passer par une chambre, lieu privé et intime.

Sortir d'une chambre pour tomber directement dans la salle à manger peut être désagréable par ce soudain changement de statut d'espace. C'est la raison d'être de tout ce que les gens appellent «couloir«, «hall«, «dégagement«, «antichambre«, dont la fonction n'est pas seulement de distribuer plusieurs espaces mais aussi de permettre une transition douce au lieu de passer brusquement d'un espace à l'autre.
Savoir d'où une personne arrive avant d'entrer dans l'espace que vous avez dessiné est primordial.
Difficile de se sentir à l'aise dans une chambre si celle ci donne directement sur la rue : il y a là une confrontation trop directe de lieux public-privés à travers une simple porte qui est dérangeante. C'est le rôle de l'architecte d'arranger les espaces entre public, semi-public et privé.
Qu'est ce qui peut être qualifié dans un lieu ?

- son statut : lieu public, lieu semi-public, lieu intime, avec toutes les variations qu'on peut donner.

son importance dans le bâtiment ou dans la ville : espace majeur ou espace secondaire. Importance à consédérer du point de vue spatial, symbolique, social ou fonctionnel.

- sa situation géographique. Nous avons vu au premier cours que le soleil ne répartit pas uniformément ses rayons sur terre.

- son orientation

- « sa présence », que l’on peut relier à l’idée de « génie du lieu », ou à l’importance symbolique du lieu.

Par exemple :

Nous pouvons dire d'une chambre, qu'en terme spatial, elle fait « 6m de long par 3 m de large par 3m de haut. Les murs sont des parois pleines, peintes en rose bonbon, que le sol est en pierre polie grise, le plafond blanc. Un mur est percé d'une porte en chêne, l'autre mur est percé d'une fenêtre carrée. »

Bien. Ceci est de la description.
Qu'est ce qui la distingue d'une autre chambre à la forme identique ?

Qu’est ce qui la qualifie ?
«Cette chambre est située au Maroc, sa fenêtre est orientée à l'est, sa porte à l'ouest, le soleil éclaire directement la pièce le matin, pas le soir. Quand on ouvre la porte, on fait rentrer les vents d'ouest. Les façades nord et sud sont opaques. Le mur nord est frais, le mur sud est chaud car le soleil l'irradie.

C'est un lieu intime où les gens demandent la permission de l'occupant avant d'entrer.

- l'occupant dort dans cette pièce.

Les proportions de cette pièce (le double cube) ses couleurs claires, sa lumière atténuée font qu'on peut l'embrasser d'un seul coup d'oeil. Ses proportions équilibrées lui donnent un aspect calme et lisse. Quand je rentre dans la pièce, je vois les montagnes à travers la fenêtre. Quand je sors, je vois la mer. »
EPUISEMENT D’UN ESPACE

On peut dire beaucoup de choses sur un espace.

Georges Perec, écrivain français, a même tenté de tout dire sur un espace dans un texte intitulé «tentative d'épuisement d'un lieu parisien » (éditions Bourgois, Paris, 1982) que vous lirez pour la semaine prochaine.
OBSERVER, IMAGINER.

Maintenant que vous avez lu toute cette partie théorique, que vous avez compris l'exemple, vous pouvez regarder l'espace qui vous entoure d'un oeil neuf.

Etudiez les dimensions, les matières, le son l'odeur, la lumière en un mot : observez.

Bien.

Maintenant, pour affiner votre observation, faites un travail d'imagination et changez la texture des matériaux. C'est pourtant le même espace, non ? Et pourtant ce n'est plus le même espace.

SUR VOTRE LIT

Pour faire ce test, vous avez besoin d'un lit. Allongez vous sur le dos, sortez votre tête du lit et laissez la doucement retomber en arrière.

Vous regardez le plafond. Vous ne devez vois aucun élément de votre corps. Fixez le plafond et imaginez que c'est le sol, et que vous pouvez marcher dessus. L'espace a une toute autre présence Si l'espace n'a pas changé, c'est donc que votre point de vue a changé, et je ne parle pas de la tête renversée, mais de ce que vous imaginez quand vous regardez un sol, un mur, un plafond.

C'est un bon exercice de relaxation aussi.

Iconographie



3 escaliers urbains : piaza di Spagna à Rome (Italie), Arche de la défense à Paris (France), Twin-center à Casablanca (Maroc). Dans certains cas, le génie du lieu s’exprime, dans d’autres, non.Pourquoi ?

De gauche à droite, des coursives :

Bibliothèque Nationale de France, Paris, France, 1995, Dominique Perrault Architecte

Bâtiment privé à Gênes, Italie, XV° s.

Musée Kiasma, Finlande, Steven Holl Architecte. 2000c.
En dessous : Coursive du musée Guggenheim, 1959, New-York, EU, Frank Lloyd Wright.

En bas : Centre Beaubourg, 1977, Paris, France, Renzo Piano et Richard Rogers,

A droite : coursive dans une maison marocaine. XX° s.
Observez : d’où vient la lumière ? comment vient-elle ? Comment voyons-nous le parcours ? quelle est l’ambiance propre à chaque lieu ? pourquoi ces ambiances sont elles différentes ?






DTA 1 Cours N°4

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