Surtout ‘’Les lunettes d’or’’ et ‘’Le jardin des Finzi-Contini’’







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titreSurtout ‘’Les lunettes d’or’’ et ‘’Le jardin des Finzi-Contini’’
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la double distinction de la culture et de la classe sociale». À un moment, au cours de la cérémonie, les enfants Finzi-Contini, étant proches du narrateur, «lui souriaient et lui clignaient de l’œil, spécialement Micòl.»
5.

Un jour de 1929, le narrateur, craignant d’affronter ses parents après avoir reçu une mauvaise note en mathématiques, s’était échappé à bicyclette du côté du corso Ercole I d’Este. La blonde Micòl lui avait, du haut du mur de la propriété, parlé pour la première fois, ce qui lui avait permis de remarquer la façon particulière qu’avaient les Finzi-Contini de prononcer l’italien. Sachant qu’il avait été recalé, elle lui demanda pourquoi il n’était pas allé déjeuner chez lui, et l’invita à entrer sur la propriété.
6.

À califourchon sur le mur, elle l’incitait à l’escalader, mais il était sensible au vertige. Et il voulait cacher sa bicyclette, ce qui fait qu’elle lui indiqua, auprès du rempart, un trou qui conduisait à une salle souterraine où il pénétra, imaginant alors qu’il pourrait lui y donner un baiser, et qu’il pourrait aussi s’y réfugier pour échapper à ses parents qui le croiraient mort, tandis qu’elle viendrait le ravitailler. Quand il ressortit, elle était toujours sur le mur. Mais elle fut invitée à en descendre par quelqu’un qui se trouvait de l’autre côté. Cependant, avant de disparaître, elle lui fit le même clin d’œil qu’à la synagogue.
Deuxième partie
1.

En 1938, au moment où furent promulguées des lois raciales qui interdisaient aux Juifs diverses activités dont le fait de jouer au tennis dans les cercles publics, le narrateur reçut un coup de téléphone d’Alberto Finzi-Contini, qui ne lui avait pas parlé depuis cinq ans parce que la famille s’était occupé de restaurer une autre synagogue. Il l’invitait à venir jouer sur leur propre terrain. Mais le narrateur n’avait pas encore reçu la lettre d’exclusion. Son père se moqua de ce qu’il considérait de la «condescendance» de la part des Finzi-Contini, et répéta qu’en dépit de ces lois, Mussolini était bien meilleur qu’Hitler, et qu’à Ferrare les Juifs n’en avaient pas encore souffert, Bruno Lattes ayant d’ailleurs pu participer à un tournoi. Là-dessus, à Rosch Haschana, la famille Finzi-Contini au complet était revenue à la synagogue commune. Puis le narrateur reçut sa lettre et un coup de téléphone de Micòl cette fois. Elle lui parla des études d’anglais qu’elle suivait indolemment à Venise parce qu’elle ne songeait qu’à «jouer au tennis, danser et flirter» ; elle le félicita pour son succès à un concours littéraire ; elle lui rappela l’aventure du mur du jardin ; enfin, elle réitéra l’invitation de son frère.
2.

Le samedi suivant, le narrateur se rendit donc chez les Finzi-Contini, et trouva, attendant à la porte, un groupe de jeunes joueurs de tennis parmi lesquels son coreligionnaire, Bruno Lattes, et Adriana Trentini, qui lui racontèrent que le tournoi auquel il participait avait été interrompu, sous prétexte de la proximité de la nuit, en réalité parce qu’il gagnait et que cela déplaisait aux fascistes. Enfin la porte fut ouverte par le vieux Perotti, l’homme à tout faire des Finzi-Contini, qu’accompagnait le vieux chien danois Ior. Les visiteurs avaient plus d’un demi-kilomètre à parcourir pour arriver au «palazzo».
3.

Profitant des derniers beaux jours de l’automne, les jeunes gens jouaient le plus tard possible, même si le «court» n’était pas très bon, manquant en particulier de «out». L’un d’eux, le Milanais Giampiero Malnate, un ami d’Alberto plus âgé qu’eux, venait moins souvent parce qu’il était un ingénieur chimiste à l’usine de caoutchouc synthétique. À quatre heures, Perotti apportait un plateau de sandwiches parmi lesquels Micòl «non sans ostentation d’anticonformisme religieux choisissait ceux au jambon», tandis qu’elle leur faisait goûter, dans la «Hütte» voisine, une «Skiwasser» qu’elle et Alberto avait rapportée d’Autriche où ils étaient allés faire du ski.
4.

Un soir firent leur apparition «le professor Ermanno et la signora Olga», tous les deux très vieillis, et les joueurs leur furent présentés. Le «professor» fit une promenade avec le narrateur, lui posant des questions sur le «court», sur son père, sur le cimetière juif de Ferrare, disant lui préférer celui de Venise où il s’était d’ailleurs fiancé à Olga, et dont il avait réuni les archives. Le narrateur lui indiquant qu’il avait choisi des études d’italien plutôt que d’histoire de l’art, il lui proposa de faire son diplôme sur des lettres inédites de Carducci.
5.

Entre les parties de tennis, Micòl faisait découvrir au narrateur : le «Barchetto del Duca», ses arbres, des essences rares, certaines exotiques, qu’elle affectionnait, alors que lui ne connaissait pas leurs noms ; «le petit embarcadère sur le canal Panfilio» ; la demeure des Perotti où elle parlait aux femmes en dialecte ; l’endroit du mur où, en 1929 elle s’était hissée pour l’inviter à entrer ; la remise qui avait été une salle de gymnastique mais ne recelait plus que des pamplemousses sur une étagère, et deux voitures, une Lancia, et le «brougham». Ils s’y enfermèrent pour discuter encore plus à leur aise ; elle lui parla du fait que les parents avaient voulu que son frère et elle soient éduqués à la maison ; de l’intérêt qu’elle lui avait toujours porté, car elle attendait l’occasion de le voir au Temple ou lors des examens.
Troisième partie
1.

Après la conversation qu’il avait eue avec Micòl dans le «brougham», le narrateur se demanda longtemps s’il n’avait pas laissé passer l’occasion de l’embrasser. Mais, alors que l’hiver était venu, et qu’ils ne pouvaient plus jouer au tennis, elle l’appelait souvent au téléphone, car elle en disposait dans sa chambre. Lors d’une de ces conversations, il lui demanda de la lui décrire, mais elle refusa, indiquant seulement ce qu’elle voyait de ses fenêtres. Cependant, comme elle lui parla de la collection d’opalines à laquelle elle avait commencé à se passionner à Venise, et qu’elle mentionna les étagères sur lesquelles elles étaient placées, il en vint à pouvoir se figurer sa chambre. Ils parlaient aussi des autres joueurs de tennis, en particulier de Bruno Lattes et d’Adriana Trentini dont elle lui révéla qu’ils étaient amoureux, alors que le type «très aryen» qu’elle avait devait empêcher Bruno de se fiancer avec elle. «Plus rarement, elle nommait aussi Giampiero Malnate», pour se moquer de son physique, de ses grosses lunettes, de sa pipe, de son amitié avec Alberto auquel il rendait visite, ce qui fait qu’elle continuait à le voir.
2.

Après cette conversation, le narrateur se rendit compte qu’il était amoureux de Micòl, et essaya de déterminer si ce n’était pas depuis la conversation dans le «brougham», tandis qu’en rêve, il s’imaginait dans sa chambre avec, entre eux, le chien Ior. Pour Micòl, «la chose» qui les unissait avait commencé dès le premier jour de tennis. Il lui proposa qu’ils se voient à l’extérieur, dans la ville ou même à Bologne, mais elle s’y refusa. Un soir, il téléphona, mais ce fut Alberto qui lui répondit. Il lui parla d’un tas de choses : de ses études, du repas qu’il avait pris à Bologne, d’un bordel où il était passé mais qu’Alberto prétendit ne pas connaître. Quant à lui, il pensait l’avoir vu observant longuement la maison depuis le rempart. Puis, il lui indiqua qu’il ne pouvait lui passer Micòl car elle était soudain partie à Venise pour y terminer son diplôme sur Émily Dickinson. Finalement, il lui proposa d’aller en voiture, avec «le» Giampi Malante, la surprendre là-bas. Sa mère apprend au narrateur que Micòl avait téléphoné pour lui annoncer son départ pour Venise.
3.

Le narrateur commença «d’être reçu on peut dire quotidiennement dans le petit appartement particulier d’Alberto». La première fois, il fut accueilli par le «professor» Ermanno qui tint à ce qu’il cadenasse sa bicyclette, puis le guida à travers une enfilade de pièces où il vit «l’habituel mobilier des autres maisons de la bonne société ferraraise», mais où régnait une forte chaleur. Ils arrivèrent enfin à l’appartement d’Alberto qui le reçut avec peu d’entrain sinon même de l’ennui. Il lui parla des disques qu’il avait, du phonographe Philips qu’il avait fait arranger pour obtenir «un certain effet de stéréophonie». La fille de Perotti apporta le thé trop tôt à son goût. Il se montra soucieux de savoir si le narrateur aimait la manière dont il avait installé son studio, car il avait dessiné ses meubles. Ils attendaient «le» Giampi Malnate, qui toutefois se décommanda au téléphone.
4.

Le narrateur reçut une lettre de Micòl qui s’excusait de ne pas l’avoir prévenu de son départ à Venise, lui annonçait que son diplôme «voguait maintenant vers le poteau d’arrivée», et lui soumettait sa traduction d’un poème d’Emily Dickenson. Il lui répondit, ce qui entraîna l’échange de plusieurs lettres. Il fréquentait le studio d’Alberto où venait aussi Giampiero Malnate avec lequel il avait de longues discussions. Elles portaient surtout sur la politique, alors qu’on était immédiatement après «le pacte de Munich». Tandis que le narrateur mettait son espoir dans les démocraties pour barrer la route à Hitler, Malnate, sympathisant communiste, les accusait d’être trop accommodantes, d’être «responsables de la révolte franquiste», d’avoir accepté la conquête de l’Éthiopie par Mussolini, tandis que «seule la Russie avait compris dès le début qui étaient le Duce et le Führer». Il critiquait particulièrement les libéraux italiens. Il alertait les deux Juifs au sujet du «Manifeste de la Race de juillet dernier». Il considérait Alberto comme un «latifondiste», et le narrateur comme un «littérateur décadent». Son travail lui plaisait, et il appréciait les ouvriers. Il participait aux réunions clandestines des socialistes ou des communistes, appréciait l’ancienne institutrice, Clelia Trotti. Enfin, il aimait Ferrare.
5.

Pendant ces discussions, Alberto se faisait discret, ne s’y intéressant que pour apprécier les moments où Malnate triomphait, ne se préoccupant que du confort matériel qu’offrait son studio. Un jour, le narrateur raconta comment, à la Bibliothèque municipale qu’il fréquentait depuis son enfance, dont le directeur le considérait même comme un confrère, il s’était fait chasser par le très grossier appariteur, sous les regards de lycéeens. Comme il pleuvait beaucoup, lui et Malnate furent invités à dîner avec la famille Finzi-Contini. Il leur raconta sa mésaventure, et eux, qui se tenaient à l’écart de Ferrare, tandis que la famille du narrateur y était étroitement mêlée à la population, restèrent «comme d’habitude, élégamment sarcastiques et presque gais». Mais «le professor» Ermanno invita le narrateur à profiter de leur propre bibliothèque.
6.

Ce fut ainsi qu’il vint y travailler tous les jours, appréciant son immense richesse, très utile «pour mener à son terme [son] diplôme sur Panzacchi». Le «professor» Ermanno sortait parfois de son bureau pour se soucier de son travail, jusqu’au jour où le narrateur comprit qu’il voulait que lui-même s’intéresse au sien. Le «professor» le fit alors entrer dans son bureau à l’incroyable désordre et encombrement, et lui offrit «deux opuscules», l’un sur «les inscriptions du cimetière israélite du Lido», l’autre sur «une poètesse juive qui avait vécu à Venise dans la première moitié du XVIIe siècle», étude que, sans insister, il l’invitait à prolonger. Il lui montra aussi «les fameuses lettres de Carducci». Il arrivait souvent au narrateur d’être invité à dîner, mais Micòl était toujours absente.
7.

Le jour de la pâque, il n’y eut dans la famille du narrateur, qu’«un seul dîner» parce qu’elle n’avait plus droit à des domestiques non juifs, et ce repas fut triste parce que le frère du narrateur, Ernesto, était parti étudier en France, et que le père se plaignait d’avoir été exclu du parti fasciste. Aussi le narrateur fut-il heureux d’être appelé par Alberto qui l’invitait à venir se joindre aux Finzi-Contini, et qui lui annonçait une surprise. Il s’imagina que c’était le retour de Micòl qui, en effet, était là pour l’accueillir. Mais, comme il lui donna un baiser qui la surprit, et qu’il vit qu’elle portait une bague qu’elle prétendit sans importance, ils se sentirent mal à l’aise. Elle avait obtenu son diplôme, mais une mention lui avait été refusée parce qu’elle était juive. La surprise était une flûte de champagne qui, interrogée alors que «trois ou quatre personnes mettaient le doigt sur le bord», répondait aux questions qu’on lui posait, annonçant ainsi qu’allait éclater une guerre qui se conclurait par la victoire de Staline. Mais le narrateur fut surtout envahi par le regret de ne s’être pas déclaré à Micòl plus tôt.
Quatrième partie
1.

Il eut du mal à «rétablir avec Micòl [ses] anciens rapports». Il parvenait difficilement à l’avoir au téléphone, et n’avait alors avec elle que des conversations conventionnelles. L’ayant vue très élégante à la sortie du Temple, il n’avait pas osé s’approcher d’elle. Comme il avait terminé son «diplôme», il vint le recopier chez les Finzi-Contini sur sa machine à écrire, espérant, en vain, que le cliquetis alerte la jeune fille. Malnate était revenu de Milan, et avait surtout à commenter la politique («la chute de Madrid», «la conquête de l’Albanie»). Un jour, Micòl fut malade, et le narrateur fut invité à venir la voir dans sa chambre, située tout en haut de la maison. Aussi Perotti lui fit-il prendre le vieil ascenseur.

2.

Micòl, qui était dans son lit, et lisait ‘’Les enfants terribles’’ de Cocteau (roman auquel elle préférait ceux d’Alexandre Dumas), l’accueillit gentiment. Comme il restait debout, elle le fit s’asseoir. Elle lui proposa une boisson. Comme il répondit : «Je préfère pas», elle lui parla de Bartleby, le personnage de la nouvelle de Melville qui ne cesse de prononcer cette phrase, ce qui entraîna une discussion où leurs avis divergèrent. Il lui dit reconnaître la chambre car il l’avait vue en rêve. Soudain, se penchant, il l’étreignit, l’embrasssa en essayant d’atteindre sa bouche. Mais elle l’en empêcha, et lui demanda de se relever, ce qu’il fit en ayant le sentiment de l’avoir perdue.
3.

Il passa dans la salle de bain où il observa longuement la forte rougeur de son visage. Quand il fut de retour dans la chambre, Micòl entreprit de lui démontrer qu’ils s’étaient engagés dans une mauvaise voie, que, depuis le moment passé dans le «brougham», elle s’en était rendue compte, mais que, par lâcheté, elle avait préféré fuir à Venise, tout en l’invitant à venir à la maison parce qu’elle voulait qu’Alberto ait de la compagnie. Elle ne pouvait l’aimer car ils avaient été trop proches dans leur enfance, comme un frère et une sœur, alors que, pour elle, l’amour était une lutte, «un sport cruel». Se fiancer aurait été hypocrite. Il voulut lui faire dire qu’il ne lui plaisait pas physiquement, puis supposa qu’elle avait «quelqu’un d’autre» dans sa vie. Elle lui avoua alors des flirts sans conséquences, avec des catholiques, terminant en se déclarant «comme toutes les autres : menteuse, traîtresse, infidèle», avant qu’il ne parte, et qu’elle promette de lui téléphoner le lendemain.
4.

Mais le narrateur dut se rendre à Grenoble pour apporter de l’argent à son frère. À son retour, il revint chez les Finzi-Contini où, comme le printemps était là, les parties de tennis avaient repris. Il eut la déconvenue de voir que Micòl jouait avec Malnate, dont Alberto, qui semblait malade tant son visage était émacié, ne cessa de critiquer le manque de «classe» qu’il montrait dans sa façon de jouer. Le narrateur apprit alors que si, «à la journée d’ouverture du 1er mai», tout un groupe de jeunes gens avaient non seulement joué au tennis mais «bavardé, flirté, même dansé», dès le 3 mai «ce grand fasciste d’avocat Geremia Tabet» était venu communiquer l’interdiction de concurrencer «le Cercle de tennis ‘’Eleonora d’Este’’», ordre auquel «le professor Ermanno» n’avait pu que se plier.
5.

Alors que ne se trouvaient plus ensemble qu’Alberto, Micòl, Malnate et le narrateur, que, sous l’impulsion d’Alberto, ils multipliaient les parties de tennis, le narrateur, en proie à la déception et à la jalousie, ne cessa de poursuivre la jeune fille de ses baisers intempestifs qu’elle repoussait, comme elle évitait les promenades avec lui. Aussi ne revenait-il pas de plusieurs jours, prétendant alors être parti en voyage, puis réapparaissait pour se faire encore plus pressant, lui reprocher d’en aimer un autre, jusqu’au jour où, trouvant sa conduite indigne, elle lui signifia non pas de ne plus venir du tout, car on se poserait alors des questions, mais de s’abstenir pendant vingt jours puis d’espacer fortement ses visites.
6.

Le narrateur, ayant passé son diplôme de fin d’études le 29 juin, avait été invité par le «professor» à venir dîner chez les Finzi-Contini. Mais, comme le délai de vingt jours n’était pas échu, il refusa. Et il continuait à se reprocher sa «lascivité de satyre», et à mettre Micòl sur un «piédestal». Il alla rendre visite à Malnate qui logeait dans une villa appartenant à un juge. Il se trouva que la femme de celui-ci avait connu sa mère à l’école primaire, et qu’elle «fit allusion avec un soupir et en hochant la tête aux lois raciales». L’accueil de Malnate fut chaleureux, alors que, chez les Finzi-Contini, ils s’asticotaient ; il lui assura que Micòl n’avait rien contre lui, mais, à une question sur la santé d’Alberto, il tressaillit.
7.

Ils continuèrent à se voir chaque soir, allant manger ensemble, parfois allant à vélo hors de la ville, s’amusant dans un parc d’attractions où ils faisaient une demi-heure de tir. Un soir, comme dans un cinéma, le narrateur parlait trop fort, il se fit intimer : «Fous le camp, salaud de Juif», mais Malnate le fit sortir à temps. Ils ne parlaient pas de politique (alors qu’il s’agissait pour la France et l’Angleterre de «sauver l’indépendance de la Pologne»), mais de littérature, Malnate manifestant des goûts classiques, appréciant pourtant un des poèmes qu’avait composés le narrateur. Il avait une préférence pour les oeuvres en dialecte de Milan, ville où il s’apprêtait à retourner.
8

Le délai des vingt jours passé, le narrateur revint chez les Finzi-Contini, comme convenu, les mardi et les vendredi. La relation avec Micòl avait atteint un état d’équilibre. Il s’inquiétait de la difficulté à respirer que montrait Alberto ; il lui conseilla d’aller à la montagne, mais l’autre lui allégua que : «Les Juden sind partout unerwünscht». Le narrateur continuait à se promener avec Malnate. Une nuit, alors qu’ils étaient passés par le quartier du dr Fadigati puis par celui de l’institutrice Trotti, enfin par un bordel où le narrateur était monté avec une fille tandis que Malnate s’était contenté de discuter avec la tenancière de la condition des prostituées, celui-ci l’interrogea sur sa relation avec Micòl, tout le monde s’étant rendu compte qu’il était amoureux d’elle. Le narrateur se confia, révéla qu’il l’avait embrassée, ce sur quoi son ami, très étrangement, le quitta brusquement.
9.

À son retour à la maison, son père, qui ne dormait plus guère depuis «la campagne de la race» de l’été 37, lui fit part de la crainte qu’il avait de voir Hitler et Staline conclure une alliance, et surtout l’interrogea sur sa relation avec Micòl, le dissuada de la poursuivre puisqu’il ne pouvait être question de fiançailles, les Finzi-Contini ne paraissant pas juifs, et étant beaucoup trop riches, alors que lui, qui n’avait qu’un diplôme de lettres, ne pouvait guère espérer que donner des leçons particulières.
10.

Il cessa d’aller chez les Finzi-Contini et de voir Malnate, passant ses soirées à «vagabonder au hasard» à bicyclette, jusqu’à celle où, se trouvant près du «Barchetto del Duca», il céda à une impulsion, franchit le mur de la propriété, vit qu’une échelle était toujours appuyée de l’autre côté, s’avança dans le parc jusque à la «Hütte» où il comprit que Malnate, après s’être soigneusement rasé, ne faisait que prolonger la soirée avec lui pour, il en était certain sans toutefois s’en assurer, y venir faire l’amour avec Micòl.
Épilogue
Alberto mourut en 42 d’une «lymphogranulomatose». Les autres Finzi-Contini furent, en septembre 43, arrêtés par les fascistes, et «expédiés en Allemagne». Malnate était parti pour le front russe avec le corps expéditionnaire italien, et n’en était pas revenu. Par son espoir en un «avenir démocratique et social», il agaçait Micòl qui «abhorrait l’avenir en soi, lui préférant de beaucoup ‘’le vierge, le vivace et le bel aujourd’hui’’».
ANALYSE

(la pagination est celle de l’édition originale chez Gallimard en 1962)
Intérêt de l’action
‘’Le jardin des Finzi-Contini’’ ajoutait un panneau au tableau que Giorgio Bassani donna dans son oeuvre de la société de Ferrare, plus spécialement de la communauté juive de la ville (on retrouve dans ce roman des personnages apparus dans ses nouvelles : Bruno Lattes [dont le nom s’écrivait pourtant «Lattès» dans ‘’Les dernières années de Clelia Trotti’’], Clelia Trotti, comme le dr Fadigati ; inversement, dans ‘’Les lunettes d’or’’, furent déjà mentionnés les Finzi-Contini, comme étant «isolés dans leur vaste demeure aristocratique») et encore plus précisément de sa propre vie dans les années trente et quarante, car le roman est surtout un drame intimiste.

Ce dernier caractère fait de plusieurs de ses nouvelles et de ce roman (il est dédié : «À Micòl») des œuvres autobiographiques. Aussi peut-on bien désormais donner ici au narrateur le nom de Giorgio. Ce caractère autobiographique fait d’ailleurs que le titre du roman, ‘’Le jardin des Finzi-Contini’’, s’il veut mettre en relief le symbolisme topique des lieux clos qui est en filigrane du roman, n’indique pas vraiment son sujet, qui est en fait l’éducation sentimentale de Giorgio Bassani qui raconta ici un amour de jeunesse.

Le roman fut longuement mûri, les dates «1958-1961» indiquées à la fin ne rendant pas compte de cette gestation mais seulement de la rédaction.

Giorgio Bassani en fit un roman-tombeau, le thème des tombeaux s’imposant dans le «prologue».
La trame de ce roman soigneusement construit peut être divisée en trois mouvements, chacun d’entre eux s’accompagnant d’une ellipse temporelle plus au moins longue, et marquant une étape supplémentaire dans les états d’âme de Giorgio et de Micòl.

Le premier mouvement, qui met en place le cadre et les artisans des péripéties à venir, montre un garçonnet aux yeux duquel Micòl et Alberto appartenaient au monde inaccessible des élus, qu’ils lui apparaissent dans le «brougham» qui les amenait au lycée, sous le «talèd» paternel dans la synagogue. Le jour de l’annonce des résultats des examens était un de ces seuls moments où les enfants Finzi-Contini se mêlaient à la vie publique. Aussi est très importante la scène du mur du fabuleux jardin, où Giorgio rencontre et fait plus ample connaissance avec Micòl : cet avènement primordial fait basculer l'histoire dans le mythe d'un âge d'or à jamais révolu, où le temps est suspendu : «Combien d'années s’est-il écoulé depuis ce lointain après-midi de juin? Plus de trente. Pourtant, si je ferme les yeux, Micòl Finzi-Contini est toujours là, accoudée au mur d'enceinte de son jardin, me regardant et me parlant.» (page 56). S’ils sont ensuite rattrapés par leurs devoirs respectifs, un lien, aussi ténu soit-il, s’est tissé entre eux, lien qui va constituer le fil conducteur du récit.

Le deuxième mouvement débute lorsque, dix ans plus tard, les lois raciales discriminant les Juifs ont pour conséquence immédiate l’exclusion du club de tennis local de toute la jeunesse juive de Ferrare, dont deux des membres viennent alors jouer sur le «court» des Finzi-Contini, ce qui donne à Giorgio l’occasion de pénétrer dans le domaine enchanté, et, surtout, de fréquenter Micòl. Car garçons et filles flirtent sur fond de catastrophe annoncée. Mais, tandis que Giorgio est de plus en plus accepté dans le cercle très restreint des amis intimes de cette puissante famille, qu’il peut lever le voile de mystère qui I'entoure, Micòl, après lui avoir permis d’espérer la conquérir, finit par repousser ses avances, l’abandonnant pantois et dans l’incompréhension la plus totale, lui faisant subir un échec cuisant. Le jeu d’attraction et de rejet auquel cette fille ambiguë s’est, depuis l’adolescence, livrée avec lui atteint son paroxysme dans la scène capitale qui se déroule dans la chambre de la jeune fille, et marque pour lui le début de l’exclusion de l’Éden.

L’histoire aurait pu en rester là, mais l’auteur tint à en raconter la suite en mettant désormais l’accent sur le mal-être qui l’habitait alors. On assiste ici à la deuxième rupture profonde dans la trame de l’histoire, et à l’ouverture de la troisième et dernière partie du roman : malgré sa tentative avortée, Giorgio souhaite néanmoins conserver l’amitié de celle qui l’a repoussé. Commence alors pour lui le long chemin de croix de l’amoureux qui n’obtiendra jamais satisfaction : bien que se plaçant sous le couvert du manteau de l’amitié, il ne parvient pas à se résigner, et toutes leurs entrevues se résument constamment en ses assauts désespérés contre une forteresse qui lui résista toujours.

Le récit de l’amitié qui se noue entre Giorgio et Malnate peut alors paraître superfétatoire. Mais, d’une part, elle doit correspondre à cette réalité que Giorgio Bassani semble avoir toujours scrupuleusement respectée, tandis que, d’autre part, elle permet de donner une fin très habile à cette intrigue.

Dans l’atmosphère onirique qui baigne le jardin quand Giorgio y pénètre pour la dernière fois, la nuit a remplacé le grand soleil de la scène initiale. Il erre parmi les arbres comme une sorte d’étrange fantôme. Et Micòl n’est plus qu’une ombre. Mais s’impose alors à lui la révélation subite des rencontres entre elle et Malnate dans la «Hütte», sans toutefois qu’il en ait la preuve, l’incertitude demeurant mais étant sans importance puisque ce qui compte, c’est la certitude qu’il a de la perte de son amour.
Enfin, l’«épilogue», malgré son extrême sobriété, fait surtout, avec le recul du temps, ressortir la tragique destinée de cette famille privilégiée qui ne savait pas qu’elle allait être déportée et rayée du monde. Si Micòl n’est pas alors nommée, on sent que, par dessus tout, c’est la dimension tragique du personnage qui bouleverse l’auteur : elle meurt sans avoir connu l’amour véritable. Tout a été dit. Cependant, pour le lecteur comme pour le narrateur, se posent des questions sans réponse, et l'on se rend compte qu’on vient de faire une visite au royaume des morts ; la mélancolie vient assombrir le décor d'un passé irrémédiablement perdu.
Giorgio Bassani, en plaçant le roman sur deux plans temporels (présent et passé), en usant du passé pour bien montrer que le héros-narrateur revivait sa jeunesse avec le regard et la pensée d’un adulte, célébra, en les voilant de deuil, des années où l'on pouvait encore goûter au simple bonheur de vivre, d'aimer et d'espérer, sans pourtant oser mordre la vie à pleines dents. Les moments élégiaques restent sobres, et correspondent à l'émotion encore vive et sincère du narrateur.

La seule manière de créer de la poésie après la Shoah a été pour Giorgio Bassani de faire revivre sans pathos le temps d'avant, avec tout ce que pouvait avoir de noble et de fascinant une famille juive à jamais disparue parmi tant d'autres.
Intérêt littéraire
Le texte est en général très sobre. On remarque le souci mis par Giorgio Bassani, souligné par les notes du traducteur, à reproduire dans ses dialogues le dialecte ferrarrais (et même le «jargon judéo-ferrarais», ainsi que quelques mots d’hébreu), le dialecte vénitien ou le dialecte milanais, ce qui indique la grande diversité de langues qui persistait alors en Italie.

La narration n’est ornée que de quelques métaphores :

- «le coeur des jeunes gens» est une «sorte de paresseuse braise» (page 174) ; plus loin, «les braises continuent de couver sous la cendre» (page 220) puis «les braises finissent tout doucement par s’éteindre tout à fait, d’elles-mêmes» (page 221) ;

- le cœur de Giorgio est «habité par un obscur et mystérieux lac de peur» (page 177) mais, à un autre moment, il se sent «riche d’une étrange légèreté, comme transporté par des ailes invisibles» (page 194) ;

- le bureau du «professor» Ermanno a «un air de cabinet faustien» (page 181) ;

- les craintes des Juifs donnent lieu à «la mesquine lamentation, la monotone, grise et inutile thrénodie» (page 187) ;

- le vieux chien Ior a un «râle pesant de mendiant ivre» (page 220) ;

- les rapports ambigus entre Giorgio et Micòl sont une «avalanche [qui] avait ensuite dévalé encore pendant un bon bout de temps la pente» (page 220) ;

- il est emporté dans «une sorte de lente et progressive descente dans l’entonnoir sans fond du Maelström» (page 235, allusion à la nouvelle de Poe) ;

- il voit ses raisons de s’opposer à Malnate «se dissoudre comme brouillard au soleil» (page 247) ;

- il accueille la pensée de la liaison de Micòl avec Malnate «avec indifférence, comme une eau morte se laisse traverser par la lumière» (page 287).
Intérêt documentaire
«Mon père tenait à ce que tout soit plausible», précisa Paola Bassani-Pacht. Il fut donc très précis, et le traducteur dut apporter de nombreuses notes pour rendre claires des allusions à la géographie, à la topographie de Ferrrare, à l’Histoire, à la littérature, au fascisme, sinon à la cuisine.

En effet, Giorgio Bassani, loin de ne s’intéresser qu’à l’intrigue amoureuse, eut le souci de continuer à dresser dans ce roman le tableau, minutieux et concret, mais en même temps voilé de brume, du microcosme extraordinairement vivant de sa Ferrare, d’une société provinciale italienne dans les années trente et quarante, qui était encore fortement cloisonnée, même à l’intérieur d’une communauté menacée comme celle des Juifs, dont sont d’ailleurs évoqués les mœurs et des détails des liturgies qu’ils suivent au «Temple», appelé aussi «synagogue».

Pour créer les Finzi-Contini, Giorgio Bassani transposa dans son roman une riche famille israélite de Ferrare, à laquelle il donna ce nom fictif. L’œuvre atteint une somptueuse ampleur en montrant l’isolement grandiose, à l’intérieur des remparts de Ferrare, dans la partie la plus déserte, la plus mélancolique de la ville, de cette famille juive aristocratique, excentrique, élégante, d’un raffinement extrême, qui, en suivant un rituel immuable, vivait la plupart du temps retranchée derrière les murs de son immense propriété, comme si elle pensait que I'assimilation la mènerait à sa perte. Elle demeurait à l'écart de Ia vie de la cité, aucun étranger ne franchissant cette enceinte, ne découvrant le merveilleux jardin (pour lequel le romancier fondit en un seul lieu le parc d'une princesse romaine de sa connaissance et le jardin botanique de Rome) et la «magna domus», qui étaient jalousement protégés, ce décor, même s’il fut topographiquement situé avec précision dans Ferrare, étant évidemment symbolique : le jardin est aussi un jardin d’Éden, un paradis, dont Micòl est, en quelque sorte, l’Ève perverse.

Les Finzi-Contini tenaient même en lisière leurs coreligionnaires, ne les voyant guère qu’à l’occasion de fêtes célébrées à la synagogue, mais s’employant, pour s’isoler encore, à en restaurer une pendant des années. Ils sont surtout liés à des parents de Venise, chez lesquels séjourne Micòl, qui évoque une «Fräulein Blumenfeld» (page 226), donc une Juive ashkénaze dont on ne sait si elle une parente ou une domestique.

Cette famille était cosmopolite, et, par une ironie tragique, portée vers l’Allemagne. L’aïeule était une «admiratrice fanatique de l’Allemagne», qui se voyait d’ailleurs reprocher «un antisémitisme fondamental» (page 27). Aussi les enfants, qui vont faire du ski en Autriche, peuvent-ils se plaire à pratiquer l’allemand, à se ménager une «Hütte», y offrir une «Skiwasser» ; ainsi Alberto use-t-il de l’allemand pour marquer leur condamnation par les fascistes : «Les Juden sind partout unerwünscht» (page 262), phrase pour laquelle le traducteur ne donna pas de note mais qu’on peut traduire ainsi : «Les Juifs sont partout indésirables». Micòl ajoute l’anglais, parsème sa conversation de mots anglais, étudie Emily Dickinson, traduit un de ses poèmes, évoque une nouvelle de Melville. Enfin, elle lit aussi des romans français, sans qu’il soit précisé si c’est dans la langue originale..
Cette famille semblait même vouloir se tenir à l'écart de l'Histoire, comme si elle pressentait la catastrophe à venir. Cependant, dans ce refuge illusoire, les menaces des fascistes et de la politique mondiale ne sont couvertes qu’un temps par le bruissement des feuillages, le rebond des balles de tennis et des sentiments amoureux. Ce ghetto luxuriant et funèbre est tout de même alerté par les tourmentes de I'Europe, surtout par Malnate. Les allusions au fascisme (dont l'idéologie imprégnait insidieusement les mœurs italiennes, certains Juifs y ayant, dans leur aveuglement, cherché un appui), au Duce, à sa politique d’expansion en Afrique ou en Albanie, à la guerre d’Espagne, à Hitler, à la proclamation des lois raciales, à l’assaut des discriminations et des persécutions (dont on voit lentement se resserrer I'étau, les Juifs étant graduellement rejetés hors de toute vie associative, totalement isolés du reste de la société), à Staline et au communisme, à la guerre mondiale qui s’annonce, sont très pudiques (le résumé les a mis en valeur).
Par rapport à ces graves problèmes, le roman, parce qu’il est trop autobiographique, est encombré d’éléments au fond superflus et même pénibles. Si défilent de brèves citations des Italiens Manzoni, Leopardi, Dante, Carducci, Saba, Benelli, Porta, etc., ainsi que, comme le remarque le lecteur francophone, avec quelques mots de sa langue épars ici et là dans le texte original, celles de Baudelaire (page 223, une strophe de ‘’Delphine et Hippolyte’’) et surtout de Mallarmé dans l’«épilogue», on a droit aussi à la traduction par Micòl d’un poème d’Emily Dickinson (page 157). Surtout, l’auteur s’étend longuement sur les travaux de Giorgio (et même sur ceux d’Ermanno, le père d’Alberto et de Micòl, scientifique enfermé dans ses recherches désuètes, et, de ce fait, quelque peu ridicule), sur les conversations intellectuelles qu’il a avec Micòl, sur les conversations politiques et littéraires qu’il a avec Malnate, avec citations, cette fois-ci fort longues, de poèmes chuchotés ou déclamés par le Milanais (pages 258-259, 266).
Giorgio Bassani manifesta, dans ‘’Le jardin des Finzi-Contini’’, d’une grande exigence d’exactitude.
Intérêt psychologique
‘’Le jardin des Finzi-Contini’ est un roman singulièrement envoûtant, car c'est surtout celui de relations humaines complexes entre les personnages, qui finalement demeurent ambiguës.
Malnate est l’étranger, parce qu’il est Milanais, parce qu’il est ingénieur chimiste et travaille dans une usine, parce qu’il est grossier et communiste. C’est pourtant lui que Micòl aurait choisi, mais cet amant ne serait guère épris puisqu’il parle de revenir à Milan.
Alberto est un jeune homme discret, qui demeure confiné à une vie quelque peu mesquine, ayant apparemment un esprit étroit et tourné exclusivement vers les choses matérielles. Mais il pourrait être en proie à un trouble sentimental causé par Malnate au point qu’on se demande s’il n’est pas homosexuel. On pourrait même croire que le délabrement de sa santé serait dû à sa déconvenue en voyant son ami lui préférer sa sœur, ses rapports avec elle constituant un des points les plus subtils du roman. Mais il se révèle à la fin, dans l’«épilogue», qu’il est atteint de cette étrange maladie qui le fait mourir.
De tous les personnages qui hantent l’univers de Giorgio Bassani, Micòl est le plus déconcertant mais aussi le plus fascinant. Le comportement de cette énigmatique, mystérieuse, jeune fille, de cette princesse lointaine qui mène une vie très personnelle et indépendante, est finalement indéchiffrable. Séductrice née, elle se sert du décor qu’est le jardin et du mystère qui l’auréole pour exercer dès l’enfance ses jeux de fascination. C’est elle qui, revendiquant la fraternité qui l’unit à son ami d’enfance, se montrant maternelle et consolante au moment où il avait été recalé à son examen de mathématiques, manifestant aussi déjà sa volonté de transgression, l’invita à franchir le mur d’enceinte, au cours d’une scène qui peut sembler anecdotique mais qui est riche de sens : la robe déchirée, la présence du sang sur sa jambe, et le souterrain où elle l’invite à pénétrer, sont autant de symboles. Plus tard, elle lui fait découvrir le jardin, l’autorise même à entrer dans le lieu le plus secret de la maison, longtemps interdit, sa chambre. Mais, après ces invites, cette jeune fille brillante et cultivée, étonnamment libre pour son époque, cette «allumeuse» aussi, se rend inaccessible, fait comprendre à son soupirant, avec un ton de supériorité condescendante, qu'elle compte mettre un terme à une relation devenue chez lui passionnée, en finir avec les marques d'effusion dont il se rend coupable. On peut tenter différentes hypothèses.

Se conduit-elle ainsi parce qu’elle est animée de l’orgueil d’appartenir par sa famille à la haute bourgeoisie juive de Ferrare ; parce qu’elle cultive, avec Alberto, le sentiment d’être nés dans une sorte d’aristocratie qui leur permet de regarder de haut les autres familles juives de la ville? N’est-ce pas plutôt parce que celle dont Perotti révèle l’énergie («C’était elle […] qui se chargeait personnellement d’égorger la volaille quand c’était nécessaire, et cela bien qu’elle aimât tellement les bêtes, la pauvre petite !» [page 149]), celle dont le cynisme se donna libre cours lorsqu’elle se moqua du désespoir amoureux d’un ami («Un peu de chagrin ne lui fera pas de mal. Ne m’abandonne pas encore, souffrance, dit Ungaretti. Il veut écrire? Eh bien alors, qu’il cuise bien dans son jus.») considère l’amour comme une lutte, «un sport cruel, féroce […] où tous les coups étaient permis» (page 222). D’ailleurs, n’est-elle pas alors disposée à se déclarer «comme toutes les autres : menteuse, traîtresse, infidèle» (page 227), à avouer ne songer qu’à «jouer au tennis, danser et flirter», à se découvrir à Giorgio avec une expression nettement canaille qu’il ne lui connaissait pas, et qui le terrifie. On peut envisager aussi qu’elle entend s’opposer à l’intérêt que montre son père pour l’étudiant en lettres dont il voudrait bien faire non seulement un disciple mais aussi un gendre. Or, comme la poétesse Emily Dickinson qu’elle admire, elle refuse l’idée du mariage.

À la manière de Lady Chaterley, elle romprait avec l’élégance aristocratique de son milieu pour préférer lutter avec l’adversaire qu’est l’ingénieur communiste Malnate, avoir des rapports sportifs avec cet homme qu’elle trouve gros, grossier, encombrant, dont elle ne partage pas les goûts, qu’elle raille à tout propos, qu’elle ne peut aimer, mais qui lui permet de manifester, une fois de plus, son goût pour la transgression puisqu’il n’est pas juif et n’appartient pas à sa classe sociale, tandis qu’avec le doux et sentimental Giorgio, auquel, selon Malnate, elle reproche de la menacer de sentiments tellement éternels qu’ils feraient frissonner n’importe quelle femme, risquait bien de se vérifier l’adage (dont le sens est ici quelque détourné) : «Qui trop embrasse mal étreint» ! N’a-t-elle pas enfin la conduite désespérée d’une femme qui a compris qu'elle ne possède aucun avenir, qu’elle est obligée de renoncer à toute forme de vie publique et à la brillante carrière qu'elle imaginait?

C’est une héroïne fascinante, parce qu’ambiguë, parce qu’apparaissant double, faite d’ombre et de lumière. Aveu troublant, Giorgio Bassani écrivit : «Micòl est comme moi. Je n’aurais pu écrire le roman dont Micòl est le personnage central si je ne lui avais pas ressemblé d’une façon ou d’une autre
Comme on l’a déjà signalé, le roman est autobiographique, et se présente comme un hommage de l’auteur à un amour de jeunesse, qui, malheureusement, ne fut jamais accueilli. Il se serait donc représenté en Giorgio, personnage qui connaît une triple initiation.

D’abord et surtout, une initiation amoureuse, une éducation sentimentale qui fut bien annoncée par l’épigraphe : «Bien sûr, le cœur, pour qui l’écoute, a toujours quelque chose à dire sur ce qui sera. Mais que peut savoir le cœur? Tout au plus quelque chose de ce qui s’est déjà passé.» (Manzoni, ‘’Les fiancés’’).

De cette initiation, la scène où la fillette a invité l’enfant qu’il était à escalader le mur pour pénétrer dans le jardin, à l'insu du gardien, marque le premier temps. Mais, à l'idylle enfantine, succède le temps des inhibitions et de la confusion des sentiments : lorsque, adolescent, il se retrouve en tête à tête dans le «brougham» avec celle dont il est amoureux sans le savoir clairement, il n'ose pas l'embrasser : «Pour moi aussi bien que pour elle, plus que la possession des choses comptait le souvenir que j'avais d'elles.» Cette manière délétère de cultiver le passé (il reconnaît : «notre vice : aller de l'avant la tête tournée en arrière») ne peut être sublimée que par une éthique et une poétique du souvenir. Puis il se rend compte des sentiments puissants qu’il conçoit pour elle, et sa conquête devient son obsession. Aveuglé par sa passion, mais amant courtois qui place sa dame sur un «piédestal», tout en se reprochant sa «lascivité de satyre», il passe alors constamment du paradis à l’enfer, au gré des caprices de la bourrelle de son cœur. Il est pourtant capable d’observer certains défauts de la jeune fille qui n'a pas répondu à son inclination, mais, même si elle est parfois détestable, sa tendresse lui est acquise,

Cependant, Micòl disparaît progressivement de l’univers amoureux de Giorgio qui aboutit enfin à la délivrance. Lors de son intrusion finale dans le jardin, la chère vieille voix de l’horloge de la ville le réveille brusquement ; c’est la fin du rêve ; l’initiation est terminée. Mais il sait alors que le refus de Micòl lui ouvre une autre voie, celle du roman grâce au recul ironique. Et, lorsqu’il s’éloigne, du côté opposé, il marche vers l’écriture.

Ainsi, dans ‘’Le jardin des Finzi-Contini’’, Giorgio Bassani donna sa version de ce lieu commun de la littérature qu’est le drame de l’amoureux dont la passion ne trouve jamais d’écho, car la personne qui la suscite ne veut pas y répondre ; qui garde l’inaltérable volonté de persévérer.
On peut considérer que Giorgio connaît aussi une initiation intellectuelle, puisque, grâce aux ressources de l’immense bibliothèque du «professor» Ermanno, cet écolier trop conformiste qu’il était, mais qui est assez lucide pour critiquer sa propre vanité, arrive à étayer et conclure la thèse sur laquelle il travaille, et peut ainsi espérer pouvoir construire son avenir.

Il connaît enfin une initiation morale, puisqu’au travers des conversations politico-philosophiques qu’il a avec Alberto et Malnate, son amitié pour celui-ci étant teintée de rivalité, il s’affirme en tant qu’homme avec un caractère, une sensibilité et des convictions qu’il défend bec et ongle.
Le roman est soutenu par une grande finesse d’analyse psychologique. En nous livrant cette part de son existence, Giogio Bassani porta un jugement sans concession sur lui-même, sur la société du temps et sur la conscience humaine.

Intérêt philosophique
‘’Le jardin des Finzi-Contini’’ permet plusieurs réflexions qui nous sont utiles.
Le tableau qui est fait de l'ltalie qui, sous la conduite de Mussolini, commit l'erreur de s'allier à l'Allemagne nazie, produisant un vide moral qui rendit vulnérables la beauté et l'intelligence de sa culture, ne manque pas de nous interpeler. Giorgio Bassani dénonce aussi la conduite d’êtres trop aveugles pour percevoir le danger d'une tyrannie rampante et non moins menaçante. Vue par ses yeux, la communauté israélite de Ferrare devient le symbole de Ia société humaine.

À l’idéalisme amoureux du héros est opposé le réalisme épicurien de l’héroïne.

Comme dans toute l’œuvre de Giorgio Bassani, s’imposa le thème de la nécessité de préserver le souvenir, puisque, sans ce roman, le souvenir de Micòl comme celui de la communauté juive de ferrare, se seraient évanouis sans laisser de trace, emportés par l’Histoire.
Destinée de l’oeuvre
Dès la publication du roman, en 1962, il fut élogieusement accueilli et commenté. Il remporta un succès à travers toute l’Italie, cent mille exemplaires en étant vendus en moins de cinq mois.

Il obtint, en 1962, le prix Viareggio. Giorgio Bassani connut alors la gloire avec ce roman qui fut son œuvre la plus populaire, la plus connue et la plus traduite (en une centaine de langues).
Dès 1963, on pensa à une adaptation au cinéma. Elle fut confiée à Valerio Zurlini. Mais, comme il entra en conflit avec les producteurs, on la lui retira. Après de nombreuses péripéties, en 1970, la réalisation du film fut proposée à Vittorio de Sica. Or Giorgio Bassani, qui avait parlé du «bourbier crépusculaire et sentimental» du néo-réalisme de l’après-guerre, ne semblait guère disposé à s’entendre avec le réalisateur. Mais il accepta car il était entendu qu’il participerait au scénario, en collaboration avec Vittorio Bonicelli. Et il prêta la demeure familiale, pour qu’elle soit la maison de Giorgio, non sans regrets.

En effet, à la dernière minute, en 1970, de Sica remplaça son scénario par un autre, signé Ugo Pirro, et qui comportait d’importantes modifications. Giorgio Bassani, même si, à l’occasion de l’adaptation de sa nouvelle ‘’Una notte del '43’’ dans le film ‘’La lunga notte del '43’’, de Florestano Vancini, avait compris qu’un film doit se détacher du livre dont il s’inspire, se sentant trahi, protesta dans un article de 1970 paru dans ‘’L’espresso’’, dont le titre est significatif : «Il giardino tradito». Il y détailla amplement les raisons de son refus et de sa colère, se livrant à un véritable réquisitoire, souvent drôle et, il faut le dire, parfois juste. Pour lui :

- Micòl est devenue «une demoiselle assez quelconque seulement capable de quelques rires plutôt bêtes, qui ne réussit pas non plus à être suffisamment sexy».

- Malnate, réduit à l’inexistence, est «incapable d’assumer le rôle de débatteur politique qu’il tenait dans le livre ; les quelques blagues politiques qui lui restent, il les lance avec l’indifférence d’un écolier… tant ses caprices le mènent ailleurs» ; il semble en définitive «plus apte à s’exhiber dans des rôles de cowboy ou de marin qu’en celui d’un jeune antifasciste milanais des années trente».

- Alberto est réduit à «beaux vêtements, pulls de qualité, pantalons blancs impeccables, paleurs, sueurs, vague homosexualité… Et puis stop

- Giorgio est «le personnage le plus sacrifié : il est comme décoloré, sans relief moral».

- Dans le nouveau scénario n’était pas recréée la fine substance du livre.

- Il n’y retrouvait pas Ferrare.

- La structure même du film lui paraissait totalement différente de celle du roman. Il avait prévu dans son scénario la présence de flashbacks en noir et blanc montrant les rafles des Juifs ferrarais survenues après le 8 septembre 1943, rafles auxquelles Giorgio, caché, aurait assisté. Le but était de bien montrer que le film, comme le roman, se déroulait sur deux plans temporels (présent et passé), restituant en quelque sorte l’emploi du passé utilisé dans le livre pour bien montrer que le héros-narrateur revivait sa jeunesse avec le regard et la pensée d’un adulte. En choisissant de situer tout le récit sur le même plan, le nouveau scénario réduisait donc le héros à n’être qu’un garçon comme les autres, et l’histoire à n’être qu’une banale histoire sentimentale. Aux yeux de Giorgio Bassani, la suppression de certaines scènes était moins grave que l’ajout de séquences comme celles de la pension de Grenoble, de l’arrestation de Bruno Lattès dans un cinéma (qui lui paraissait relever de l’erreur historique puisqu’elle a lieu avant 1943), de l’arrestation des Finzi-Contini et, surtout, de la rencontre finale entre le père de Giorgio et Micòl, qui mit le comble à sa colère. Pour lui, Ugo Pirro «a atteint le comble en faisant partir le père de Giorgio vers les camps d’extermination nazis. Je comprends qu’il réussit à peu de frais à régler ainsi son cas, juste pour que Micòl (et le public) puisse dire que Giorgio, le futur auteur du ‘’Jardin des Finzi-Contini’’, avait survécu (dans le sens de ‘’s’en était tiré’’). Mais lui entretemps… quelle image nous laisse-t-il? En filant à l’anglaise, en se résignant depuis lors à mêler son encre d’écrivain aux cendres du grand-père, n’est-il pas en train par hasard d’être l’image du salaud?» On comprend la colère de Giorgio Bassani puisque, le livre étant autobiographique, c’était sa propre histoire familiale qui était, dans cette séquence, revue et corrigée. Car son père, ainsi que sa mère et sa sœur, providentiellement sauvés grâce à une armoire, n’avaient jamais été arrêtés, tandis qu’il était lui-même à cette époque emprisonné pour lutte antifasciste.

- Au-delà de ces contestations de la structure ou de la direction d’acteurs, c’était la portée même du film qu’il remettait en question. Pour lui, le projet même de De Sica n’était pas clair : «On ne sait jamais si le film représente l’histoire d’amour ou s’il donne un tableau documentaire de l’Italie mussolinienne à la veille de l’éclatement de la Deuxième Guerre mondiale, ou s’il décrit les persécutions antisémites réalisées par le fascisme

Giorgio Bassani intenta même un procès, pour que son nom ne figure pas au générique.
Cependant, le film, intitulé aussi ‘’Le jardin des Finzi-Contini’’, tourné avec Dominique Sanda, Fabio Testi, Helmut Berger, Lino Capolicchio, sortit en 1972, avec, au générique, cette mention : «librement adapté d’un roman de Giorgio Bassani».

S’il est très beau, mais peut-être trop diaphane, trop empreint de langueur nostalgique, trop marqué de maniérisme (zooms, effets de lumière, ralentis, musique…), il faut bien, sans être aussi sévère que Giorgio Bassani, admettre que, d’un roman subtil, riche, soigneusement construit, où chaque nouvelle lecture s’accompagne de découvertes, de Sica a fait un film séduisant, sans doute, qui ne manque pas d’intérêt, mais qui résiste difficilement à de multiples visions. Cette adaptation aboutit à un appauvrissement. Toutes les simplifications de la psychologie des personnages, dans leurs rapports amoureux ou leurs échanges sur le plan politique et littéraire, sont autant d’amputations qu’on ne peut que regretter. Les élements symboliques (et en particulier la symbolique des lieux) sont gommés. Il suffit pour s’en convaincre de regarder la scène de la première rencontre près du mur pour mesurer la distance qui sépare les deux créateurs.

Mais Dominique Sanda, libre, farouche, insaisissable, est bouleversante.

Le choix d’Helmut Berger pour le rôle d’Alberto était judicieux. Les films ‘’Les damnés’’ et ‘’Ludwig’’ avaient montré ce qu’un réalisateur pouvait obtenir d’un pareil interprète. Mais il ne joua pas ici, comme il le fit chez Visconti, un personnage torturé par une homosexualité inavouée ou un désir incestueux pour sa sœur. Et le résultat fut décevant. On en avait fait un jeune homme plein d'allant, qui meurt pourtant de consomption dans la splendide demeure, sa mort, inexpliquée médicalement ou psychologiquement, étant de nature symbolique ; il étouffe de ne pouvoir sortir du jardin, son destin préfigure celui de la famille entière.

Malnate, interprété par Fabio Testi, n’était plus le personnage important qu’il était dans le roman, alors que Giorgio Bassani avait indiqué qu’il entendait faire de lui un pôle d’attraction aussi bien pour Micòl que pour Giorgio, et par là même l’intermédiaire plus ou moins conscient du rapport incestueux souterrain qui lie l’un à l’autre le frère et la sœur.

Mais c’est Giorgio qui est bien, non pas à cause de la prestation de l’acteur, Lino Capolicchio, «le personnage le plus sacrifié». On lui fait découvrir les crimes nazis lors de son voyage en France et sa rencontre avec un rescapé des camps. Puis le refus définitif de toute relation amoureuse, que lui signifie Micòl lorsqu’il la découvre bel et bien dans la remise avec Malnate, et qu’elle l'a aperçu, le sauve. Mais cette possibilité de fuir avec ce qui reste de sa famille une fois tout lien rompu avec Ferrare et le jardin des Finzi Contini trahit tout à fait le personnage de Giorgio Bassani.
On peut encore remarquer que :

- Le générique, qui alterne images de soleil et splendeur du jardin, indique l'ambition de De Sica de faire du jardin le creuset qui rendra compte du cycle de la vie tout comme de l'évolution du fascisme entre 1938-1943.

- Un premier flash-back montre les pures amours enfantines de Giorgio et Micòl, qui excluent toute sensualité.

- Un second flash-back, décisif, les montre dans le «brougham» après un orage, Micòl s’y dérobant au désir de Giorgio.
Le film sortit au moment où, en Italie, apparaissait un néo-fascisme ; il n’était pas mauvais de rappeler la déportation des Juifs et la responsabilité des Italiens.

En 1971, il remporta l’oscar du meilleur film étranger .
Il nous faut encore corriger le ‘’Guide du routard’’ qui, dans son volume consacré à l’Italie du Nord, prétendit que la famille Finzi-Contini est enterrée dans le cimetière juif de Ferrare, alors qu’elle est purement fictive.

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En 1962, Giorgio Bassani fut élu conseiller municipal en étant apparenté au Parti Socialiste Italien.

Il publia :

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