Cours de 2 heures Table des matières







titreCours de 2 heures Table des matières
page8/12
date de publication21.02.2017
taille0.5 Mb.
typeCours
a.21-bal.com > histoire > Cours
1   ...   4   5   6   7   8   9   10   11   12

Défense de Viollet-le-Duc


Il est de bon ton, aujourd’hui, de considérer avec un brin de condescendance le travail de restauration du patrimoine historique effectué au XIXe siècle par Viollet-le-Duc et ses semblables. En effet, notre époque se veut très soucieuse d’authenticité et ne jure que par la pierre d’origine, préférant ainsi le matériau à l’œuvre (pour simplifier).
Il est bien vrai que les édifices, à l’instar de la cathédrale de Chartres, qui ont eu la chance de traverser les siècles sans restauration importante produisent un effet plus fort (mais qu’en est-il de l’autosuggestion et de la réalité des choses ?)
Il est bien vrai aussi que le travail des sculpteurs modernes, quand ils se sont essayés à des pastiches de l’art roman, ne soutient guère la comparaison avec celui de leurs ancêtres médiévaux..

Prenons par exemple le tympan central de la façade de la basilique Sainte-Madeleine de Vézelay :

Celui-ci est dû en totalité à un collaborateur de Viollet-le-Duc, qui a travaillé d’après les vestiges très altérés du tympan original. Et justement, ce vestige est visible sur un bas-côté de l’édifice.

Quoique pratiquement effacé, le tympan roman, en particulier dans les quelques drapés encore visibles, marque une supériorité évidente.

Notons en passant la désastreuse négligence des édiles et de la population vézelienne depuis la restauration de la basilique (j’ai l’impression qu’il y aurait beaucoup à dire sur le rapport complexe des habitants du village avec le monument) qui ont laissé à l’abandon et à la destruction progressive les restes du tympan et du linteau attenant.

Alors, certes, certes, Viollet-le-Duc n’est pas toujours intervenu avec le bon goût qui caractérise, à l’évidence, notre début du XXIe siècle ; il n’a certes pas respecté scrupuleusement les règles de restauration édictées 150 ans plus tard par nos meilleurs conservateurs ; mais quand il est arrivé sur la colline de Vézelay, vers 1840, missionné par Mérimée, qu’a-t-il vu ?

Une ruine sur le point de s’écrouler, n’intéressant personne si ce n’est en tant que potentielle carrière de pierre.

Et à force d’un travail acharné, il a rendu la vie à ce monument majeur de l’humanité.
L'hommage est justement rendu et vous avez raison de souligner que Viollet-le-Duc est trop facilement raillé aujourd'hui. L'"idéologie" de la restauration a bien sûr évolué en 150 ans, mais plutôt que de raisonner en opposition, il faut considérer l'évolution de la théorie ; on doit donc rendre grâce à VLD d'avoir sensibiliser les gens à cette démarche, d'avoir déffricher en quelque sorte (cf. son article "Restauration" dans son Dictionnaire raisonné).

Pour autant, il est un peu naïf de l'absoudre de tous ses défauts. Si son sauvetage de la Madeleine de Vézelay est incontestable techniquement (consolidation des maçonneries, reprise en sous-oeuvre des piles, mise hors d'eau, etc...), son parti architectural et l'application de sa fameuse théorie :
"Restaurer un édifice, ce n'est pas l'entretenir, le réparer ou le refaire, c'est le rétablir dans un état complet qui peut n'avoir jamais existé à un moment donné."
a produit des non sens irréversibles.

Il est vrai que la restauration de la Madeleine donne à voir au public un état beaucoup plus complet et entier d'une église médiévale que si on s'était borné à restaurer à la mode d'aujourd'hui en se contentant de mettre en valeur des vestiges. Le public préfère du concret, du prêt-à-voir, et j'imagine que l'industrie touristique locale aussi, mais le danger est que peu de gens, en fin de compte, sont capables, comme vous, d'isoler les parties XIXe des parties authentiques. VLD ment donc à beaucoup de gens qui ne sont pas très éclairés en art roman (par exemple) en leur disant : "Voici un édifice roman complet".

Ce concept de "disneylandisation" (pardon pour ce terme mais il commence à être autorisé) que l'on retrouve dans beaucoup de vieilles restaurations du XIXe et du début du XXe est la conséquence directe de l'enseignement de VLD. Il a produit les restaurations les plus populaires aujourd'hui (Pierrefonds bien sûr, mais également beaucoup de Châteaux de la Loire, dont Chaumont est l'exemple le plus frappant), mais les véritables esthètes, ou même les simples amateurs vrais en sont trop souvent déçus.

La doctrine a donc changé aujourd'hui, comme vous le souligniez, et l'on en vient même à dérestaurer les précédentes restaurations du XIXe quand c'est possible (cf. l'exemple célèbre du chevet de St Sernin à Toulouse qui commence à faire école chez les Architectes en Chef des Monuments Historiques). La tendance actuelle, plus scientifique qu'artistique certes, m'apparaît personnellement comme préférable, mais il est évident que ce n'est pas la panacée et il est important avant tout de rester ouvert aux différentes évolutions (notamment techniques ou en matière de connaissance artistique), ce que n'était pas vraiment VLD...

C'est du vandalisme révolutionnaire qu'est née la notion de conservation. Pour la première fois, l'État tente de mettre en place un cadre administratif pour inventorier et conserver le patrimoine national en péril. La Commission des monuments est créée en 1790 ; la Commission temporaire des arts lui succède. Ces instances, bien que limitées dans le temps (1790-1795), entreprennent de former des réseaux de correspondants provinciaux et rédigent des Instructions sur la manière d'inventorier et de conserver dans toute l'étendue de la République tous les objets qui peuvent servir aux arts, aux sciences, à l'enseignement.
Mais les difficultés de recenser un patrimoine aussi divers, le manque de moyens et la situation politique sont peu favorables à la conservation. Cependant, de nombreux inventaires sont dressés, des travaux sont exécutés sur les cathédrales de Chartes et d'Amiens et l'action de la Commission temporaire des arts permet de sauver de la démolition l'église abbatiale de Saint-Denis, les châteaux d'Écouen et de Chantilly, ainsi que la porte Saint-Denis à Paris.

Le musée des Monuments français

Le 2 mai 1790, la confiscation des biens du clergé, puis plus tard, celle des biens des émigrés, entraînent la vente des bâtiments et le transfert dans des dépôts provisoires des œuvres d'art. À Paris, les objets sont conservés dans le couvent des Petits-Augustins (aujourd'hui École des Beaux-Arts). Ce dépôt devient en 1795 le musée des Monuments français, aménagé par Alexandre Lenoir. Ce lieu très couru, particulièrement par les artistes, présente dans une mise en scène romantique, sans souci d'authenticité, aussi bien les tombeaux royaux de Saint-Denis que des statues et bas-reliefs, des vitraux, de l'orfèvrerie liturgique, des pavements des mosaïques. Il a beaucoup contribué à développer le goût pour le Moyen Âge.


Le mouvement en faveur des monuments

De même, Le Génie du Christianisme de Chateaubriand, paru en 1802, a encouragé le mouvement en faveur des monuments religieux. "Ce livre, parut au milieu des débris de nos temples. Partout on voyait des restes d'églises et de monastères que l'on achevait de démolir". Notre-Dame de Paris de Victor Hugo est un véritable manifeste en faveur de la sauvegarde des monuments anciens : "…en attendant les monuments nouveaux, conservons les monuments anciens. Inspirons, s'il est possible, à la nation l'amour de l'architecture nationale. C'est là, l'auteur le déclare, un des buts principaux de ce livre ; c'est là un des buts principaux de sa vie" écrit-il dans sa préface de 1831 ; deux ans plus tard paraît sa Lettre sur le vandalisme en France. Plusieurs initiatives suivent ce mouvement. L'ouvrage d'Alexandre de Laborde Monuments de la France classés chronologiquement, publié entre 1816 et 1836, affirme la primauté du gothique et s'élève contre le vandalisme ; Les Voyages pittoresques dans l'ancienne France, publiés entre 1818 et 1878 par Taylor et Nodier auxquels a collaboré Viollet-le-Duc, présentent plusieurs milliers de lithographies situant les monuments sur des fonds de paysages romantiques. En 1824, l'essai sur l'architecture religieuse d'Arcisse de Caumont fait entrer l'art médiéval dans l'histoire.
Aussi, à la veille de la Révolution de 1830, le contexte est favorable à la création d'un service prenant en charge les monuments anciens.
Les monuments classés de 1840

La Commission des monuments historiques, à partir des choix des préfets, dresse, en 1840, une liste de plus de 1000 "monuments pour lesquels des secours ont été demandés". C'est la première liste de "monuments classés".
Cliquez sur les vignettes et déroulez la frise afin d'agrandir les photographies d'époque et les dessins qui dépeignent les monuments tels que Mérimée a pu les découvrir, lors des tournées d'inspection qu'il entreprit à partir de 1834.


Ruskin

Critique influent, passionné et exigeant, John Ruskin est diplômé de l'université d'Oxford où il étudie la peinture. Homme du XIXe siècle, ses théories se fondent sur le retour à la nature. En 1850, il est le seul à défendre la confrérie des préraphaélites qui - s'étant inspirée de ses travaux exposés dans 'Modern Painters' - prône le retour à la pureté de la peinture italienne (avant l'avènement du peintre Raphaël) dans une Angleterre victorienne. Il est également un allié de Turner dont il apprécie le naturalisme. S'intéressant à l'architecture, il tente de relier l'art, la nature, la moralité et l'homme dans 'Stones of Venice'. Cet ouvrage aura un fort impact et est considéré comme étant initiateur de l'Art nouveau avec le mouvement Arts & Crafts. A la fin des années 1850, il passe de la critique d'art au commentaire politique. Son 'Unto this Last', où il développe une théorie de la justice sociale, serait à l'origine du Parti travailliste anglais. Il revient à l'art en devenant professeur à Oxford entre 1869 et 1879. Il y noue une amitié avec Lewis Carroll, également professeur à Oxford, et avec la petite Alice, inspiratrice du fameux 'Alice au pays des merveilles'. Après des déboires amoureux, il sombre dans la dépression. L'avènement de l'impressionnisme aura raison de son succès en tant que critique d'art et finira de le plonger dans le gouffre dans lequel il est tombé. Il meurt avec le siècle, l'ayant fortement influencé par ses théories sur l'art et la société.
http://www.aibl.fr/fr/seance/discours/disc_recht.html


HOMMAGE A PROSPER MÉRIMÉE.
L'INVENTION DU MONUMENT HISTORIQUE
PAR
M. ROLAND RECHT
MEMBRE DE L’ACADÉMIE
(extrait des
Comptes rendus de l’Académie des Inscriptions
et Belles-Lettres
, fasc. IV, nov.-déc. 2003)
_____

Le 21 septembre 1830, Guizot écrit à Louis XVIII :" Aussi nombreux et plus variés que ceux de quelques pays voisins, [les monuments historiques de la France] n'appartiennent pas seulement à telle ou telle phase isolée de l'histoire, ils forment une série complète et sans lacune ; depuis les druides jusqu'à nos jours, il n'est pas une époque mémorable de l'art et de la civilisation qui n'ait laissé dans nos contrées des monuments qui la représentent et l'expliquent. " Cette idée d'une " série complète ", cette conviction que l'art et la civilisation sont " représentés ", voire " expliqués " par le monument, sont nées au Siècle des Lumières et viennent justifier, aux yeux des révolutionnaires progressistes, l'avènement des musées. Pour appliquer ces mêmes principes aux monuments dispersés sur le sol de la France, Guizot veut faire nommer un inspecteur, dont il définit ainsi la tâche : " Parcourir successivement tous les départements de la France, s'assurer sur les lieux de l'importance historique ou du mérite d'art des monuments, recueillir tous les renseignements qui se rapportent à la dispersion des titres ou des objets accessoires qui peuvent éclairer sur l'origine, les progrès ou la destruction de chaque édifice…, éclairer les propriétaires et les détenteurs sur l'intérêt des édifices dont la conservation dépend de leurs soins et stimuler, enfin, en le dirigeant, le zèle de tous les conseils de département et de municipalité, de manière à ce qu'aucun monument d'un mérite incontestable ne périsse par cause d'ignorance et de précipitation…et de manière aussi à ce que la bonne volonté des autorités ou des particuliers ne s'épuise pas sur des objets indignes de leurs soins. "

        Le moment n'est pourtant guère favorable : comme le dira d'une façon si concise le baron De Guilhermy, " les barricades de 1830 se relevaient dans les rues de Paris, et le gouvernement n'avait vraiment pas le loisir de faire de l'archéologie. " Mais les ravages de la " bande noire " et la dégradation continue des témoins monumentaux du passé, résultant de l'ignorance ou de la cupidité, de la spoliation et de la destruction, alertent et inquiètent des hommes comme le ministre Guizot, Ludovic Vitet ou Prosper Mérimée. Sous le titre Guerre aux démolisseurs paraît en 1832 un pamphlet de Victor Hugo qui, comme l'avait fait Goethe, considère que les monuments anciens forment l'héritage collectif du genre humain : " Il y a deux choses dans un édifice : son usage et sa beauté. Son usage appartient au propriétaire ; sa beauté à tout le monde. C'est donc dépasser son droit que le détruire. "
C'est l'aboutissement d'un processus engagé depuis longtemps. Déjà en 1799, Pierre Legrand d'Aussy avait proposé l'organisation de fouilles systématiques et l'envoi de circulaires-questionnaires aux représentants de l'Etat dans l'ensemble des départements. Restée sans effet, l'initiative est reprise par le ministre de l'Intérieur, le comte de Montalivet, en 1810 : il demande aux préfets de réunir " des renseignements sur les vieux châteaux, les abbayes, les inscriptions et en général sur les monuments du Moyen Age ". Là encore, les autorités locales montrent peu d'empressement mais les dossiers parvenus au ministère sont confiés à une commission créée au sein de l'Académie (qui prendra bientôt le nom de Commission des Antiquités de la France) qui élabore un questionnaire dont le but est l'inventaire et la nomenclature des monuments. L'idée de Montalivet avait été inspirée par le comte Alexandre de Laborde, le futur auteur des Monuments de la France classés chronologiquement et considérés sous le rapport des faits historiques et de l'étude des arts (1816-36) . En 1818, débute la publication des Voyages romantiques et pittoresques dans l'ancienne France, par le baron Taylor, Nodier et Cailleux dont les 20 volumes seront bouclés en 1878. Les illustrations lithographiques ont eu une grande part dans le succès de cet ouvrage : à la différence des gravures de De Laborde, elles imposent le cliché romantique d'une fusion pittoresque entre le paysage naturel, les témoins architecturaux et les habitants. Ces enquêtes sont menées dans un contexte difficile. D'innombrables bâtiments anciens, religieux ou non, sont détruits ou menacés de ruine. Vitet écrit à Guizot : " Les maires, les curés, les fabriciens et surtout les Conseils municipaux me donnent bien du mal. Impossible de leur faire entendre raison et, si vous ne m'armez d'un bout d'article de loi, d'ici à dix ans il n'y aura plus un monument en France, ils seront tous ou détruits ou badigeonnés… " En 33, il demande que vingt églises dont Vézelay et Vienne soient déclarées " monuments nationaux ".

        Ludovic Vitet va s'acquitter de cette tâche autant que ses responsabilités administratives d'abord, surtout politiques ensuite, lui en laissent le temps. Devenu secrétaire général du Commerce en 1834, il cède la place à Mérimée, alors âgé de 31 ans : ils resteront jusqu'en 1848 les deux personnalités les plus influentes. Le jeune Mérimée, déjà célèbre et fêté, se met au travail. Il va consacrer une énergie remarquable à ses déplacements, à ses visites, à ses contacts avec les antiquaires locaux et avec les édiles ou le clergé, à la rédaction de ses rapports et de sa correspondance, n'oubliant jamais que, comme le proclame avec tant de stoïcisme l'écrivain, " le métier d'un inspecteur des monuments historiques c'est d'être vox clamans in deserto ".

        Rapidement, à peine un an après son entrée en fonction, Mérimée a identifié les deux sources du danger : " Les réparateurs sont peut-être aussi dangereux que les destructeurs. " Le thème sera au centre du réquisitoire prononcé deux ans plus tard par le comte de Montalembert (Le Vandalisme en France) qui s'en prend surtout aux entreprises de " restauration ". Afin de sauver la tour de Saint-Porchaire de Poitiers, Mérimée doit lutter de front et tout à la fois contre le conseil municipal, le génie, les Ponts et chaussées et les architectes de la ville et du département. A Avignon " depuis la Restauration le palais des Papes sert de caserne. " Le Génie militaire menace Sainte-Marie-des-Dames à Saintes. Les Dominicains de Perpignan " sont en ruines. Le génie militaire, grand destructeur, y a établi ses magasins. " Il a causé des " dommages irréparables " aux Jacobins de Toulouse et la Commission de conclure en 1850 : " …nos officiers du génie s'entendent beaucoup mieux à renverser des forteresses qu'à conserver des monuments. "

        Le clergé est, lui aussi, l'objet d'innombrables attaques de la part de cet athée qui s'évertue à vouloir sauver les monuments religieux : " Quand donc les curés comprendront-ils qu'il est de l'intérêt de la religion de conserver à ses temples leur caractère antique, si grave, si imposant, si chrétien ? S'ils barbouillent les églises comme les cafés, n'est-il pas à craindre que l'extrême ressemblance de lieux d'un usage si différent ne porte les gens à se mettre à leur aise aussi bien dans les uns que dans les autres ? " A Clermont, il s'emporte contre " ce scélérat de curé " qui a fait repeindre les voûtes de la crypte de Notre-Dame du Port. Mais il sait aussi reconnaître les mérites de ceux qui se consacrent à une sauvegarde intelligente : à Saint-Maximin, il fait l'éloge d'un curé qui a réussi a empêcher le badigeonnage de l'intérieur de l'église décidé par le conseil municipal et qui veille en personne à l'entretien des boiseries de la sacristie. Mérimée suggère aussitôt au ministre de l'Intérieur de faire un geste de gratitude en faveur de cette paroisse en lui donnant un tableau. Parfois, il traite aussi certains ecclésiastiques avec légèreté. Ainsi, le curé de Chauvigny dont il écrit : " Il m'a fort apitoyé en me parlant de la triste situation de son église. Elle va tomber. Il n'a pas le sou, et il faut 18.000 F. Il offre de les emprunter si on veut les lui promettre dans quelques années. Je lui ai parlé de notre misère et je l'ai assuré de notre estime. "

        On imagine difficilement que la plupart des monuments que nous considérons aujourd'hui comme des reliques insignes aient pu, à ce moment-là, recevoir les destinations les plus invraisemblables. Les ruines de l'abbaye de Hambye à Coutances sont partagées entre une trentaine de propriétaires dont " quelques uns ne possèdent qu'un seul pilier. " Une partie du porche de Charroux appartient au propriétaire d'un café du commerce. A l'église Saint-Sauveur de Nevers, le bas sert de magasin de roulage, le haut de grenier à foin. Saint-Genest de Nevers est transformé en brasserie. La tour Sainte-Colombe, en face de Vienne, est alors " un café dont le maître, devenu une espèce d'antiquaire, sans doute pour être propriétaire de cette tour vénérable, joint à son commerce de bière et de liqueurs, celui de vieilles cruches, d'armes rouillées et de médailles romaines. " L'île de Saint-Honorat après être devenue propriété nationale sous la Révolution, fut vendue à un actrice de la Comédie française puis à un boucher de Cannes pour 30 000 fr. L'église d'Ainay à Lyon a une crypte transformée en magasin de charbon de terre et en cellier. Celle de Maguelonne " est encombrée de foin ". Mais l'acquisition des biens du clergé peut aussi avoir des effets bénéfiques : ainsi à Cluny " …une faible portion du palais abbatial a été achetée par un ami des arts, M.Auchier, qui s'y est logé pour y réunir les fragmens oubliés par les démolisseurs… " Mérimée ne manque pas une occasion de louer de telles initiatives qui permettent de réunir des collections lapidaires qui formeront souvent le noyau des futurs musées municipaux.

        Deux sortes de " réparateurs " sont vilipendés par Mérimée : les peintres et les architectes. Parmi la première catégorie de dangereux vandales, il y a les pseudo-artistes et les badigeonneurs. A Saint-Savin, un des édifices que Mérimée a sauvé de plusieurs désastres, il constate lors de sa tournée de juillet 1840, que l'on a bouché les fissures de la voûte recouverte de peintures murales d'un très grand intérêt, non pas de l'intérieur mais par l'extrados : on " les a fort bien bouchées, mais je ne saurais vous dire combien de têtes et de bras ont disparu dans cette opération. Sans les ordres précis que l'on avait donné de Paris, je ne me serais pas aperçu de ces reprises, m'a dit le maire, insigne ivrogne, car un artiste peintre s'était offert pour raccorder le tout… " Quatre années plus tard, toujours à Saint-Savin, " les peintures faites par Mr Louis sous les ordres de Mr Joly sont une catastrophe ! " " …Voici ce qu'il a fait : 1° Un père éternel dans une gloire, barbe grise, louchant horriblement. 2° A côté de lui, il avait trouvé un bec d'oiseau. C'était probablement l'Aigle de St Jean. Il en a fait un coq avec une belle queue etc. 3° puis, sur les pendentifs, il avait commencé à peindre des saints qu'il croyait copier d'après deux ou trois, qui subsistent encore et qu'on a exhumés de dessous le badigeon ; tout cela était exécrable […] Une heure après mon arrivée à St Savin, le père éternel et son coq avaient disparu… " A propos de Saint-André-le-Bas à Vienne : " Il faut savoir que tous les ans des essaims de barbouilleurs italiens se répandent dans les départements du Midi, et couvrent les murs de nos églises de leurs ignobles compositions. "

        Mérimée est très sensible à un aspect de l'architecture médiévale que l'historiographie et la restauration du XX° siècle ont le plus souvent négligé, à savoir la polychromie. A Saulieu, il déplore la présence de " l'horrible badigeon blanc dont on se croit obligé de couvrir toutes nos églises… " A La Charité-sur-Loire, il est à la recherche des traces de peinture sur les sculptures romanes. Il lui arrive de louer le travail d'un sculpteur parce que sa maîtrise du métier le situe dans la tradition des sculpteurs médiévaux. Emerveillé par la restauration de Tour près de Bayeux : " C'est un maçon qui la conduit et cela se fait comme au moyen-âge. Les bonnes gens du pays donnent gratis la pierre qu'ils vont chercher à 8 lieues. Le maçon la fait tailler et la pose, et le mètre de balustrade flamboyante revient tout posé à 15 francs. " Au contraire, à la cathédrale Saint-Sauveur d'Aix-en-Provence il est amené à réévaluer le vandalisme révolutionnaire au vu de celui que pratiquent les restaurateurs : " Dans la révolution on avait abattu les têtes de tous les saints qui garnissaient les voussures de la grande porte. Récemment on a voulu la restaurer. On a commandé à je ne sais quel tailleur de pierres tant de têtes à tant la pièce, et l'industriel les a fournies comme il a pu. Elles sont hors de proportion avec les corps ; elles n'ont pas de cols, probablement on n'en avait pas commandé. Qu'on se figure une centaine de petits monstres, ayant tous un air de famille des plus ridicules. En vérité, vandalisme pour vandalisme, les mutilations des jacobins étaient moins ignobles. "

        Contraint d'agir rapidement afin de prendre de vitesse les destructeurs, il lui faut mobiliser des " réparateurs " dignes de ce nom. Il n'a pas à proprement parler une doctrine sur ce point. Sa conception de la restauration évolue, en fonction des circonstances. Mais Mérimée se situerait plus près des idées de John Ruskin, absolument hostile à toute intervention, que d'Eugène Viollet-le-Duc : " une restauration totale, dit-il, est toujours difficile, impossible même, et équivalente à une destruction. " Mais entre 1830 et 1848, une théorie aussi radicale ne pouvait s'imposer car c'eût été signer l'arrêt de mort de centaines de monuments. En tous cas, le respect des parties anciennes d'un monument est un service rendu à l'histoire de l'art. Voici ce qu'il écrit à propos des arènes de Nîmes : " Ne comprend-t-on pas ce que ces additions doivent inspirer de défiance aux contemporains, encore plus à la postérité ? Au lieu de pouvoir étudier avec sécurité l'histoire de l'art, il faut commencer par discuter l'origine de chaque morceau qu'on examine, et s'assurer qu'il est antique par une recherche d'autant plus difficile que plusieurs de ces réparations ont été faites avec des fragments réellement antiques que l'on a seulement changés de place. "

        Le groupe formé par Vitet, Mérimée et les membres de la Commission des Monuments historiques créée en 1837, se révèle très efficace même si les crédits s'avèrent très tôt insuffisants. Cette instance de décision centrale peut s'appuyer sur un réseau actif et engagé d'antiquaires, comme ceux de Normandie, qui, avant même la création des correspondants, parfois même avant la création du poste d'Inspecteur, avaient su sensibiliser l'administration municipale ou départementale. Mais très tôt, Mérimée a compris qu'il lui fallait pouvoir s'appuyer sur des hommes sûrs. Les décisions de la Commission des monuments historiques ont su consacrer l'excellence de quelques restaurateurs - architectes, peintres et sculpteurs, auxquels Mérimée cherchera à faire appel d'une manière systématique, souvent sans succès immédiat en l'absence de crédits suffisants. A propos de Saint-Bénigne de Dijon et des travaux réalisés par un certain M.Petit qui a dilapidé l'argent de l'Etat : " Ma conclusion, martèle Mérimée, est que nous sommes volés par la province, qu'il ne faut plus nous fier à ses archéologues ni à ses architectes, qu'il faut diviser la France entre Questel, Leduc et Boeswillwald et les charger de toutes nos affaires petites ou grandes. " A Saint-Savin, il s'en prend à l'architecte du département, M.Dulin, " sans éducation et remarquablement bête " dont il déplore le manque de connaissances historiques : [M.Dulin] " m'a demandé si St Savin était une église gothique, et il m'a paru croire pieusement que le gothique et le roman étaient contemporains, quelque chose comme l'ordre ionique et l'ordre corinthien…Au-dessus de l'arc d'une des chapelles de St Savin, il y a un vilain petit ornement rococo ajouté dans le 18°siècle. Mr Dulin l'a pris pour original et m'a demandé s'il ne faudrait pas le reproduire au dessus des autres chapelles… "

        Les qualités de Mérimée écrivain n'ont pas été étrangères à la réussite de l'Inspecteur des monuments historiques. La sécheresse de ses descriptions architecturales doit quelque chose à celle de son style d'écriture, maintes fois soulignée par les historiens de la littérature. Je dirai qu'il s'est acquitté avec d'autant plus de pertinence de sa mission, que son regard s'est posé sans lyrisme sur les pierres qu'il avait à examiner. On rapporte ces paroles de Vitet à Guizot : " Mérimée admire les beaux monuments mais il n'a jamais senti ses yeux se mouiller à l'aspect de leur ruine ", et l'Inspecteur lui-même convenait : " Lorsque je voyais ces monuments historiques, j'en étais le colonel. Je regrette de les avoir étudiés trop officiellement, je regardais les caractères de l'architecture, les additions, les réparations anciennes et l'ensemble poétique m'échappait. "

        On reste étonné par la rapidité avec laquelle il acquiert des connaissances historiques, archéologiques, techniques et esthétiques qui le mettent en mesure de porter des jugements sur les œuvres. Ce qu'il souligne lui-même non sans fierté : " Pour faire partager mon sentiment, je n'ai d'autres titres à la confiance du lecteur que le fait d'avoir vu un grand nombre de sculptures de différentes époques, d'où il peut inférer que j'ai dû acquérir quelque discernement par la comparaison d'une multitude de caractères indéfinissables qui constituent le style d'une époque et d'une nation. " Mais cet apprentissage du regard, ce véritable atelier de l'histoire de l'art est tributaire du temps, ce temps qui manque à cet enquêteur pressé ; il est tributaire de la lente sédimentation des expériences acquises sur le terrain : " Bien que je me sois imposé la loi de ne parler que des choses que j'ai vues, il se peut que bien des erreurs de fait me soient échappées. Il est souvent difficile de voir, et je ne doute pas qu'un examen plus approfondi des mêmes monuments ne modifiât quelquefois mes conjectures à leur égard. " De même éprouve-t-il certaines difficultés à définir les traits spécifiques d'un style : " Aucun de ces caractères isolés n'est absolument concluant ; mais leur ensemble forme une masse de présomptions qui approchent de la certitude. " C'est que, comme Winckelmann, il est l'inventeur d'un continent. Pour en rendre la nouveauté et la stupéfiante diversité, pour donner une juste idée de la complexité de chaque cas, il lui faut d'abord des mots qui parlent à son interlocuteur : " Il n'y a point encore de terminologie fixée pour l'architecture du moyen-âge, et souvent la difficulté est grande pour exprimer les objets qui se présentent le plus souvent à nos yeux. " Mérimée se sert de ce qu'il trouve. En 1830, on était mal outillé pour aborder l'étude des monuments du Moyen Age. L'antiquaire normand Gerville, celui-là même qui a introduit dans la langue française l'expression " art roman ", reconnaît en 1818 : " J'ignore presque tous les termes d'architecture du Moyen Age, et surtout en français, bien que j'en entende quelques uns en anglais… " Ce qu'on savait, venait en particulier des publications anglaises de James Bentham, John Milner et John Ryckman. Aussi, en Normandie les antiquaires jouent un rôle de passeurs : Arcisse de Caumont s'efforce d'établir une méthode d'analyse - son Abécédaire ou Rudiment d'archéologie remonte à 1824 - et Auguste Leprévost, qui siège à la Commission, est occupé à l'élaboration d'un vocabulaire descriptif. En 1840, Mérimée écrit à Vitet : " Vous savez que Chauvigny est un bijou pour l'ornementation. Notre maître Mr Leprévost s'extasierait en la voyant et aurait au moins douze mots nouveaux à inventer pour décrire les ornements sculptés qui la couvrent… " Ou encore, dans les chapelles de Saint-Lazare d'Autun, Mérimée trouve " un style que M. A. Leprevost a nommé, avec justesse, gothique flamboyant ". Mais il bute fréquemment sur la difficulté à nommer : il évoque les chapiteaux du XIII° siècle de la cathédrale de Châlons-sur-Saône, " à feuillages bizarres, dont le caractère est beaucoup plus facile à reconnaître qu'à exprimer. " Parfois il a recours à un mot anglais comme screen qu'il emploie selon différentes acceptions. On observe ainsi le passage de l'antiquaire au connaisseur, où l'analyse du détail rapproché cède le pas à une vague impression d'ensemble sur laquelle se fonde cependant une certitude. Mérimée est un peu dans le cas de Diderot dont les textes des Salons sont destinés à un interlocuteur absent. L'économie particulière de son style d'écriture est structurée par un double objectif : il lui faut être à la fois suggestif et convaincant, de façon à obtenir rapidement des engagements budgétaires.

        Mérimée témoigne assurément d'un goût réel pour l'architecture et il la comprend ; non pas toute l'architecture sans doute. Il est sensible à une esthétique classique et à son retour de Grèce, en décembre 1841, il écrit à Vitet :" En résumé, j'emporte une haine profonde pour les monuments romains et un fanatisme exclusif pour le dorique ancien sans lequel il n'y a pas de salut. N'ayant pas la lorgnette de Didron, je ne rapporte guère d'impression des monuments du moyen âge de Grèce et de Turquie… " Et tout en louant les sculptures de Saint-Lazare d'Autun, il déplore qu'elles n'aient pas " la noblesse et la simplicité " du dorique, pendant que l'église normande de Lessay, elle, possède à ses yeux " la grandeur et la simplicité antiques ".

        Le gothique, il semble le découvrir peu à peu, sans qu'il recueille jamais ses suffrages. Il commet ainsi des erreurs de jugement qu'il est facile aujourd'hui de pointer : tandis qu'il trouve l'église de Saint-Seine-l'Abbaye, en Côte d'Or, " médiocre, gothique du XIII°, pauvre d'ornementation ", il consacre un chapelet de superlatifs au chœur de Montier-en-Der " du commencement du XIII° siècle (comme) un chef-d'œuvre. Il est impossible de rien voir de plus beau, de plus noble, de plus élégant. C'est là le gothique français le plus pur, le plus grand, le plus exempt de toute trace de décadence. " Mais le respect des règles de la convenance l'incite à porter sur les monuments un regard qui refuse toute forme d'historicisme et reconnaît, toujours plus fortement, la singularité de chaque style d'architecture. En 1854, invité à tenir un discours devant la Société des Antiquaires de Normandie, Mérimée déclare : " Je sais un fort galant homme, que j'ai converti, du moins il le prétend, à l'architecture du Moyen Age, et qui, vivant tout près d'une caserne de gendarmerie, se fait bâtir une maison de campagne avec créneaux, mâchicoulis et tour de guette. Pourtant il sait bien qu'il n'y a plus de routiers en France. Une église du XVI°siècle, qui n'a pas de clocher, est menacée, me dit-on, par la piété de ses paroissiens, d'une flèche gothique en ciment romain, et j'ai vu le projet d'une gare de chemin de fer, dont la façade, comme pour avertir les voyageurs de la possibilité d'un déraillement, doit leur présenter les moulages d'un jugement dernier emprunté à une de nos cathédrales gothiques. Autant l'imitation la plus exacte est recommandable dans la restauration d'un édifice ancien, autant elle est blâmable et ridicule lorsque, dans un bâtiment moderne, elle ne tient aucun compte ni de sa convenance, ni de sa destination. L'admiration profonde que m'inspire l'architecture du Moyen Age me fait regarder son emploi indiscret comme une sorte de profanation coupable… "

        Au cours de ses tournées, Mérimée a pu se faire une idée assez exacte de l'iconoclasme, c'est-à-dire de la destruction ou de l'atteinte intentionnelle aux images. Il en ébauche même une véritable théorie. Constatant que les hommes choisissent de préférence de s'en prendre à des sculptures représentant des hommes, il conclut : " Un saint Pierre est [pour les enfants] un but tout trouvé, but bien plus noble qu'un arbre par exemple ; c'est un ennemi qu'ils ont plaisir à démembrer, ils voient les blessures qu'ils font, ils nomment les parties du corps qu'ils visent. Ne pourrait-on pas persuader aux enfans dans les écoles qu'ils auraient plus de mérite à lancer leurs pierres contre un mannequin placé dans un lieu convenable par ordre et aux frais de l'administration municipale ? " On a pu montrer que dans l'iconoclasme du XVI° siècle, ce sont les bras, les jambes, les têtes et surtout les yeux qui sont visés. Dans sa fameuse nouvelle La Vénus d'Ille, Mérimée fait dire à son guide à propos de la statue antique découverte dans le jardin de M. de Peyrehorade : " C'est une idole […] Elle vous fixe avec ses grands yeux blancs… On dirait qu'elle vous dévisage. On baisse les yeux, oui, en la regardant. " Le vandalisme serait la conséquence de l'ignorance, selon une idée déjà formulée par Grégoire et par les révolutionnaires progressistes. C'est pourquoi, l'effort des antiquaires aura pour conséquence une sensibilisation plus générale du tissu social. Lorsque ce résultat n'est pas atteint, il s'en prend à eux, de même qu'aux archéologues : " J'ai été fort surpris de trouver à Caen tant de sauvagerie et tant de vandalisme. J'imaginais que Mr de Caumont avait converti jusqu'aux marchandes d'huîtres. "

        On peut tirer deux leçons de l'action menée par Vitet et Mérimée. D'abord, elle accompagne la redécouverte du Moyen Age . Les deux grandes études laissées par nos inspecteurs sont Notre-Dame de Noyon (1844) de Vitet et L'église de Saint-Savin (1845) de Mérimée qui devaient, la première surtout, servir de modèle pour la rédaction d'une monographie architecturale ce qu'elle est assurément. Cette découverte du Moyen Age, c'est celle qu'avait inaugurée Victor Hugo dans la préface de Notre-Dame de Paris : " Conservons les monuments anciens ; inspirons à la nation l'amour de l'architecture nationale. ". Les aides apportées par l'administration locale à la sauvegarde de tel ou tel monument, portaient, jusqu'en 1832, en priorité sur les monuments antiques. A partir de 33, ce sont " les précieux souvenirs de l'ancienne France ", qui sont le plus souvent pris en compte.

        On constate en second lieu, que l'action de Mérimée tend à privilégier toujours plus nettement le monument d'art au détriment du monument d'histoire. En vérité, elle considère le monument d'art comme le monument historique par excellence. La diatribe de Hugo, en faisant de la beauté d'un édifice la condition de sa conservation définitive, jetait les bases du " culte moderne des monuments ". Toute l'action de Mérimée tend à définir cette exemplarité à l'aide de critères artistiques, techniques et historiques. Si les philippiques de Hugo et de Montalembert appartiennent à la phase militante, les travaux de Vitet et de Mérimée relèvent de l'engagement doctrinal du sauvetage des monuments. Dès la création de la Commission des monuments historiques, en 1837, les classements reposant sur un intérêt purement historique (comme la Colonne de Boulogne qui rappelle le souvenir de la réunion de la Grande Armée ou la chapelle de Bermont où venait se recueillir Jeanne d'Arc) vont se faire de plus en plus rares. Tout comme l'institution des musées a donné naissance à une sorte de sacralisation de l'art, celle de la Commission de 37 repose sur une doctrine implicite, forgée par Vitet et par Mérimée, qui déclare que histoire et art sont indissolublement liés : l'art serait une histoire visible mais à la différence des œuvres de musée, celles qu'inventorie Mérimée sont solidaires d'un contexte naturel, artistique, topographique et ethnique. L'urgence d'une telle institution n'est pas étrangère aux effets de la révolution industrielle qui modifiait l'aspect physique de la France jusqu'au centre des villes et jusqu'au cœur de son histoire la plus reculée.

Histoire et archéologie
1   ...   4   5   6   7   8   9   10   11   12

similaire:

Cours de 2 heures Table des matières iconTable des matières

Cours de 2 heures Table des matières iconI. table des matières

Cours de 2 heures Table des matières iconTable des matières

Cours de 2 heures Table des matières iconTable des matières

Cours de 2 heures Table des matières iconTable des matieres

Cours de 2 heures Table des matières iconTable des matières

Cours de 2 heures Table des matières iconTable des matières
«L'impact du web 0 dans la Production, la Promotion, et la Consommation de Musique Live.»

Cours de 2 heures Table des matières iconTable des matières
«témoignage exceptionnel de la continuité de l'installation urbaine sur plus de deux millénaires»

Cours de 2 heures Table des matières iconTable des matières
«le rôle du maître est de guider l'apprentissage, de fournir à l'élève des occasions d'expérimenter directement et de vérifier des...

Cours de 2 heures Table des matières icon2014 : ann2e des performances commerciales
«nombre heures de vols par employé» à 63 heures de vol par employé en 2013 alors qu’il se situait à seulement 36 heures en 2011....







Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
a.21-bal.com